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22/12/25
Résumé:  Pourquoi « Kukuhiti » ? Parce que ces îliens sont un peu « cuculs ».
Critères:  #société #aventure piercing
Auteur : JaponaisVolant      Envoi mini-message
L'île de Kukuhiti

Ses plages couvertes de pétrole.

Sa mer aux relents fétides.

Ses cocotiers chétifs.

Son maraé en ruine.

Ses vahinés aux hanches couvertes de cellulite.


Euh… pardon, je veux dire :


Ses plages de sable fin.

Sa mer cristalline.

Ses cocotiers élancés.

Son maraé restauré.

Ses vahinés aux seins nus.

(Oh oui, ça, c’est bien pour attirer les touristes !)


Ce récit débute au 17ᵉ siècle.


L’île (fictive) de Kukuhiti fait à peu près la moitié de la taille de Tahiti.

Les habitants sont des Polynésiens.

Farouches guerriers dont certains se plaçaient un anneau à travers le prépuce, en plus des fameux et traditionnels tatouages, trait essentiel de la culture polynésienne.


(Il paraît que certains guerriers celtes aussi se plaçaient un anneau dans le prépuce. Ils aimaient à exposer leur bite lors des batailles)


À partir d’un certain âge, les filles se voient placer un anneau de chasteté. Une grande cérémonie est organisée chaque printemps au maraé réunissant toutes les filles ayant atteint cet âge cette année-là et cela est pratiqué en public. (Je rassure les âmes sensibles : il existe sur l’île une plante dont la sève, lorsqu’elle est appliquée sur la peau, a des propriétés anesthésiantes.) L’anneau est soudé de sorte qu’il ne peut être enlevé que par des tenailles. Toute pénétration (du vagin) est par conséquent impossible. Les filles sont très fières d’exhiber leur anneau.


Certes, vous allez dire qu’une fois encore ce sont les filles qui sont « verrouillées » et non les garçons. Cependant, il suffit d’une femme à poigne pour faire évoluer les choses.



Cérémonie de mariage


Quant aux garçons, quelques semaines avant la cérémonie du mariage, un anneau est placé à travers la paroi droite du prépuce (celui-ci n’est donc pas complètement fermé).

Le fiancé et la fiancée, nus, bâillonnés, liés l’un à l’autre par une corde à travers leurs anneaux respectifs marchent jusqu’au maraé où se déroule la cérémonie.


Teheiura et Manavaï s’avancent vers le maraé :


Prêtresse – Cher peuple, nous sommes réunis aujourd’hui sur ce maraé pour unir par les liens du mariage Teheiura et Manavaï. Qu’on leur enlève les bâillons. Teheiura, consens-tu à prendre pour épouse Manavaï ici présente ?



Il arrive parfois que certains couples choisissent de remettre un anneau génital mais celui-ci est aisément amovible.


Si une fille n’est pas encore mariée à l’âge de 22 ans, elle est autorisée à faire remplacer l’anneau de chasteté par un anneau facilement amovible.


Cet anneau revêt une telle importance à leurs yeux que les habitants ont même une expression :

« Je le jure sur mon anneau ».


Il faut préciser que cette pratique n’a rien à voir avec le pratique abominable et barbare de l’excision. Il ne s’agit que d’un piercing, tout comme l’est le percement de l’oreille et il est réversible contrairement à l’excision.


Jusqu’à la fin du 19ᵉ siècle, malgré les injonctions des missionnaires, les filles se promenaient les seins nus.

(Aah, quelle heureuse époque ! La vue de ses innocentes jeunes filles dans leur virginale nudité, comme c’est merveilleux ! Euh… pardon, je m’égare).


Même aujourd’hui, les Kukuhitiens ont un fort penchant pour le naturisme, et vu le climat, les robes sont tellement minces qu’elles ne laissent rien à l’imagination. Sur les plages le monokini n’est pas interdit et les plages naturistes sont faciles à trouver.



Régime alimentaire




Rites de passage à l’âge adulte


Prêtresse – Mes enfants, comme vous le savez, vous êtes aujourd’hui réunis afin d’effectuer les épreuves qui feront de vous des adultes. La première épreuve sera un tir à la corde. Nous commencerons par les filles. La concurrente qui aura fait passer la ligne à son adversaire sera déclarée vainqueur.


Les deux concurrentes sont connectées par une corde à la hanche.

Leurs mains sont attachées dans le dos.


Lorsque les filles ont terminé, c’est le tour aux garçons. Même scénario.


Prêtresse – Maintenant, la deuxième épreuve. Les garçons feront une course à quatre pattes en portant une fille sur le dos sur une certaine distance.


