Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 23603Fiche technique27334 caractères27334
4832
Temps de lecture estimé : 20 mn
19/04/26
Présentation:  Plongeons vers la fin du bas Moyen Âge, une époque souvent injustement décriée.
Résumé:  J’aime flâner dans les bois, ça m’éloigne des turpitudes de la vie, notre époque n’étant pas sereine, entre les guerres, les disettes et les maladies.
Critères:  #historique #vengeance
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
Arbalète

Plongeons vers la fin du bas Moyen Âge, une époque souvent injustement décriée.

Bonne lecture :)




Flânons dans les bois



J’aime flâner dans les bois, ça m’éloigne des turpitudes de la vie, notre époque n’étant pas sereine, entre les guerres, les disettes et les maladies. J’ai la chance de frayer avec les seigneurs ainsi que les bourgeois plutôt qu’avec les serfs ou les manants. Mais parfois, je me demande si c’est bien la panacée, car certains Grands de ce monde peuvent allègrement donner la main aux pires coupe-jarrets des bas-fonds.


Déambulant au hasard des pas, je regarde les arbres qui tendent vers le ciel, sous le vol des oiseaux. Soudain, sur le côté, je vois passer deux soldats, ils ne m’ont pas vu, je ne me fais pas remarquer, car même si mes habits montrent sans détour mon aisance et mon rang, il n’est point rare d’avoir affaire à des soudards toujours à la recherche de piécettes facilement gagnées.


Tandis que les deux quidams entrent dans une petite clairière, sortant de la pénombre, une donzelle étrangement vêtue apparaît lentement sous le soleil. Malgré la distance, je constate que l’échancrure de sa robe sombre est fort profonde et révèle bien des choses convoitées et fort blanches qui ressortent immanquablement à la vue.


Je m’étonne de trouver une telle femme en ce lieu. Si c’est une ribaude, elle est bien loin des quartiers chauds. Quelque chose dans son allure me dit qu’elle n’est pas fille de rien. Mais les deux soldats ne doivent pas partager les mêmes cogitations que moi, il est visible qu’ils convoitent la donzelle, et, sans détour, ils s’approchent d’elle, heureux de leur bonne fortune en plein beau milieu des bois.


Tchak !


Un premier soldat s’effondre sur place, son voisin ne réagit pas tout de suite.


Tchak !


Le second soldat s’effondre à son tour.




Une surprenante rencontre



Tout s’est passé si vite que je ne réalise point les faits. C’est alors que je découvre que cette femme possède en main une courte arbalète à levier. Je constate aussi sa jeunesse. Toujours caché, je vois la jeune donzelle s’approcher des corps, s’accroupir pour visiblement donner le coup de grâce à l’aide d’une dague et reprendre ses carreaux. Puis, se relevant, elle réajuste son échancrure qui révèle néanmoins encore moult trésors avenants.


Tandis qu’elle fouille avec application les deux cadavres, je me déplace silencieusement dans les fourrés. Depuis mon enfance, j’ai toujours été très fort à ce petit jeu. Après avoir tiré et dissimulé les deux corps dans un proche fourré, la donzelle s’éclipse de la petite clairière, puis elle s’abrite derrière une futaie pour faire l’inventaire de ses rapines.


Je pourrais partir, fuir cet endroit néfaste, mais tout ceci m’intrigue. Alors je me rapproche silencieusement, veillant toutefois à ne point devenir un fol papillon qui se brûle les ailes à la flamme d’une chandelle.


Sans doute trop absorbée et n’imaginant pas une tierce personne dans les environs, la meurtrière ne m’entend point arriver derrière elle. Je pose la pointe de mon épée dans le creux des lombes de la donzelle :



Elle hésite, pensant sans doute prendre la fuite, mais la pointe lui signifie que c’est peine perdue, alors elle s’exécute. Dès qu’elle est assise, je la contourne, ses yeux verts me lancent des éclairs. Elle me dévisage, assez intriguée par ma mise. Je lui demande alors :



Elle fait la moue :



Véhémente, elle s’anime beaucoup plus :



Elle me regarde droit dans les yeux, riotant sarcastiquement :



Surprise, elle ne répond rien sur le coup, puis elle finit par ouvrir la bouche :



M’adossant contre un gros tronc, face à ma captive, je fais danser mon épée de dextre à senestre :



Sa réponse tombe, lapidaire :



Ses yeux lancent des éclairs :



Cette navrante histoire me dit quelque chose :



