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Temps de lecture estimé : 26 mn
31/03/26
Présentation:  Cette simple et classique histoire de couple est plutôt vue du côté féminin
Résumé:  Isabelle et Gérald sont mariés depuis quelques années. Des années en trop diront certaines mauvaises langues qui s’étonnent que ce couple tienne toujours.
Critères:  #rupture #couple
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
Sépar(p)ation

Cette simple et classique histoire de couple est plutôt vue du côté féminin. Bonne lecture :)



Un couple parmi d’autres



Isabelle et Gérald sont mariés depuis quelques années. Des années en trop diront certaines mauvaises langues qui s’étonnent que ce couple tienne toujours. Si Gérald est globalement de bonne composition (presque « je-m’en-foutiste »), son épouse possède un caractère bien affirmé avec la fâcheuse tendance à raisonner en noir ou en blanc, et de penser qu’elle a fatalement raison, quoiqu’il arrive.


On dit que, parfois, les extrêmes s’attirent. C’est le cas ici.


Comme son mari est assez cool et parfois sourd, il n’y a pas trop de soucis la plupart du temps, mis à part des petits orages vite résolus sur l’oreiller. Car il est indéniable que ces deux-là tiennent l’un à l’autre, bien qu’Isa ne le montre pas toujours de façon évidente. De ce fait, un observateur non informé peut penser que c’est Gérald qui aime pour les deux.


Bref, on peut dire que ça se passe (à peu près) bien.


Sauf ce soir chez eux, où devant des invités, le couple est en train de glisser sur une pente raide, Gérald n’ayant pas envie de se taire comme de coutume et Isabelle voulant avoir raison quoiqu’il advienne.


Mises à part des petites piques comme de coutume, ça a vraiment commencé avec une sombre histoire idiote de cacahouètes non salées, Gérald s’étant trompé lors de l’achat. Isabelle devient mordante :



Isabelle est un peu surprise de la réplique plutôt froide venant de son mari. Mais comme il y a des invités, elle passe à la suite, se disant que Gérald ne perdait rien pour attendre, et qu’ils en reparleront tout à l’heure quand tout le monde sera parti.


Puis la tempête se calme, du moins en apparence.


Montrant la belle bague qu’elle a au doigt, Isabelle est en train de parler de sa grand-mère qui la lui avait donnée en personne :



Andrew (le mari de Sylvie) hoche la tête :



Assez intriguée, Sylvie demande :



Depuis le début de la soirée, et même un peu avant, Isabelle constate que son mari ne courbe plus le dos, contrairement à son habitude quand elle lui envoie des reproches mérités (du moins, à ses yeux). Spectatrice, sa copine Sylvie fronce parfois des sourcils.


Un peu plus tard, isolées toutes les deux dans la cuisine, l’invitée demande carrément à son hôtesse :



Appuyée sur le plan de travail, Sylvie rectifie :



Le ton d’Isabelle monte :



Isabelle ne sait pas quoi répondre sur le moment, elle sait très bien que sa copine a raison, qu’il y a deux poids et deux mesures. Bien que rembrunie de ne pas avoir de réconfort de la part de sa copine, elle décide donc d’attendre la fin de la soirée, une fois tout le monde parti.


Plus tard dans la nuit, quand ils ne sont plus qu’à deux, Isabelle commence la première les hostilités, mais Gérald riposte vertement, ce qui n’est pas dans ses habitudes. Le ton monte, et ce n’est pas très joli à entendre, d’où la censure, dont voici un exemple :



Ça dégénère très rapidement, comme si les deux personnes avaient sauté d’un avion sans parachute, ce qui présage mal de l’arrivée au sol. Excédé, Gérald embarque au passage son ordinateur portable, sa veste et sa sacoche, puis se dirige vers le couloir :



Mais voilà, contrairement à ce qu’elle pensait, Gérald n’est pas revenu en rampant…




Lundi



Isabelle se réveille de mauvaise humeur, son mari n’a toujours pas donné signe de vie. C’est la première fois qu’il découche de la sorte après une dispute.



