| n° 23487 | Fiche technique | 64626 caractères | 64626 10963 Temps de lecture estimé : 44 mn |
06/02/26 |
Résumé: Élodie enseigne le coréen à un petit groupe de cadre supérieur dans un lieu isolé. La canicule sera l’excuse pour tous les débordements. | ||||
Critères: #érotisme #couple #lesbienne #bisexuel #exhibitionniste #masturbation fh ff fff ffh profélève travail exhib nudisme noculotte | ||||
| Auteur : MeePat Envoi mini-message | ||||
Le manoir de mon grand-père sert maintenant à toutes sortes d’activités. Le seul moyen à ma disposition pour entretenir les bâtiments et le parc de plusieurs dizaines d’hectares. Je loue donc à des entreprises, et à prix d’or, les dépendances de cette magnifique propriété.
Dans ma voiturette de golf, je me dirige vers le bâtiment que j’ai réservé, l’ancienne ferme transformée en centre de formation et en hôtel. Aucun personnel éducatif pour cette session, je serai seule pour accueillir ce groupe de jeunes cadres supérieurs prometteurs, d’après les informations de la RH et du PDG. Ils dirigeront des équipes d’une filiale de cette multinationale en Corée. Ils seront six en immersion totale. Pendant trois mois, ils apprendront les coutumes, les gestes et la culture coréenne. Les instructions sont très claires et très précises.
J’ai vécu des années dans ce pays. Me voilà ainsi l’unique professeure à plein temps. Mes mois d’été et mes vacances sont fichus. Ce qui ne me met pas d’humeur joyeuse même si la compensation financière équivaut à une bonne année d’entretien de la propriété, ce qui arrange bien mes affaires. Je me compose donc une attitude de circonstance.
Grâce à l’application sur mon smartphone, j’espionne les deux personnes qui se tiennent devant le portail, une troisième les rejoint quand j’arrive près de celui-ci. Il fait déjà chaud à huit heures du matin. L’été s’annonce très beau. J’attends que le dernier taxi dépose le dernier passager pour les faire entrer et fermer à clef derrière eux. Le parc et la ferme sont entourés de murs de presque trois mètres. Nous sommes totalement isolés de l’extérieur.
Les six élèves, quatre femmes et deux hommes dans la petite trentaine aux corps très bien faits, fins et entretenus, patientent en me regardant. Aucun ne s’est porté à la rencontre des autres. Ils ne se connaissent donc pas. OK.
Je les emmène faire le tour de la ferme isolée du reste du manoir. Nous passons devant la piscine, la terrasse couverte, une sorte de préau, et la buanderie. Ils sont plutôt silencieux pendant la visite. Sont-ils intimidés ? Probablement.
J’avais l’impression d’avoir devant moi une bande de robots muets. Cette dernière déclaration a au moins l’avantage d’apporter une réaction. Je hausse les épaules en écartant les mains. Cela fait partie des instructions. N’ont-ils pas reçu le programme avant de venir ?
Je leur demande en coréen d’ôter leurs chaussures à l’entrée et mettre leurs tongs. Je leur explique toujours en coréen comment verrouiller les serrures des chambres. La prestation spécifiait de dispenser l’enseignement dans des conditions réelles. Leur entreprise a financé tous les équipements modernes et traditionnels de ce pays. Ces personnes doivent être vraiment très spéciales pour mériter autant d’attention et de débauche financière.
Je leur prépare un thé dans un salon typique, assise en tailleur dans une salle transformée en salon traditionnel.
L’ambiance a complètement changé en deux semaines. Ils sont sociables, assidus, proactifs, détendus. Ils ont su m’apprivoiser. Malgré la climatisation, il fait très chaud dans la salle de cours en raison des vitres exposées plein sud. Et pourtant, il n’est que dix heures du matin.
Cassandra et elle sont toutes deux lesbiennes. Elles ont été claires sur ce sujet pendant les présentations. Aussi différentes l’une que l’autre. Autant la première, petite, arbore des yeux verts lumineux sous une chevelure noir de jais. L’autre, grande, possède une belle tignasse blonde bouclée aux yeux d’un bleu laiteux. Elle est plutôt à l’aise, au bord de la piscine, avec son corps. Son bikini brésilien est vraiment très sexy. Ce qui fait d’elle, d’une courte tête, la plus belle femme du groupe.
Elle cherche encore ses mots en coréen. Comme les autres. Mais ils s’améliorent.
Je réponds d’une négation de la tête.
Charline ôte son soutien-gorge de sous son top léger en se contorsionnant. Pourquoi en porte-t-elle un ? Surtout avec sa petite poitrine. Je devine ses auréoles au travers du fin tissu, les tétons pointant. Elle le pose négligemment sur le bureau à la vue de tous.
Dès le début, j’avais déjà renoncé à mon soutien-gorge. En la voyant si provocante, mes seins se sont érigés spontanément. Mon string sous ma jupette me sert comme un étau. Je me reprends et reprends le cours de discussion informelle. Je me trouve toujours debout au centre du demi-cercle de bureaux individuels. Élyse et Eugenia l’imitent quelques instants plus tard. Cassandra, elle, ne porte déjà qu’un débardeur sans rien dessous.
Début juin, à l’arrivée du groupe, l’été était précoce. Une belle température le jour et relativement fraîche la nuit. Sans pluie ni orage. Nous avons appris à nous connaître vêtus normalement. Pantalons, robes, jupes, chemises, chemisiers, tops et t-shirts. Depuis quelques jours, le thermomètre a grimpé. Bermudas, shorts, robes, mini-jupes, débardeurs et t-shirts allègent nos tenues. Le soir, avant et après dîner, nous nous retrouvons dans la piscine pour nous rafraîchir, uniquement en bikini pour les femmes et en short de bain pour les hommes. De mon côté, j’ai suivi le mouvement. Je porte mes vêtements les plus légers, principalement, mes jupes et mes robes les plus courtes, mes hauts les plus frais possible tout en restant correct et discret.
Les hommes souffrent davantage de la chaleur. Il suffit de remarquer les litres d’eau ingérés et les zones humides de leur t-shirt. Leurs regards fuyant nos poitrines ne les aident pas, il faut l’avouer.
