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Temps de lecture estimé : 13 mn
23/03/26
Présentation:  Au cours de cette petite histoire immergée dans les années 50, les cinéphiles reconnaîtront les allusions diverses.
Résumé:  En ce début des années 1950, Caroline Marquange est la grande vedette cinéma du moment. Cette somptueuse créature fait tourner bien des têtes.
Critères:  #nonérotique #coupdefoudre #rencontre
Auteur : Patrik  (Carpe diem diemque)            Envoi mini-message
La doublure

Au cours de cette petite histoire immergée dans les années 50, les cinéphiles reconnaîtront les allusions diverses. Bonne lecture :)




Scène de bain



En ce début des années 1950, Caroline Marquange est la grande vedette cinéma du moment. Cette somptueuse créature fait tourner bien des têtes. Il pourrait en être de même pour moi, mais ayant eu des exemples malheureux sous les yeux, je préfère éviter d’être un simple soupirant (pour ne pas dire « numéro ») de plus sur sa longue liste.


Vu ma situation, il m’arrive quelquefois d’être pris en chasse par des femmes très entreprenantes. C’est pour cette raison que je conserve ostensiblement mon anneau de mariage, et que parfois, je le montre, même si le symbole de ce cercle d’or n’a plus d’utilité réelle…


Ma méfiance naturelle ne m’empêche pas d’assister au tournage d’une scène particulièrement osée, grâce à la complicité du réalisateur qui est un ami de longue date. Afin de ne pas succomber, j’ai décidé d’assister de loin, dans la pénombre, sans être présenté à cette actrice si voluptueuse, voire trop.


Justement, dans un coin du plateau, une jeune femme attend, assise sur un siège, une coiffeuse ajustant son chignon. L’étrange particularité de cette inconnue est qu’elle est uniquement vêtue d’une grande serviette de bain, avec des gros chaussons aux pieds. Je constate au passage une petite ressemblance (de loin) avec la vedette du tournage.


Assez intrigué, je demande :



Elle se met à rire :



En effet, Caroline Marquange s’approche de la baignoire, vêtue d’un maillot une pièce couleur chair fort couvrant. Quand le film sera projeté dans les salles obscures, il y aura tromperie sur la marchandise, si effectivement ma voisine était celle dont on verrait l’anatomie.



Elle proteste modestement :



Elle fait un petit geste de la main :



Une petite idée germe dans mon esprit :



Alors que j’allais répondre, nous sommes interrompus par le chef de plateau :



Ma voisine se tourne vers moi :



Elle se lève puis se dirige vers la partie éclairée où trône la baignoire. Quand elle arrive près du faux carrelage, elle se déchausse, puis sans complexe, elle laisse tomber sa serviette quand elle pose le pied sur le plateau.


Waow, très beau dos et splendide popotin !

Sans oublier ses gambettes !

Ça, c’est de la femme !




Présentations



Durant le tournage des raccords pour le corps, j’ai le plaisir de contempler plusieurs fois ma voisine de dos comme de face, et même de profil. Je comprends sans problème pourquoi elle fait ce métier. Quand elle revient dix minutes plus tard, enveloppée dans sa serviette, je m’excuse :



Elle se met à sourire :



Ce n’est pas tout à fait mon vrai nom, cependant c’est fort proche de celui de ma mère, avec une petite astuce. Ayant visiblement compris, Martine s’en amuse :



Je réponds évasivement :



Une fois de plus, nous sommes interrompus par le chef de plateau :



Une fois de plus, j’ai le grand plaisir de contempler ma voisine en mode 360 degrés, ce qui est fort agréable. Comme personne n’est venu nous importuner et comme Martine n’a pas d’anneau au doigt, je me dis que je peux tenter ma chance, même s’il y a une grosse probabilité qu’elle ne vive pas seulette.


Quand elle revient vers moi, enveloppée de sa serviette, je m’offre le luxe de lui poser carrément la question :



Je suis un peu surpris qu’une pareille femme ne possède personne dans sa vie, mais ça me convient parfaitement :



Elle louche sur ma main gauche :



Doigts écartés, je tends ma main devant moi :



Elle se met à sourire :



Délicatement, je capture sa main :



Quelques minutes plus tard, une fois habillée dans sa loge (j’ai attendu dehors, dommage), nous sommes attablés dans un petit restaurant situé à une rue des studios.