Même si elle refuse de le reconnaître explicitement, l’absence de son époux la chagrine, il manque quelqu’un à côté d’elle, Isabelle était habituée à sa présence, à ses petites attentions. C’est toujours quand quelqu’un n’est pas là qu’on constate un certain vide. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé, dixit Lamartine. Avant de partir travailler, elle soupire :



Au boulot, elle attend que Gérald se manifeste, mais ce n’est pas le cas durant la matinée, puis le midi. Excédée, en début d’après-midi, elle lui envoie un premier SMS. Aucun retour. Puis un autre. Rien non plus.


Après cinq essais, elle essaye de l’avoir directement mais elle tombe directement sur la messagerie. Au bout du troisième appel, elle décide de laisser un message sur le répondeur. Puis elle attend, mais son mari ne montre pas le bout de son nez : pas même un message écrit ou vocal.


Quand elle rentre le soir, la maison est vide, tout comme le grand lit.




Le choc de mardi



La journée de mardi est à l’image de celle de la veille : Gérald ne se manifeste toujours pas. À la fois irritée et inquiète, Isabelle pense que, là, il exagère !



En fin d’après-midi, après une journée plutôt maussade au boulot, assez affolée par ce qu’elle vient de découvrir en rentrant chez elle, totalement fébrile, Isabelle téléphone tout de suite à sa grande amie, Sylvie :



S’asseyant sur la massive table basse du salon, Isabelle s’exclame :



Téléphone collé à l’oreille, Sylvie commence à faire des grands gestes :



Isabelle réplique avec ce qui lui semble une évidence :



Pragmatique, Sylvie assène :



Assez surprise, Isa ne répond rien sur le moment, puis soupçonneuse, elle demande :



Rivée à son idée saugrenue, Isabelle insiste :



Assez incrédule, Isabelle s’exclame :



La réponse qui tombe ensuite ne plaît pas beaucoup à Isabelle :



Se levant de la table basse où elle était assise, Isabelle proteste :



À l’autre bout, Sylvie répond :



La copine essaye de trouver un commencement de solution :



Sylvie siffle dans ses dents :



Isabelle coupe la communication, elle s’attendait plutôt à ce que sa copine abonde dans son sens, ce qui n’a pas été le cas, une fois de plus. La jeune femme sait qu’elle a parfois, souvent, un caractère assez affirmé, trop même. La dispute qu’ils ont eue ce week-end était classique, banale, même si le début a eu lieu en présence de convives.


Énervée, agacée, elle tourne en rond dans le salon, Gérald est absent là depuis dimanche soir, et ça la perturbe beaucoup plus qu’elle ne l’aurait pensé.


Peut-être que c’est ça : la présence d’autres personnes…




Face à face



Jeudi midi, tandis qu’elle déjeune dans son bureau d’un plat réchauffé au micro-ondes, à sa grande surprise, Isabelle reçoit un bref SMS de son mari :



Aussitôt, elle essaye de l’appeler, mais il ne répond pas. En serrant les dents, elle se résigne à dialoguer avec lui par écrit :



Puis Isabelle n’a plus aucune réponse à ses SMS. C’est bien la première fois qu’il est si froid avec elle. Il doit être encore fâché, pourtant ça date de plusieurs jours : dimanche soir, lundi, mardi, mercredi, aujourd’hui. Ou bien, c’est un genre qu’il se donne, pense-t-elle.



Elle se fige, ce n’est peut-être pas la bonne solution que de l’enguirlander quand il remettra les pieds à la maison. Elle sent confusément que la situation est assez différente, que Gérald ne tentera pas de l’amadouer, de lisser les angles comme les autres fois, même si…



À l’heure indiquée, revenu chez lui, avec divers papiers en main, Gérald fait face à son épouse abasourdie qui proteste :



Assez perdue, Isabelle regarde les papiers d’une demande de divorce qui sont maintenant sur la table. Il ne l’appelle plus « ma chérie », « mon trésor » ou « mon amour », mais simplement « Isa », ce n’est pas bon signe. Son mari la regarde étrangement :



Assez déboussolée, Isabelle s’emporte un peu trop vite :



Un peu refroidie, Isabelle ne répond rien. Au fond d’elle, l’épouse sait très bien que Gérald ne l’a jamais trompée. S’il y avait une autre femme, une maîtresse, ça serait plus simple à gérer, Gérald aurait le rôle du salaud et elle de la pauvre victime, mais ce n’est pas le cas.


