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n° 23610Fiche technique38154 caractères38154
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Temps de lecture estimé : 28 mn
27/04/26
Présentation:  Récit inspiré et fantasmé de nos vies.
Résumé:  Line & Patrick vont s’envoyer en l’air !
Critères:  #aventure fhhh frousses uniforme avion bateau noculotte
Auteur : Line  (Auteur débutante, inspirée, passionnée, épanouie.)      Envoi mini-message

Collection : Line & Patrick
Sensations (très) fortes

Je m’endors la tête contre son épaule. Les rêves m’emportent sur une gondole à Venise.


« Venise, il m’y emmènera un jour ? Trop sérieux ! On n’y est pas encore… Enfin, je ne sais pas. »


La gondole vogue dans la lagune, je me retrouve à accoster sur une île qui me paraît déserte !


« Oh, attends un peu, j’le vois arriver, le cliché : île déserte, homme perdu, moi en sauveuse, étreinte sauvage, ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… Déjà vu ! Je veux de la surprise, de l’imprévu, du surprenant, des trucs qui décoiffent ! Reprenons… »


Je débarque, je sens les grains de sable entre mes orteils, c’est chaud et doux à la fois, c’est agréable. Mon regard balaye les alentours, la plage à perte de vue. En bordure, de grands arbres à quelques mètres de moi.

J’entends des oiseaux, leurs chants mélodieux s’intensifient, puis le silence se fait. Un silence qui ne paraît ni pesant ni effrayant, au contraire, le genre de silence qui précède une surprise.


Un homme s’avance vers moi à travers la forêt, il n’a pas de visage, je le discerne mal, mais je le connais, il me semble. Enfin, j’ai l’impression de le connaître, mais je ne le reconnais pas. Une impression de déjà-vu, mais où, quand, comment et qui ? Surtout qui ?


Il s’avance encore plus et arrive à mon niveau, mais ce n’est pas moi qu’il veut, c’est la gondole ! Il ne me voit pas j’ai l’impression. Je lui murmure un :


  • — Hé salut !

Il continue, me bouscule presque, ce qui me fait me retourner telle une toupie sur le sable. Mon regard se porte sur ce goujat qui ne m’emmènera ni à Venise ni me fera des enfants ! C’est râpé pour la belle histoire !


La surprise n’était pas arrivée, le silence était toujours là, les oiseaux n’avaient pas repris leurs chants d’Amour. L’homme sans visage relève les manches de sa chemise pour embarquer, et là, je vois ce petit insecte rouge posé sur l’arrière de son bras : une coccinelle d’un rouge flamboyant, le symbole d’un porte-bonheur, le signe du Destin, son signe à lui, ce jour-là, à Sarajevo… Mais est-ce Lui ? Est-ce bien Lui ?




Réveil en sursaut, trempée de sueur, égarée !


Patrick me regarde avec un air ahuri, il n’a pas dormi, il m’a regardée dormir.



On monte dans ma Fiat ; je l’ai au moins là, mon petit bout d’Italie. Patrick m’indique la route, c’est quasiment toujours tout droit, et après trois heures, il finit par me dire :



Vu la direction qu’on prenait, j’me doutais bien qu’on n’allait pas dans les Balkans, mais je me laisse porter pour une fois, je lâche prise et ça me fait du bien.


Je gare ma Dolce Vita, j’attrape mon sac, lui n’avait rien pris, il n’avait que les fringues sur lui. On se dirige vers le port de plaisance, Patrick bipe le portail, on entre, je le suis.


Il marche lentement, comme toujours. Il profite de chaque instant de la vie comme s’il avait trop donné dans sa vie d’avant, comme si la chandelle avait brûlé par les deux bouts. On admire les bateaux, les sublimes voiliers, et je me prends à rêvasser de partir en mer, à l’aventure, sur des eaux calmes qui m’emmènent sur cette île déserte…


« Mais tu vas arrêter avec ton île, ta Venise et ton homme inconnu au bataillon ! On n’est pas dans un conte de fées, ma cocotte ! Redescends, ça va te calmer ! »


Patrick s’arrête devant un voilier, il ne dit rien, pour pas changer. Je le regarde, je regarde le bateau, je vois le nom inscrit sur la coque « Ursus », j’me mets à pouffer comme une gamine. Il rit, me prend la main pour me faire monter et me dit :



Je le regarde, l’air ahuri, cette fois c’est mon tour. Il me raconte brièvement qu’il l’a acheté pour s’évader, se sentir libre quand il part au large, se sentir hors du temps, tout oublier hormis l’essentiel.


