| n° 23685 | Fiche technique | 13646 caractères | 13646 2440 Temps de lecture estimé : 10 mn |
03/07/26 |
Résumé: Une invité spéciale pour une petite virée. | ||||
Critères: fh hplusag frousses noculotte pénétratio | ||||
| Auteur : Line (Auteur débutante, inspirée, passionnée, épanouie.) Envoi mini-message | ||||
| Collection : Line & Patrick |
Elle est là, devant moi, sublime, magique, comme sortie d’un rêve. J’ai peine à y croire, elle est mienne, elle n’attendait que ce précieux sésame, ce papier, cette validation de notre union, pour se laisser glisser sous mes doigts. Un monde de liberté s’offre à nous désormais.
Je m’assois, enfin, je l’avais préservé jusque-là pour sacraliser notre première fois. Cette attente est à la hauteur des émotions qui se dégagent.
Elle est tellement douce, ses lignes, ses courbes me font frémir. Je la sens ronronner de plaisir à travers mon cuir, mes cuisses la serre, elle y prend goût, moi aussi. Mes caresses la font sursauter, elle attend depuis si longtemps que j’ai du mal à retenir ses pulsions.
Je la guide, mais je la laisse faire, son côté sauvage prend le dessus. Ma pression sanguine monte, le sang afflue vers mon cœur aussi vite et fort que ses battements. Elle veut tout envoyer trop rapidement, mais je la calme, on a le temps. Il faut prendre le temps de se connaître pour s’apprécier pleinement. Mais je sais déjà une chose : elle est belle, sauvage, endiablée, libre, elle est mon alter ego.
Il faut qu’on passe voir Patrick, je dois lui présenter, il va l’adorer, il va en être raide dingue, peut-être plus d’elle que de moi d’ailleurs. Me fera-t-elle des infidélités ? Je n’ose y croire.
On prend la route, on avale l’asphalte à toute allure. Je m’agrippe à elle dans les virages, on ne fait qu’une. Elle et moi entièrement revêtues de noir, la chaleur monte, nos cuirs fusionnent. J’irai au bout du monde avec elle, mais j’aperçois déjà la boutique de musique au coin de la rue. Notre étreinte s’arrête mais reprendra de plus belle.
Je la laisse se remettre de ses émotions, le temps d’aller chercher Patrick.
La porte de la boutique est ouverte, il fait chaud aujourd’hui, un beau soleil irradie et donne de belles couleurs aux guitares derrière la vitrine.
J’entre, Patrick est là, de dos, plongé dans sa musique, il gratte sa basse sur le rythme de « Paint it black » des Stones. Le son à s’en faire décoller les tympans !
Je l’appelle, il ne m’entend pas, je pense que l’appareillage auditif est la prochaine grosse étape dans sa vie. Je m’avance encore, j’appelle, toujours rien ! J’avance encore, je lui touche l’épaule !
Patrick sursaute, il se retourne, lâche sa basse. Un mouvement de recul, de défense, je ne saurais trop dire mais il m’attrape violemment, me plaque au sol, je n’arrive pas à me débattre. Il a une technique pour me maîtriser, on dirait qu’il a pris des cours de self défense !
Je ne reconnais pas son regard même à travers la visière teintée de mon casque. Ses yeux sont comme ailleurs, il ne me reconnaît toujours pas. Je crie, je l’appelle !
Je commence à avoir peur, il a une telle force et met une telle énergie à me retenir que je songe un instant à l’assurance-vie qui traîne dans mon tiroir depuis des mois, à mon cactus qui va sécher de ne plus me revoir, à la parution dans la rubrique nécro de la ville :
«Une femme rousse retrouvée sans vie dans l’arrière-boutique d’un musicien déséquilibré. Habillée de cuir de la tête aux pieds, certainement une pratique sexuelle qui a mal tournée. »
Dans un ultime geste de survie, je balance les épaules, mais il tient ferme le salaud ! La glissière de mon veston craque, ma clavicule se dénude, Patrick regarde. Il s’arrête un instant, il a l’air de se ressaisir, comme si une vision familière lui était apparue. Ses yeux changent, ils me regardent, ils me reconnaissent ? Je crois, j’espère, je prie !
