| n° 23557 | Fiche technique | 21291 caractères | 21291 3928 Temps de lecture estimé : 16 mn |
18/03/26 |
| Présentation: Rien n’est jamais gratuit... | ||||
Résumé: Barbara se réveille. Petit à petit, ça lui revient. | ||||
Critères: fh fsodo | ||||
| Auteur : Atchoum Envoi mini-message | ||||
La première chose qui vient, c’est la douleur.
C’est pas net, c’est pas précis, c’est pas comme une épingle. C’est toute la boîte d’épingle qui m’est tombée dedans. Ça part de ma chatte et de mon cul et ça remonte dans mon dos, ça descend dans mes cuisses, ça brûle, ça irradie partout sans que je puisse vraiment dire où exactement. Mon cul me lance de l’intérieur, mais c’est flou, la douleur vient de partout en même temps.
J’ouvre les yeux. Enfin… J’essaie. La lumière du jour filtre à travers les volets, mes yeux me grattent, le mal de crâne me vrille les tempes. Je ferme les yeux. Même ça, ça fait mal. C’est la méga-gueule de bois, ça cogne dur dans la tête. Je serre les dents. En même temps, ça tourne devant mes yeux. Je suis toujours bourrée. Bon, ben super.
Per aspera ad astra.
Mouais, c’est plutôt per aspera ad merda, oui ! Qu’est-ce que j’ai encore foutu, putain ?
Je reste sans bouger pendant quelques secondes, j’essaie de ramasser les morceaux. Pour commencer, où suis-je ? Je reconnais l’odeur des draps, ça sent l’adoucissant bon marché de Nathalye. La chambre de Ronan. Je suis dans la chambre de Ronan. En sécurité. C’est déjà ça.
Pourquoi est-ce que je ne me souviens pas d’être montée ? Il y a quand même un paquet de trous noirs à éclaircir, j’ai l’impression. Putain, qu’est-ce que j’ai foutu ?
Je bouge un peu la tête et, là, je sens que ça gargouille, ça veut remonter, je serre la gorge… Et non, ça reste dans la gorge, avec un arrière-goût dans le fond de la bouche. C’est acide, ça brûle la gorge, ça un goût de whisky rance et… de quelque chose d’autre que je ne veux pas identifier. J’avale ma salive et j’attends que ça retombe.
Mes mains collent. De la sueur, mais pas que. J’essaie de bouger les cuisses. Pareil, collées, mes cuisses se décollent l’une de l’autre, ça fait comme si ça se déchirait et… Ah, putain, ça brûle ! Ma chatte à l’air. Ça flambe grave. Et puis…
L’odeur remonte de sous les draps. Je hume… Ça pue. C’est pourri. L’odeur aigrelette de la sueur d’alcoolique, la pisse, la merde, puis l’après-sexe, le sperme séché, et ça me donne encore envie de gerber. J’arrive à arrêter le spasme dans le ventre, mais c’est pas passé loin. Ça passe. À peine.
Quid est veritas ?
Je veux pas savoir.
Mais mon corps, lui, il sait déjà.
La douleur entre mes jambes, c’est pas une crampe. C’est pas des règles. C’est autre chose. C’est pire, plus profond, plus cru. Mon trou de cul me brûle comme si j’étais en train de le baigner dans le vinaigre, et c’est pas mieux dedans, ça fait comme s’il y a un truc déchiré à l’intérieur. D’habitude, quand Ronan me prend le cul, ça fait pas ça, je jongle, c’est clair, mais là… c’était vachement angusta, quand même. Ou vachement gros, c’est pareil.
Et ma chatte, ma pauvre petite chatte écrabouillée… la douleur arrive à mon cerveau, j’essaie de tourner mes hanches mais c’est encore pire, c’est lourd, écrasé dedans, détendu comme un élastique qu’on a tiré trop fort, c’est lancinant, comme si on était toujours en train de me battre à l’intérieur.
