Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 23587Fiche technique10607 caractères10607
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Temps de lecture estimé : 8 mn
08/04/26
Résumé:  Après quelques jours d’échanges ininterrompus sur le site, le moment de la rencontre est arrivé.
Critères:  #érotisme fh fsoumise hdomine caresses cunnilingu yeuxbandés humour
Auteur : Elle_O      Envoi mini-message
Rêveries

Elle est là, juste derrière la porte. Je la devine. Elle a eu le courage de venir. Ma petite…

Je ne vais pas la faire attendre. J’ai aussi hâte qu’elle – peut-être plus – de franchir ce premier pas.

La chaleur qui m’a envahi le bas-ventre quand l’interphone a vibré m’habite encore. Elle, de son côté, doit probablement avoir un peu le trac, sentir une petite boule – ça n’est pas pour me déplaire d’ailleurs – et avoir la gorge sèche.

Doucement ! Ne va pas la faire fuir. Tiens-toi bien et surtout… suis le plan !

Allez maintenant.


J’ouvre la porte. Il me faut quelques secondes pour comprendre ce que je vois et reprendre contenance. Pour retrouver ma place dans cette histoire que je croyais maîtriser.


Ce soir, quand elle a sonné et qu’elle s’est annoncée, c’était la première fois que j’entendais sa voix. Ça ne fait pas très longtemps que nos échanges ont commencé sur le site. Une dizaine de jours tout au plus. C’est ça, pile dix jours. J’ai encore tout en tête. Ça a commencé doucement et puis au fil des échanges et des jeux de découvertes, ses mots, ses idées, les photos qu’elle m’a envoyées ont trouvé résonance en moi, m’ont ouvert un appétit que je n’avais pas anticipé. Bref, ça fait dix jours que j’espère. C’est très étonnant. Un peu perturbant. Mais si bon.

Sa voix. Douce. Presque effacée. Une voix que l’on croit fragile au premier abord mais qui porte une chaleur profonde, comme un murmure posé près de l’oreille. Serait-ce la fin de sa laryngite qui donne cet effet ? Moi qui aime les femmes qui crient… je suis curieux de voir ça. Tiens ! Je me reprends à espérer.


J’ai un plan. J’avais un plan. Pour elle, pour nous. Un plan pour qu’elle reste. Pour qu’elle se réalise entre mes mains. Qu’elle s’épanouisse enfin, qu’elle soit qui elle doit être, qu’elle puisse vivre ses fantasmes – et les miens par la même occasion.

Mais là… Rien ne m’avait préparé à cela.


C’est vrai qu’elle est grande. Sa description sur son profil est bien fidèle.

On avait dit « soirée simple ». Soirée pour se sentir, se mesurer, se jauger. Mais on dirait bien qu’elle a mis les petits plats dans les grands. Elle voulait certainement me faire plaisir. C’est gagné parce que je vois l’effort. Et c’est ça qui est important pour moi. Je ne vais pas lui dire que c’est bien trop sage. Pas ce soir. On s’était dit « simple ». Enfin, je lui avais dit « simple ».

Parce que je la veux ! Je la voulais. Et pour ça… il me faut être civilisé. On ne peut posséder O si on n’est pas d’abord un Sir Stephen.


Ça n’est pas sa robe fendue qui me surprend, ni ses bottes à talons hauts, ni même ses yeux cernés de khôl. Des yeux que je découvre aussi. De beaux yeux de biche comme elle en avait plaisanté un jour dans un message.

Finalement, je vous assure que ça n’était pas une plaisanterie.

Non, c’est la canne.

Une canne noire, discrète, sur laquelle elle s’appuie. Une canne qui n’apparaissait nulle part sur son profil. Ni sur MON profil, dans le détail de ma recherche ! ni dans nos échanges ni dans les scénarios que j’avais imaginés.


Je suis désarmé. Elle a suivi tout le cheminement de ma surprise. En un clin d’œil elle comprend ce qui se joue. Même si mon regard reste sur ces yeux, elle sait ce que je pense, là, à l’instant. Le trac sur son joli visage – oui, elle est très jolie, on voit un peu ses racines asiatiques dans ses yeux, surtout quand elle les plisse… et quand elle jouit mais ça, je le saurai un autre jour – glisse vers une panique contenue.

