| n° 23517 | Fiche technique | 53585 caractères | 53585 9137 Temps de lecture estimé : 37 mn |
23/02/26 |
| Présentation: Dans le monde hyper connecté de 2048, Aristide fait la connaissance de Simone, qui le ramènera à la vraie vie | ||||
Résumé: Aristide, ou MIG347, passe son temps libre sur les réseaux. Un soir, sur un site X, il a une histoire avec Alyssia, le double virtuel de sa voisine Simone. Celle-ci lui ouvrira les yeux... | ||||
Critères: #sciencefiction #voisins fh vidéox | ||||
| Auteur : ChrisM Envoi mini-message | ||||
| Concours : Demain |
Telle une pénitente en prière, la jeune femme est agenouillée à trois pas devant moi, les bras croisés, la tête baissée.
Par ces mots, Justine m’offre la pleine jouissance de son corps. La voix est mêlée d’inquiétude, elle vient de découvrir mon antre, mon jardin secret. Elle est assurément intriguée par les râteliers de badines et de cravaches, alarmée par les chaînes et les crochets pendant du plafond, angoissée par la croix de Saint-André fixée au mur, terrifiée par la présence des fers chauffés au rouge.
Une musique moyen-orientale s’élève, flûtes et tambourins créent une ambiance envoûtante, sensuelle. Justine se relève et dénoue son foulard, dégageant un long cou orné d’un collier de chien, les cheveux noirs tombent en nappes sur les épaules. Puis elle dégrafe son gilet chamarré, bouton après bouton, le fait glisser sur ses épaules, le long des bras avant de le laisser choir, découvrant de larges bracelets en cuir munis d’une boucle d’attache. Entraînée par le rythme entêtant de la musique, elle retire sa ceinture, baisse les fermetures éclair et la jupe tombe au sol, laissant apparaître un jupon. Les chevilles sont fines, les bracelets de cuir, semblables à ceux qui équipent les poignets, tranchent sur la peau claire. Les mollets sont bien dessinés, le jupon laisse entrevoir des cuisses fuselées.
La jeune femme ouvre son chemisier, découvrant un appareil de lanières, de boucles. Les seins sont nus, comprimés par des liens de cuir, les tétons sont saillants, appelant la morsure des pinces. Le jupon tombe au sol, elle ne porte pas de culotte, comme je l’avais ordonné. Nue devant moi, elle attend mes instructions.
Les bras au-dessus de la tête, elle ondule, le bassin roule d’arrière en avant, le nombril s’efface dans les plis du ventre avant d’en resurgir quand les seins sont projetés en avant. Elle tourne, vire, me présentant toutes les facettes de son anatomie. Très jolies fesses, encore vierges de toute marque, de toute cicatrice.
Sans un mot, elle se positionne afin que je puisse admirer son abricot juteux, son trou plissé.
Je suis assis, ou plutôt avachi, sur un canapé, jambes ouvertes, mon sexe déjà au garde à vous. Elle s’installe à genoux devant moi, attrape à deux mains mon sexe pour le porter avec dévotion dans sa gorge. Délicatement, elle mouille ma queue afin d’en faire émerger le gland. Puis la langue tourbillonne, les lèvres massent la totalité de ma verge, les joues de la femme se creusent, mon sexe est aspiré au plus profond de cette gorge si accueillante.
Je réalise brusquement. « Quels cons ! Quelle erreur de programmation ! » Personne ne teste les nouveautés avant qu’elles ne soient mises sur le marché ? 12 yuans, c’est pas rien, je vais en demander le remboursement.
Après quelques secondes, le serveur répond.
Le choix est vite fait, je suis un gros consommateur de X. Et, comme je suis resté sur ma faim, je vais repartir sur une histoire éprouvée.
Celui-ci a le mérite de la simplicité : la femme a le feu au cul, on la saute dès que son mec est absent. Je l’ai choisi des dizaines de fois, ça marche à tous les coups.
Hier soir, elle attendait l’ascenseur. M’ayant aperçu arriver en courant dans le hall, elle avait bloqué la porte le temps que j’arrive. La remerciant d’un signe de tête, j’avais enregistré que le voyant 15ᵉ étage était allumé, trois étages au-dessus de chez moi. Je ne l’avais jamais vue auparavant, elle a dû emménager récemment ou, c’est peu probable, elle était en visite. Je lui avais donné entre 25 et 28 ans, à peu près mon âge. Les cheveux blonds encadraient un visage rond, des yeux presque verts, un petit nez retroussé, un sourire poli. Plutôt mignonne, la fille, ça pourrait être un bon support de baise virtuelle.
