| n° 23476 | Fiche technique | 59634 caractères | 59634 9664 Temps de lecture estimé : 39 mn |
01/02/26 |
Résumé: Elle voulait rester vierge avant son mariage. Pour cela, elle mettait un point d’honneur à entretenir la frustration de son fiancé tout en l’excitant de sa séduisante bienveillance. Mais des circonstances imprévues mirent à mal sa vertu, sa tradition religieuse, ses bonnes manières submergées par des émotions qu’elle croyait pourtant maîtriser. | ||||
Critères: #érotisme #initiation #prude #domination #fellation fh oncletante fsoumise hsoumis humilié(e) jalousie contrainte fellation cunnilingu fdanus | ||||
| Auteur : Barbarello Envoi mini-message | ||||
Sur la droite, un impressionnant précipice. Tout en bas, entre les rochers : la rivière. Au-dessus, de majestueuses falaises contre lesquelles s’accrochait une petite départementale où une increvable Volkswagen, aussi cabossée que la chaussée, se faufilait de voûtes en tunnels à travers les méandres des gorges sauvages. À son bord, un jeune expert, Jean-Hubert, mandaté par une grande maison de vente aux enchères et sa fiancée, Astrid. Ils étaient attendus dans un château historique perché sur un iconique piton rocheux offrant un panorama exceptionnel sur ce site emblématique. Bien que parisien, sa famille avait ses racines ancrées sur ce territoire. C’était la raison pour laquelle, on lui avait confié cette mission de reconnaissance en vue de préparer une prochaine vente aux enchères. Il avait retrouvé Astrid, toujours intéressée par le patrimoine et les arts, dans la demeure historique de ses parents située à quelques encablures. Ils ne se voyaient pas souvent. Lui à Paris et elle travaillant dans une célèbre institution muséale de la région, c’était une occasion d’être enfin seuls en amoureux, hors du cadre familial, pesant, chaste, catholique et « aristo-cul-pincé ».
On pouvait donc s’attendre à ce que la voiture sorte de l’itinéraire et s’engage sur un petit chemin de terre un peu à l’écart. Le preux Jean-Hubert en aurait alors profité pour sauter sur l’angélique Astrid, mouillée de désir comme les douves d’une forteresse. Il aurait sorti sa légendaire Excalibur de son fourreau, laissant bouche bée sa gente demoiselle devant une telle pièce chargée d’un aussi prestigieux patrimoine génétique. En effet, son promis était le digne héritier d’une noble lignée de seigneurs du coin remontant jusqu’aux croisades. Elle aurait alors relevé sa robe à fleurs romantiques tout droit sortie d’un très chic catalogue de papiers peints anglais, baissé sa culotte tel un pont-levis pour lui offrir le plus beau point de vue sur sa luxuriante toison qui abritait sa chapelle ardente et suintante. Jean-Hubert n’y tenant plus, se serait d’abord prosterné devant cette expression vivante et contemporaine de l’origine du monde, puis se serait approché pour goûter et s’enivrer de ses parfums intimes avant de communier fougueusement avec sa précieuse perle luisante qui émergeait de la canopée. Astrid se serait pâmée, puis aurait supplié son chevalier de venir pénétrer la grotte de son jardin des délices…
En fait, le véhicule ne dérogea pas à son itinéraire. D’abord parce qu’il n’y avait aucune possibilité de trouver un chemin de traverse dans cet étroit défilé et qu’ensuite, Astrid n’était pas du genre à se laisser aller à de tels ébats, surtout avant le mariage. Ce pauvre Jean-Hubert avait bien essayé de lui voler des baisers fougueux, des caresses interdites, des moments d’intimité ou de risquer une main tendre et baladeuse. À chaque fois, il était remis en place par sa fiancée, qui mettait un point d’honneur à le rappeler à l’ordre tout en l’excitant de sa séduisante bienveillance. À tel point que celui-ci se demandait si elle était réellement prude, respectueuse d’une tradition religieuse ou prenait plaisir à le frustrer afin de mieux dompter le mâle en rut. C’était d’ailleurs ce mystérieux mélange associé à un vouvoiement de rigueur, à sa diction frigide et à son ton distancié, qui attiraient Jean-Hubert. Quoi qu’il en soit, il rongeait son frein et n’avait d’autre échappatoire que les plaisirs solitaires. Triste consolation, puisque cette chère Astrid avait même réussi à le culpabiliser, lui faisant comprendre qu’elle ne tolérerait pas qu’il gaspille sa semence, puisque cet élixir lui était réservé par les liens des fiançailles. Elle lui préconisait, non sans une certaine perfidie, la prière et la confession pour retrouver la pureté.
Ils avaient pris la voie privée qui menait, de pentes boisées en épingles à cheveux, jusqu’au Château de Montroc où la comtesse Cécile d’Albon de la Verse, maîtresse des lieux, les accueillait. Une très belle femme distinguée, cachant la bonne cinquantaine qu’elle devait avoir sous un corps bronzé, bien entretenu, vêtu avec goût et simplicité dont le charme rayonnait dans ce décor aussi austère qu’imposant. Jean-Hubert était tellement surpris et captivé par son hôtesse qu’il en oubliait de présenter Astrid, qui avait bien remarqué sa faiblesse émotionnelle subite. Elle crut donc nécessaire de le faire elle-même tout en justifiant sa présence par l’intérêt professionnel qu’elle portait au patrimoine et son titre de fiancée qu’elle détenait sur le jeune homme distrait, pour ne pas dire goujat, qu’elle accompagnait.
La châtelaine souhaitait transformer ce lieu en maison d’hôtes de prestige en y apportant un confort luxueux et une décoration ultra contemporaine. Le mobilier d’époque, mis à part quelques pièces remarquables qu’elle souhaitait garder, devait faire l’objet de la vente aux enchères. Elle en attendait beaucoup pour financer son ambitieux projet. Jean-Hubert devait donc estimer le potentiel, repérer les lots les plus intéressants, les photographier, les renseigner et faire un rapide inventaire des autres, plus classiques. Il ne fallait pas perdre de temps, il y avait plus de vingt pièces à visiter, sans compter les couloirs, les granges avant de terminer par le cabinet noir où étaient réunis les trésors les plus étonnants de la collection particulière du père de Cécile d’Albon de la Verse. Heureusement qu’Astrid était là pour aider. Pendant qu’elle photographiait, lui renseignait les fiches des tableaux, objets ou meubles retenus. La récolte était déjà fructueuse et Jean-Hubert voyait se profiler une jolie vente à l’horizon. Mais il était loin d’avoir fait le tour de toutes les richesses de ce lieu. Quand Martha, la dame de maison, apparut dans l’embrasure de la pièce où ils officiaient. Elle interpella sa patronne :
Sur ce, les deux femmes abandonnèrent les jeunes gens à leurs travaux pour aller prendre la mesure des dégâts. Une demi-heure après, la maîtresse des lieux revint leur annoncer qu’effectivement, ils étaient bien bloqués. Suite à un coup de vent, un gros sapin était tombé, entraînant d’autres conifères dans sa chute. Un mikado forestier obstruait donc la voie. Elle avait essayé de demander des secours pour déblayer les arbres, mais comme il n’y avait pas d’urgence, une équipe ne pouvait intervenir que le lendemain matin pour ouvrir un passage. En attendant, c’était une nuit au château aux frais de la châtelaine navrée d’un tel incident. Heureusement, la brave Martha était là, elle aussi otage, et pouvait donc assurer le gîte et le couvert improvisés. Ce confinement par force majeure leur laissa un peu plus de temps pour continuer leur mission. Après le repas, ils eurent le privilège de découvrir les secrets du fameux cabinet noir pendant qu’on leur préparait leur chambre.