Cette routine s’est installée dans ces tenues de circonstance forcée. Nos tongs restent à la porte. La seule différence, je ne porte plus rien sous ma jupe courte et ample. Je dispense le cours de vocabulaire du matin un feutre à la main à écrire sur trois paperboards. J’ai les mains moites. La climatisation ne suffit plus à rafraîchir la pièce, même à fond. Elle nous vrille les tympans. Nous devons supporter cet inconfort supplémentaire. Le marqueur me glisse souvent des doigts. Je le ramasse. Cette fois, il a roulé plus loin derrière les paperboards. Sans réfléchir, je me penche dos aux élèves.
Et zut ! Ils ont tous vu mon postérieur. Sans me démonter, je rétorque en la regardant dans les yeux.
Elle rougit adorablement. Puis sourit, en glissant ses mains sous sa jupe et retire son string qu’elle pose sur son bureau.
Au bout d’un silence gêné, Antoine et Hugo lèvent la main. Chose à laquelle je ne me serais jamais attendu.
Je la crois particulièrement joueuse et sans-gêne. Je crains le pire.
J’en étais sûre. Charline est une coquine. Elle ne sait pas que nous sommes deux dans ce cas. Cette solution me plaît, car elle a beaucoup d’avantages. Ils seront encore plus concentrés. Nous supporterons plus facilement la température et, surtout, je vais pouvoir m’adonner au naturisme. Ma tenue favorite. Et à l’exhibitionnisme. J’adore le regard des autres sur mon corps. Sans oublier mon côté voyeuse.
Je prie silencieusement leur acceptation.
Il s’agit donc d’un complot. Elles ont dû remarquer mon absence de culotte et ont sauté sur l’occasion. Je me demande s’ils ont réellement vu ma vulve lorsque je me suis penchée pour réaliser un coup de bluff. Aucune importance. J’ai envie de jouer ce jeu. Pendant que les filles hésitent à poser leurs petites culottes sur leur table, je réfléchis aux règles.
Ils lèvent la main sans hésitation. Parfait.
Tu veux jouer à cela. Pas de problème.
Nous commençons le jeu sur cette dernière mise au point. Charline se retrouve la première entièrement nue, montrant fièrement ses piercings aux deux tétons et ses tatouages. Elle l’a fait exprès, car ensuite, elle s’est ingéniée à me battre.
Le lendemain, j’ai gagné deux gages que j’utilise immédiatement. Je termine le cours sans rien sur moi. Ils peuvent me voir sous toutes les coutures, mes fesses tournées vers eux quand j’écris au tableau. Les tensions sexuelles s’installent. Les phéromones imprègnent l’atmosphère. Sans oublier le visuel, les hommes en quasi-érection et nos lèvres bien ouvertes. Dispenser des cours de langue et de cuisine dans le plus simple appareil est des plus agréable. Nous dînons le soir à l’ombre de la terrasse au bord de la piscine avant de regarder une série coréenne dans la salle commune.
Charline voulait jouer. Elle est tombée sur un os : Élodie, accro aux parties de jambes en l’air en tout genre. La grande et vraie blonde entretient un petit ticket de métro presque invisible sur sa peau nue. Elle semble en être fière à voir la moue qu’elle fait en entendant le gage. Comme si j’avais annoncé une peine capitale.
« Ne t’inquiète pas, ma belle, ça va repousser », pensé-je.
Tout de suite, une autre pensée me saute au visage.
« Merde. Je me suis laissé emporter par l’amitié qui commence à naître. Je dois rester professionnelle. »
Trop tard pour revenir en arrière. Je me rassure très hypocritement en me disant qu’ils auront bien moins chaud la semaine prochaine. Et heureusement, car un violent orage a éclaté lundi. La foudre est tombée sur le bloc de climatisation et l’a grillé. Impossible de le réparer, il faut le changer. Cela prendra entre deux et trois mois. Nous vivons maintenant en appréciant les faibles courants d’air de deux ventilateurs. Toutes les portes et les fenêtres grandes ouvertes.
La semaine se termine très largement à mon avantage et un total de douze gages. Mon équipe solitaire remporte la mise avec constance. Je précise : sans aucune tricherie. Action que je pourrais effectuer facilement. J’ai été honnête, avec la fierté d’une vraie professionnelle de l’enseignement. D’accord, leur avoir demandé de se lever pour répondre les a plus qu’un peu intimidés, déstabilisés, exposés. Ils font d’énormes progrès pourtant. J’ai deux jours d’avance sur le programme que je leur ai concocté. Ce sont leurs efforts qui leur font commettre ces petites erreurs. Eux non plus ne rechignent pas à les reconnaître. Ils se lèvent, vont vers le paperboard pour cocher le tableau de décompte, à dix ils ôtent l’habit sensuellement face à nous. Les voir m’émoustille.
Même si je finis les cours sans rien sur moi, de frustration, ils ont insisté pour que je porte une tenue plus légère encore. Commandé sur internet et livré en express, ils m’ont offert en milieu de semaine un débardeur dont la couture flirte avec mes tétons et une extra-mini-jupe, une ceinture plutôt, qui masque à peine mes fesses. Le tout d’un blanc presque transparent. Le moindre mouvement m’expose à leurs regards.
J’adore.
Tout comme les quatre filles qui portent maintenant les mêmes micro-bouts de tissus, mais d’une autre couleur. Une sorte d’uniforme d’école privée. Elles ont également trouvé la tenue des hommes. Des sortes de marcels de sport, au moins deux tailles trop grandes, qu’Élyse a découpés au-dessus du nombril, et des pagnes. S’il est possible d’appeler comme ça, les deux petits rectangles de tissus translucides maintenus sur les hanches par des ficelles qui ne cachent pas grand-chose de leurs anatomies.
Cela aussi, j’adore.
Le manoir est mon domaine réservé. Hormis à de rares exceptions, j’y suis toujours seule et j’y tiens. Mon personnel et ma famille le savent, ils me dérangent rarement. Nous sommes dimanche, notre seul jour de repos.
Un mois sans voir d’autres têtes et enfermé dans un lieu portant charmant, il y a de quoi péter un plomb. Ils méritent cette distraction. Ils vivent trop loin pour retourner dans leur famille et la ville la plus proche est déserte le dimanche, tous commerces fermés. Sans compter les taxis qui ne circulent pas ce jour-là dans la région.