Je n’avais pas bougé de mon canapé, les jambes écartées, le CRV (casque de réalité virtuelle) sur la tête, le mannequin dans les mains, le masturbateur connecté entretient mon érection. Un petit bruit, le mannequin se gonfle, les seins prennent du volume, les fesses s’arrondissent. Quelques secondes plus tard, arrivent les images 3D.
Je suis en short et tee-shirt dans l’ascenseur, la porte du 15ᵉ étage s’ouvre, une femme nue entre. La ressemblance avec ma voisine est frappante mais ne me surprend pas. Avec toutes les caméras de surveillance installées dans les lieux publics, son visage doit être cartographié depuis longtemps.
Elle se retourne, se met en appui contre la paroi de l’ascenseur, écarte les jambes.
Je m’approche, j’agrippe ses hanches, je sens sa présence sur le bout de mon sexe, je pousse. Mon gland est comprimé, je recule, je pousse encore plus fort. Tout est rentré, je suis bien ! Son massage est délicieux, des ondes de pression parcourent mon sexe, l’aspiration est en cours, mes couilles sont malaxées, sucées.
L’ascenseur descend, étage par étage. À chaque palier, la porte s’ouvre. Pendant quelques secondes, je sens mon cœur monter dans les tours, un coup d’œil pour s’assurer que le palier est vide et je reprends mon pilonnage. La porte se referme dans un petit chuintement, l’ascenseur repart… Palier après palier, la pression monte, d’autant plus qu’Alyssia m’encourage en criant son plaisir à gorge déployée.
Quelques instants plus tard, les sensations ont changé sur ma queue. La pression est beaucoup plus forte, le gland est écrasé, mes mouvements sont freinés. Ce qui ne m’empêche pas de donner de violents coups de reins. Le martèlement de mon bassin contre ses fesses, amplifié dans cet espace réduit, est énorme. On va ameuter tout l’immeuble…
À l’entendre, je sens la sève monter dans mes reins et je crie :
À ces mots, elle se déchaîne, mon sexe est malmené dans tous les sens, Alyssia hurle sa jouissance. La porte de l’ascenseur s’ouvre à nouveau, de voir le couple du 2ᵉ nous trouver en pleine fornication me fait tout lâcher, des torrents de sperme se répandent…
dans mon masturbateur.
Heureusement que c’est un modèle de grande capacité et qui se nettoie facilement.
Encore étourdi, je pose le casque et je retrouve les murs blancs de mon petit appartement, le gris du ciel.
Belle séance, mais je commence à connaître par cœur les histoires, je n’ai plus la surprise de la découverte. Il y a bien le modèle premium, avec un gode anal connecté, mais ça coûte un bras. Ce n’est pas avec mon salaire de 2600 yuans que je pourrai me le payer.
oooOOOooo
7 heures, il ne faut pas que je traîne si je veux arriver à l’heure au boulot. L’ascenseur s’arrête sur mon palier, la porte s’ouvre, je tombe nez à nez avec Alyssia, la voisine du 15ᵉ. Pendant un instant, je ne sais plus si mon trip virtuel se poursuit, si je dois lui sauter dessus et lui arracher ses vêtements, ou si je suis dans la réalité…
La voix est douce, musicale. Rien à voir avec celle d’Alyssia hier soir, plus rauque. J’atterris en catastrophe.
Je me précipite vers la station de métro, elle est bien chargée, on va encore voyager serré. Malgré le trafic toujours croissant, cela fait des décennies que Paris n’investit plus dans les transports en commun… Mais je n’ai pas le choix. Le vélo, ça va encore en hiver, mais dès le printemps, la chaleur est tellement intense l’après-midi qu’il est impossible de rouler. Quant à prendre un taxi autonome, ne rêvons pas, ce n’est pas pour mon budget.
La demi-heure de métro passe lentement. Si je mettais mon casque CRV, je pourrais visionner un film ou un clip. Mais c’est interdit, tout le monde doit avoir la tête nue et dégagée afin de ne pas perturber la reconnaissance faciale. Certains se rebellent mais, dès l’arrêt suivant, ils se font embarquer, et pas en douceur.