Les courses se font par groupes de cinq. Le dernier arrivé est mis hors course puis on recommence avec les quatre restants et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un.

Les « cavalières » sont très enthousiastes à stimuler leurs « montures ».


Manavaï est sur le dos de Teheiura : Allez Teheiura, cours. Oui, oui, continue, tu y es presque…Ouaiais…Tu as gagné ! Je suis fière de toi !



L’épreuve du rôtissage


Les Kukuhitiens appellent la dernière épreuve « l’épreuve du rôtissage ».


Les jeunes sont ligotés individuellement à une perche munie d’une manivelle, dans le dos, les mains et les pieds derrière la perche, puis placés horizontalement au-dessus d’un feu doux. Il va sans dire qu’ils sont placés suffisamment haut du feu pour qu’ils ne soient pas brûlés mais simplement qu’ils aient très chaud comme dans un sauna. Les jeunes de l’année précédente les badigeonnent d’huile de coco et font tourner les perches en rebadigeonnant régulièrement. Cela dure ainsi jusqu’à ce que les « suppliciés » demandent grâce. Le dernier et la dernière à tenir reçoivent la considération du peuple.


Le lendemain, les jeunes se rendent au maraé où ils sont accueillis dans l’allégresse et la bonne humeur. Il n’y a ni gagnants ni perdants. On considère que tout le monde a réussi. On sert aux jeunes leur premier bol de liqueur de coco. Ils sont désormais adultes.


(Note : Au cas où vous seriez choqués, je vous signale que ce que je viens de décrire, d’après ce que j’ai lu, n’est rien en comparaison des véritables épreuves de passages à l’âge adulte chez les Polynésiens. Il paraît qu’il valait mieux ne pas être une chochotte)



La reine Imatumi’i Te Kanawa


Jusqu’au 17ᵉ siècle, l’île était régie par un système monarchique dont la succession au trône se faisait par primogéniture masculine.

Cependant, au 17ᵉ siècle donc, le Roi Ilafa’i’i trépassa, n’ayant eu que des filles. Pour que le pouvoir restât dans la même famille, on dut se résoudre à accepter qu’une femme règne. C’est ainsi que la cadette et survivante, la princesse Imatumi’i Te Kanawa, monta sur le trône à l’âge de 18 ans.


Lors de son intronisation, elle tint à peu près le discours suivant :


« Ia ora na à toutes et à tous.

Moi, Imatumi’i Te Vahiné Te Kanawa, fille de feu le roi Ilafa’i’i, je jure de veiller à la prospérité de toutes et de tous.

J’ai une annonce importante. Écoutez attentivement.

Depuis des temps immémoriaux, les filles se voient placer un anneau de chasteté à partir d’un certain âge.

Par souci d’égalité des genres, je décrète ce qui suit :

- tous les garçons à partir du même âge que les filles seront pourvus d’un anneau de chasteté lors de la cérémonie des filles.

- toute personne non mariée à l’âge de 22 ans sera autorisée à enlever l’anneau de chasteté. »


Des applaudissements et des cris d’allégresse se firent entendre de la part de la gent féminine.

« Tant de sagesse dans tant de jeunesse ! », commentèrent les femmes.

« C’est une sainte ! », « C’est une déesse réincarnée ! »


C’est ainsi que l’année où Imatumi’i monta sur le trône, tous les garçons célibataires à partir d’un certain âge se virent placer un anneau de chasteté lors d’une cérémonie organisée à cet effet dans l’allégresse générale, surtout de la part de la gent féminine.

On entendit paraît-il des commentaires du genre : « Et une bite en chasteté, une ! »


C’est la raison pour laquelle la reine Imatumi’i passa dans l’histoire sous le nom de « Imatumi’i, l’égalisatrice ».


Certes, se mettre un anneau à travers le prépuce se faisait depuis longtemps mais c’était une fantaisie personnelle.


Lorsque la princesse Imatumi’i assista à un mariage la première fois, loin d’être traumatisée à la vue d’un pénis pourvu d’un anneau, elle trouva cela merveilleux.


Lors des rites de passage à l’âge adulte, non seulement elle gagna le tir à la corde mais sa « monture » fut vainqueur. Elle gagna également l’épreuve de rôtissage.


Depuis son accession au trône à 18 ans jusqu’à son mariage à 22 ans, la reine Imatumi’i Te Kanawa se fit volontairement subir l’épreuve de rôtissage chaque année. Elle se mit un point d’honneur à résister jusqu’à ce que le dernier et la dernière eurent demandé grâce, raffermissant ainsi l’admiration et le respect du peuple à son égard puisqu’au lieu de se contenter de régner et de donner des ordres, elle payait de sa personne et montrait l’exemple.


