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n° 23690Fiche technique8702 caractères8702
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Temps de lecture estimé : 6 mn
08/07/26
Présentation:  Un récit presque historique en moins de 10.000 signes.
Résumé:  Jacquet d’Aubignac était né avec une cuillère en argent dans la bouche...
Critères:  #nonérotique #historique
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message

Collection : 9999 maxi
Suzerain du suzerain

Ce court récit est lointainement inspiré d’un fait historique. Bonne lecture :)




Jacquet d’Aubignac



Bien à l’abri dans un château éloigné de la capitale, le Dauphin et d’Aubignac ont grandi ensemble, c’est tout juste s’ils n’ont pas été frères de lait, mais ç’aurait pu se faire.


Durant sa jeunesse, mon suzerain a été comblé de bienfaits par son compagnon le Dauphin, puis par son ami le roi quand celui-ci fut couronné. Devenu duc, il épouse un très bon parti, et obtient divers avantages et fiefs fort importants. Son chemin est tout tracé dans les honneurs et la fortune.


Malheureusement, loin de se montrer reconnaissant, Jacquet d’Aubignac se range parmi les ennemis du roi qui lui pardonne néanmoins par deux fois, ce qui contraste singulièrement par rapport aux autres comploteurs qui sont décapités pour les uns et pendus pour les autres.


Néanmoins, devenu plus méfiant, le roi impose un traité dans lequel d’Aubignac reconnaît sa stricte vassalité envers la Couronne, et qu’en cas de récidive, toutes ses terres lui seront confisquées, ses privilèges abolis, puis il sera jugé selon le bon plaisir royal. Le vent du boulet est passé très près, l’avertissement est clair et net.


Devant cette indulgence, certaines personnes maugréèrent :



N’importe qui de sensé se serait ensuite tenu sagement dans son coin, se faisant oublier pour un temps, jouissant de sa fortune et de ses terres non confisquées. L’Histoire est jalonnée de Grands de ce monde qui ont eu beaucoup moins de chance. Hélas, mon suzerain a une fois de plus décidé de tremper dans un nouveau complot, et non des moindres.



Puisqu’il n’écoute pas mes conseils avisés, il va falloir que je franchisse le Rubicon. Je ne tiens pas à être entraîné dans sa chute, j’ai déjà trop donné dans diverses ambassades pour tenter d’arrondir les angles trop saillants.




Suzerain



Je me décide : je laisse croire que j’ai affaire urgente dans ma contrée natale. Quand j’arrive à la Cour, le roi sait déjà que son compagnon de jeunesse a encore décidé de la trahir. En ce milieu d’après-midi, grâce à diverses entremises, démuni de mon épée, je suis face au roi, lui expliquant la raison de ma présence :



Celui-ci comprend la plaisanterie :



Assez direct, le roi demande :



Je déroule ma pensée :



Le roi grince momentanément des dents :



Je délivre ce qui me semble être la bonne analyse :



Curieusement, le roi se justifie :



J’abonde dans son sens :



Le roi pivote lentement sur sa droite, il s’éloigne un peu, puis il me dit :



Un peu inquiet, car j’ignore ce qu’a en tête mon souverain qui est très doué pour ruser et ne pas montrer ses véritables intentions, je l’accompagne.




Cheminement



Tandis que d’Aubignac réside effectivement dans sa demeure préférée qui est assez proche du palais royal, voulant en finir une bonne fois pour toutes, le roi lève une petite armée contre lui. Mais il choisit volontairement de ne pas emprunter le trajet le plus direct, laissant croire à un simple exercice de routine, comme il est parfois coutumier d’en faire afin que les soldats ne rouillent pas.


Ayant constaté, lors du cheminement que tous les vassaux d’Aubignac restaient fidèles à la Couronne, après avoir envoyé chez eux de faux messages ou s’être arrêté chez eux, le roi assiège son compagnon de jeunesse, sans chercher à parlementer.


Néanmoins, je me propose pour tenter une négociation, mais le roi me répond calmement :



Le lendemain, victime d’une trahison interne, d’Aubignac est livré au roi qui se fait un plaisir de l’enfermer dans une cage de fer, chaînes au cou, à la taille et aux quatre membres, signe évident que le pardon risque, cette fois-ci, de ne pas être de mise.


Tandis que je suis à ses côtés, le roi se frotte les mains :



Peut-être qu’aux yeux de la postérité, je passerai pour un traître, mais je suis bien heureux de ne pas être enchaîné comme mon ex-suzerain dont je n’envie pas le sort, même s’il a trop tenté le diable.


Sans égard pour son rang, le duc est interrogé dans sa cage de fer, il y subit même la petite question et y reçoit son arrêt, condamné officiellement par le Parlement pour haute trahison, les preuves étant irréfutables. Aussitôt le parchemin lu, on le confesse dans une salle tendue de noir (un privilège dû aux nobles). Néanmoins, il espère toujours sa grâce, le roi et lui ne sont-ils pas amis d’enfance ?



La seule faveur qu’il obtient est d’être enterré en habit de moine. Abattu, ayant compris que son sort est irrémédiable, il murmure :



Malgré sa qualité de noble, l’exécution est publique, sur une simple place de marché au sol terreux, devant une foule bruyante qui se délecte déjà du spectacle d’un puissant qui tombe dans la boue, au sens figuré comme au sens propre, la pluie commençant à tomber.