Je les emmène dans une petite randonnée à travers le parc et la fraîcheur relative du sous-bois. Un grand tour qui passe par tous les coins les plus beaux du domaine. À l’approche du manoir, stationné à côté de ma voiture, je vois celle de mon petit frère. Je l’aime bien, mais là, il exagère de ne pas m’avoir prévenu de cette visite. Je dirige ma troupe vers le jardin et la piscine. Ma belle-sœur prend un bain de soleil sur un transat. Je saisis mon smartphone.
Je suis furax et il le sait. Il faut attendre un peu plus que le délai imposé. Ma belle-sœur en monokini monte dans la voiture côté conducteur pendant que mon frère dépose une valise dans le coffre. Il part sans nous avoir vu.
Nous passons par toutes les pièces. La cuisine est en désordre, avec de la vaisselle sale qui traîne. Pareil pour une chambre et le salon près de la piscine. Je fulmine. Mes élèves s’extasient sans relever mon humeur, bien qu’ils s’en rendent compte. Quand je commence à mettre de l’ordre dans la cuisine, ils viennent spontanément m’aider. Les hommes rapportent la vaisselle du salon. Eugenia et Élyse m’aident à remplir le lave-vaisselle. Cassandra et Charline ont disparu et réapparaissent le sourire aux lèvres.
Cassandra montre fièrement une mallette. Elle la pose sur le plan de travail et l’ouvre. Elle en sort un plug anal et d’autres objets similaires.
J’ai reconnu les signes de désirs entre Cassandra et elle. Je suis presque certaine qu’elles n’ont pas encore sauté le pas. Hugo et Eugenia se regardent en coin. Élyse apprécie plus qu’un peu Antoine. La réciproque semble vraie. Ces trois couples s’interpellent souvent dans les conversations informelles.
Personne ne répond à cette question. Nous sommes tous à fleur de peau. Nous évitons très soigneusement de nous toucher pour éviter la perte de contrôle et les ambiguïtés. Je suppose qu’ils se masturbent le soir avant de s’endormir. Tout comme moi, en mordant l’oreiller, je n’ai pas envie qu’ils entendent mes gémissements par la porte de ma chambre grande ouverte. Seul moyen de créer un courant d’air rafraîchissant. Nous ne tiendrons pas sans cela.
Je suis exhibitionniste depuis toujours. Je l’assume et en redemande.
Mais pourquoi ai-je dit cela ? Je suis folle. Mes hormones parlent plus vite que mon cerveau. Je rougis. J’ai honte. Que c’est bon, la honte, parfois ! Je mouille. Je mouille. Je mouille.
J’ouvre le frigo. Plein.
Je prends en photo les jouets sexuels de mon frère et de sa femme, puis l’envoie sur le groupe du réseau social de la famille avec un commentaire bien senti. Je résilie ensuite les accès au manoir de ma famille en changeant le code.
Non, mais.
Le lundi matin, je perds ma ceinture. L’après-midi également. Pas de vainqueur absolu. Pareil les deux jours suivants. Le jeudi, ils conservent tous leur top. Trop heureux et fier. D’ailleurs, le bas part toujours en premier. Le vendredi, juste avant la pause qui coupe le cours de l’après-midi, je perds aussi mon débardeur. Ils explosent de joie. Archi content d’avoir surmonté leur manque de confiance en eux. Ils ingèrent les règles et le vocabulaire à une vitesse surprenante. Ils arrivent à le restituer presque instinctivement. Leur patron a raison, ils sont exceptionnels.
Je m’installe sur un transat ombragé de la piscine. Je commence à me caresser en les regardant tour à tour dans les yeux. Je pars rapidement dans une succession de jouissance, inondant de cyprine le coussin.
La tête encore dans les nuages, je leur impose de revenir en cours. L’inconvénient, plus personne n’est concentré. Moi, la première. Les mains sur leurs cuisses, ils s’efforcent de résister à leurs pulsions.
Je décide de stopper le carnage inutile. Je les libère bien avant la fin du cours.
Chacun se livre un peu, mais encore avec un fonds de réserve. Ma curiosité refait surface.
Demain, je change le programme.
J’ai du mal à m’endormir le soir. J’entends des râles s’élever des chambres voisines.
Je prends une chaise et m’installe en face d’eux. Ils sentent mon hésitation. Je crains un refus de leur part. Je soupire et me lance.
Je me tais. Je ne trouve plus mes mots. J’hésite et ils le sentent. Ils s’apprêtent à parler pour en savoir plus, mais stoppent et me regardent sans rien dire.
Ils me regardent fixement depuis le début de mon petit discours sans jeter un œil à leurs voisins. Ils hochent positivement la tête, toujours sans un mot. Comme s’ils s’étaient déjà accordés sur ce que je leur annonce ou qu’ils aient une connexion télépathique.
Je lis dans leurs yeux la même curiosité.
Je leur distribue les ordinateurs portables avec un clavier coréen fournis par leur entreprise.
Qui pouvait croire que je leur demanderais ça ? Et moi, me livrer également.
Ma demande semble les ravir. Ils commencent sans tarder.
Première étape : leur apprendre à utiliser un clavier pour saisir le mot de passe en coréen.
Seconde étape : les aider à prendre en main le bureau et retrouver les icônes des logiciels connus.
Troisième étape : traduire des expressions courantes, fournir des listes de mots intimes.
Le silence est rompu par la lente frappe à un doigt sur le clavier. Le staccato hésitant des débutants.
De mon côté, sur mon laptop personnel, je reprends une petite autobiographie que j’avais réalisée sur l’insistance de ma psy. J’ai besoin de la journée pour la traduire.
Le lendemain, dimanche, nous passons au manoir. Entre deux sauts dans la piscine pour nous refroidir, installés sur les transats, les ordis sur le ventre, nous continuons nos rédactions.
Je ne sais pas si vous avez déjà rédigé de longs textes. Quand cela m’arrive, le monde extérieur disparaît. Je peux rester des heures sans manger ni boire, oublier de dormir, ignorer s’il fait jour ou nuit. J’aurais pu me mettre dans cet état de transe si mes élèves ne me rappelaient pas à eux et à mes devoirs.
Le mardi soir, dans mon lit, je relis pour la seconde fois mon autobiographie. Je corrige quelques fautes et imprécisions.
