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Temps de lecture estimé : 34 mn
08/06/26
Présentation:  Corée du Sud, 1968.
Résumé:  La rencontre d’une Coréenne avec un Néerlandais vers la fin des années 60, à l’époque où la Corée sortait de la guerre et commençait son ascension.
Critères:  #romantisme #rencontre couleurs asie corée
Auteur : Patrik            Envoi mini-message
Au Pays du Matin Frais – Hanagae Beach

Corée du Sud, 1968. Bonne lecture :)




Avant-propos


En anglais, « you » signifie à la fois « tu » et « vous ». Il semble donc difficile de distinguer tutoiement et vouvoiement, mais l’utilisation de divers registres de discours et de tournures de phrase permet justement d’indiquer la politesse ou non.


En coréen, il existe différents registres et niveaux de politesse (on en compterait jusqu’à sept), ce qui se traduit par des mots différents et aussi par la conjugaison des verbes, c’est l’une des complexités de cette langue. Ceux-ci ne sont pas aisés à retranscrire en français, sauf éventuellement sous des formes désuètes comme « notre très honorable invité ».


Pour simplifier, ce texte utilisera « tu » pour la familiarité ou la subordination, et « vous » dans les autres cas.


Présentons les deux protagonistes, en commençant par Madame puis Monsieur :



En 1968, la Corée du Sud est dirigée d’une main ferme (pour ne pas dire d’acier) par Park Chung-Hee qui conduit le pays vers la prospérité économique, moyennant un certain nombre de sacrifices non négligeables. La guerre qui a mené à la partition de la contrée en deux pays distincts (Nord et Sud) reste très présente dans les esprits. Ses séquelles se font largement sentir ci et là.




Ha-Yun


L’œil occidental rencontre souvent des difficultés à donner un âge aux Coréennes. Il n’est pas rare qu’une mère et sa fille puissent dans ce cas parfois passer pour des jumelles. Mais les autochtones n’ont pas ce souci.


Ha-Yun paraît facilement la jeune vingtaine alors qu’elle a dix ans de plus. Veuve, elle est à moitié ostracisée, car n’étant pas en couple (c’est idiot mais c’est comme ça). Le rejet aurait été pire si elle n’avait jamais été mariée. Comme elle possède une force de travail non négligeable, ses supérieurs ne disent trop rien sur sa situation de célibataire. De toute façon, une femme non mariée peut bien faire des tas d’heures supplémentaires, puisqu’elle n’a pas à s’occuper de son mari et ses enfants, n’est-ce pas ?


De ce fait, Ha-Yun fait presque tout le boulot de ses trois collègues. Tout le monde le sait, mais c’est presque naturel, c’est dans l’ordre des choses.




Karel


Comme Karel Appeltuin (Néerlandais d’origine) possède un certain don des langues et de l’acclimatation, il est donc souvent envoyé en mission dans les différents coins de notre globe, expression pas très logique quand on y réfléchit. Cette fois-ci, c’est à Incheon, gros port près de Seoul, en Corée du Sud qu’il a été muté, bien que sa connaissance de la langue locale soit assez proche du zéro. Néanmoins, il s’exprime fort bien en anglais et aussi en chinois (merci sa nourrice), avec un peu de japonais (séjour d’un an).


Le coréen est grammaticalement assez proche du japonais, du moins dans les très grandes lignes. Certains experts rangent ces deux langues dans le même groupe linguistique, ce qui est contredit par d’autres spécialistes (le contraire aurait été étonnant). Mais il ne faut pas croire que la relation soit identique à celle qui existe entre le français et l’italien, par exemple. À l’oral, un Coréen et un Japonais ont un mal fou à se comprendre mutuellement, malgré le fait que ces deux langues ont été envahies par une tonne de vocabulaire chinois, à l’image du grec (et du latin classique) dans les langues romanes (et aussi germaniques).


Sur place, Karel Appeltuin s’exprime la plupart du temps en anglais. Parfois, il bascule en chinois en fonction de certains interlocuteurs qui n’apprécient pas l’anglo-saxon. En revanche, il évite le japonais pour des raisons historiques. De plus en plus, il insère du coréen dans ses phrases, se contentant de rester dans le registre neutre de la politesse.