Il me fait visiter rapidement en me disant qu’on y reviendrait plus tard. C’est petit, mais bien équipé et suffisant. Il démarre le moteur et se poste à la barre pour sortir du port, il manie ça avec une aisance, il doit voir que je l’admire et me propose de prendre la barre franche avec lui. J’hésite un instant, puis je me positionne entre elle et lui. Il la tient toujours pour me montrer comment faire.


Pour que ce soit plus pratique, il me dit de passer la barre entre mes jambes pour mieux sentir les mouvements. De ses mains habiles, il nous dirige toutes les deux. Quelques mouvements brusques font remonter le manche au plus haut et me donnent quelques frissons que Patrick ressent, vu comme il me serre. Je crois bien qu’il en joue parce que ça devient récurrent et c’est pas pour me déplaire.


On sort du port, Patrick stoppe net, se recule, éteint le moteur, sort les voiles et me plante là avec cette envie qui montait dans mes entrailles, je suis refroidie instantanément.


Je continue de maintenir cet instrument qui m’était devenu très intime en un rien de temps, sans même boire un verre pour mieux faire connaissance.


Une petite crique nous accueille, il n’y a que nous à perte de vue, seuls au monde. Patrick baisse les voiles, jette l’ancre et revient à moi. Le skipper est de nouveau entièrement à moi.


On prend un instant pour admirer le paysage : y a la plage, mais ce n’est pas une île, ouf !



Il sourit, l’air amusé.



Patrick glisse alors sa main sous ma robe, ne sent pas de culotte et me regarde avec un air malicieux, la tête penchée. Il jette un œil au manche en bois vernis et dit :



Patrick me soulève et me jette par-dessus bord, puis il saute lui aussi.



Je plonge la tête et regarde ce que je peux : l’eau est super limpide, mais c’est pas évident quand même, je distingue une sorte de masse sombre, trouble, loiiiiin sous la mer. Une épave ? Une fosse ? Un passage vers un autre monde ? Lui devait savoir, je pense. Moi, pas encore !



On remonte sur le voilier en passant par l’échelle à l’arrière. Je passe devant, évidemment, et Patrick en profite pour caresser mes cuisses, évidemment, en remontant jusqu’à mes fesses. Je coule aussi sec. Il me presse de monter, retire ma robe en me disant qu’on doit être nu dans les combis. Il retire ses vêtements aussi, son caleçon en dernier, jeté au sol d’un geste rapide.


Il s’allonge sur la banquette, sa peau est encore brillante et humide, il ressemble à un Dieu grec. Je m’avance vers lui, telle Andromaque, le chevauche et m’assois sur son membre qui n’attendait plus que moi. Mouillée de toute part, les mouvements sont fluides, comme avec ma franche amie tout à l’heure. Ses mains chaudes posées sur mes hanches et quelques roulis de bassin font monter son désir qui entraîne le mien dans cette explosion volcanique. Je m’allonge sur lui en guise de repos après cet épisode aussi rapide que torride.



Patrick s’engouffre dans la cabine de son voilier et ressort les bras chargés d’une malle en bois style « chasse au trésor » … ça met direct dans l’ambiance.


Il ouvre le coffre qui se laisse faire pour dévoiler ses mystères, il est le gardien des plongées.


Patrick sort une première combinaison et la place devant moi, je me croirais à la cabine d’essayage pour voir si cette petite robe couleur pêche m’irait au teint ou pas ! Il me dit qu’elle m’ira comme un gant, me demande de me retourner pour vérifier si le verso ira aussi.


J’entends un truc tomber au sol, et d’un coup, ses mains sur mes hanches : c’est l’acte II de la tragédie grecque. Andromaque laisse place à Artémis la chasseresse et le Dieu grec à un Satyre qui me prend en levrette.


Penchée sur le rebord de la coque réchauffée par le soleil, cette chaleur monte en moi comme une fournaise. Je sens son sexe contre le mien, il mouille lui aussi, l’Odyssée va débuter ! Sans un mot, comme à son habitude et pour coller au thème, il s’enfonce en moi, hésite, revient, s’y sent bien et moi aussi.

Ses mains parcourent mes fesses, mes hanches, mon dos, une vraie carte aux trésors ! Elles finissent par trouver leur but et débarquent sur mes seins, tendus, lourds d’excitation.