Je me réveille avec le soleil, à moitié assise sur mes oreillers, dans une position bizarre. Le laptop ouvert a glissé sur le côté. La magnifique et vive lumière orangée de l’aube caresse mon corps. J’ai oublié de fermer le rideau.
Je prends l’ordi et le chargeur avant de descendre. Je pose le tout sur un transat et plonge directement dans la piscine. Je nage un peu.
Je me savonne abondamment sous le regard de la jeune femme qui n’en perd pas une miette. D’habitude, nous ne faisons que nous rincer sous cette douche. Avec la règle que j’ai imposée dès le début, une fois sortis de notre chambre le matin, nous ne pouvons y retourner avant la fin des cours, je n’avais pas le choix de faire mes ablutions dans cette douche. Je me nettoie les dents succinctement avec un doigt sans dentifrice. Je laisse sécher mes cheveux naturellement. Ils resteront en bataille aujourd’hui. Demain, je prendrai mes affaires de toilettes.
Charline me remplace dès que j’ai fini. Je mate sans vergogne, moi aussi, ce corps joliment bronzé.
Elle secoue la tête positivement.
J’entends un oiseau proche. Je tourne la tête pour tenter de l’apercevoir. Le mouvement brusque m’arrache un cri de douleur. Je pose la main sur la nuque.
Elle s’installe à cheval sur le transat, les jambes très écartées. Je me place de dos. Elle m’aide à m’asseoir en me tenant par la taille. Avec douceur, elle frictionne mon cou et mes épaules. C’est la première fois que nous avons un contact physique autre que le tartinage médical de crème solaire dans le dos. J’ai une folle envie de sentir ces mains sur tout mon corps.
La sonnerie du portail résonne avant d’avoir le temps de le lui demander. Le livreur apporte les victuailles de la semaine.
Nous traversons le bâtiment de la ferme. Le chemin le plus court pour arriver sur le monumental portail d’entrée. J’ouvre une petite trappe dans le panneau métallique, au niveau de mes yeux.
Charline joue avec ses tétons, déformant ses seins dans tous les sens avec une moue comique. Je ne peux m’empêcher de pouffer de rire.
La camionnette opère un demi-tour et emprunte l’allée bordée de platane.
L’imprimante de la salle de reproduction crache des feuilles avant la réalisation de la reliure. Je me pose plein de questions. La principale, leur fais-je suffisamment confiance pour leur offrir mes secrets. Tous mes secrets. Sans far ni compromission. Tout en moi a foi en eux. Vais-je oser ? Le dernier livret sort de l’antre de la machine. J’écris le nom de son futur propriétaire. Élyse. Sur une impulsion, je lance deux autres exemplaires, dont un pour moi.
Je dépose le tout sur la table du salon de la piscine. Je rejoins les élèves dans la salle de cours, déjà concentrés sur leurs claviers. Je m’installe sur ma chaise et les observe. Mes élèves, non, ils sont plus que cela, ils sont mes amis. Serons-nous amis intimes ?
Quand le premier d’entre eux lève la tête pour s’étirer, j’interviens.
Ils arrivent au compte-gouttes, leur laptop sous le bras. Un regard interrogatif sur la pile sur la table, ils s’installent dans les transats. Je demande à la dernière, Charline, de distribuer les livrets.
Je respire un grand coup. Trop tard pour reculer.
Après ma tirade, ils restent silencieux. Charline s’approche et pose ses lèvres en un baiser chaste sur les miennes.
Je fuis leurs regards. C’est insupportable. Je cours et plonge directement dans la piscine du manoir. Je la parcours de long en large jusqu’à l’épuisement. Je m’allonge sur un canapé dans la relative fraîcheur du grand salon. Un coussin sur le visage en espérant me cacher du monde, faire taire mes sombres pensées et celles extrêmement érotiques. Je mouille tellement de cette honte. Je pose un doigt sur ma fente ouverte. Je jouis excessivement dans un cri au simple contact. Je m’endors juste après.
Elle secoue la tête positivement avec fermeté, ses yeux plantés dans les miens.
Elle m’aide à me lever et se colle à ma hanche jusqu’à la ferme. Un bras passé dans mon dos. Une main à la naissance de mes fesses. La mienne, pas loin du même endroit. Cassandra accourt en nous voyant. Elle me fait un rapide baiser sur les lèvres et remplace son amie. Les quatre autres m’accueillent de la même manière, m’accompagnant chacun leur tour jusqu’à la table dressée. Il n’y a pas de jugement dans leurs yeux. Je suis incapable de prononcer un mot. Ils mènent la conversation sans rien dire sur leur lecture du jour. Pendant qu’ils débarrassent, je cherche l’exemplaire où ils devaient consigner leurs commentaires. Je ne le trouve nulle part. Je leur demande.
Je n’ai rien à faire pendant que mes élèves terminent l’écriture de leurs mémoires. Je m’ennuie ferme. Alors, je bronze au bord de la piscine.
Elle me tend son laptop.
Elle passe la main sur mon ventre.
Ce matin, pour me dire bonjour, ils m’ont tous fait un câlin et une bise sur la bouche. Se collant quelques instants à moi. Me serrant dans leurs bras. Sans arrière-pensée. Sans gêne. Naturellement. J’étais émue de ce geste de sympathie.
Là, sur le dos, Charline m’étale de la crème partout, sans insister sur mon sexe et mes seins.
Cinq heures plus tard, je rends à Charline son ordi. Je l’ai aperçu relire ma confession. Elle se remet tout de suite à la tâche. Je l’entends au loin s’invectiver et murmurer des « je suis nulle » et des « c’est pourtant simple ». Rien de tel pour apprendre de ses erreurs. Nulle, Charline ne l’est pas. Pas avec ses trois doctorats et d’innombrables licences. Elle ne s’en est pas vantée lors des présentations. Ni qu’elle parle couramment six langues. Sept maintenant.
Vendredi, je finis les corrections de toute la petite bande. Il ne reste que la confession d’Élyse à imprimer une fois sa dernière relecture effectuée. À l’inverse de moi, ils sont impatients de partager leurs proses.
Samedi matin, je prends ma douche devant la troupe réveillée de bonne heure. J’ai préparé le petit déjeuné pendant qu’ils prenaient les leurs.