Quand j’émerge du métro, un attroupement : encore un piéton renversé sur le Boulevard Montparnasse. Pourtant, tout le monde sait qu’il faut faire gaffe, il y a souvent des convois de voitures officielles qui déboulent à toute allure, sans se soucier des feux. Depuis que l’Ambassade de Chine a déménagé au Palais du Luxembourg, devenu libre lorsque le Sénat a été supprimé, tout le gouvernement défile là-bas afin de prendre ses instructions.
En passant le portail d’identification de IAM, ma boîte de services en IA, je reçois un message vocal « Réunion info Directeur à 9 heures ». J’avais une programmation à terminer, je vais devoir reporter. À l’heure dite, tous les employés sont entassés dans la salle de réunion, le Directeur monte sur l’estrade et, sans attendre, démarre son discours d’une voix monocorde. Dans nos oreillettes, nous en entendons la traduction. Comme les directeurs chinois changent tous les deux ans, ils n’ont pas le temps ni même l’envie d’apprendre le français. Et mon chinois reste trop sommaire pour le comprendre, d’autant plus que ce Directeur a un accent du Sud très marqué.
Pendant un quart d’heure, il nous explique que la concurrence est de plus en plus vive, que nos résultats sont insuffisants. Tout le monde attend sa décision, elle tombe, on travaillera une demi-heure de plus chaque jour, non payée. Personne ne réagit, on a trop l’habitude. J’ai bien essayé de changer de job mais la situation est la même partout.
oooOOOooo
18h15. Lorsque j’arrive au pied de mon immeuble, la voisine m’attend.
J’ai failli dire MIG347, c’est mon pseudo, je me reprends.
On est compatibles pour un plan cul. Mais elle se tait. Peut-être qu’elle a changé d’idée, ou je ne lui conviens plus. Je n’insiste pas, c’est à elle de poursuivre, je ne veux pas risquer une accusation de harcèlement.
Que dire de la réunion ? Le chef de l’immeuble nous la fait à la chinoise, avec un mélange d’engueulades (des papiers ont été trouvés dans l’ascenseur), de jérémiades (les réglementations toujours trop importantes, malgré des assouplissements progressifs). Tout ça pour indiquer la répartition des corvées, je me retrouve affecté au groupe de nettoyage des parties communes.
En sortant de la réunion, Simone me demande :
Elle est fine mouche. Au lieu de parler sexe, elle sait qu’il est difficile de lutter contre une poupée connectée, elle me fait miroiter une bonne bouffe. J’avais autre chose en vue, devant retrouver en ligne quelques amis pour une orgie romaine. Cependant l’invitation de Simone me tente, car mes repas ne sont pas très variés, si l’emballage de la boîte est différent, le contenu semble toujours le même.
C’est aussi la première fois que je suis invité par un résident de l’immeuble. Depuis quatre ans que j’habite ici, je ne connais qu’un appartement, le mien. Il est vrai aussi que je ne reçois jamais personne. J’ai beaucoup d’amis, vous pouvez vérifier ! mais on ne se fréquente qu’en distanciel. Alors je me décide :
Son appartement est identique au mien, même distribution des pièces, même couleur des murs, mêmes meubles mais en quelques jours, à l’aide de gravures aux murs, de tissus colorés, elle a su lui donner une âme, une chaleur. Un pan de mur est occupé par une bibliothèque. Des livres !
J’ai appris à lire, bien sûr, mais j’en ai perdu l’habitude. Comme les audios sont disponibles en tout lieu, en tout temps, il est inutile de s’encombrer de livres.
Je reste sans voix, j’étais venu manger un morceau, éventuellement sauter la fille, et je me prends un cours d’histoire contemporaine ! Me vient un doute : est-elle envoyée par la police pour me piéger ?
oooOOOooo
Le repas était excellent, des goûts et des saveurs que je ne connaissais pas, ou que j’avais oubliées.
Ensuite, pour achever de me convaincre, Simone a sorti un manuel scolaire des années 1980. J’ai pu lire, déchiffrer serait plus exact, qu’en 1860, c’était les Français, avec les Anglais, qui avaient mis sous tutelle la Chine après avoir bombardé Pékin et saccagé le Palais d’Été de l’Empereur de Chine. Mais peut-on aussi truquer des livres ?