Et là, je me rends compte de la sensation de mouillé, il y a encore quelque chose qui coule, c’est tiède, c’est visqueux, et j’ai pas besoin de regarder pour savoir ce que c’est. Je fuis de partout, de la chatte, du cul, ça pue, je veux pas imaginer l’état des draps. D’ailleurs, sous mes fesses, c’est trempé et ça commence à faire froid. Je serre les cuisses à nouveau, en espérant arrêter le feu de l’air contre mes nymphes asséchées.
Les muscles de mes jambes protestent. Tout est fatigué, tout est lourd, tout tire. Mes cuisses me lancent comme après un footing de dix bornes… Sauf que j’ai pas couru.
Qu’est-ce que j’ai foutu ?
Et là, ça commence à revenir. La cave. L’odeur de moisi, de béton, de poussière. Le fauteuil en cuir vert qui collait à la peau. Des mains sur moi. Combien ? Je sais plus.
Nicolas, c’est sûr. Stéphane aussi. David. Boris avec son accent bizarre. Peut-être d’autres, je sais plus, tout se mélange dans le brouillard.
Je me souviens d’avoir dit quelque chose. Quoi ? Je sais plus exactement. Mais je me souviens du ton. Fort. Je réclamais, j’exigeais, même. J’étais en transe. La baraka. Qu’est-ce que j’ai pris !
J’ai vraiment fait ça ?
Ouiiii ! Oui, j’te sens bien ! Défonce-moi, défonce-moi ! Là, dans ma tête, ça sonne bizarre, comme si c’était quelqu’un d’autre qui parlait…
Dans le désordre, les images me reviennent, rattachées aux sensations de maintenant. Mes tétons sont vrillés, tordus, j’ai le flash de Stéphane en train de me brutaliser les nichons. Aïe. Je me revois en train de lui dire d’arrêter. Bon, ben c’était déjà trop tard. Et je sens encore Nico en train de me tirer les cheveux pendant que je lui bouffais la bite. Je me rappelle lui avoir dit, mais c’était déjà trop tard, là aussi. Maintenant, je sais. Je suis sûre qu’il me manque des mèches. Aïe.
Comment je suis arrivée là ?
Le centre commercial. La pluie qui tombait comme vache qui pisse, Boris qui m’aidait à marcher parce que j’étais déjà torchée. Je me souviens d’avoir trébuché sur le trottoir, je me souviens d’avoir ri comme une conne. J’ai dit un truc. J’peux v’nir ? Ouais, c’est ça. J’ai demandé à venir.
Pourquoi j’ai fait ça, putain ?
Je ne suis plus trop sûre. Ça avait l’air d’une bonne idée. Boris avait dit que David avait une boulette, deux trois lattes sur un joint, ça ne se refuse pas… Après, je ne sais plus pourquoi c’est parti en vrille comme ça.
Mon cul me lance maintenant, ça cogne partout dedans, ça balance un coup de poing de l’intérieur dans mon ventre à chaque battement de cœur, je sens que ça remonte encore, ma salive a un goût de fer, en plus de tout le reste.
Une bassine…
Au point où j’en suis, je m’en fous, en fait. Si ça sort, ça sort. Ça fait mal partout rien que de penser à bouger.
Et là, ça me revient, le son, les images et tout le reste. Je me souviens quand j’ai gerbé sur la queue de Boris, juste après qu’il m’a juté dans la gorge. C’est de sa faute, aussi, il avait qu’à pas en avoir une aussi longue. Et grosse. Bref, c’était marrant. Et puis le trou noir.
C’était pas une bonne idée de repenser à ça. Là, ça remonte vite et fort, très fort, je ferme la bouche d’instinct, mes joues se remplissent, j’ai juste le temps de me tourner vers le bord du lit et ça jaillit par terre. Je reste là haletante, les larmes aux yeux, appuyée sur le matelas. On verra plus tard. Je m’allonge à nouveau. Ça tourne dans ma tête.
