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Temps de lecture estimé : 37 mn
17/02/26
Résumé:  1er avril 2045 le gouvernement impose le compactage dans les logements. Partout, même dans les hauteurs du Cantal.
Critères:  #drame #érotisme #policier #différencedâge #bisexuel ffh hplusag
Auteur : asa.a      Envoi mini-message

Concours : Demain
Cantal 2045

Assise au coin du feu, je relis les notes écrites par mon père sur les événements qui ont bouleversé nos vies.



CANTAL Liadouze 15 590 Mandailles-Saint-Julien lieu-dit Lacoste 1110 mètres


La factrice vient de quitter ma cour, me remettant l’enveloppe blanche avec le drapeau. Courrier officiel de la direction des impôts. Nous y voilà.


M. Georges Simion, en application du décret du 1 avril 2045 sur l’utilisation du foncier bâti, et compte tenu de la localisation de votre habitation – oui, une ancienne ferme perdue à 1 110 m d’altitude dans le Cantal sur les pentes du puy Mary – le nombre d’habitants référentiel pour les 5 ans à venir est défini exceptionnellement à 3. Vous voudrez bien vous connecter avec vos identifiants et renseigner les résidents au 1/01/2046 pour calculer votre impôt de confort.


Voilà c’est officiel. Il me reste 3 mois pour remplir cette grande bâtisse. J’y vis seul depuis le décès de mon épouse dans un accident de voiture.


Le décret est paru au journal officiel en ce 1er avril 2045. Notre gouvernement qui lutte contre la pollution, le changement climatique, la perte de la suprématie industrielle, la surpopulation dans les villes a lancé un vaste programme de retour à l’autonomie. Entendre plutôt l’autarcie.

Mince, pour nourrir 70 millions de Français sans importer du gaz, du pétrole, des produits agricoles d’Argentine, Brésil, Australie, USA… il faut des surfaces agricoles proches des villes voire dans la ville ? Non ?

Alors le plan c’est d’en recréer. Fermons nos yeux et dans quelques années nous pourrons voir en bord de Seine rive droite et gauche de vastes champs de cultures, d’élevage de moutons et de chèvres.

Ajoutez à cela la construction de manufactures d’État intra-urbaines, la perte en logements et en surfaces commerciales est gigantesque.

Pour y arriver, nos élus ont travaillé très dur.

Et par décret d’application du 1 avril 2045 création d’une taxe de «confort» payable au-dessus de 15m2 par habitant. Taxe égale à un an de loyer par tranche de 15 m2. Nous allons nous compacter, qu’ils disent !


Ce décret n’a pas été une surprise, il est en gestation depuis plus de 3 ans. J’ai eu le temps d’envisager une solution. Je viens de terminer les travaux, je vais pouvoir mettre en cohabitation une partie du logement. La cohabitation senior-jeunes est une trouvaille d’il y a 20 ans. Elle est peu répandue dans nos campagnes, mais avec ces décisions c’est le moment de le faire. Je n’ai que 64 ans donc c’est un peu jeune pour avoir besoin de monnayer une présence. Mais c’est la seule solution pour attirer des pseudo-locataires dans le trou du cul du monde. J’ai tout ce qu’il me faut pour mettre l’annonce sur cohabilis.org.



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Bip bip.

Un message de l’alerte recherche logement

Une offre vient d’être publiée sur cohabilis. org.

Pas de temps à perdre. Trouver un logement décent dans la vallée de la Jordanne c’est mission impossible. Mes finances ne vont pas me permettre de vivoter dans un gîte touristique. OK. Voyons cela. Ce n’est pas loin, au-dessus de Liadouze. Bien isolé en altitude. Impeccable.

Une chambre de 25m2 avec salle de bain dédiée de 11m2. C’est dispo de suite pour un couple.

Un coup de téléphone plus tard, me voilà en route pour Liadouze.

La ferme a l’air bien entretenue. La cour semi-fermée accepte le parcage de plusieurs véhicules.

M. Georges m’accueille. C’est un homme grand bien conservé. Un montagnard cantalien. Les cheveux légèrement grisonnants. Il me déshabille du regard, mais c’est fait très discrètement.

Je visite la chambre. Il y a un lit King size. J’adore et je vois déjà Élodie, ma chérie, nue comme un ver, étrenner avec toute sa perversité cette chambre.

Il y a un bureau. Trop petit pour installer mon matériel. M. Georges me promet de me fabriquer une extension. Je lui explique que je suis développeuse en informatique. Je bosse pour une boîte parisienne, mais à 99 % en télétravail.

Il me faut une connexion très puissante et beaucoup de calme pour ma concentration.

Nous abordons les annexes. La cohabitation pour la cuisine, la bibliothèque, le salon, la laverie. Bref M. Georges nous confie l’étage sauf une chambre d’amis et un accès partagé sur les pièces communes. De notre chambre on a une vue superbe sur la chaîne du puy Mary. Je suis venue ici pour cela.

Côté finance, c’est seulement 300 euros par mois. Avec une contrepartie de 5 heures par semaine à accorder au propriétaire. Je lui dis que la fée du logis c’est Élodie. Mais que nous devrions bien trouver un terrain d’entente.

