| n° 23755 | Fiche technique | 11071 caractères | 11071 1878 Temps de lecture estimé : 8 mn |
17/08/26 |
Résumé: Un dérangement au bout du compte bien distrayant. | ||||
Critères: #masturbation h odeurs | ||||
| Auteur : erodique Envoi mini-message | ||||
J’avais fumé ce sacré joint et, sur la chaîne hi-fi, la musique commençait sa récession. Je m’extasiais des scintillations des percus, tout autour de moi, comme si je venais de pénétrer dans une grotte grandiose pleine de stalactites fluo. Je me tapais des lampées de rouge, surtout pour le maniérisme aristocratique du geste, verre à pied et fauteuil Voltaire, décadence au picrate et, bref, sauf pluie brutale d’astéroïdes ou brusque mutation rendant carnivores les cancrelats de mon T1, je me préparais une soirée peinarde.
Un toc toc imbécilement hors tempo vint soudain dérégler mon altimètre : quelqu’un cognait à ma porte.
Sens distendus par l’hypnotique, temps dilaté, je marchais dans l’interminable corridor du seuil entre chambre et cuisine, je cheminai le long de la table à manger, longeai le continent de l’évier et téléportai mon bras vers la poignée de la porte que j’ouvris. Pour tomber devant une des dernières personnes que je pensais voir en l’entrebâillant. C’était ma nièce ou plutôt ma demi-nièce, ma belle-sœur l’ayant apportée en dot, quelques années plus tôt, lorsqu’elle épousa mon frère.
Elle avait l’air de celles qui le savaient mieux que moi, grave, fulminante.
Je m’effaçai tout en me rendant compte que j’avais encore mon verre en main.
Elles rentrèrent, elle et sa valise. Dissipées, les volutes aériennes de la musique ! Même si mon esprit prenait toutes sortes d’intempestives tangentes, je sentais bien que j’avais à faire face à une nouvelle putain d’histoire de famille.
Résumons les chapitres précédents en quelques mots. Katou, issue du premier lit de ma belle-sœur, débarque à douze ans en pièce jointe aux noces du frérot. Le couple pond une autre petite nièce. Lente, mais irréversible détérioration des relations frérot/Katou. Son air de Lolita de plus en plus affirmé n’arrange rien. (Je pus en juger moi-même lors de vacances passées avec eux à Arcachon. Elle avait quinze ans, et de mes vingt-deux balais, je découvris qu’il n’y a finalement rien de plus pervers que l’innocence pubère.) Le jour de ses dix-huit ans, pas un de moins, mais pas un de plus, mon frère la jette. Sa mère ne la retient pas. Ensuite, ce sont des rumeurs. Elle s’est macquée avec un gars douteux, tatoué, zonard. Elle décide ensuite de reprendre les études, d’aller à la fac. Quoi qu’il en soit, frérot reste obstinément fermé à ses tentatives de conciliation. Katou menace alors la belle-sœur de porter plainte pour abandon de ses devoirs de mère. Peut-être le fait-elle.
En tout cas, là, c’était un an plus tard.
Ses dix-neuf ans l’avaient un peu épaissie. Traits tirés, sans fard, cernes aux yeux et peau blanche, cheveux blonds en queue de cheval, petit blouson de skaï rouge imitant le perfecto, t-shirt mauve, jean noir, baskets.
Je l’amenai à la lumière du salon. Elle prit mon fauteuil, me laissant le petit tabouret de plastique posé devant mon home-studio, Fostex / Roland / Protool, les joujoux de base des musicos de l’époque, juste sous la mezzanine.
Elle soupira :
Je haussai les épaules.
Elle était détendue, maintenant.
Je reconnaissais d’un coup le genre de minauderies qu’elle n’arrêtait pas de sortir quand elle avait quinze ans. Je pensai soudain à mon vin et en bus une gorgée.
Elle lorgnait la mezzanine au-dessus de moi d’où pendouillait un coin de couette.
Le shit me fit m’absorber de plus en plus sur mon synthé, casque stéréo sur les oreilles, pendant qu’elle passait et repassait dans mon dos. Je restai rivé à une réjouissante séquence durant pas mal de temps, un truc bourré de réverb qui mettait le monde entier en cathédrale. Quand j’émergeai, je regardai autour de moi. Foutoir habituel de mon studio, avec pour seul signe d’une présence étrangère le sac de sport de Katou, éventré et avachi devant le rideau du coin douche. À ses flancs, les deux baskets avec les chaussettes roulées dedans. Je m’étirai pour jeter un coup d’œil sur la mezzanine. Elle dormait. Elle avait dû rester habillée, puisqu’aucune fringue ne traînait nulle part. L’engourdissement commençait à me tomber dessus. Je tirai une chaise devant le fauteuil pour pouvoir allonger les jambes et, moi aussi tout habillé, je piquai un roupillon.
Je me réveillai en premier et sautai comme à mon habitude sur le percolateur. Je sirotais mon bol de café bien corsé en fumant la première clope de la journée quand elle apparut dans la cuisine, les cheveux défaits et embroussaillés.
