| n° 23601 | Fiche technique | 33732 caractères | 33732 5870 Temps de lecture estimé : 24 mn |
18/04/26 |
Résumé: Mais qui sont ces personnes âgées que l’on croise sur le chemin de Compostelle ? | ||||
Critères: #ruralité #roadmovie #personnages fh | ||||
| Auteur : Manitoba Envoi mini-message | ||||
La première fois que j’ai croisé la douce Pétra sur le chemin de Compostelle n’a pas été une rencontre impérissable. J’en étais seulement à mon deuxième jour de marche, et j’en bavais déjà comme un beau diable. J’avais clairement surestimé mes forces, en me lançant dans ce périple sans aucune préparation physique, une erreur de débutant qui me revenait en pleine poire. Mes mollets brûlaient et chaque pas résonnait comme un coup de marteau dans mes tibias. Mon sac à dos, que j’avais bourré par pure paranoïa, me sciait les épaules avec une constance remarquable.
Je m’étais arrêté sur le bord d’un petit sentier, à bout de souffle, essayant de retrouver le peu d’air qui semblait s’être envolé depuis des kilomètres. C’est là, au plus bas de ma forme, qu’elles sont passées devant moi, trois randonneuses d’un certain âge, visiblement habituées à marcher comme des abruties. Pétra était au milieu, plongée dans une discussion animée avec ses deux compagnes. Elles avançaient d’un pas régulier et soutenu, au rythme hypnotique de ceux qui ont déjà des milliers de kilomètres dans les pattes.
Je me souviens l’avoir aperçue du coin de l’œil. Une petite femme aux cheveux blancs coupés court, habillée simplement, sans chichi : un pantalon de randonnée un peu large et une vieille polaire délavée. Elle ne m’a même pas regardé. Elles ont continué à discuter, parlant sûrement de l’étape du jour ou des refuges, à moins qu’il ne s’agisse d’un sujet beaucoup plus spirituel ! Elles m’ont dépassé comme un simple obstacle, avec à peine un signe de tête de l’une d’entre elles. Je n’étais qu’un pauvre marcheur en détresse, un simple élément du décor parmi tant d’autres. Je ne m’attendais pas à ce qu’on s’arrête pour moi, et puis, franchement, je n’avais nul besoin de leur pitié. Je me disais que si j’étais là, c’était pour en souffrir ou, comme dit l’autre, pour me retrouver. En vérité, j’étais surtout là pour apprendre à ne pas surcharger mon sac.
Trois jours plus tard, le hasard – ou plutôt la logique des refuges à bas prix – nous a fait nous recroiser. Je suis tombé sur elle dans un gîte d’étape, un de ces endroits spartiates et pas chers qui jalonnent le Camino français. Un bâtiment de pierre grise, un peu austère, avec des volets rustiques dont la peinture s’écaillait. L’endroit avait dû être plus joyeux dans le passé, mais c’était il y a bien longtemps. À l’intérieur, une odeur de renfermé et la sueur de trente pèlerins vous prenaient à la gorge.
Le dortoir était mixte, une longue rangée de lits superposés en métal qui grinçaient au moindre mouvement. Quand je suis arrivé, essoufflé et poussiéreux, il ne restait déjà presque plus de place. Le gérant, un type qui avait l’air d’en avoir vu passer des milliers, m’a désigné une couchette en bas, coincée entre deux autres. J’ai posé mon sac et j’ai levé les yeux… À ma gauche, il y avait la divine Pétra. À ma droite, un homme sérieux, lunettes sur le nez, déjà bien installé avec son guide, qui avait l’air d’avoir un avis sur tout. Un vrai Monsieur-je-sais-tout. J’aurais préféré être à l’étage, dans un coin calme, mais bon… c’était ça ou rien. Je me suis résigné, en me promettant de me lever aux aurores pour éviter la cohue du matin.