Là, il me faut me reprendre. Je ne veux pas la blesser.


Je m’écarte. Je l’invite à entrer. Elle m’offre un « merci, Monsieur » magique qui efface toutes mes hésitations. Elle passe tout près de moi, abandonnant dans son sillage un effluve qui s’accroche à mes sens et qui me réanime. Le plus étonnant est qu’elle n’utilise pas sa canne pour marcher. Je fronce – à peine – les sourcils. Une énigme, une curiosité. Un coup porté à mon rôle.

Décidément.


Je la débarrasse de son manteau et l’invite à s’asseoir. J’avais planifié – vous savez, le plan ! – de lui demander de s’asseoir sur l’accoudoir du canapé. Peu confortable, elle aurait eu du mal à trouver son équilibre, l’obligeant à gigoter, à chercher la bonne position, à bouger son corps pour replacer son centre de gravité. Bref, parfait pour me donner accès à ses réactions, à sa gêne. Je sais qu’elle aurait ri, j’en suis sûr. Petite perversité qu’elle aurait accueillie avec beaucoup d’amusement. Mais là, avec la canne, j’ose pas. Maintenant, c’est moi qui ai la boule au ventre. Elle me fait perdre mes repères de Dominant. Mes marqueurs sont HS.

C’est très embêtant tout ça.


Encore une fois, elle me lit. Elle choisit ses mots et me regarde droit dans les yeux – elle devra perdre cette habitude – et m’explique simplement. Son dos. Une opération de la colonne à venir – rien que ça ! Il lui est impossible de rester debout, immobile ou allongée sur le dos – ça, ça m’amuse pas du tout. Alors, la canne l’accompagne partout pour qu’elle puisse s’y appuyer et reposer son dos. Elle me livre tout cela sans s’excuser, sans détour. Une transparence brutale, sans fard mais très intime.

Elle a raison. Bien sûr. Cette soirée doit servir à ça, non ? À être transparent l’un envers l’autre. Nous ne sommes pas là pour parader.

Je souffle. L’espoir revient. Ce que je découvre depuis dix minutes me plaît. Je la remercie pour son honnêteté.


Je savais que le Bordeaux avait sa préférence et j’avais préparé un Médoc. Pas question d’ivresse. Ce n’est pas ce que je recherchais. Mais un espace-temps de détente. Un moment que je voulais chaleureux. En picorant quelques mezzés, la conversation se déroule naturellement. Nous prenons notre temps. De l’origine de ses désirs, de son ancien Maître, de son amour actuel pour un homme formidable – Hey ! doucement quand même –, de son besoin de faire vivre la femme-objet qui trépigne au fond d’elle. De ses limites – peu nombreuses, j’en frissonne –, de ses désirs, classiques – quoique le chat… ! – mais passionnés.

Elle répond à toutes mes questions. Sans reculer quand mes demandes vont briser son intimité, quand j’approche ma main pour l’effleurer, quand je lui demande de reformuler certaines de ses réponses, encore et encore.


Moi, je la regarde. Ses lèvres se pincent. Ses yeux se baissent souvent. Ses respirations qui s’accélèrent. Ses seins qui bougent avec une lenteur hypnotique. Ma raison cède. Je ne suis qu’un Homme, pardonnez-moi !

Je lui prends la main et, collé tout contre elle, contre ses fesses que je sens pour la première fois, je la guide dans mon antre.


Là, sous une lumière douce, de celle qui sculpte les courbes, qui donne aux espaces des reflets cuivrés, je commence à la déshabiller.

Ce soir, je veux qu’elle sente que, avant mes exigences, mes fantasmes et mes règles, avant les leçons, avant les larmes et la douleur, il y a d’abord :

La dévotion

La présence

Le soin


Je fais tomber sa robe et dégage ses seins de leurs bonnets. Lourds, ils ne demandent qu’à être pétris, malaxés, mordus, tirés, étirés, marqués… ses larges aréoles bordent des tétons qui commencent à pointer sous l’effet de mon contact.

