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n° 23461Fiche technique10490 caractères10490
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Temps de lecture estimé : 8 mn
24/01/26
Résumé:  Elle monte dans un taxi. Pas d’adresse. Juste un regard. Il conduit, elle dirige. Chaque geste est un piège, chaque silence une montée. Dans le rétro, il voit tout. Mais ne touchera rien. Joe le taxi, c’est un trajet sans retour, un orgasme en miroir, et une femme qui ne demande jamais la permission.
Critères:  #volupté #exhibitionniste #transport
Auteur : Alice L Lamersay      Envoi mini-message

Collection : Coup de Chaud

Numéro 01
Coup de Chaud – Joe le Taxi

Acte 1 – L’allumage


La portière claque. Minuit vingt-trois.

Talons Louboutin qui claquent une dernière fois sur le bitume luisant, puis le silence de l’habitacle qui m’engloutit. Je glisse sur la banquette arrière, lentement, presque paresseusement, jusqu’à ce que la jupe crayon noire remonte d’elle-même sur mes cuisses.


Le cuir usé colle tout de suite à ma peau nue, il garde encore la tiédeur et l’odeur fantôme de celles qui ont glissé ici avant moi : parfum bon marché, sueur, désir ancien.

Je referme la portière. Claquement net.


Le chauffeur ne tourne pas la tête. Nuque épaisse, barbe qui gratte l’ombre, mains solides sur le volant. Il ajuste le rétro d’un geste sec.


Ses yeux me trouvent dans le miroir. Pas discrètement. Pas poliment.

Ils descendent, lourds : chevilles croisées dans les escarpins noirs, mollets pleins, genoux qui s’effleurent, puis la courbe des cuisses où la jupe s’arrête net. Remontée lente vers mon décolleté qui respire, seins lourds qui tendent le coton blanc, gorge où bat encore le pouls de la journée. Enfin, ma bouche rouge mat qui tient depuis dix heures, lèvres entrouvertes.

Ce regard ne questionne pas. Il prend.


D’habitude, je croise les jambes, je fixe la vitre, je joue l’indifférente.

Ce soir, non.

Je décroise lentement. La jupe glisse encore un cran. Peau luisante sous les réverbères orange qui strient la nuit.

Il parle, sans se retourner, voix rauque :



Je lève les yeux vers le rétro. Nos regards se verrouillent.



Il déglutit. Pomme d’Adam qui monte, descend. Mâchoire crispée une seconde.



La voiture démarre. Je me décale au centre de la banquette, jusqu’à ce que le cuir épouse la cambrure de mes reins. Jambes à peine écartées, juste ce qu’il faut pour que l’ombre s’imprime dans le rétro convexe.


Pas de culotte. Je l’ai roulée en boule et jetée dans la poubelle chromée des toilettes du 14e étage, après avoir senti cette moiteur traîtresse s’installer pendant ce dernier échange, là-haut, face à la baie vitrée.

Je pose la main gauche sur ma cuisse droite. Ongles noirs tranchants sur la chair pâle. Pas un mouvement encore. Juste cette pression légère qui fait monter la chaleur moite, déjà logée au creux de moi.


Une seconde, une pensée traverse :

Et si je me trompais ? Si ce n’était qu’un regard banal, si je brûlais seule ?


Le pouls qui cogne entre mes cuisses répond avant moi. Non.

Je ne me trompe pas.


Mes doigts remontent de deux centimètres. La jupe suit. La lumière orange d’un lampadaire glisse sur l’intérieur de mes cuisses et révèle l’éclat humide qui perle déjà.


Dans le rétro, ses pupilles s’ouvrent grand.

Je souris. Petit, insolent, lèvres rouges entrouvertes.


La ville s’efface dans le flou.

Et moi, je commence à apparaître.



Acte 2 – La montée


Le moteur murmure, presque complice.


La pluie trace des lignes obliques sur les vitres, la ville n’est plus qu’un halo orange flou. Le cuir de la banquette épouse mes reins, garde la tiédeur de mon dos, colle doucement à l’arrière de mes cuisses à chaque respiration un peu plus profonde.