Je baisse un peu mon épée, mais pas mon attention :



Elle sourit faiblement :



La donzelle s’impatiente :



Intriguée, me dévisageant, elle plisse les yeux :



Un peu plus détendue, Eulalie explique :



Ma captive ne perd pas le sens des réalités :



Sans lâcher mon épée, je souris :



Eulalie hoche la tête :



J’ai déjà vu des personnes étonnées ou ahuries, mais Eulalie vient sans doute de prendre la première place. Ses yeux sont totalement écarquillés, et sa bouche est béante. Elle finit par se ressaisir :



Je lui explique ce que j’attends d’elle :



Elle se penche un peu vers moi :



Son habit le permettant, elle me révèle son flanc et un peu de son ventre. Elle n’a pas menti, elle a bien reçu divers coups d’épée. Mais ça ne me choque pas, ça ajoute même au charme étrange de cette demoiselle :



Assez surprise par ma répartie, elle ne répond rien, elle semble réfléchir. Tout en la surveillant, j’en profite pour ajouter :



Elle me sourit d’un air étrange :



J’argumente à ma façon :



Elle plisse des yeux, me regardant d’une façon très soutenue, comme pour tenter de lire à travers moi.




Vie de castel



Ce matin, couchée avec moi dans un bon lit moelleux, Eulalie s’étire voluptueusement :



De la main, elle fait un petit geste désabusé :



Poitrine avenante dévoilée, elle se cale contre l’oreiller :



Eulalie répond :



Ce n’est pas faux, ce genre de cas s’est produit, mais il n’est pas usuel. J’explique à ma voisine de lit :



Curieuse, la jeune femme demande :



Avec avidité, je soupèse son sein que je connais si bien :



Se laissant tripoter, Eulalie se souvient :



La jeune femme est émue :



Je me laisse aller momentanément à la nostalgie. Puis je me reprends. J’avise un morceau de tissu noir juché sur une chaise :



Son sein toujours en main, je bisoute son téton :



Je bisoute voluptueusement son autre téton :



Comme souvent, nous nous offrons quelques câlins et privautés supplémentaires avant de vaquer à nos occupations du matin.




Petit cadeau



Aujourd’hui, nous avons dû déménager, nous sommes à présent installés dans les soupentes, c’est un peu plus spartiate, mais plus intime. Assis sur le rebord de notre couche, sans oreille indiscrète aux alentours, ma compagne et moi devisons d’un peu de tout. Je ne lui cache rien, elle fait de même avec moi. Eulalie me raconte ses dernières manœuvres :



À ces mots, je me mets à rire :



Ma compagne m’adresse un beau sourire carnassier :



Elle ne répond pas, mais son regard parle pour elle. Fouillant dans les replis de mon vêtement, je me décide à l’aider à ma façon. Je dépose une petite fiole dans les mains de ma compagne. Étonnée, elle demande :



Je réponds franchement :



Je développe ma pensée :



Elle porte la fiole à la hauteur de ses yeux :



Puis elle me regarde :



Parfois, malheur peut être bénéfique : hélas pour elle, Eulalie ne peut concevoir, mais en contrepartie, elle peut faire ce qu’elle veut de son corps sans craindre aucune retombée. C’est ce genre de pensée que j’ai parfois quand je me déverse avec délectation en elle, dans sa grotte naturelle, sans être obligé de passer par des chemins détournés que l’Église condamne.


De toute façon, que connaît l’Église au plaisir ? N’est-ce point le Dieu de la Bible qui a dit « croissez et multipliez » ? Dieu nous a créés ainsi, en faisant en sorte que nous ayons une grande jouissance à accomplir son œuvre.


Je comprends parfaitement pourquoi certains seigneurs ne lui résistent pas beaucoup, ma compagne possède des arguments dans sa façon de faire et d’être, surtout si les légitimes sont trop prudes.


Mais foin de toutes ces réflexions : son corps contre le mien, ses seins dans mes mains, ma lance triomphante dans son intimité, je suis un volcan en éruption, bien décidé à entrer en fusion avec cette trop avenante arbalétrière !




Bifurcation



La vie continue, mais je sens que mon quotidien va bientôt changer. Mes affaires sont bientôt finies ici, mais pas celles d’Eulalie, et je pense ne pas réussir à la détourner de sa vengeance. C’est elle qui l’a certainement maintenue en vie quand son corps a été tant transpercé et qu’elle a mis deux ans pour s’en remettre, d’après ses dires.


