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Temps de lecture estimé : 11 mn
14/02/26
Présentation:  Ce texte a été écrit en 2018. Je m’étais bien amusée à l’époque.
Résumé:  Ils sont déjà là…
Critères:  #nonérotique humour
Auteur : Juliette G      Envoi mini-message
Les envahisseurs

David Vincent les a vus !



« Les Envahisseurs. Des êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, cela a commencé pendant une triste nuit, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci que jamais il ne trouva ».


David Vincent est architecte. Un architecte américain qui, par une nuit triste, le long d’une route de campagne, cherchait un raccourci que jamais il ne trouva. Bon. Ce type les aurait vus, soit. En même temps, son témoignage a de quoi faire douter. « Par une nuit triste » … Parce que moi, des nuits rigolotes, je n’en connais guère. Mais soit. Il les a vus. Alors, ces types-là auraient les petits doigts raides. L’auriculaire, en l’occurrence. Mais pas tous, d’autres n’auraient pas de raideurs. Enfin, je parle de raideurs articulaires. Encore que s’il s’agissait d’une carence quant à la dureté d’une partie intime de leur anatomie, ces braves gens auraient de quoi jalouser les mâles de notre petite planète bleue. Du coup, ce serait recta l’extinction de notre espèce. Bref… Ne nous égarons pas ! Ces envahisseurs diffèrent de nous autres humains de par une particularité de doigté. Une toute petite différence. Mais au premier abord, ils nous sont semblables.


Et c’est ce point précis qui me fait me poser tout un tas de questions ! C’est uniquement pour cela que j’ai pris cette vieille série sympathique en introduction. Parce que bon…




Quelques exemples extra



Les petits gris ont eu leur heure de gloire. Souvenez-vous ! On en aurait même aperçu en Bourgogne. Et donc de fait… On sait à quoi s’en tenir sur leurs comptes.



Un bonhomme de la taille d’un petit immeuble. Un géant vert pomme qui vous demande du feu sur le port de commerce de Brest. (Ou ailleurs si ça vous chante bien sûr.) Pas folle, la guêpe ! Vous lui collez une excuse bidon, genre « Désolé, je ne fume pas » et vous vous carapatez. Si c’était le grand type vert et sympathique qui vend du maïs qui vous faisait une farce ou désirait vous offrir son produit en promo, c’est tant pis pour vous. Moi, je m’en tamponne. Je déteste le maïs. Hulk, vous l’auriez reconnu. Ses pectoraux et sa tablette de chocolat font des jaloux chez les mâles et collent des vapeurs à ces dames. Certes, c’est un grand angoissé un brin nerveux, mais bon… Être obligée de me débattre pour échapper aux assauts fougueux de ce genre de type… Voilà que je m’égare à nouveau. Et certainement que « débattre » serait un bien grand mot. En un mot comme en cent… Notre polisson bien verdâtre et bodybuildé reste humain, non ?



Vous faites le plein tranquillement, toutefois agacé sur le prix du pétrole qui vient à nouveau de grimper. Quand, sans prévenir… ce que vous aviez de prime abord confondu avec une pompe à carburant tente de vous attraper avec son gros tuyau. Bien heureusement, vous évitez d’un bond gracieux l’agression et une voix chevrotante vous lance un « téléphone maiiison », un tantinet lancinant. Là encore, il n’y a pas trop à s’inquiéter. On raccroche ! Pas le téléphone, hein ! Le pistolet à carburant. Et on se tire. Si vous avez un certain sang-froid et un brin d’humour, vous pouvez balancer un « Il n’y a pas d’abonnés au numéro que… Bip bip bip… ». À vous de voir.