Je me retiens de les écraser dans mes paumes et me contente de les caresser. C’est ce que je veux pour cette nuit. Tout caresser, la parcourir entière avant de céder. Du haut de son crâne à la pointe de ses chevilles. Et encore et encore. Jusqu’à l’épuiser.

Je reprends l’effeuillage, et, pour lui éviter toute douleur, le fais rapidement. Hélas.

Ses hanches pleines me donnent des idées. Son dos, partie la plus érogène de son corps d’après elle, présente des cicatrices en forme d’ailes d’anges de chaque côté de sa colonne vertébrale, au-dessus de ses fesses… une nouvelle idée germe dans mon esprit. Ses fesses, futures collines d’assauts réguliers, elle le savait et l’attendait avec frisson, me plaisent terriblement. Je sens déjà ce qu’elles promettent.

Une fois nue, je lui bande les yeux et lui mets, par pure volonté esthétique – vous me croyez, n’est-ce pas ? –, des bracelets anneaux aux poignets et aux chevilles.

Sa respiration change. Plus forte. Non pas haletante mais plus appuyée, plus marquée. Que c’est agréable !


Je lui demande de me déshabiller. Seule exigence, je veux qu’elle le fasse très doucement.

Elle s’exécute comme si elle rentrait dans un rite. Chaussures. Chemise. Bouton après bouton. Concentration délicieuse. Je profite de la vue qu’elle m’offre.

Puis le pantalon. Et, de façon sublime, elle retire ma ceinture pour la rouler et me l’offrir. Là… je suis aux anges. La garce, elle sait me prendre.


Je la remercie et je l’aide à s’allonger sur le côté. Placé derrière elle, puis devant, puis au-dessus, je passe avec douceur et intensité, voire une certaine avidité, mes mains et ma bouche sur l’intégralité de son corps. Sans omission. Je veux tout goûter, tout triturer, voir chacune de ses réactions et surtout l’entendre !

Je la fais monter, redescendre, remonter encore et encore. Ses feulements, ses gémissements et ses hoquets de plaisirs annoncent qu’elle me donnera de belles arias dans le futur. Délicieux !

Nous nous endormons l’un contre l’autre. Un « merci, Monsieur » sur ses lèvres.

Je n’étais pas mécontent.


Plus tard, quelque chose me réveille. Son corps. Sa chaleur. Mon sexe gonflé sans doute. La sensation de sa raie contre mon bas-ventre. J’appuie ma main sur son sexe pour la coller encore plus fort contre mon aine. Sous la lumière douce de la veilleuse, j’ai un désir fou de la faire jouir. Je la bascule sur le dos, lui remonte les cuisses sur le ventre et fixe la position en nouant les bracelets de ses chevilles et de ses poignets entre eux. Réveillée, elle sourit, béate.


N’y tenant plus, je place ma bouche entre ses cuisses et, écartant pleinement ses lèvres avec mes doigts, enfonce ma langue dans ses chairs. Hummm, le goût qui remplit ma bouche alors est suave et peu marqué. Subtil et charmant. Je suis heureux qu’elle crie, qu’elle en demande encore. Et je continue goulûment à la fouiller avec ma langue. Je veux connaître chaque centimètre de sa chatte. Je lape le jus qu’elle m’offre, mords sa peau qui devient ma came, aspire tout ce qui se trouve sous mes lèvres. Je la sens se contracter mais ne ralentis pas pour autant ma besogne. J’en veux encore. Je veux tout : sa voix, sa peau, son jus, son abandon.


Elle jouit. Vaincue. Elle se tend malgré les attaches mais je continue à la sucer sans m’arrêter. Et quand son plaisir devient trop intense, quand la douleur prend le pas, quand ses « Monsieur » montent dans l’aigu, quand les larmes diluent le khôl sous ses yeux, alors seulement je me retire et la tourne sur le côté.


Nous nous rendormons.

En silence.

Comme si rien d’autre n’existait.