| n° 23682 | Fiche technique | 15424 caractères | 15424 2459 Temps de lecture estimé : 10 mn |
02/07/26 |
| Présentation: La naissance d’un désir féminin… | ||||
Résumé: Quand une hétéro bien née, qui compense sa frustration due à une sexualité trop normée, par une domination sociale assumée, perd tous ses repères devant un corps généreusement féminin… | ||||
Critères: #érotisme #exhibitionniste | ||||
| Auteur : Samira Envoi mini-message | ||||
Un immeuble de bureaux, une dizaine d’étages, parois métalliques, verres scintillants.
Un hall d’accueil immense, une rangée d’ascenseurs.
Un dialogue anodin, sans intérêt, débute anonymement. Anodin ? Et pourtant…
Samira revenait d’un déjeuner et remontait à son bureau. En général, à cette heure, les ascenseurs, pourtant au nombre de cinq, alignés dans ce hall majestueux de la société d’assurances dans laquelle elle travaillait depuis des années, étaient pris d’assaut par tous les employés qui rejoignaient leur poste dans les étages. Curieusement, elle se retrouvait seule dans cet ascenseur avec cette femme qu’elle croisait quelquefois sans faire trop attention. Elle savait qu’elle faisait partie des grosses huiles de la maison, ces gens importants qui siégeaient en haut de cette tour, dans cet étage capitonné où l’atmosphère ouatée des couloirs dissimulait difficilement cette impression de puissance et de pouvoir réunis.
Elle apprendra plus tard qu’elle était en présence de la DAF, directrice des affaires financières, par ailleurs membre du Comex, le saint des saints qui regroupe les principaux dirigeants.
Samira, à peine sortie de l’ascenseur, avait déjà oublié cette femme et la réciproque lui paraissait évidente.
À peine une heure plus tard, Samira était concentrée sur son écran, se débattant sur son PowerPoint quand elle reçut ce message étrange :
Bonjour,
Nous nous sommes croisées dans l’ascenseur en début d’après-midi. Je souhaiterais, si cela vous est possible, avoir une conversation avec vous. Merci.
C’était concis. Laconique. Intrigant.
Et étrange, mystérieux.
Conversation… mais à propos de quoi ? Samira officiait dans la communication, à un poste pas très en rapport avec la finance. Pourquoi cette sollicitation.
Elle aimait assez ce genre de situation. L’imprévu, l’inattendu, le pas clair. Sa curiosité naturelle, son besoin constant d’aller de l’avant, son esprit aventurier, tout lui indiquait qu’il fallait répondre prestement.
Je peux être à votre bureau dans quinze minutes. Possible ?
Réponse quasi immédiate :
Je vous attends, 13e, dernier bureau sur la droite en sortant de l’ascenseur.
Samira allait toquer à la porte quand elle aperçut la sonnette.
La porte s’ouvrit automatiquement.
Franchement intimidant. Elle se trouvait dans un bureau qui lui paraissait immense, avec une baie vitrée qui laissait entrevoir les toits de Paris dans une vue à couper le souffle.
Samira sortit de son état hypnotique, décocha un sourire crispé :
En dehors de son bureau aux dimensions trois fois supérieures au sien se trouvaient deux canapés blancs qui se faisaient face, séparés par une table basse.
Samira prit place et, sans trop se forcer, prit son air de nunuche, histoire de dire quelque chose :
Cette femme qui lui faisait face l’interrompit.
Samira nota son changement d’attitude à cet instant. Cette femme qui personnifiait l’autorité, le caractère volontaire, une certaine forme de charisme, semblait se décomposer sous ses yeux, balbutiant, cherchant ses mots…
Elle avait maintenant le regard fuyant, la tête baissée, semblant regarder constamment le bout de ses escarpins.
En se raclant la gorge une fois de plus, en oubliant son statut de femme dirigeante, sa position de pouvoir, son poste hiérarchique, cette femme, dans un dernier effort, finit par lâcher cette énormité :
Samira, d’abord surprise, faillit pouffer de rire. Mais la situation ne s’y prêtait pas. Elle devait sauver les apparences, donner le change. Feindre le parfait naturel des choses.
Elle regardait cette femme recroquevillée sur elle-même, tête baissée, maintenant murée dans son silence, mais comme délivrée par sa déclaration.
Sur le ton de la confidence, Samira choisit d’installer une certaine connivence qu’elle espérait propice à la poursuite de sa confession.
Ne voyant aucune réaction de sa part, elle poursuivit :
Et sans attendre de réponse…
Samira s’étonnait elle-même par sa hardiesse et sa répartie. Les rôles s’étaient brutalement inversés. C’est elle qui dirigeait maintenant…
Suite à cette conversation assez surréaliste, elles entamèrent, sur le champ, une correspondance où Éléonore se livrait chaque jour un peu plus.
Pendant des jours, immuablement, Samira recevait en début de matinée, un message d’Éléonore. Elle parlait surtout d’elle, de son parcours, de son couple, de sa vie au quotidien.
