Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 23619Fiche technique11077 caractères11077
1900
Temps de lecture estimé : 8 mn
06/05/26
Résumé:  Nous voilà en mai ! Les premiers beaux jours invitent au bronzage… et parfois à quelques imprudences.
Critères:  #psychologie #érotisme #initiatique #candaulisme #occasion #couple #couplea3 #bisexuel #voyeur #exhibitionniste #lieupublic
Auteur : L'artiste  (L’artiste)      Envoi mini-message
Nus dans le bleu

La crique est vide. Impossible d’y accéder autrement que par l’eau ou par la falaise. On y descend par un sentier à peine tracé, si raide qu’il tient davantage de la varappe que de la promenade. Les mains cherchent les aspérités, s’agrippent aux touffes d’herbes sèches, les pieds hésitent. En bas, un figuier pousse là, têtu, accroché à un flanc de rocher.


Jade étale les serviettes pendant que je me débarrasse de mon T-shirt, puis elle retire son short, gardant son maillot, et tourne la tête vers moi avec ce petit sourire de travers, celui qui me fait perdre mes moyens.



Elle jette un coup d’œil autour de nous.



Elle glisse ses pouces sous les bretelles. Le haut disparaît d’abord ; le bas accroche un instant à ses cuisses, puis tombe à ses chevilles.


J’enlève à mon tour mon maillot alors qu’elle s’allonge déjà, et me retrouve debout, nu, les bras ballants. Elle me regarde et son sourire s’élargit : je bande franchement. Je m’étends près d’elle, sans savoir quoi faire de mes jambes.



Je hausse les épaules.


Jade observe un instant sa poitrine, les pointes durcies par la caresse de l’air et du soleil. Je m’allonge enfin pour de bon et commence à me détendre, heureux d’être là.



Pas dupe, elle pince les lèvres et ses paupières se referment d’un rien, le front plissé.



J’avance la main vers sa taille, puis plus haut. Ma paume se pose sur un sein. Jade se cambre légèrement d’abord, puis expire doucement.



Le geste est bref, le sang afflue de plus belle. Je me rallonge en soupirant.


Une silhouette apparaît soudain. Un homme, sac sur l’épaule, serviette roulée sous le bras, descend sans se presser. Un réflexe me redresse.


Jade relève la tête et souffle entre ses dents.



Il continue d’avancer, nous aperçoit. À cette distance, il ne distingue sans doute encore que deux corps étendus. Ma main part vers mon short. Jade se raidit d’abord, puis pose la sienne sur mon poignet.



L’homme arrive au bas du sentier ; je bascule sur le ventre. Il lève la tête, ralentit, mate Jade, puis mes fesses. Ça ne semble pas le dérouter. Pas très grand, plutôt sec. La trentaine, peut-être davantage. Il aurait pu s’installer à l’autre bout, se planquer derrière un rocher. J’y ai d’abord cru, il a hésité, mais non, il choisit de poser sa serviette à une dizaine de mètres des nôtres.


Il retire son T-shirt, son bermuda, puis, avec la même simplicité, son slip. Je l’observe s’allonger du coin de l’œil, attiré malgré moi par ce qu’on ne regarde pas d’ordinaire et qui, pour l’heure, est vigoureusement dressé. Simple curiosité, hein.



Je bouge un peu, avec l’espoir ridicule d’avoir l’air naturel. L’homme lève parfois discrètement les yeux.



Alors que cette affirmation me laisse coi, Jade s’allonge, plus cambrée, les bras au-dessus de la tête. Sa poitrine et son ventre se dessinent autrement. Ses jambes s’entrouvrent à peine. Je souffle :



Elle se tourne sur le côté face à moi, les fesses exposées vers notre admirateur, et relève légèrement un genou, glisse une main entre ses cuisses.



Je déglutis.



Le bourdonnement du moteur d’un Zodiac nous parvient, l’odeur d’essence me pique le nez. Ou peut-être que c’est dans ma tête. J’hésite un instant avant de répondre.



Elle lève un sourcil, satisfaite.


Le vent a changé. Les galets chauffent sous nos serviettes.


Je me remets sur le ventre. Elle s’approche et laisse courir ses doigts le long de mon dos. Sa paume passe entre mes omoplates, suit ma colonne, lentement, puis glisse entre mes fesses. Je pense au gars derrière elle, à quelques mètres, et ma respiration se fait plus présente. La caresse descend encore, force mes cuisses à s’écarter. Je lâche un soupir alors qu’elle s’immobilise sur mes bourses.