Je lui communique les documents réclamés. Nous faisons un break d’une demi-heure le temps de valider avec Élodie que c’est tout bon. Qu’elle peut prendre contact avec le cabinet d’infirmières de Mandailles. Je lui dis que M. Georges devrait être à son goût

Après un gros chèque de caution pris sur le compte d’Élodie, je repars avec un contrat signé aux noms d’Aurore Monjuzet et d’Élodie Pikmoua.



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Ainsi cette grande brune aux cheveux très courts, coupe garçonne s’appelle Aurore. Je pensais héberger un jeune couple. Je vais être servi. Il émane de sa jeune personne un quelque chose qui ne laisse pas indifférent. Une force, une présence. Bref une attirance un brin sexuelle. Mais aussi j’ai senti une faiblesse cachée sous des couches de comportement. Elle va travailler ici. Ça veut dire une cohabitation forte genre h24.

Si j’ai bien compris, sa compagne habite actuellement à Lyon et est infirmière au CHU de Lyon. Ça va nous faire du bien d’avoir du renfort sur le secteur. J’ai un peu de mal à imaginer deux jeunes venir s’enterrer ici dans cette vallée. Vu la vie, l’énergie qu’Aurore dégage, c’est intrigant. Non ?

Je vais préparer son grand plan de travail. Elle emménage ce week-end.




Liadouze – Premiers jours.


Aurore a débarqué vendredi soir avec une voiture remplie de matériel, plusieurs unités centrales, trois écrans et des câbles. Je suis galant, je l’ai aidée à porter tout cela à l’étage. Nous venons de passer notre premier week-end. Hou là ! l’Aurore c’est quelqu’un. Comment vous dire cela ? Nous avons pris en commun le repas du vendredi soir, histoire de faire connaissance. Même si j’ai l’impression de lui avoir raconté ma vie, j’ai réussi à glaner quelques infos. Elle est native de la région parisienne, banlieue pourrie. L’informatique est sa passion. Elle bosse 7/7 quand il le faut. Elle a besoin de beaucoup de débit. Du coup, Orange va débarquer aujourd’hui lundi. Ils vont booster notre ligne fibre.

Samedi matin, elle a fait la grasse matinée et a débarqué vers dix heures pour un petit déjeuner.

Je devais être beau à voir ? Bouche ouverte langue pendante ? Elle est descendue en nuisette bleu marine, légèrement transparente, assez courte. Bref, complètement inconsciente de l’effet sur un mâle alpha. Devant mon regard soutenu, elle m’a dit avec un grand sourire :



Ce n’est pas tout à fait le mot que j’aurais employé.

Et devant mon silence :



J’acquiesce.



Un rire



Sans aucune gêne elle a préparé des pancakes et est venue s’asseoir en face de moi pour les manger. J’avoue que j’ai eu du mal à la regarder dans les yeux.


Bien sûr, dimanche matin dès que j’ai fait tourner la cafetière vers 6 h du matin, elle m’a refait la même démonstration j’ai apprécié quelques pancakes au sirop d’érable en me noyant dans ses yeux bleus. Je confirme la présence d’un petit anneau en or sur chaque sein. Elle m’a ensuite réservé le supplice suprême. Le remplissage du lave-vaisselle. Penchée en avant, j’ai dégusté à sa juste valeur la vision de la lune en plein jour et du jardin d’Éden bien entretenus. Un léger filet d’excitation perlait.

Une fois relevée, elle m’adresse un sourire complice et une sentence :



Suivi d’un roulé du popotin en montant l’escalier.

Nous avons passé la soirée à analyser ma bibliothèque, le rayon polar étant bien fourni, la discussion a tourné autour des auteurs qu’elle ne connaissait pas. Une soirée sympa avec une jeune femme cultivée.

Pour éviter le traquenard, ce matin je me suis levé avant l’aube. J’ai fait un grand tour sur la crête vers le Puy Mary dominant les sources de la Jordanne, et je ne suis revenu que vers 10 h juste avant le rendez-vous Orange. À mon arrivée, j’ai été accueilli par une moue d’enfant gâtée. Elle a revêtu sa tenue n°1. Polo bleu marine bien moulant, jean noir ajusté mettant en valeur une jeune femme musclée, le tout bien planté dans des bottines.

Ils sont arrivés à trois véhicules. Ils ont repassé un câble du répartiteur sur la départementale D17 jusqu’à la maison. Actions bien coordonnées, le travail a été vite fait. Un jeune bien baraqué façon joueur de rugby s’est occupé du raccordement intérieur. J’ai entendu Aurore insister pour poser une goulotte pour avoir quelque chose de propre dans la chambre-bureau. Vers midi elle me demande si je suis ok pour tirer une ligne 25 ampères entre le tableau de la grange et la goulotte, histoire de ne pas mettre tout son matériel sur l’installation existante. Devant de si beaux yeux demandeurs, je n’ai pas pu refuser. Vers 15 heures, à leur départ, son coin bureau est devenu impressionnant. Un rack vertical est rempli d’électronique et de leds qui clignotent. Je lis. Codeur. Décodeur. Synchronisateur. Vidéo contrôleur. HF émetteur. DR contrôleur. Serveur 1. Serveur esclave. Deux nouveaux grands écrans accrochés au mur. Je n’y comprends pas grand-chose, mais il y en a pour quelques milliers d’euros.