Toujours impassible, celui-ci s’approche d’elle :



Tout en grimaçant, elle s’exclame :



Un peu malgré elle, Isabelle propose :



Un peu surpris par cette dernière phrase, Gérald lâche :



Énervée, elle riposte :



Toujours debout, raide comme un i, monolithique, il propose :



La réponse fuse tout de suite, mordante :



Elle se précipite sur lui, sans toutefois oser le toucher :



Toujours aussi monolithique, Gérald croise les bras :



Décroisant les bras, Gérald les laisse pendre le long de son corps en soupirant :



Comprenant qu’elle vient sans doute de dire une grosse bêtise qui risque d’éloigner définitivement son mari, Isabelle se presse carrément contre lui :



Presque malgré lui, Gérald enlace sa femme. Elle se dit que tout n’est pas perdu. Regardant par-dessus la tête de sa femme qui est plus petite que lui, il demande :



Baissant la tête, il la regarde droit dans les yeux :



Elle se mord les lèvres :



Bien que décidé à se modérer, Isabelle s’agace :



Enlaçant toujours sa femme, il répond sobrement, d’un ton neutre, trop détaché, qui inquiète un peu Isabelle :



C’est bien la première fois que son mari parle ainsi, ce qui inquiète encore plus sa femme. Si elle prend du recul, Isabelle doit admettre que Gérald a souvent arrondi les angles entre elle et les autres. Mais s’il ne veut plus faire l’effort entre elle et lui, ça présage mal.



Le silence s’installe. Gérald le rompt peu après :



Cette phrase très impérative surprend la jeune femme. Le baiser qu’il dépose sur son front aussi. Le temps qu’elle réagisse, Gérald a déjà disparu. Revenue de sa surprise, elle se précipite vers la porte d’entrée pour constater qu’elle est étrangement verrouillée. Agitée, elle fouille son sac pour retrouver ses clés. Quand elle déboule enfin dans la rue, la voiture de Gérald s’éloigne déjà au lointain.




Entre deux dates



Isabelle est partagée entre diverses tendances. D’un côté, elle voudrait récupérer son mari, celui d’avant, pas la nouvelle version qu’elle a eue sous les yeux la dernière fois. De l’autre côté, elle se dit « bon débarras, j’ai pas besoin d’un homme qui sait rien faire », même s’il en fait quand même un peu, un peu beaucoup. Elle sent confusément que plus rien ne sera comme avant.


Et vivre avec l’homme qui est venu apporter les papiers du divorce lui fait froid dans le dos.


À nouveau, elle s’en ouvre au téléphone avec Sylvie, elle essaye de relater correctement ce qui s’est passé. Sa copine lui demande :



Isabelle fronce des sourcils :



Sylvie se moque un peu :



Radoucie, Isabelle admet :



Isabelle se fâche à moitié :



Fidèle à son habitude d’appeler un chat un chat, Sylvie ne semble pas décidée à être apaisante :



Sylvie réfléchit tout haut :



La réponse arrive sans fard :



Isabelle se mord les lèvres :



Tiraillée, Isabelle soupire :



Sylvie exprime le fond de sa pensée :



L’épouse délaissée s’énerve :



La réponse arrive, ferme, assez froide :



Puis Sylvie raccroche tout de suite, ce qui étonne fortement Isabelle, car c’est la première fois que ça lui arrive. Elle se laisse choir dans un fauteuil :



Dix minutes plus tard, après avoir broyé beaucoup de noir, Isabelle se lève :



Assez déprimée, elle se dirige vers le réfrigérateur.




Jusqu’à lundi



Le vendredi et le week-end ne sont pas joyeux pour Isabelle, la maxime de Lamartine se révélant cruellement juste. L’ancienne présence de Gérald plane partout dans la maison et même quand elle part faire quelques courses.