Comme vous vous apprêtez à passer la porte de votre domicile pour profiter d’une douce soirée… Vous pouvez également entendre des bruits suspects dans votre poubelle. Et quand vous soulevez le couvercle de l’ustensile censé réceptionner les ordures, vous vous trouvez nez à nez avec une bestiole d’un noir d’encre, visqueuse et tentaculaire. Son corps informe se redresse tandis que sa petite bouche, ou l’orifice qui en fait office, produit des chuintements désagréables et peu rassurants. Et surtout, les petites dents triangulaires et acérées de cette créature ne vous donnent pas envie d’engager une conversation. Pas de panique ! On repose le couvercle et basta. Une fois chez vous, vous composez le 18. Ou le 112, si vous désirez coller la pétoche à des pompiers belges ou italiens.



Vous êtes parti dans une forêt amazonienne. Vous avez éprouvé une subite envie de découvrir la vie primitive. Ou alors, vous avez tout bonnement décidé d’aller couper du bois de chauffe pour votre cheminée. En tout cas, au détour d’un chemin que vous vous fabriquez vous-même à grands coups de machette, vous tombez sur un badaud aux formes humanoïdes. La tronche garnie de dreadlocks, le quidam d’un autre monde est engoncé dans une combinaison spatiale bien flippante. Le gars, ou la chose, vous fixe en produisant des petits bruits de bouche, ou d’orifice bizarre, très agaçants. Le genre cliquetis grinçant et crispant, presque aussi horripilant que la craie sur un tableau noir. Si vous avez envie de vie primitive, rien à craindre. Si vous coupez du bois… On se calme. Vous respirez un grand coup, vous vous débarrassez de la machette ou de la tronçonneuse prévue pour vos récoltes et vous saluez poliment l’énergumène. On croit savoir que ces types causent comme nous. Une petite précision. En cas de fringale, vous aviez peut-être prévu de vous confectionner un jambon-beurre. Débarrassez-vous également du couteau à beurre ! Et vous voilà tranquille. OUPS ! J’oubliais ! Surtout, surtout… Vous ne lui dites pas… « T’as pas, une gueule, de porte-bonheur… ».



Il faut manger bio, c’est très tendance. Et puis, il est plus que temps de coller un grand coup de pied dans la fourmilière. Cessons d’enrichir ceux qui s’engraissent sur le dos des autres. Passons directement du producteur au consommateur. Il y a un verger non loin de Brest. Chacun y va pour faire sa propre cueillette de fruits. C’est même pédagogique quand on y mène ses enfants, m’a-t-on confié. Il doit bien exister un potager du même style. Vous cueillez votre salade ou déterrez votre carotte vous-même, avec vos petits doigts. Attention toutefois d’avoir votre vaccin antitétanique à jour. C’est dangereux une carotte. Pas la carotte des hypermarchés, non, celles du verger. Les sauvageonnes ! Et forcément, on doit bien trouver une ferme, qui nous permette de choisir nous-mêmes nos produits. Je n’irai pas tuer mon canard moi-même, il ne faut rien exagérer. Pas plus que je ne choisirai celui qui doit mourir pour que je me remplisse la panse, bien sûr que non. Je suis, tout comme vous, bien trop lâche pour cela. Quant à titiller les pis des Marguerite ou autres Constance qui meuglent de joie en me voyant arriver, pas question. Du lait de vache, c’est du lait de vache. C’est un coup à passer pour une obsédée sexuelle en plus. Très peu pour moi. Mais les œufs ! On peut parfaitement choisir sa pondeuse et lui enlever l’œuf du cul. C’est une expression ancienne et non une simple vulgarité. Les gallinacés ne vont pas vous coller un procès pour enlèvement d’enfants, non ?



Par contre, il faut rester attentive. Si l’œuf est beaucoup plus gros que la norme, méfiance s’impose. Sauf si par snobisme, ou par inadvertance, vous êtes allé chez un éleveur d’autruches. Plus gros que la moyenne, gris et terne à l’extérieur. Ce n’est pas bon du tout. Mais si vous distinguez des lueurs vertes fluorescentes qui semblent émaner de l’intérieur de l’œuf… Ne faites pas le 18 ! Ni le 112 ! Sauf si vous détestez les pompiers ! Barrez-vous ! Cet œuf couve quelque chose de vraiment pas cool. Et déjà… Un œuf qui couve, moi, ça me fiche la trouille.



