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Temps de lecture estimé : 3 mn
11/08/26
Résumé:  Sodomie pour les nuls.
Critères:  #poétique #fsodoh
Auteur : parapluie      Envoi mini-message

Texte court
Confluences



C’est comme ça, à dire des conneries un soir de beuverie, qu’on se retrouve au bord du gave, le pantalon aux pieds, le caleçon pareil. Des mecs autour. L’anus un peu fripé.


Il témoigne de ce que vous faites, elle et toi. Dans l’intimité. Ils vont te montrer. Pour t’apprendre à mieux leur parler. À pas leur dire comment leur causer cul.


De ce Béarn profond, encastré dans une vallée serrée, étroite, ils sont. Non ! Pas tous sportifs ! Certains sont vieux, la bidoche à bibine leur dégouline si bien que pour te pisser au cul, faudra qu’ils la prennent en main leur biroute ! Petite ville. Deux gaves s’y rejoignent, une confluence. On pourrait penser qu’à réunion des fluides les esprits seraient plus ouverts. Sauf que… Les mâles rugissent.


C’était un peu con aussi, comme t’as dit à ta chérie : « Ils ont pas voulu comprendre qu’une femme a pas de prostate… » Elle, de te répondre : « J’adore quand tu m’encules ! » Moi tout pareil, quand le gode qu’elle arbore sur la culotte faite pour, après qu’un, puis trois doigts ont dilaté l’entrée, glisse tout enduit du lubrifiant. Et vient caresser, enjôler, titiller cette fichue prostate que j’ai encore, fumeur et buveur que je suis.


Autant ils sont décérébrés, autant je suis cérébral. J’ai mon péché mignon dans cette région où poussent des pêches roussanes. La saison est si courte, mais juteuse, elles dégoulinent sur le menton quand on croque à belles dents dans la chair.


Ces fruits d’été et d’automne, abricot, pêche, figue : autant de métaphores de l’enjôleuse chose goûtue. On y met un doigt, la langue, on se pourlèche les babines, ça finit toujours par glisser vers l’autre rive, ce creuset où ils brassent leur queue. Ces cons, oui ! Je dirais ces cons, si je n’avais pas le respect du con, suave, frisotté parfois, lisse pour certaines, surmonté de feu le ticket de métro pour d’autres, auréolé de ces aurores tendrement limpides et roses sur l’océan.


Mais on n’en est pas là ! Les galets roulent sous mes pieds, parce que mes bras appartiennent à d’autres. Mes jambes sont écartées. Un peu de sable parmi les pierres dans le flux d’une rivière qui a perdu de sa superbe sous la canicule.


La guerre des boulets. Cul nu, ils m’ont balancé, rigolant gras et fort, dans le gave. Et se sont barrés les fiers-à-bras.


J’aime quand ma chérie panse mes plaies. Elle masse l’âme et le corps. Ses doigts se portent parfois sur mon ombre fripée. Elle sait si oui ou non. Là, elle savait que oui, car ces énergumènes testostéronés avaient fait jaillir ce qu’ils n’avaient pas été capables d’expulser.


Quand elle m’a pénétré, quand de mon méat ce filet translucide, pareil aux toiles d’araignées scintillant au petit matin, s’est épanché, longuement j’ai joui. À notre confluence, nous communions encore une fois.