Au-dehors, Aurore est penchée avec Mr Rugby sur le capot du Kangoo, elle signe une pile de documents. Ils se redressent. Un claquement de talon, un merci. J’ai rêvé où il a dit lieutenant ? J’ai dû mal comprendre. Le grand âge certainement.

Son outil de travail étant complet, je n’ai croisé Aurore qu’au repas du soir et encore, peu de temps.

Mardi matin, lorsque j’ai ouvert la porte pour l’esquiver une nouvelle fois, elle a dévalé l’escalier déjà équipée pour une randonnée. Sans parler nous avons partagé la vue sur la chaîne du Puy, la vallée superbe par cette fraîche matinée d’automne. Vu l’heure au retour, elle est montée directement bosser. Quand je lui ai montré une grande tasse de café et mes pancakes, elle était en plein boom. Du code qui défile vitesse grand V sur trois écrans, le casque-micro en grande conversation. Vu la tension sur son visage, ça ne se passait pas bien. Je dépose mon offrande en guise d’armistice d’une bataille non commencée.

J’ai cru à une accalmie, car les jours suivants elle est descendue vêtue d’un long t-shirt plutôt ample et d’une culotte noire. Un progrès.


Vendredi matin, je pensais être tiré d’affaires. Nous venions de prendre le petit déjeuner ensemble. J’apprends qu’Élodie va arriver probablement en fin d’après-midi après avoir nettoyé son appartement, rendu les clefs et roulé quatre bonnes heures. Je sens dans sa voix l’attente et un brin d’excitation.

Nous débarrassons la table ensemble. Et là, dans l’espace réduit, je la heurte. Oh, très légèrement. C’était juste un instant d’inattention. Elle se retourne et j ai alors à quelques centimètres de moi, la plus jolie femme de la Terre. Un grand sourire.



Et là Aurore s’attaque à ma ceinture, l’ouvre en une seconde et bien synchro elle se met à genoux en baissant mon caleçon, mettant Popaul directement devant sa bouche ouverte par miracle

Ses mains me pressent, ses lèvres se referment sur mon sexe bandé. C’est doux, délicieux. Sa langue entame un jeu subtil. J’ai connu des amantes et de nombreuses fellatrices, mais Aurore arrive en haut du panier. Elle est douce et ses amples mouvements vont m’amener trop vite au nirvana des alphas. L’a-t-elle senti ? Elle ralentit le rythme. Pas l’amplitude. Lorsque ses lèvres touchent mon pubis, ses yeux se plantent dans les miens. Une connexion fatale. Noyade assurée en trois secondes. Je déverse mon abstinence en longues giclées. Elle essore bien le matériel, remonte à mon niveau… et nos lèvres se rencontrent, nos langues se mêlent. Elle partage ma jouissance. C’est une reine, je vous dis.


Quand elle s’écarte, je comprends que la parenthèse est terminée. Le plaisir est remplacé par un instant de gêne, de malaise vite expédié.



Vers 15h30 un SUV blanc rentre dans la cour.

Une jeune femme blonde avec une queue de cheval, petite, polo blanc, jean bien moulant, divinement pourvue par la nature à l’étage, en descend. Aurore se jette dans ses bras. Je m’éclipse pour ne pas déranger une étreinte passionnée et un brin érotique.



Quel ton cérémonieux.



Et sur ce, je bénéficie d’un contact très agréable. Elle sent bon.



Quand j’arrive avec les jus de fruit, je suis persuadé que Aurore montrait à Élodie une vue de caméra sur la route d’accès à la propriété, une confirmation de mon intuition.


Après avoir transporté les valises de vêtements, les caisses de dossiers, les caisses de «Divers» marquées en gros, nous terminons par ajouter dans la bibliothèque trois caisses de romans.

Là, c’est moi qui vais avoir de la lecture.


Pendant qu’Élodie étrenne la douche, Aurore s’occupe des pizzas. J’ai le temps de réfléchir.

J’ouvre une bouteille de Bordeaux de 2025. 20 ans d’âge pour arroser ce moment important pour elles, mais aussi pour moi qui quitte ma solitude pour ce tourbillon dans l’inconnu.


Je suis peu bavard. Perturbé. Je laisse mes deux jeunes femmes faire la conversation. Arrivé à la moitié de la pizza, le vin m’aidant certainement, je pose les deux mains à plat sur la table.



Aurore me regarde fixement. Élodie regarde Aurore qui me regarde.



J’ai du mal à capter que cinq jours après avoir découvert le logement on puisse avoir deux lignes de plus en fibre.

J’ai du mal à voir l’intérêt du matériel installé cette semaine, juste pour faire du code.

Le gus rugbyman me paraît plus un profil militaire qu’installateur en téléphonie.

Et que vient faire un ou une lieutenant (e) dans cette fable ?