Comme il sait respecter les usages locaux, le nouveau venu est plutôt bien vu, aidé par une grande stature, des yeux fort bleus et une chevelure blonde, des caractéristiques fort exotiques. Sans oublier un certain charisme.


On dira qu’il a tout pour lui, mais du fait de son travail très itinérant, Karel n’a jamais pu avoir de relations stables, et encore moins d’enfants. Néanmoins, le sujet ne le turlupine pas, son état de célibataire endurci lui convient très bien. En général, il n’a aucun problème pour vivre diverses aventures, ayant l’honnêteté de prévenir d’avance la personne sur laquelle il a des vues. Assez souvent, ce n’est pas lui qui vient auprès des femmes, mais c’est l’inverse.


Puis un beau jour, le chemin de Ha-Yun croise celui de Karel.




Croisement


Bien que la jeune femme ne soit pas dans le même service que lui, Karel ne met pas longtemps à comprendre la valeur de Ha-Yun. Il apprécie sa force de travail, ses initiatives et aussi sa beauté discrète. De plus, elle parle assez bien anglais et un peu chinois. Comme le service de la jeune femme est composé à la base de quatre personnes (dont trois travaillent peu, et on ne compte pas les chefs qui chéfisent), Karel demande très vite à ce que Ha-Yun soit détachée auprès de lui. Ce qui ne fait pas les affaires des collègues en question.



Eh oui, comme l’ordre vient d’en haut, de très haut, la seule issue possible est d’oublier d’ouvrir trop grande sa bouche. Essayez donc de rencontrer la Direction en protestant : ah non, elle ne peut pas partir, c’est elle qui fait tout le boulot, tandis que nous, on se tourne les pouces…


Karel est content : il a récupéré une collaboratrice efficace.

Ha-Yun est contente : non seulement sa charge a baissé, mais ce qu’elle fait est plus gratifiant.

Les trois collègues sont mécontents : on s’en fiche.

Les chefs de ces trois collègues râlent que le travail est maintenant bâclé : on s’en fiche aussi.


Comme Ha-Yun est une célibataire sans entrave, Karel lui demande assez souvent si elle peut l’aider à visiter avec lui les environs, les curiosités et les us locaux. Comme son nouveau supérieur est de bonne composition, la jeune femme accepte à chaque fois, ce qui meuble ses loisirs solitaires qui se résument souvent à regarder en noir et blanc des séries dotées de multiples rebondissements peu plausibles, remplies de propagandes trop souvent peu subtiles, mais en moins pire qu’au Nord. Sinon, il reste la lecture.


Très vite, Karel comment à avoir une bonne vision panoramique d’Incheon et de ses alentours, et aussi de sa subordonnée.




Beaux jours


Comme les beaux jours reviennent (en Corée, les hivers sont très froids, mais les étés peuvent être torrides, surtout sur la côte ouest), Karel demande à sa collaboratrice :



« Miss Jeong » est le compromis qu’a trouvé Karel pour s’adresser à Ha-Yun, les règles de politesse coréenne étant assez redoutables. De son côté, la jeune femme s’adresse souvent à « Meneer Karel », son supérieur préférant qu’elle utilise son prénom, plus simple à prononcer pour elle que son nom de famille, le « meener » étant un rappel de la langue natale de Karel. Celle-ci répond :



Ha-Yun montre du doigt l’emplacement du lieu sur la grande carte qui est scotchée sur le mur de du bureau de son supérieur hiérarchique. Constatant la position de cette plage, Karel dit :



Bien qu’issu d’un pays de navigateurs, Karel n’a pas le pied marin :



Elle s’étonne :



Karel s’amuse :



Elle baisse la tête :



Karel sourit : être un supérieur hiérarchique est assez pratique en Corée, mais il frissonne en songeant aux abus que ça peut engendrer.




Hanagae Beach


La baie proche de Seoul (et donc d’Incheon) abrite un petit archipel, cependant certains îlots sont inhabités.


Ha-Yun et Karel sont partis tôt du port. De façon évidente, c’est l’homme qui conduit la voiture, car une femme au volant, ça ne se fait pas, sauf chez les excentriques ou les très riches.