Là, les images et les sensations commencent à me revenir, dans le désordre. La fièvre du moment, le souvenir de l’excitation, le souvenir que c’était intense, que c’était vachement bon. Ça me revient quand je me suis enculée toute seule sur Nicolas après avoir sorti sa queue de ma chatte. Enculée pas tout à fait à sec, donc, mais quand même, ça manquait singulièrement de préparation : je me souviens comment ça m’a vrillée, comment ça m’a déchiré le cul en rentrant, comment c’était fort, comment c’était bon, je me souviens maintenant comment j’ai chopé les bites des deux frères dans ma bouche en faisant semblant que mon cul ne me faisait même pas mal. Ça faisait un mal de chien, mais j’ai continué, j’étais la porn star du moment, la meuf prête à tout, même à l’impossible, vers l’infini et au-delà…
Ouais, bon, ben l’infini vient d’envoyer sa facture, et pas au figuré, encore. Aïe.
Et en parlant des deux frères… Stéphane en train de me défoncer le cul pendant que David me labourait la chatte, ça suffisait pas, il a fallu que je joue les bravaches. Les deux frères dans ma chatte, tu m’étonnes que ça cogne, maintenant. Je les sens encore tous les deux en même temps, ça me remplissait tellement que je savais plus où j’étais, qui j’étais. J’ai crié un truc.
P’tain, oui qu’j’vous sens !
Ouais, ben je les sens toujours. Sur le coup, j’étais toute fière, j’avais réussi à faire un truc incroyable, comme dans les pornos qu’on regarde avec Ronan. Les actrices qui font ça et qui gémissent comme si c’était le paradis… Je sais que ça le rend dingue quand il voit ça, deux mecs qui défoncent la chatte d’une fille en même temps, il adore ça, ça le fait bander comme un taureau, et moi, ça me fait un petit quelque chose aussi… Et moi, je l’avais fait. Pas comme ces pros, peut-être, mais je l’avais fait quand même. J’avais réussi.
Et je suis toujours fière.
Ça m’a cassée, ça s’est répandu partout, dans tout mon corps, des orteils aux petits doigts, tout tremblait, tout frissonnait, tout frémissait : deux bites dans le vagin, même dans les films, ça ne se voit pas tous les jours…
Même maintenant, avec mon trou de cul qui me brûle comme si on y avait foutu le feu, même avec ma chatte qui ressemble à un sac de boxe après dix rounds, je suis toujours fière de l’avoir fait. C’était fort. C’était énorme. J’ai réussi un truc que je croyais réservé aux pros. Et pas toutes, encore.
La prochaine fois, faudra que je fasse plus gaffe. Que j’y aille plus doucement au début. Que je prenne mon temps pour me préparer.
Mais je peux le refaire. Maintenant je sais que je peux.
Et s’ils s’étaient arrêtés à deux queues dans ma chatte… Mais Stéphane faisait une fixette sur mon trou d’balle… Oh, putain, mon cul… Mon pauvre petit cul…
Dans un flash, ça me revient… Quand les bites des deux frères ont glissé dans mon cul, l’une après l’autre, Stéphane et David, ensemble, les deux en même temps. J’ai senti quelque chose se déchirer à l’intérieur, c’était pas juste brûler, c’était vraiment déformer à craquer, comme quand tu déchires un bout de tissu en tirant dessus.
J’ai hurlé comme une furie, mais pas pour qu’ils arrêtent. J’ai crié parce que je les sentais tout les deux en train de me défoncer le trou, parce que c’était énorme, parce que c’était bon, parce que j’étais fière de moi, fière de mon exploit. Parce que j’y étais arrivée.
Per aspera ad astra, mon cul, oui. Plutôt per anum ad hospitalis, ouais.
C’était fort. C’était génial. Sur le moment, c’était génial. La prochaine fois… Ouais, bon, on verra, pour la prochaine fois. Faudra peut-être attendre que ça cicatrise, déjà.
Je ferme les yeux. J’essaie de respirer calmement. Ça marche pas terrible, parce qu’à chaque inspiration, ça tire dans mon ventre, ça lance dans mon cul, dans mon vagin, dedans, dehors, partout.
Errare humanum est.
Ouais, ben là, j’ai pas juste erré, j’ai carrément fait faire le tour du proprio.
Perseverare autem diabolicum.
