| n° 23620 | Fiche technique | 26586 caractères | 26586 4609 Temps de lecture estimé : 19 mn |
07/05/26 |
Résumé: Lorsque je vais voir mes parents, je passe toujours voir Soso, que je connais depuis toujours. | ||||
Critères: #ruralité #personnages #occasion #différencedâge fh | ||||
| Auteur : Bernard l'ermite (Bernard l’ermite) Envoi mini-message | ||||
Le jardin s’est encore dégradé depuis ma dernière visite, les buissons débordent largement sur l’allée, les roses grimpantes étouffent la petite clôture en fer forgé et, sur le terrain, les herbes folles et les pissenlits s’en donnent à cœur joie. Ça fait des mois que personne ne taille plus rien dans ce terrain. Je coupe le moteur.
Trente-trois ans, et je suis toujours ce gamin qui rend gentiment visite à sa marraine adorée, quand il passe dans le coin. Il faut dire que mes parents habitent seulement à quelques kilomètres de là. En général, je fais d’une pierre deux coups ! Mais, mes vieux, je ne suis pas encore passé les voir. On s’appellera demain, on fera semblant d’avoir une relation normale. Avec Sonia, « Soso » pour les intimes, c’est différent. Soso, c’est la femme qui me glissait des chocolats en douce lorsque j’étais petit, celle qui racontait des histoires avec des voix différentes pour chaque personnage, celle qui sentait toujours un peu le vin du pays et le tabac brun.
Je descends de la voiture. La porte d’entrée est fermée, mais pas verrouillée. Je frappe quand même. Trois coups. J’attends. Rien. Je frappe encore.
Le silence de la maison est en soi anormal. La vieille gouailleuse aurait dû sortir en braillant, à moitié alcoolisée, comme à son habitude…
Je pousse la porte qui cède sans résistance. L’entrée sent le renfermé et l’atmosphère est poussiéreuse. Les lettres s’empilent sur le petit meuble à chaussures : des factures, des prospectus, une carte d’anniversaire que je lui ai envoyée il y a trois mois, toujours non ouverte.
Je traverse le couloir. Le salon est dans le même état que la dernière fois : même canapé défoncé, mêmes coussins en vrac, télé éteinte dans son coin. La cuisine donne sur le jardin sauvage. Des bouteilles vides s’entassent dans l’évier. Du vin rouge, du blanc, du rosé, elle varie les goûts et les couleurs. Elle ne boit que du pinard, mais elle en boit beaucoup…
Je remonte le couloir. La première chambre est la sienne. Le lit est défait, les draps en boule. Des habits traînent par terre, ceux que la sexagénaire porte habituellement, amples et informes : elle est tout sauf coquette. La deuxième chambre, celle qu’elle appelait la chambre d’amis quand j’étais gamin, celle où je dors d’habitude, est vide, elle aussi.
Puis j’entends un râle. Ça vient de la salle de bain. Je pousse la porte. La vapeur me prend au visage. L’air est lourd, saturé d’humidité. Le miroir est tout embué. Et dans la baignoire, allongée de tout son long, il y a Sonia.
L’eau a dû être bien chaude, mais elle est désormais presque froide. La vieille poivrasse trempe dedans comme une vieille méduse échouée, les bras posés sur les rebords, la tête renversée en arrière. Ses cheveux gris, habituellement en bataille, sont plaqués contre son crâne. Ses yeux sont fermés, sa bouche entrouverte.
Elle ouvre un œil vitreux, qui met du temps à me repérer.
Sa voix est pâteuse et son regard anxieux.
Je m’approche de la baignoire. Une bouteille de vin rouge traîne par terre, renversée. Un verre trône sur le rebord, presque vide. Depuis combien de temps est-elle là à patauger ? L’eau a dû être vidée partiellement, le niveau lui arrive à mi-cuisses. Sa peau est aussi fripée qu’un vieux parchemin.
Elle essaie de bouger. Ses bras tremblent. Ses jambes glissent sur l’émail. Elle retombe.