Un grand silence.

Un échange muet entre elles.



Un nouveau silence, ses yeux bleus me fixent puis passent à travers moi.



Elle se tourne vers son Élodie et reprend :



Un long instant de silence.



Voilà. Si tu me crois, si tu acceptes d’entrer dans ma galère, que je t’ai imposée, je te serai plus que reconnaissante. Oui.



Une photo où Aurore a les cheveux encore plus courts que court. Lieutenant Aurore Monjuzet, statut : détachée au STIF…



Ce fut une nuit mouvementée. Au-dessus de ma chambre je les ai entendues. Entendu parler, discuter sans arriver à les comprendre. Oui, plus tard, j’ai bénéficié de leur intimité. Visiblement une des deux vocalise sous le plaisir. Mon esprit a cherché plusieurs fois à identifier la coupable. Le matin m’a trouvé fatigué et décidé à lui faire confiance.

Élodie, première levée, s’affaire à la préparation avec efficacité, mais à chaque fois que je croise son regard j’y lis une inquiétude. Aurore s’est fait attendre. Habillée de pied en cap, des cernes sous les yeux, elle finit par descendre affronter ma décision qu’elle imagine déjà négative. Un peu surprise, je la prends dans mes bras, la serre plus fort que de raison. Je sens son odeur, son cœur qui bat un peu trop vite. Je lui murmure :



Rien de plus. Elle reste blottie. Je profite. Je me retiens. Quand je la libère, c’est Élodie qui la remplace sans me laisser le choix et elle, elle me claque un baiser chaud, les yeux dans les yeux.

Popaul au garde à vous, je redescends sur Terre pour distribuer les bols de café chaud.




Nous avons ensuite pris nos marques.

Élodie, démarrant sa tournée d’infirmière dès 6h30 le matin, arrive à être disponible les après-midis pour reconstruire le monde avec Aurore.

Aurore un matin sur deux cherche à m’émoustiller.

Elle arrête quand, de guerre lasse, alors qu’elle est à moitié nue, je la coince contre un meuble, un mur, la fenêtre ou mieux la table. Je la plaque contre moi pour qu’elle sente bien mon désir et après un bisou sur son front je me dégage. Jeu dangereux. Jeu bien plaisant pour nous trois.




Liadouze – L’incident.


Nous sommes arrivés calmement à fin novembre 2045. Malgré le changement climatique, la neige est venue saupoudrer la chaîne du Puy Mary. Et nous qui sommes à 1110 mètres d’altitude nous avons maintenant des gelées nocturnes. L’antique poêle à bois en fonte donne à la pièce à vivre la chaleur supplémentaire dont nous avons besoin. J’y veille, car je ne veux pas que mon exhibitionniste préférée prenne froid, ou pire, arrête d’être elle-même.

Je me souviens, la pleine lune éclairait la nuit froide comme en plein jour. Il était 23h51 pour être précis. L’alarme n°1 a retenti. Puis la n°2. Un grand boom au-dessus de ma tête, la lieutenante s’agite. Ma main cherche le fusil. Il est là.

Je me lève. Aurore, juste vêtue d’un shorty rouge, un fusil d’assaut dans la main droite, déboule de l’étage.



Sur la télé nous regardons sa progression. Elle se cache dans l’ombre du SUV d’Élodie garé dans la cour. L’homme «hostile», chargé, arrive seulement. Il marque un temps d’arrêt. Il écoute.

Je compte les secondes. Il n’a pas d’armes. Du moins pas visibles. Il n’a pas vu Aurore. Il repart doucement. 20 mètres. 10 mètres. Un arrêt.

Il réfléchit pour savoir où vider ses jerricans ?

5 mètres, Élodie !


La cour est brutalement illuminée par les quatre projecteurs. Aurore s’avance, toujours protégée par le SUV. Elle arme le fusil, le pointe sur la cible.



La surprise est totale.

Elle hurle (et je sais maintenant qui vocalise) :



L’»hostile» est figé.



Là…

Comme ça…

En deux sauts, elle est sur lui. Par-derrière, elle lui fait une clef avec son bras gauche tandis qu’elle le palpe avec le droit.

Elle le retourne. Lui colle le canon du fusil sur la poitrine, appuie fort et hurle à nouveau :



Elle le secoue.



Le mec reste muet. J’ai hâte que les bleus arrivent. J’ai un peu peur qu’Aurore pète un plomb et fasse une grosse connerie.


J’ouvre la porte, prends un fil à vache et lui ligote les poignets.



Je vérifie. C’est bien une pro. Elle a remis la sécurité sur le fusil.

Elle frissonne. On va dire que c’est le froid.

Élodie lui colle un polaire sur les épaules. On aperçoit enfin les gyrophares bleus sur la route au loin. Ils arrivent.

Ils sont venus à deux voitures. De loin on en voit une s’arrêter auprès du véhicule suspect. L’autre arrive rapidement dans la cour. Deux gendarmes équipés pour le combat en descendent. Le gradé est une jeune gendarme grande probablement rousse.



Avec un beau sourire sur son visage.



Elle le manœuvre, vérifie le canon, note le numéro de l’arme.

