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Temps de lecture estimé : 8 mn
26/06/26
Présentation:  Réminiscences d’une après-hivernale sur la plage du Moulin Blanc.
Résumé:  Vingt‑cinq ans plus tard, Chloé et Mathilde se souviennent de cette promenade sur la plage du Moulin Blanc alors que Chloé avait « chauffé » Mathilde à blanc. Des années plus tard, cette évocation fait toujours son petit effet.
Critères:  #romantisme #nostalgie #couple #lesbienne ff jeunes copains plage amour fist
Auteur : Atchoum  (Amateur de belles histoires d’amour passionnées)            Envoi mini-message

Collection : Mathilde et Chloé
Le Moulin-Blanc

Mathilde éteint la lumière et s’allonge à nouveau aux côtés de Chloé, elles sont toutes deux nues sous la couette, leurs épaules se touchent presque. Elle sait que Chloé ne dort pas, elle écoute sa respiration courte et irrégulière. Après un moment d’hésitation, Mathilde lance :



Dans le noir, Mathilde sent le rouge lui monter aux joues.



Décembre 1989. Le ciel était gris. Leurs manteaux longs battaient dans le vent marin, les embruns et le crachin brestois, elles marchaient dans le sable mouillé au milieu de la plage, les mains dans les poches, à trente centimètres l’une de l’autre. Chloé regardait l’horizon, songeuse, la voix si ténue que seule Mathilde pouvait l’entendre :


  • — Si on avait été seules ici… commença-t-elle, comme dans un rêve.
  • — On l’est pas, avait fait Mathilde un peu sèchement, comme sur un ton de frustration.
  • — Je sais bien ! Mais si on l’avait été, je t’aurais foutue à poil sur le sable et je t’aurais bouffée…
  • — Hein ? s’était exclamée Mathilde en s’arrêtant de marcher, estomaquée, les yeux ronds comme des billes. Elle avait senti son ventre se contracter, et elle dévisageait Chloé qui s’était trouvé une passion soudaine pour les rochers de la presqu’île de Plougastel, de l’autre côté de la rade.

Chloé avait continué à marcher, la dépassant de quelques pas, l’air toujours absent, comme toujours plongée dans sa contemplation, elle avait poursuivi :


  • — Je te prendrais par derrière dans mes bras, une main sur tes seins, je me plaquerais dans ton dos et, là, je te ferais jouir rien qu’en te tenant contre moi, l’autre main entre tes jambes et ma bouche dans ton cou.

Le rouge était monté aux joues de Mathilde. Elle ne pouvait pas le cacher, elle savait que Chloé avait remarqué ses joues subitement cramoisies mais elle n’avait rien dit. Mathilde avait recommencé à marcher, incrédule. Chloé continuait à avancer comme si elle ne la voyait pas, le regard toujours perdu dans l’Atlantique, Mathilde fixait obstinément le sable qu’elle foulait, comme si elle cherchait des coquillages.



Après un court instant, elle se tourne vers Mathilde et pose une main sur son sein. Le cœur de Mathilde bat un peu plus vite.



Chloé rit doucement, les lèvres contre son épaule.



Chloé avait poursuivi à voix si basse que c’en était presque un murmure :


  • — Je déboutonnerais ton jean, je glisserais ma main dedans, dans ta culotte, je gratterais dans tes poils et je collerais deux doigts sur ta…

Dans la poche de son manteau, elle avait écarté deux de ses doigts contre l’étoffe, un geste presque imperceptible de l’extérieur, mais Mathilde avait compris, c’était limpide.


  • — Et je te caresserais, là, comme ça, en tirant sur ta peau, en relâchant, vite, doucement, jusqu’à ce que tu jouisses, là, comme ça, comme hier, debout dans mes bras.

Mathilde avait senti l’humidité monter entre ses jambes et sa démarche était devenue légèrement vacillante.



Chloé se tourne vers elle et ses mains deviennent clairement plus aventureuses, l’une d’elles glisse doucement pour échouer, caressante, dans l’entrecuisse de Mathilde, là où la peau est si fine et si sensible.



Mathilde inspire brusquement :



Sur la plage du Moulin Blanc, le silence entre elles était devenu brûlant, presque suffocant malgré la bise humide et glacée. Chloé observait le profil de Mathilde avec curiosité, les mâchoires serrées. Elle savait exactement ce qu’elle faisait. Elle avait continué :


  • — Et je lécherais tout le long de ton cou, de ton dos, dans la raie de ton cul, je te titillerais tout partout, je te lécherais toute, là, dedans, jusqu’à ce que tu gueules.

