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Temps de lecture estimé : 19 mn
05/04/26
Résumé:  À 46 ans, Aurélie est professionnellement accomplie mais vit une réalité amoureuse chaotique. Subjuguée par le regard d’Anthony, un collègue plus jeune, elle développe une obsession dévorante pour lui.
Critères:  fh collègues travail
Auteur : Lilou83var      Envoi mini-message
Passion sauvage

Son regard avait croisé le mien et le temps semblait s’être arrêté pour figer cet instant. Je n’avais pas pu m’en décrocher, j’en avais été hypnotisée, complètement chamboulée. Lui que je ne pouvais souffrir pour un tas de raisons, lui que j’avais envie de détester. Mais voilà, le destin en avait décidé autrement et, désormais, je n’avais de cesse de vouloir le croiser de nouveau…


Une histoire comme il en existe tant d’autres. Banale, et pourtant, j’ai envie de m’en libérer en la racontant. Des mots sur mes maux.


Je me rappelle du premier jour : je n’avais pas envie de lui dire bonjour, comme une gamine mal élevée. Je voulais faire comme s’il n’existait pas, jugé et condamné avant d’avoir pu faire ses preuves. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, je ne sais pas si je suis la seule à avoir ressenti cette intensité, mais voilà, je me suis totalement perdue dans son regard. C’était incroyable, j’avais l’impression que nous n’étions plus que tous les deux. Un coup de massue sur la tête, comme si un fil invisible nous avait reliés. Le problème, aujourd’hui, c’est que j’ai vraiment envie que ça recommence. Je veux pénétrer au plus profond de lui, je veux de nouveau ressentir cet affolement de mon cœur et voir de nouveau ses yeux sombres. Dualité de ce qui peut être bien et mal, j’ai très envie de laisser la passion m’emporter mais j’ai peur d’en perdre la raison.


Oui, son regard fut un choc pour moi, pour ma sérénité quotidienne, mais quelle claque quand il m’a souri. Et sa voix, rauque et traînante. De quoi tourmenter mes nuits. Désormais, je le cherche par tous les moyens, je veux me confronter à lui de nouveau et ressentir encore mon corps vibrer. J’essaye de capter son attention, d’aller le voir et de lui parler. Le contact de sa main sur la mienne fut encore plus douloureux pour moi. Sa chaleur m’a totalement embrasée, je peux décrire encore maintenant cette sensation électrisante, ce coup de fouet sur mes reins déjà brûlant. Une caresse légère comme un baiser délicat.


Les jours passent et je crois bien que je n’ai jamais autant aimé venir travailler, je n’ai jamais autant désespéré qu’une journée de travail se termine. Je le veux, c’est tellement grisant de sentir mon corps se soulever par autant de sensations.


Quand il a emménagé son bureau en face du mien, j’ai ressenti une joie infinie, mon cœur s’emballait, j’allais pouvoir l’avoir sous les yeux toute la journée. Je jubilais, je retrouvais un regain d’énergie. Le savoir tout près de moi me donnait une chance de le séduire. Puis je voulais travailler près de lui, il faisait preuve d’initiatives qui me laissaient espérer du changement dans la boîte.


Quand j’essaie de me poser et de mettre de côté mon exacerbation pour comprendre et m’expliquer cette attraction, je ne trouve aucune raison censée. Tout se mélange dans ma tête, mon côté posé et rationnel, le désir de finir dans ses draps et je finis par ne plus rien savoir. Je dois avouer qu’il est vraiment plus qu’agréable à regarder, je peux même dire que c’est un très bel homme, attirant et intelligent. Pourtant, ce n’est pas tout ça qui m’attire, je crois que c’est quelque chose qui se dégage de sa personne, quelque chose qui n’est pas tangible et qui ne s’explique pas.