Son collègue prend en charge le suspect et l’installe dans le véhicule.

Aurore réapparaît. Il ne lui manque juste que le maquillage.



Nous levons tous la tête. Un bruit de rotor de plus en plus fort résonne dans le cirque montagneux. Bonjour la discrétion. Nous allons faire la Une du journal local. La cavalerie arrive !

L’hélico se pose dans la pâture la plus proche. Trois hommes courent jusqu’à nous.



Ce n’est que 2 heures plus tard, après avoir bu moult cafés et répondu aux questions, que l’hélico repart avec un homme qui sera resté muet. Il nous faudra du temps pour digérer cette nuit-là.


Aurore a été secouée. Elle s’est réfugiée dans le travail au point qu’Élodie, certaines nuits, pour pouvoir dormir, squatte la chambre d’amis. Nous n’avons pas eu officiellement de nouvelles sur l’avancement de l’enquête. De ce fait nous restons vigilants.

La neige est tombée en abondance. J’ai dû déneiger notre route d’accès à plusieurs reprises avec nos 80 cm, nous avons un vrai hiver.

Mardi 15 décembre, nous avons enfin eu des températures en légère hausse et la neige a commencé à fondre dans la cour. Je décide de profiter du soleil pour casser du bois afin d’assurer la fin de l’hiver. En effet, si je veux profiter des déshabillés de mes colocataires, faut chauffer un peu plus que 18 degrés, surtout le matin.

J’ai cassé pendant une bonne heure quand Aurore sort de sa tanière. Elle a jeté une vieille chemise à carreaux et un vieux jean sur son corps de rêve.



C’est qu’elle a du muscle. Je lui donne quelques conseils. Et je la laisse ahaner à chaque frappe de hache. Je fais l’intendance. J’évacue et je range les bûches au sec.

Deux heures après, Aurore est super sexy. La sueur a collé ses cheveux sur son front, la chemise trop grande s’est ouverte et j’ai une vue à chaque frappe de ses seins qui cherchent à s’évader de sa brassière. Mais ce que je retiens c’est son sourire. Un sourire bien rare depuis l’incident.



Un regard complice bien appuyé.



En fait, une grande partie de moi disait oui, vas-y. Si elle t’invite pourquoi pas.

Mais je vois les conséquences…

Donc j’ai préparé nos vins chauds et lorsqu’elle est sortie de la douche, j’étais prêt.

J’ai accueilli une fée entièrement nue, la peau perlée de petites gouttes d’eau. Elle s’est blottie dans mes bras. J’ai été faible. Nos lèvres se sont trouvées. Mes mains ont parcouru ce corps que je désire tous les matins. J’ai goûté à sa perle cachée dans un buisson humide.

Et sagement nous nous sommes ensuite assis prendre le vin tiède.



Oups là, ça a le mérite d’être clair.

Son portable clignote, elle regarde



Et je mate son petit cul musclé monter l’escalier pour s’enfermer à nouveau.

C’est au repas du soir, au fromage, qu’Aurore nous annonce :



Élodie éclate de rire, elle pose sa main sur la mienne. La caresse.



Elle est rentrée vendredi après-midi. Devant le poêle bien chaud elle nous a fait un bref compte-rendu.



Je la regarde. Elle est habillée en treillis de combat, son grade brille autant que ses yeux. Elle est définitivement belle. Elle n’est là que depuis quelques mois, mais elle a forgé sa place. Et puis…n’oublions pas l’impôt de confort.



Un long silence. Élodie est perturbée. Elle prend la main de sa compagne. Aurore l’embrasse tendrement.





Liadouze – Un samedi soir


Il fait encore nuit, Élodie est déjà partie faire sa tournée du matin. Je lance une tournée de café. L’odeur des pancakes fait descendre la jolie brune, un grand t-shirt blanc par-dessus un shorty rouge.

Elle vient sagement déposer un baiser sur ma joue, enfin si proche des lèvres que c’en est indécent.

Elle s’assoit en face de moi. Elle a les yeux cernés. Pas facile de prendre des décisions.



Humm la météo est bonne, la neige pas trop épaisse. Ça peut le faire.



Elle s’enfile les pancakes et monte s’habiller.

Nous marchons depuis plus d’une heure en silence. Certes ça monte et dans la neige nous sommes en plein effort. Mais ce n’est pas la raison. Non Mademoiselle est perturbée.

Quand nous arrivons, le soleil donne sur la vallée. Le paysage est grandiose. On s’assied sans un mot. Elle pose sa tête sur mon épaule.



Je ne réponds pas.



Le silence des lieux nous imprègne. Je la regarde. Je la regarde de beaucoup trop près et me perds dans ses yeux. Nos bouches se soudent. Sa langue est délicieuse. Le temps s’arrête juste pour nous.



Impossible de répondre, l’accord vient d’être signé. Je vois une larme d’émotion dans ses yeux. Je suis fou d’accepter.




Liadouze, 19 heures.