Mon Satyre prend goût au tableau qui se façonne sous ses doigts, son dessein s’affine, se peaufine, se finalise en silence, c’est sa signature. Artémis rend les armes avec moi dans un dernier souffle qui nous écroule toutes les deux et nous laisse tremblantes quelques instants.


On revient ensuite à nos poissons et Patrick m’accessoirise avec ce qu’il sort au fur et à mesure de la malle.

Après l’enfilage des combinaisons, c’est les palmes, masques, tubas, gilets stabilisateurs, bouteilles, détendeurs, compas et profondimètres aux poignets. Un vrai attirail de pirates modernes ! Un projeteur pour y voir clair sous vingt mètres parce que je débute dans le piratage océanique même si j’ai déjà plongé.


Mon coéquipier sort ensuite un petit couteau qu’il accroche à son mollet ; lui seul a ce privilège, on dirait, il ne partage pas. Je lui fais la remarque et il me répond :



Je n’ai pas le temps d’investiguer plus ce détail qui m’intrigue, que l’homme-poisson est déjà parti à la renverse dans les abîmes qui s’offrent à nous. N’ayant plus de dialogue possible, je le rejoins.


Les signes habituels, et on descend, les eaux sont calmes et silencieuses. Seuls nos détendeurs marquent notre présence. C’est apaisant.


J’allume le projo, la lumière du jour laisse place progressivement à son homologue artificielle ; on distingue quelques mouvements du règne animal. On continue notre descente côte à côte, je soupçonne Patrick de surveiller si je m’embringue dans des filets perdus, mais non !


La masse qu’on venait admirer se dévoile petit à petit au beau milieu d’une prairie de posidonie, la proue d’un voilier laisse deviner un naufrage. On est loin du Titanic, mais cette réalité est encore plus époustouflante. Les poissons se dérobent sous nos yeux, ils quittent le navire pour revenir dès que la lumière du music-hall disparaît. On longe la coque, tout est encore bien distinct : le balcon, le cockpit, le mât brisé, la barre franche – Ah ! On se connaît ? – la poupe et le nom de ce bel inconnu perdu pour toujours : Unicornis (La Licorne) ! Animal qui restera mystérieux encore des siècles.


Soudain, j’entends un bruit sourd, un éclatement de bulles, je me retourne, je vois Patrick faire le signe avec sa main à plat horizontalement sous son cou, il y a un problème, sa bouteille ne fonctionne plus ! Je prends les choses en main, façon de parler, et je lui fais signe qu’on doit remonter en partageant mon détendeur. Il s’agrippe à moi, les jambes autour de ma taille, c’est la procédure, mais c’est cocasse. Je lui partage mon oxygène, on commence à remonter doucement, tout va bien.


Nos apnées s’enchaînent aux respirations intermittentes.


Un manque d’oxygénation du cerveau peut-être ? Patrick commence à avoir les mains baladeuses. C’est moi qui gère le détendeur, il a les mains libres et il en profite, le malin. Il me laisse mener la barque, je me demande s’il sait réellement plonger, du coup !


On monte doucement, mais sûrement, on arrive au palier de décompression. Les petites baladeuses se sont déjà engouffrées dans ma combi et je sens le membre viril de Patrick gonfler contre ma taille, il donne des à-coups en rythme ; ce rapprochement inopiné à l’air de lui plaire, l’urgence ne le traumatise pas.

On tient la chandelle un petit moment, on s’échange quelques baisers oxygénants, ce qui accentue la pression à l’intérieur de nos combis, je sens la chaleur monter tel un geyser. Patrick fait des petits va-et-vient, je suis sûre qu’il prend son pied, enfin le mien, enfin le nôtre, quoi !


Une dernière bouffée dans le détendeur – qui porte bien son nom, d’ailleurs – et nous voilà à flotter comme deux quilles. On retire nos masques et je lui sors ironiquement :



Après cette épopée pleine d’aventures et de prises de risques sous la grande bleue dénaturée par les déchets plastiques, il me fallait un retour à l’ordre et au calme. Nos vies ont repris leur fil chacune de leur côté en étant entrecoupées par nos retrouvailles régulières. Nos moments ensemble en restaient épanouis et excitants. C’est comme se redécouvrir à chaque fois, l’émerveillement à chaque déballage du cadeau de Noël !