Je n’ai plus le droit de prendre soin de mon corps. À tour de rôle, ils m’enduisent de crème solaire et après solaire, dans d’agréable massage. Depuis le jour de mon dérapage, personne ne se masturbe devant les autres. À vrai dire, j’ai l’impression que plus personne ne se caresse jusqu’à la jouissance… à part moi lors de ma petite crise existentielle.
Ils ont décidé que chacun lirait une confession différente. Ils les échangeront jusqu’à posséder le même niveau d’information. Ils distribuent les livrets à la manière de carte à jouer. Ensuite, chacun prend la pile avec leur nom sur le dessus.
De mon côté, je les relis dans l’ordre des corrections. Je peux vraiment m’imprégner de leurs secrets maintenant. Je verse une larme sur leurs drames. Je suis fière de leurs succès. Leurs désirs, leurs rêves, leurs goûts et leurs dégoûts m’intéressent au plus profond de mon être. J’ai envie de les aider. De les aimer. Vraiment ? Les aimer ! Ai-je réellement pensé cela ? Comment est-ce possible ?
Je leur prépare un smoothie bien frais. Quand le carillon résonne.
En fait, ils en attendent tous. Ils reviennent et posent leurs colis sur la table sans les ouvrir. Nombreux, ils ont dû commander dans différentes boutiques. Que peut-il y avoir dedans ? Pourquoi ne les ouvrent-ils pas ?
Ils plongent à nouveau dans leurs lectures en sirotant la boisson fraîche.
J’ai le temps de relire les confessions pendant qu’ils finissent leur première lecture. Cette fois, je note mes commentaires et concatène une liste croisée de fantasmes et de désirs à réaliser. Qui peut faire plaisir à qui ? Tout en privilégiant les couples en devenir. J’aimerais en voir un chacun se réaliser d’ici leurs départs. Ce serait tellement magnifique.
Vers vingt heures, Charline, toujours elle, se lève et s’exclame :
Elle n’a droit qu’à des amabilités dans le genre. Une demi-journée de lecture non-stop ou presque, pour satisfaire un besoin naturel, chercher une bouteille d’eau, se dégourdir un peu les jambes ou plonger dans la piscine pour se rafraîchir et en ressortir immédiatement.
Je lui fais signe d’entrer dans la ferme.
Elle s’approche, me serre dans ses bras. Elle force un passage de sa cuisse entre les miennes jusqu’au contact de nos sexes. Nos bouches se frôlent. Cette fois, elle m’embrasse carrément. Nos langues se cherchent, se découvrent.
Au bout d’un moment, elle recule. J’en suis un peu déçue. C’était si agréable. Elle plante ses yeux dans les miens.
Je n’osais l’exprimer. Je suis ravie de cette proposition. Je l’attire vers moi pour un second round. Confirmant ainsi mon acceptation inconditionnelle. Cette fois, c’est moi qui romps le contact. Je lui prends la main et l’entraîne vers la cuisine.
J’ai exprimé le manque d’amour et de contacts maternels dans ma prime enfance. Ma mère est décédée quand j’étais encore un nourrisson. Mon père, diplomate, en Corée, trop occupé, m’a confié à des nounous très strictes. Il voulait faire de mes frères et moi des personnes fortes et indépendantes. Il y réussit, à mon détriment, et avec de nombreuses blessures psychologiques dont je me débats encore.
Elle m’entraîne vers les colis. Elle en cherche un en particulier.
Nous rions et rentrons.
Cette pensée me rend d’un seul coup triste à en pleurer.
Le dimanche, je remplis les livrets de mes commentaires. J’ai une folle envie d’amour physique. Je me contente des câlins qu’ils me font tous. Je dors mal dans mon lit. La solitude me pèse. Bientôt, je verrais le rapprochement de trois couples. J’en serais exclue. Je plonge mon nez dans l’oreiller et je pleure. La nuit règne encore quand je descends sur la pointe des pieds. Il fait très lourd. Une pellicule de sueur m’enrobe. La brise ne réussit pas à me rafraîchir. Même l’eau de la douche est tiède. Je m’endors tout de même en chien de fusil sur un transat.
Les chuchotements et les déplacements furtifs autour du salon me réveillent. Ils sentent ma déprime et essaient de me distraire sans vraiment y parvenir pendant le petit déjeuner.
Je me fais violence pour la reprise des cours. Une étape ardue pour eux comme pour moi. Le vocabulaire officiel juridique aux tournures de phrase alambiquées, les pires étant les dépôts de brevet.
Ils souffrent sous mon ton professoral, dur, intransigeant. Je suis inflexible. Je veux qu’ils soient les meilleurs dans leurs domaines. Je les aime trop pour leur passer la moindre faille. Le soir, je le passe dans un mutisme détaché à relire les livrets de confessions. Je réagis à peine quand ils me câlinent en me souhaitant bonne nuit et bonjour.
Au bout de deux jours, ils n’en peuvent plus.
Pendant une pause du matin où je ferme un peu les yeux sur un transat, ils me prennent par surprise.
Ils posent un masque occultant sur mes yeux et m’entraînent je ne sais où et m’ordonnent de ne plus bouger. Je sens leurs mains, leurs lèvres parcourir mon corps. Me caressent. Me font des bisous partout. Ils m’excitent. Je refuse de me défendre. Je veux qu’ils continuent. Quoiqu’ils décident de faire de moi.
Ils me déplacent dans tous les sens. Je me retrouve à un moment à genou, le visage sur le carrelage presque agréablement froid. Exposant mon fessier. Un liquide dévale ma fente culière. Ils testent la résistance de mon sphincter. Ils y introduisent quelque chose. Doucement. Lentement. Des billes ? Une, deux, trois, quatre, cinq. De diamètres de plus en plus imposants. Je me sens remplie. Ils me retournent. Écartent mes jambes. Cette fois, leur cible est mon vagin. Ils me farcissent de deux larges sphères. Je les sens un peu vibrer. Ensuite, ils emprisonnent mes tétons bandés et mes grandes lèvres dans des pinces. Je sens une chaîne me frôler entre les deux seins. Pour finir, ils me chaussent.
Ils me relèvent et me posent debout. Je porte de hauts talons. Très hauts. Ils me forcent à écarter les jambes.