Mathilde s’était soudain figée, rien que quelques secondes, ça avait été presque invisible, puis elle avait recommencé à marcher en silence, la respiration courte, presque haletante. Dans la poche de Mathilde, Chloé avait vu son poing se serrer, elle avait vu ses bras se tendre et se raidir.


Chloé glisse deux doigts entre les nymphes de Mathilde et y trouve une humidité poisseuse, tiède et familière.



Chloé avance ses doigts en elle un peu plus jusqu’à l’orée de son vagin. Mathilde se tend en pleine inspiration. Chloé continue :



Sur ces mots, Mathilde ferme les yeux comme pour rendre le souvenir encore plus vivace.


Sur la plage, Chloé avait continué sur sa lancée, elle-même clairement émoustillée par ce qu’elle provoquait chez Mathilde :


  • — Et puis on trouverait un endroit entre les rochers, là, au bout à gauche, et puis je me mettrais à genoux, la tête entre tes cuisses et puis je te prendrais avec ma bouche, avec ma langue, avec mes lèvres, avec mes doigts…

Le regard perdu loin devant, les joues écarlates, les lèvres pincées et les ailes du nez tremblantes, Mathilde avait écouté.


  • — Je te sucerais là, je te lécherais toute, je te pincerais, je te masserais avec mes doigts jusqu’à te faire couler dans ma bouche.
  • — Chloé… Arrête… J’en peux plus… Je vais…

Mathilde avait crié son nom presque comme une supplique, comme une menace, comme un cri qu’elle retenait depuis longtemps.



Mathilde sent à nouveau cette vague familière de chaleur lui brûler les oreilles, les tempes et… là, en bas, elle sent monter une vague d’un désir à l’état pur, lancinant et délicieux.



Un soubresaut brutal de son ventre l’interrompt. Chloé accélère le mouvement de ses doigts entre ses lèvres intimes, elle pollue rapidement le bouton gonflé de désir entre ses phalanges et Mathilde sent la vague monter en elle, culminer, suspendue et prête à déferler.


Chloé poursuit comme si de rien n’était :



Et là, sans prévenir, Chloé plaque sa bouche contre celle de Mathilde, brutalement, avec la langue, longtemps, fougueusement, puis rompt le contact.



Leurs lèvres à quelques centimètres les unes des autres, les deux femmes halètent dans le même souffle.



Elles avaient continué à marcher sur la plage, nonchalamment, côte à côte, se frôlant presque mais sans oser se toucher. Le silence avait duré longtemps. Puis Mathilde avait demandé d’une voix si basse qu’elle se perdait dans le vent :


  • — Et moi, qu’est-ce que je te ferais ?

Chloé s’était arrêtée et avait tourné la tête pour la regarder. Mathilde fixait l’horizon au sud-ouest, comme à la recherche de la presqu’île de Crozon, la respiration irrégulière et les lèvres entrouvertes. Dans un soupir, elle avait lâché :


  • — Toi, tu me pousserais contre un rocher. Tu m’écarterais les jambes, tu m’embrasserais sur la bouche et tu me foutrais les doigts dedans jusqu’à ce que je crie.



Les doigts de Chloé trouvent ce point exact à l’intérieur, Mathilde se fige, un long râle coincé dans sa poitrine.


Chloé introduit un troisième doigt.



Mathilde gémit :



Mathilde ne peut pas finir, pantelante sous les doigts de Chloé. Chloé insiste, malicieusement :



Chloé secoue frénétiquement ses quatre doigts dans l’intimité glissante et détrempée de Mathilde, son pouce virevolte fébrilement sur son clitoris avec une précision qu’elles ont perfectionnée depuis tout ce temps.



Dans le lit, Chloé glisse le long du corps de Mathilde, ses lèvres serpentent en direction de son entrejambe avec la ferme intention de lui faire goûter à l’extase qu’elle lui promettait à l’époque, ce qu’elle n’avait jamais pu faire sur la plage du Moulin Blanc.



Elle plonge sa langue en elle.


Mathilde hurle le nom de Chloé dans l’obscurité de leur chambre, c’est un cri qui ressemble à celui qu’elle eût voulu lancer en 1989, ce temps où elle n’osait pas encore, un cri qui dit tout ce qu’elles n’avaient pas osé dire avant de vraiment se trouver.