| n° 23555 | Fiche technique | 20993 caractères | 20993 3649 Temps de lecture estimé : 15 mn |
17/03/26 |
| Présentation: Ce texte peut se lire indépendamment de « Cœur Mort à Collioure » et de « Pieds nus sur la Côte Vermeille ». Mais leur lecture permet d’en saisir plus pleinement les échos, les failles et l’évolution des personnages. Ceci n’est pas un bonus « fleur bleue », mais un complément au poison. | ||||
Résumé: Ils ont fui Collioure. Le poison se propage. | ||||
Critères: #psychologie #drame #érotisme #couple #domination #fétichisme | ||||
| Auteur : L'artiste (L’artiste) Envoi mini-message | ||||
Ce texte peut se lire indépendamment de « Cœur Mort à Collioure » et de « Pieds nus sur la Côte Vermeille ». Mais leur lecture permet d’en saisir plus pleinement les échos, les failles et l’évolution des personnages.
En quittant Collioure, je m’étais dit qu’au moins, en passant la frontière, les gens auraient l’élégance de regarder ailleurs.
On aménagea dans une petite maison de village sur les hauteurs de Cadaqués. Une baie vitrée donnant sur une terrasse exiguë avec vue sur les toits et un bout de mer, une cuisine trop étroite pour deux corps, une chambre encore pleine de cartons. À force de porter, tirer, ouvrir, refermer, on s’était échauffé les nerfs tout autant que les bras.
Je matais Léa faire. Sa manière d’attraper un drap, un mug, un couteau. Elle disait que les chaussures brouillaient les sensations, et restait pieds nus sur le vieux plancher qui aurait bien besoin d’être rénové. Moi, je pensais surtout qu’elle aimait sentir immédiatement où elle mettait les siens.
En vidant le carton de la cuisine, je tombai sur le ruban noir, glissé entre deux torchons. Ma gorge se serra. Dans l’encadrement de la porte, Léa m’observait.
Elle fit un pas, puis se raidit.
Clopinant jusqu’au plan de travail, elle s’y assit. Je m’approchai. Une écharde, minuscule, s’était plantée sous son gros orteil.
J’allai chercher dans la trousse à pharmacie une pince à épiler et le désinfectant qu’on avait jeté en vrac avec les médicaments. Quand je revins, je la retrouvai les mains de chaque côté des hanches, une jambe repliée, l’autre pendant dans le vide.
Mon corps et moi n’avaient plus tout à fait les mêmes ambitions : mes genoux protestèrent dès que je m’accroupis devant elle.
Elle posa son talon dans ma paume sans commentaire. Sa peau était chaude, le pied un peu tendu, les orteils crispés. Je soufflai d’abord sur la zone à traiter et la plante se détendit sous mon pouce. Ce n’était rien. Deux secondes d’attention. Pourtant, quelque chose s’allégeait en moi. Une concentration étrange. Une paix physique.
J’attrapai l’écharde et tirai d’un coup sec, Léa sursauta à peine. Mes doigts se refermèrent sur le pied un instant de plus que nécessaire, et je passai maladroitement la compresse.
La pince encore entre mes doigts se desserra, l’écharde tomba au sol. Je levai la tête, son visage n’était ni fermé ni tremblant.
Elle baissa les yeux vers ma main, qui tenait toujours son talon.
Le bruit de la mer. Un rire sous la fenêtre. Je ne bougeai pas.
Je reposai la pince sur le plan de travail, et reculai d’un pas.
Ses orteils se replièrent. Réflexe ou tension ? Impossible à dire.
Je sentis mon ventre se creuser.
Ces derniers mots me glacèrent. Je me redressai d’un coup. Trop vite, ma tête tourna. Je dus poser une main sur le mur pour ne pas vaciller. Autour de moi, le carton, le ruban noir, les lattes du plancher, tout devint plus net.
Léa resta là, les doigts serrés sur le rebord du plan de travail, son pied blessé ramené contre ses fesses.
Mes yeux allèrent d’abord à son visage. Puis à ses mains. Puis, malgré moi, à ce pied que je venais de tenir avec douceur, et à cette femme qui me confiait avoir choisi de ne pas rater l’instant où une autre pouvait cesser de respirer.
Je passai une main sur mon visage. Ma bouche était sèche. Une envie de partir en courant, de claquer la porte, et de marcher loin de tout ce qui porterait son odeur. Mais je restai là, honteusement fixé à ce corps, à cette voix. Mon dégoût n’avait pas vidé mon désir. Il l’avait seulement rendu plus trouble.
Je tournai la tête vers le salon.
Je m’éloignai, jusqu’à la fenêtre. Ma respiration revenait mal. Dehors, des familles passaient avec des sacs de plage. Une vieille dame secouait une nappe sur un balcon. Derrière moi, Léa finit par descendre du plan de travail.