L’ambiance, dans ces dortoirs, est toujours un peu particulière. On se retrouve à vivre collés à des inconnus, dans une intimité forcée et quelque peu gênante. On évite de se regarder, on fait semblant de ne pas s’entendre respirer, on tente de garder sa petite bulle. Pétra était assise sur son lit, en train d’enlever ses chaussures de rando avec un gros soupir de soulagement. Elle portait de grosses chaussettes en laine qui, franchement, avaient l’air en meilleure forme que moi. Je l’observais du coin de l’œil. Elle semblait fatiguée, mais costaude. Une silhouette qui portait les années, qui n’avait pas été sculptée en salle de sport, mais forgée par la vie, tout simplement.
Quand elle s’est levée pour aller se laver, sa trousse de toilette à la main, je l’ai suivie presque sans réfléchir. L’idée d’un peu d’eau chaude – ou même tiède – était devenue une obsession. On s’est dirigés vers les sanitaires communs… pour constater que c’était un peu la catastrophe. Du carrelage jauni, de l’humidité qui suintait sur les murs, et déjà une queue qui s’allongeait dans le couloir étroit, éclairé par des néons qui clignotaient lamentablement. Un mélange d’odeur de produits ménagers et de moisi vous prenait aux narines.
Pétra s’est arrêtée net devant la porte des douches. Elle a regardé la queue, puis a tourné la tête vers moi, un sourire en coin plissant ses yeux clairs. Elle n’avait pas l’air dégoûtée, juste pragmatique.
J’ai abandonné moi aussi. L’envie de me laver s’était évaporée devant la perspective d’attendre quarante minutes dans cette puanteur. Je me suis gratté la barbe, un peu hésitant.
Elle a haussé les épaules, jetant un coup d’œil vers mon voisin de lit qui venait juste d’entrer dans le couloir, l’air supérieur.
C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés tous les deux dans un vilain troquet de cette petite bourgade, à quelques centaines de mètres de là. C’était un endroit sans prétention, toile cirée à carreaux un peu écornée et vieilles chaises bancales. Mais l’odeur qui émanait de la cuisine était divine. Nous nous sommes installés à une table en coin, face à face.
Il n’y avait pas le choix, le plat du jour. Un ragoût revigorant, épais et sombre, qui sentait bon le bœuf et les légumes du coin. D’autres pèlerins étaient aussi dans la salle, des visages fatigués qui se nourrissaient sans trop parler, absorbés par la tâche vitale de remplir leur estomac.
Nous attaquons nos assiettes. Pour la première fois, je l’observe attentivement. Pétra n’est pas désagréable, loin de là. Elle a une façon directe de manger, sans coquetterie, qui me plaît. Un peu pète-sec par moments, une franchise qui tranche avec les politesses superficielles des mamies prout-prout de la ville. Probablement une femme du cru, élevée à la dure, un peu comme moi, en somme.
La conversation roule facilement. Elle est très ouverte sur tous les sujets. On ne parle pas de la météo, mais de pourquoi on est là, certainement pas pour des bondieuseries. Elle me raconte qu’elle est retraitée, ancienne enseignante, qu’elle fait ça depuis des années. Pas pour la religion, s’insurge-t-elle, mais pour retrouver son vide intérieur. Elle cherche un équilibre, dit-elle. Je lui avoue que je suis un peu perdu, en fuite d’un ancien boulot qui me prenait tout mon temps, mais qui n’avait plus aucun sens pour moi. Elle écoute, hoche la tête, ne me donne pas de conseils inutiles. C’est rafraîchissant.
On finit le ragoût dans un silence confortable, le ventre plein, les jambes encore lourdes, mais l’esprit un peu plus léger. On partage même une carafe de vin rouge bon marché, ce qui détend l’atmosphère. Je la vois rire, une ligne de rides se marque autour de ses yeux. Elle n’a aucun maquillage, ses cheveux blancs sont en bataille, mais elle possède une vitalité qui manque à beaucoup de gens plus jeunes.
Nous rentrons au gîte tous les deux fourbus, la nuit est tombée, le refuge s’est endormi. De retour au dortoir, l’ambiance est lourde. Plusieurs ronflements résonnent déjà dans la pièce. Je regarde les sanitaires. La file a diminué, mais l’envie d’y retourner a disparu. La fatigue a tout englouti. Je crois que nous n’avions envie ni l’un ni l’autre de retourner faire la queue aux douches. Pétra se contente de se brosser les dents au lavabo commun en vitesse. Je fais de même. Nous nous retrouvons devant nos lits. Je lui fais un petit signe de tête.
