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n° 23567Fiche technique27020 caractères27020
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Temps de lecture estimé : 19 mn
27/03/26
corrigé 27/03/26
Résumé:  Julie, jeune femme maladroite et complexée, croyait postuler à un salon de massage classique…
Critères:  #initiation #personnages #premiersémois #lesbienne #bisexuel ff fbi fplusag jeunes collègues travail nudisme massage
Auteur : Jaehaerys            Envoi mini-message
Entretien tantrique

Pour une fois, c’est sans trop de peine que Julie trouve sa destination. Un salon de massage, avec une belle devanture boisée, dans une jolie rue peu passante, et une porte fermée.

Julie sonne. Une fille en qipao noire vient lui ouvrir. Une mignonne petite blonde de son âge avec plein de taches de rousseur.



Ses futures collègues ? Julie est intimidée !



Aïe, ça commence bien ! Julie se sent déjà cruche…



La blonde de l’accueil marque un temps de surprise. Elle doit se demander ce qu’une fille comme Julie fait là, c’est sûr ! Mais elle lui sourit gentiment.



Elle a une voix chaude et veloutée comme un chocolat viennois, du genre à surchauffer un mec même en lui parlant de papier toilette en promo chez Franprix. Julie l’envie.

La petite blonde aux taches de rousseur lui propose une paire de claquettes qu’elle n’ose pas refuser. Elle retire ses baskets métallisées, puis hésite. Doit-elle garder ses chaussettes ? Ça ne va pas avec des claquettes. Sauf quand on est allemand, ce que Julie n’est pas. Mais c’est bizarre de se mettre pieds nus pour un entretien, non ? Quoique. Les filles, elles, sont pieds nus… Mais elle n’est pas encore des leurs. Et, surtout, elle a horreur d’exposer ses orteils.

Julie garde ses chaussettes et enfile obligeamment ses claquettes.


L’ambiance du salon est boisée, feutrée. Un parfum discret de fleurs exotiques flotte dans l’air, porté par une bande-son légère mêlant chants d’oiseaux, brise douce et instruments orientaux. Julie ferme les yeux, déjà ailleurs.

Non, ce n’est pas le moment de rêvasser ! Elle récapitule mentalement son CV, point par point, comme le monsieur de Pôle Emploi le lui a dit. Et elle pense à Maman. À sa colère si elle ne retrouvait pas rapidement du travail, cette colère froide et silencieuse qui, par moments, entre soudain en éruption.

Il lui faut ce job.


Les blondes étouffent un rire. Est-ce à son sujet ? Julie n’ose pas les regarder. Elle fixe ses pieds, étudie chaque détail, chaque bouloche du coton blanc qui les recouvre. Les claquettes, elles, sont en cuir noir. Ça lui fait des pieds pandas, c’est rigolo.

Tiens, on sonne.

Les filles accueillent un client. Il salue Julie d’un rapide bonjour, les sourcils relevés, comme lui aussi étonné qu’elle soit là. Il se déchausse en plaisantant avec les filles et part en chaussettes avec celle aux taches de rousseur.


Mais voilà qu’une nouvelle masseuse descend les escaliers.

Oh… Elle est encore plus impressionnante que les autres. Du fondant au chocolat pour les yeux ! Et ses longs cheveux noirs qui font de grandes boucles… Oh là là ! C’est une vraie princesse Disney. Jasmine croisée avec Esmeralda. Et si grande…

Elle raccompagne une très jolie blonde à forte poitrine, tout le contraire de Julie. Sûrement une autre candidate. Une rivale qui lui jette, d’un dédaigneux coup de sourcil, qu’elle n’est pas à sa place. D’ailleurs, toutes les filles sont jambes nues. Que fait Julie ici, en jeans ?

La blonde glisse ses pieds soignés aux ongles corail dans de fines sandales dorées et prend congé.



Elle se tourne vers Julie, qui se lève d’un coup.



Oh, elle a bien prononcé « Tchane », et d’une voix chaude et amicale !



Julie se hâte d’ôter claquettes et chaussettes et court après Safia.



Safia la mène dans une pièce à l’éclairage tamisé, d’ambiance arabisante. Julie sent, sans comprendre ce qu’il signifie, le regard orné d’un léger sourire qu’elle lance à ses pieds désormais nus.