La nuit était tombée quand ils entrèrent dans une gigantesque salle qui courait sur un étage. Une grande bibliothèque, des tables, un bureau, des armoires, un splendide fauteuil pivotant avec son repose-pied, un canapé Chesterfield dans son jus et des rayonnages où des tableaux, des encadrements étaient soigneusement rangés et emballés. Il y en avait partout : des bouquins d’art, des cartons à dessins, des boîtes-archives de grand format à tel point que Madame Cécile jugea nécessaire de faire un préambule, puisque rien n’était lisible ou visible au premier abord. Elle expliqua que son père avait constitué depuis plus d’un demi-siècle une importante collection d’objets, de livres, d’écrits originaux, de gravures, de tableaux, de dessins, de photos, uniquement sur l’érotisme. Il y avait dans cette pièce plus de mille œuvres réunies avec les plus grandes signatures : Picasso, Hans Bellmer, Sade, Hokusai, Dali, Helmut Newton, Araki, Balthus, Anaïs Nin, Duras, pour ne citer que les plus connus. Elle voulut illustrer ses propos en présentant à ses deux experts des œuvres au hasard. C’est ainsi que s’improvisa un hétéroclite diaporama composé de scènes de charmes, lascives, explicites, indécentes, crues, perverses exécutées par ces grands noms. Une symphonie sublime illustrant le raffinement érotique jusqu’à la pornographie à travers des peintures, des gravures, des photos, des dessins et des manuscrits originaux.
Jean-Hubert ne pouvait cacher son émerveillement face à autant de chefs-d’œuvre, certes licencieux et réservés à un public averti, mais dont il soupçonnait la valeur, la rareté et l’occasion unique de créer un événement exceptionnel dans le monde des ventes aux enchères. Son enthousiasme faisait qu’il n’avait que quelques adjectifs qui revenaient en boucle à chaque apparition d’une nouvelle pièce : génial, grandiose, iconique, superbe, incroyable… Ce qui encourageait Cécile d’Albon de la Verse à dévoiler de plus en plus de trésors. Astrid ne disait rien, suivait le spectacle en essayant de le voir sans le voir, le visage de plus en plus fermé face à autant de débauche et de perversion.
Mais il se faisait tard et, dehors, quelques éclairs annonçaient une soirée orageuse risquant de couper l’électricité. Madame Cécile arrêta la séance et accompagna ses invités vers leur chambre. Elle leur remit une lanterne avec bougies et allumettes au cas où, et leur donna deux peignoirs de bain, puisqu’ils ne disposaient pas d’autres vêtements.
Les deux fiancés se retrouvaient donc pour la première fois dans la même chambre avec toute une nuit devant eux. Jean-Hubert n’était pas mécontent de cet heureux hasard. Sa promise semblait contrariée et pas du tout enchantée de cette promiscuité. Elle était en plus très en colère après son fiancé, qui n’avait pas arrêté de s’extasier face à toute cette imagerie pornographique en totale complicité avec leur hôtesse.
Elle ne répondit pas et se dirigea dans la salle de bain à l’abri des regards pour ressortir emmitouflée dans un peignoir, sa robe à la main.
Jean-Hubert s’exécuta. Alors qu’il était tout juste entré dans la douche, sans même avoir eu le temps d’ouvrir l’eau, il entendit un gigantesque coup de tonnerre synchronisé avec un éclair qui coupa net toute électricité et transit tout le monde, surtout Astrid, qui lança un horrible cri d’effroi. Puis, plus rien. Juste une voix timide et effrayée perçait l’obscurité totale des lieux et le silence inquiétant.
Une autre déflagration avec son éclair, encore plus forte, fit sursauter et hurler une Astrid déjà ébranlée par la première salve.
Celui-ci, ayant entendu l’appel de détresse, s’extirpa de la salle de bain sans avoir eu le temps d’enfiler le peignoir. D’ailleurs, il ne savait même plus où il était au milieu de cet océan noir. Il avançait à tâtons dans ce qu’il croyait être la direction d’où venait la voix à secourir.
Chacun essayait de trouver l’autre comme dans un jeu de colin-maillard. Puis, enfin, une main, un bras, un corps s’effleurèrent pour se toucher et se reconnaître. Astrid s’enlaça sur son sauveur sans se rendre compte que celui-ci était nu. Elle se serra éperdument contre lui comme un naufragé s’accroche à sa bouée.
Dehors, l’orage continuait de plus belle. Sa colère faisait trembler la jeune fille dans les bras de son fiancé. Il sentait pour la première fois ses formes tantôt abandonnées, tantôt vibrantes selon les rythmes des éclairs et des coups de tonnerre qui se succédaient. Ses soubresauts avaient dénoué la ceinture et ouvert la robe de chambre qui la protégeait. L’étreinte était sa seule planche de salut et elle s’y accrochait, faisant profiter Jean-Hubert des spasmes qui animaient son corps. Il n’y avait plus de retenue, de pudeur, de décence, seule sa peur panique la guidait vers lui. Elle avait mis sa tête sur son épaule. Sa peau frémissante recherchait la chaleur, seule capable de la rassurer. Il y avait une telle force dans ce corps à corps, peau contre peau, que Jean-Hubert ne put réprimer les émotions qui l’envahissaient jusque dans son bas ventre. Profitant d’un silence entre deux explosions célestes, celui-ci essaya d’atterrir à l’aveugle sur le lit tout en gardant Astrid en mode survie contre lui, plutôt que de rester debout au milieu de nulle part soumis aux tortures électriques des éléments. En même temps qu’ils touchaient enfin la literie, une nouvelle détonation retentit, déstabilisant la manœuvre tout en faisant sursauter la fragile jeune fille. Tant et si bien qu’il se retrouva sur le dos, couché sous Astrid étendue et agrippée sur lui. Sa tête reposait sur la réconfortante poitrine masculine tandis que son ventre s’ancrait sur la virile protubérance. Jean-Hubert ne bougeait plus, tétanisé par l’érotisme incongru de la position. Il ne savait pas s’il avait le droit d’en savourer l’instant unique et tant désiré ou s’il devait craindre la réaction de son infortunée partenaire quand elle prendrait conscience de son inconvenante posture.