Nous nous couchons, sans rien dire d’autre, dans nos duvets respectifs. Je m’installe, m’efforce de trouver une position qui ne torture pas mon dos. Les lumières sont maintenant éteintes, ce qui plonge la pièce dans une pénombre bleutée. Je ferme les yeux, prêt à m’endormir instantanément.
Mais quelque temps plus tard, je me réveille en sursaut. Ce n’est pas un bruit fort, mais un mouvement. J’ouvre un œil. La pièce est plongée dans le noir, sauf une lueur qui vient du couloir. Mon regard se porte instinctivement vers ma gauche. Je vois son sac de couchage s’agiter.
Au début, je ne comprends pas. Je pense qu’elle a froid, qu’elle essaie de se réchauffer. Mais le mouvement est rythmique. Régulier. Comme si… comme si…
Les mouvements ne laissent guère de doute sur son activité. Elle est en train de se masturber, cette cochonne. Je n’aurais jamais cru ça d’elle. Pétra, la petite grand-mère bien sage, la marcheuse spirituelle. Là, à quelques centimètres de moi, dans ce dortoir mixte, elle se touche.
Je retiens mon souffle. Je devrais fermer les yeux, me retourner, la laisser à son intimité. Mais je ne peux pas. Je suis figé par une curiosité malsaine et une excitation soudaine qui me prend de court. Je devine la forme de sa main sous le duvet, qui appuie, qui frotte. Le mouvement de son épaule est caractéristique. Le sac de couchage ondule légèrement.
Il me vient l’envie d’en faire autant. Ma bite se réveille dans mon pantalon de survêtement, réagissant primitivement à ce spectacle sonore et visuel. L’idée de me branler à côté d’elle, de participer à ce concert clandestin, me traverse l’esprit. Mais la logique revient vite. La perspective de me retrouver avec mon couchage plein de sperme, de devoir gérer ça demain matin, de tacher mes affaires… Non, c’est trop risqué. Je reste immobile, le cœur battant la chamade, l’oreille aux aguets.
J’écoute sa respiration changer. Elle devient plus saccadée, plus profonde. Le rythme de sa main s’accélère sous la couverture. J’imagine ce qu’elle fait. Est-ce qu’elle se caresse la chatte directement ? Est-ce qu’elle joue aussi avec ses seins ? Je ne vois rien, mais mon esprit comble les vides. Je pense à son corps âgé, à ses seins flétris et tombants que j’ai devinés sous sa polaire, à sa pilosité naturelle qu’elle doit assumer sans complexe.
Le temps se suspend. Je suis partagé entre la culpabilité du voyeur et l’excitation pure. C’est tellement cru, tellement réel. Pas de pornographie lisse, juste une femme de mon âge qui a besoin de plaisir après une longue journée de marche.
Toujours est-il qu’au bout d’un certain temps, les mouvements cessent. Ils se ralentissent, puis s’arrêtent. Je l’entends chasser un souffle, un long soupir de satisfaction qui résonne dans le silence de la chambre. Elle se tourne un peu, s’installant pour le sommeil. Cette vieille coquine doit avoir pris son pied. Le contraste entre son attitude de grand-mère respectable et cet acte libidineux furtif me fascine.
Je reste éveillé un long moment, le sexe dur, incapable de trouver le sommeil. L’image de son sac agité est gravée dans ma rétine. Je finis par m’endormir d’épuisement, avec des pensées confuses.
Est-ce pour cela que je m’arrange le lendemain matin pour reprendre la route en même temps qu’elle ? Très certainement, parler de simple coïncidence serait mensonger. Au petit matin, alors que j’ai presque rangé mes affaires, je la vois faire son sac. Alors, je traîne un peu, vérifiant inutilement mes lacets, attendant qu’elle soit prête et qu’elle sorte. Quand elle quitte enfin le dortoir, je suis juste derrière elle.