Désormais je suis obnubilée par son image, j’ai envie de plus que ce que je ressens, je veux du concret. Mais comment ? Quoi ? Je ne peux l’imaginer ouvertement sans me sentir coupable. Pourtant, je l’imagine tous les soirs quand je suis dans mon lit. Je me vois brûlante et fiévreuse dans ses bras, je me sens perdre le contrôle dans nos chairs emmêlées. Dieu que j’aime ça. Il promène ses mains sur mon corps, il est passionné et fougueux, de quoi perdre complètement le contrôle. Oui, je pense que je vais devenir folle si les journées passent à fantasmer, la fièvre va m’emporter et je ne contrôlerai plus rien. Comment pourrais-je lui faire comprendre ? Comment pourrais-je savoir ce qu’il ressent ? Comment lui dire qu’il me plaît et que j’ai envie de lui ? Ça y est, ma raison m’a déjà abandonnée, je divague dans des élucubrations et mon corps vibre d’une nouvelle énergie. Impossible que cela s’arrête. Anthony… Anthony… Libère-moi de ce désir de toi, dis-moi que toi aussi tu ressens cette connexion et que toi aussi… tu as envie de moi… Que je ne suis pas la seule !!!



*



Moi… j’ai bientôt 46 ans et je suis heureuse dans ma vie. Je suis une maman de deux jeunes hommes qui seront dans quelques années partis de la maison. J’ai un chien et un chat. Professionnellement parlant, je suis épanouie, j’ai gravi les échelons grâce à mes capacités et une volonté à toute épreuve. Je n’ai pas à me plaindre, je me sens bien. Ma vie amoureuse est beaucoup plus chaotique. J’ai l’impression d’avoir eu plusieurs vies en une seule. Je ne m’étendrai pas sur celle-ci, je n’en ai pas envie. L’expérience fait qu’aujourd’hui, je sais ce qui a de l’importance, je ne céderai pas mon intégrité pour qui que ce soit.

Lui… Je ne sais pas grand-chose de lui. Il a 43 ans (oui plus jeune que moi), il n’a pas d’enfant et son signe astrologique est Lion. Il aime le foot. Bref, tout un mystère à élucider.


Si seulement je pouvais arriver à le faire rentrer un samedi ou deux pour travailler, seuls tous les deux. Je sais qu’à force d’attendre, et étant une femme assez directe, à un moment, tout va sortir trop brusquement. Je dois juste prendre sur moi pour ne pas l’effaroucher. Mais si je lui parle, je ne pourrais souffrir un refus, mon désir est bien trop grand pour que la chute soit aussi rude. Il faut absolument que j’échafaude un plan. Un plan implacable qui me mènera à lui… Un plan qui me comblera toutes mes attentes. Mais est-ce que je ne me fais pas des films ? Est-ce que tout ceci n’existe que dans ma tête ? J’ai peur aujourd’hui d’avoir laissé mes émotions me consumer.



*



C’était un samedi, il avait répondu favorablement à ma demande. Pour moi, le samedi serait idéal pour être seule avec lui… Seule avec lui… Vous appellerez ça de la manipulation, moi de la suite dans les idées.


Le bâtiment était vide ce matin-là. Forcément, un samedi, personne ne travaille, chez nous. C’était étrange de me retrouver là, le cœur battant, les mains moites. Incontrôlable, et pourtant, rien de cela ne me gêne, bien au contraire, cela me galvanise. Je me sens vivante, je me sens vibrante, grâce à lui. Je suis arrivée en avance, j’aime prendre le devant au quotidien et dans chaque domaine. Je ne laisse rien au hasard… Ou presque.


Tout était prêt. Deux cafés posés sur mon bureau. Un dossier ouvert, soigneusement étalé pour donner le change. Et moi… Essayant de paraître normale. Quand j’ai entendu les marches grincer, mon souffle s’est coupé. Il est bientôt là, il va arriver et je vais perdre pied. Il va forcément voir l’effet qu’il me fait. Il va bien rigoler de mon émoi. Ses pas, je les entends et je les reconnaîtrais entre mille, car je l’ai souvent attendu, j’ai appris à le reconnaître. Il est apparu dans l’encadrement de la porte, beau, son regard troublant me faisant perdre ma superbe détermination. Ce regard qui a glissé sur moi et qui s’est arrêté une seconde de trop, c’était lui le coupable. Son sourire avec ses lèvres charnues sur lesquelles je voudrais poser les miennes.