La perturbation persistait, mais de manière moins violente. Astrid retrouvait une respiration normale, mais, toujours plongée dans le noir, elle ne se sentait pas très rassurée pour autant.
Ses mains tâtonnaient pour explorer et comprendre l’espace dans lequel elle se trouvait. Son corps moite et à moitié nu lui semblait échoué sur un radeau de muscles dont l’un se contractait contre son ventre. En même temps qu’elle le saisissait parce qu’il la gênait, elle s’aperçut de l’endroit où elle avait fourré ses doigts délicats. Une étrange image lui vint tout de suite à l’esprit et ce n’était pas l’Ange Gabriel. Ne voulant pas croire en cette idée obscène indigne de ses pensées, elle continua son exploration. Jean-Hubert, lui, était aux anges, depuis le temps qu’il rêvait d’une expérience charnelle avec sa fiancée. Comprenant la situation, elle s’était subitement relevée en s’agrippant malencontreusement sur la verge de son partenaire.
À son tour, il se redressa et se positionna à la hauteur de son innocente manipulatrice. Il l’enlaça et, exalté par l’irréfrénable pression sur son sexe, l’embrassa. Elle ouvrit timidement sa bouche, accueillit sa langue et n’opposa pas la moindre résistance. Il continua sur sa lancée et osa aventurer ses mains en terre inconnue. Toutes les sensations étaient démultipliées par l’épaisse obscurité dans laquelle ils évoluaient. Elle se laissait caresser, peloter par ce Jean-Hubert d’autant plus novice que sa seule expérience était son dépucelage tardif par la jeune sœur de sa mère, Marie-Constance. Une belle femme d’une quarantaine d’années, veuve, qui avait cru nécessaire d’initier son neveu puceau et perturbé par ses pulsions. Une manière pour elle de porter secours à un membre – le mot est ici bien choisi – de sa famille et de retrouver des sensations dont son veuvage l’avait éloignée.
Alors qu’il avait un peu plus de vingt ans, Jean-Hubert était astreint, en ce début du mois de mai, à des révisions d’examens ou de concours. Marie-Constance, sa tante, était venue voir exceptionnellement sa sœur et son beau-frère pour quelques jours. Elle n’avait pas voulu les accompagner à une barbante mondanité provinciale qui devait les obliger jusqu’à une heure très avancée de la soirée. Seuls dans la demeure familiale par cette belle après-midi printanière, chacun vaquait à ses occupations. Bain de soleil pour elle et bachotage désabusé pour lui. Pour dégourdir ses jambes et faire une pause, il sortait de sa tanière studieuse et arpentait le long couloir de l’étage qui desservait les chambres. Ce fut lors de l’une de ces décompressions salutaires qu’il aperçut la porte entrouverte de la pièce qu’occupait l’invitée du moment. Il s’y glissa, autant histoire de varier son itinéraire que par curiosité. Il fut attiré par la valise largement ouverte qui trônait sur une table, seul élément du décor qui ne lui était pas familier. En plein milieu de celle-ci s’étalait en majesté une magnifique culotte ornée de dentelles fines assortie à un non moins magnifique soutien-gorge dont la qualité et la beauté suggestive captivèrent le jeune homme. Des sous-vêtements qui avaient été jetés là, au profit d’un maillot de bain mieux adapté à la séance de bronzage. Sans être un spécialiste de la dentelle du Puy, de Calais ou d’ailleurs, Jean-Hubert avait une certaine attirance pour tout ce qui était raffiné, esthétique et luxueux. Mais ce qui le fascina dans ces étoffes, certes de très belle facture, revêtait une tout autre dimension qui correspondait mieux à des interrogations liées à son âge. Il y avait dans ces ouvrages remarquables, ultimes remparts de la nudité, toute la puissance d’évocation de la féminité de sa tante. Et en l’espace de quelques secondes, une vision érotique de celle-ci envahit le chaste jeune homme pourtant de bonne famille. Il l’imaginait dans ces dentelles moulant ses seins et son pubis, provoquant en lui les manifestations d’un désir incompressible. Il se mettait à caresser ces tissus croyant accéder à l’intimité même de celle qui venait de réveiller ses sens. Il les porta instinctivement contre son nez et sa bouche et s’enivra des subtils parfums laissés par ses parties les plus privées. Il fermait les yeux pour mieux faire apparaître l’hologramme de cette tante devenue divinité de sa libido, l’encourageant dans son inavouable concupiscence. Tous les tabous volaient en éclat. Il était transporté dans les abîmes de ses pulsions sexuelles provoquées par ce qu’il considérait maintenant comme des reliques et qu’il garderait bien avec lui pour les honorer dans ses nuits agitées.
Perdu dans ses transes, il n’avait pas entendu l’arrivée dans la pièce de celle-ci remontant de la terrasse tout imprégnée de la chaleur du soleil. Il lui tournait le dos et ne pouvait la voir. Étrange coïncidence ou mauvaise surprise, elle fut aussitôt gênée par la scène qu’elle surprenait. Elle n’aurait jamais dû être là. Après un instant d’expectative, un sentiment de compassion devant les tourments de son neveu l’envahit. Elle se sentait flattée d’être, par culotte interposée, ce qu’elle percevait comme le fantasme d’un homme jeune. Devait-elle repartir sans faire de bruit ou bien faire quelque chose ? Elle décida de prêter une main secourable. Elle s’approcha sans bruit, se colla derrière lui et saisit son sexe qui se contractait dans l’étroitesse de son bermuda tout en disant à l’oreille :
Celui-ci, accaparé par les effets de sa stimulation érotique, crut d’abord entendre une voix comme Bernadette, la Sainte Vierge. Il reconnut celle de sa tante et attribua cela aux pouvoirs surnaturels des dentelles dans lesquelles il s’égarait. Pourtant, cette pression fiévreuse qui envoûtait sa verge, cela ne ressemblait pas à une main divine. Une autre main l’avait enlacé et attiré en arrière pour le coincer contre son corps. Moment de confusion où il ne savait plus ce qui était de l’ordre de l’imagination ou de la réalité. Il tourna la tête pour comprendre ce qui était à l’origine de cette intense sensation et tomba nez à nez avec un regard bienveillant, par-dessus son épaule. Grand moment de solitude, puis réchauffement climatique instantané et enfin sueurs froides et honteuses envahirent successivement celui qui venait d’être pris la main dans le sac ou plutôt le nez dans la culotte.