Je me retournai. Elle était plus pâle qu’avant. Une meurtrière. D’abord Alex. Puis Maud. Pas des gens bien, mais des gens vivants. Une tueuse, oui. Mais surtout une femme que je ne parvenais pas à cesser d’aimer.
Je revins vers elle – elle ne bougea pas – et je m’accroupis de nouveau. Ma main retrouva sa cheville. Léa me regardait avec une stupeur contenue qui avait quelque chose de vulnérable.
Son dos prit appui au plan de travail pour tenir l’équilibre. Mon pouce sous la voûte, mes doigts autour. J’en observai la finesse des articulations, la peau délicate, la légère rougeur à l’avant de la plante. Puis, contre toute logique, je penchai la tête et embrassai la marque laissée par l’écharde.
Un souffle lui échappa. Mon sexe réagit presque instantanément, la honte en devenait aussi excitante.
Je remontai très lentement, mes lèvres s’arrêtèrent au creux de l’os. Ma paume restait ouverte sous son talon comme si je la soutenais autant que je la tenais.
J’aurais voulu que l’horreur soit propre, qu’elle me rende simple. Au lieu de ça, l’amour, le désir, la peur, le soulagement animal de me retrouver à cette place précise, au plus près d’elle, sans avoir à choisir autre chose que ce geste ne me quittait pas.
Léa ferma les yeux une seconde. Quand elle les rouvrit, je vis au travers d’eux un éclat nouveau y briller. Sans cesser de me fixer, elle s’assit sur la chaise la plus proche. Puis elle leva l’autre pied et le posa sur ma cuisse. Naturellement. L’air de rien. La pression était minime, mais son sens avait changé, chargé de tout ce que je savais.
Ses orteils se replièrent très légèrement sous la ceinture de mon short. Juste assez pour que mon corps comprenne avant moi que cette conversation n’avait pas seulement lieu dans les mots.
Elle resta immobile. Le temps de réfléchir, ou de choisir.
Je ne la quittai pas du regard, cherchant à décrypter ses pensées. Impossible de savoir si c’était une preuve de lucidité, une supplique, ou une menace presque tendre. Sans doute les trois.
Ses orteils tirèrent le tissu. Le silence entre nous prit une densité presque obscène alors qu’ils revinrent se poser sur mon gland. À l’instant même où je venais de comprendre de quoi elle était capable, je retrouvais dans ce contact-là la seule manière supportable de rester près d’elle.
Dans mon dos, la tension absurde de mes cinquante ans. Mes genoux protestaient, ma nuque raide, mes reins fatigués par les cartons. Rien de très glorieux, mais je n’avais pas le sentiment d’être diminué. J’étais exactement là où elle me voulait. Et pire encore, là où je commençais à vouloir être.
Léa avait cette beauté dangereuse des femmes qui ont cessé depuis longtemps de croire qu’on les sauvera. Jeune, le ventre plat, les cheveux tirés à la va-vite, et pourtant cette façon d’occuper tout l’espace comme si la pièce s’était construite autour d’elle. J’avais soudain conscience de tout ce qui nous séparait.
Je haussai une épaule.
Mon sexe, lui, ne paraissait pas fatigué. Elle prospecta des orteils, presque avec curiosité.
Sa franchise me fit presque plus d’effet que le contact lui-même.
Ses deux plantes enserrèrent ma verge, puis elle s’immobilisa. Mon souffle, mes épaules, mon ventre étaient en alerte, jusqu’à cette tension qui gonflait ma queue.
Léa la regarda, puis revint à moi.
Je pourrais encore mentir. Faire le type debout, le quinqua un peu fier, un peu ironique, celui qui garde sa dignité dans les moments les plus absurdes. Mais j’étais à genoux devant cette femme qui venait de m’avouer deux meurtres sans détour, et ce qui me terrifiait le plus, c’était de constater que mon corps lui obéissait malgré tout.
Cette fois, son sourire prit une posture plus chaude. Une douceur presque cruelle.
Je baissai la tête, posai ma joue contre son genou un instant. Sa peau sentait le savon et un peu le soleil. Mon âge me revint en pleine figure. Un homme plus vieux, prosterné.
Ses pieds caressaient avec une aisance de plus en plus assumée. Elle ne cherchait même plus à faire semblant de ne pas aimer ça.
Elle me contempla encore un instant, puis son pied gauche remonta jusqu’à mon torse et s’y posa à plat. Je sentis la chaleur de sa peau au travers du tee-shirt. Une pression ferme. Pas suffisante pour me faire basculer, juste assez pour me retenir là, à la lisière exacte entre l’abandon et l’acceptation.
Elle n’avait pas besoin de plus.