J’ai du mal à la suivre. Elle marche d’un bon pas, cette cadence de croisière qu’elle avait déjà trois jours plus tôt. Mes jambes sont encore raides, et il m’est impossible de poursuivre une conversation avec cette cadence. Je suis trop essoufflé pour parler. De son côté, elle semble ne pas faire d’effort, elle respire calmement, absorbée par le paysage.
Nous marchons dans un silence relatif, seulement brisé par le bruit de nos pas sur la terre battue et la rocaille. Je la regarde avancer. Ses fesses bougent régulièrement dans son pantalon large. C’est un spectacle hypnotique. J’ai du mal à détacher mon regard. Il y a quelque chose de très sexuel dans cette endurance, dans cette puissance physique tranquille.
Toujours est-il que lors des pauses, nous échangeons un peu. Elle s’arrête pour boire une gorgée d’eau, je fais de même, profitant de la pause pour reprendre mon souffle.
On parle de peu de choses, mais le contexte a changé pour moi. Chaque fois qu’elle me regarde, je repense à la nuit précédente. Sait-elle que je sais ? En tout cas, elle ne laisse rien paraître. Elle a l’air calme, sereine, comme si rien ne s’était passé. Alors que moi, je suis obsédé par des idées peu charitables.
En début d’après-midi, le ciel s’assombrit d’un coup. Les nuages s’accumulent, menaçants, d’un gris anthracite qui annonce le mauvais temps. L’humidité de l’air monte d’un cran. Nul besoin d’être devin pour savoir que nous allons prendre une bonne saucée.
Quelques minutes plus tard, la première goutte tombe. Elles sont grosses, lourdes. Puis c’est le déluge. L’intensité de l’averse nous surprend tout comme sa durée. Ce n’est pas une simple pluie de passage, c’est un orage violent qui s’abat sur la campagne. En quelques secondes, nous sommes trempés jusqu’aux os. L’eau ruisselle sur mon visage, entre dans mon cou, s’infiltre partout.
Elle pointe vers un endroit un peu plus bas, sur le côté du chemin. Par chance, il y a une baraque en bois, sans doute une cabane à bestiaux abandonnée. Nous courons et glissons dans la boue qui se forme instantanément, et nous nous réfugions à l’intérieur.
C’est un abri rustique, un toit de tôle ondulée soutenu par des poteaux pourris, avec des murs qui laissent passer le vent, mais c’est mieux que rien. Au moins, nous sommes à l’abri de la pluie directe, même si l’air est froid et humide.
Nous nous regardons, ruisselants. C’est un spectacle désolant. Nos vêtements sont à tordre. L’eau goutte de nos nez, de nos mentons. Pétra éclate de rire, un rire nerveux, mais libérateur. Elle essore sa queue de cheval, l’eau faisant une flaque sur le sol poussiéreux.
Je ris aussi. La situation est tellement misérable qu’elle en devient drôle. Je tremble de froid, mes vêtements collés à ma peau agissent comme un second réfrigérant.
Elle fait grise mine en constatant que son sac à dos, posé précipitamment dans un coin, lui aussi, a pris l’eau. Elle l’ouvre et sort ses affaires. Tout est humide, mouillé, à tordre.
Elle regarde autour, comme si une solution allait apparaître de façon magique. Puis, elle se tourne vers moi, une lueur de défi dans les yeux.
D’un geste brusque, elle attrape l’ourlet de son polaire trempé et de son t-shirt en dessous. Elle retire tout le haut d’un coup, se retrouvant torse à l’air dans la pénombre de la baraque.
C’est sans doute là que tout bascule.
Je m’attendais à un corps flétri, à quelque chose de triste ou de médical. Mais ce que je découvre me coupe le souffle d’une manière que je n’avais pas anticipé. Elle est là, devant moi, le haut du corps entièrement nu, sa peau pâle marbrée par le froid, la poitrine exhibée sans pudeur.