Un matin encore, je me réveille la tête sur son épaule. Patrick me regarde, il n’a pas dormi. On dirait qu’il essaye de graver dans sa mémoire ma présence à ses côtés, de peur qu’elle ne cesse un jour, comme un songe inachevé, comme une réalité qui n’aurait jamais existé.


Tout à son habitude, il a toujours des idées farfelues qu’il me sort sans que je m’y attende. Il en a préparé une.


Il saute du lit comme surexcité par la situation, il attrape son téléphone, cherche un truc en scrollant, trouve rapidement et lance un appel. Le gars au bout du fil décroche, je n’ai pas le temps d’en savoir plus, Patrick part dans la cuisine, dans la nudité la plus totale.


Il passe la tête dans l’entrebâillement de la porte pour me dire :



Il sourit – ce sourire malicieux qui cache une surprise – et disparaît de nouveau dans la cuisine.


On ne devait pas se voir aujourd’hui, il avait un truc de prévu en solo, et moi, je devais réviser pour un examen. Mais notre longue soirée d’hier en a décidé autrement et nous voilà réunis, peut-être pas pour la vie, mais pour aujourd’hui du moins. Et les aléas de la vie vont me mener jusqu’à mon rêve italien ! Andiamo !


Je balance la couverture, j’attrape mon sac de rando, j’y fourre quelques vêtements légers ; il fait bon à Venise à cette période.


Patrick ne veut absolument rien me dire malgré mes questions : « c’est une surprise », qu’il me répète !


On enfourche sa Moto Guzzi en direction du cabinet médical, il me dépose devant et me dit :



Je fonce dans le cabinet et transmets la requête à Marie, la secrétaire, elle me connaît bien, elle et son mari – mon médecin – me suivent depuis que je suis gosse. Elle ne pose pas de questions, elle connaît mon passé d’infirmière et doit se dire que je rempile.


Par contre, moi, je m’en pose des questions, et des tas !


On part à Venise ? Enfin !! J’y croyais plus !

Ciao. Grazie mille. Where is Brian ? (Ah non, merde, c’est pas les bons cours !)

Mon accent ne sera pas trop « frenchy » ?

Vol haute altitude ? J’ai les jambes lourdes en ce moment et j’ai oublié mes chaussettes de contention ! J’en trouverais peut-être à l’aéroport.


Marie revient avec le papier et me dit :



Je repars avec ces nouveaux mots qui trottent dans ma tête.


Patrick leur avait dit quelque chose ? C’étaient eux tout à l’heure qu’il avait au téléphone ? Mon rêve italien me glisse entre les doigts, j’ai l’impression.


J’enfile mon casque, je monte sur la moto et on déroule le tapis rouge direction la Mostra. Enfin, je pense, je ne sais plus avec tout ça.


Mes doutes se confirment de plus en plus : aucun panneau aéroport ni Italia, ni Venise ni même Vintimille. Je ne sais pas où il m’emmène, mais on y va à la vitesse de la lumière. Lui a l’air super pressé, il conduit prudemment, mais je sens que l’excitation de ce matin au réveil coule toujours dans ses veines. À cette allure, il va me péter une durite et la Guzzi avec ! C’est fragile, ces bêtes-là.


Il ralentit l’allure. La durite lâche ?! Non, Patrick suit des yeux un portail laissé ouvert qui mène sur un tarmac.


« Oh bordel, je retire tout ce que j’ai dit ! Venezia arriviamo ! »


La Guzzi à bout de souffle s’arrête enfin, chaude comme les braises elle aussi, retour aux sources.


Patrick, toujours surexcité : le souffle ne lui manque pas, à lui ! Il saute de la bécane, pose son casque, attrape le mien et l’accroche au guidon. Il prend ma main, je sens la moiteur de sa peau, je ne l’ai jamais senti dans cet état. Ça doit valoir le coup !


Il presse le pas, il me traîne presque, comme une petite qui rechigne pour son premier jour de classe. Il commence à courir et serre ma main encore un peu plus fort, je vais perdre mes doigts si on n’arrive pas vite. On tourne au coin d’un gigantesque hangar.


Patrick stoppe net. La durite ? Non, Patrick regarde l’hélicoptère posé devant nous, émerveillé avec les yeux d’un gamin de dix ans devant une navette spatiale. Juste quelques mots sortent de sa bouche, ils arrivent direct de son cœur, je crois :



Dans ma tête, ça fuse dans tous les sens !