Ses mains se desserrent, Patrick se lève, je n’ai plus le poids d’un ours brun qui pèse sur mes poumons, je peux respirer. Je me tourne, je tousse, je crache, j’ai l’impression d’avoir été passée à tabac par un troupeau de bisons. J’ai mal, mes muscles sont tétanisés, je m’assois difficilement. Je retire mon casque et mon cuir. Je crève de chaud, mes cheveux sont trempés de sueur, de peur.
Lui, moi, on reprend nos esprits doucement. J’aurais préféré un autre genre d’étreinte, j’aurais moins mal partout !
Il poursuit :
Sur ces derniers mots, Patrick s’effondre en sanglots.
Je suis là, assise par terre devant un ours qui pleure et ce n’est pas un mauvais sketch d’un talk-show.
Je me lève et le prend dans mes bras, un câlin de réconfort, le calme après la tempête ou le silence dans l’œil du cyclone.
Ses larmes, son souffle court, son cœur qui bat rapidement, sa tête dans mon cou, un tout peut-être ou rien en particulier, je sens mon propre cœur s’emballer, mon souffle se couper. L’envie monte, mon envie monte. L’irrésistible envie de vivre après avoir vu de trop près la faucheuse.
Une pulsion me prend.
Porte ouverte ? Peu m’importe !
Des voyeurs ? Peu m’importe !
Des visiteurs ? Peu m’importe !
La vie, la liberté, la sexualité, tout m’importe !
Je déchire son t-shirt des Ramones, « Hey Ho Let’s Go », il en rachètera un et mon cuir aussi, partage des tâches. Patrick est surpris que je passe de la madone réconfortante au grand cœur à la furie endiablée au cœur rugissant. Mais l’idée semble lui plaire, il se laisse dévergonder.
Les Ramones étant spectateurs, je déboutonne rapidement ce jean trop serré qui laisse apercevoir un boxer dans la même gamme de serrage. Je confirme que l’idée lui plaît vraiment. Le jean glisse aux chevilles, je bouscule Patrick, qui perd pied et s’assoit sur la chaise roulante. Elle file se caler contre la batterie.
Je m’avance tout en retirant mes fringues, un strip accéléré :
Mon débardeur qui laisse retomber mes seins fermes et lourds de désir.
Mes rangers jetées d’un mouvement rapide.
Mon pantalon dont le cuir colle un peu à ma peau et en particulier à mon intimité mais que je parviens à retirer sans laisser de traces.
Mon bipède masculin a encore son boxer, contrairement à moi qui apprécie plus le canidé à son homologue vestimentaire. Je le vois se gonfler à chacun de mes pas, à chacune de mes respirations, il essaie de communiquer et ne va pas tarder à comprendre ce que j’attends de lui.
Le bout de tissu finit par capituler en rejoignant sagement la pile de linge au sol.
Je m’arrête, je jauge mon partenaire, je le fais languir, je le fais saliver, je le fais m’envier, me désirer. Tout comme je le désire.
À son tour d’être assis, désarçonné et sous mon emprise. Je passe mes jambes de chaque côté de ses cuisses, je m’installe à califourchon telle une amazone sur son étalon. Je ressens immédiatement la chaleur de son corps sous le mien ainsi que les ressorts de cette chaise qui laisse imaginer bien des promesses.
Patrick ne dit rien, il profite, il savoure, il sait que le voyage sera plaisant et tout à son honneur.
Je positionne ses mains pour qu’elles agrippent ma taille. La douceur de ses doigts me donne des frissons, mon dos frémit, la chair de poule ondule sur ma peau. Le bonheur au bout des doigts.
Ses mains qui dix minutes avant me voulaient à trépas, glissent désormais vers un tout autre dessein. Elles caressent mes courbes, mes flancs, l’arrondi de mes seins. Mes tétons donnent le coup d’envoi, je me redresse et me rassois sur son membre au garde-à-vous. La descente est chaude et douce. Mes tétons pointent toujours.
Toujours personne en vue, la musique n’attire plus les foules de nos jours.