Sa voix. Calme. Trop calme. Elle sonne à mon oreille, elle me caresse.



Mensonge. Évidemment. J’avais tout calculé et je ne vais faire de toi qu’une bouchée.


Il a hoché la tête et s’est approché comme si de rien n’était. Comme si, entre nous, il ne se passait rien. Comme si tout ceci n’était que dans ma tête. L’odeur de son parfum mêlée à celle de son corps achève de m’enivrer.


Je lui ai tendu son café et ses doigts ont frôlé les miens. Oh oui, encore. Je veux sa chaleur et j’ai mis du temps à retirer ma main. Laisse-moi juste une seconde… Une seconde… Ou deux… Assez long pour que ce ne soit pas un hasard, pour qu’il comprenne.


Il a alors relevé les yeux vers moi. Et là ce regard. Le même que tous les jours, mais ce regard qui me fait vaciller. Un mélange de trouble et de retenue. Oh Anthony… Vois l’effet que tu me fais, vois comme mon corps te supplie de le prendre.



Il est professionnel, et je commence ma formation, gardant mon trouble. Mon corps est tendu et je ne peux pas me concentrer. Je me suis rapprochée sous prétexte de lui demander une explication et ma cuisse a frôlé la sienne. Il était tout près, son parfum se mêlant au mien. Je sentais sa présence partout dans mon corps, sa chaleur m’envahir. Très proche. Silence… Beaucoup trop proche pour reculer et surtout, sans aucune envie de le faire. Je ne pouvais plus me taire, il fallait que ça sorte.



Ma voix était une supplication, presque une prière, différente et chargée de désir. Il ne regardait pas l’écran mais il ne me regardait pas non plus. Peut-être qu’il menait lui aussi une lutte intérieure ? Ou peut-être qu’il était gêné de la tournure de la situation ? Le silence est devenu lourd, chargé d’électricité. Chargé de quelque chose qu’aucun de nous ne pouvait nommer. Un temps suspendu entre l’avant et l’après, un point de non-retour. Je ne savais plus. Ou peut-être… Il attendait… Nous attendions tous les deux de l’autre quelque chose.



Il s’est tourné doucement vers moi. Nous étions trop près maintenant pour reculer sans que ce ne soit pas une évidence. Mon cœur battait tellement fort qu’il pouvait l’entendre, je perdais le fil de mes pensées.



Son prénom a glissé une nouvelle fois entre mes lèvres, ce n’était plus une prière, c’était un appel à l’aide. Il n’a pas quitté mon regard mais ne disait toujours rien. Je pouvais lire dans son regard le doute, le questionnement, l’hésitation. Il luttait, mais pourtant, j’ai senti que quelque chose avait changé. Une chaleur nouvelle m’a envahie, violente, irrépressible. Ma main a cherché à se poser sur la sienne, pas pour un café, non délibérément cette fois.



Un souffle à peine audible. Le temps s’est de nouveau suspendu. Encore. Une seconde… Puis deux. Son regard a changé, il se fit moins distant, plus sombre. Plus… vrai. Ses doigts se sont enfin refermés sur les miens. Lentement. Comme s’il acceptait enfin ce que moi, je n’arrivais plus à contenir.



Ces mots ont résonné en moi comme une délivrance mais aussi comme une chute. Tout s’est arrêté. Son regard ne quittait pas le mien. Il n’y avait plus de bureau, plus de murs, plus de raison. Juste lui. Juste moi. Et cet instant suspendu, fragile, dangereux. Je n’ai pas bougé. J’avais peur que le moindre geste brise quelque chose… ou au contraire déclenche tout. Ma main était toujours sur la sienne. Elle était chaude. Ferme. Vivante. Mes doigts se sont resserrés encore plus forts… comme une volonté silencieuse, comme une promesse que je n’osais pas encore formuler mais qui se laissait entrevoir par la pression que je mettais dans cette étreinte. Mon souffle s’est accéléré.