« «Ma chérie» ? Premier surnom intime ! On a passé un cap ?

Oh bordel, il va pas me dire qu’il m’aime aussi !? Euh, on peut revenir en arrière ? »


Pas le temps de penser plus, je vois un groupe de gars sortir par la grande porte du hangar, avec leurs combis et leurs sacs dans le dos, c’est un remake d’Armageddon ! Génial, j’adore ce film. Ils nous font signe de la main et embarquent tous dans le Caracal.


Patrick se dirige vers la porte du hangar, deux sacs nous y attendaient apparemment, il les ouvre et en sort deux combinaisons : une rouge qu’il enfile et une bleue qu’il me tend, je m’exécute sans un mot, comme lui. Suivent deux casques, deux paires de lunettes de protection, deux harnais, mais un seul parachute, et il est pour lui ! J’ai des yeux écarquillés en le regardant l’air de dire « T’as mis une assurance vie sur ma tête ? ».



Patrick se défile encore, il esquive souvent mes questions : un peu trop intimes, peut-être. Mais si je suis sa « chérie », je peux savoir, quand même. Je demande pas à rencontrer ses parents !


Il file vers l’hélico, saute dedans, m’invite à monter. Les gars ont tous le sourire et l’un d’eux me dit :



Ils sont quatre, assis sur les strapontins de l’hélico, sages comme à l’école buissonnière. Ils ont l’air de tous bien se connaître, comme une bande de potes qui a déjà fait les quatre cents coups.


Patrick entame les présentations :



Les mecs me regardent et esquissent des signes de tête pour me saluer. Je les entends blaguer :



Je leur réponds en souriant :



Le silence se fait, mais les sourires, les clins d’œil et les messes basses prennent le relais. C’est bon enfant, ils ont l’air sympas et Patrick les connaît bien.


D’ailleurs, il reprend avec la main posée sur l’épaule de celui assis à côté de lui :



Ils éclatent tous de rire, ils le connaissent !



Ça fait quelques mois que je connais Patrick, mais là, c’est un autre homme que j’ai devant moi, je ne l’ai jamais entendu parler autant, une vraie pipelette !


Je lui lance en rigolant :



Ils se mettent tous à rire, j’me dis que j’ai visé dans le mille, eh bien non !


Greg me dit :



Les deux pilotes au bord des larmes à force de rire finissent par démarrer l’hélico.


Patrick vient s’asseoir à côté de moi, en face des gars, il m’attache pour le décollage et me tient la main, peut-être pour me rassurer ou leur montrer que je suis à lui, je ne discerne pas trop la différence.


Les pilotes annoncent que tout est prêt, ils actionnent les manettes, je sens les vibrations de la carlingue passer dans tous mes muscles, c’est vraiment étrange, mais plutôt agréable. On quitte le sol assez rapidement, cette sensation me prend de court, j’ai dû faire une grimace parce que Greg me demande si ça va. Un signe de tête, c’est tout ce que j’arrive à faire. Un peu tendue, la fille !


Pendant le vol, les gars enchaînent les questions sur la vie de Pat’, comme ils disent. Ce qu’il est devenu, où il crèche, s’il est depuis longtemps « casé avec sa gonzesse », etc. Je n’entends pas toutes les réponses avec le bordel assourdissant et mon ventre un peu patraque. Mais j’observe un détail qui me surprend : ils ont tous, sans exception, une coccinelle sur leur équipement ou en tatouage. Comme celle que Patrick a derrière le bras ! C’est peut-être ça, l’explication : un signe de ralliement pour leur unité FS ! J’y repenserai quand mon esprit sera plus clair.


L’ascension continue irrémédiablement, mon estomac se noue de plus en plus, l’idée de sauter dans le vide commence à me pétrifier. Surtout accrochée à Patrick !


Après tout, on ne se connaît pas si bien que ça ! Qui me dit que c’est un bon chuteur ? Combien d’heures de vol ? Des incidents ? Je veux voir tout le pedigree du commando !

C’est pas mon mariage, mais j’me demande si c’est pas pire comme engagement ! Unis jusqu’à ce que la mort vous sépare… là, c’est sacrément concret, la mort sous quatre mille mètres de vide glacial.