En quelques gestes fluides, la maîtresse des lieux augmente la lumière, installe un coussin de sol pour Julie, lui sert une infusion et prend place face à elle sur un autre coussin dans une élégante posture, jambes repliées sur le côté.



Waouh, quel débit ! Julie en est déboussolée. Elle met quelques secondes à se lancer.



Julie enchaîne de manière fluide et répond avec sincérité aux questions de Safia. Elle a abandonné ses études après un éprouvant stage hospitalier en oncologie et vient de terminer un long remplacement d’aide-soignante en EHPAD. Elle veut continuer à apporter des soins, mais différemment. C’est sa grand-mère qui lui a appris à masser. Elle porte une grande attention à l’écoute des patients. Son intérêt pour les arts graphiques l’a poussée à envisager de reprendre des études en art-thérapie, mais elle a besoin d’argent pour les financer.



Safia la scrute attentivement, puis lui sourit avec bienveillance.



Aïe.



Julie tente de se dépatouiller comme elle peut.

Safia accentue son sourire. Oh mince. Julie a encore dit une connerie. C’est sûr.



Eh ? Julie la fixe, hébétée.

Quoique, maintenant qu’elle y pense… C’est vrai qu’il y avait des photos de nus sur le site. Ça restait pudique et très esthétique, mais elle avait trouvé ça insolite.



Safia lui sourit complaisamment quand la dernière partie de son explication frappe Julie.



Voilà, c’était sûr. Il fallait qu’elle se plante. Du Julie tout craché. Mais Safia reprend d’une voix lente et profonde, presque mystique.



Elle sourit en plissant les yeux – ce qu’elle est belle ! – puis reprend sa voix normale et son débit de Formule 1.



Julie se visualise soudain en coach de muscu nue, travaillant quadriceps et abdos au son d’une musique technotantrique pendant que des hommes nus imitent ses mouvements en cadence.

C’est bizarre. Et probablement hors sujet. Vite, revenir à l’entretien.



Aaah, c’est bien le moment de s’embrouiller avec des mots compliqués !



Ouf !



Safia semble la scruter. Mince, ce n’était pas la réponse qu’elle attendait ?



Oh, c’est tout vu !

Masser, elle sait faire. La seule chose qu’elle fait bien, paraît-il.

Nue, elle l’a déjà été devant des hommes excités. Affamés d’elle. De cul, plutôt. Des fantasmes qu’ils plaquaient sur ses yeux bridés. Ce n’est pas un sujet. Elle s’y est faite.

Et puis, il y a Safia. Julie ne comprend pas tout ce qu’elle raconte, mais son instinct lui dit d’y aller. Qu’avec Safia, elle est en sécurité.

Maman n’acceptera jamais un tel travail pour sa fille, mais Julie n’a pas envie de reculer. Pour une fois, c’est elle qui décidera.



Safia prend le temps de la jauger, comme si elle mesurait la solidité de sa réponse.



Mmh ? Julie offre ses mains avec curiosité.

Des paumes de Safia émane une douce chaleur. Elle étudie délicatement les siennes, caresse les pulpes de chaque phalange, jauge la base de ses pouces, vérifie ses ongles. Derrière l’appréhension de se sentir jugée, Julie savoure l’élégance moelleuse de ce toucher.

Après un moment, Safia hoche la tête d’un air satisfait.



Oh.

Safia se relève dans un geste gracieux.



Son parfum suave habite encore la pièce. Quelle présence… Julie rêverait d’exister ainsi. Et si elle y arrivait, un peu, en côtoyant Safia ? Et si cet entretien était la chance de sa vie ?

Quelle cruche… Une vraie rêveuse ! Allez, qu’au moins elle fasse bonne impression.

Elle se dévêt, se hâte sous la douche, s’essuie. Et se regarde dans le grand miroir. Elle prend pleinement conscience qu’elle est nue pour son entretien. Nue comme la recruteuse. Nue comme elle le sera devant ses futurs clients. En est-elle vraiment capable ? En a-t-elle réellement envie ? Julie n’en est pas sûre. Voyons déjà comment se passe le massage. Au moins, la présence de Safia la réchauffe. Comme… un bon plaid. En plus troublant.