Je n’ai pas attendu qu’elle sorte de la salle de bain. Quand j’ai poussé la porte, elle était devant son lavabo, nue, à se brosser les cheveux. Le temps de virer mes vêtements, j’étais sous la douche.
Tout en me savonnant, je détaillais ma voisine, notant les différences avec Alyssia, son double virtuel. Les seins de Simone ressemblaient à de jolies poires, très mobiles, différents des obus de la veille. Une légère toison couvrait le sexe de ma voisine alors qu’Alyssia était entièrement rasée. Les fesses étaient plus rondes, masquant sa corolle, les cuisses plus fines. Belle femme, je me suis dit, elle pourrait rentrer dans les bases de données des sites X. Mon sexe était d’accord, il frémissait, se gonflait, montait… sous l’œil approbateur de Simone.
Ruisselant d’eau, sans même m’essuyer, je l’ai poussée contre le lavabo. Ma bite était maintenant raide, le gland émergeant fièrement de son fourreau de peau. J’ai glissé mon mandrin entre les fesses de Simone, elle l’a attrapé pour l’enfiler dans sa chatte.
L’attrapant par les hanches, je l’ai besognée contre le lavabo. Le miroir nous renvoyait notre image, moi à demi couché sur le dos de Simone, elle, encaissant mes violents coups de reins. Ma queue était à la fête et, comme j’en avais l’habitude, j’ai changé de trou. Mais je me suis fait surprendre. Peut-être que son conduit était très étroit ou Simone plus active mais mes couilles se sont contractées et la sève est montée rapidement, trop rapidement !
Trop tard, j’avais tout lâché. Après être repassé sous la douche, j’ai commencé à me rhabiller.
Je la regardais, bouche bée.
Pendant un mois, je n’ai pas revu Simone.
oooOOOooo
Sa dernière remarque me trottait dans la tête. C’est vrai, j’avais oublié comment se comporter avec une femme, cela faisait au moins trois ans que je n’avais pas couché en vrai. La baise virtuelle est tellement plus facile ! Tout est fait pour te satisfaire, tu peux vivre les situations les plus torrides, réaliser tes fantasmes les plus tordus sans te prendre la tête.
Mais j’avais l’impression de passer à côté de quelque chose, je n’oubliais pas la douceur de sa peau, le galbe de ses seins, la chaleur humide de son vagin, l’étroitesse de son rectum. Alors un soir, j’ai sonné à sa porte.
Un long blanc a suivi, puis la porte s’est ouverte.
Comme moi, elle était vêtue d’une tunique légère, la seule tenue supportable dans nos appartements surchauffés. Nous nous sommes regardés un moment, sans dire un mot.
Elle a défait l’emballage, trouvé un livre, l’a examiné.
J’avais acheté par hasard ce livre à un brocanteur sur le net, j’en avais aimé le titre. Les frais d’expédition en avaient triplé le prix, j’avais compris pourquoi en recevant ce pavé, plus de 1000 pages. Comment pouvait-on se farcir ça ?
Elle s’est approchée de moi et m’a embrassé. Pas un bisou de remerciement, mais un baiser d’amoureuse. Sa langue a forcé mes lèvres, a retrouvé la mienne pour un ballet endiablé. Le baiser, c’est ce qui manque en virtuel, on passe tout de suite au sexe. Les bras de Simone autour de mon cou, son ventre plaqué contre le mien, ses seins écrasés contre ma poitrine, elle m’embrassait à bouche perdue. Je lui malaxais les fesses, elle répondait en serrant encore plus fort son ventre contre moi. Ainsi encouragé, j’ai remonté la tunique, dégagé les fesses et retrouvé la peau nue. Quand mon majeur a suivi la raie culière, s’arrêtant un instant sur sa corolle, puis plongé vers son abricot, elle a frémi. Mon sexe se gonflait, je ne faisais rien pour le cacher.
Sans que ses lèvres ne décollent ma bouche, elle a glissé une main entre nous pour attraper ma queue et j’ai soupiré d’aise. Pendant quelques minutes, nous nous sommes caressés mutuellement, ma bite raidissait sous sa douce manipulation, sa chatte ruisselait sous mes doigts, prête à m’accueillir.
