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Temps de lecture estimé : 26 mn
16/05/26
Présentation:  Une histoire toute simple et très soft qui se déroule fin des années 70.
Résumé:  Incidemment, en cette fin d’après-midi, je rencontre Didier, une connaissance, sans plus. Alors que je viens de lui demander par politesse comment ça allait pour lui et sa nouvelle compagne que je n’ai pas encore vue, il se met à se plaindre.
Critères:  #nonérotique #rencontre
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
Bon débarras

Une histoire toute simple et très soft qui se déroule fin des années 70.

Bonne lecture :)



Didier



Incidemment, en cette fin d’après-midi, je rencontre Didier, une connaissance, sans plus. Alors que je viens de lui demander par politesse comment ça allait pour lui et sa nouvelle compagne que je n’ai pas encore vue, il se met à se plaindre :



Je connais assez bien l’oiseau pour deviner la signification exacte de « vivre sa vie ». Démasqué, Didier me regarde de travers, mais il finit par avouer :



Je rectifie cet avis négatif :



Il ne répond rien. D’ailleurs, que pourrait-il argumenter pour me contredire ? Placidement, je pose ma main sur son épaule pour lui rappeler une évidence :



Ah, je comprends mieux maintenant. Réprobateur, je croise les bras :



Oui, d’aussi loin que je me souvienne, Didier n’a jamais été un saint, loin de là. Il est surtout un spécialiste des coups en douce et autres combines pas toujours bien racontables. OK, il n’est pas moche, ça aide auprès des filles, mais sinon, pour le reste… Je me demande ce que sa Flavie a pu lui trouver, mais ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ?


Le fréquenter me rassure en quelque sorte, car comparativement, je suis un saint ! Je réponds la stricte vérité :



Et en plus, sa culture est au ras des pâquerettes ! Je lève les yeux au ciel :



Ayant cependant un esprit pratique, ce qui l’a sauvé dans bien des cas, tel un chat qui retombe sur ses quatre pattes, Didier résume :



Il prend délibérément un accent « africain » forcé et forcené :



Didier n’a peur de rien et surtout pas du ridicule, c’est peut-être sa plus grande qualité. Je change complètement de sujet :



Un peu surpris par ce que je viens de répondre, il affiche une grimace :



Fermant un œil, assez dubitatif, Didier demande :



Je me contente de soupirer. À moitié rigolard, il enchaîne :



Peu après, une fois arrivés à ma voiture, nous nous dirigeons chez lui. Je vais enfin découvrir pour de vrai cette fameuse Flavie. Si elle est si bien que ça, comment diable a-t-elle pu se mettre en ménage avec un tel énergumène ?




Flavie



C’est une fort mignonne châtain clair que je découvre dans le couloir quand elle vient à notre rencontre après avoir entendu la clé tourner dans la serrure. Le genre de femme que je suis loin de détester, et c’est cet abruti de Didier qui a réussi à lui mettre la main dessus ! Décidément, c’est confirmé et validé, la vie est mal faite !


Flavie est étonnée de me voir, puis elle me tend la main, affichant un sourire fort chavireur :



J’aime beaucoup le contact de sa main dans la mienne. Malheureusement, tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, Didier intervient :



Nous passons au salon. Assurément, le côté pile de la demoiselle vaut le côté face. Et cette andouille de Didier veut s’en débarrasser ? Quoique, ça pourrait faire mes affaires. Assis autour de la table basse, nous parlons un peu de tout et de rien, je constate avec satisfaction que le courant passe bien entre elle et moi.


Oui, je sens bien qu’entre ces deux-là, il y a comme un malaise, un souci qui vient surtout de Didier, car il est flagrant que Flavie essaye d’arranger les choses. Mais elle peut remuer ciel et terre, ce crétin de Didier a décidé de faire en sorte que sa compagne parte d’elle-même avant de toucher le gros lot sous la forme d’un héritage. C’est franchement mesquin, d’autant que, plus Didier descend en piqué dans mon estime, plus Flavie grimpe vers les sommets.


À un moment, Flavie se lève, puis elle revient avec mes disques disposés dans un sac en tissu, me disant que je peux garder le tout. Je la remercie. Petit à petit, l’heure tourne, le soir arrive doucement. M’adressant à mon hôte, je propose :



J’ai lancé cette invitation pour prolonger ma présence auprès de sa compagne. Je ne me décourage pas, loin s’en faut, il y a toujours un plan B possible. De ce fait, je me tourne délibérément vers Flavie :



Ma proposition semble la surprendre :



Toujours avachi dans son siège, nous contemplant comme s’il regardait un film à la télé sans être concerné, il répond avec un certain entrain :



Flavie est stupéfaite. Comme je m’y attendais, Didier a bondi sur l’occasion, il se doute bien que sa compagne m’intéresse, ce qui l’arrange bien pour son futur projet de « vivre sa vie ». Je reste impassible :



Elle tergiverse, elle oscille, elle jette un coup d’œil à son compagnon qui lui fait signe qu’elle peut y aller. Un peu déboussolée, elle lâche :



Je suis très conciliant :



Elle me regarde d’une façon étrange, bien qu’intéressée, puis elle tourne la tête vers son compagnon. Puis elle quitte la pièce en soupirant.