Mais au fait… S’attend-elle à la retrouver nue ou en serviette ? Elle n’a laissé aucune consigne… Julie devra de toute façon être nue. Elle met donc soigneusement sa serviette à sécher et s’installe à genoux sur le futon de massage, face à la porte, en cachant ses pieds sous ses fesses. Elle inspire et souffle doucement pour se détendre.


Safia frappe avant d’entrer. Mince, elle est enroulée dans sa serviette ! Et semble surprise de retrouver Julie ainsi positionnée…



Oh, qu’elle est belle !

Julie admire avec envie les formes pleines et souveraines qu’elle n’aura jamais et les éclats de couleur des somptueux tatouages magnifiant tout le côté droit de Safia. Sur l’épaule, une rose sombre où sommeille une fée. Des arabesques végétales qui serpentent tout le long du bras et, sur le flanc et la cuisse, un grand motif floral évoquant l’Art Nouveau déploie ses volutes jusqu’au nombril et… tiens ? Une « distension cutanée » sur le bas-ventre, comme s’il avait porté la vie… Une touche d’humanité charnelle sublimant un corps de déesse.



Voyons voir… Elle a appris à masser Ong et Ba, ses grands-parents, assis dans leur fauteuil. Il n’y en a pas, ici. Il va falloir improviser.



Euh…



Safia pivote en quelques gestes gracieux, presque théâtraux.



Voilà son puissant dos féminin devant Julie. Le chemin de sa colonne vertébrale est une invitation à l’aventure… L’apprentie masseuse vient effleurer la nuque, glisse sur les épaules, en apprécie la texture, installe ses paumes et ses doigts. Safia a la peau soyeuse comme un rayon de soleil… mais ce n’est pas le moment de se laisser distraire.

Julie ferme les yeux, inspire. L’itinéraire de massage apparaît dans sa tête. C’est parti.

Elle masse comme si elle massait Ba. Ba avec des épaules plus grandes et plus larges qui obligent à relever les bras. Qu’importe, Julie s’adapte. Elle lit le corps de Safia, devine ici le plaisir sous ses pouces, là un désintérêt sous la paume.

Elle suit instinctivement les lignes musculaires, descend progressivement jusqu’aux hanches et puis remonte. Elle vient choyer le bras droit, puis le gauche, puis les deux simultanément, en coulant jusqu’aux mains. Ce faisant, Julie s’est redressée et sa poitrine vient effleurer les trapèzes de Safia.



Mais… quelle cruche ! N’est-elle pas supposée utiliser tout son corps ? Oh, elle se sent rougir. Un coup d’œil dans le miroir d’à côté. Ouf, Safia n’a pas rouvert les yeux ! Mais…

Julie est happée par ce qu’elle voit. Son cœur accélère un instant. Elle détourne vivement les yeux, les joues en feu.

Allez, ce n’est pas le moment de penser à des trucs bizarres. Julie ferme les yeux et reporte toute son attention dans ses mains.


Bon, voilà pour les épaules, le dos et les bras. Et maintenant…

Ah mince, les jambes. Comment faire ?



Safia obtempère avec son si bel air joueur et installe ses pieds de part et d’autre de sa masseuse. Julie la contemple désormais depuis un angle… inédit. On dirait le tableau de Courbet qu’elle a tenté un jour de reproduire dans son miroir.

Allez, les cuisses. Oh, elles sont bien plus longues et puissantes que celles de Ba… C’est lourd ! Julie improvise en perchant une cheville sur son épaule. C’est mieux, mais… ça lui rappelle sa propre position quand Yonathan faisait semblant de… la… Bref. Julie repose le pied de Safia, plante contre le sol, pour s’occuper du mollet.

Rapidement, un peu trop peut-être, elle délaisse les jambes pour le ventre et fait tourner ses paumes autour du nombril, comme lui faisait Ba quand elle avait mal au ventre.


Ce faisant, elle contemple le buste tatoué de Safia.

Comment décrire pareil chef-d’œuvre sans le profaner ? « De l’onctuosité des traits au chromatisme vibrant, l’œuvre chante toute entière les louanges de son support », aurait sûrement déclamé monsieur Diallo en option Arts plastiques. Et que dire de la manière dont « les ultimes volutes viennent souligner et offrir toute la troublante abondance de ses seins » ? Eh, ça sonne pas mal !