À peine un murmure, juste un souffle. Il a fermé les yeux une fraction de seconde comme s’il luttait encore. Comme s’il savait qu’après… il n’y aurait plus de retour possible. Quand il les a réouverts… quelque chose avait changé. Plus de retenue. Il s’est rapproché. Lentement. Trop lentement pour moi. Chaque centimètre qui nous séparait encore devenait insupportable. Je sentais sa chaleur avant même de le toucher. Mon corps entier était tendu vers lui, comme possédé. Je n’ai pas bougé et je n’en avais pas la force. Sa main a quitté la mienne pour venir effleurer mon visage. Un geste hésitant… presque doux… à l’opposé de tout ce que j’avais imaginé. Ses doigts ont glissé le long de ma joue, jusqu’à mon cou. Un frisson. Puis un autre. Je tremblais… et il l’a senti.



Sa voix était plus basse. Plus grave. Il me laissait une dernière porte entrouverte. J’aurais pu dire non. J’aurais dû, peut-être, mais à cet instant, tout en moi criait l’inverse. Je me suis rapprochée encore, juste assez pour que mon souffle se mêle au sien.



Cette fois, il n’a pas hésité, et quand ses lèvres ont enfin touché les miennes, ce n’était pas brutal, c’était pire. Lent. Profond. Inévitable. Un baiser chargé de tout ce qu’on avait retenu.


Mes mains se sont posées contre son torse, sentant son cœur battre aussi vite que le mien. Il n’était pas aussi maître de lui qu’il voulait le faire croire et cette idée m’a troublée encore davantage. Son baiser s’est intensifié, sans précipitation, comme une montée lente qu’aucun de nous ne voulait interrompre. Ses mains ont glissé dans mon dos, puis se sont arrêtées. Encore cette retenue. Encore cette tension. Comme s’il savourait chaque seconde… comme s’il voulait me faire perdre pied sans jamais brusquer. Et moi… je lui cédais. Pas parce qu’il m’y forçait mais parce que je le désirais avidement. Passionnément.


« Anthony, libère-moi de cette délicieuse torture. »


J’ai fermé les yeux pour me délecter de cet instant, chaque caresse, chaque baiser en étaient décuplés. Je ne voulais pas que cela s’arrête. Je n’étais pas rassasiée et j’en demandais encore. Davantage. Effleurer son corps nu sous mes doigts, sentir sa chaleur et me perdre dans son désir. À cet instant, je savais que je ne reviendrais pas en arrière.


Ses lèvres ont quitté les miennes… lentement… comme à regret. Son souffle était chaud contre ma joue. Je l’entendais reprendre son souffle. Il avait quitté ma bouche une fraction de seconde à peine, mais déjà le manque s’installait. Ses yeux se sont plongés dans les miens encore. Plus aucune retenue cette fois. Plus rien à cacher. Une promesse à venir était le message qu’ils me faisaient passer. Sa main a glissé le long de mon bras jusqu’à mon poignet qu’il a serré comme un étau. Un geste simple et pourtant chargé de tout ce qu’il ne disait pas.



Sa voix était basse, rauque et caressante. Un frisson m’a traversée. Il s’est rapproché encore, réduisant maintenant à néant l’espace qu’il restait entre nous. Mon dos a rencontré le dossier de la chaise, mais je ne me sentais pas piégée. J’étais exactement là où je voulais être.



Aucun mot, j’acquiesçai comme si j’étais muette. Sa main a lâché mon poignet pour partir à la découverte de mon corps. Elle était plus douce désormais. Comme s’il avait enfin accepté de céder, lui aussi. Chaque contact faisait naître une nouvelle vague en moi. Plus intense. Plus profonde. Je me suis accrochée à lui, incapable de faire autrement, cherchant sa chaleur, sa présence, comme si j’en avais besoin pour respirer.