Je ne quitte pas le rétro.

Ses yeux ne quittent pas les miens.

Mes doigts descendent avec une lenteur calculée.


La jupe se plisse, remonte d’elle-même sur mes hanches comme si le tissu savait ce que je veux. L’air frais effleure la peau nue, puis c’est la chaleur qui monte, moite, veloutée, déjà là depuis des heures.


Je pose d’abord le plat de la main sur le mont de Vénus. Pression douce, enveloppante. Je sens les battements sous la peau, ce pouls discret qui répond au mien. Puis, du bout des doigts, je trace la ligne médiane, de haut en bas, sans appuyer. Juste effleurer. Laisser les lèvres s’entrouvrir d’elles-mêmes, comme une invitation qu’on murmure.


Un premier contact.

L’index glisse le long de la fente, recueille la soie humide qui perle déjà. Je remonte lentement, très lentement, jusqu’au clitoris. Je ne le touche pas encore. Je contourne, je frôle le capuchon, je dessine des cercles immenses, paresseux, autour de lui. Chaque passage fait monter une vague douce, presque électrique, qui se répand dans le ventre, durcit les pointes des seins sous le coton blanc.


Dans le miroir, ses pupilles s’agrandissent.

Sa respiration s’alourdit. Je vois sa main droite presser le tissu du pantalon, une fois, deux fois retenue. Il attend. Il regarde. Il est à moi.


Je veux qu’il sente chaque seconde. Qu’il voie que je prends mon temps. Que je savoure.

Deux doigts maintenant.


Ils écartent doucement, avec une tendresse presque cruelle. Je glisse l’index à l’intérieur, puis le majeur, courbés vers le haut. Je ne pompe pas. Pas encore. Je reste là, immobile un instant, à sentir les parois se resserrer autour de moi, chaudes, soyeuses, vivantes. Puis je commence un lent va-et-vient, profond, mesuré, comme si je caressais l’intérieur d’un secret. Le pouce reste posé sur le clitoris, pas de frottement vif. Juste une pression circulaire, douce, insistante, qui grandit peu à peu.


Mes hanches ondulent à peine. Un balancement infime, comme une danse qu’on exécute pour soi seule. Le chemisier se tend. Un bouton saute, pop discret. Mes seins se libèrent à moitié. Je les laisse respirer.


Il grogne. Un son bas, étouffé.

La voiture ralentit, tourne dans une rue sombre. Phares qui balaient un parking vide, puis s’éteignent. Moteur au ralenti. Feu rouge éternel devant nous.

Plus profond maintenant.


Les doigts glissent avec une fluidité parfaite, recueillent l’humidité qui s’écoule, chaude, brillante, indécente sur l’intérieur des cuisses. Je remonte lentement, je ressors presque entièrement, puis je replonge, chaque fois un peu plus loin, un peu plus lentement.


Je murmure, voix basse, rauque, juste pour lui :



Il serre le volant. Jointures blanches. Souffle haché.

Il pense que c’est lui le voyeur. Mais c’est moi qui le tiens. Moi qui décide de la lumière, de l’angle, de ce qu’il aura le droit d’emporter.


Une pensée traverse, rapide, joueuse :

J’aurais dû porter les bas coutures. Il aurait vu les lignes sur mes cuisses. Il aurait su que je suis faite pour être regardée.


Je pince doucement le clitoris entre pouce et index pas fort. Juste assez pour le faire gonfler davantage. Je le caresse du bout des ongles, légers, presque chatouillants. Puis je reprends les cercles lents, profonds, enveloppants.


Le ventre se contracte. Les muscles intérieurs se resserrent autour de mes doigts. La chaleur monte en spirale, lente, inexorable. Sueur perle sur la nuque, glisse entre les seins. Jambes écartées au maximum, jupe relevée comme une offrande.


Dans le rétro, son visage est un masque de désir pur. Il murmure quelque chose, un mot que je n’entends pas, peut-être mon prénom fantôme.


Je le fixe.

Jusqu’à la dernière seconde.

Et je lâche.

Pas en m’effondrant.