Elle déboutonna le bermuda, plongea sa main dans le slip et dégagea son membre viril en grandes souffrances. Elle s’occupa de lui délicatement. Elle voulait calmer la fougue et l’empressement qui l’animait et risquait de crever rapidement l’abcès en le privant de la lente et progressive montée du plaisir. Elle maîtrisait parfaitement la situation et guidait lentement mais sûrement le jeune homme.
Jean-Hubert était submergé par une immense culpabilité mêlée à une délectation sensuelle provoquant une tension de plus en plus insoutenable. À tel point qu’il se soumit complètement aux mains expertes de sa tante qui accompagna sa délivrance, ses irruptions et ses répliques. Marie-Constance était tout aussi émue que son neveu, dont elle sentait bien l’abandon contre son corps. Elle se dégagea, lui fit face et contempla le jeune garçon dont elle percevait bien la béatitude du moment unique qu’elle venait de lui faire vivre.
Elle finit de le déshabiller et le dirigea vers la douche. Alors qu’il allait refermer la porte, Marie-Constance se glissa à l’intérieur. Nouvelle « épreuve » : la douche à deux. Elle prit les choses en main et se mit à savonner cet ado attardé qui ne savait quelle attitude adopter. D’autant plus que son corps dénudé était livré à de consciencieuses manipulations dont l’objet ne se limitait pas à l’hygiène. Profitant de ce moment d’intimité, elle ne put s’empêcher de poser quelques questions à un Jean-Hubert désormais sous son emprise. Une situation qui, d’ailleurs, n’était pas faite pour lui déplaire.
Elle avait enveloppé doucement, mais fermement les testicules, et décalottait et recalotait lentement la verge dressée de ses doigts prégnants pour mieux étayer cet interrogatoire intrusif.
Il lui fallut quelques sollicitations génitales avant d’avouer, honteux, cette pratique solitaire.
Elle avait repris le pommeau et le rinçait. Elle en profitait pour titiller son érection revigorée de plus belle avec la pression maximum du jet. Et le « calvaire » ne faisait que commencer. Dans cet espace réduit, sa partenaire de cabine réussit à enlever le haut puis le bas de son maillot de bain lui exhibant, pour la première fois, une femme nue, en chair et en os. Il sentait même les seins de celle-ci effleurer son corps sensible, provoquant des décharges électriques jusque dans son périnée. Elle lui tendit le savon et lui demanda de la laver à son tour.
Le jeune homme ne savait pas par où commencer sur ce corps voluptueux, féminin, fascinant et qui subitement lui était offert. En même temps qu’il mourrait d’envie de toucher au fruit défendu, trahi par un sexe en configuration 3XL, il n’osait pas transgresser le tabou ni exhiber sa niaiserie. Heureusement son initiatrice guida ses mains et lui fit découvrir toutes les formes, les endroits, les recoins, les zones en usant et abusant des caresses improvisées par l’innocence de ce neveu. Lequel se retrouvait confronté au plaisir sans retenue qu’il engendrait, presque malgré lui, sur cette tante assoiffée de désir charnel dont il essayait de satisfaire toutes les suppliques.
Marie-Constance reprit ses esprits et utilisa la douchette comme un extincteur afin d’apaiser le feu qui couvait encore en elle. Il était temps de s’occuper de ce puceau dont elle avait la charge. À peine sortis de la cabine, elle le coinça contre le mur et, les yeux dans les yeux, lui dit :
Jean-Hubert était flatté, mais intimidé par cette initiatrice entreprenante.
Elle avait pris une serviette et se séchait tout en réfléchissant.
Elle alla dans la salle de bain et revint avec un tube de crème. Elle assit son jeune amant sur une chaise et s’agenouilla devant lui.
Jean-Hubert ne comprenait pas très bien là où sa tante voulait en venir. Celle-ci s’était relevée et faisait profiter ses fesses du même traitement tout en se contorsionnant de manière totalement impudique.
Marie-Constance voyait bien le désarroi qu’elle provoquait. Elle savourait cette situation dont elle était la maîtresse du jeu. C’était une agréable découverte pour elle qui n’avait, jusque-là, pratiqué que des relations classiques où l’homme restait le maître de cérémonie. Elle aimait voir ce mâle mentalement fragilisé, exhibant un membre tendu et suppliant. Ce qui faisait sa virilité devenait sa faiblesse. Prenant conscience de son pouvoir, son visage était devenu grave, placide presque distancié. Elle s’en aperçut et se ressaisit. Elle n’était ni cynique ni une dominatrice professionnelle. Elle lui sourit, l’embrassa encore tendrement et lui dit :
Il y avait quelque chose de maternel dans cette tentative de le rassurer. D’autant plus que les deux sœurs avaient pratiquement la même voix et le même ton. La situation prenait une dimension œdipienne, plongeant Jean-Hubert dans d’infâmes tourments qui paradoxalement, renforçaient les crispations de son entre-jambes. Il n’eut pas le temps d’entamer une psychanalyse, que sa tante s’était déjà retournée et s’asseyait à califourchon sur sa bite, qu’elle dirigeait manu militari dans ses fesses écartées. Il se laissait canaliser. Il n’avait jamais envisagé son dépucelage comme cela. C’était beaucoup plus étroit qu’il ne l’avait imaginé. Pourtant, il progressait lentement dans ce cul qui engloutissait doucement, mais sûrement sa tige de plus en plus turgescente sous l’habile contrainte de sa partenaire expérimentée. Même s’il sentait qu’elle prenait un certain plaisir, il voyait bien qu’elle contrôlait tout. À tel point qu’il avait l’impression bizarre d’être pénétré, sucé, branlé, aspiré par cette croupe dont il n’avait jamais soupçonné les talents. Il avait rêvé d’une vulve accueillante, liquoreuse, envoûtante pour cette primopénétration qui devait faire de lui un homme. Alors qu’en réalité, pour ce « jour de gloire », il était en train d’enculer, malgré lui, sa tante. Certes, il ressentait bien ce moment privilégié de la première fois et de la découverte de sensations charnelles qui enflammaient son chibre perdu dans les fondements d’une femme mûre.
Celle-ci donna les coups de reins impérieux qui le firent craquer. Agité par les vagues de son éjaculation libératrice encouragée par la prise en mains de ses bourses, le jeune homme abdiqua, vaincu, repu et fatalement ému. Marie-Constance n’était pas mécontente de sa bonne action. Elle venait de faire perdre sa virginité à son neveu avec la plus belle partie de son anatomie. Celle qui avait toujours terrassé ses amants, captivé un nombre incalculable d’inconnus dans son dos et fit fantasmer beaucoup d’hommes de son entourage. Après cette entrée en matière, certainement pas très catholique, l’ex-jeune puceau compléta sa formation par la dégustation d’autres sortilèges féminins avant le retour de ses parents.