Changement



Tandis que Flavie est partie se changer dans la chambre à coucher (du moins, je le présume), Didier me demande en catimini :



Je me moque gentiment :



Un peu embêté, Didier se gratte la tête :



J’esquisse un sourire :



Se redressant un peu, il hoche la tête :



Curieusement, il vient de se tirer une balle dans le pied, peut-être un acte manqué, une réticence inconsciente. Mais il est vrai que Didier n’a jamais été très logique dans ses diverses démarches.



Je suis resté assez soft, j’aurais pu balancer qu’une femme vraiment vénale n’aurait jamais accepté d’être sa compagne. Didier s’apprête à me répondre quand Flavie revient parmi nous, habillée dans une robe d’été fort simple, mais qui lui va très bien. Trop bien même.


Je ne cache pas que j’apprécie sa tenue :



Je me lève, puis j’accroche le sac en tissu en bandoulière. Affichant un large sourire, je m’approche de Flavie, je lui désigne ensuite de la main le couloir où j’ai fait sa connaissance, il y a maintenant presque deux heures :



Tout en prenant en main un petit gilet, elle esquisse un faible sourire. Tandis qu’elle a le dos tourné, Didier m’envoie un pouce levé, tout content de la tournure des événements. Décidément, Flavie ne le mérite pas. Mais est-ce que, moi, je vais réussir à la mériter ?




Dans les escaliers



Une fois la porte fermée, nous descendons en silence. Arrivés sur le palier de l’étage en dessous, Flavie s’arrête, elle me regarde, puis assez intriguée par la situation dans laquelle elle se trouve bien malgré elle, elle murmure :



Me plaçant face à elle, pris d’une impulsion subite et irraisonnée, je dépose un furtif baiser sur ses lèvres rosées :



Elle me regarde avec des grands yeux étonnés :



Me mettant à côté d’elle, je pose délicatement ma main sur ses lombes, puis je l’entraîne vers le palier inférieur tout en lui expliquant posément :



Descendant lentement les marches, elle s’étonne encore plus :



Sur le coup, assez ébranlée, elle ne répond rien. Bon, j’avoue que j’ai un peu poussé le curseur, mais j’ai une bonne raison pour le faire. Nous arrivons à présent au palier inférieur, elle me regarde d’un air suspicieux :



Elle se fige au milieu du palier :



Me dévisageant, les sourcils bien en hauteur, elle répète :



Elle se re-répète :



Flavie s’adosse sur la cage d’escalier en métal :



Elle sourit un peu malgré elle :



Je pose mes mains sur le haut de chacun de ses bras :



Elle me fixe droit dans les yeux :



Je libère ses bras :



Elle se met à rire :



Glissant à nouveau ma main dans son dos, je l’entraîne lentement vers l’escalier qui mène au rez-de-chaussée :



Elle lève fugacement les yeux vers le plafond :



Ma main toujours contre ses lombes, je plaisante :



Avant de poser le pied sur le rez-de-chaussée, elle propose :



Elle me regarde attentivement, puis elle dit :



S’approchant de la porte de sortie, elle demande :



Je suis peut-être dans les affaires, un milieu rempli de requins, mais il me reste quand même un minimum de savoir-vivre. De ce fait, je lui ouvre la porte :



Tandis que je remets ma main dans son dos pour l’aiguiller vers ma voiture, elle se met à rire :



Arrivé à destination, je m’arrête ; elle demande :



Quelques minutes plus tard, la voiture garée à proximité, nous sommes attablés dans le seul vrai restau japonais qui existe à cinquante kilomètres à la ronde. Je ne compte pas certains établissements orientaux qui essayent de faire croire qu’ils sont eux aussi nippons.


Ni mauvais, comme l’aurait sans doute rétorqué Didier avec son sens de l’humour trèèès sophistiqué…




Itadakimasu



Nos apéritifs et quelques sushis devant nous, Flavie veut en savoir un peu plus :



Je prends mon verre en main :



J’expose le point de vue de son compagnon :



Je profite de ma réponse restée en l’air pour boire une gorgée. Mon invitée fait de même. Quand elle repose son verre, curieusement, elle aborde un autre sujet :



Elle confirme :



Elle m’adresse un petit sourire, j’en fais de même. C’est à ce moment que le serveur apporte nos plats. Une fois qu’il est reparti, Flavie s’exclame :



Mes baguettes en main, je réponds à sa question :



Elle semble soucieuse, je la comprends, la machine qui remplace petit à petit l’être humain n’est pas un simple mythe pour romancier en panne d’inspiration. Tout en s’occupant de son poisson, elle demande :



Tout en dégustant mon plat, je confirme :



Visiblement, elle apprécie ce qu’il y a dans son assiette et aussi ce que je viens de dire :



Elle me regarde droit dans les yeux, ça me fait un petit choc au cœur :



Elle ne répond pas. Je me demande s’il est judicieux de parler de l’héritage que Didier compte toucher. Pour l’instant, je mets de côté cet argument, mais je me réserve le droit de m’en servir par la suite.