En m’épanouissant. Splendide. Irréversible.



Acte 3 – L’explosion et l’après


Je ne précipite rien.


Même au bord.

Mes doigts restent en moi, immobiles une seconde, sentant les parois se resserrer autour d’eux, lentes, rythmées, comme un cœur qui bat pour moi seule. Le pouce repose sur le clitoris, pression douce, cercles immenses qui ralentissent encore. Je veux que ça dure. Je veux qu’il voie chaque frémissement, chaque onde qui traverse mon ventre, mes seins, ma gorge.


Le miroir rétro devient oracle.

Il lui montre ce qu’il ne pourra jamais atteindre. Il lui montre ce que je lui accorde et ce que je lui refuse. Je reprends.

Très lentement.


Doigts qui glissent à nouveau, profonds, fluides, caressant les parois comme on dompte une bête prête à mordre. Le pouce effleure, enveloppe, ne frotte pas. Chaque passage fait naître une nouvelle onde, pas de chaleur brute, mais une soie noire qui se déploie sous la peau, électrique, presque froide par instants, comme un courant qui remonte de l’intérieur vers la surface.


Mes hanches ondulent en rythme infime.

Un balancement doux, presque invisible. Le chemisier entrouvert laisse les seins respirer, mamelons durs qui frôlent le tissu à chaque souffle. Un gémissement bas sort de ma gorge pas un cri, juste un son qui vibre dans l’habitacle, se mêle au ronron du moteur et à la pluie.

Dans le rétro, son visage est un masque.


Désir pur, admiration muette, révérence contenue. Sa main droite reste figée sur son pantalon. Il n’ose plus bouger. Il regarde. Il est captif. Et moi, je décide de la durée de son supplice.


Une seconde, j’ai cru que j’irais trop loin. Que je perdrais le contrôle.

Mais il était déjà trop tard.

Et c’est exactement ce que je voulais.


Je pince doucement le clitoris entre pouce et index, pas pour faire mal, pour le faire palpiter. Je le caresse du bout de l’ongle, légers effleurements, puis je reprends les cercles lents, profonds, enveloppants. Les contractions s’intensifient. Les muscles se resserrent autour de mes doigts, spasmes lents qui remontent jusqu’au plexus.


Et là, ça arrive.

Pas une explosion. Une éclosion lente, irrépressible.

Le corps s’arque.


Tête rejetée contre l’appui-tête, lèvres entrouvertes, seins qui se soulèvent une dernière fois. Les cuisses tremblent, se resserrent un instant autour de ma main, puis s’ouvrent à nouveau. L’orgasme se répand en ondes longues : soie noire qui traverse le ventre, les reins, les jambes, la gorge. Je continue à bouger les doigts, très doucement, prolongeant chaque contraction, chaque frisson, jusqu’à ce que ça devienne presque trop doux, presque insoutenable.


Je jouis les yeux grands ouverts.

Fixés sur le rétro.

Il voit tout : le tremblement des lèvres, la sueur qui perle sur la tempe, les seins qui se soulèvent encore, l’éclat froid qui brille sur mes cuisses quand je retire lentement mes doigts, luisants, odorants.


Je porte les doigts à ma bouche.

Langue qui tourne autour, lentement, goût salé-sucré de moi-même. Je les suce avec une indolence assumée. Puis je les retire, essuie le coin de mes lèvres d’un revers lent.

Je souris dans le miroir.

Petit. Insolent. Triomphant.


Je rabats la jupe d’un geste nonchalant.

Reboutonne un seul bouton du chemisier, celui qui reste. Essuie la banquette d’un revers de manche.


La voiture redémarre.

Moteur normal. Comme si rien.

Je sors un billet froissé de mon sac, le pose sur le siège passager.



Voix calme. Amusée.

Je descends.

Les talons claquent sur le trottoir mouillé. Pluie fine sur mes cheveux, mes épaules. Cuisses encore vibrantes, corps léger, vivant.


Je m’éloigne sans me retourner.

Hanches qui roulent, sourire aux lèvres.

Pas de nom.

Pas de trace.

Juste Lola.

Juste la preuve.