Une Histoire sur https://revebebe.pages-perso.free.fr/
n° 23445Fiche technique12767 caractères12767
2244
Temps de lecture estimé : 9 mn
07/01/26
Résumé:  Le jeune et beau père Jean est envoyé à Kukuhiti. Les tentations de la chair y sont extrêmes. Notre curé pourra-t-il conserver son vœu de chasteté ?
Critères:  #historique fffh
Auteur : JaponaisVolant      Envoi mini-message
L'île de Kukuhiti — Père Jean

L’ÎLE DE KUKUHITI


PÈRE JEAN



En 1821, l’Église catholique dépêcha sur l’île de Kukuhiti le jeune, beau et séduisant père Jean (genre Richard Chamberlain, dans «  Les oiseaux se cachent pour mourir ») fraîchement sorti du séminaire en remplacement du brave vieux père Joseph que le Seigneur avait rappelé à Lui.


L’abbé du père Jean l’avait averti : «  Nous vous envoyons en un lieu où les tentations de la chair sont extrêmes, mon fils. Les femmes y sont lascives au soleil redoutable et s’il n’y a point d’hiver, cela n’est point l’été ». Père Jean se demanda : «  Que diable signifie ce charabia ? »


Père Jean naviguait en route vers Kukuhiti, depuis deux semaines déjà, lorsque soudainement son abbé se souvint : «  Mon Dieu, j’ai oublié de lui dire de ne pas accepter le poste de chambellan du roi si l’occasion se présentait. Bah, tant pis ! Advienne que pourra ! »


Escale à Tahiti


Note : Tahiti resta possession de la perfide Albion jusque vers le milieu du XIXᵉ siècle. En 1819, Pomaré II, roi de Tahiti, sur l’initiative des missionnaires, instaura le premier code de lois tahitiennes, connu sous le nom de Code Pomaré. Les missionnaires et Pomaré II imposèrent alors l’obligation de porter des vêtements couvrant tout le corps, l’interdiction des danses et des chants, des tatouages et des parures de fleurs, toutes ces traditions étant qualifiées d’ « impudiques ».


Rien de toutes ces interdictions et impositions à Kukuhiti. Ce n’est que vers 1890 que les Kukuhitiennes se couvrirent. Là encore, leurs robes sont tellement légères que l’on devine tout. D’ailleurs, même aujourd’hui, les Kukuhitiens ont une propension pour le naturisme.


Le navire fit d’abord escale à Tahiti quelques jours. Le prêtre catholique de l’île hébergea le père Jean et lui enseigna quelques rudiments de la langue locale et quelques coutumes. «  Ce jeune prêtre fera tourner les têtes. », se dit le curé.


Il découle de ce qui a été expliqué ci-dessus que le père Jean ne vit pas de Tahitiennes aux seins nus. Ce n’était que partie remise. Il ne sera pas déçu à Kukuhiti.


Arrivée à Kukuhiti


Le père Jean fut chaleureusement accueilli par le roi et la population.



Le jeune et beau père Jean suscita des passions, hélas contrariées par son statut de prêtre.



Étant donné que les chamans ne font pas vœu de chasteté, les Kukuhitiennes avaient quelques difficultés à assimiler la notion.



Bien qu’il n’eût pas beaucoup de succès dans sa mission de conversion, du moins, dans un premier temps, il était fort apprécié par le roi et surtout par la gent féminine.


Les dimanches, l’église était pleine à craquer. Surtout de femmes. Non pas qu’elles fussent particulièrement dévotes. Mais, vous aurez deviné pourquoi.


Sa vie était en général simple et agréable.


L’église était bien sûr pourvue d’un confessionnal.



N’est-elle pas formidable, la langue française, où dans « confesse » nous avons « con » et « fesse » ? Et que dire du mot « concubin », où il y a tout ce qu’il faut : « con », « cul » et « bain » !


Eh oui, nous sommes en Polynésie. Les filles ont des mœurs légères, tout le monde sait ça ! (les clichés ont la vie dure). Les curés se sont fait une raison et ont appris à ne plus admonester pour quelque chose de banal.



Journal intime de père Jean :


« Il est difficile de dire si c’est le niveau de français des pénitentes kukuhitiennes qui laisse parfois quelque peu à désirer, surtout lorsqu’il s’agit de termes spécifiques, ou si elles le font exprès. J’ai tendance à croire que c’est la première hypothèse car ses filles ont une innocence que nous avions probablement avant le péché originel et que nous avons par ce fait perdue. Elles ne pensent point à mal, n’ont point d’arrière-pensées et font tout avec candeur et franchise. Elles n’ont pas une once de fourberie ou de perversité. »


Le roi avait cinq épouses.


Sept mois après l’arrivée du père Jean, le chambellan du roi fut tué dans une altercation. Pour montrer au père Jean à quel point il le tenait en haute estime, le roi lui proposa le poste de chambellan. Détail croustillant, il faut préciser qu’une des fonctions du chambellan consistait à remplacer le roi dans son devoir conjugal si ce dernier devait s’absenter de l’île plus de cinq jours. Jusqu’à présent ce n’était jamais arrivé. Le père Jean accepta le poste dans la perspective d’augmenter son influence auprès de sa Majesté et de faire progresser la cause de l’Église, se disant que ça ne risquait pas d’arriver. La suite lui prouva le contraire.


Six mois plus tard, voilà que le roi dut se rendre sur une île voisine pendant une quinzaine de jours pour participer à une réunion de chefs.