Elle s’est détachée de moi, s’est agenouillée. Elle n’avait pas lâché ma queue, continuant de la branler délicatement avant de la glisser dans sa bouche. Mes couilles bien au chaud au creux de sa main gauche, ses lèvres repoussaient la peau de mon gland, descendaient le long de ma bite, lentement, sans s’arrêter, sans reculer. Sa langue tournait autour de mon gland, pénétrait ma fente, je ressentais la chaleur de sa bouche tout au long de mon mandrin. Une pipe de grande classe ! Mon bassin partait en avant, mes fesses se raidissaient, mes couilles durcissaient. Elle retira la queue de sa bouche, sans cesser de me branler.
Et de replonger sur ma bite. Quelques instants plus tard, je me vidais dans sa bouche. Elle avait senti ma jouissance arriver mais n’avait rien fait pour la freiner, bien au contraire. Elle m’aspirait toujours alors que les pulsations de ma bite avaient cessé, que je n’avais plus rien à expulser dans sa gorge. Elle se releva et, de nouveau, m’embrassa. Ses lèvres, la langue, la salive étaient encore imprégnées de mon sperme, encore une sensation nouvelle pour moi. Enfin, elle se détacha de moi, avec un grand sourire.
Elle m’a entraîné par la main.
Le lendemain matin, comme un vieux couple, nous nous sommes assis l’un en face de l’autre, attablés devant deux mugs de thé.
Puis redevenant sérieuse,
Elle s’est approchée de moi et, me prenant dans ses bras, me reprit la bouche. Sa langue dansait avec la mienne, cette langue qui avait tant fait vibrer mon sexe, les seins durcis contre moi, des seins que j’avais embrassés, sucés, baisés, arrosés, son ventre, que j’avais envahi des heures durant, ondulait contre le mien. Tout en elle exprimait un désir inassouvi. Pourtant, après la nuit que nous venions de passer, elle ne pouvait plus me traiter d’égoïste, mes jouissances avaient été largement partagées. Comme une demi-heure plus tôt…
Je dormais encore quand elle s’était levée, c’est le bruit du sèche-cheveux qui m’a réveillé. Je suis entré dans la salle de bain, elle m’a vu arriver dans le miroir, la tête encore enchiffonnée, les cheveux en bataille mais la bite en pleine forme. Je m’étais promis d’effacer le souvenir de notre première fois, de lui montrer que, même accro au X virtuel, je savais m’occuper d’une vraie femme. Sans un mot, j’ai glissé mon sexe dans son vagin et je l’ai limée, doucement, régulièrement, profondément tout en recherchant son clitoris. Elle m’avait accueilli d’un simple sourire, puis elle a commencé à murmurer, à gémir de plus en plus fort, puis à réclamer ma bite. Son bassin a pris vie, venant à la rencontre du mien, de plus en plus vite, de plus en plus fort. Son orgasme, violent, brutal fut une délivrance.
Moi, je n’avais pas joui, j’avais réussi à me maîtriser. Sans la laisser redescendre, j’ai pris son cul. D’une seule poussée, lente et régulière, je me suis enfoncé au fin fond de ses entrailles. Les yeux écarquillés de Simone, sa bouche grande ouverte, témoignaient de sa surprise, mais une surprise heureuse, presque joyeuse ! Sans attendre, je l’ai pistonnée en force. Même si j’avais longuement exploré son cul dans la nuit, il s’était bien refermé et ma queue se frayait difficilement un chemin, mais rien n’aurait pu me freiner ! Simone a recommencé à bafouiller, à japper, et j’ai senti les spasmes monter dans son corps. Nous nous étions synchronisés, quand je ralentissais pour reprendre de l’énergie, son bassin prenait le relais et les claquements sourds de nos corps ne cessaient pas. Ses cris sont montés dans l’aigu, c’est devenu une stridulation modulée par les violents coups de reins que nous nous donnions. Quand elle s’est effondrée sur son lavabo, morte, les yeux dans le vide, je me suis vidé en elle.
Habituellement, quand elle jouissait, m’a-t-elle expliqué plus tard, c’était un flash intense mais relativement bref. Là, elle a eu un orgasme long. On lui en avait en parlé, elle n’y croyait pas vraiment mais elle venait de l’expérimenter. Elle ne savait comment le décrire, parlant de bouquet final d’un feu d’artifice, d’une jouissance permanente pendant un temps infini, de l’impression de tutoyer le ciel, de se fondre dans le cosmos…
Sans interrompre son baiser, Simone glissa ses mains sous ma tunique, sur mes fesses nues, descendit vers mes couilles. Mais je devais partir… J’ai dû détacher ses bras pour me libérer.