À peine un souffle. Je demeurais muette. Il m’a regardée et a esquissé un sourire presque imperceptible. Et dans son regard… une étincelle. Celle qui annonce qu’on a franchi un cap. Ses lèvres ont retrouvé mon cou y déposant des baisers plus lents mais plus appuyés… comme s’il prenait le temps d’imprimer chaque sensation en moi pour laisser l’empreinte de son désir. Mon corps répondait sans que je puisse le contrôler, je me collais contre lui et, pour la première fois depuis longtemps, je ne cherchais même plus à maîtriser quoi que ce soit.



Alors, je l’ai regardé. Longuement. Intensément. La réponse était déjà écrite quelque part entre nous. Elle se criait de tout mon corps.



Un aveu, une promesse. Ses yeux se sont assombris davantage comme si cette simple réponse venait de faire tomber la dernière barrière. Sa main est venue se poser contre ma taille, plus ferme cette fois, plus possessive. Pas violente mais décidée.



Sa voix avait changé, elle était plus grave, plus ancrée. Je n’ai pas répondu. Je n’en étais plus capable mais tout mon être répondait à ma place. Ses lèvres ont repris les miennes et ce baiser n’avait plus rien à voir avec les précédents. Il était plus affirmé, plus intense, comme s’il s’autorisait enfin à me vouloir totalement… sans aucune retenue. Mes doigts se sont agrippés à sa chemise, cherchant à le sentir encore plus près, comme si ce qu’il restait de distance entre nous était devenu insupportable. Chaque mouvement, chaque respiration, tout s’accélérait.



Un murmure contre ma bouche, presque une accusation, mais teintée de désir.



Mensonge. Ou peut-être pas. Je savais juste que je le voulais. Lui. Sa main a remonté lentement le long de mon dos, dessinant chaque courbe avec une précision troublante. Comme s’il me découvrait ou comme s’il m’avait déjà imaginée ainsi des dizaines de fois.



Son front s’est posé contre le mien une seconde. Une pause courte et intense juste avant la tempête.



Mon cœur a raté un battement. Il m’a regardée encore une fois, comme pour vérifier, comme pour s’assurer que je ne fuirais pas. Je n’ai pas bougé. Ses mains se sont posées sur mon visage pour me donner le plus fougueux de tous les baisers. Il ne me brusquait pas non, il laissait libre cours à sa passion. Il m’embrassait avec une assurance troublante, comme s’il savait exactement jusqu’où aller et comment me faire craquer un peu plus à chaque seconde. Moi, je me laissais faire. Pas par faiblesse, non par choix. Parce qu’à cet instant précis, il n’y avait plus rien d’autre qui comptait.


Il n’y eut plus de mots. Seulement un homme et une femme qui se cherchaient, qui se trouvaient enfin après des semaines de retenue. Il nous a relevés de nos chaises et m’a attirée contre lui. Ses caresses étaient juste un besoin brûlant de me sentir, entièrement. Ses mains parcouraient chaque centimètre de ma peau avec une intensité fébrile, comme s’il voulait rattraper tout le temps perdu. Chaque contact déclenchait en moi une onde, une chaleur qui montait, qui envahissait tout. Je me suis cambrée, offerte sans retenue, laissant ses sensations prendre le dessus. Nos respirations se sont mêlées, irrégulières, profondes. Le monde autour avait disparu. Il y avait quelque chose de plus brut maintenant. Plus instinctif. Moins maîtrisé. Je sentais sa force, sa présence, cette manière qu’il avait de me tenir comme s’il ne voulait plus me laisser lui échapper. Et ça me troublait encore davantage. Je répondais avec la même intensité, mes mains glissant sur lui, le cherchant, le découvrant autrement que dans ses pensées. Il n’y avait plus aucune hésitation. On se répondait, on se provoquait, se réclamait. Un mélange étrange de douceur et de sauvagerie. Comme si chacun voulait prendre… et donner en même temps. Je me suis laissée aller complètement, submergée par cette vague. Toutes les sensations étaient amplifiées, chaque frisson plus vif, chaque contact plus brûlant à chaque seconde. Et dans cette proximité totale, dans cette perte de repères, j’ai compris. Ce n’était pas juste un fantasme. C’était bien réel. Et c’était encore plus puissant que tout ce que j’avais imaginé.