« Oh, ressaisis-toi, c’est des gars chevronnés qui connaissent leur taf. La rigueur militaire au bout des doigts. L’excellence à la française. Et si c’est aujourd’hui le grand saut, tu partiras avec panache accompagnée des meilleurs ! »


Greg fait un signe à Patrick, qui me regarde et voit que je suis pâlotte. Il attrape ma deuxième main, les frictionne l’une contre l’autre et me dit d’une voix douce et rassurante :



Stéphane me propose des noix de Cajou, mais je décline l’offre.

Nicolas propose de me masser la nuque, il paraît que ça détend, il a lu ça dans un magazine. Pourquoi pas, j’ai rien à perdre.


Le voilà assis à côté de moi en un éclair. Patrick me fait un peu pivoter pour que le massage soit plus pratique et il descend un peu le zip de ma combi pour découvrir ma nuque et mes épaules.


« Oh bordel, il a les mains douces et fermes, je me suis dit à moi-même. Qu’est-ce que c’est bon ! »


J’entends un « humm » sortir de ma gorge, la spontanéité du son me surprend ! J’ouvre les yeux, je vois les gars me regarder avec envie. La même envie que j’ai quand je vois un Paris-Brest me tendre les bras dans la vitrine d’une boulangerie : me l’enfiler sans remords ni culpabilité. En toute connaissance de cause, qu’entre lui et moi, je n’irai pas l’éliminer avec trente minutes de fitness une fois fini.


Je sens les mains de Nicolas devenir plus insistantes pour descendre dans ma combi. Je me sens mieux, le contact peau à peau fait retomber mon stress, mais fait monter ma pression sanguine. J’ai chaud, trop chaud, j’ouvre un peu plus la fermeture de ma combi ou l’ouverture plutôt, c’est plus approprié. La glissière s’arrête à mes hanches et laisse apparaître mon nombril sous mon crop-top. Mes tétons pointent, je sens le regard des gars s’intensifier sur moi.


L’Écureuil se rapproche, il croque toujours des noix.

Patrick finit de descendre le zip.

Nicolas fait glisser les manches de ma combi et la retire en disant que je serai plus à l’aise pour me détendre.

Je me retrouve en culotte, crop-top, entourée de militaires en rut pour mon baptême de l’air !



Goosse vient de débarquer, ses tatouages pour seuls vêtements, il a pris de l’avance. Les autres lui emboîtent le pas. Ils sont tous collés à moi, sauf un : Greg est resté assis en face. Il ne dit rien, ne bouge pas, il me regarde, il nous regarde. Il ne participera pas.


Je sens ma peau frémir sous leurs caresses, leurs effleurements, leurs baisers. Chacun s’affaire sur une partie spécifique de mon corps, les points stratégiques de la bataille navale sont pris pour cibles : ma nuque, mes seins, mes fesses, mon clito.

Patrick s’occupe de Vénus, il la connaît bien et a la priorité, le droit d’aînesse en quelque sorte. Il sait la faire vibrer en rythme, ce qui arrive très rapidement après quelques lampées habiles. Combiné aux stimuli cutanés, mon corps perd pied et s’écroule sur le plancher. Les vibrations prennent possession de mon être.


Les Don Juan des airs commencent à prendre peur de me voir « convulser » sous leurs yeux. Mon corps paralysé par les hormones du plaisir ne peut pas réagir, mais je les entends paniquer et je les sens me manipuler en position latérale de sécurité.


« Mais qu’est-ce qu’ils font ? »


Je me pose la question sans pouvoir la formuler ouvertement.


« Les gestes de premier secours ? »


Mes vibrations décuplent avec leurs attouchements, ça empire la situation plutôt qu’autre chose. L’un d’eux émet l’idée d’un appel et d’un atterrissage en urgence. Mais comment expliquer la situation ?

Sept mercenaires intrépides, téméraires, n’ayant peur de rien, la crème de la crème complètement nue ou presque dans un hélico de l’armée, qui se retrouvent désarmés face à un vibro ! Allez expliquer ça au Colonel le jour de la Saint-Michel. Ça ferait tache sur le CV !


Ma transe se termine, je retrouve la capacité de mes membres et me prends un fou rire en les voyant pétrifiés. Je leur décris mathématiquement mon mode de fonctionnement interne : Stimuli sensoriels variés + conditions environnementales spécifiques = orgasmes vibrants paralysants sur ma personne. Et la cerise sur le clito, c’est qu’ils peuvent être multiples aussi, s’ils sont bien exécutés ! Alors, on remet ça ?