Pour se rendre à Hanagae Beach, il faut d’abord passer sur un confetti d’île, une petite île, une grande île, à nouveau un confetti, puis enfin sur l’île de destination, le tout en empruntant des ponts. La dernière partie du trajet est à faire à pied (300-400 mètres), le parking étant en retrait de la mer.


Une fois sortie de la voiture, Ha-Yun met aussitôt un grand chapeau de paille sur sa tête que lui a procuré Karel qui tout simplement pioché dans un stock de l’entreprise. Par amusement, il a ajouté un ruban bicolore rouge-bleu, les couleurs du yin yang dessiné sur le drapeau coréen. La jeune femme prend avec elle un sac de taille moyenne d’où dépasse une serviette de bain. Karel s’occupe d’un deuxième sac assez gros.


Découvrant la plage, le Néerlandais s’exclame :



Posant son sac, puis déposant sa serviette sur le sol, Ha-Yun devient songeuse :



Agenouillée sur sa serviette, la jeune femme se rembrunit. Assis à côté d’elle, Karel s’excuse :



Ha-Yun regarde étrangement son chef :



Karel connaît enfin la raison du décès. Personne ne semblait vouloir le lui dire (sujet tabou à prime vue), et ç’aurait été de très mauvais goût de demander des explications à la veuve. Il frissonne malgré lui :



Regardant la mer devant elle, la jeune femme devient songeuse :



Joignant le geste à la parole, Karel se met debout et ôte son polo, puis son pantalon, étant maintenant uniquement vêtu d’un maillot de bain. Ha-Yun constate que son chef est plutôt bien fait, elle rougit légèrement à cette pensée. Peu après, ôtant sa robe, elle se met à son tour en maillot de bain, ayant ôté fugacement son chapeau de paille.


Contemplant sa collaboratrice, Karel s’étonne :



Contemplant avec plaisir le corps fortement moulé, surtout du côté des hanches et de la poitrine, l’homme plisse des yeux :



Elle se tortille sur place :



Elle évite de répondre. Karel change de conversation :



Ils se dirigent tous les deux vers la mer, Ha-Yun ayant remis le chapeau sur sa tête. Être bronzée signifie souvent deux choses ici : soit être une fille de mauvaise vie, ou soit être une occidentalisée (ce qui revient presque au même).


Toujours est-il que les deux employés s’amusent plutôt bien dans l’eau, même s’ils ne se touchent aucunement. Ce ne serait pas convenable…




Mini-vacances


De retour de la baignade pour la troisième fois, assise sur sa serviette, ayant bien ajusté sur sa tête son grand chapeau de paille, Ha-Yun se tourne vers son voisin de plage :



Tout en zieutant copieusement de façon pas trop ostensible sa voisine de serviette, Karel s’amuse :



Soudain, à la grande surprise de sa collaboratrice, Karel se fige, puis il prend la parole :



Elle le regarde étonnée :



Karel désigne du doigt les bâtiments situés derrière :



Karel regarde les bâtiments situés en bord de plage :



Elle hésite un peu :



Après diverses contorsions, elle finit par lâcher le morceau :



Ha-Yun se tortille sur sa serviette :



Une fois rhabillés, ils choisissent un restaurant visiblement spécialisé dans le poisson et les fruits de mer. Pour changer, c’est la jeune femme qui passe commande, après avoir déchiffré pour Karel le contenu de la carte.


Ils se mettent à parler d’un peu de tout. Karel évoque la géographie de la Corée du Sud :



Ayant presque fini son assiette, elle demande :



Un peu plus tard, la conversation roule sur un sujet plus intime :



Se souvenant de cette époque, la jeune femme fait la moue :



Ha-Yun le regarde avec des grands yeux tout ronds :



Karel commence à s’habituer aux desserts coréens (très différents des occidentaux) qui lui rappellent beaucoup ceux du Japon. Mais à l’image de ce qui se passe à l’est de la Méditerranée où il ne faut surtout pas dire que la cuisine grecque et la turque sont identiques à quelques détails près, il faut éviter de clamer que les desserts japonais comme coréens sont presque les mêmes.