Après cinq jours, les épouses du roi commencèrent à s’inquiéter de ne pas recevoir les services de père Jean. Après le 7ᵉ jour, toujours rien. Les épouses se posaient des questions :



Les épouses du roi n’y tenant plus, allèrent à la case du prêtre, l’emmenèrent à la chambre du roi et le déshabillèrent.


Pendant que des épouses lui tenaient les bras, celle qui voulait copuler avec lui, lui stimulait le sexe jusqu’à érection puis se mettait à cheval sur le goupillon magique qui a tant de pouvoir.



Les épouses du roi purent donc constater avec soulagement et ravissement que Popol jouissait de toutes les facultés de la génération. Elles furent émerveillées de la taille de Popol en érection. Cela continua ainsi toutes les nuits jusqu’à ce que le roi revînt. (ah… ouais… ça, c’est le paradis ! Du moins pour un homme hétéro normal. Pour un missionnaire, c’est autre chose).


De par son statut de prêtre, les Kukuhitiens considéraient le père Jean comme un représentant des dieux.

Ainsi, dans leur esprit, les épouses du roi pouvaient faire d’une pierre deux coups. Non seulement être satisfaites sexuellement, mais surtout en même temps recevoir en elles la sainte semence.

Vous pouvez imaginer les dialogues des épouses du roi :



Toutes les nuits après son « supplice », père Jean faisait pénitence de sa honte d’avoir brisé son vœu de chasteté en récitant moult «  Notre Père » et «  Je vous salue Marie » ainsi que surtout, le plus important, par moult flagellations sur Popol. Après le retour du roi, le père Jean s’infibula afin que pareille mésaventure ne se reproduisît plus.


Journal intime de père Jean :


« Je m’accuse du péché le plus grave qu’un représentant du Seigneur puisse commettre, à savoir le péché de la chair. Des femmes m’ont forcé à forniquer avec elles. Comment puis-je faire amende honorable auprès de Notre Seigneur et de sa Sainte Mère l’Église ? Je ne vois qu’une seule solution pour que cela ne se reproduise plus. Les indigènes ont coutume de s’infibuler. À leur exemple, je me suis infibulé, me gardant ainsi des ardeurs de la gent féminine de ce peuple. »


Néanmoins, cet épisode augmenta le prestige de père Jean auprès de sa majesté, de ses épouses et de la gent féminine de l’île.


Neuf mois plus tard, trois épouses du chef mirent au monde des garçons, dont le teint plus clair que celui des indigènes, indiqua que le géniteur n’était manifestement pas le roi.


Sa Majesté aborda le père Jean :



Ainsi, le père Jean dut non seulement entretenir les quatre ex-épouses du roi, mais aussi les trois garçons, dont il était manifestement le géniteur, aux frais de l’Église. Elles ne logeaient pas dans le presbytère bien sûr.


Sa Majesté trépassa un an après sa conversion.


Sa veuve aborda le père Jean :



Cérémonie d’ordination



Serait-il blasphématoire d’affirmer que le dieu des catholiques possède le plus grand harem de la planète, à côté duquel ceux des califes et des sultans font pâle figure ?


Les ex-épouses du roi, désormais nonnes, décidèrent de fonder la première congrégation religieuse pour femmes de Kukuhiti — uniquement constituée d’indigènes — qu’elles baptisèrent :

« CONGRÉGATION SAINTE MARIE MADELEINE DE L’IMMACULÉE CONTRACEPTION »

(euh…, soyons indulgents à l’égard de ces braves filles, leur connaissance du jargon ecclésiastique était quelque peu limitée, mais c’est l’intention qui compte). Elles firent acte de contrition en décidant les règles suivantes, uniques à leur congrégation :

1) Les nonnes auront le pubis glabre et seront infibulées (Elles appelèrent cet anneau «  anneau nuptial de chasteté ») ;

2) Elles se fouetteront la vulve tous les dimanches après la messe ;

(En fait, cette tâche était effectuée par le père Jean… avec délectation. Bien sûr, il ne laissait rien transparaître) ;

3) Le Vendredi Saint, elles seront attachées nues sur une croix (après flagellation, bien entendu. Flagellation effectuée par le père Jean !). Une banderole sera suspendue avec le texte :

« TOUJOURS REGARDER LE CÔTÉ LUMINEUX DE LA VIE »

Une chose est certaine, elles ont incontestablement gagné leur paradis (Après tout, on n’obtient rien sans peine).


Séance de flagellation hebdomadaire du dimanche



Le père frappait leurs vulves au moyen d’un bâton. Et vlan !



Et encore vlan ! Les nonnes se faisaient un point d’honneur d’endurer la douleur sans broncher. Pas de cris, pas de jérémiades.



Ces braves femmes ont beau être nonnes, certaines choses ont la vie dure. Comme dit le proverbe : « Chassez le naturel, il revient au galop. »


De son côté, le père Jean fonda lui aussi une congrégation masculine constituée d’indigènes uniquement dont les moines sont infibulés. Cela fut fort apprécié par les indigènes.

Le père Jean eut le bonheur de voir ces trois fils se faire prêtres à leur tour. Une sacrée victoire pour lui. Ils n’eurent donc pas de descendants. Ouf ! La moralité était sauve.


L’Église tint-elle rigueur au père Jean ? Nullement. Car elle fut fort satisfaite de sa réussite. Après tout, il est fort connu que l’Église n’a aucun scrupule à contourner ses propres règles quand il s’agit de faire avancer la cause. Le père Jean finit évêque.



P. S. : Je me suis inspiré d’une mésaventure qui, paraît-il, est vraiment arrivée à un missionnaire en Polynésie. Je parle de la coutume de remplacer le roi dans son devoir conjugal et de l’épisode de la fornication, pas le reste.