Avec un peu de bol, c’était bien Hulk sur le port de commerce de Brest. Alors, la priorité est très simple. À vous de faire en sorte qu’il vous ait à la bonne.


Messieurs, c’est à vous de voir, si vous savez ce qu’est l’esprit de sacrifice. Ou vous pouvez simplement tenter de lui parler bagnole ou football. Quoique, j’ai quelques doutes sur l’aspect, « esprit d’équipe », du personnage.


Quant à vous, mesdames… Croyez-moi sur parole, ce bon monsieur Hulk reste l’infime chance de faire de cet œuf vert fluo une omelette inoffensive. Alors, mon conseil pour vous éviter d’être accusées de crime contre l’humanité, est simple. On enlève les deux, non, les trois boutons du haut de la robe. On remonte sa poitrine des mains et on tire sur les bonnets du soutien-gorge pour dégager les seins. Une main dans les cheveux, l’autre est posée sur une hanche, dans une pose lascive. On en profite pour remonter discrètement sa robe sur ses gambettes. Une jambe tendue, on abandonne un escarpin et l’on tend un pied nu en avant. Les yeux brûlants d’une fièvre passionnelle (là, vous vous débrouillez), on attire l’attention du seul être au monde, capable de vous sortir de la mouise.



Ouais, bon. Un œuf vert, un grand mec vert. Si ça se trouve, ils sont potes. Et là… Si ce malotru se jette sur moi et m’arrache ma robe de ses gros doigts impatients et verts, tant pis. Et par ailleurs, je serai prête à sacrifier mon corps, pour sauver notre bonne vieille terre de cette terrible menace alien. J’irai même jusqu’à simuler un orgasme, si les lambeaux de son pantalon ne dissimulent que du menu fretin. La taille du monsieur laissant espérer… Mais voici que je m’égare encore. En tout cas, ce serait vert, certainement.




Parce que bon…



Tout cela pour vous dire que les aliens que nous pouvons repérer ne m’effraient pas plus que cela. Même un œuf d’alien. Je ne serai pas assez coconne pour aller rechercher un idiot de chat, planqué dans mon vaisseau spatial. Je me contenterai de me carapater tout de go, sans prendre de risque pour ma peau et celles de mes contemporains. Sauf si… Bon, si ma conne de Zoé1 était montée à mon insu dans ce putain de vaisseau spatial…



Des envahisseurs que nous pourrions identifier s’ils ne nous voulaient pas forcément du bien. Fastoche ! Nous pourrions les avoir à l’œil.



Alors, parlons des autres. Des visiteurs que l’on ne peut pas reconnaître question morphologie. Ceux qui se mêlent à nos populations depuis peu. Ceux qui peuplent déjà nos cités, comme nos campagnes. Avons-nous la moindre de chance de nous défendre contre ces envahisseurs-là ?




Parce qu’ils sont bien là !



Nos gouvernements nous mentent. Peut-être pour éviter une panique planétaire, mais ils nous maintiennent dans l’ignorance. C’est peut-être ce fameux instinct de conservation qui nous titille. Un instinct primitif toujours efficace, qui nous laisse sur le qui-vive. Vous, moi, toutes et tous… Nous le savons ! Nous savons qu’ils sont là !


Pas une journée ne se passe sans que cette phrase ne passe d’une bouche à une oreille.





Les gens deviennent-ils cons ?



Ce n’est plus comme avant. Il y a du nouveau sous le soleil. À l’Ouest, il y a du nouveau ! Oui, gast ! La Bretagne elle-même, menant allègrement la barque des meilleurs résultats au bac depuis bon nombre d’années, n’est pas épargnée2.