Je les sens un peu dubitatifs et interrogateurs, mais prompts à rejouer au même jeu. Ils ont encore des vies en stock et ma jauge est rechargée. Les mjugeêmes joueurs jouent encore.


Les quatre se ressaisissent, me ressaisissent et s’affairent de nouveau à me combler de plaisir. Greg a repris son strapontin encore chaud et observe de loin, sans un mot.

Je suis sollicitée de toute part, une vraie ménagerie : la belle Andromaque avec l’Ours ; la levrette avec le lapin, non, l’Écureuil ; la fellation avec Goosse et son long cou ; le remake de Sodome et Gomorrhe avec le grand blond.


Chacun prend et donne à tour de rôle sur cette partition bien aiguisée, aucune fausse note jusqu’au bouquet final. L’apothéose en SI majeur.


L’hélico se stabilise enfin, après cette ascension très intense en tout point. Les gars se sont rhabillés et ont remis tout leur attirail, ils sont prêts pour le grand saut. Hans ouvre la porte latérale et saute dans le vide, les autres le suivent et sautent à leur tour. Greg en dernier, toujours sans un mot, sans une expression sur le visage qui me laisserait deviner ce qu’il a pensé en tant que juge-arbitre de cette partie de jambes littéralement en l’air à haute altitude, il ne me quitte pas des yeux, puis se jette religieusement par la porte. On se croirait dans un Feydeau avec l’amant qui sort du placard pour se sauver par la fenêtre.


Il ne reste plus que nous deux dans l’appareil, et les deux pilotes qui auraient tout donné pour échanger leur manche. Je les vois réajuster leurs combis discrètement.


Patrick me demande si tout va bien, j’acquiesce d’un oui non verbal. Il m’accroche solidement à son harnais et nous dirige vers la sortie.



Arrivé au bord du gouffre, mon moniteur harnaché s’arrête pour me laisser admirer l’époustouflant paysage qui s’offre à nous. Le vide, oui, mais cette vue au-dessus des nuages. La fraîcheur qui balaye mon visage. Cette sensation d’être seule, juste moi et la beauté de cette Terre vue du ciel. Le bien-être ultime.


Et d’un coup, sans rien dire, comme toujours, Patrick me soulève et nous jette dans la fosse. La surprise du geste me fait hurler à pleins poumons, je crois que même Zeus m’a entendu, mais, ingrat, il ne viendra pas à mon secours.


On tombe inexorablement, retenus élémentairement par les molécules d’air, mais ça n’amortit pas trop la chute ! Après avoir vu toute ma vie défiler, assez courte, il faut dire, je prends du plaisir à cette descente. Et avoir Patrick collé dans mon dos me rassure aussi.


La gravité stoppe d’un coup, il a ouvert le parachute. Mon moniteur m’explique brièvement comment diriger la voile dans un cours rudimentaire accéléré. Bien sûr que je savais que je pouvais avoir confiance dans ses notions de vol. La confiance est toujours plus fiable a posteriori.


Je manie les sangles de contrôle, je tente de nous diriger prudemment. Et pendant ce temps, Patrick en mode profiteur glisse délicatement le zip de ma combi et ses mains jusqu’à mon entrejambe, encore mouillé des tumultes qu’il a subis. Il me susurre à l’oreille :



Sa main chaude et ses doigts habiles, comme tout le reste du personnage, me font rapidement vibrer. Le moteur était encore chaud. La pulpe de ses doigts se mêle à mes lèvres pulpeuses. Je prends mon pied, enfin, sa main. Mes cuisses se resserrent, mes yeux se ferment, mais je tente de garder le contrôle autant de mon corps que du parachute. Ce serait une belle fin après tout ça, mais si je peux encore profiter un peu, je préférerais.


Une fois sa main libérée, Patrick reprend les commandes et nous fait atterrir en douceur. Il est quand même plus doué que moi pour ça.


Séparés de notre cordon ombilical, les esprits apaisés et les pieds sur terre, je lance à Patrick :



On rejoint le reste des mercenaires qui nous attendaient en buvant une bière. Ils nous en proposent une en disant qu’on devait avoir bien soif après ces festivités.

Greg nous invite à passer la soirée chez lui pour le débrief. Adam décline, il a de la route pour rentrer, Nicolas et Stéphane nous rejoindront plus tard dans la soirée.


Après une bonne douche et des fringues propres, on s’installe sur le canapé. Apéro servi, playlist des Beatles en fond sonore, l’ambiance est bonne.