Ils retirent le bandeau. Je suis dans la salle de cours. Au centre, la place de l’enseignant. Leurs mains s’écartent. Ils retournent à leur place en silence. Un poids tire entre mes seins vers le bas, les rapproche. Je le regarde. Le mouvement fait tinter des clochettes.
Je suis emplie de sex-toys. Leurs yeux dans les miens, ils se demandent quelle sera ma réaction. Inquiets tout en étant fiers d’eux.
Je reste un long moment sans bouger. Puis, je reprends le cours là où je m’étais arrêté comme si de rien n’était. Cette humiliation, cette exhibition, m’électrise.
Me calme et m’excite.
Je me déplace bien plus qu’avant. De long en large. Les clochettes m’accompagnent. Bruyantes, présentes. Le claquement de mes talons aiguilles résonne dans la pièce. Les boules de geishas vibrent dans mon ventre. Loin de me déconcentrer, je ressens une hyper conscience de mon environnement.
La crainte de m’avoir énervée disparue, ils travaillent avec application.
Pendant le cours de cuisine et le repas du midi, nous ne parlons pas de ma tenue. Je la garde. Je finis la journée ainsi. Le cours terminé, je les laisse partir devant. Je me rends dans les toilettes communes pour tout retirer et les nettoyer.
Je souris à nouveau en écoutant leur conversation. Ils se demandent mutuellement des précisions sur leurs passés. Rien sur leurs goûts en matière de sexe. Le fait d’en parler reste tabou. Quel dommage !
Je les serre dans mes bras pendant le câlin qu’ils me donnent pour me souhaiter bonne nuit.
Le lendemain, je les précède dans la salle de cours. Quand ils arrivent, ils me découvrent exposée à genou, écartée au maximum. Une joue sur le sol. Les yeux bandés. Les objets posés bien en évidence sur un bureau.
Avec douceur, ils m’habillent.
Pendant les exercices, ma main parcourt ma fente, debout, bien en face. Ensuite, je passe derrière eux pour relire et les aider à rédiger une phrase, corriger une tournure. Mes seins collés à leurs omoplates. Mon menton sur leur épaule. Ma joue contre la leur. Une main triturant un téton. Un doigt invasif dans leurs lèvres humides. Un pouce caressant un gland décalotté et tuméfié. Élyse et Eugenia n’ont aucune expérience lesbienne. Elles se crispent un peu à ce contact intrusif. Elles me laissent faire en silence.
Dans leurs confessions, elles ne parlent pas d’amour lesbien, mais n’y sont pas fermement opposées. Tout comme les garçons envers l’homosexualité.
Pendant le film du soir, les couples se forment enfin. Ils se caressent. N’osant pas encore s’embrasser. Ne voulant pas s’embrasser. Ils font durer le plaisir.
Après le petit déjeuner, ils se dispersent et me laissent patienter un long moment. Nous allons au manoir en cette pause dominicale les bras chargés des livrets. Ils marchent assez bizarrement, comme sur des œufs. D’ailleurs, ils me ménagent de la même manière. Je n’ai pas totalement retrouvé mon naturel habituel. Je ne suis que fureur sexuelle et exhibitionniste. J’ai joui de mes masturbations en plein cours plusieurs fois par jour. Oh ! Ils n’ont pas peur de moi. Ils me câlinent toujours matin et soir. Ils me protègent de mes excès. Faisant ce qu’ils peuvent pour me calmer.
Cela fait partie de mes travers quand je suis incapable d’exprimer mes pensées. Une occultation volontaire pour ne pas déranger mon père. Je l’ai avoué dans mes confessions. Ils savent grâce à mon autobiographie que la patience est l’un des meilleurs remèdes à mon mal-être. Cela dure quelques jours. Le temps que tout se remette en place.
Pendant le trajet, ils m’ont entouré d’une main sur mon dos ou sur mes fesses. Changeant de place sans jamais rompre le contact avec ma peau.
Sur ce chemin, je reprends conscience. Chaque matin, je m’énervais s’ils ne m’affublaient pas de la tenue luxurieuse qu’ils m’ont offerte. J’en ai honte, comme à chaque fois. Généralement, je m’isole après une crise. Là, je ne peux pas me défiler. Impossible, vu comme je suis cernée d’attention et avec mon devoir envers eux.
Ils rapprochent les transats. Les mains d’Élyse et de Charline posées sur mes bras ne bougent pas.
Je ressasse, encore et encore. Jusqu’à comprendre vraiment la raison de mon trouble.
Les mots sont sortis d’un trait.
Je pleure.
La petite discrète, timide et cultivée Élyse. Celle que l’on pourrait croire fragile avec ses fines lunettes. Celle qui cache son jeu sans le vouloir. La plus intelligente de tous. Une liste impressionnante de diplômes, artistiques, littéraires, scientifiques, économiques et sociaux. Elle s’intéresse à tout et parle neuf langues couramment. Elle absorbe les connaissances comme on dévore une part de gâteau. Ceinture noire de jujitsu. On la regarde pour son physique, pas pour cerveau. Un corps bien proportionné, tout en courbe et en grâce, des yeux verts d’eau lumineux. Vierge d’homme et de femmes à vingt-huit ans. Passionnée par ses études, elle ne s’est pas laissé distraire par les sentiments et ses hormones. Elle dit elle-même avoir raté de nombreuses occasions de rencontres. Elle, comme les autres filles, a joui plusieurs fois lors de mes caresses intrusives de son clitoris pendant les cours de la semaine. Je suis certaine qu’elle faisait exprès de ne pas comprendre son corps. Sapiosexuelle, elle ne s’est pas trompée en s’entichant d’Antoine. Issue d’une famille riche, elle prend enfin son indépendance en s’engageant dans cette multinationale et en déménageant de l’autre côté de notre planète.
J’essaie de changer de sujet sans trop y paraître. Une question que je retiens depuis le début du séjour. Je pensais qu’ils m’en parleraient.
Cette idée me surprend. Pourquoi n’y ai-je pas pensé ?
Ce doit être une phrase code, car ils se lèvent tous et s’alignent au bord de l’eau. Les jambes trop écartées pour un plongeon. Ils se penchent en avant, dévoilant leurs anus masqués par un cercle de métal argenté ou doré. Ils restent dans cette position un long moment pour me permettre de bien profiter de la vue.