Ce n’est plus affaire de classe sociale. Les pauvres étant, à une époque, moins instruits que les riches. Ce n’est plus une histoire d’âge. On nous rebattait les oreilles avec des « Les jeunes sont si cons aujourd’hui » ou « Qu’est-ce que les vieux sont abrutis ». Aujourd’hui, riches et bien installés professionnellement, pauvres et chômeurs, adolescents ou retraités, vous ressentez cette connerie émaner de ce joli petit monde. Vous ne l’avez pas entendue, cette petite phrase ?



Non ? Bien sûr que si. Et peut-être l’avez-vous prononcée vous-même, exaspéré par un con quelconque… Tel cet imbécile qui me hurle des insanités à travers le pare-brise de son gros 4x4 polluant et hors de prix, alors qu’il vient de me brûler une priorité à droite. Le B. A. BA de la petite feuille rose que l’on obtient pour conduire lui semble étranger. Il a quel âge ce type ? La quarantaine ? Pour se payer une bagnole pareille, il a forcément de l’argent. Ce con est prudent en tout cas. Pour rouler en 4x4, alors que je n’ai encore croisé ni gnous ni lions, dans les rues brestoises, il n’incarne pas le courage personnifié. Et demain, il y aura gros à parier qu’un samedi matin, un retraité m’insulte à une caisse de grande surface parce qu’il ne supporte pas d’attendre que j’étale mes achats avant lui. Alors que ce vieux… Alors qu’il a toute la semaine et tous les horaires possibles pour venir faire ces courses pendant que moi, je bosse comme une tordue ! Et après-demain, un adolescent boutonneux et sans le sou me collera une main aux fesses en me glissant « Té bonne salope » à l’oreille.



Il est impossible que, du jour au lendemain, les gens soient devenus subitement cons. Femmes, hommes, vieux ou jeunes… D’un coup ! Sans raison aucune ! Ça n’a pas pris une génération. Pas de mutation génétique, pas de virus non plus. On l’aurait su ! Ça, on n’aurait pas pu nous le cacher. Non… Il semble que cette connerie se soit installée en quelques petites années à peine. Inexplicablement !


Ce sont eux. Nos copies conformes. Ils sont déjà là ! Et ils sont partout !


David Vincent les a vus.


Nous… nous vivons désormais parmi eux !




Note



Ce texte a été écrit en 2018. Je m’étais bien amusée à l’époque.


Que dire de ces derniers mois ?


Eh bien… Si le terme de racisme est inapproprié pour l’humanité, puisque nous savons (vous et moi, mais politiques et médias l’ignorent encore) que les humains sont une seule et même espèce, il pourrait très bien être employé pour une race extraterrestre.


De véritables fous furieux, des malades mentaux, véhiculent violence, intolérance, et ce fameux racisme. Ils saccagent et ils tuent. Des gens meurent de par leurs actes insensés, directement ou par voie de conséquence. Ils sont en train de prendre les commandes de notre petit monde. D’autres personnes, dirigeants, ou gens de pouvoir, pourraient tenter d’arrêter le massacre… Mais lâcheté et incompétence les en empêchent. C’est à se demander qui sont les pires…


Aujourd’hui, les cons sont au pouvoir. Et encore une fois, personne n’a rien vu venir.


Je n’ai même pas envie de faire passer ces horreurs pour des actes d’aliens. Eux auraient les excuses d’une autre espèce. Plus sombre, plus cruelle, plus dangereuse…



Aujourd’hui, ce texte ne m’amuse plus…




1. Zoé est ma chatte. Pas celle que j’exhibe dans mes récits érotiques. Ma chatte dans ma vraie vie. Ma Raminagrobis à moi. Intolérante, égoïste et incapable de s’assumer. J’ai préféré préciser…


2. Véridique. Une théorie laisse pourtant supposer que ce n’est pas une preuve d’intelligence au-dessus de la moyenne nationale. Le climat breton éloignerait les étudiants des loisirs, comme des sorties festives, et les pousserait aux études. Toutefois, une autre théorie voudrait que ça picole dur chez ces feignasses de Breizh Atao. Allez savoir…