Patrick discute avec Greg. Greg l’écoute, mais me regarde, ce même regard que tout à l’heure. Toujours aussi mystérieux et impénétrable. Je me demande à quoi il pense.


○●○ Pensées de Greg ○●○


Elle est vraiment canon, cette petite, jsais pas pourquoi, mais elle me rappelle cette fille rousse qu’on avait croisée à Sarajevo. Plus je la regarde et plus elle m’y fait penser, c’est fou que Pat’ ne m’ait rien dit ! Ou c’est peut-être pas elle, avec toutes ces années, elle a sûrement changé.

En tout cas, elle est canon dans sa petite robe légère qui laisse entrevoir ses formes, le galbe de ses seins, elle ne porte pas de soutif d’ailleurs, la cambrure de ses hanches, un vrai supplice. Sa chevelure feu me donne des pulsions, j’ai toujours aimé les rousses, j’y glisserais bien mes doigts, les boucles doivent être douces.

Maintenant qu’on est que tous les trois, sans autres concurrents dans le game, y a moyen que je tente quelque chose… mais peut-être qu’elle ne voudra pas. Ou Patrick dira non sans l’adrénaline de l’hélico. Tant pis.

Oh bordel ! Yellow Submarine, c’est un signe ça, les Beatles sont avec moi ! C’est maintenant ou jamais !


○●○ Retour à Line ○●○


Je suis sûre qu’il repense à l’hélico vu comme il me dévisage. Ou c’est la fatigue du saut et l’alcool qui le rendent aussi insistant, à la limite de l’outrage. Et Patrick ne voit rien, la mitraillette continue de lui parler de sa boutique de musique et de son groupe de rock, comme si de rien n’était !


Et d’un coup, comme surgi de nulle part, Greg massacre le monologue de Patrick pour s’exclamer :



Il se lève précipitamment, passe la main dans mes cheveux comme s’il était possédé par une pulsion soudaine. J’ai un réflexe de recul qui lui fait reprendre conscience de l’instant.



Patrick acquiesce de la tête sans avoir compris le raisonnement, mais l’idée finale lui plaît bien.


Moi, je trouve ce nom joli, je chercherai à quoi elle ressemble. Mais le geste m’interpelle.



Voir ce grand gaillard si peu sûr de lui m’a attendri, je lui propose de reglisser la main dans mes cheveux, il en aura le cœur net. Greg hésite, regarde Patrick, qui ne dit rien, puis s’avance de nouveau. Ses doigts frôlent mes cheveux timidement, il n’ose pas, mais je sens l’envie derrière cette pudeur.


Je pose ma main délicatement sur la sienne et je la passe dans ma crinière, je ferme les yeux, je sens cette fameuse pulsion monter en moi comme la lave d’un volcan. Je descends nos mains sur ma nuque brûlante, elle sait, elle attend ce moment depuis l’hélicoptère.


J’ouvre les yeux et les plonge dans ceux de Greg, ils sont d’un bleu profond comme les océans. L’ivresse me gagne, je dirige sa main sur mon épaule et fais tomber la bretelle de ma robe. Après tout, c’est elle la responsable avec ses élytres transparents. Sa main prend le relais, elle caresse mon sein, s’y abandonne un instant. L’entomologiste s’agenouille devant moi, l’inventeur s’incline devant sa découverte.


Ma seconde bretelle lâche sous le coup de l’émotion. Il soulève ma robe et s’aperçoit qu’il n’y a pas de culotte dans la panoplie de la coccinelle. Il sourit.

Ses mains glissent le long de mes cuisses, il les écarte d’un geste franc sans équivoque sur le but recherché. Ses doigts s’aventurent dans la moiteur de mon intimité. Sa bouche tressaille. Il me regarde, ce même regard que cet après-midi, mais cette fois, je décèle le mâle, l’homme, l’envie, la décision.


Sous les yeux de Patrick, qui ne dit toujours rien, son binôme de toujours commence à jouer avec Vénus, il lui concède son droit d’aînesse, il l’adoube en quelque sorte.


Je me laisse aller à ce moment attendu autant qu’inattendu. Sa langue d’une habileté déconcertante fait claquer mon capuchon et mes cordes vocales. Mes notes se mêlent à celles de Strawberry Fields Forever des Beatles qui passe en fond.


Vivement la prochaine Saint-Michel !




1. FS Force Spéciale