Je me souvenais vaguement d’avoir appelé Simone du nom de son double virtuel pendant que je la sodomisais.
Je suis revenu le soir, et les soirs suivants.
oooOOOooo
Cela fait trois mois que je passe mes nuits chez Simone, ne revenant chez moi que pour me changer. Ce matin, j’ai senti une courbature à l’épaule, à ne plus pouvoir monter le bras. La veille, après l’amour, Simone s’était endormie contre moi. À la lueur de la veilleuse, je voyais son visage détendu, je sentais son corps complètement relâché, abandonné en toute confiance. Moi, j’étais coincé, j’en avais des fourmis dans les bras, ne pouvant bouger sans risquer de la réveiller. J’osais à peine poser une main sur son dos nu alors qu’un de mes scénarios virtuels favoris était celui de la femme endormie, que l’on réveille avec une bite dans la bouche ou dans le cul… J’ai très mal dormi, mais cette nuit à veiller sur elle a été une des plus belles de ma vie.
J’ai ensuite appelé mes parents, comme je le fais chaque semaine.
Toujours la même réponse. Pourtant leur situation n’est pas facile. Venant d’atteindre les 65 ans, ils ont été rétrogradés dans un emploi senior, les conditions de travail sont moins exigeantes, en attendant la retraite dans 10 ans. La contrepartie, on n’avait pas vu l’entourloupe quand la loi était passée, est que la retraite est indexée sur les 10 dernières années de travail. Vu que les emplois seniors sont très mal payés, le montant de la retraite est ridiculement bas.
C’était mon point noir. Toutes les semaines, mon bracelet médical piquait une micro goutte de sang et lançait un check-up complet. La glycémie avait fortement monté les années précédentes et j’avais dû augmenter les doses d’insuline. Mais, depuis deux mois, le taux s’était stabilisé et avait même commencé à baisser.
C’est sûr, ma facture mensuelle d’insuline dépassait les 200 yuans. Quand j’en parlais avec Simone, elle me faisait remarquer que j’étais une victime de la publicité, étant abreuvé de pubs incitant à manger et boire sucré. Elle m’avait montré des études sur la nocivité du sucre, mais elles avaient été enterrées. Il faut dire que la société Chang, en quasi monopole pour la vente des sodas en Europe, était à 100 % propriété des Chinois. En conséquence, les diabétiques étaient devenus majoritaires dans la population, même chez les jeunes. Ce qui n’était pas un problème pour le gouvernement, car un traitement existait, naturellement fourni par des sociétés chinoises…
Non, ce qui me surprenait dans mes analyses était que tout allait très bien. Je craignais un problème d’anémie ou une chute des globules blancs, un manque de fer ou de calcium, de vitamines, mais c’est l’inverse que mon appareil mesurait, j’avais un bilan idéal. Pourtant, je dormais peu, nous dormions peu serait plus exact. J’avais parfois l’impression d’être un zombie quand je pointais le matin chez IAM.
Après mon appel, je suis remonté chez Simone.
C’était la première fois qu’une femme, une vraie femme, m’appelait mon chéri. Elle avait mis des mots sur ce que je pressentais sans oser me l’avouer, elle était amoureuse et moi aussi.
Nous avons fait les démarches nécessaires, le déménagement a vite été fait, deux valises… J’ai revendu mon casque CRV, le mannequin, le masturbateur. Je n’en ai pas tiré une grosse somme, mais je ne les utilisais plus.
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Habitant seul depuis des années, j’avais pris des habitudes de célibataire : à peine rentré, je mettais mon CRV, écoutais mes messages, passais mes commandes de bouffe, discutais avec les amis sur les réseaux, regardais un film ou un match avant de me payer une bonne séance de X. Je ne quittais mon casque que pour avaler mon repas ou prendre une douche. Avec Simone, tout a changé.
Elle rentrait du travail avant moi. Quand j’ouvrais la porte, rien que de l’apercevoir, de retrouver son sourire, d’entendre son « Bonsoir, mon chéri », toutes les frustrations de la journée disparaissaient. Elle me racontait sa journée, montrait les livres qu’elle avait pu soustraire à la destruction, me décryptait les informations politiques. Parfois même, nous sortions dans un bar ! Le dimanche, nous allions sur le marché acheter des légumes dont je n’avais jamais entendu le nom et je l’aidais ensuite à préparer les repas.
