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Temps de lecture estimé : 20 mn
26/04/26
Présentation:  Trois lettres qui s’étalent dans le temps... Pour le contexte général, j’ai un peu emprunté à mes propres souvenirs.
Résumé:  La dénommée Armelle Leplant, surnommée à juste titre "La Belle Plante", défraie la petite vie tranquille du collège dans lequel je poursuis ma scolarité.
Critères:  #chronique #regret #premiersémois #travail
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
A B C (abécé)

Trois lettres qui s’étalent dans le temps… Pour le contexte général, j’ai un peu emprunté à mes propres souvenirs. Bonne lecture :)



En troisième en 1973



La dénommée Armelle Leplant, surnommée à juste titre « La Belle Plante », défraie la petite vie tranquille du collège dans lequel je poursuis ma scolarité. Elle et moi sommes dans la même classe, mais même si la donzelle est attirante et pulpeuse, je ne suis pas très intéressé pour n’être qu’un simple numéro dans la longue liste des garçons à qui elle a fait tourner la tête. Et pas que des garçons, si j’en crois les rumeurs.


Et puis, je me fiche de tout ça, car l’objet de mes convoitises se prénomme Fanny.


Hélas pour moi, Fanny en pince pour mon copain Dominique, qui en pince pour Armelle. Rien que des sens uniques. Curieusement, bien qu’il ne soit pas moche du tout, Dominique n’a eu droit à aucune faveur de la part de l’objet de sa flamme. Je crois que c’est lié à une obscure rivalité entre les deux pères, mais je n’ai pas cherché à approfondir.


Il serait plus simple de dresser la liste des collégiens qui n’ont pas eu droit à un petit quelque chose de la part d’Armelle. Et il semblerait que les bonnes notes de l’égérie du collège soient plutôt dues à son physique qu’à sa cervelle. Surtout de la part de profs masculins…


C’est ce dont me parle actuellement Fanny, tandis que nous sommes installés sur la pelouse qui borde la salle de sport :



Elle se met à sourire :



Agacée, Fanny hausse la voix :



Elle ne répond pas tout de suite, elle semble contempler les nuages. Puis elle demande :



Rationnel, j’explique calmement :



Cyniquement, je lui retourne son argument :



Elle me fusille du regard :



Regardant à nouveau le ciel, elle soupire :



Non, ça ne marche pas comme ça, hélas.


Au bout d’un certain temps, j’ai fini par admettre que Fanny ne serait jamais à moi, et je suis allé voir ailleurs, mais ce n’était pas pareil, comme elle le disait si bien. De son côté, Dominique a fini par douloureusement comprendre qu’Armelle ne lui accorderait jamais quoique ce fut. Mais ce n’est pas pour autant que Fanny a réussi à le récupérer et à le consoler. Non, il s’est carrément jeté dans les bras d’une autre fille qui avait une certaine ressemblance avec son amour à sens unique.


Privée de Dominique, Fanny ne s’est pas tournée pour autant vers moi. Que des ratages…




Le troisième en 1993



Vingt ans plus tard, je suis devenu le numéro trois du Groupe dans lequel je travaille depuis dix ans, ce qui n’est pas rien, d’autant que celui-ci est international. Je l’ai payé d’une certaine façon en n’ayant pas de vie de famille et en ne comptant pas mes heures.


Aujourd’hui, lundi, je rends visite à une succursale située pas très loin de mon village natal. J’y vais surtout car je dois statuer sur le cas assez particulier de Madame Rochas, la responsable RH. Je pense y rester une semaine, peut-être plus, on verra. Ça va faire un certain temps que je n’ai pas remis les pieds dans la contrée. De toute façon, je n’ai plus vraiment d’attache.


Arrivé sur place, on me présente diverses personnes, dont Bérénice Darmont (une jeune femme plutôt mignonne) dont je vais bientôt rencontrer la supérieure, cette fameuse Madame Rochas dont on me rebat les oreilles depuis un certain temps. Je constate très vite que cette personne (Bérénice) qui est un peu plus jeune que moi connaît particulièrement bien son boulot. Je devine aussi très vite que c’est sans doute elle qui fait réellement tourner le service RH. C’est un grand classique dans diverses sociétés. Je verrai le directeur plus tard, car il est actuellement en rendez-vous.


La personne de l’accueil nous informe que Madame Rochas est arrivée et qu’elle m’attend dans son bureau. Il semble que la ponctualité ne soit pas son fort. Bérénice m’accompagne jusqu’au bon endroit. Elle me sourit :



Elle sourit malicieusement :



Puis elle s’éloigne. Oui, une belle femme. Je crois que j’ai éveillé son intérêt à mon égard. On verra la tournure des événements. En attendant, je dois rencontrer l’objet de ma visite ici. J’ouvre la porte et je découvre une femme très accorte, du même âge que moi (d’après sa fiche), habillée d’une robe qui la met en valeur, c’est le moins qu’on puisse dire.