Et pourtant, ce n’était pas assez. Quelque chose en moi en demandait encore. Plus fort. Plus loin. Comme si ce corps à corps réveillait une part de moi que je ne connaissais pas. Je me suis accrochée à lui avec plus de force, mes doigts s’ancrant dans sa peau, incapable de le laisser s’éloigner ne serait-ce qu’un instant. Il a répondu immédiatement, comme s’il n’attendait que ça. Comme s’il voulait me sentir céder complètement. Ses gestes se sont faits plus pressants, moins retenus. Il ne cherchait pas à contrôler. Il suivait. Il prenait. Il s’abandonnait autant que moi. Un souffle plus rauque s’est échappé de mes lèvres, incontrôlable. Je n’étais plus dans la mesure. Plus dans la retenue. Je le voulais. Entièrement. Maintenant. Lui contre moi, sans espace, sans distance. Une chaleur continue, presque brûlante, qui ne laissait plus aucune place à la réflexion. Seulement à l’instinct.


Comme s’il avait deviné, ses mains ont glissé sous ma robe pour enfin me libérer. Et moi, guidée uniquement par ce qui montait en moi, je me sentais renaître. Je remontais son tee-shirt pour déposer sur son torse ma bouche, une odeur de parfum poivré recouvrait sa peau. Je suivais de ma langue ses muscles qui tressaillaient. Je n’étais plus spectatrice, je devenais partenaire de ce duo sensuel. Je reprenais conscience et, avec avidité, je le découvrais. Mes doigts cherchaient son pantalon à la recherche de ce que j’étais venue chercher ce samedi. Sa virilité qui me rendait fébrile depuis des semaines. J’avais envie qu’il me possède totalement.


Je l’ai regardé, brûlante, prête à céder dans l’urgence. Ses yeux n’étaient plus souriants, ils n’étaient que le reflet de ce qui nous consumait. Son souffle chaud caressait ma peau, sa présence m’engloutissait.



Il m’a allongée par terre, à même le sol. Il a enlevé ma culotte, puis ses mains ont maintenu mes hanches avec force, mais pas brutalement. Juste dans l’urgence pour me montrer qu’il me voulait entièrement, qu’il ne tolérerait aucun recul. Je me suis offerte, complètement, écartant les jambes pour lui laisser le chemin. Il s’est penché, sa bouche cherchant la mienne une dernière fois avant de s’unir à moi. C’est à ce moment que j’ai senti qu’il venait en moi, d’un coup de reins, pour s’enfoncer au plus profond de mon corps. J’attendais cela depuis tellement de temps. Chaque mouvement était une danse sauvage et précise, nous ne faisions qu’un. Je sentais sa puissance contre moi, sa peau chaude, ses mains glissant sur mes courbes comme pour imprimer chaque sensation. Nos respirations se mêlaient, haletantes, rapides, et chaque frôlement de sa peau sur la mienne me faisait vibrer, m’embrasait. L’odeur de sa transpiration se mêlait à l’odeur du sexe.



Ses mots étaient rauques, presque inaudibles. Son rythme s’accélérait, mes gémissements se mêlaient aux siens. Je répondais à chaque mouvement, chaque poussée, comme si nous étions faits pour nous rejoindre ainsi, corps et âme. Nos mains se cherchaient, nos doigts s’entremêlaient, nos peaux s’enflammaient sous chaque caresse.


Je sentais sa bouche sur mon cou, sa mâchoire contre mon épaule, son souffle chaud sur ma peau, et son désir me consumait autant que le mien le consumait lui. Chaque assaut, chaque contact était une promesse, un appel à plus, à l’abandon total. Je me cambrais contre lui, je voulais qu’il me prenne, encore, qu’il me réclame, qu’il me fasse sienne entièrement.