Quelque chose me dit qu’aujourd’hui, je suis couché auprès d’Eulalie pour la dernière fois, du moins pour ces prochaines semaines, et peut-être un peu plus. J’ose espérer que ce ne soit pas définitif. Ce matin, au réveil, la caressant délicatement, je lui dis :



Sa vengeance est plus puissante que notre relation, je ne peux pas lui en vouloir. Je lui donne un conseil que je pense avisé :



Fébrile, je la capture dans mes bras pour la coucher à nouveau et lui refaire l’amour. Peut-être la dernière fois, hélas…




Sur la route



J’ai été assez triste de devoir quitter Eulalie, mais elle avait sa mission à terminer, et rien ne l’en détournera, d’autant que ses dernières cibles sont à portée de main, surtout qu’un grand banquet est prévu dans une quinzaine de jours. Tandis que je l’enlaçais, ses derniers mots ont été :



Elle m’a ensuite gratifié d’un baiser qui ne s’oublie pas !


Ponctuellement, j’apprends diverses choses sur l’endroit où j’ai laissé Eulalie. Quelques jours après mon départ, il y a eu quelques morts subites, à la suite de divers accidents plus ou moins malencontreux.


Puis, les événements se sont singulièrement emballés.


Juste après le banquet organisé pour la grande réunion des seigneurs de la contrée et parfois d’un peu plus loin, une étrange maladie cloua la plupart des convives, dont certains décédèrent. Le père de l’amant d’Eulalie semble être mort en voyant s’ouvrir devant lui les portes infernales, si on en croit les personnes qui assistèrent à ses derniers moments : son visage portant indubitablement la marque d’une grande terreur indicible.


Il ne fut pas le seul dans ce cas. D’autres hommes très bien placés eurent le même désagrément. La rumeur populaire parle toujours et encore de la visite d’un démon. La même rumeur demanda que le château soit brûlé aussitôt pour le purifier. À la place, un défilé de prêtres et de deux évêques en habits d’or se chargea d’exorciser les lieux.



Cette cérémonie semble avoir eu de bénéfiques effets, puisque plus personne ne décéda ensuite (si on excepte deux personnes de basse extraction, mais ça ne compte pas). Néanmoins, la plupart des gens préférèrent déserter cet endroit maudit et ne plus y remettre les pieds, ni même l’avoir à portée de vue. On ne sait jamais, les diablotins ont le pouvoir de vous enlever contre votre gré.


Je me demande ce qu’est devenue Eulalie ? Est-elle partie sur les chemins ? Est-elle restée avec Thibault ? Je n’ai pas pu le savoir. La dernière information que j’ai pu avoir était celle d’un trouvère qui m’affirma les avoir vus l’un à côté de l’autre, lors de la prestation qu’il avait donnée environ un gros mois après le banquet fatal.


Comme quoi le délai de deuil fut court…


Ayant quartier libre pour environ deux mois, je me décide à aller voir sur place de quoi il en retourne, Eulalie m’ayant été signalée dans une contrée voisine. Il me faudra une petite semaine de cheminement pour arriver à bon port. Mais j’ai envie de savoir ce qu’est devenue mon ex-compagne.




Au détour d’un pont



Alors que je viens de franchir le péage d’un pont situé à trois jours de marche du château vers lequel je me dirige, j’ai la surprise de voir surgir devant moi une silhouette connue : Eulalie. J’ouvre de grands yeux étonnés, puis, comme elle me voit sourire chaudement, mon ancienne compagne de route s’approche timidement de moi :



Mains dans le dos, son bagage au sol, elle ne dit rien, se contentant de me regarder. Je prends la parole :



Je fais comme si je n’avais pas entendu sa dernière interrogation. En remplacement, je pose la question à laquelle je n’ai pas eu de réponse, malgré mes recherches :



Donc, elle n’a pas choisi la solution de facilité qui consistait à rester la concubine de cet homme. Elle aurait même pu prendre à terme la place de l’épouse, les hommes étant facilement manipulables quand ils cogitent avec ce qu’ils ont sous le nombril.


Tandis qu’elle parle, elle regarde autour de moi, elle scrute les environs. Devinant ce qu’elle cherche, je dis :



Visiblement soulagée, la jeune femme affiche néanmoins un sourire crispé :



Son sourire devient plus lumineux :



À mon tour, j’affiche un évident sourire :



Ravi qu’elle soit revenue à moi, j’ouvre largement les bras :



Elle ne se fait pas prier pour se jeter dans mes bras.