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n° 23750Fiche technique9041 caractères9041
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Temps de lecture estimé : 7 mn
15/08/26
Présentation:  À malin, maline et demi
Résumé:  Un tout petit problème pour Quentin.
Critères:  #nonérotique #rupture #vengeance #adultère
Auteur : Charlie67            Envoi mini-message

Projet de groupe : Polar and Co
Une autre suite possible pour « Associativité »

Suite possible écrite dans le cadre du jeu « Polar and Co », pour le texte de Patrik : Associativité




Quentin regarda son épouse : il connaissait ce petit rictus, ce demi-sourire.



Le mari, un peu moins sûr de lui, l’apostropha à nouveau.



Le rouge de la colère commençait à monter aux joues de Quentin. D’un geste menaçant, il pointa son arme sur son épouse.



Lætitia, toujours souriante, présenta ses deux paumes en avant en signe d’apaisement.



Toujours fidèle à lui-même et toujours opportuniste, Quentin rangea son arme et reprit :



Quentin regarda alternativement sa moitié et son associé. Il se demandait ce que ces deux-là tramaient. De toute façon, ils ne pouvaient rien, il avait tout bétonné. Ce n’était pas à un vieux briscard de la finance comme lui qu’on allait la faire ! Bon, il était sûr qu’il devait abandonner son scénario de base, mais il arriverait bien à les manipuler, ces deux nazes. Enfin, le naze de Marc, parce que Lætitia… Maintenant assise de biais sur le canapé, sa jupe remontait à mi-cuisse. Ah, ces cuisses, ces jambes… Et puis ce buste rond, parfaitement moulé par le soutien-gorge et le bustier excellemment ajusté, cette chevelure blonde, ces yeux de biche effarouchée…


Ces yeux de biche effarouchée ! Lætitia n’a jamais été une biche effarouchée ! Il y a un problème, elle manigance quelque chose.



Quentin pressentait le coup fourré… Ou plutôt non, le coup de bluff. Son épouse était championne pour cela. Marc, un peu égaré par cette conversation, esquissa le mouvement de se lever pour prendre congé, quand un péremptoire « reste assis » le fit reprendre sa position.


Fixant de son œil de biche son mari, elle lui demanda :



N’attendant aucune réponse, la jeune femme empoigna son E-Phone, puis parcourut le répertoire, lança un appel et porta l’appareil à son oreille. Après quelques secondes :



  • — Coucou, tonton, c’est Læti.
  • — …
  • — Oui, oui, je vais bien.
  • — …
  • — Oui, Quentin aussi, il est juste en face de moi.
  • — …
  • — Oui, justement, il est temps d’enclencher la clause.
  • — …
  • — Oui, parfait, demain huit heures.
  • — …
  • — Pourrais-tu me rendre un autre service ?
  • — …
  • — Ben l’appeler et lui expliquer le problème.
  • — …
  • — Merci, tonton, et embrasse tata de ma part.


Toujours souriante et avenante, Lætitia rangea son smartphone. Quentin la regardait, dubitatif. Le silence s’installa entre les trois protagonistes. Il trouvait la situation surréaliste, avec une épouse qui faisait n’importe quoi, badinant avec son oncle alors que sa situation était si grave, qu’elle risquait un divorce et de se retrouver sans le sou.

Il l’examina à nouveau et lui trouva encore son œil de biche effarouchée ; là, il comprit que quelque chose clochait.


Son smartphone émit sa musique d’appel.



Dubitatif, il regarda l’écran et eut un coup d’angoisse. Reconnaissant l’interlocuteur, il décrocha et dit :



  • — Bonsoir, Monsieur Van Den Groot, que me vaut le plaisir de votre appel à une heure aussi tardive ?
  • — …
  • — Oui, bien sûr, je connais notre contrat.
  • — …
  • — Heu, comment cela, demain huit heures ?
  • — …
  • — Oui, bien sûr, je vous suis reconnaissant de me prévenir dès ce soir.
  • — …
  • — Mais Monsieur Van Den Groot, où voulez-vous que je trouve six millions d’ici demain ?
  • — …
  • — Mon problème, vous n’y pouvez rien, oui, bien sûr.
  • — …
  • — Oui, bonsoir, Monsieur Van Den Groot.


Blême, Quentin raccrocha. Marc, inquiet, demanda :



Doucereuse, onctueuse, Lætitia posa élégamment sa main sur l’avant-bras de Marc.



La jeune femme reprit son sourire mystérieux et son œil de velours pour répondre à son époux.



Ignorant délibérément son époux, elle se tourna vers Marc.



L’associé, sentant que sa présence pouvait être néfaste à sa survie, proposa :



Un « Toi, ta gueule et reste assis » mit fin à cette velléité d’indépendance.



Furax, Quentin partit à la recherche de son arme et, quand il la retrouva, il la pointa sur le corsage de sa femme.



Doucement, de l’index, la femme détourna l’arme.