Parcours sans faute, sans embûche. Ses parents visaient pour elle, l’Excellence, qu’elle atteignit excellemment. Poste à hautes responsabilités sitôt le diplôme prestigieux en poche. Et les revenus qui vont avec.
Elle en profita pour épouser celui qui serait le seul homme de sa vie. Profil identique au sien.
Deux enfants. Bel appartement familial à Paris. Une maison sur l’île d’Oléron. Des voyages tout au long de l’année. Des amis, du même milieu.
Bizarre, elle ne parlait pas du chien.
Elle présentait les choses comme pour faire comprendre à Samira qu’elle était comblée… et pourtant.
Pour Éléonore, Samira dans l’ascenseur, c’était la brune méditerranéenne, la pulpeuse gorgée de soleil, c’était les odeurs d’épices d’un souk à Fès ou Marrakech. Oui, c’était ça, c’était le symbole de l’épice.
Éléonore était au seuil de la cinquantaine. Une vie tracée depuis le début, une vie linéaire, rectiligne. On tenait son rang, son statut, sa position. On vivait dans l’opulence.
Mais, manquaient les épices.
Samira était les épices.
Pouvait-elle seulement être son épice ?
Samira répondait à ses messages de manière assez convenue. La félicitait devant une telle réussite. Mais cogitait intérieurement. Cette femme est-elle si heureuse ? A-t-elle seulement déjà été troublée comme elle le fut quelques jours auparavant sur ce canapé blanc ?
Et un matin, Samira terminait sa réponse par un simple :
Et si on prenait un café ?
La réponse fut immédiate, comme si Éléonore n’espérait que cette relance.
Je vous attends dans mon bureau… à votre convenance…
Samira était face à elle, dix minutes plus tard…
Éléonore retrouva une posture détachée en préparant les cafés. Mais était de nouveau déstabilisée une fois assise sur ce canapé, ne sachant que faire de sa tasse, de son sucre… et d’elle-même, peut-être…
Samira l’interrompit brusquement :
Éléonore devint encore plus blême. Fixant le bout de ses escarpins.
Éléonore semblait comme tétanisée, elle bredouilla en cherchant ses mots :
Éléonore, d’une voix peu assurée :
Éléonore, n’osant toujours pas porter un regard sur elle, d’une voix plus faible :
Et sans avoir rien prémédité, sentant que c’était peut-être le moment, Samira se leva et vint se tenir debout devant Éléonore, encore plus mal à l’aise. Elle releva sa robe à mi-cuisses et demanda à Éléonore, en voie de décomposition avancée :
Éléonore ne répondit pas, aucun son ne pouvait sortir. Elle se contenta de hocher la tête en signe d’approbation.
Samira, qui tenait l’avantage, le poussa un cran plus loin. Elle laissa retomber sa robe, se retourna brusquement pour de nouveau relever sa robe au niveau de sa taille, lui dévoilant son postérieur enveloppé dans une culotte immaculée. Elle resta penchée en avant pour laisser le temps à Éléonore d’apprécier ses courbes arrière. Les secondes passèrent et pas de réaction. Un silence total. Alors que le décompte devait s’approcher de la minute, Samira se retourna.
Et c’était à elle d’être troublée à son tour. Le visage, l’expression qu’offrait Éléonore étaient tout bonnement sublimes.
Elle tenait entre ses mains le bas de son visage, la bouche entrouverte, les yeux quasi exorbités. Tout son être traduisait des sentiments mêlés.
D’abord de la surprise, cette esquisse de strip-tease n’était pas du tout prévue au programme, elle était cueillie à froid.
Ensuite, de l’effroi. Elle s’attendait à des formes appuyées, elle était servie au-delà de ses espérances. C’était au-delà de son imagination.
Mais surtout du désarroi. Comment pouvait-elle imaginer concrétiser un jour, après un long travail sur elle-même, un quelconque rapprochement des corps, on n’ose dire une relation saphique, elle, la totale novice en la matière, en s’attaquant à un phénomène pareil.
Tout se bousculait dans sa tête. Elle était précédemment blême, elle était passée au rouge cramoisi.
Samira la sortit de sa torpeur en la questionnant une nouvelle fois :
Éléonore, cherchant dans un dernier sursaut à retrouver ses esprits, se racla la gorge, une fois, puis encore une, avant de prononcer cette phrase anodine, mais fondatrice de leur future relation :
C’est Samira qui maintenant ressentait une bouffée de chaleur l’envahir.
Samira qui se souvenait qu’elle avait découvert le plaisir, et même le désir, seulement au tournant de la trentaine. Le désir lui était toujours resté mystérieux.
Elle avait aujourd’hui, sous les yeux, cette femme, si bien de sa personne, totalement rongée par le désir. Un désir qui lui tombait dessus, sans préméditation, dont elle ne savait que faire.
Ce désir qu’elle personnifiait si bien avec son visage coincé entre ses mains, et cette bouche entrouverte qui appelait au plaisir…
Samira se remémora souvent cette scène. Grosse charge érotique difficile à évacuer, à oublier.