Ses seins sont moyens, mais lourds et naturels. Certes, ils sont tombants, avec des aréoles larges et marron qui ont vécu. Mais il y a une beauté brute dans le corps de cette granny, une authenticité crue. Ses nichons se balancent légèrement quand elle se secoue pour essorer à nouveau ses cheveux. Elle ne cherche pas à se cacher, ne croise pas les bras. Elle est juste naturelle et animale, et fait tout son possible pour bien se sécher.
Je découvre à ce moment-là que j’ai envie d’elle. Une envie violente, soudaine, qui me prend aux tripes, un désir charnel, pur et dur. Je veux toucher cette peau froide, je veux sentir ces seins lourds dans mes mains, je veux goûter à cette femme que je trouve si intense.
Elle me regarde, et elle voit mon regard changer. Elle n’est pas naïve, elle sait ce que signifie ce silence soudain, cette façon dont mes yeux se plantent sur son corps nu. Au lieu de se rhabiller et de se braquer, elle laisse le moment durer. Elle redresse même la tête, fière, presque provocante.
Je n’arrive pas à parler. Ma gorge est serrée. Je fais un pas vers elle, instinctivement. L’abri nous isole du monde, la pluie tambourine sur la tôle, et crée un cocon sonore. Il n’y a plus de chemin de Compostelle, plus de pèlerinage, plus de morale. Juste deux corps pleins de désirs.
Cela sonne ridicule, mais c’est totalement sincère. Pétra hausse un sourcil, surprise. Elle se rapproche, comme pour me défier de reculer. Elle ne sent pas le parfum, elle sent la pluie, la sueur, la terre. Une odeur primitive.
Elle tend la main vers moi. Ses doigts sont froissés par l’eau et les jointures un peu gonflées par l’arthrose. Elle pose sa paume sur ma poitrine, juste au-dessus de mon cœur qui bat à tout rompre.
Elle éclate à nouveau de rire. Elle glisse sa main sous ma veste trempée, cherche le contact direct avec ma peau. Sa main glacée me fait sursauter, mais le choc est électrique.
Je ne réfléchis pas. J’obéis. Je retire ma veste, puis mon t-shirt, me mets torse nu devant elle. Je ne suis pas bodybuildé, juste un pauvre retraité abîmé par la vie, avec un peu de bedaine. Mais là, face à elle, je me sens soudain viril et puissant.
Elle approche, presse son corps contre le mien. Le choc de sa peau froide contre la mienne est intense, mais la chaleur monte vite. Ses seins s’écrasent contre ma poitrine, peau contre peau, chair contre chair, une sensation incroyablement tactile. Je sens ses mamelons durs, piquants comme de la glace, qui creusent ma peau.
Je pose mes mains sur ses hanches. Ses os sont saillants sous le tissu froid et humide de son pantalon. Je la tiens fort, comme si elle pouvait s’évaporer. Elle lève la tête, ses yeux clairs plantés dans les miens. Il n’y a plus aucune distance.
Et là, dans cette baraque à bestiaux, sous le bruit assourdissant de l’orage, Pétra, la randonneuse de 67 ans, presse ses lèvres contre les miennes. Ce n’est pas un baiser de grand-mère. C’est un baiser de tigresse, une langue qui cherche, une morsure qui revendique. Elle goûte ma salive, elle prend ce qu’elle veut, et je lui donne tout. J’ai envie d’elle comme je n’ai eu envie de personne depuis des années. Le désir est là, palpable, plus fort que la tempête qui rage dehors.
La pluie continue de marteler la tôle ondulée au-dessus de nos têtes. Je la regarde. Je ne peux pas m’en empêcher. Ses seins nus, lourds m’hypnotisent. Elle s’en aperçoit. Son regard croise le mien, et ses lèvres se courbent en un sourire qui n’a rien d’innocent.
Son corps trempé se colle au mien, et je sens le froid de sa peau à travers mon t-shirt mouillé. Ses mamelons, durcis par la température, pressent contre mon torse.
Elle se cambre légèrement, presse son bassin contre le mien. À travers nos vêtements, j’imagine déjà la chaleur de son sexe.
Non, je ne la laisse pas passer. Mes mains remontent le long de son dos, traçant les lignes de sa colonne vertébrale, jusqu’à ce que mes doigts s’enfoncent dans ses cheveux blancs. Je tire doucement. Sa tête bascule en arrière, et j’attrape sa bouche avec la mienne.