Ouais, ça aussi…
Je me souviens du whisky, assise sur une marche du palier, toute seule, vu que Ronan était pas là, vu qu’il traînait avec Bayram et Ahmed pour je sais pas quel deal à la con. Parce que je m’emmerdais.
Et puis Boris est passé, il m’a proposé de venir, il a dit que David avait une boulette. Ça se refuse pas, une part de boulette. Puis le retour sous la flotte. Putain de Finistère. Puis la cave. C’est moi qui ai proposé. J’ai insisté, même. Chaque fois, j’ai dit oui. Chaque fois, j’ai continué. Chaque fois, j’ai poussé un peu plus loin.
Voilà. Ça s’est passé. L’addition, s’il vous plaît.
Je me souviens d’avoir vomi. Sur Boris. Sur sa queue, même. Juste après qu’il m’a juté dans la gorge. C’est de sa faute, aussi, il avait qu’à pas en avoir une aussi longue. J’ai essayé d’avaler, mais ça passait pas, et puis tout est remonté d’un coup. Le whisky, le sperme, tout. Je me souviens de son visage, de sa grimace. Et puis le trou noir.
En parlant de Boris… Je lui ai pissé dessus, aussi, je crois. Ou sur quelqu’un d’autre. Je sais plus. Si, c’était lui, je me souviens de son accent slave qui m’a demandé de finir de pisser dans sa bouche. Je me souviens d’avoir lâché, de plus pouvoir me retenir. Tout coulait. Tout sortait. Je contrôlais plus rien. Niagara Falls, version Ba’.
Flash. Plus tard. Combien de temps après ? Je sais pas. J’ai chié dans ma culotte. Je m’en suis même pas rendu compte sur le moment. C’est après. Quand ils ont gueulé. La sale merdeuse. Ouais, c’est ça qu’ils ont dit.
La totale, quoi. Le trifecta. Le grand chelem des fluides corporels.
Mon estomac se soulève encore, mais y a plus rien à sortir. J’ai déjà tout vidé sur le lino à côté du lit. Ronan va être content.
Per angusta ad augusta.
Ouais, ben par les chemins étroits, j’y suis allée, c’est sûr. Sauf que j’ai pas fini vers les sommets. J’ai fini dans le fond. Le fond de la cave. Le fond du fauteuil qui pue. Le fond de moi-même.
Et je sais pas comment remonter.
Je sais même pas si je veux remonter.
Ça pique toujours dans mon cul. Ça brûle. Ça lance. C’est comme si j’avais un hérisson coincé là-dedans.
Je sens le sperme qui continue à couler. Combien ils en ont mis ? Quatre mecs, au moins. Peut-être plus. Combien de fois chacun ? Je sais pas. Beaucoup.
Je devrais avoir honte.
Mais je sens rien. Juste la douleur, juste la nausée, juste ce goût dans la bouche qui veut pas partir, le goût du whisky, le goût du sperme, le goût du vomi. Super cocktail du dimanche.
J’ouvre les yeux à nouveau. La lumière fait encore mal, mais moins. Au plafond, je regarde les taches, les fissures, les ombres. Tout est flou.
Je devrais me lever, aller aux chiottes, à la salle de bain, me laver. Me nettoyer.
Je peux pas.
Bouger fait trop mal.
Alors je reste allongée là, dans les draps qui puent, dans mon jus, dans le leur, et je ne bouge pas.
On est dimanche soir. Ça fait que quelques heures. Putain, on dirait une éternité.
J’entends toujours des bruits qui viennent de la chambre de Nathalye. Ça grince, ça cogne, le lit tape contre le mur. Nathalye couine. Christophe est à nouveau en train de la baiser pendant que je suis là, dans le lit de son fils, défoncée comme jamais.
La vie continue. Le monde tourne. Moi, je reste là. Mon cul me brûle. Ma chatte me brûle. Tout brûle. Ça coule encore. Mon estomac se révolte.
Je sens le liquide tiède qui coule le long de ma raie et qui imbibe le drap sous moi. Ça fait une flaque froide maintenant. Je devrais bouger. Changer de position.
Mais bouger fait trop mal. Alors je reste là, sans bouger, les yeux au plafond et j’attends.