Son mari reçut le titre de prince consort (et non de roi). (Le prince consort est appelé ainsi parce que c’est « le prince qu’on sort » de temps en temps pour le montrer au bon peuple lors de certaines cérémonies et indiquer qu’il existe). Autant dire que c’est parfois déprimant de n’être que le numéro deux. La reine Imatumi’i eut quatre enfants : deux filles puis deux garçons. Après quoi elle décréta qu’elle avait fait son devoir. Le prince consort mourut à l’âge de 65 ans en honorant (ou essayant d’honorer) une maîtresse de 22 ans. Tout le monde, y compris la reine Imatumi’i, s’accorda à dire que c’était une belle mort.


Étant donné que la reine Imatumi’i Te Kanawa mourut à l’âge de 82 ans, à mesure que les années passèrent, le décret se transforma graduellement en tradition et fut poursuivi après sa mort. Les gens en vinrent même à croire que la pratique existait depuis des temps immémoriaux. À tel point qu’aucune fille de Kukuhiti n’accepterait un garçon non percé. (Donc, messieurs, si vous envisagez de courtiser une fille de Kukuhiti, vous savez ce qu’il vous reste à faire). Elles expriment leur béguin pour un garçon en tirant l’anneau de ce dernier. Elles aiment également taquiner les garçons en les tirant par l’anneau.

Tout un marché d’anneaux décoratifs se développa et les deux sexes sont très fiers d’exhiber leurs anneaux. Avec l’avènement des cadenas, ceux-ci sont parfois utilisés à la place des anneaux et le jour du mariage, le fiancé et la fiancée s’échangent les clefs.


La coutume de l’anneau de chasteté se reflète dans leur art statuaire (les tikis) où les statues mâles et femelles sont pourvues d’un trou à l’endroit ad hoc pour y mettre un anneau amovible.


Sur Kukuhiti, à part être le chef d’État, le souverain est également le chef du clergé. En tant que tel, la reine Imatumi’i Te Kanawa décréta ce qui suit :



Le clergé a une hiérarchie. Il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes à cet égard. Plus le grade est élevé, plus grands sont les anneaux (tous les anneaux).


Par souci d’équité et pour être consistante avec ses propres règles, la reine Imatumi’i pourvut ses tétons d’anneaux également puisqu’elle est le chef du clergé.


La reine Imatumi’i avait un caractère bien trempé. Elle ne tolérait pas qu’un amant lui manque de respect en public. Si cela arrivait, elle lui disait :

« Ce n’est pas parce que je t’ai sucé que tu crois pouvoir te permettre des familiarités. »


Elle exigea également que tout le personnel (marié ou célibataire) de son palais (en fait, un faré deux fois plus grand qu’un faré ordinaire) soit pourvu d’un anneau de chasteté.


À cette époque, les filles avaient les seins nus et la reine Imatumi’i ne faisait pas exception. Vu qu’elle avait une forte poitrine à rendre sa virilité à un eunuque grabataire, la seule chose que ses gardes pouvaient faire était de saliver. Quand même, ils avaient une compensation. Elle adorait jouer avec leurs parties génitales (caresser et serrer leurs scrotums, tirer leur pénis par l’anneau, etc.) et donc pendant ces moments-là ils étaient au septième ciel (Eh oui, la reine Imatumi’i était quelque peu libidineuse). Inutile de dire que ses gardes lui étaient dévoués corps et âmes (euh…surtout corps). Oui, vous pourriez dire qu’elle les tenait littéralement par les couilles.


Comme susmentionné, Imatumi’i mourut à l’âge de 82 ans et à l’instar de Louis XIV, elle vit mourir ses enfants et petits-enfants. Comme il ne resta que des filles, ce fut son arrière-petite-fille qui monta sur le trône. Bien qu’elle ne s’appelât pas Imatumi’i (en fait, elle s’appelait Fepi Pi Oli), elle décida, en hommage à son arrière-grand-mère adorée, de porter le nom de règne d’Imatumi’i II. Elle était aussi libidineuse que son arrière-grand-mère (il faut dire qu’elle avait été à bonne école).


À sa mort la reine Imatumi’i fut embaumée. Sa momie en parfait état de conservation est exposée au « Musée d’art et d’histoire de Kukuhiti ». Bon, il faut l’avouer, à 82 ans, on est déjà presque une momie (euh… pardon !)