Ses mots me faisaient frissonner autant que ses mains, comme s’ils ne formaient qu’un tout pour me combler totalement. Il s’emparait de moi avec cette sauvagerie contrôlée, ce mélange de force et de douceur, me faisant perdre tout repère, tout contrôle. Je n’étais plus moi, plus seulement moi. J’étais à ma place. Son corps, mon corps, nos désirs, unis dans un feu que rien ne pouvait éteindre. Et dans ce tourbillon, je savais qu’aucun retour n’était possible. Je cédais, je m’abandonnais, je criais silencieusement sous l’intensité de ce que nous étions en train de créer.



Il resserre sa prise sur ma taille, m’attirant encore plus contre lui. Mes mains glissent sur son torse, remontent le long de son dos, s’accrochent à sa nuque, comme pour m’ancrer définitivement à lui. Je ne veux plus respirer sans sentir son souffle contre le mien, son corps contre le mien. Ses lèvres n’ont de cesse de se délecter de mon corps, déposant des baisers brûlants, mordillant légèrement ma peau. Chaque frisson qui me traverse est amplifié par sa possession, par cette façon qu’il a de me tenir, de m’embraser sans violence mais avec toute la force de son désir. Mon corps vibre sous lui, réagit à chacun de ses gestes comme si j’étais faite pour ça, pour lui, pour ce moment.



Je n’ai plus de mots. Je ne veux plus de mots. Juste lui. Juste nous. Mon corps répond sans retenue, chaque mouvement, chaque gémissement, chaque frémissement est un écho à son désir. Il m’emporte, me guide. Et moi, je me laisse faire, complètement, sans aucune limite.


Ses doigts s’entrelacent aux miens, nos peaux brûlantes, nos souffles haletants. Il me possède entièrement, et je me sens vivante comme jamais. Je sens bientôt la jouissance m’emporter. Je crie de plaisir et n’attendant que cela, je sentis que lui aussi m’avait rejoint. Il s’est mis contre moi, retenant ces derniers instants pour faire durer le plaisir.



Je sens sa respiration qui se calme et je redoute le retour à la réalité.



Il ne bouge toujours pas. Je frissonne sous ses mots, mon cœur encore tremblant de tout ce que nous venons de partager. Et dans ce silence qui suit, il ne cherche pas à me fuir, bien au contraire, ses bras m’enlacent avec une douceur que je n’attendais pas, une possession tranquille, rassurante.



Je souris contre son torse, mes doigts effleurant timidement son dos. Un rire étouffé s’échappe de moi, nerveux et heureux à la fois.



Il relève la tête, ses yeux plongent dans les miens, et il y a dans son regard cette même flamme que j’ai vue dès le premier jour. Une promesse silencieuse, infinie.



Nos corps se rapprochent à nouveau, mais cette fois sans précipitation, dans une intimité douce et fragile. Il embrasse mon front, ma joue, mes lèvres, avec une lenteur presque cérémoniale. Je m’abandonne de nouveau à ses caresses, savourant chaque contact, chaque souffle. Ce n’est plus une urgence bestiale, c’est une passion retrouvée et maîtrisée, un feu que nous pouvons contempler. Je sens son regard sur moi, profond, intense. Ses mains, après la frénésie, se font tendres, explorant mon corps avec une délicatesse qui me fait frissonner. Il écarte mes cuisses et descend par des baisers le long de mon ventre jusqu’à mon sexe. Il me regarde, il me sourit et s’enfonce entièrement. Sa langue est douce, chaude. Il sait exactement comment s’y prendre. Mes mains se posent sur sa tête pour le supplier de continuer, il accélère le mouvement et je sens mon corps se tendre à nouveau. Il vient m’embrasser au dernier de mes soupirs. Il s’allonge près de moi et nous restons ainsi, enlacés, suspendus dans ce calme après l’ouragan. Je me sens entière, désirée. Rien ne sera plus jamais comme avant. Nous avons franchi le point de non-retour, et bientôt, nous reprendrons le rythme du quotidien.



*



Bien évidemment, ce n’est que le fruit de mon imagination, un exutoire à mes désirs refoulés. Il ne sait rien… ou peut-être qu’il sait, mais cela le laisse de marbre. Et pourtant, il est là, il me sourit, et moi, je tremble un peu plus chaque jour.