Le dîner



La conversation est très agréable, tout comme la vue que j’ai sur Martine. Je me sens bien, à l’aise, contrairement à ce qui arrive avec d’autres femmes, dont je sais que je suis le lièvre ou le cerf, et elles les chasseuses.


Martine semble avoir accepté mon invitation, parce que ça l’amusait et que ça changeait un peu sa routine, si j’en crois ce qu’elle me raconte spontanément. Cette jeune femme n’est visiblement pas une calculatrice, ce qui me change de bien des femmes de ma connaissance. Je pressens confusément que je vais me faire un plaisir de me pencher sur le cas de cette demoiselle et aussi sur son anatomie dont je n’ignore plus grand-chose, même si je n’ai pas encore couché avec elle.


Mais quelque chose me murmure à l’oreille que ça arrivera bientôt…


Nous avons quitté le domaine du cinéma et j’essaye d’en savoir plus sur mon interlocutrice qui lâche quelques bribes ci et là. Je résume :



Pensif, j’essaye d’imaginer la scène, moi qui vis dans un hôtel particulier avec plein de pièces beaucoup trop grandes…



Inclinant légèrement la tête à droite, elle explique :



Je mets un peu les pieds dans le plat :



Martine me propose une devinette. J’aime ce côté ludique. De ce fait, je fais phosphorer mes petites cellules grises :



Tout en souriant, elle prend son verre en main :



Après avoir bu une gorgée après sa longue tirade, elle repose son verre :



À mon grand étonnement, elle m’adresse un beau sourire :



Je souris à mon tour :



À ces mots, montent irrésistiblement en moi des souvenirs à la fois doux et amers. J’affiche un pauvre sourire :



Malgré cette remontée nostalgique de mon ancienne vie heureuse, je remarque que Martine est mal à l’aise, elle ne sait pas quoi répondre. Je le fais à sa place :



Ayant capturé la bouteille, changeant de ton, je remplis son verre :



Ma mélancolie à moitié envolée, je réponds franchement :



Elle me sourit :



Par-dessus la table, je pose ma main sur la sienne :



Ma main toujours sur la sienne, je souris :



Sa précédente phrase m’ouvre la porte sur un autre chemin, je ne sais pas où je vais si je la franchis. Je deviens plus sérieux :



Je vois qu’elle est troublée, elle essaye de donner le change :



Elle laisse sa phrase en suspens. Fébrile, j’attends patiemment la suite. Elle la prononce quelques secondes plus tard :



Pour toute réponse, mon autre main se pose sur sa main restée libre.




Fin de chemin



Allongé dans notre grand lit, je sais que je n’en ai plus pour très longtemps, mon temps sur Terre est arrivé à son terme, mon sablier est presque vide. Mon épouse me tient compagnie pour mon dernier voyage.


Sa main dans la mienne, elle me confie :



Je presse sa main :



Je ferme les yeux. J’ai bien vécu, c’est un fait. J’ai été heureux avec Martine, c’est incontestable. S’il y a quelque chose de l’autre côté, peut-être que je devrais choisir entre ma première femme et mon actuelle, du moins, quand Martine me rejoindra.


J’ai beaucoup aimé ma première épouse, j’ai sans doute aimé encore plus ma seconde et actuelle femme.


Si je pouvais le faire, j’aimerais reculer dans le temps et revivre plusieurs fois notre première rencontre, sur ce plateau, lors de la fameuse scène de la baignoire, puis tout ce qui est survenu ensuite. Peut-être que je m’y prendrais autrement, mais toujours avec le même but : faire de Martine ma maîtresse, ma compagne, ma femme.


Une sorte de grande lumière m’enveloppe…

J’ai la nette sensation de flotter…

D’être transporté ailleurs…


Hébété, je me retrouve debout dans la pénombre d’un plateau de tournage.


Dans un coin de ce plateau, une jeune femme attend, assise sur un siège, une coiffeuse ajustant son chignon. L’étrange particularité de cette inconnue est qu’elle est uniquement vêtue d’une grande serviette de bain, avec des gros chaussons aux pieds. Je constate au passage une petite ressemblance (de loin) avec la vedette du tournage.


Et si je recommençais tout depuis le début, depuis nos débuts ?