J’attends quoi ?
Que Ronan rentre. Qu’il me trouve comme ça. Qu’il comprenne.
Ou qu’il comprenne rien du tout. Je sais pas ce qui serait pire.
Quod me nutrit me destruit. Ce qui me nourrit me détruit.
Ouais, ben là, le whisky m’a nourrie. Le teush m’a nourrie. Le délire-de-cul m’a nourrie.
Et maintenant, je suis détruite.
Bravo, Barbara. Belle performance. Standing ovation.
Je comprends pas comment les deux peuvent coexister. Comment je peux être fière et défoncée en même temps. Comment je peux vouloir recommencer alors que j’arrive même pas à bouger.
Mais c’est comme ça.
L’esprit est fort mais la chair est faible.
La vodka est forte. Mais la viande est pourrie.
J’entends des pas dans l’appartement. Des voix. Nathalye qui rigole. Christophe qui répond un truc. Ils sont sortis de la chambre. Ils vont probablement à la cuisine. Ou aux chiottes.
Personne ne vient me voir.
Tant mieux.
Je veux voir personne. Je veux parler à personne. Je veux juste rester là et attendre que ça passe.
Mais ça passe pas.
Mon cul me brûle toujours. Ma chatte me lance. Mes tétons sont à vif. Mes cheveux tirent sur mon crâne là où Nico m’a arraché des mèches.
Je ferme les yeux. J’essaie de respirer. Ça tourne encore dans ma tête. Je suis toujours bourrée. Pas autant qu’avant, mais quand même.
La cave. Le fauteuil. Les mains partout. Les queues partout. Dans ma bouche. Dans ma chatte. Dans mon cul. Partout en même temps. C’était de la folie furieuse. C’était le délire total. J’étais une rock star du sexe. La reine de la cave. Celle qui dit oui à tout.
Maintenant, je suis juste Barbara, allongée dans le lit de son mec, qui fuit de partout et qui arrive même pas à bouger.
Sic transit gloria mundi.
Ouais. La gloire a duré quoi, deux heures ? Trois ? Là, maintenant… L’addition, s’il vous plaît !
J’entends la porte d’entrée qui s’ouvre. Des voix. C’est Ronan qui vient de rentrer. Je panique un peu.
Qu’est-ce que je vais lui dire ?
Je sais même pas par où commencer.
Il parle avec Christophe, je reconnais sa voix, un peu traînante, un peu trop forte. Il est défoncé, lui aussi.
Il abrège vite, j’entends les pas dans le couloir qui se rapprochent. La porte de la chambre s’ouvre.
Sa voix est pâteuse, il fait des efforts pour articuler, il est « fait ».
Je ne bouge pas. Je ne réponds pas. Qu’est-ce que je pourrais dire ?
Il entre dans la chambre et je l’entends s’arrêter net.
Il a vu le bordel, le vomi par terre, les draps. Il a certainement déjà senti la puanteur.
Je tourne un peu la tête vers lui, tout doucement, ça cogne là-haut. Mes yeux s’ouvrent à peine. La lumière me fait mal. Je le vois en silhouette dans l’encadrement de la porte.
Il s’approche du lit. Il évite la flaque de vomi par terre.
Il a dû sentir l’odeur du vomi, parce qu’il continue :
Il est pas vraiment en colère. Plutôt amusé. Défoncé et amusé.
Je fais un petit bruit. Genre oui. Genre non. Je sais pas.
Il renifle en se retournant, il cherche d’où vient l’odeur de merde, il voit le PQ au pied du lit et il voit le haut de la corbeille qui déborde de papier souillé. Il rigole.
Il s’assoit sur le bord du lit et le matelas s’affaisse sous son poids. Ça me fait bouger. Ça tire dans mon cul. Je grimace. Il pose la main sur mon épaule et me souffle dans l’oreille :
Il me secoue un peu :
J’ouvre les yeux. Je le regarde. Il sourit. Il est défoncé. Ses yeux sont un peu vitreux, injectés de sang. Il sent la beuh et la clope.
Il me caresse le bras. Sa main descend vers ma poitrine.