Depuis cette singulière initiation, Jean-Hubert ne trouva pas, hélas, de jeune fille disposée à faire preuve d’autant de générosité et d’ouverture d’esprit. Jusqu’à ce qu’il rencontre la trop belle, mais trop pudibonde Astrid. Il en était tombé amoureux : de sa distinction, de sa fraîcheur, de ses yeux, de sa culture… Mais aussi de son petit air de ne pas y toucher, de sa manière de bouger sa poitrine, ses hanches, ses jambes… Avec ses attitudes de jeune fille de bonne famille, ses longues robes bien ajustées à la taille, ses chignons bohèmes, son regard angélique, il émanait aussi d’elle quelque chose de faussement ingénu et fatalement attirant. Mais pour plus d’affinités, ce pauvre Jean-Hubert, malgré les fiançailles, devait se faire une raison et patienter dans l’antichambre de ses charmes avant le mariage. Peut-être une preuve d’amour, mais surtout une épreuve d’abstinence.
Le château était toujours plongé dans l’obscurité. Astrid, pourtant d’habitude si coincée, acceptait les mains de son fiancé sur son corps nu. Certainement déstabilisée et sidérée par les événements météorologiques qui l’avaient précipitée malencontreusement dans les bras de celui-ci, elle avait perdu ses repères et venait de faire un saut dans l’inconnu. Ce qu’elle ressentait était plus fort que tous les sacrements réunis qu’elle avait reçus. Ainsi désinhibée, ou plutôt ensorcelée, elle devenait le jouet de ses émotions qu’elle avait pourtant toujours su, jusqu’à cette nuit apocalyptique : refouler, contenir, ignorer. Jean-Hubert naviguait au toucher. Même s’il ne voyait rien, il sentait bien ces petits seins arrogants et fermes qui l’avaient toujours nargué du haut de leurs chastes décolletés. Ils étaient maintenant à lui ou plutôt à sa bouche qui virevoltait de téton en téton. Sous ses doigts aventureux : une peau envahie par la chair de poule, des fesses effarouchées, mais sensibles, des cuisses électriques… Puis, lentement, il s’approcha de sa cité interdite que les plis de ses robes avaient si longtemps suggérée et cachée. Astrid ne disait rien et ne s’exprimait qu’avec des soupirs d’aise, des frémissements, des petits gémissements qui lui échappaient… Lesquels, dans ces ténèbres, étaient encore plus voluptueux. Sans doute sous l’effet de l’excitation qui la submergeait elle se laissa aller sur le lit. Jean-Hubert l’avait accompagnée dans sa chute tout en glissant sur son pubis, se retrouvant nez à nez avec un nid d’une moiteur équatoriale, tapi au cœur d’un buisson ardent. Il ne put résister à l’appel de cette source de cyprine dont l’odeur intime pénétrait déjà ses narines et enflammait ses neurones. Le baiser lèvres contre lèvres avec sa chatte s’imposa naturellement. Autant de familiarités avec son intimité la surprirent.
Pour lui répondre, son fiancé fit un tout autre usage de sa langue que celui auquel elle aurait pu s’attendre, plus intrusif, plus fleuri… Sa rhétorique, bien qu’encore débutante, sut rapidement convaincre la jeune pubère dont les soubresauts du bassin, l’écartement épanoui des jambes, la sensibilité du clitoris et les râles de plus en plus forts démontraient qu’il maîtrisait parfaitement le sujet. Merci, Marie-Constance !
Astrid ne savait plus où elle en était. Elle flottait dans les abysses du plaisir, aspirée par des courants célestes imaginaires. Quand, à demi consciente, et son sexe béant et béa après cette éloquente prestation, au-dessus d’elle s’installa un effet de chaleur porteur d’un objet non identifié qui semblait se diriger tout droit vers l’entrée de sa vulve insouciante. Instinctivement, elle sentit le danger et plaqua aussitôt ses mains sur son bas-ventre.
C’est ainsi que Jean-Hubert, alors qu’il croyait être accueilli avec les honneurs dus au mâle promis et triomphant ; alors qu’il pensait pénétrer, fleur au pénis, le saint des saints d’une jeune fille conquise ; alors qu’il estimait enfin le moment venu pour communier charnellement avec sa fiancée, celui-ci se cassa le nez ou plutôt la bite sur une ceinture de chasteté improvisée et tombée là tel un deus ex machina.
Certainement déçu, il n’était pas pour autant vaincu. Le « faites ce que vous voulez » était, pour lui, comme une carte blanche. Il avait un tel besoin de contacts, de découvertes, de sensations partagées. L’intimité aveugle de cette chambre plongée dans une totale pénombre créait de drôles de sensations. L’absence de la vue les affranchissait d’une certaine pudeur et exacerbait tous les autres sens. Jean-Hubert n’y pensa pas tout de suite, mais dans le feu de l’action, dans la chaleur de leur étreinte, dans les affres de son érection inassouvie, il ne put s’empêcher d’y voir une issue fatale pour couronner ce moment d’exception. Il ne tourna pas longtemps autour du pot avant de lui glisser subtilement entre ses fesses ce qu’on appelle vulgairement un doigt dans le cul. Astrid poussa un petit « oh ! », mais contre toute attente, facilita l’insidieux travail manuel sur son petit oignon.
Il réveillait sans doute, en elle, quelque chose d’instinctif bien loin de l’image collet monté qu’elle donnait. Toujours était-il que, sous l’effet du plaisir qu’elle recevait, elle s’était mise à genoux pour lui offrir un postérieur encore plus ouvert à ses manipulations. Trop tentant pour Jean-Hubert, qui, guidé par son ogive à tête spermatique, remplaça son séduisant majeur par son cinquième membre. Il avait bien pris en main sa croupe et s’insinuait laborieusement dans son petit trou jusque-là inexploré. Il était précautionneux et avait entamé une pénétration difficile, mais déterminée, rythmée par les cris étouffés de celle qui se faisait à la fois défoncer et déflorer. Pas tout à fait dans les règles de l’art, mais avec toute l’émotion de la première fois où appréhension, douleur et possession se mêlaient.
Privé de la vision de sa partenaire chevauchée et grisé par ses feulements, sa progression n’était pas aussi aisée que dans le postérieur de sa tante. Mais la douceur de cette douleur était telle, qu’il lui était impossible de vouloir en être débarrassé. Il s’était même mis à la fesser pour faire écho à ses va-et-vient qui la secouaient dans tous les sens du terme. Il avait vu ça dans un film porno et elle semblait aimer. Malgré ou à cause de sa fougue, il ne put résister longtemps et explosa dans la belle Astrid dont les crispations qui l’animaient finirent d’achever notre preux chevalier et son épée.
À contrecœur, il dut battre en retraite et s’affala sur le lit exténué. Elle aussi s’allongea, mais à l’écart. Une odeur de musc, de transpiration, de sexe rompait le silence, l’obscurité et la chaleur des corps. Il tenta une caresse vers elle, mais sa main fut repoussée.