Le froissement discret d’une serviette.



Je pivote trop vite et m’assois. Elle ne sourit pas.



Derrière elle, un toussotement me rappelle qu’il est là. Je n’y prête plus vraiment attention. Sauf que si. Toujours un peu.


Jade se redresse, s’assoit sur ses talons, les bras croisés sur ses genoux. Sa main vient se poser tendrement sur ma joue, puis derrière ma nuque.



Je jette un œil à côté.



Sa main retrouve mon érection, la caresse distraitement.



Elle me saisit plus franchement, laisse courir un ongle sur mon prépuce.



L’homme est maintenant assis, un genou relevé.



Je secoue la tête en soupirant et, sans trop réfléchir, avance la main vers le haut de sa cuisse. Elle ne me repousse pas. Je m’aventure plus loin, cette fois. Elle est trempée.



Elle me jauge un instant, attend une réaction qui ne vient pas. Alors elle se lève, nue, bravache, sans chercher à cacher quoi que ce soit.



Le ton n’est pas très convaincant.



Malgré la panique, mes doigts se desserrent. Elle se pince les lèvres, une pommette se relève, puis se penche et m’embrasse sur la tempe.



Elle traverse les quelques mètres qui la séparent de lui. Je ne veux pas y croire. Manifestement surpris, il ne semble pas trop savoir quelle attitude adopter. Elle s’assoit à ses côtés et ils échangent quelques mots. Il me regarde de temps à autre, puis se recentre aussitôt sur Jade. Les épaules se détendent. Passé un moment, elle pose naturellement sa paume sur sa cuisse, très haut. Je cesse de respirer.


J’ai envie qu’elle revienne.

J’ai envie qu’elle prenne son temps.

J’ai envie de les rejoindre.


Il lui dit quelque chose à l’oreille. Elle répond brièvement, puis ils se lèvent et viennent vers moi. Il garde la main devant son sexe, le regard sur ses pieds. J’aurais presque préféré qu’il soit lourd : au moins, j’aurais su quoi en penser.


Il étale sa serviette. Jade s’assoit sur la sienne, entre nous.



Julien, lui, fixe le décor quelque part vers la ligne d’eau en trifouillant nerveusement les galets.



Il laisse échapper un petit rire qu’il essaie d’étouffer.



Julien se tourne franchement vers moi.



Jade éclate de rire. Même moi, je souris. Elle reprend, plus douce :



Fixant le large, Jade saisit prudemment le sexe de Julien. Il retient son souffle, puis ses doigts trouvent leur place sur la cuisse de Jade. Elle soupire quand ils remontent, puis pose la tête sur son épaule.



Personne ne répond.



Fébrile, j’avance à mon tour la main vers Julien. Il se tourne vers moi, cherche mes yeux, me laisse approcher. Ma paume remplace celle de Jade. Ce premier contact me surprend d’abord. Je m’apprête à reculer. Il respire profondément. Je replie finalement les doigts, tire la peau vers le bas. Il tressaille, je resserre un peu plus.


« Ça y est, on y est ! Putain ! »


Jade nous regarde. Son air attendri me rassure.



À quelques mètres, la mer nous attend.



Julien hésite à peine. Moi, je reste, le cœur battant trop vite, incapable de décider si je veux rire, fuir ou les rejoindre.


Par réflexe, je fouille le sac. Une vieille boîte de capotes oubliée aurait arrangé tout le monde, ou compliqué les choses. Rien. Évidemment.


Je relève la tête. Rien n’a bougé dans la crique. Le petit sentier escarpé, seul passage praticable, découpe la falaise au-dessus de nous. Personne, sinon deux goélands perchés sur un rocher. Ils crient, ou ricanent. Difficile à dire.


Jade a déjà de l’eau jusqu’aux hanches. Julien, dans son dos, l’a prise dans ses bras. Ils m’attendent.


Je finis par me lever. Chaque pas sur les galets me rend ridicule. Je grimace et avance clopin-clopant.


La mer encore fraîche de mai me saisit aux chevilles, puis aux cuisses. La tête tournée vers moi, Jade sourit. Julien aussi.


Il me tend la main.


Je les rejoins. Le bleu nous avale.