Mon Ronan.
Il commence à enlever ses baskets. Il les balance par terre. Elles éclaboussent dans le vomi. Il s’en fout. Il retire son jean. Son caleçon. Son T-shirt qui pue.
Je bouge légèrement. Ça tire partout. Mais c’est bon. C’est Ronan.
Il se glisse dans le lit. Contre moi.
Je suis sur le côté, recroquevillée, et il se colle contre mon dos. Sa peau contre la mienne. Sa chaleur.
Mon Ronan.
Son bras passe sous ma tête. L’autre autour de ma taille. Il me serre contre lui.
Sa main remonte vers ma poitrine. Il me caresse. Mes tétons. Ça pique, mais c’est bon quand même. C’est lui.
Ouais. Sa Barbara. Toujours.
Sa main descend sur mon ventre puis entre mes cuisses.
Ses doigts effleurent ma chatte.
Je bouge mes hanches. Parce que j’en ai envie. Parce que c’est Ronan.
Ça fait mal, mais j’aime ça quand même.
Il sent que c’est trempé là-dedans.
Je fais un petit bruit. Ouais. À lui. Toujours à lui.
Je sens son membre contre mes fesses. Il durcit. Il grossit.
Putain, oui.
Je roule mes hanches contre lui. Je veux le sentir. Je veux qu’il me baise.
Même si ça fait mal. Surtout si ça fait mal.
Sa bite se presse entre mes fesses. Il cherche l’entrée, il cherche mon trou de cul.
Je cambre un peu le dos. Pour l’aider. Parce que je veux.
Il pousse. Doucement. Ça rentre.
Putain, ça brûle. Mais c’est bon quand même. C’est Ronan.
Je couine. Parce que ça fait mal. Parce que c’est bon. Les deux en même temps.
Il pousse encore. Il rentre complètement.
Ouais. Je suis bien. Je suis à lui.
Il commence à bouger. Lentement. Va-et-vient.
Je bouge avec lui. Je roule mes hanches. Je l’accompagne. Parce que j’en ai envie. Parce que je l’aime. Parce que je suis encore bourrée et que tout se mélange dans ma tête.
Ça déchire, ça brûle, ça lance, je couine, il a l’air de prendre ça comme une invitation à y aller plus fort, et il ne se prive pas.
C’est pour de vrai, c’est pas du cinéma : ça fait mal mais c’est tellement bon en même temps.
Il pose ses mains sur mes hanches et me tire à lui.
Je continue à bouger, à couiner, à le vouloir.
Il accélère encore, il halète contre mon épaule.
Mes larmes coulent, de douleur, de plaisir… D’amour. Tout se mélange.
C’est vrai. Je veux qu’il continue, je veux qu’il se répande dans mon fondement, là, maintenant, je sens qu’il est sur le point de…
Il jouit. Il se tend contre moi. Il pousse un dernier coup, à fond.
Je pousse un cri. Parce que ça fait mal, parce que c’est bon.
Il reste là, collé à moi, collé en moi. Il soupire. Il embrasse mon épaule. Je sens qu’il se dégonfle, je l’éjecte d’une contraction, il reste collé, gluant dans la raie de mes fesses, contre mon trou élargi et dégouttant de son foutre.
C’est vrai. Putain, c’est tellement vrai.
Son phallus n’est plus qu’un pénis et sort de la raie de mon cul.
Ça fait encore mal. Mais c’est bon. C’était bon.
Il se tourne sur le dos. Il respire fort. Il est crevé. En quelques secondes, il dort déjà.
Moi, je reste là. Sur le côté. Mon cul qui brûle. Ma chatte qui lance. Ça coule encore.
Mais c’est bon.
C’est Ronan.
Mon Ronan.
Quelque rudes et multipliées que soient les attaques, le calice de la rose se referme. Cœur-de-Fer avait raison : L’asyle du mystère, Ronan ne saura jamais.
Quod me nutrit me destruit.
Ouais.
Mais je recommencerai.
Parce que c’est moi.
Parce que je l’aime.
Parce que j’aime ça.
Toujours.