Avec quand même des petites variantes…




À la recherche d’une chambre


Plutôt que de s’y prendre trop tard, Karel décide, après le repas, d’aller réserver tout de suite deux chambres. Malheureusement, ça ne se passe pas exactement comme prévu, tout étant déjà plein.


Dans le quatrième hôtel (et dernier), la personne située à l’accueil parle plutôt bien anglais, mais la réponse n’est guère vraiment positive :



L’hôtelier devient arrangeant :



Rassuré par cette ouverture, Karel se tourne vers sa collaboratrice :



L’hôtelier semble néanmoins gêné :



Restée en retrait, Ha-Yun ouvre de grands yeux étonnés, Karel se contente de ne prononcer qu’une seule syllabe :



Le Néerlandais réfléchit vite : c’est le quatrième et dernier hôtel et aussi le seul qui propose (pour l’instant) une chambre libre. Une suite nuptiale, ça pourrait être amusant. De plus, repartir ce soir pour revenir demain, ce n’est pas folichon. Alors il accepte :



Ha-Yun reste muette de stupéfaction. Son chef en profite pour demander :



En effet, pour une suite nuptiale, c’est une belle suite nuptiale ! Karel remarque tout de suite un détail assez particulier :



L’hôtelier se fend d’un rapide sourire entendu :



L’hôtelier réprime un petit rire. Restée à l’orée de la chambre, Ha-Yun regarde assez effarée le lieu. Son chef revient vers elle :



Le Néerlandais se tourne vers l’hôtelier :



Goguenard, Karel répond :



Quand le couple sort de l’hôtel, Karel dit à sa voisine :



Assez gênée, Ha-Yun proteste :



Elle suspend sa phrase. Karel demande :



Puis elle se tait. Les deux employés se dirigent vers ce qui semble être un magasin touristique, afin d’acheter un nouveau maillot.




Après-midi


La boutique offre en effet un choix de maillots une-pièce, mais aucun bikini, cet accessoire étant jugé trop sulfureux, même si divers films étrangers et parfois coréens n’hésitent pas à en montrer, mais ça reste très diabolisé.


Bien qu’assez gênée, elle ouvre néanmoins le rideau pour que Karel puisse voir ce que donne sur elle ce premier maillot qui ressemble énormément à celui qu’elle portait ce matin. Karel expose carrément le fond de sa pensée :



Avant que la jeune femme ne puisse protester, son chef s’est déjà éloigné. Il revient peu après avec deux nouveaux maillots à la taille de celui qui vient d’être essayé.



Quelques instants plus tard, la jeune femme dévoile le deuxième maillot. Karel hoche la tête de façon positive :



La jeune femme referme le rideau derrière elle afin d’essayer le troisième article. Peu après, elle révèle sa nouvelle tenue. Son supérieur hiérarchie dit :



Elle tergiverse :



Ha-Yun s’étonne :



Toujours est-il que la jeune femme conserve sur elle le dernier maillot, sans remettre sa robe. Karel paye, puis ils sortent du magasin, direction la plage qui est à deux pas. Soudain, elle s’arrête pile :



De retour sur la plage, le nouveau maillot rend nettement mieux sur la jeune femme que le précédent, c’est un fait incontestable. Admiratif, Karel ne se prive pas de le dire :



La jeune femme se tortille sur place, ne sachant pas quoi cacher avec ses mains et ses bras :



À la grande surprise de la jeune femme, Karel se met à rire.


Une fois dans l’eau, la jeune femme se détend. L’après-midi se déroule sans problème, Ha-Yun se faisant petit à petit à l’ « indécence » de son maillot. Karel se dit qu’il a vu nettement plus « pire », mais ça dépend de la mentalité. Et malgré leur antagonisme quasi atavique, les Coréens sont aussi « coincés » que les Japonais sur ce sujet.


En tout cas, Karel apprécie les courbes de sa collaboratrice, chose dont il n’avait jamais douté. Il a simplement confirmation de visu.