Je me penche au-dessus de la baignoire. Je glisse mes bras sous les siens. Et là, je comprends le problème. Sonia pèse une tonne, ou en tout cas beaucoup plus que ce que je peux soulever facilement. Son corps est lourd, dense, massif, la gravité s’acharne sur elle.
Elle gémit dans l’effort. Je la tire par les aisselles. Mes mains trouvent des prises hasardeuses. Mes doigts s’enfoncent dans sa chair molle. Je sens la chaleur de sa peau, l’humidité s’accroche à mes manches.
Elle obtempère, mais son corps se soulève à peine. L’eau déborde de la baignoire, clapotis sur le carrelage. Je tire encore. Mes mains glissent. Je les repositionne sans réfléchir et me retrouve avec ses nichons dans les paumes. Ils sont lourds et mous, à la fois généreux et vieillissants. Mais, que diable, ce sont quand même les seins de ma marraine ! Alors je les lâche, horrifié, comme s’ils me brûlaient la peau.
Je reprends ma prise. Sous les bras, cette fois. Je tire de toutes mes forces. Elle pousse. Son corps émerge lentement de l’eau, comme une épave qu’on renfloue. D’abord ses épaules larges, puis sa poitrine, ses seins qui retombent sur son ventre dès qu’ils ne sont plus soutenus par l’eau. Puis le ventre, rond, proéminent, marbré de vergetures. Enfin les hanches, larges et généreuses, avec des plis de chair au niveau de l’aine.
Elle est complètement nue, sans aucune pudeur face à moi.
Ses doigts trouvent le bord de la baignoire. Elle s’y agrippe et je la tire. L’eau dégouline de son corps et ruisselle sur le carrelage.
Elle est enfin debout dans la salle de bain. Mais elle vacille. Je la soutiens par la taille, mes doigts s’enfoncent dans sa chair, je sens ses côtes sous la graisse, la chaleur de son corps contre mes avant-bras.
Elle fait un pas, puis deux. Je n’ai pas le temps de dire « Doucement ! », car le carrelage est trop glissant. L’eau, le savon, les projections de la baignoire, c’est une vraie patinoire. Son pied dérape. Elle tombe et, dans sa chute, elle m’entraîne avec elle. Impossible pour moi de ne pas sombrer. Mon dos heurte le bord de la baignoire. Et nous voilà tous les deux à terre, affalés sur le carrelage froid et mouillé, elle au-dessus de moi. Ses bras s’agitent. Ses jambes s’emmêlent avec les miennes. Sa peau ruisselante presse mes vêtements déjà trempés. Je sens le poids de son corps et la chaleur qui s’en dégage.
Elle se retourne. Son visage est tout près du mien. Ses yeux sont vitreux, mais une étincelle d’espièglerie traverse un instant son regard.
Ses lèvres sont charnues, humides, entrouvertes. La voici qui essaie de m’embrasser. Et ce n’est pas un baiser chaste sur la joue, mais un vrai baiser qu’elle réclame ! Ses lèvres goulues trouvent les miennes. Elles sont molles, tièdes, elles goûtent le vin, je sens déjà sa langue entre mes lèvres. Mais je détourne chastement la tête, sa bouche glisse sur ma joue, s’écrase contre mon oreille.
Sa voix est un murmure. Son souffle est chaud contre ma peau. Et ce corps nu, lourd et flétri, se presse un peu plus contre le mien.
Je devrais la repousser plus fermement, la remettre à sa place. Je devrais l’aider à se relever, à trouver des vêtements, à s’asseoir quelque part. Je devrais faire ce que ferait un filleul respectable avec une marraine de soixante ans à moitié paf.
Mais mon corps réagit indépendamment de ma volonté. Sous mon jean trempé, quelque chose que je n’arrive pas à contrôler. Le contact de sa peau nue, la chaleur de son corps, le poids de sa chair contre la mienne. Je me mets à bander.
J’essaie de me raisonner. Cette femme est grosse, moche, son vieux corps est marqué par le temps et l’alcool. Ses seins pendent comme des outres vides. Son ventre est une montagne de chair molle. Ses cuisses sont larges, couvertes de cellulite. Ses bras sont flasques. Elle n’a rien d’attirant, pour résumer.