J’ai démarré la voiture et mis le chauffage. Je joue le jeu de l’uberisation. Elles sont toutes les deux dans leur domaine. Je les entends rire dans la salle de bains. Après la discussion de ce matin j’ai compris ce qui se joue ce soir. J’ai sorti mon antique appareil-photo. Prêt à jouer le paparazzi.

Un bruit ? J’imagine la musique et je les vois descendre ensemble l’escalier.

Elles sont belles à couper le souffle.

Élodie a quitté sa queue de cheval pour laisser ses longs cheveux blonds en liberté. Elle porte une robe longue, d’un bleu ciel pâle. Sa voluptueuse poitrine est mise en valeur par un décolleté qui reste sage, même s’il dévoile une adorable vallée. Un maquillage discret relève ses yeux gris rieurs.

Elle s’est arrêtée, a pris la pose. Me laissant réagir et prendre quelques clichés.

Elle me laisse détailler sa compagne. J’en perds la voix. Aurore a donné un léger volume à ses cheveux court, elle a mis en valeur ses taches de rousseurs, gommé sa fatigue, souligné ses yeux bleu profond et revêtu une superbe robe fourreau en velours extensible noire, dos nu, bustier à même la peau, je vois la marque de ses anneaux sur le tissu.

La robe descend à mi-mollet et ne laisse la place à aucun pli. Aucun sous-vêtement. Elle dégage une assurance, un érotisme fou.

Elles s’enlacent pour la photo. Elles s’embrassent pour la photo.

Je les dépose enfin au restaurant.


Je les récupère à l’heure convenue. Elles se tiennent par la main. Tout va bien. Je vais pour ouvrir la porte, Élodie m’arrête et m’embrasse avec douceur, ses deux mains me plaquant contre elle.



Elle prend ma main et la pose sur son sein.



Arrivés à la maison, elles me montrent leurs mains. Elles portent chacune une bague avec de minuscules diamants sertis. Très discret, très beau.

Je regarde Aurore.



Élodie émerge du rêve éveillé.



Elle s’approche de moi et me murmure dans l’oreille.



Le visage d’Aurore est lumineux. J’ai été manipulé adroitement. Elle me tend sa main, dépose un baiser rapide sur les lèvres d’Élo et m’entraîne directement dans ma chambre.

Debout en pleine lumière, vêtue uniquement de sa superbe robe, elle met ses mains autour de mon cou. Elle m’attire. Ses lèvres voraces se soudent aux miennes. Je me noie à nouveau dans son regard.

Ses mains s’activent. Le haut puis le bas. Je me retrouve nu comme un ver. Elle me libère, se tourne.



Je débloque la fermeture éclair et la robe tombe sur le sol.

Elle est superbe. Malicieusement elle fait un tour sur elle-même, me laissant admirer sa plastique, puis me tire sur mon lit, se jetant sur mon sexe comme la pauvreté sur le monde. Je connais déjà son talent, mais au calme, je savoure. J’aime ce regard passionné qu’elle me lance. Oui, il y a une sacrée connexion entre nous.

Elle joue. S’arrête, reprend de plus belle. Elle voit bien que je suis au bord de l’explosion. Elle me tord Popaul pour bloquer la montée de sève.

Pause câline. Elle s’allonge sur moi. Son cœur bat bien vite. Ses baisers sont tendres. Sa peau douce. Son parfum enivrant. Elle recule un peu. Je sens mon sexe entrer en contact avec quelque chose de doux et humide. Un mouvement du bassin, elle se redresse. Je suis en elle. Elle le serre, se contracte. Aurore entame des va-et-vient doucement, profondément, ses mains en appuis sur mes cuisses elle change légèrement l’angle pour trouver son plaisir. Ses petits seins frémissent. J’essaie de tenir encore un peu. Impossible, je déverse sans retenue mon plaisir en elle. Popaul se ratatine alors à la vitesse grand V. Elle n’a pas eu son compte. Elle reste quelques instants sans bouger, frustrée, puis s’allonge à mon côté tout contre moi.

C’est normalement l’instant où on fume sa clope, on dit plein de mots d’amour. Mais là il n’y en a pas. Il ne peut y avoir cela. Juste une infinie tendresse et beaucoup de complicité.

Elle éteint les lampes et n’en garde qu’une petite. Ouvre son sac à main, sort une fiole.



Sa vitalité va m’achever.

Ce n’est que 2 heures plus tard, ses désirs assouvis que nous nous sommes endormis.

Pas très longtemps.

Je sens une bouche sur mon sexe. Une langue coquine me taquine. Pourtant, j’ai la tête d’Aurore encore endormie sur ma poitrine.

J’émerge complètement.

Élodie me fixe, elle est nue. Ses seins de belles tailles ballottent à chaque mouvement. Je bande immédiatement. J’ai dû bouger. Aurore m’embrasse. « Bonjour, Georges chéri ! » Naturellement elle prend sa place. Élodie introduit mon sexe dans son antre. Elles s’embrassent. Élodie m’enjambe et vient déposer son sexe glabre sur mes lèvres. Le message est clair. J’en profite. Mes deux amantes s’enlacent. L’une martyrise Popaul, l’autre se masturbe sur ma langue. C’est divin. Je voudrais que ça dure une éternité. Aurore vocalise. Les contractions de son plaisir déclenchent le mien. Je vide le peu qu’il me reste.