Je débute mes gammes langoureusement, d’une voix rauque, je m’échauffe encore pour éviter un claquage indésirable. Je sens que Patrick est proche des aiguës, il est parti crescendo direct. Il joue ses dernières notes et moi les premières de ma partition. Je prends mon temps, je savoure cette vie retrouvée.
J’aurais quelqu’un à te présenter quand j’aurais fini de m’occuper de toi mais en attendant, à mon tour de monter dans les tours.
Les ressorts de cette chaise ont vraiment un bon amorti, ils donnent à mes rebonds une toute nouvelle dimension. Les sensations sont exceptionnellement plaisantes et je sens même que Patrick reprend un peu de vigueur. Mes ondulations se calent sur le rythme du mobilier, la chaise apprécie mes secousses pour son dépucelage improvisé.
Mon cœur s’accélère sous les caresses de Patrick, il sait ce qui me plaît : sa main sur ma nuque, son souffle au creux de mon oreille, ses lèvres sur les miennes. Mes secousses s’accentuent grâce aux amortisseurs, je sens la pression et la chaleur monter.
Je ferme les yeux, un océan de couleurs déferle et annonce le début de l’extase. Ma jouissance me fait pousser des cris qui pourraient ameuter tout le quartier mais, en l’occurrence, même ma musique n’attire pas les curieux, tant pis pour eux.
J’ouvre les yeux, Patrick me regarde, il me sourit, il me rend heureuse et ça lui plaît.
Nous restons imbriqués un instant, le temps de réaliser que la vie nous retient et que nous devons en profiter avant qu’elle ne nous glisse entre les doigts.
Un dernier rebond et je saute de la chaise qui se souviendra longtemps de ce moment partagé. J’enfile rapidement mes fringues, lance les siens à Patrick et lui dis :
Étonné et curieux, il se dépêche et me rejoint sur le parking.
Patrick monte ma Ducati, à peine le temps de se tenir, j’enclenche la première.
Ses mains s’agrippent à ma taille, il n’est jamais monté derrière quelqu’un sur une moto et encore moins derrière une femme. Cette découverte a l’air de le perturber un peu, je sens qu’il ne sait pas comment se positionner, comment me tenir. On va s’occuper de lui, on va le bichonner, il va finir par aimer.
Ma Diavel est joueuse, elle s’enfile la route avec facilité, j’enchaîne les rapports, elle hurle dans les tours et tient l’asphalte. Elle ne demande qu’à laisser rugir ses démons.
Je sens que Patrick commence à se détendre et se sentir en confiance, il doit penser qu’il a tout vu mais ce n’est pas fini.
Ligne droite.
L’aiguille du compteur grimpe, les chiffres s’envolent, les mains de mon passager sont passées sur mon ventre. Il me sert comme si sa vie en dépendait.
La jauge mécanique de ma Diavel passe dans le rouge, je sens les bras de Patrick se crisper autour de ma taille.
Premier virage.
Je rétrograde à peine, on est joueuses, on est folles. Patrick doit se liquéfier dans son jean. Mais à mon grand étonnement, je m’aperçois que non, il y prend même goût. Ses mains se détendent et glissent chaudement sur mes cuisses puis mon entrejambe.
Ma jauge métabolique passe dans le rouge, je sens mes cuisses se serrer encore plus autour du réservoir brûlant.
Patrick joue de la basse sur les fils de mon cuir. Le choc de ses doigts résonne sur le métal, les ondes se propagent le long de mes muscles graciles pour finir leur course sur mon pubis.
Les notes claquent.
Mon clito claque.
Je suis au bord de la panne moteur mais ma Diavel tient pour nous.
Le riff final endiablé va faire fondre mon cuir.
Le rythme s’accélère.
Je monte dans les aiguës.
Mon cœur s’enflamme.
Ligne droite.
Black-out !
Je reprends mes esprits.
On est arrêtés, mes mains tiennent fermement le guidon, mes jambes en trépied, mon corps en mode survie. Ma bécane chaude comme la lave, son moteur ronronne encore. Patrick debout devant nous, me regarde avec ce sourire satisfaisant et fier.
1. ↑ CPA : Commando Parachutiste de l’Air
2. ↑ DGSE : Direction Générale de la Sécurité Extérieure