Je n’entendais plus que la rue au loin, les voix de dehors, un volet qui claquait quelque part, et ma propre respiration devenue trop courte. Les orteils du pied droit malaxaient doucement, lorsqu’elle tendit ceux du gauche, à quelques centimètres de mon visage. J’ouvris la bouche pour qu’ils s’y logent et ma langue s’y enroula. La tête de Léa partit contre le dossier de la chaise, les yeux mi-clos. Sa main trouva son entrejambe, écarta la dentelle, et un doigt se posa tendrement sur la chair, rouge vif, baignée d’excitation.
C’était peut-être ça, au fond, le point où tout bascula vraiment. Cette phrase-là. Cette demande déguisée.
Un déplacement de plante, une pression plus nette, sa façon de ralentir, de me tenir, de me faire revenir, et tout céda enfin. Ce ne fut ni propre ni élégant. Dans un spasme profond, longtemps contenu, mon sperme vint recouvrir ses orteils.
Reprenant ma respiration comme je pouvais, j’attrapai machinalement un mouchoir dans la poche arrière de mon short à mi-cuisses et essuyai maladroitement ma semence sur sa peau. Un geste banal, presque ridicule après le reste.
Elle eut un petit rire, puis posa son autre pied sur ma main pour m’arrêter un instant. Son regard était brillant, vivant, presque joueur désormais.
Je ne relevai pas, mais mon cœur rata un battement. Elle se leva de sa chaise. Je restai au sol encore quelques secondes, la nuque basse, le souffle trop rapide. Quand je me redressai, elle était déjà dans le salon, penchée sur un carton.
Elle en sortit le carnet noir, épais, un peu gondolé sur les bords. Je le reconnus avant même qu’elle le pose sur la table. Celui de Maud. Et tout ce qui lui avait permis de tenir les autres par la gorge.
Elle alla chercher une boîte d’allumettes et ouvrit la porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse.
La nuit commençait à tomber sur Cadaqués. Les murs blancs viraient au gris bleu, et la mer au loin semblait plus dure encore. On entendait des couverts, des voix, une radio trop forte un peu plus bas. La vie des autres. Toujours là.
Léa s’assit en tailleur à même le sol, près d’un vieux barbecue rouillé.
Elle me lança un regard étrange et je m’accroupis à ses côtés. Cette fois, pas à ses pieds. À côté. Nuance infime, mais qui me parut importante.
Elle ouvrit le carnet. Les pages étaient couvertes d’une écriture fine, sèche, méthodique. Des noms, des dates, des abréviations. Des habitudes, des failles, des montants, des préférences. Des vies réduites à ce qui pouvait servir.
Léa arracha la première feuille.
Puis une autre.
Puis plusieurs à la fois.
Le feu prit mal d’abord. Jaune, hésitant. Puis l’encre se mit à cloquer, le papier à se recroqueviller, les lettres à se tordre avant de devenir noires.
Léa ne disait rien.
Moi non plus.
Elle alimenta peu à peu, le visage concentré. Je pris moi aussi une feuille et la jetai à mon tour. Une tâche nécessaire, mais pas libératrice. Quand il ne resta que la couverture et quelques lambeaux calcinés, Léa attrapa le tisonnier et écrasa le tout.
Le vent rabattit un peu de cendres sur sa cheville nue. Sans réfléchir, j’essuyai la poussière sombre du bout des doigts. Sa main se posa très doucement sur ma nuque, presque pour me remercier.
Je pensai à Maud. À Collioure. À la chapelle. À la villa. À Inès. À Bruno. À tout ce qu’on ne laisserait jamais vraiment derrière nous. Puis je regardai Léa. Ses pieds nus dans la pénombre, sa paume encore tiède sur ma peau, son visage fatigué, beau, inquiétant, vivant.
Je ne savais toujours pas si je pouvais lui faire confiance.
Mais en la voyant ainsi, avec le feu mort entre nous, je n’avais aucune envie de m’éloigner.
*
Le lendemain matin, une clarté blanche vint s’étaler sur le mur. J’étais réveillé depuis un moment déjà. Léa dormait encore sur le ventre, un bras replié sous l’oreiller, la joue tournée vers moi, le drap tombé au sol par trop de chaleur. Ses pieds étaient l’un sur l’autre, calmes enfin, presque enfantins dans cette immobilité. Ils devenaient pour moi une porte d’entrée dans son monde.
Du bout des doigts, j’effleurai son corps, du creux du genou à l’épaule, glissant sur la cuisse, la fesse, le dos, en repensant à la veille. À l’aveu. Au carnet. À la façon dont j’avais accepté de rester malgré, ou à cause de ce que je savais désormais. La nuance me paraissait de plus en plus inquiétante.
Léa s’étira lorsque mon doigt arriva à son cou et elle ouvrit les yeux. Elle me regarda tendrement, comme on vérifie la météo d’un visage qu’on connaît.