Ils plongent. Pour la première fois, ils jouent entre eux. Ils chahutent. Ils se soulèvent dans les airs pour mieux retomber dans l’eau. Montés sur les épaules, ils cherchent à faire tomber leurs adversaires dans des combats de chevalerie dans de francs contacts physiques. Ces jeux prétextent la découverte des corps des protagonistes.
Enfin.
Fatigués, ils s’allongent sur les transats. Je les regarde se barbouiller de crème. Se masser lentement en prétendant de bien faire pénétrer la pommade dans les peaux déjà très bronzées, avant de s’allonger pour se reposer.
Un concert de halètements retentissant s’élève bientôt. Je me lève pour les contempler en voyeuse assumée. Bien qu’à côté des uns des autres, je les sens timides. Ils n’osent pas regarder l’intimité de leurs amis. Dans une sorte de bravade, ils continuent pourtant de se masturber.
Charline me fixe droit dans les yeux en se caressant de plus belle. Élyse en petite brune intimidée ferme les siens. Comme les autres, je les soupçonne de m’observer dans la fente de leurs paupières.
Les membres turgescents des garçons, glands décalottés de leurs prépuces, se dressent vers les cieux. Les jets de sperme d’Hugo volent et retombent sur son ventre et même jusqu’à sa poitrine. Proche de moi, Antoine est lui aussi sur le point de jouir. Je me penche, la bouche ouverte pour recueillir cette offrande. Le premier tir atterrit sur ma langue. Je le déguste. Les deux autres sur ma joue et mon nez.
Les autres filles jouissent à leur tour pendant que je récupère ce que je peux du sperme d’Antoine et lèche mes doigts. C’est trop bon. Je m’approche d’Hugo pour récolter le liquide sur son ventre et m’en barbouiller mes seins.
Gourmande, je lui souris.
Je m’approche et me penche. Mon sein droit s’approche de sa bouche. Bientôt, elle tète mon téton.
Hugo, devant ce spectacle, jouit une seconde fois. Elle pioche avec deux doigts dans les flaques blanchâtres abandonnées dans les sillons abdominaux du mâle sportif.
Pour toute réponse, je ne reçois que des regards timides. Ma crise passée, je retrouve mon allant, ma confiance en moi et mon goût du jeu.
Le changement quasi instantané de mon état les trouble. Ils ne bougent pas.
À contrecœur, ils m’obéissent.
De retour au niveau de la piscine de la ferme, je donne les instructions.
Je les emmène dans la réserve où se trouvent des matelas et des sommiers de lit neufs qui devaient équiper les autres chambres à la rentrée scolaire. Ils en transportent sept de chaque pendant que je me rends dans la buanderie pour prendre des draps légers.
Nous mangeons pendant que le sol sèche. Le préau est suffisamment profond pour mettre à l’abri la table. Pour être protégé du soleil, il faut ajouter des parasols.
Élyse nous a surpris avec des jouissances multiples à répétition pendant la lecture de sa compilation. Très maîtresse d’elle-même, sa voix tremblait à peine. Eugenia en seconde position, d’une très courte tête sur Charline.
Les couples se découvrent. Un peu timidement au début, ils font maintenant l’amour sans gênes ni hontes sous nos regards bienveillants.
Pendant les cours, je reste perchée sur mes hauts talons et porte uniquement les clochettes aux grandes lèvres et aux tétons. J’adore le bruit que je fais en me déplaçant. D’autant que mes élèves conservent leurs regards sur mes parties intimes. Je suis constamment excitée.
Je libère mes tensions quand un couple m’invite à les rejoindre. Jamais de ma propre initiative, je ne m’impose pas. J’attends avec impatience ces invitations, car j’ai cessé, comme nous tous, la masturbation.
Matin et soir, au gré du hasard ou des envies, nous nous retrouvons à plusieurs sous la douche à profiter du doux savonnage par des mains autres que les siennes.
Le dépucelage d’Élyse fut une cérémonie émouvante. À sa demande, la veille, elle a commencé par la sodomie. Antoine fut d’une douceur incroyable. Comme elle a apprécié, Élyse a souhaité qu’Hugo comble son petit trou pendant qu’Antoine entre pour la première fois dans son vagin. Un dépucelage pendant une double pénétration. Elle a joui une multitude de fois alors que nous autres, témoins, la filmions sous toutes les coutures avec nos smartphones. Les deux hommes, sans préservatifs, ont déchargé leur semence en elle. Antoine, à peine sorti, et toujours emplie d’Hugo, elle m’a demandé si je voulais la lécher. J’ai tendu mon téléphone à son homme. J’ai bu la source de cyprine, de sperme et de sang jusqu’à ce qu’Élyse jouisse à nouveau.
À ma grande surprise, Élyse a convaincu les autres femmes d’essayer cette position qu’elle a visiblement adorée. Même nos lesbiennes convaincues se sont prêtées à l’exercice. Systématiquement, elle a pratiqué le cunnilingus final. Prétextant, vouloir goûter le sperme de son homme mélangé aux sécrétions intimes de ses amies. Sa découverte tardive des choses du sexe la rend insatiable. La petite femme réservée est devenue bien exubérante.
Le dernier dimanche, alors que je revenais des toilettes, je les ai surprises en train de comploter en murmurant.
Dernier jour de cours. Je n’ai plus rien à leur apprendre. Il maîtrise absolument tout, les coutumes, la culture, les règles de savoir-vivre, les petits gestes. Vraiment tout.
Nous avons rangé nos confessions bien à l’abri dans mon coffre-fort.
Je les embrasse avec passion alors que les taxis attendent derrière le portail encore fermé.
Mes amis se sont arrangés pour m’empêcher de la voir revenir. C’était si naturel que je n’ai pas fait attention.
J’ai le cœur lourd quand le dernier véhicule disparaît au bout de l’allée.
Avec les restes de nourriture, je me prépare mon plat coréen préféré. Je l’emporte rapidement au manoir. Les deux bâtisses désespérément vides me dépriment.
Une heure plus tard, mes valises sont prêtes. Six jours à attendre avant le départ de l’aéroport Charles de Gaulle.
Je passe le week-end à revoir les vidéos prises ces trois dernières semaines et relire les confessions.
Heureusement, le retour de mes employés m’occupe. Planification des nouveaux stages, gestion des affaires courantes, et cetera.