Malgré tout, j’ai la trique. Ma queue pousse contre le tissu trempé de mon jean et cherche désespérément de l’espace. Elle est désormais bien raide, appuyée fermement contre la cuisse de l’ivrogne. J’essaie de me convaincre que celle-ci est trop ivre pour s’en rendre compte.
Sonia gémit contre mon cou, ses lèvres traînent sur ma peau, ses mains s’agrippent à mes épaules. C’est une femme perdue, qui se trémousse comme un poisson sorti de l’eau.
Je la pousse doucement. Son corps roule sur le carrelage. Ses seins s’étalent comme des crêpes. Ses cuisses s’ouvrent un instant, j’aperçois l’ombre de son sexe, une grosse touffe de poils gris, des lèvres charnues qui pendent. La bienséance me fait détourner les yeux.
Ensuite, je me relève. Le carrelage est toujours aussi glissant. Je m’accroche au lavabo. L’eau dégouline de mes vêtements. Ma queue est toujours dure, un bâton de bois coincé dans mon jean. J’espère qu’elle ne regarde pas.
Elle est désormais affalée par terre, les genoux contre la poitrine et la tête cachée entre les bras. Je la vois trembloter.
Je cherche une serviette. Il y en a une sèche sur le radiateur. Je la jette sur ses épaules. Elle s’y blottit comme un animal dans une couverture.
Elle essaie de se lever, n’y arrive pas. Ses bras tremblent. Ses jambes refusent de coopérer. Je me penche vers elle. Je la prends à nouveau par les aisselles, la tire vers le haut. La serviette glisse. Son corps nu s’écrase contre le mien. Mes mains s’enfoncent dans la chair de son dos, sentent les plis, les vertèbres sous la graisse.
Cette fois-ci, elle est debout, vacillante, mais debout.
Elle s’appuie. Son poids contre mon épaule. Sa chaleur traverse mes vêtements mouillés. Mon érection refuse de se calmer et frotte contre ses flancs à chaque pas.
Nous sortons de la salle de bain. Le couloir est plus frais. Elle frissonne.
On avance, faisant un pas, puis deux, puis trois. Son souffle est rauque. Ses pieds traînent sur le parquet. Je la soutiens avec fermeté.
On arrive enfin près de son lit défait. Je la bascule sur le matelas. Elle s’y effondre lourdement. La serviette s’ouvre. Son corps s’étale. Ses seins retombent sur les côtés. Son ventre s’affaisse. Ses cuisses s’écartent.
Ses yeux se ferment déjà, l’alcool l’emporte.
Je reste un instant planté là, debout, trempé, mais toujours dur, à regarder le corps nu s’endormir sur le lit défait. Dire que dans sa jeunesse, c’était la meilleure amie de ma mère et qu’elles ont fait les quatre cents coups ensemble au lycée ! C’est d’ailleurs pour ça qu’elle est devenue ma marraine. Mais depuis, leurs destins ont divergé : l’une est devenue femme respectable bien sous tous rapports, presque grenouille de bénitier, l’autre une alcoolique notoire.
Je recouvre religieusement le corps obscène, avec une grosse couette crade qui traînait dans un coin de la pièce. Au moins, comme ça, elle aura bien chaud !
Je me lève, vais dans la salle de bain et ramasse ses vêtements épars, une robe sans forme, des chaussettes sales, des vieux sous-vêtements gris. Je jette tout en vrac dans la panière à linge sale. Puis saisissant les serviettes, j’éponge tant bien que mal le carrelage détrempé, vide la baignoire et ouvre l’imposte pour laisser l’humidité s’évaporer.
Petit passage dans la chambre d’amis pour retirer mes habits trempés et les étendre pour les faire sécher. Par chance, j’y trouve aussi un vieux peignoir, un peu trop grand pour moi, que j’enfile sans plus attendre. Ensuite je vais dans la cuisine me faire un café bien chaud et feuilleter le journal local qui traîne sur la table.