Finalement, les deux amants trouvèrent le sommeil chacun de leur côté.
Il ouvrit les yeux, il faisait jour, mais il était seul dans le lit, dans la chambre… Avait-il rêvé ? Quand il entendit un bruit dans la salle de bain d’où justement sortit Astrid tout habillée avec son petit air pincé des grands jours. Il lui sourit sans réponse. Il se leva pour aller vers elle. Il était nu, un sexe légèrement gaillard. Astrid se recula et regarda ailleurs.
Interloqué et désemparé par cette réaction, il répondit penaud :
Sur ce, elle quitta la chambre. Cette douche froide contrastait avec la chaleur de la nuit qu’il avait vécu. Déconcerté par ce comportement, il se demandait si, effectivement, il n’avait pas rêvé.
En attendant le déblaiement des arbres, Jean-Hubert et Cécile d’Albon de la Verse peaufinèrent l’inventaire des principaux lots à vendre. En ce qui concernait la collection particulière d’œuvres érotiques, elle lui prêta un catalogue tenu par son père à la fois répertoire et livre de compte. Avec les quelques photos qu’il avait prises, ce document était précieux pour effectuer un rapport précis et détaillé de ce « trésor » très prometteur. Mais il s’était engagé à le photocopier et lui rendre dans la journée.
Ils prirent congé en fin de matinée, la route venait juste d’être dégagée.
Dans la voiture, l’ambiance était glaciale. La communication entre les deux fiancés se limitait à l’essentiel, le bruit du moteur faisait la conversation. Astrid évitait de croiser le regard de son fiancé et semblait perdue dans de mystérieuses pensées qu’elle cachait sous un chaste visage de conservatrice de musée de province. Elle avait sur ses genoux le catalogue « raisonné » de la collection très particulière du Marquis d’Albon de la Verse et le feuilletait en s’arrêtant sur quelques passages ou paragraphes. Offusquée, tantôt elle levait les yeux au ciel, soupirait, laissait échapper un « Mon Dieu ! » ou lisait à voix basse certains titres qui semblaient retenir sa stupéfaction : « Le con d’Irène » ; « Les onze mille verges » ; « Le grand masturbateur » ; « Le Lèche cul d’Annabelle » ; « Heurs et malheurs du trou du cul » …
Il déposa sa promise chez ses parents. Il ne pouvait y déjeuner, il avait beaucoup de kilomètres à faire pour trouver un centre de reprographie dans ce pays paumé capable de numériser la centaine de pages et rapporter l’ouvrage original au château de Montroc. Mais il pensait, malgré ce périple sur des petites routes tortueuses, pouvoir assister au dîner qui se tenait à 19 h 15 précises.
L’après-midi se déroula studieusement pour Astrid, qui avait des recherches documentaires à réaliser. Installée dans l’agréable et imposante bibliothèque, dans une aile à l’écart des pièces de vie, elle alternait travail et divagations personnelles. Dix-huit heures avaient sonné et Jean-Hubert n’était toujours pas de retour. Elle n’était pas inquiète, mais un doute l’envahissait. Elle n’était pas sereine. Voilà même qu’elle se laissait aller à échafauder les raisons de ce retard. Jusqu’à présent, elle avait su apprivoiser le désir de son fiancé en domptant habilement sa frustration, mais…
De drôles de scènes lui venaient à l’esprit. Seul à seul avec Cécile d’Albon de la Verse, Jean-Hubert devait… Surtout qu’à cette heure-là, Martha, la dame de maison, avait déjà quitté le château. Ils avaient donc le champ libre… Cette liberté associée à une promiscuité, pour ne pas dire une intimité, était d’autant plus dangereuse que son fiancé avait manifesté un certain trouble au contact de son hôtesse. Et puis, il y avait le contexte douteux avec ces « œuvres d’art érotiques » qui étaient l’objet de leur entrevue. Quant à cette Cécile de quelque chose, Astrid la trouvait « comme elle n’aime pas ». Avec ses grands airs détachés et libérés, un mari jamais là parcourant le monde, un parfum entêtant qu’elle diffusait sur son passage, un petit côté aguicheur prenant un malin plaisir à déballer des scènes particulièrement licencieuses sous le nez de son fiancé. Ce qui alimentait des divagations sexuelles impromptues dans le cerveau de cette jeune fille totalement innocente. Enfin presque, jusqu’à ce jour, Dieu, merci !
Pourtant, elle se mettait à imaginer ce pauvre Jean-Hubert gêné et encombré par un sexe de plus en plus tourmenté à la vue de nouveaux chefs-d’œuvre qui lui étaient divulgués. Cette proéminence, de plus en plus difficile à cacher, déformait maintenant son pantalon. Une exhibition que ne pouvait pas occulter et laisser indifférente l’aguicheuse comtesse. Laquelle, certainement ravie de la faiblesse émotionnelle de son invité, devait en profiter pour présenter encore plus de tableaux, dessins ou photos qui exacerbaient sa libido comme des banderilles dans le garrot d’un taureau.
Cauchemar éveillé ou transmission de pensée avec ce qui était en train de se passer au château, Astrid était, malgré elle, une spectatrice impuissante. C’est alors que la machiavélique tentatrice poussait le malheureux Jean-Hubert jusque dans le Chesterfield et le déshabillait entièrement dévoilant à l’air libre un braquemart affamé. Madame Cécile savourait des yeux sa jeune proie, l’effleurait à la recherche de ses sensibilités pour enfin s’emparer de sa verge gonflée et… Comment Astrid pouvait-elle avoir de telles images qui inondaient son cerveau ? Pourquoi n’arrivait-elle pas à interrompre cette obsédante scène ? Pourquoi subitement ressentait-elle une indécente moiteur entre ses cuisses ?