Mon taxi arrive bientôt.
Ce matin, je peux enfin voir mes piercings aux tétons, sans pansement, ils sont encore bien rouges, mes tétins.
La boîte enrubannée trône sur ma coiffeuse. La valise prête à être fermée. Je peux donc déballer mon cadeau.
La main un peu tremblante, je procède. Lentement. Une lenteur exagérément contrastée d’impatience.
Juste sous le couvercle, une lettre.
Ils ont tous mis du rouge à lèvres pour laisser l’empreinte de leurs lèvres sur leurs noms. Le tube de maquillage se trouve d’ailleurs à côté d’une autre enveloppe. Je prends une lingette démaquillante pour remplacer celui que je porte par celui-ci.
J’obéis aux ordres et ferme le bagage avec difficulté.
Dans la seconde enveloppe, je trouve une clé USB avec un petit mot.
À découvrir dans l’avion. Pour que le voyage te paraisse moins long.
Je la range immédiatement dans mon sac à main.
Sous un papier de soie, je découvre une robe d’un rouge vif, un gilet blanc et une paire de hauts talons. Et rien d’autre. Pas de sous-vêtement. Pas de bas ni de collant. Ah si ! Un collier de perles et des boucles d’oreille assorties.
Donc, ils veulent que je passe les quinze prochaines heures en bombasse sexuel. OK. Je prends.
La robe est hyper moulante. Impossible de ne pas remarquer l’absence de lingerie. Je souris dans mon miroir en voyant qu’elle cache à peine mes cuisses bronzées. Mes cheveux flottant à la Falbala. Je suis rayonnante.
Mon téléphone sonne. J’ouvre le portail au taxi.
Je descends l’escalier, l’ordi et le sac à main sur l’épaule, la valise dans une main, les talons dans l’autre.
Le taxi driver se précipite pour m’aider avec mes bagages.
Je suis obligée de rappeler à plusieurs reprises au chauffeur de faire attention à la route. Mon décolleté, jusqu’au nombril, attire son regard. Le gilet, ou plus exactement, le boléro, très court dans toutes les directions, découvre à chaque pas, mes seins. Le tissu tendu exhibe les bosses de mes tétons encore sensibles et des piercings. À l’arrière, le dos nu descend très bas, au niveau des fesses.
Les têtes se tournent dans les halls de l’aéroport. Je suis flattée. Je joue ma star avec mes lunettes de soleil. Étrangement, ma tenue ultra sexy me protège des dragueurs de bas étage et intimide les autres.
J’apprends à l’enregistrement des bagages que mon billet est surclassé. Je me retrouve en première classe. Je dois patienter deux heures pour embarquer et enfin découvrir le contenu de la clé.
Les minutes passent une à une dans le salon VIP. Regarder intensément une horloge n’accélère pas le temps. Je le sais, mais là, je ne peux pas me résoudre à m’en détourner. La pendule a un effet hypnotique. Une hôtesse me secoue doucement l’épaule. Je me suis assoupie.
J’embarque.
Quel confort ! Le steward me donne des pantoufles en remplacement de mes talons qu’il range dans un coffre en les protégeant dans un sac en toile. Je remarque à ce moment-là la marque de luxe prestigieuse de mes chaussures.
Mes amis ne se sont pas moqués de moi.
Une fois le décollage effectué, je peux enfin sortir mon ordi.
Je trouve six documents. Les suites des confessions avec leurs ressentis de nos trois mois intenses. Je les lis et relis. Et, au lieu de dormir, je rédige moi aussi le second opus de ma vie. J’allais le relire quand l’avion entame sa descente vers notre destination. Séoul.
Six hommes et femmes d’une classe éblouissante m’accueillent au passage de la douane. Six jours sans les voir. Une éternité. Les filles portent des robes aussi sexy que la mienne. Élyse flirte avec la limite de la décence pour la norme coréenne. Sans rien d’autre sur elle. Leurs seins tressautent quand elles sautillent sur place, toutes à leurs joies de me revoir. Ils se précipitent pour m’enlacer. Par pudeur. Par précaution. Nous ne nous embrassons pas sur les lèvres. Malgré l’envie qui nous taraude tous.
En les voyant, je me trouve encore trop couverte. D’un coup d’épaule, j’aide mon boléro à glisser le long de mes bras. Je l’abandonne sur la valise. Les gars s’emparent de mes bagages. Les filles m’entraînent vers la sortie. Charline à ma gauche. Élyse à ma droite. Malicieusement, elle glisse ses doigts sous ma robe et caresse ma fesse.
Nous traversons le hall jusqu’au parking, ne parlant quasiment pas. Je sens les tensions sexuelles, le désir de chacun d’entre eux. L’impatience de nous retrouver entre nous. Sans témoins.
Le coffre du minibus contient toutes leurs affaires. Les miennes les rejoignent.
Je prends le volant et, pendant les deux heures d’embouteillage sur les routes encombrées, les mains d’Eugenia me massent les épaules et celle d’Hugo, assis côté passager, s’est posée sur ma cuisse. À l’occasion de l’arrêt au premier feu de signalisation, j’ai soulevé mes fesses du siège pour remonter ma robe sur ma taille. Je veux sentir sa main sur ma peau. Mon sexe en feu dégouline d’excitation.
Je m’arrange un peu pour descendre du véhicule et ouvrir le portail en bois bicentenaire. Mes fesses doivent être encore visibles, mais je m’en moque. Les maisons sont invisibles depuis la rue déserte. Hugo prend le volant et avance. Je ferme derrière lui. Il m’attend. Je fais signe à mes amis de descendre.
J’ôte ma robe et l’abandonne sur un buisson. Aussitôt imité par la petite troupe.
Je les entraîne sur un chemin latéral. De la même façon, quelques semaines auparavant, ils découvriront cette ancienne demeure construite sous le règne de Yeongjo, le vingt et unième roi de Corée de la période Joseon au XVIIIe siècle. J’ai envie de sentir la végétation locale qui manque tant. De revoir l’étang avant d’aller vers la maison en bois.
Voilà comment commence mon retour en Corée. Mes yeux emplis d’amour tournés sur les visages ébahis par le paysage. D’amour ? Oui. Mes sentiments n’ont jamais été aussi clairs. Je les aime.