J’approuvai de la tête, touché de voir son empressement à régler son problème d’hébergement. Mes réveils sont toujours misanthropiques et je mets une demi-heure à prononcer mes premiers mots de la journée, mais, pour ne pas faire trop ours, je l’invitai à boire un café. Elle me prit le bol des mains, goûta, fit la grimace et me le rendit. Elle dit qu’elle n’avait pas le temps et disparut pour prendre sa douche. Elle réapparut, toute fraîche, t-shirt noir, jean gris, blouson rouge, baskets blanches, cheveux retenus par une grosse pince en plastique rose.
J’écoutai décroître sa vive démarche dans la petite venelle tout en buvant la dernière goulée de café. Programme de la matinée ? Tout simple : reposer mes différentes courbatures par une grosse sieste dans mon lit. Je grimpai sur la mezzanine. La couette était tendue et lissée sur toute la surface du lit. Mon lit bien fait ! Bon Dieu, parfois, la réalité dépasse la fiction. Non, sans rire, je vérifiai avec une certaine anxiété que la petite tornade blanche n’avait pas tout mis sens dessus dessous au point de découvrir mon chiffon à branlette que je planquais sous le matelas, un vieux torchon tout taché. OK, il était là tel que je l’avais laissé ; pas à dire, cette petite savait jusqu’où border les lits chez les célibataires. Je m’allongeai, tout à la volupté de m’étirer sur un matelas moelleux. Mais je n’arrivai pas à dormir, cogitant, les yeux au plafond. Je me penchai vers le bas pour regarder le salon. Le sac était toujours là, bâillant près de la douche. Posé dessus, son jean noir était roulé autour du t-shirt mauve.
Qu’est-ce qu’il me prit ? Je descendis de la mezzanine pour m’agenouiller devant ses fringues. Délicatement, je dépliai le truc. Un petit slip en coton rose était roulé en boule au milieu du paquet. Je le pris avec curiosité et me mis brusquement à le humer. Mes narines se dilatèrent. Je ne savais pas que j’étais si nul. Mais je ne savais pas non plus qu’un simple tissu pouvait vous restituer dans sa quasi-totalité la suprême intimité d’une femme. Je déplissai l’entrecuisse pour bien y fourrer mon nez, là où le coton s’imprégnait des humeurs de la chatte de Katou. Ce qui avait été entrepris par simple curiosité m’affolait complètement. Plutôt fébrilement, je défis ma ceinture pour pouvoir empoigner ma queue dans le pantalon. Je m’astiquai doucement, juste pour m’exciter un peu plus en reniflant, explorant sans vergogne le périnée de la culotte, étalant le tissu comme on écarte des cuisses pour un plus goulu cunnilingus, cherchant les senteurs de chatte, celles du cul un peu plus haut. Puis je pris le t-shirt pour renifler les aisselles. Une odeur aigre de déodorant masquant à moitié l’âcre et émoustillante épice de ses dessous de bras. Mmm… je revins à la profonde évocation du slip, sentant, léchant le tissu, queue dressée dans la main. Je baissai pantalon et caleçon jusqu’à mi-cuisse pour me branler à l’aise. Je poignardais brutalement mon chibre rouge et distendu, le cerveau survolté par la force des odeurs et les frissons aux reins que je tirais de ma pignole. J’accélérai frénétiquement jusqu’à atteindre en vacillant les hoquets de la jouissance. Je lançai des giclées jusqu’au rideau de la douche, m’essorant jusqu’aux pointes de douleur de la satiété. Je restai un instant pantelant, étourdi avec ce vague au corps après détente d’un ressort auparavant tendu à craquer. Tant bien que mal, je refis le petit paquet de fringues tel que je l’avais trouvé, puis, m’étant refringué, je remontai sur la mezzanine pour dormir.
Je cherchai vainement les moutons à dénombrer pour trouver le sommeil. Mais je les faisais fuir : ils devaient reconnaître en moi l’ours lubrique qui les paniquait tous. Voilà que je rebandais sur mon lit, enfiévré de ce tout nouveau vice. Une envie de cochonneries déferlait dans mon bas-ventre. Je redescendis et me mis à poil. À quatre pattes, comme un chien, je fouillai du museau les vêtements posés sur le sac, jouissant de devoir séparer les tissus avec les dents, cambrant voluptueusement les reins, m’excitant de l’animalité de ma posture, cul en l’air, fesses écartées. Je me tortillai comme un ver, le nez à nouveau dans sa culotte. À plat ventre, je me masturbai en me frottant à même le tapis sur mon vieux torchon, une main entre les fesses, me titillant l’anus. Je cherchai les socquettes que j’avais aperçues la veille, roulées dans les chaussures. Je les découvris dans un coin de la douche, prêtes pour une petite lessive. Je m’achevai en sentant l’odeur de ses pieds. Plaisir débridé, plaisir sale. Je me pognai jusqu’au dernier jus en haletant.
Je me nettoyai avec quelques feuilles de papier Q. Enfin calmé, je pus me rhabiller, ranger ses vêtements comme elle les avait laissés et m’allonger sur le lit pour un repos bien gagné.
La tonitruante sonnerie du téléphone me sortit du sommeil. Je dégringolai l’échelle de la mezzanine pour saisir le combiné. Midi. C’était Katou. Voix enjouée des étudiantes en Sup de Co.
Je fis semblant de m’indigner qu’on pût soupçonner un instant que mon emploi du temps autorisait quelques minutes à perdre. On plaisanta deux minutes.
En raccrochant, je lorgnai d’un œil concupiscent le sac et son ballot de vêtements roulés dessus, près du rideau de la douche.