Élodie m’emprunte ma main gauche. Ajoute celle d’Aurore. Ce serment va nous lier tous les trois.


Le soleil nous réveille, je suis nu, Aurore serrée contre moi d’un côté, Élodie les yeux grands ouverts qui me mange des yeux de l’autre.





Liadouze, 30 avril 2046


En rangeant les affaires de mon père, j’ai trouvé toutes ces notes. J’ai demandé à Aurore de m’aider à les compléter avant de les partager avec vous.

J’ai découvert une des faces cachées de mon père. J’ai pleuré de le sentir amoureux. Et puis j’ai découvert ce couple merveilleux.

Moi qui suis divorcée, je comprends ce qui a conduit mon père à accepter d’être à la fois l’amant, l’ami, le père.


Pour être exhaustif, sur l’année 2046, il faut revenir à cet article du 2 avril 2046 dans le quotidien Populaire du Centre.




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Liadouze (Cantal) : un retraité héroïque tué lors d’une attaque armée visant un couple de femmes


Liadouze – La petite commune cantalienne est sous le choc après le drame survenu samedi 31 mars 2046 en fin d’après-midi. Georges Simion, 64 ans, jeune retraité des Finances publiques et installé depuis de longues années à Liadouze, a été tué en tentant de protéger deux femmes lors d’une attaque menée par quatre individus paramilitaires armés de fusils d’assaut.

Selon les informations recueillies auprès des autorités, les faits se sont déroulés dans le hameau isolé de Lacoste. Aude Monjuzet, lieutenant de l’Armée de Terre, enceinte de trois mois, et sa compagne, Élodie Pikmoua, infirmière, séjournaient chez Georges Simion lorsque leur domicile a été pris d’assaut par ce que les enquêteurs décrivent comme un groupe « organisé, équipé et déterminé ».

Surpris par l’intrusion violente, Georges Simion s’est interposé pour offrir un répit aux deux femmes, leur permettant de se mettre à couvert. Ce geste héroïque lui a coûté la vie. Les assaillants ont pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre, déclenchant une mobilisation régionale des unités de gendarmerie et de l’armée.



Une communauté bouleversée

À Liadouze, la nouvelle a soulevé une profonde émotion. « Georges était quelqu’un de bien, discret, serviable. C’est terrible de partir comme ça… mais il est parti en héros », témoigne un habitant rencontré devant la mairie, encore sous le coup de l’annonce.

Les deux femmes, très choquées mais indemnes physiquement, ont été prises en charge par les services de secours. L’enquête, pilotée par la section de recherches de la gendarmerie, s’oriente vers une attaque ciblée contre Aude Monjuzet en raison de son activité militaire.


Une enquête en cours, un village marqué

À Liadouze, la vie ne reprendra pas son cours de sitôt. Le village, d’ordinaire paisible, reste sous tension tandis que les autorités poursuivent leurs investigations. Un appel à témoins a été lancé pour recueillir toute information susceptible d’aider à retrouver les quatre assaillants.

Les obsèques de Georges Simion devraient être célébrées dans les jours à venir. Une affluence importante est attendue pour rendre un dernier hommage à celui que beaucoup considèrent désormais comme un héros local.


Brèves du journal du 2 avril 2046 le Populaire du Centre



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Liadouze 6 avril 2046. Triste jour.


Il y a du monde au cimetière de Liadouze. Je suis montée de Perpignan et loge à l’hôtel des Genêts d’Or car la maison est encore sous scellés. J’ai rencontré mardi pour la première fois Mesdames Pikmoua et Monjuzet.

Nous avons convenu des détails pour les obsèques. Elles se sentent coupables.

Au premier rang, la famille. Pfff, mon ex n’est même pas là. En famille proche il n’y a que moi et mon fils Grégoire. Aussi ces deux femmes sont avec moi en première ligne. La jeune brune est en tenue militaire, elle porte plusieurs rubans de décoration. Son visage est ravagé par les larmes. Elle camoufle encore bien sa grossesse. La petite blonde cherche à la soutenir.


On laisse dans un premier temps parler les officiels.

Monsieur le maire, puis l’Amicale des Anciens des Finances publiques, et enfin le général de division.




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Oraison funèbre prononcée par le général de division lors des obsèques de Georges Simion


Mesdames et Messieurs,

Madame,


Nous sommes ici pour honorer la mémoire d’un homme dont le courage force le respect et impose le silence. Georges Simion, 64 ans, veuf, jeune retraité, a perdu la vie non pas dans la peur, mais dans l’honneur. Non pas dans la fuite, mais dans la protection.

Ce jour tragique, alors que sa maison au lieu-dit Lacoste était prise pour cible par quatre individus lourdement armés, auteurs d’un lâche attentat, Georges Simion s’est dressé sans hésitation. Face à la violence, face à l’injustice, il a choisi de défendre deux jeunes femmes : Élodie Pikmoua, infirmière, et sa compagne Aurore Monjuzet, militaire et enceinte de trois mois, clairement visée par cette attaque ignoble.