Le baiser est brutal. Dents contre dents. Langues qui se cherchent et se repoussent. Ses mains s’agrippent à mes épaules, et je sens ses ongles s’enfoncer dans ma peau.
Je ne réponds pas, trop occupé à défaire la fermeture éclair de son pantalon de randonnée. Le tissu résiste, collé à sa peau par l’eau, mais je finis par le faire glisser le long de ses hanches. Elle ne porte rien en dessous. Son sexe apparaît, couvert d’une toison blanche et drue qui scintille d’humidité. Elle rit de mon expression.
Elle repousse mes mains et s’attaque à mon pantalon à son tour. Son geste est brusque, impatient, mais précis, efficace.
Nous nous débarrassons enfin de nos vêtements dans un fracas de fermetures éclair et de tissus lourds abandonnés sur le sol. Quand nous sommes enfin nus tous les deux, nous nous regardons dans la pénombre grandissante. Deux corps de sexagénaires, nos peaux marquées par le temps, nos muscles moins fermes qu’avant, nos ventres qui s’affaissent. Rien de ce que les magazines vendent comme désirable. Et pourtant, je la trouve vraiment magnifique.
Elle me tire vers le tas de vêtements que nous avons créé au sol. Nous nous effondrons dessus, une masse de membres entremêlés et de souffles courts.
Sa main trouve mon sexe. Il est déjà dur, plus dur que je ne l’aurais cru possible. Ses doigts se referment autour de ma tige, et elle serre, teste, évalue.
Elle écarte les jambes sans cérémonie. Mes doigts trouvent son sexe, il est ouvert, humide, accueillant. Je glisse un doigt à l’intérieur, puis deux. Elle gémit, un son guttural résonne dans l’espace vide de l’abri.
Je commence un rythme lent, mes doigts s’enfonçant et se redressant à l’intérieur d’elle. Sa chair est chaude et je sens ses muscles se contracter autour de moi. Sa main continue de travailler mon sexe, son pouce traçant des cercles autour de mon gland, répandant le liquide qui perle au sommet.
J’obéis. Mes doigts accélèrent, et sa respiration fait de même. Ses hanches bougent d’elles-mêmes, suivant le mouvement, le cherchant. Ses seins oscillent au-dessus de moi, et je tends le cou pour attraper un mamelon avec ma bouche. Je mordille la chair, la tire, la suce.
Je n’ai pas l’intention d’arrêter. Mon autre main trouve son clitoris, ce petit bourrelet de chair caché sous sa toison, et je frotte en cercles fermes. Son corps se cambre. Un cri étouffé lui échappe.
Elle me pousse sur le dos, et je me laisse faire. Elle grimpe sur moi, ses genoux de chaque côté de mes hanches. Son sexe ouvert plane au-dessus du mien, et je peux sentir la chaleur qui s’en dégage.
Elle s’abaisse. Mon sexe glisse en elle, et nous grognons tous les deux. Elle est chaude et étroite, plus humide que je ne m’y attendais. Je sens chaque millimètre de sa chair qui m’avale.
Elle bouge lentement ses hanches, me faisant sortir d’elle avant de se rabattre. Le mouvement est lent, délibéré, comme si elle réapprenait une danse oubliée. Je lui laisse le contrôle. Mes mains se contentent de l’aider à trouver son rythme.
La pluie continue de tomber, mais nous ne l’entendons plus. Tout mon être est concentré sur le point où nos corps se rejoignent, sur cette sensation incroyable d’être à l’intérieur de cette femme qui ne demande que ça.
Ses mouvements accélèrent. Ses cuisses travaillent, ses muscles se contractent. Je vois la sueur perler sur son front, malgré le froid. Ses seins rebondissent avec chaque coup. J’en attrape un, le masse, pince le mamelon.
Je me redresse autant que je peux, changeant l’angle, pousse mon bassin à la rencontre du sien. Le claquement de notre chair résonne dans l’abri. Elle crie, un cri brut, sans retenue.