Découverte de l’île par les Européens


Celle qui allait devenir reine sous le nom d’Imatumi’i V passa un an à Tahiti incognito. Elle était accompagnée de quatre autres nobles kukuhitiens également dans l’anonymat. Tahiti étant sous domination anglaise à l’époque, la future reine apprit l’anglais, à lire et à écrire, et bizarrement elle apprit le français par des sœurs catholiques françaises. La langue française lui plut. Il faut dire que phonétiquement parlant, le français ressemble plus aux langues polynésiennes que l’anglais. Elle comprit une chose importante à savoir que les hommes européens n’étaient pas des messagers des dieux mais des hommes ordinaires avec leurs pulsions. Elle ne révéla jamais l’existence de Kukuhiti.


Les premiers Européens à découvrir l’île furent les Anglais. Seulement, ce fut justement le jour de la cérémonie des rites de passage. Lorsque le capitaine aperçut à travers sa longue-vue les nombreux corps sur les perches, il fut frappé d’effroi et d’horreur et crut être tombé sur des cannibales. Il en résulta qu’il ordonna de rebrousser chemin sans débarquer.


Les premiers Européens à débarquer sur l’île furent des Français à bord du navire l’Intrépide, commandé par le capitaine de Theuze-Many, coureur de jupon invétéré et grand ami du marquis de Sade. Vous allez vous demander comment un coureur de jupon invétéré s’est retrouvé à faire un voyage de six mois en bateau (et par conséquent six mois d’abstinence sexuelle). Il avait mis enceinte la fille d’un marquis (quand il s’agit d’une soubrette, ça passe encore) qui a peu apprécié. De ce fait, l’amirauté l’a obligé à faire une petite balade de santé du côté de l’Océan Pacifique. Les vents firent rater Tahiti au navire et celui-ci se retrouva au large de Kukuhiti. L’équipage et son capitaine débarquèrent quelques jours avant la cérémonie de rite de passage à l’âge adulte. Ils purent constater que ce n’était pas si grave.



Journal de bord du capitaine


« Les vents nous poussèrent au large d’une île que les indigènes appellent Kukuhiti. Ils sont de la même race que les Tahitiens. J’eus la surprise d’entendre la reine s’adresser à moi en français. Elle m’en expliqua la raison.

Elle me fit comprendre sans détours que mon équipage ne serait autorisé à se soulager bibliquement qu’auprès de filles célibataires consentantes âgées d’au moins 18 ans, les maris n’étant pas de nature prêteuse, c’était là leur moindre défaut, qui plus est par le péché de Sodome.

La raison en est qu’à partir d’un certain âge, on place aux filles un anneau de chasteté. La reine me précisa clairement qu’il n’était pas question de leur enlever l’anneau pour satisfaire les marins.

Mon équipage put donc se soulager bibliquement auprès de jeunes indigènes mais uniquement par le péché de Sodome. Que le Seigneur lui pardonne. ».


Ainsi, des filles se laissèrent tenter, plus par curiosité que par sentiment.


La reine Imatumi’i V, qui était mariée, trouva le capitaine à son goût. Elle lui dit :

« Capitaine, si tu acceptes de subir l’épreuve du rôtissage et que tu en sors vainqueur, tu pourras jouir de moi le temps de ton séjour ici ».


Exceptionnellement la reine participa à l’épreuve de rôtissage.


La reine Imatumi’i V était une beauté et avait une poitrine sublime.


Journal intime du capitaine Gédéon de Theuze-Many


« Je me mis en costume d’Adam. On me ligota à une perche puis on me plaça horizontalement au-dessus d’un feu doux suffisamment haut pour ne pas être brûlé. On me badigeonna de lait de coco. On me fit tourner tel un cochon à la broche. À mesure que le temps passa, la chaleur se fit de plus en plus intense. La perspective de pouvoir jouir de la reine me motiva à endurer le plus longtemps possible. Un à un les autres « suppliciés » demandèrent grâce jusqu’à ce que je me retrouve le dernier. J’avais gagné le défi que m’avait lancé la reine.

Ainsi, la reine et moi passâmes les nuits des deux semaines suivantes en copulation, fornication et autres foutreries. Nos nuits furent aussi torrides que le feu au-dessus duquel nous avions été placés. Dans l’intimité, j’appelai la reine « ma petite cochonne fafa ». ».


De mauvaises langues prétendirent qu’on laissa gagner le capitaine.

Et le prince consort dans tout ça, me demanderez-vous ? Eh bien, il n’était pas en position de dire quoi que ce soit, ayant lui-même des maîtresses.