Durant le repas, je finis par savoir pourquoi Flavie s’est mise en couple avec Didier : il était amusant, très différent des autres hommes qu’elle côtoie. Mais là où elle pensait avoir affaire à un bâtiment solide, en vivant avec lui, elle a eu la nette impression de tomber sur un décor de théâtre. Mais elle pensait qu’il y avait moyen de sauver les meubles.




Balade



Il commence à se faire tard. Nous venons de sortir du restaurant. Flavie s’est laissé courtiser, elle semble apprécier que je m’intéresse à elle. Mais il faut reconnaître que la situation est quand même étrange : elle est toujours la compagne de Didier qui ne veut plus d’elle. Au fond d’elle, ça ne l’emballe pas des masses d’être l’objet d’une sorte de transaction implicite entre deux hommes : je te refile ce que je ne veux plus. J’avoue que ce n’est pas très folichon comme perspective.


Avant de regagner la voiture, nous nous baladons.



Elle est hésitante, aussi bien dans ses pas que dans ses propos :



Le silence s’installe entre nous, tandis que nous continuons à marcher lentement. Quelques instants plus tard, Flavie semble penser tout haut :



Elle se met à rire doucement :



J’édicte une vérité fort simple :



Flavie s’exclame :



S’arrêtant de marcher, elle me dévisage avec des grands yeux ronds :



Adossée à un réverbère, elle se moque gentiment :



Toujours adossée au poteau, elle hésite, elle oscille, regardant ses pieds :



Je sursaute :



Qui ne risque rien n’a rien ; la détachant délicatement du réverbère, je la capture dans mes bras. Elle s’alarme :



Je l’embrasse fougueusement, bien décidé à faire pencher la balance de mon côté. Advienne que pourra !




Investissement



On ne peut pas dire que Flavie ait beaucoup résisté à mon baiser ou plutôt à mes baisers qui se sont ensuite enchaînés. C’est elle qui redescend sur terre la première :



Elle reste collée contre moi :



Toujours plaquée contre moi, elle hésite :



Oui, pour moi, elle coche toutes les cases, je le sens intuitivement, même si je viens juste de faire sa connaissance. Elle soupire :



Elle me regarde droit dans les yeux :



Le large sourire heureux que j’affiche vaut toutes les réponses.




Pointillés



Ça va faire trois mois que Flavie et moi vivons sous le même toit et tout se passe très bien, comme je l’avais pensé initialement. Ma nouvelle compagne est parfois étonnée que tout glisse comme sur des roulettes.


Nos premiers jours de cohabitation furent assez étranges, chacun marchait sur des œufs. C’est au bout d’une semaine que nous avons franchi l’étape du lit commun. Ça s’est fait naturellement, de façon évidente. Je me rappelle très bien de ce qu’elle m’a dit alors :



Un peu plus tôt, le lendemain de notre rencontre, je suis allé chercher une bonne partie de ses affaires. Elle n’a pas voulu venir, mais elle m’a bien expliqué où chercher, avec un petit plan pour mieux m’aider. Didier était très réjoui :



Deux jours plus tard, je suis venu chercher le reste, Flavie ayant décidé de rompre définitivement avec Didier, même si son avenir était encore flou. Là aussi, elle n’a pas voulu venir. Je la comprends. Pourtant, nous n’avions pas encore franchi le pas, mais nous nous faisions néanmoins des câlins, une chose dont son ex n’était pas très amateur.




Quart-temps



Aujourd’hui, je rentre un peu plus tard que prévu. Après un gros bisou de circonstance, tout en enlaçant ma compagne, j’annonce :



Toujours captive dans mes bras, elle s’exclame :



Eh oui, son ex a osé me proposer un partage de ma Flavie. Il y a des quidams qui ne se doutent de rien ! Entendant cela, ma compagne ouvre de grands yeux :



Je rapporte la stricte vérité :



Nous nous faisons un petit bisou, puis assez remontée par ce qu’elle vient d’apprendre, elle enchaîne :



Pour être totalement franc, il faut préciser que l’héritage escompté par son ex est retardé, mais ça, Flavie ignore encore tout de cette facette assez sordide qui a mené Didier à la pousser en dehors de sa vie. Le karma, diront certains…


Affichant un beau sourire, Flavie me répond :



Sereinement, j’assène :



Puis je la serre plus fortement contre moi, lui murmurant à l’oreille :



Les paroles, c’est bien. Les actes, c’est mieux. Ce que je me fais un plaisir de démontrer tout de suite à celle qui partage à présent ma vie.