Je lui donne ce qu’elle demande. Mes hanches martèlent les siennes, mon sexe s’enfonce en elle encore et encore. Je sens ses muscles internes se contracter, me serrer, me tirer plus profond.
Elle se retire, et le vide qu’elle laisse est presque douloureux. Mais elle se met à quatre pattes devant moi, son sexe gonflé et ouvert, luisant dans la pénombre.
Je me positionne. Mes mains trouvent ses flancs, et je guide mon sexe vers son entrée. Je pousse, et elle s’ouvre pour moi, m’avale encore une fois. La sensation est différente, plus profonde, plus intense.
Cette fois-ci, j’y vais de bon cœur, je me déchaîne contre ses fesses bien charnues. Je donne tout ce que j’ai. Mes reins pompent, mon sexe plonge en elle comme un piston. Elle pose son visage contre nos vêtements pour étouffer ses cris, mais je les entends quand même, des sons bestiaux qui montent du fond de sa gorge.
Ses fesses claquent contre mon bassin à chaque coup. Je les regarde onduler, cette chair qui bouge et vibre sous mes assauts. C’est à la fois obscène et magnifique. C’est exactement ce dont j’avais besoin sans le savoir.
Je n’arrête pas, j’accélère au contraire. Je sens son corps se tendre, ses muscles se crisper autour de moi. Puis elle explose. Un cri déchire l’air de l’abri, et je la sens pulser autour de mon sexe, encore et encore, des vagues de contractions qui m’aspirent.
Je ne tiens plus. Avec un grognement de vieux mâle en rut, je me libère enfin en elle. Mon sperme jaillit en jets chauds, remplissant son sexe, coulant autour de ma tige. Je continue de bouger, prolongeant l’orgasme, jusqu’à la dernière goutte.
Nous nous effondrons ensemble sur le tas de vêtements. Mon sexe glisse hors d’elle avec un bruit humide.
Elle rit, un rire qui fait trembler tout son corps.
Elle se tourne pour me faire face. Son visage est rouge, ses cheveux sont un désordre, et ses yeux pleins de malice.
Puis elle descend et prend mon sexe dans sa bouche. La sensation est électrique. Je sens sa langue tracer des cercles autour du gland, ses lèvres glisser le long de la tige. Elle me goûte, goûte nos fluides mélangés, et ne recule pas. Je durcis dans sa bouche, elle me ramène à la vie avec une détermination qui me laisse sans voix. Et quand je suis prêt, bien dressé, elle se repositionne au-dessus de moi et s’empale à nouveau. Et nous remettons le couvert !
Cette fois, c’est plus lent, plus sensuel. Nous sommes seuls dans notre petite bulle de chaleur et de désir. Elle roule ses hanches, me porte à des profondeurs que je n’ai jamais connues, le plaisir est intense et partagé, c’est magique !
Après que nous ayons à nouveau joui, elle se blottit contre moi, sa tête dans le creux de mon épaule. Je sens ses seins mous contre mon torse, son souffle chaud sur ma peau. Après tous ces efforts, nous ne tardons pas à nous endormir. Moi, sans doute encore plus profondément qu’elle. Après toute cette activité physique sur les chemins de randonnée, cette partie de jambes en l’air m’a achevé. Je suis fourbu, mais heureux…
Le lendemain matin, tout est calme. J’émerge dans cette cabane qui me semble tout d’un coup étrangère, je ne la voyais pas comme ça ! Je regarde alentour, nulle trace de Pétra, je l’appelle, peut-être est-elle allée dehors pour pisser… Mais non, après avoir fait le tour des lieux, force est de constater qu’elle n’est vraiment plus là. Quelle mouche l’a piquée ? Elle aurait quand même pu me réveiller, me dire ce qu’elle comptait faire ! Dire que je n’ai même pas son numéro de portable.
Mon sac à dos est toujours dans un coin de la masure, mais le sien a disparu. Nul doute, elle est partie. Je rassemble mes affaires, pas encore bien sèches, loin de là. Dire qu’il va falloir que j’enfile ça, je vais attraper la crève ! Par chance, il me reste des barres énergisantes dans une poche de mon blouson et une petite bouteille de boisson sucrée, de quoi me revigorer un peu. L’idéal serait d’appeler quelqu’un et qu’on me vienne en aide, mais je doute qu’il y ait du réseau au fin fond de nulle part.