Ensuite je retourne dans la chambre où Soso dort toujours. Son visage est détendu. Les poches sous ses yeux sont moins marquées. Ses joues pendantes reposent sur l’oreiller que j’ai glissé sous sa tête avec précaution. Sa bouche charnue est entrouverte. Elle semble presque paisible. Je ne bande plus, tout est revenu à la normale !
Je m’assois dans le fauteuil près du lit et somnole en l’écoutant ronfler. Dehors, le soleil se couche déjà, la chambre s’assombrit. Sonia ronronne doucement. Et moi, je reste là, avec le sentiment d’avoir accompli une bonne action. Que se serait-il passé si je n’étais pas venu ce jour-là ?
J’ai dû m’assoupir un bon moment, car il fait sombre désormais.
Un bruit. Un soupir. Sonia bouge. Elle tourne la tête sur l’oreiller, ses cheveux gris emmêlés s’étalent sur le tissu pâle. Ses yeux s’ouvrent à demi, deux fentes brunes qui cherchent quelque chose dans l’obscurité. Elle hume l’air comme un animal.
Sa voix est rauque, encore imprégnée d’alcool et de sommeil.
Je me penche en avant. Elle me repère maintenant, et quelque chose change dans son regard. Une sorte de désir s’empare d’elle et fait renaître sa vitalité.
Elle se redresse péniblement sur un coude. La couette glisse, révélant une épaule ronde, puis la chair blanche et molle de son bras.
Je me lève du fauteuil, m’approche du lit, m’assois sur le bord du matelas, mais reste à bonne distance. Sonia me dévisage, ses petits yeux enfouis dans leurs poches graisseuses brillent d’une intensité surprenante.
Sa main s’avance vers moi, ses doigts épais cherchent mon poignet. Sa paume est moite et chaude. Son pouce caresse ma peau, un mouvement lent et calculé.
Elle tire sur mon bras, avec une détermination qui me désarme. Je résiste une seconde, puis mon corps se laisse entraîner. Je me penche vers elle, trouve appui sur le matelas de chaque côté de sa poitrine.
Elle est si près désormais. Son visage large, ses joues pendantes, sa bouche pulpeuse, elle remplit mon champ de vision.
Le souffle s’arrête dans ma poitrine. Évidemment qu’elle a remarqué, elle avait beau être ivre…
Son doigt se pose sur mes lèvres. Elle appuie juste assez pour me faire taire.
Sa main libre glisse vers ma nuque. Ses doigts s’enfouissent dans mes cheveux, exerçant une pression douce, mais ferme. Elle m’attire lentement à elle.
Elle relève la tête, son visage à quelques centimètres du mien. Son haleine est amère, encore chargée de vin, mais très chaude.
Alors je me laisse aller, sa langue dans ma bouche, puis ma langue dans la sienne. Je préfère ne pas réfléchir à ce qui est en train de se passer. Elle embrasse comme une lycéenne !
Sa main quitte ma nuque pour descendre le long de mon torse. Ses paumes écartent la robe de chambre et s’aplatissent sur mes pectoraux, mes abdominaux, explorant la topographie de mon corps.
Elle a raison, je ne peux pas le nier. D’ailleurs, mon sexe durcit à nouveau, alors qu’elle le frôle à peine. Je réagis à la crudité de ses mots, à la chaleur de son corps. Ses doigts saisissent fermement mon dard, le branlent lentement, mais avec assurance.
Non, c’en est trop, je ne peux décemment pas. Je me redresse, j’essaie de protester, mais sans doute trop gentiment, à cause des baisers que nous venons d’échanger… Je suis trop peu crédible.
Sur ce elle repousse complètement la couette, la jette sur le sol et apparaît à nouveau dans le plus simple appareil devant moi.
Je la regarde. Son visage boursouflé, ses yeux minuscules, ses joues tombantes. Son corps empâté, cette chair abondante que j’ai sortie de l’eau. La cochonne ouvre largement ses cuisses, passe sa main sur son clito, écarte même ses chairs avec ses doigts.