Oups ! Julie rougit. Ce qu’elle peut être indiscrète !

Elle n’ose pas répondre et se concentre sur ses gestes autour du nombril.

C’est quand même tentant…

Mais bizarre.

Mais tentant.

Oh, et puis zut. YOLO, hein.


C’est la première fois que Julie touche les seins d’une autre femme. À part ceux de Laura, évidemment, mais ça ne compte pas.

Julie prend un plaisir enfantin à suivre du doigt le sillon sous un sein, à apprécier le poids moelleux des deux en les massant par en dessous. Elle brûle d’envie de tenter quelque chose.



Alors Julie surplombe Safia, qui a toujours les yeux fermés. Parcourt des yeux son nez droit, ses lèvres ourlées, le creux de sa gorge, le sillon de sa poitrine, la fossette de son nombril.

Et, appliquant ses seins juste au-dessus de ceux de Safia, commence à glisser.

Oh, ça frotte ! Ça réchauffe. De partout. Julie sent ses tétons se dresser.



Oups !

Julie se redresse à la hâte et saisit la bouteille d’huile un peu trop vite… et en renverse plein sur le ventre et la poitrine de Safia. Oh, l’andouille !

Pourtant, elle ne panique pas. Elle s’impressionne même toute seule en faisant comme si c’était fait exprès. Avec un grand sourire pour Safia qui a entrouvert les yeux, elle repose la bouteille, étend généreusement l’huile et entreprend d’éponger le surplus avec son propre corps. Mais il y en a vraiment trop… Qu’à cela ne tienne ! Julie se retourne et glisse sur Safia sur le dos. Oh, c’est trop bon ! Mais n’est-ce pas trop osseux pour Safia ? Alors Julie se redresse, et hop, avec les fesses ! Plus moelleux, mais… trop de pression, peut-être ? Ah oui, mais ça sollicite drôlement les cuisses d’y aller plus doucement !

Julie se retourne donc… pour plonger sur Safia. Elle glisse, portée par son élan ! Elle revient en arrière et recommence, pleine de joie enfantine, plus lentement, pour mieux ressentir les reliefs rebondis de Safia et lui offrir sa propre douceur de peau. La princesse Disney semble particulièrement aimer quand Julie lui passe sur le bas des seins avec le haut des siens, alors Julie réitère, ajuste le mouvement jusqu’à l’exécuter parfaitement.

Safia n’est clairement pas insensible aux parcours des longs tétons de Julie sur son ventre… et Julie non plus ! Eux qui la complexent tant d’habitude… Alors elle recommence, improvise un nouveau mouvement en serpentant, en frissonnant de plaisir. Avec un inattendu coup de chaud dans le bas du ventre, comme quand elle se… Julie réprime pudiquement son rougissement.



Elle lui sourit, ses grands yeux bruns brillant dans la pénombre. Julie s’en délecte, sans pour autant pouvoir la regarder en face.

Mais l’heure tourne et elle n’a pas encore dégainé sa botte secrète. Alors, elle offre le final de son body-body en se laissant couler, lentement, jusqu’aux chevilles de sa recruteuse, puis, en un rituel improvisé, remonte à elle le pied droit de Safia contre son ventre, le réchauffe doucement à l’âtre de son propre corps et, soigneusement, tendrement, en souligne la voûte et les coussinets. Tiens ? Une rigidité sous le gros orteil, comme madame de Bry à l’EHPAD… Dans le doute, Julie l’évite, se reporte sur les pulpes des autres doigts. Remonte sur la plante, déploie tout son art de la réflexologie sur les pieds d’une Safia… Oh. Inexpressive.

Indifférence ou abandon ? L’apprentie masseuse s’applique toujours, mais déjà moins sûre d’elle. À l’autre pied, maintenant. La plante, le cœur du talon, le contour, les orteils. Safia ne réagit plus.

La sonnerie du réveil retentit. Julie repose délicatement le pied gauche et, dans une dernière caresse, épouse les contours de la tête, les épaules, les bras, les mains, s’efforçant de retenir le doute qui l’envahit. Elle s’est trop laissée aller. Elle n’était pas structurée. Et elle a oublié les fesses. C’est bien connu qu’ils massent les fesses, dans les salons… Elle aurait dû y penser ! Elle a pourtant fait de son mieux.