Soirée au restaurant


L’heure tournant, au grand regret de son supérieur hiérarchique, Ha-Yun a remis sa robe car il est bientôt l’heure d’aller dîner. Debout à côté de son voisin de plage, elle est pensive :



Ha-Yun semble chercher ses mots :



Puis elle regarde son supérieur avec un petit sourire malicieux :



La jeune femme explique sans détour :



Ha-Yun regarde Karen :



La réponse tombe aussitôt :



Elle esquisse un sourire :



Ils se contentent de se regarder sans parler, ce qui arrange finalement les deux protagonistes. Puis Karel propose de quitter la plage pour aller dîner.




Bord de mer


Après le repas du soir (presque une copie de celui du midi), Karel propose :



Karel est partagé entre l’amusement et l’exaspération :



Finalement, Coréens et Japonais peuvent se tendre la main par-dessus la mer, pense Karel. Quasiment les mêmes mœurs, même si les personnes de ces deux pays préféreraient se faire découper en petits morceaux plutôt que d’admettre leurs similitudes.



Ha-Yun objecte :



Comme Karel s’y attendait, la jeune femme proteste :



Ha-Yun fournit ce qui semble être la bonne réponse :



Elle le regarde étonnée :



Il lève comiquement les yeux vers le ciel :



Puis le silence s’installe, tandis qu’ils sont toujours en haut de la plage. Curieusement, c’est la jeune femme qui fait le premier pas :



Silencieusement, ayant enlevé leurs chaussures, ils longent la mer. Puis Karel remonte le bas de son pantalon pour mettre un peu les pieds dans l’eau. Étant en robe, Ha-Yun l’accompagne :



Karel complète :



Il se lance :



Ce qui vient d’être dit est parfaitement compréhensible, même si l’accent de Karel n’est pas très coréen. Ha-Yun rougit :



Prestement, Karel pivote et se poste devant Ha-Yun, posant ses deux mains sur la taille de la jeune femme. Il la regarde dans les yeux :



Sans le quitter des yeux, la jeune femme ne répond rien. Alors il l’embrasse délicatement, puis plus passionnément. Un peu maladroitement dans un premier temps, elle répond à son baiser, puis elle se laisse aller.




Est-ce bien raisonnable ?


Après une succession de baisers plutôt fougueux, Ha-Yun prend la parole :



Toujours captive, elle évite de le regarder :



Elle adopte une petite voix :



Ils se taisent, se regardant à nouveau les yeux dans les yeux :



Elle marque une petite pause avant de répondre :



L’esprit pratique du Néerlandais passe à la conclusion :



Il pose son front contre celui de sa captive :



Il affiche un large sourire :



Elle fait la moue :



Elle respire un grand coup :



Sans attendre la réponse, il l’embrasse à nouveau.




Suite dans la Suite


Quand le nouveau couple passe devant l’accueil de l’hôtel, ils s’arrangent pour ne pas éveiller les soupçons. Mais une fois la porte de la chambre refermée, ils se laissent aller, en s’embrassant fougueusement comme deux adolescents.


Puis petit à petit, les caresses deviennent plus précises, plus intimes.


Petit à petit aussi, les vêtements s’égarent, tout comme les mains.


Très émoustillée, Ha-Yun sent confusément que cette nuit sera une belle découverte pour elle, même si elle reste unique. Elle décide donc de se faire violence (une façon de parler) et d’abandonner momentanément sa réserve naturelle. De son côté, Karel songe qu’il a intérêt à soigner au mieux les détails, afin que sa partenaire ait envie de recommencer. De toute façon, ce ne sera pas très difficile pour lui, car il a une nette inclination pour la jeune femme.


Comme nous sommes en Corée, il convient de jeter un voile pudique sur ce qui est en train de se dérouler sur ce lit de forme circulaire. Mais sachez que les deux parties y trouvent largement leur contentement et même plus.


Nettement plus…




Réveil


Tandis que le soleil commence à envahir la chambre, Ha-Yun ouvre un premier œil. Étonnée, désorientée, elle ne comprend pas où elle est, puis elle découvre Karel endormi à côté d’elle. C’est alors qu’elle se souvient.