Le sexe de Jean-Hubert était maintenant dans la bouche de Cécile d’Albon de la Verse, laquelle, grâce à son pernicieux savoir-faire, avait pris le contrôle total de celui-ci. Même le bruit des muqueuses humides résonnait dans sa tête. Elle y entendait aussi les gémissements de plaisir de son fiancé comme si elle était à ses côtés. Cette torture à laquelle Jean-Hubert était soumis, elle en ressentait les effets dans son propre corps. Ses seins se cambraient, ses tétons se durcissaient et comprimaient un soutien-gorge au bord de la rupture. Son ventre était agité de contractions qui se propageaient jusque dans son bas-ventre. Sa chatte était en feu. Instinctivement, elle releva sa robe et glissa sa main dans son slip déjà trempé. Elle se caressa, histoire de calmer l’incendie. Mais elle ne put résister à la nécessité de se doigter d’abord timidement en jouant avec ses lèvres avides puis fébrilement, stimulée par l’évolution fantasque du sort de son fiancé. Sa sulfureuse hôtesse était maintenant complètement nue et s’apprêtait à chevaucher Jean-Hubert et à engloutir sa verge hypertrophiée. En même temps que le sexe de son futur époux était dévoré par cette obscène cavalière, ses doigts s’enfonçaient frénétiquement dans son vagin. Elle n’était plus maître de ses mouvements, de ses affres, de ses spasmes. Elle se masturbait furieusement sur le sofa d’époque de la bibliothèque, transportée mentalement au chevet d’un Jean-Hubert qui ne la voyait pas, tant il était ensorcelé par la domination sexuelle de la châtelaine de Montroc. Il semblait, en plus, aimer cela et le manifestait bruyamment. Une frustration insoutenable pour Astrid, incapable d’arrêter le déroulement de cette vision, comme le détournement débridé de son fiancé. Son autre main s’occupait maintenant de son clitoris haletant. Elle était en transe, elle se fouillait violemment à rompre son hymen tellement son ardeur et l’ampleur de ses va-et-vient étaient puissantes. Sur son visage, on pouvait lire une douleur presque masochiste luttant contre ses dernières résistances qui l’entraînaient inexorablement vers une immorale jouissance. Vaincue par l’impudeur de la situation, la force de sa fornication manuelle et la luxure de ses hallucinations, elle acceptait enfin de succomber au tsunami d’un orgasme libérateur, même si les larmes qui l’accompagnèrent trahissaient une situation bien trop malsaine pour elle. Comment avait-elle pu se laisser aller à une telle débauche ?
19 h 15 précises, Astrid, libérée de ses supplices licencieux et reconditionnée en jeune fille de bonne famille, se présentait au dîner dans la salle à manger familiale. Tout le monde constatait l’absence de son fiancé retenu, on ne sait où, par ses obligations professionnelles. Personne n’avait de nouvelles, mais dans ce bout du monde, on avait l’habitude du silence des portables désespérément en quête de réseau. Le repas fut expédié assez rapidement. Astrid aidait sa mère à débarrasser, quand la silhouette de Jean-Hubert apparut au fond du couloir.
Un peu penaud, il rejoignit les deux femmes dans la cuisine et s’excusa de son arrivée tardive. Il tenta d’expliquer le temps perdu pour trouver un copieur numérique professionnel ; les petites routes derrière des camions pour retourner au château ; le temps passé avec Madame d’Albon de la Verse qui lui avait tenu la jambe plus que prévu, etc. Ce qui ne manqua pas de faire tiquer sa fiancée.
Plus pragmatique et accueillante, la mère proposa à ce jeune homme éprouvé par une longue journée de lui concocter un repas avec quelques restes. Lequel accepta sans se faire prier, il n’avait rien mangé depuis la veille, et s’installa comme on l’y invitait à la table de la cuisine.
L’ambiance n’était pas très glamour entre les deux fiancés. Astrid était redevenue, hautaine, presque méprisante et un tantinet frigide. Ce qui annonçait plus une convocation qu’une invitation amoureuse.
C’était un Jean-Hubert rassasié, mais gêné et intimidé qui faisait son entrée dans cette pièce où régnait l’impassible Astrid avec son visage fermé des grands jours. Ou plutôt des grands soirs, car la nuit était tombée dans la grande pièce, certainement chargée d’histoire, de vieux grimoires et de poussière juste éclairée par un modeste lampadaire à côté de la table de travail. Conscient de la colère rentrée de Mademoiselle, Jean-Hubert voulut essayer de déminer le terrain.
Elle répondit par un silence pesant et un léger mouvement de la tête pour le toiser des pieds en cap. Il était comme un gamin convoqué dans le bureau de la directrice. Au bout de quelques secondes, elle jugea nécessaire de le soumettre à la question.
Interloqué par l’objet de cet interrogatoire et comprenant les soupçons qu’elle insinuait, Jean-Hubert, malgré son étonnement, répondit clairement :
Elle s’était levée et attendait debout face à lui, montrant quelques signes ostentatoires d’impatience. Devant autant de fermeté et d’autorité, le pauvre Jean-Hubert commençait à comprendre qu’il n’avait pas d’autre alternative pour prouver sa bonne foi. Même s’il trouvait cela plutôt humiliant. Il s’exécuta donc et se retrouva en slip et en chaussettes pour cette drôle d’inspection.
N’ayant rien à opposer à cette perquisition tatillonne, il baissa lentement pour ne pas dire au ralenti la dernière protection de sa pudeur, espérant qu’avant d’avoir tout dévoilé, la donneuse d’ordre change d’avis. Mais il n’en fut rien. S’il avait refusé, cela aurait été l’implicite aveu qu’il s’était passé quelque chose. Maintenant exhibé dans son plus simple appareil, il perdait toute dignité et se soumettait à la volonté inquisitrice de sa fiancée qui, elle, était restée habillée. La scène n’avait rien d’érotique pour Jean-Hubert, à tel point que son sexe mis à nu apparut tout recroquevillé, craintif, rabougri comme s’il voulait se cacher, se faire oublier. Instinctivement, il le protégea en mettant ses mains devant.
Elle scruta, sans rien dire ni laisser paraître, la peau de son mis en examen avec la minutie d’une dermatologue. Elle recherchait, principalement sur le buste, le dos, les bras, les traces d’une étreinte passionnelle ainsi que l’empreinte olfactive de la comtesse et de son entêtant parfum. Après cette inspection, elle alla s’asseoir sur le bord du sofa, le dos droit, les genoux serrés, les jambes inclinées sur le côté et réajusta chastement sa jupe en tirant sur l’ourlet. Elle demanda à Jean-Hubert de venir se positionner devant elle. Elle dut le reprendre pour qu’il s’approche et lui présente ses attributs sexuels.
Pour la première fois, il sentait l’emprise sexuelle de sa fiancée. Il avait souvent souhaité, imaginé, fantasmé cette sollicitude de la part d’Astrid pour dompter, dresser et enfin mettre en irruption son volcan gorgé de désirs. Au lieu de cela, une appréhension l’envahissait. Ses doigts longs et fins, façonnés par quinze ans de piano, étaient en train de former une cage autour de son intimité. Tout se mêlait dans sa tête : la honte d’être exhibé dans cette situation, l’envie d’être enfin caressé par Astrid, le besoin de se laisser faire et la peur tant celle-ci semblait suspicieuse.
Elle exerça une légère pression, commença un délicat va-et-vient, ce qui le fit cabrer significativement et continua avec une minutieuse dextérité jusqu’à ce qu’elle obtienne une belle érection. Jean-Hubert se sentait complètement vulnérable et sans défense dans cette posture qu’il ne contrôlait plus.
Nouvelle manipulation sur son sexe exhibé et abusé pour déflorer ses ultimes sensibilités et pousser Jean-Hubert dans ses derniers retranchements.