Elle ne se réjouit même pas d’avoir le lit pour elle toute seule. Mais elle est bien consciente que, si son époux était à nouveau présent, elle serait bien capable de lui reprocher qu’il prenne trop de place !



Elle regarde par la fenêtre, le week-end lui semble démesurément étiré.




Lundi



En cette fin d’après-midi, après le boulot, debout, les deux époux se font face dans le salon. Tout de suite, Gérald attaque dans le vif du sujet :



À ces mots, Isabelle devient nostalgique :



Pour la première fois depuis le fameux week-end, Gérald sourit :



Cette petite phrase fait beaucoup plaisir à Isabelle, elle sourit à son tour :



La jeune femme sent que c’est à elle de faire le premier pas, elle s’approche de son mari pour venir se planter à cinquante centimètres de lui :



Elle est étonnée par cette demande qui lui semble incongrue :



Isabelle se met à afficher un petit rictus :



La jeune femme est étonnée du manque de réactivité de son vis-à-vis :



S’animant un peu plus, le mari continue :



Le regardant dans les yeux, Isabelle pose ses mains à plat sur la chemise de son mari, celui-ci ne frémit pas. Cependant, il constate tout de suite :



Puis elle enchaîne :



Glissant ses bras vers le cou de son mari, elle le regarde intensément :



Il pose ses mains sur la taille de son épouse :



Puis elle le regarde intensément.




Fins



Comme lors d’une très ancienne histoire que j’ai écrite, je propose à présent deux fins au lecteur/lectrice : la version optimiste et la pessimiste. Qu’il/elle fasse son choix à sa convenance…




Version pessimiste



Fermant les yeux, elle tend ses lèvres. Cédant à son appel, Gérald l’embrasse, comme s’ils étaient revenus plusieurs années en arrière. Leurs bouches se cherchent, se dévorent, les mains s’égarent. Le feu reprend.


Le feu reprend tellement bien que le couple réconcilié se retrouve très vite dénudé sur le lit conjugal, comme s’il avait des mois et des mois de retard à rattraper. Gérald se dit que sa femme est trop souvent invivable mais qu’elle l’excite toujours à mort malgré les années qui passent. Quant à Isabelle, elle apprécie beaucoup d’être encore et toujours l’objet de désir de son mari.


Ils font ainsi l’amour, une fois, deux fois, trois fois…


Gérald est allongé sur le ventre, Isa balade ses mains sur son dos, il apprécie beaucoup. Soudain, il sent comme une piqûre dans son cou, puis tout de suite un étourdissement, comme si la pièce dansait autour de lui. Sa vision se trouble. Instinctivement, il met sa main sous son oreille pour y découvrir une toute petite tache de sang sur un de ses doigts. À moitié étourdi, il demande :



Sa femme tend sa main trouble :



Il essaye de se redresser, mais il n’y arrive pas :



Tandis qu’il s’effondre définitivement, Gérald a le temps de se dire que son épouse est décidément un cas qui sort de l’ordinaire. Puis arrive le néant.




Version optimiste



Fermant les yeux, elle tend ses lèvres. Cédant à son appel, Gérald l’embrasse, comme s’ils étaient revenus plusieurs années en arrière. Leurs bouches se cherchent, se dévorent, les mains s’égarent. Le feu reprend.


Quand leurs bouches se séparent, Isa prend la parole :



Bien qu’il l’enlace toujours, la réponse est mitigée :



Adoucissant volontairement sa voix et lui adressant un large sourire, sa femme lui murmure :



Gérald hausse les sourcils :



Il la serre férocement contre lui :



Gérald pourrait insinuer que cette semaine n’a peut-être pas été abstinente, mais il estime que ce n’est pas le moment, surtout en pleine phase de réconciliation. Il la regarde droit dans les yeux, elle frémit. Puis son front posé contre celui de son épouse, il murmure :



Se frottant impudiquement contre son mari, Isabelle lui envoie un sourire radieux :



Puis elle l’embrasse fougueusement. Tandis qu’ils se livrent tous les deux à une passion retrouvée, Isabelle enlève en catimini la bague qu’elle porte au doigt.



La bague chute sur un canapé, tandis que le couple se dirige fiévreusement vers la chambre à coucher.