Elle se redressa un peu, puis resta immobile. Le matin la rendait moins dangereuse en apparence. Vingt-sept ans. Une fille qui aurait dû avoir des problèmes plus bêtes, des histoires moins lourdes.
Elle eut un très léger sourire.
Elle hocha la tête, comme si c’était à la fois beaucoup et insuffisant. Puis elle sortit du lit, ramassa une chemise et l’enfila. Le tissu lui tombait haut sur les cuisses. Elle alla à la cuisine et fit couler du café, ouvrit la fenêtre. L’air frais entra, avec cette odeur de pierre claire, de pain chaud, des rues déjà éveillées.
Je la rejoignis un peu plus tard. Elle me tendit une tasse sans me regarder.
Je bus une gorgée.
On descendit en silence. Les volets s’ouvraient, des commerçants balayaient devant leurs portes, un gosse tirait un vélo. Personne ne nous connaissait. Un soulagement mince, mais réel.
La plage n’était pas loin. Une petite anse de galets. Léa retira ses sandales avant même d’avoir atteint la mer. Je la rejoignis avec plus de prudence.
L’eau était froide. Elle mordit d’abord les chevilles, puis les genoux, puis le ventre. J’entrai jusqu’à sentir ma respiration se casser, puis je plongeai. Ça avait au moins ce mérite : pendant quelques secondes, il n’y avait plus que le corps. Celui qui avance, qui pousse, qui sort, qui lutte juste assez pour ne pas couler. Je la vis flotter déjà sur le dos, les bras ouverts, les seins affleurant la surface, les yeux fermés.
Quand on regagna la rive, elle essora ses cheveux en arrière et s’assit sur la serviette. Ses pieds laissèrent deux traces sombres sur le tissu. Elle s’allongea ensuite. Une journée banale. À deux mètres, une famille installait un parasol. Plus loin, une vieille femme lisait.
Elle ricana doucement, puis se retourna pour me faire face et posa son pied sur ma cuisse. Rien de déplacé. Un geste anodin. Un geste de couple. Pourtant, mon corps réagit immédiatement.
Léa se mordit la lèvre en le constatant, mais ne bougea pas davantage. Elle resta juste là, confiante, presque insolente.
Je baissai les yeux vers ses orteils encore humides, un peu rosis par l’eau froide, et regardai la mer, le ciel, à nouveau son pied, puis elle.
Elle bougea à peine, une caresse plus qu’un déplacement.
Le vent souleva un coin de serviette. Pendant quelques secondes, je crus qu’elle n’allait pas répondre.
Elle détourna les yeux vers les bateaux au mouillage.
Je posai ma main sur son pied. Sa peau chauffait déjà au soleil. Ses orteils se repliant à peine sous ma paume me troublèrent.
On resta longtemps ainsi. À parler de choses bêtes ensuite, presque par nécessité : des horaires du marché, d’un bar qu’on avait aperçu la veille, du voisin du dessous qui chantait faux en étendant ses draps, d’un futur boulot pour elle, de la création d’un club ou de quelque chose qui y ressemblerait pour moi. On empilait des banalités pour ne pas monter des digues.
Puis, sans que je ne sache trop bien comment on en était arrivé là, elle me demanda :
Je pris le temps de réfléchir.
Le clapotis de l’eau sur les galets. La vieille dame qui refermait son livre.
Je souris malgré moi.
Je laissai filer quelques secondes.
Je n’allai pas jusqu’à parler d’un enfant. Le simple fait que l’idée ait traversé mon esprit me surprenait assez. Elle avait pourtant surgi, peut-être justement parce qu’avec elle, rien de durable ne pourrait jamais être innocent.
Léa n’insista pas. Elle se contenta de se rallonger et de fermer les yeux.
Ses doigts cherchèrent les miens dans le sable chaud.
Sur le chemin du retour, le soleil était déjà plus haut, les ruelles plus pleines. On remonta lentement vers la maison. Une moto toussota en démarrant. Une odeur d’ail descendait d’un balcon. La vie reprenait ses droits, ses habitudes. Léa marchait devant moi, ses sandales à la main. Je regardais sa nuque, ses mollets, ce rythme souple qui était le sien. La vérité avec elle n’arrivait jamais entière. Seulement par couches. Et chaque fois, je devais décider si j’avançais encore d’un pas.
Elle ralentit pour m’attendre. Côte à côte, nos épaules se frôlèrent. Sa main glissa dans la mienne une seconde plus tard, et je sentis dans ce geste autant de confiance que de précaution.
Un couple passa, se décalant à peine. Une vieille dame nous contourna avec son cabas.
Quand on arriva, Léa s’arrêta sur le seuil.
Je regardai ses pieds nus sur la marche blanche. Son expression. La mer au bout de la rue. Ma vie, peut-être. Ma chute aussi. Ce fut à ce moment exact que j’acceptai de ne plus être innocent, et de continuer à aimer.
On entra.