De la voir aussi impudique et pleine de désir, ma bite est raide à m’en faire mal. Alors peu importe les conventions sociales. Je laisse tomber le peignoir et me penche à nouveau vers elle, complètement nu, sexe dressé. Après tout, puisqu’elle en a envie, il n’y a pas de mal à se faire du bien !
Elle guide ma main sur ses seins. Je sens les battements sous la graisse, son rythme cardiaque qui s’accélère. Puis elle la fait lentement descendre le long de son corps, vers son pubis. Mes doigts bougent de leur propre chef. Ils explorent la topographie de son ventre, les vallées entre les bourrelets, la texture granuleuse des vergetures. Sa peau est douce, chaude et vivante.
Son autorité fait loi et, à vrai dire, je n’ai pas besoin de ses conseils pour explorer ses longs poils drus, asticoter son clitoris et glisser le long de ses lèvres épaisses.
Elle soupire. Son corps se détend sous ma caresse.
Sa main couvre à nouveau la mienne. Elle guide mes doigts dans son trou humide et brûlant d’envie. Elle est complètement trempée.
Elle écarte encore plus les cuisses, m’offrant l’accès au plus profond. Mes doigts vont et viennent dans sa cyprine. Elle se contracte autour de mes phalanges. La forte odeur de sa chatte monte vers mes narines.
Moi non plus, je n’en peux plus… Alors je me positionne entre ses jambes, frotte longuement mon gland bien dur contre ses lèvres avides, lui arrachant de nouveaux gémissements, portant son excitation au paroxysme.
Et c’est ce que je fais, je pénètre en elle, de toute ma longueur dans sa chatte accueillante. Elle grogne de satisfaction. Ses hanches se mettent à bouger, son bassin vient vers moi, m’invitant à la ramoner avec plus de vigueur. Alors j’y vais de bon cœur, relevant ses cuisses pour aller au plus profond, pour me planter carrément dans son intimité. Je la lime en profondeur. Elle est vraiment bonne, très réceptive, elle a un con très accueillant.
Devant ses encouragements j’accélère, plus rapide, plus fort. Je grogne comme un mâle en rut quand je sens son vagin se contracter une première fois autour de ma queue. Son corps se raidit. Des cris rauques et bestiaux s’échappent de sa bouche. Les spasmes succèdent aux spasmes, elle prend son pied, cette cochonne, ça me rend complètement dingue…
Alors j’accélère encore et finis par jouir en elle, inondant sa matrice, plusieurs jets de sperme s’écoulant dans son ventre…
Je me laisse glisser sur son corps, nos sexes toujours emboîtés l’un dans l’autre. Elle me prend dans ses bras, me serre très fort contre elle, me couvre de baisers… Au bout d’un moment, j’ai l’impression de l’étouffer, mais elle refuse de me laisser partir, préfère que je l’écrase.
Le lendemain matin, je n’ai pas vraiment envie de partir. Je traîne au lit avec Sonia. On se fait des papouilles. Elle me pompe la queue, je lui lèche la chatte, échange de bons procédés. Puis elle se met d’elle-même à quatre pattes, ce qui est une invitation à la prendre en levrette. Nouvelles jouissances, nouveaux grognements, nouvelles embrassades.
Mais l’heure tourne, petit passage dans la chambre d’ami pour constater que mes vêtements sont à peu près secs et je jette un œil sur mon portable. Putain, déjà 11 h 30, mes parents m’attendent pour le déjeuner. Branle-bas de combat. Retour dans la salle de bain pour prendre une douche vite fait, puis je me rhabille en vitesse.
C’est le moment des adieux, poignants, émouvants, sincères. Elle s’accroche à mon cou, réclame de nouveaux baisers, ça me fait presque mal au cœur d’être obligé de la quitter…
Le week-end en compagnie de mes parents va être long, très long et très barbant.
Dès le déjeuner, le ton est donné. Maman découpe le poulet avec une précision chirurgicale, arc-boutée sur chaque articulation. Déjà, je suis arrivé très en retard, ce qui l’a mise de mauvais poil.