Elle rougit un peu, pensant à tout ce qu’ils ont pu faire avant de s’endormir. Mais elle ne regrette rien, elle aura au moins vécu ce genre d’accord parfait entre deux corps. Attendrie, elle contemple son amant toujours endormi. Au début, elle pensait que leur différence de taille allait poser un problème, mais ça n’a pas été le cas. Ah si seulement elle avait pu vivre le dixième avec son défunt mari, ç’aurait changé bien des choses !



Elle sursaute. Son voisin vient d’ouvrir les yeux. Elle répond :



Karel se redresse :



La jeune femme répond d’une toute petite voix :



Elle le regarde d’un air étonné :



Elle s’exclame :



Il se met à rire :



Pour toute réponse, il la capture posément dans ses bras, pressant sa poitrine contre la sienne, puis il la regarde droit dans les yeux :



Elle fait remarquer :



La jeune femme ouvre de grands yeux :



Elle tente de noyer le poisson :



Illico, il joint le geste à la parole, en capturant la jeune femme, bien décidé à commencer cette nouvelle de très bonne façon. Et on ne peut pas dire que l’agressée oppose une farouche résistance…




Dimanche


Le déroulement du jour présent ressemble assez fortement à celui de la veille, avec une grosse différence : les deux jeunes gens sont visiblement plus proches l’un de l’autre.


Bien qu’assez confuse mais consentante, Ha-Yun accepte d’être souvent main dans la main avec Karel, ce qui est méritoire, connaissant la mentalité locale. Il est vrai qu’ici, ils sont loin du lieu de travail et d’habitation. Tout au plus, une rumeur circulera qu’une Coréenne (vraisemblablement) et qu’un Étranger (indubitablement) se sont permis des privautés en public.


Bien qu’il ait fortement envie, Karel évite d’embrasser la jeune femme en public. Mais dès qu’il le peut, il ne se prive pas. Ha-Yun se laisse aller à ces élans de démonstration de la part du Néerlandais. Elle constate avec une certaine surprise que son corps réclame ces attentions, bien que son éducation demande le contraire.


Tentant de couper la poire en deux, elle se raisonne à sa façon :



Mais au fond d’elle-même, elle aimerait que ça continue ainsi longtemps, bien que ce ne soit pas vraiment possible. En attendant, elle profite du dimanche, se surprenant de redevenir parfois une adolescente insouciante en compagnie de Karel.


Durant les baignades, elle ne déteste pas divers frôlements sous l’eau, et aussi le fait d’être admirée par son voisin quand elle se repose sur sa serviette. Elle songe alors :



Puis vient le moment de partir…




Retour


En revenant vers Incheon, Karel s’arrête sur un îlot de transition, garant la voiture face à la mer. Sa passagère s’étonne :



Ayant fait le tour de la voiture et ouvert sa portière, il capture sa main et il l’entraîne vers le rivage où le soleil est en train de descendre vers les flots. Karel se plaque dans son dos, ses mains sur son ventre :



Puis elle se tait regardant droit devant elle. Il en profite pour la serrer un peu plus contre lui, elle ne proteste pas. Au loin, le soleil descend de plus en plus, il va bientôt frôler l’onde miroitante. Les lèvres de Karel qui effleurent le cou de la jeune femme, puis elles se laissent aller à divers baisers.


Ha-Yun soupire :



Puis à la grande surprise de Karel, elle pivote sur elle-même, jetant ses bras autour du cou de son chef. Celui-ci comprend illico le message, l’embrassant longuement.


Comme toutes les bonnes choses ont une fin, ils remontent tous les deux dans la voiture afin de rentrer à bon port. Laissant la main du conducteur caresser son genou, Ha-Yun soupire à nouveau :



Elle met un peu de temps à répondre :



La jeune femme s’étonne :



La voiture se dirige vers le continent.



Elle fronce légèrement des sourcils :



Elle ne répond rien. Quelques instants plus tard, l’homme ajoute :



Elle frissonne :



Elle ose le regarder :



Songeuse, elle marque une pause de quelques secondes avant de répondre d’une petite voix :



Sa voisine ne répond rien, mais la façon dont elle le regarde et qu’elle lui sourit est de très bon augure pour la suite.