C’est en cherchant mon smartphone que je m’aperçois qu’il n’est plus là, il a dû tomber pendant mon périple. « Merde et merde et re-merde. », c’est bien ma veine que cette saloperie me fasse défaut à ce moment-là.
Bon, à la guerre comme à la guerre, je cherche les vêtements les moins humides et les enfile difficilement. Le pire, ce sont les chaussures encore gorgées d’eau… Mais, bon an, mal an, je reprends la route ou plutôt le sentier, par chance pas trop mal balisé sur ce tronçon. Je ne saurais dire où je suis exactement, au moins sur mon portable j’avais téléchargé la carte… Sur un panneau, ils annoncent deux heures avant le prochain refuge, mais, dans l’état où je suis, ça va facilement m’en prendre une de plus. Toujours est-il que je serre les dents et accélère le pas, histoire de me réchauffer. Je me demande où est Pétra, si elle a galéré comme moi pour rejoindre la civilisation. Cette salope aurait quand même pu m’attendre, surtout après ce que nous avions vécu ensemble. Je l’ai un peu mauvaise de ce départ précipité sans prévenir, sans même laisser un mot !
Nous y voici enfin, un gîte en contrebas, un grand barbu un peu surpris de voir arriver quelqu’un en fin de la matinée. Tous ceux qui ont passé la nuit ici sont partis depuis longtemps. Je lui dis que je suis à tordre, il me désigne un tas de vieux vêtements laissés par les pèlerins. Je prends d’abord une bonne douche bien chaude…
Les problèmes surviennent quand il s’agit de payer la nuitée – ou peut-être devrais-je dire la « journéetée » – impossible de mettre la main sur mon portefeuille, lui aussi a disparu de mon sac à dos, avec tous mes papiers, mes cartes bleues, un peu de liquide. Impossible qu’il soit tombé en chemin, la fermeture est intacte. Je nous revois nous arrêter à la boulangerie la veille avec Pétra, j’avais payé les viennoiseries et je suis à peu près certain d’avoir remis mon porte-monnaie dans sa poche, comme je le fais toujours. Alors c’est quoi cette embrouille ? Grosse galère en perspective de se retrouver sans tune.
Le gérant du refuge n’a pas vu passer Pétra ni personne d’autre qui lui ressemble. Mais il accepte que je passe quelques coups de fil. J’appelle au secours toutes les personnes que je sais être dans les parages, un couple d’amis qui ne répond pas, un cousin parti en voyage ailleurs… c’est finalement un ex-collègue qui va me sauver la mise. Il a pris sa retraite dans le coin et accepte de venir me chercher. Je suis un peu gêné et me confonds en plates excuses… En plus, il m’invite à passer la soirée chez lui, il me dit que ça lui fera une bonne occasion de me présenter sa femme, et de reparler aussi du bon vieux temps.
Ce n’est que le soir, après un savoureux repas bien arrosé, que je connecte sur l’ordinateur de mon hôte et là, horreur ! Un de mes comptes en banque a été totalement vidé. Les mouvements par carte bleue se sont enchaînés. Faire opposition à cette heure tardive va être bien compliqué. Ça ne peut être que Pétra, qui d’autre ? Elle a dû me voir taper mon code quand j’étais à la boulangerie, le sans contact ne fonctionnait pas. Je ne me suis pas méfié, elle avait l’air si gentille.
Par la suite, elle m’a anesthésié en m’offrant son corps et puis zouhh… envolée sans demander son reste. Quelle salope, cette mamie voleuse ! J’ai presque envie d’en rigoler tellement c’est grotesque, je me suis fait avoir comme un bleu !
Mais, au diable l’avarice… Ce qui me chagrine le plus, c’est de ne pas avoir ses coordonnées. J’ai très envie de la revoir, de lui faire sa fête, de la punir à coups de bite…
D’ailleurs, je la regrette déjà !