Progressivement, j’ai découvert une autre facette de Simone, ce qu’elle a appelé son côté Alyssia, en souvenir de son double virtuel. Il arrivait souvent que, assis côte à côte sur le canapé, je voyais d’un coup son regard se perdre, la voix s’enrouer. Elle interrompait notre discussion d’un baiser sur les lèvres : « Alyssia te réclame ! » et nous filions dans la chambre. Simone, la femme douce, gentille, prévenante devenait Alyssia, une guerrière du sexe. Loin d’être une exception, l’intensité de notre première nuit devenait notre quotidien ! J’en avais été surpris, les quelques femmes que j’avais connues étaient loin d’être aussi actives. Un soir, elle se confia :
Simone s’était endormie contre moi mais j’avais eu du mal à trouver le sommeil, ses confidences me tournaient dans la tête. Le lendemain matin, nous étions allongés côte à côte, le soleil du matin commençait à illuminer notre chambre. Comme souvent, Simone, ou plutôt Alyssia, m’avait réveillé.
Simone a embrassé mes lèvres, puis sa bouche est redescendue… Quelques minutes plus tard, satisfaite, elle glissait mon sexe en elle avant de me chevaucher.
Pendant près de trois mois, j’ai partagé mes jours et mes nuits entre Simone et Alyssia, si différentes et pourtant complémentaires. Le bonheur !
Jusqu’à ce matin d’octobre. Quand j’arrivai en courant devant le portail d’identification de IAM, il resta bloqué ! Un gars de la Sécurité me demanda de le suivre. Il m’installa dans un box, un message vocal me parvint : « Pour des raisons économiques, votre poste est supprimé à compter de ce jour. Votre casier a été vidé et vos affaires personnelles sont disponibles auprès de l’agent de sécurité. Conformément à la loi, vous recevrez une indemnité de 3 mois de salaire pour solde de tout compte. Si vous souhaitez enregistrer un message pour vos anciens collègues, nous le leur ferons parvenir. » Le gars de la Sécurité attendait un peu à l’écart, prêt à intervenir en cas de problème. Il était inutile de gueuler, de manifester, je n’avais plus qu’à rentrer chez moi.
Au bout d’un mois de vaines recherches, je commençais à perdre espoir. Les places ne manquaient pas mais les salaires étaient très inférieurs à celui que j’avais chez IAM.
Elle m’avait déjà parlé d’Arthur, un ancien prof à Lyon. Cinq ans auparavant, les Chinois lui avaient proposé un poste à Shanghai mais il avait refusé. Décidant de changer de vie, il s’était installé avec un groupe d’amis dans un village abandonné, Châtel-le-Vieux, à près de 1200 mètres d’altitude.
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Le voyage nous a pris la journée. Par chance, le TGV pour Lyon n’avait eu aucun retard, mais il nous a fallu ensuite 4 heures pour arriver au Puy-en-Velay. Heureusement qu’Arthur nous attendait, je ne sais pas comment on serait arrivés à Châtel sans lui. Je m’attendais à voir un grand échalas à lunettes, je découvris un colosse barbu. La barbe ! Encore des choses qu’on ne voyait plus à Paris. Il était mal vu d’afficher sa pilosité à côté de Chinois imberbes, une barbe de trois jours était considéré comme un manque de respect, voire un acte de défiance.
Un autre truc m’a perturbé : Arthur ne portait pas d’oreillette. J’ai bien regardé, rien ! La mienne, je ne la quittais quasiment jamais, sauf sous la douche. Le boîtier de télécommunication satellite, c’était tout petit, on pouvait le ranger dans une poche, mais l’oreillette, on ne pouvait pas la cacher ! Comment faisait-il pour communiquer, envoyer des requêtes à Baidu, recevoir ses messages, parler avec ses amis ou ses collègues de travail, passer des commandes ?
Nous avons chargé nos sacs de voyage dans son van, au milieu des cagettes vides et nous nous sommes entassés sur la banquette avant. J’allais de surprise en surprise.
Arthur avait passé la journée sur le marché des producteurs du Puy, à vendre ses légumes et ses fruits. Il nous a confié que les terres remises en culture à Châtel rendaient bien et qu’ils avaient réussi à se constituer un bon réseau de clients et de grossistes.