Masser Safia, parenthèse dorée dans sa vie quotidienne, lui manque déjà. Oh, comme elle aimerait revivre ça !

Avec un interminable temps de latence, sa juge se redresse, lentement, et lui adresse un remerciement de la tête. Elle semble encore ailleurs.

Julie, cœur battant, lui sourit timidement. Alors ?

Alors ?!?



Hein ?



Aïe ! S’entendre balancer des trucs pareils lui ferait presque grincer des dents.

Est-ce parce qu’elle aussi trouve ça ridicule que Safia lui sourit ainsi ? Mais qu’elle parle, plutôt !



Julie sourit humblement. Merci, Ba.



Julie ferme un instant les yeux, revit les sensations du massage.



Julie rosit de bonheur.



Oh. Pour de vrai ?



Julie hoche la tête. Ça ne compte pas comme mensonge si elle ne dit rien, si ?



Elle hoche de nouveau la tête, encore plus nerveusement.

Elle observe Safia avec la plus grande attention : les mouvements de ses yeux, les plis de ses lèvres… Qu’est-ce qui la fait hésiter comme ça ?



Safia lui sourit.



Une fois n’est pas coutume, c’est attentive quoiqu’incrédule que Julie discute de l’administratif : elle sera mieux payée qu’à l’EHPAD, avec en plus des horaires bien moins contraignants !



Julie hoche la tête en rosissant, sans avoir tout compris. Elle n’a touché qu’une fois à ses poils du bas, à la demande insistante de Gros Porc, avec un résultat… saignant. Mais cette fois, c’est pour le boulot. Et, surtout, gentiment conseillé par une fille.

Une fille de Babylone, dirait Maman.



De nouveau seule, Julie se frictionne, retire l’huile de son corps en appréciant ses propres muscles, sa propre peau. C’était juste trop bien ! Le contact appuyé d’un autre corps. Le moelleux des formes de Safia. Et le bien-être dans ses yeux. Julie n’aime rien de plus qu’être regardée comme ça. Mais… le regard des hommes sur sa nudité. Et le regard de Maman sur elle.

Julie se rhabille en se demandant si Ba aurait été fière d’elle. Ce n’est pas vraiment le type de massage qu’elle lui a appris, mais Ba était si gentille et compréhensive quand elle était encore elle-même…

Julie s’applique ensuite à replier sa serviette avec soin et remettre le futon de massage en ordre. Maman lui répète toujours qu’on ne quitte pas un endroit sans l’avoir rangé.



Julie lui adresse un sourire à la fois pudique et ravi et la suit dans le couloir, puis les escaliers, lentement, comme pour s’imprégner de la magie des lieux avant de les quitter.



Elle a décidément une voix savoureuse. Et des yeux tellement… Beuh ! Julie chasse vivement une pensée bizarre. Une de plus.

C’est avec un chaleureux sourire que Safia la raccompagne à la porte et lui serre la main.



Un dernier regard pour Safia, un tout dernier pour la blonde de l’accueil derrière, et Julie retrouve la lumière extérieure, radieuse comme le soleil.

Elle a réussi.

Pour l’instant. Ça n’a peut-être marché que sur un malentendu. Tôt ou tard, Safia se rendra compte de qui elle est vraiment et la mettra dehors. D’ici là, Julie fera de son mieux.


Mais… que dire à Maman ?

Rien. En dire un peu, c’est tout lui dire. Et quelle crise ferait Maman ! Elle la traiterait de Jézabel, de Marie-Madeleine. Maman utilise de drôles de mots depuis qu’elle fréquente les gens du « Tabernacle ».

Du « tabarnaaak », comme disent Laura et son frère. En temps de crise, comme quand elle a quitté son école d’infirmière, c’est chez eux et leur famille Ricoré que Julie se repliait. Mais, depuis, Laura s’est installée chez son copain et elles ne se voient presque plus. Et, cette fois, la crise pourrait vraiment durer.

Simplifions. Julie dira qu’elle a raté son entretien, mais qu’elle en a un autre. Dans une boulangerie, par exemple. Elle passera encore pour une bonne à rien, fera le dos rond et ira se coucher devant un film.

Un film de princesse Disney.




***




Générique de fin : Brad Kane & Lea Salonga, A Whole New World