J’ouvre de grands yeux :



Mentalement, je me dis qu’il faudra exiger au moins une photo d’identité sur chaque dossier, ce qui m’aurait évité ce genre de surprise. Mon interlocutrice fronce momentanément des sourcils. Soudain son visage s’illumine :



Aussitôt, elle rosit :



Je souris, Armelle est toujours égale à elle-même malgré les années :



Fataliste, j’écarte les bras :



Nostalgique, je me souviens de cette époque scolaire :



À son tour, Armelle devient pensive :



C’est Armelle qui réoriente la conversation :



Elle s’en étonne :



Je décide de jouer franc-jeu :



Féline, elle s’approche de moi, ses appas oscillants sous chacun de ses pas :



Haussant fugacement des sourcils, elle a un petit geste :



Oui, Armelle reste toujours égale à elle-même et en plus assurée. Elle doit faire de sacrés ravages dans la gent masculine ! J’esquisse un sourire amusé :



Après d’autres paroles plus professionnelles, je quitte son bureau. Armelle n’a pas changé d’un iota depuis tout ce temps. Non, elle est même devenue encore plus experte. Il faudra que je me renseigne sur son mari, ce monsieur Rochas. Je me demande quel est le genre de bonhomme qui accepte que sa femme couche avec tout ce qui bouge !


À moins que ce soit un couple très libertin…




RH et Com



Fidèle à mon habitude, je mets mon nez partout, je reçois diverses personnes dans le bureau qu’on m’a attribué. Il ne me faut pas longtemps pour comprendre tous les rouages, y compris ceux qui sont cachés. Je ne suis pas à la traîne dans ce domaine, c’est ma force dans mon métier…


Ce jeudi en fin de matinée (mon avant-dernière journée), je reçois dans mon bureau Bérénice Darmont, l’assistante d’Armelle. Nous discutons de son poste, je vois bien qu’elle essaye de ne pas trahir sa supérieure, mais je ne suis pas dupe, je connais assez Armelle pour faire la part des choses. De plus, je commence à connaître les ressorts humains. Je le fais savoir directement à mon interlocutrice :



J’ai calmement assené la vérité. Un peu troublée, elle bredouille :



Assez confuse, elle ne sait plus quoi dire. Bérénice pourrait pourtant profiter de la situation pour tenter de mieux se placer. Je continue :



Elle me regarde avec des gros yeux ronds :



Ça, je le sais très bien, et ça ne date pas d’aujourd’hui. Je ne relève pas l’allusion à ma personne. Restant pro, je poursuis :



Elle fait la grimace :



Spontanément, Bérénice balance illico :



Je suppose que ça sera épique, en effet. Au pire, Armelle parlera le langage du corps, domaine dans lequel elle ne craint personne. Nous continuons à parler de divers détails techniques. Je conclus la réunion en disant :



Elle marque une légère pause, avant d’ajouter :



À ces mots, je me mets à rire :



Tout en me détendant, je souris :



Bérénice me regarde curieusement :



Spontanément, je me justifie :



Un certain sourire s’affiche sur ses lèvres rosées. Alors que nous sommes proches de la porte, elle en profite pour me demander :



Inclinant un peu la tête sur le côté, elle me regarde avec curiosité :



Elle m’adresse un sourire radieux :



Puis elle se dirige calmement vers la porte sans attendre ma réponse. D’ailleurs, je ne voyais pas quoi répondre d’intelligent.




A puis B



Ce vendredi, quand j’ai annoncé à Armelle qu’elle changeait de poste, elle a d’abord fait la moue. Quand je lui ai expliqué en quoi consisterait son nouvel emploi, elle m’a carrément sauté au cou ! Nous avons failli tomber à la renverse, le mur nous a retenus. Encore heureux que nous n’étions que nous deux dans mon bureau ! On aurait allègrement pu se méprendre !


Néanmoins, j’ai pu apprécier les deux (gros) avantages d’Armelle contre ma poitrine. Je comprends sans problème pourquoi certains hommes deviennent gagas !


Une fois qu’elle est calmée, puis que je lui ai expliqué divers détails concernant le futur que je lui entrevois, j’en profite pour lui poser la question qui me turlupine sur son couple. Sa réponse est directe :



Bien que je ne sois pas né de la dernière pluie, je m’étonne :



La plupart des hommes auraient allègrement profité de la situation, d’autant qu’Armelle semblait partante pour me remercier à sa façon. Mais je me flatte de ne pas être comme la plupart des hommes. Ce qui m’a souvent aidé dans mon métier, certaines femmes n’hésitant pas à jouer de leurs charmes pour parvenir à leur fin. Il y aurait beaucoup à raconter sur le sujet. Peut-être que j’écrirais plus tard mes mémoires en dissimulant tous les noms et les sociétés… Mais cet ouvrage risque d’être interdit aux mineurs, c’est clair.