Je revois la nuit passée, le fou rire que nous avons eu quand nous nous sommes levés pour prendre un café et manger des mignardises, en plein cœur de la nuit, à poil dans la cuisine. À côté de ça, la nappe blanche amidonnée familiale ressemble à un drap d’hôpital.
Son père parle peu. Il mâche lentement, observe, hoche la tête à des phrases qui n’existent pas. Un homme écrasé par sa femme, qui vit en marge du dialogue.
Je souris. Un sourire de façade pour donner le change.
Mon père esquisse un rictus, vite effacé. Ma mère, elle, ne rit pas. Elle empile les silences comme d’autres empilent les reproches.
Autant de bonnes questions !
L’après-midi traîne, traîne et traîne encore. Je propose d’aller marcher un peu. Refus net. On ne se promène pas « pour rien », ici. On s’occupe. On range. On met en ordre ses affaires. D’ailleurs, elle veut me montrer quelque chose, des assurances obsèques qu’ils viennent de contracter tous les deux. Sujet passionnant, s’il en est. Puis viennent les inévitables photos de famille qu’elle est en train de classifier pour en faire des albums.
Le soir, je prétexte une cigarette pour sortir. L’inévitable « Tu ne devrais pas fumer » me manquait. L’air frais gifle mes joues. Au loin, la campagne respire lentement, indifférente à mes démêlés sentimentaux.
Mon téléphone vibre. Un message.
Je souris malgré moi.
J’hésite même pas. Entre cette promesse et le fait de passer une soirée devant la télé avec ma génitrice…
Elle prend note. Mon père va encore passer un sale quart d’heure.
Sonia m’attend sur le pas de la porte, silhouette un peu vacillante, sourire grand ouvert.
Nous nous embrassons avec une urgence non feinte. Mes mains glissent déjà sous ses vêtements, cherchent ses seins, son sexe, ses formes. Je n’attends pas d’être dans la chambre pour la déshabiller. La chevauchée qui s’ensuit est fantastique, charnelle, torride. Elle donne tout, comme si c’était pour elle la dernière fois ou comme si elle cherchait à me convaincre.
Aucune réponse à ces questions, on est mal barrés tous les deux. Elle finit par s’endormir contre moi, heureuse. Je dégage lentement mon bras et m’éclipse tout doucement.
Quand j’arrive chez mes parents, il fait encore nuit. À peine six heures du matin, mais ma mère est déjà debout, immobile devant une tasse de café, dans la cuisine. Comme si elle m’attendait !
Si elle savait avec qui j’ai passé la nuit ! Mais peut-être qu’elle s’en doute. Elle n’a jamais compris pourquoi je m’arrêtais toujours chez Sonia, à chaque fois que je leur rends visite. « Mais qu’est-ce qu’elle t’apporte cette poivrasse ? Elle n’a aucune conversation. Tu pourrais directement venir ici le vendredi soir, le week-end serait moins court. »
Ma mère ferme les yeux une seconde. Je la sens fatiguée, désabusée, peut-être triste aussi. Elle qui rêvait d’avoir des petits-enfants, c’est vrai que c’est mal parti.
J’émerge sur le coup de midi, m’habille en quatrième vitesse. Mon père apparaît dans l’encadrement de la porte, me propose un apéro. Il me montre ses dernières acquisitions, sa collection de figurines. Je fais semblant de m’y intéresser.
Mais maman n’est pas loin :
Puis se tournant vers moi :
À quoi bon ? Cet échange est sans intérêt. Je me demande si ma mère a baisé récemment, si elle baise toujours avec mon père. C’est sans doute pour ça qu’elle est aigrie.
L’après-midi me semble interminable, meublé de discussions qu’on a déjà eues cent fois. Rien de nouveau, en somme. Les seules choses qui soient nouvelles, ce sont mes parties de jambes en l’air avec Soso, mais ça, je peux difficilement en parler. Ma génitrice ferait une crise cardiaque si elle savait.