La torture était avant tout mentale, même si son corps, et surtout son point le plus névralgique, était à l’épreuve. Ce moment qui aurait pu être agréable, délicieux, émouvant déclenchait un sentiment d’injustice de plus en plus insupportable pour Jean-Hubert. Au bord des larmes, il ne savait plus comment arrêter la spirale infernale qui faisait de lui un coupable idéal. D’ailleurs, Astrid avait bien senti ce flottement qu’elle prenait pour un passage aux aveux imminent. Au fond d’elle-même, il y avait une satisfaction, celle de mettre à nu la vérité et de ne pas en avoir peur, celle de faire confiance à ses intuitions qui l’avaient alertée quelques heures auparavant, celle de dominer ce mâle égaré et dépravé.
Alors, pour provoquer les confessions, et sûre de son ascendant, elle comprima doucement puis plus fortement les bourses de son mis en examen comme pour faire sortir quelque chose de celui-ci. Tout en accompagnant son geste d’un sentencieux : « Jean-Hubert, je vous écoute ! » Elle n’obtint rien que les larmes de celui-ci. Après un silence pesant, malgré la situation incongrue et gênante, il trouva le courage de s’adresser à sa procureure.
Il avait parlé d’une voix monocorde presque lasse, sans affectation ni effet. Le débit était lent et pourtant impossible à arrêter. Il y avait en lui une force sereine mue par la sincérité de la nécessité. Astrid, qui le fixait avec son air suffisant s’attendant à d’autres révélations, était sidérée. Son visage figé et impassible commençait à se défaire. C’était tout juste si elle ne lui demandait pas de répéter pour vérifier si elle avait bien entendu. Elle ne pouvait plus soutenir le regard de son fiancé. Elle baissa les yeux et tomba sur le phallus qu’elle « menottait ». Sous l’effet de la tension, il était animé de petits spasmes suppliants, comme un appel à l’aide. Il se contractait puis frissonnait jusque sur la fragile peau de son scrotum et irradiait ses doigts en contact. Des effets collatéraux qu’elle ne pouvait ignorer. Subitement, elle ne se sentait pas très bien, elle était désemparée et submergée par une étouffante chaleur. Touchée par la déclaration de Jean-Hubert qui pulvérisait tous ses soupçons, elle était désarmée et au bord de l’évanouissement.
Elle ne savait comment faire face à ce retournement de situation dans laquelle elle venait de passer de l’estrade des juges au box des accusés. Sans doute par réflexe chrétien, elle se mit à genoux au pied de sa victime, drapée dans l’innocence de son plus simple appareil. Les yeux baissés, elle murmura :
Elle redressa la tête pour trouver secours dans le regard de son fiancé, lui aussi encore affecté par la scène et incapable d’une quelconque expression. Ne trouvant pas réponse, elle reprit la parole.
En même temps qu’elle cherchait désespérément les mots, les paroles, les excuses, les lamentations, son champ de vision embué par l’émotion se trouva nez à nez avec l’érection encore vive de son promis. Au fond d’elle-même, une conscience s’éveilla. Ce sexe, c’était elle qui l’avait façonné, enflammé, apprivoisé. Au lieu de se culpabiliser d’avoir été trop loin, au contraire, germait en elle une question : et si plutôt n’était-elle pas allée assez loin ? Alors comme dans un rêve au ralenti, mais de manière naturelle, elle se saisit délicatement de « sa créature », l’embrassa amoureusement, la suça langoureusement, puis la mit en bouche religieusement non sans avoir enveloppé les testicules tremblants. Tout s’était enchaîné de manière fluide, attentionnée et tellement érotique que ce pauvre Jean-Hubert, subjugué, ne trouva pas la force de s’opposer à une telle éloquence en guise de réponse.
Pour Astrid, c’était un drôle de sacrement qu’elle recevait, mais dont elle entretenait avec vigueur le feu. Mues par une foi intérieure qu’elle ne connaissait pas jusqu’à présent, ses caresses avaient quelque chose de divin. Sans se départir de sa communion, elle leva timidement sa tête vers celui qu’elle guidait sur la voie de l’extase comme pour lui offrir sa soumission en guise de pardon. Leurs regards se croisèrent. Jean-Hubert était déjà touché par la grâce. Elle savoura cette candeur qu’elle lisait dans ses yeux et ressentait dans les frémissements de son sexe abandonné à elle. Sa prunelle angélique accompagnait les tourments de ce mâle qu’elle possédait à nouveau. En même temps qu’elle pouvait apprécier les pouvoirs qu’elle exerçait sur sa conquête, elle sentait en son corps une étrange métamorphose que, paradoxalement, elle ne pouvait maîtriser. Sa poitrine se redressait, ses tétons vibraient au contact des dentelles de son soutien-gorge, son ventre était envahi de picotements, sa chatte, d’ordinaire à l’abri, subissait de plein fouet un ouragan tropical. Ce qui ne l’empêchait pas de continuer pieusement ses bonnes œuvres sur ce pénis dont elle entretenait savamment l’espérance. À chaque va-et-vient, elle lui arrachait des soupirs de plus en plus profonds. La suavité de ses lèvres, de sa bouche, de sa langue était si délicieuse qu’il ne pouvait que désirer qu’elle poursuive indéfiniment ce « supplice ». Et puis, elle décida, à un moment choisi par elle seule, de mettre un terme à ses « souffrances ». Il ne put se retenir, se retirer, prévenir… De toute façon, elle avait envie de sentir en elle la montée du plaisir qu’elle provoquait et de goûter à sa voie lactée. Elle dégusta, avala et lécha consciencieusement cette offrande masculine. La messe était dite !
Astrid se leva, comme si de rien n’était. Elle réajusta sa jupe, ses cheveux, son bustier devant un Jean-Hubert encore sous le choc et passablement désorienté. Elle le regarda, reprenant sa frigide posture, et s’adressa à lui :
Elle lui coupa net la parole pour lui affirmer sans ambages :
Astrid, en bonne auxiliaire de la maîtresse de maison, l’accompagna jusqu’au seuil de sa chambre d’invité au bout d’un couloir juste éclairé par une lointaine ampoule capricieuse. Au moment de saluer par un chaste baiser son fiancé encore décontenancé par la douche froide qu’il venait de subir, elle remonta sous sa jupe pour en extraire sa culotte bénie par la mouille de ses émois sexuels et la glissa dans la poche de la veste de son fiancé en disant :
Sur ce, elle tourna les talons et disparut au bout du couloir dont elle éteignit la lugubre lumière, plongeant ce pauvre Jean-Hubert dans le noir.
La vente aux enchères de la collection de Monsieur d’Albon de la Verse fut un succès international. Le mariage eut bien lieu quelques mois plus tard et les deux époux purent enfin consommer leur nuit de noces. L’histoire ne dit pas ce qu’il s’y est passé, laissant au lecteur la liberté d’imaginer le meilleur comme le pire. C’est cela le mariage !