Neuf mois plus tard, la reine donna naissance à une fille dont le teint plus clair que les indigènes indiqua que le géniteur n’était manifestement pas le prince consort.


Le capitaine de Theuze-Many eut toutes les peines du monde à convaincre son équipage de retourner en douce France. Lui-même d’ailleurs dut se faire violence.

De retour en France, lorsqu’il fit le récit de la cérémonie des rites de passage au marquis de Sade, celui-ci fut aux anges et se délecta de cette description. « Aah, le merveilleux peuple que voilà ! Que ne puis-je aller vivre sur cette île paradisiaque ! La vue de ces jeunes filles dans leur virginale nudité en train de rôtir et tournoyer au-dessus d’un feu, quel magnifique spectacle cela dût être, mon cher Gédéon », s’exclama-t-il. On n’en aurait pas attendu moins de sa part lorsque l’on sait qu’il aurait eu un penchant pour les supplices.


Le capitaine fit des pieds et des mains pour convaincre le roi de le nommer ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès du royaume de Kukuhiti. Il avança des arguments imparables :

1) il fut le premier Européen à avoir débarqué sur l’île et à avoir noué des liens d’amitié avec la reine ;

2) une présence française permanente était absolument nécessaire avant que les Anglais ne mettent le grappin sur l’île.


Il fut convaincant et le roi accepta sa requête.


Deux ans plus tard, le désormais ambassadeur de Theuze-Many, débarqua sur l’île avec une délégation.



Le même soir.



La reine alla dans une pièce et revint avec une petite fille.



Cette nuit-là se passa en tendres bisous et caresses partout (j’ai dit « partout »).


Trois mois plus tard.



L’ex-reine et le sieur de Theuze-Many se marièrent et vécurent un bonheur sans nuage. Malgré son assiduité auprès de son épouse, le couple n’eut pas d’autre enfant.


Leur fille se développa en une demoiselle magnifique aussi belle que sa mère. Les courtisans ne manquèrent pas. En littérature, autant elle adorait « La princesse de Clèves », Madame de Sévigné, les fables de la Fontaine et bizarrement Choderlos de Laclos, autant elle n’appréciait guère ni Voltaire ni Rousseau. Elle écrira : « Nous, les Kukuhitiens, n’apprécions guère l’image que l’on fait de nous telle que véhiculée par le « mythe du bon sauvage » et la prétendue légèreté de mœurs des femmes polynésiennes ».


L’ex-reine rédigea un manuel de grammaire de la langue kukuhitienne (pareil au tahitien), un dictionnaire kukuhitien-français français-kukuhitien, des écrits sur les us et coutumes, la vie quotidienne, la religion (je vous rappelle que la reine est également le chef du clergé. Par conséquent elle connaît tout à ce sujet) à Kukuhiti. Ces documents très précieux et instructifs pour la compréhension de la langue et de la vie pré-coloniale sont exposés au « Musée d’art et d’histoire de Kukuhiti ».


Ensuite, vinrent les empêcheurs de s’amuser en rond, j’ai nommé : les missionnaires ! Au fil du temps toute la population se convertit au christianisme tout en mélangeant foi chrétienne et croyances polynésiennes. Étant donné que les indigènes sont de nature indépendante, il leur importe peu ce que les curés et pasteurs disent et ils gardèrent leurs coutumes. Sans compter que les curés indigènes, étant pour des raisons évidentes les mieux placés à comprendre leurs congénères, n’interdisent pas les pratiques locales. Bien sûr, les curés ne sont pas pourvus d’un anneau de chasteté (malheureusement, cela éviterait beaucoup de problèmes) bien que certains curés indigènes le conservent par habitude et cela est fort apprécié par la population. En étudiant les Évangiles, les indigènes ne trouvèrent rien qui soit en contradiction avec cette coutume. Étonnamment (euh, pas vraiment), au lieu d’interdire la pratique, les missionnaires l’encouragèrent même.


À l’instar des Grecs de l’Antiquité, les Kukuhitiens ne sont pas choqués à la vue d’un pénis en public à condition que le gland soit recouvert du prépuce. Il en résulte qu’ils considèrent la circoncision comme une abomination.


Dans les années 1930, des missionnaires québécois débarquèrent sur l’île. Les indigènes trouvèrent leur accent savoureux. Par curiosité, certains Kukuhitiens étudièrent les particularités du langage québécois, surtout les jurons (les « sacres », comme on dit en québécois). C’est ainsi qu’aujourd’hui vous pouvez entendre les Kukuhitiens proférer des jurons tels que « Tabarnak » (tabernacle), « Stie » (hostie), « Crisse » (Christ) et « Câlice ».