En découvrant le village, ce qui me surprit le plus, c’est le bruit. Des cris, des cavalcades, mais aussi des rires d’enfants. Simone me regarda en souriant.
C’est vrai. Les enfants, on n’en voyait plus à Paris. D’ailleurs, aucun de mes amis n’en avaient ou alors ils n’en parlaient pas… Avec l’envolée des frais médicaux, la privatisation des crèches, des écoles, élever des enfants était une ruine.
Samanta nous a fait visiter le village, présentés à un tas de personnes. L’accueil était simple, cordial, les gens souriaient, ça me changeait de mon boulot. Les trois jours suivants, nous avons découvert Châtel, le village et ses alentours. On pouvait se promener à l’extérieur, la chaleur n’était pas trop forte, un léger vent permettait de se rafraîchir. On nous avait indiqué un petit lac à deux heures de marche, un vrai paradis. Nous étions seuls, on aurait dit seuls au monde, pas un bruit hormis celui de la nature, du clapotis de l’eau. Nous passions des heures à regarder le ciel, nous baigner nus et faire l’amour… Le soir, nous retrouvions les autres dans la salle commune. Il n’y avait pas de places attitrées, chacun s’installait où il le voulait, nous n’avions jamais le même voisin. Les soirées étaient animées, des engueulades, je n’en ai pas entendues mais des grands rires, des chansons, ça oui !
C’est là que j’ai sympathisé avec Ethan, un gars de mon âge. Comme moi, il avait fait des études d’informatique. Il avait bossé quelques années avant de tout laisser tomber et rejoindre la communauté. Comme je l’interrogeais sur son travail :
J’étais tenté, mais j’allais laisser Simone seule.
Les jours suivants, Ethan m’a embarqué. Il avait été décidé de se lancer dans la production d’oranges et de citrons et une équipe avait été chargée de préparer une nouvelle parcelle. Nous avons passé une semaine à abattre des arbres, débroussailler, nettoyer le terrain avant de mettre les arbustes en terre. Quand je rentrais le soir, j’étais vanné, à peine je me couchais que mes yeux se fermaient. Mais, à la fin de la semaine, j’étais fier du travail accompli et nous avons fêté ça avec l’équipe. C’est au moment de prendre des vidéos que je me suis rendu compte que je n’avais pas mon boîtier télécom. J’avais passé la journée sans être relié à Internet et, le plus étonnant, cela ne m’avait pas manqué.
Le samedi soir, nous avons fait nos adieux, devant repartir tôt le lendemain matin. Passant de table en table, nous avons salué toutes ces personnes que nous avions croisées pendant ces deux semaines de déconnexions, au sens propre et figuré. Quand nous sommes arrivés devant Ethan, il s’est levé, m’a serré dans ses bras.
Moi, je ne pouvais pas parler, de sentir le corps massif d’Ethan contre moi me bouleversait. En quelques jours, nous avions appris à nous connaître, à nous apprécier. J’ai pris conscience qu’Ethan était mon premier vrai ami.
Nous attendions Samanta et Arthur, ils n’étaient pas encore rentrés du Puy. Quand enfin ils sont entrés dans la salle, nous avons immédiatement remarqué leurs visages graves, soucieux. Très vite, un groupe s’est formé autour d’eux. Il était arrivé quelque chose ? Puis Arthur est venu vers nous.
Et il nous entraîna à l’extérieur de la salle.
oooOOOooo
Je ne comprenais pas : la lune n’était pas encore levée, le ciel était d’un noir d’encre, tout était plongé dans l’obscurité.
Et j’ai eu un flash.
Comment je ne m’en étais pas rendu compte ? Une nuit complètement noire, ça n’existait plus. Avec le passage des satellites, le ciel était constamment parsemé de points brillants. Mais ce soir, rien !
Nous sommes restés silencieux quelque temps, évaluant les répercutions de cette panne.
Arthur retourna dans la salle commune, nous laissant seuls.
Je n’avais pas besoin de réfléchir, ma réponse a fusé !
Le visage de Simone s’est éclairé.
En revenant vers la salle commune, j’ai repensé à ce que disait Simone : dans la vraie vie, les sentiments, les craintes, les espoirs, les difficultés mais aussi, et surtout les, bonheurs, les joies, sont plus intenses que dans le virtuel. Ce n’était un avenir tiède qui nous attendait, mais avec Simone, et Alyssia, je me sentais prêt !