Cet homme, qui ne portait pas l’uniforme mais en avait l’esprit, s’est comporté comme les plus grands. Avec détermination, avec l’instinct du devoir, avec cet héroïsme discret qui ne s’apprend pas, il a mis sa vie entre la menace et celles qu’il voulait sauver.

Aujourd’hui, devant sa famille, devant sa fille à qui je m’adresse avec une profonde émotion, la Nation reconnaît officiellement ce geste immense. À titre posthume, je remets la Médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement à Georges Simion.

Puissiez-vous trouver un peu de réconfort dans cette vérité : votre père est tombé en héros. Un héros qui n’a pas faibli, un héros qui a tenu bon jusqu’au bout, un héros dont le nom restera associé au courage le plus pur.

Georges Simion, la France vous salue. Reposez en paix.




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J’ai ensuite parlé de ma mère, de mes parents, de l’homme patient, de l’homme juste qu’il était, du grand-père qu’il voulait être. Il y avait beaucoup trop de monde pour ouvrir mon cœur.


Ensuite, elle voulait dire deux mots alors je lui ai passé le micro.


Georges.

J’ai fait plein d’erreurs dans ma courte vie, mais jamais elles n’ont coûté aussi cher.

Il y a quelques mois, tu m’as accueilli. Tu as compris et accepté mon engagement et mes missions. Nous avons, à trois, fait fi des risques.

Tu m’as aidée à regarder l’avenir à travers les nuages.

En échange de ma joie et de notre bonne humeur, tu nous as aidées à construire le cocon pour abriter notre couple, notre famille.

Tu devais être le témoin de notre mariage cet été.

Tu as voulu me protéger, moi et la vie qui pousse en moi.

Tu savais qu’il fallait tenir 20 minutes. La position était intenable.

J’allais le faire parce que c’était mon devoir, et tu as décidé pour moi.

Au Puy Mary, il y a quelques semaines tu m’as appris qu’il n’y a pas de mauvaise décision. La seule décision mauvaise, c’est celle qu’on n’a pas prise. Tu as pris la bonne décision.

Je vivrai, nous vivrons chaque jour pleinement pour profiter de cette vie que tu nous a offerte.


La voix d’Aurore s’est cassée dans un sanglot.







Mandailles 20 avril 2046.


Le soleil de printemps inonde la salle de réunion du notaire. J’ai découvert avec surprise que mon père avait rédigé en janvier un testament et donné des consignes au notaire de Mandailles.

Il a convoqué les ayants droit. J’ai du mal à comprendre le pourquoi de la présence des deux femmes.


Le vieil homme arrive avec son dossier

Il vérifie les identités, se racle la gorge et démarre.



Il se trouve que, sauf erreur de votre père, Mademoiselle Monjuzet porte une héritière potentielle.

Même si le contrat moral qui le liait avec Mademoiselle Montjuzet stipulait qu’il n’était pas question de reconnaissance de paternité, il a prévu que s’il décédait, il convenait, après vérification bien sûr, de le considérer dans la répartition. Cependant la moitié du patrimoine actuel provient du décès de votre mère. La répartition avec l’enfant à naître ne concerne donc que l’autre moitié.

Ce qui fait à peu près ¼. Il a stipulé que ce ¼ devrait être pour partie de la valeur du bien au lieu-dit Lacoste. La maison de famille. Afin d’assurer le couvert de Mesdemoiselles Monjuzet et Pikmoua, il propose qu’elles vous rachètent sur 15 ans la valeur manquante de la maison. Ceci est conditionné à votre accord. En contrepartie il demande à Mesdemoiselles Monjuzet et Pikmoua de s’engager à vous accueillir dans la maison de famille l’été et de vous donner en cas de revente du bien une préférence prioritaire. Mademoiselle Monjuzet, j’ai une lettre pour vous.


Blanche comme un linge, Aurore déplie la lettre. La lit lentement. Des larmes coulent en silence.



Elle se tourne vers sa compagne.



Élodie la lit à haute voix :



Les mains d’Élodie tremblent.

Elle craque et s’écroule sur la table en sanglots.




Concrètement la succession ne sera bouclée qu’après la naissance de la petite fille.

Ça laisse le temps de chercher à comprendre la douce folie de mon père.






Hôpital d’Aurillac 21 Août 2046.


Je suis montée de Perpignan en urgence. 3,2 kilos c’est un beau bébé.

Élodie est repartie au travail.


Un militaire en tenue est déjà dans la chambre.



Une fois sorti :



J’ai pris Aurore dans mes bras et j’ai pleuré avec elle




Notes de l’auteur.


● Toutes ressemblances avec des évènements qui n’ont pas encore eu lieu seront fortuites.

● La superbe vallée de la Jordanne en 2045 devrait ressembler encore beaucoup à celle d’aujourd’hui.

● L’intégration de l’IA dans le pilotage des drones est déjà effective.

● J’ai utilisé l’IA pour générer l’article du Populaire du Centre et l’oraison funèbre du général. J’ai été bluffé par la génération du texte en fonction du peu d’éléments que je lui ai fournis. J’ai bien sûr complété et retouché.