Le repas est très animé, Armelle sautillant presque sur place. J’ai cru déceler des ombres déçues sur le visage de certains hommes qui nous accompagnaient lors du repas, mais une grosse satisfaction chez les femmes. J’ai une très bonne idée du pourquoi du comment. Après le déjeuner, nous entamons la réunion durant laquelle je fais le point de ma visite, puis j’annonce la nouvelle affectation d’Armelle.


Un étrange concert de satisfactions, de soupirs, voire de lamentations, accueille ma décision.


Après la réunion, la nouvelle nominée revient dans son bureau, entourée de sa petite cour, et moi, je me retrouve seul. Comme souvent, comme presque toujours, mais c’est la vie que j’ai choisi, même si parfois, j’aurais aimé avoir quelqu’un auprès de moi.


Il est temps de partir d’ici. Je commence à ranger mes affaires dans ma serviette. Puis je fais un rapide tour dans mon bureau afin de vérifier si je n’oublie rien.



Drapée dans une robe noire fort seyante, Bérénice vient de s’encadrer dans l’ouverture de la porte. Une fois entrée, elle referme posément derrière elle. Un peu intrigué, j’arrête momentanément mon rangement :



Je ne m’attendais pas à cette question ! Elle me dispense de répondre en continuant :



S’approchant de moi, ce qui me permet de mieux la contempler, elle sourit :



J’affiche un grand sourire :



Sans bouger de l’endroit où elle est, Bérénice me regarde droit dans les yeux :



Est-ce une erreur de mes yeux, mais j’ai la curieuse impression que le tissu de sa robe est léger, peut-être trop. À moins que je ne me fasse un beau cinéma en direct. Elle m’adresse un sourire radieux :



Son sourire devient moqueur :



Oui, le tissu me semble vraiment léger, soulignant harmonieusement ses formes. Bérénice s’approche nettement plus de moi :



Je réponds sincèrement :



Son visage est très proche du mien, bien trop proche. Ses lèvres s’animent :



Pour toute réponse, je la capture dans mes bras, puis je l’embrasse.

Ou plutôt, nous nous embrassons…




Puis que C



Initialement, je ne devais rester que le week-end. Finalement, je suis resté une semaine de plus. J’ai pu le faire aisément, car je suis le numéro trois du Groupe. J’ai même généreusement octroyé trois jours de repos à Bérénice pour l’avoir encore plus pour moi.


Mais tout a une fin…


Il est à nouveau l’heure de partir pour moi, mais je n’en ai pas trop envie. Bérénice et moi sommes en train de discuter dans son salon. Ses mains entre les miennes, je confie :



Libérant une de ses mains, elle caresse ma joue :



Maigre consolation ! Je grimace :



Elle caresse à nouveau ma joue :



Pour une fois que je suis vraiment demandeur… En général, ce sont les femmes qui essayent de se caser, surtout avec un profil comme le mien, car je ne gagne pas des clopinettes et je ne suis pas envahissant, puisque très souvent en balade.


À ce propos, être toujours accompagné par une sorte de secrétaire-maîtresse-compagne ne serait pas une mauvaise idée. Mais il convient de trouver la bonne personne. Comme qui ne risque rien n’a rien, je fais la proposition à Bérénice. Sa réponse est formelle :



Fataliste, je soupire :



Puis nous nous sommes séparés.


Je suis retourné à ma vie d’errance, profitant parfois de diverses bonnes fortunes. Entretemps, là-haut, Armelle fait des ravages, sachant maintenant parler assez bien anglais avec un accent que ses interlocuteurs subjugués trouvent délicieux. Les numéros un et deux m’ont félicité :



Je rencontre souvent Armelle, qui ne cache pas sa joie à chaque fois que nous discutons. Je me rappelle une des premières fois, après sa mutation :



Par deux fois, j’ai pu passer un long week-end avec Bérénice. Ce fut vraiment extatique, je ne vois pas d’autres mots. Ce n’est pas pour autant que ma maîtresse a fléchi dans ses opinions. Peut-être qu’à l’usure, j’y arriverais… Mais quand je lui ai téléphoné pour un troisième séjour, elle m’a expliqué qu’elle était en « relation forte » avec quelqu’un.



Elle se met à rire :



Moins de deux ans plus tard, je reçois une invitation à son mariage. Je n’y assisterai pas pour deux raisons. La première est que je serai en Chine à la date indiquée. La seconde est que ça me fait trop mal au cœur, le sentiment d’être passé à côté d’une belle vie de couple.


Mais j’ai fait ce que j’ai pu. Il faut être deux pour faire un couple, il me semble.


Il ne me reste plus qu’à croiser les doigts et à dénicher une autre Bérénice, voire une autre Fanny. Mais quelque chose me dit que ça ne va pas être évident, et que j’ai raté le coche par deux fois.