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Temps de lecture estimé : 12 mn
19/12/25
Présentation:  L’évolution, réciproquement motivante, de deux couples d’amis.
Résumé:  Tout commença, fin d’automne 2024, par une rencontre imprévue, sans nos femmes.
Critères:  #biographie #érotisme #confession #couple lingerie
Auteur : Aramis2531  (En couple depuis 40 ans)      Envoi mini-message

Série : Confidences et cachotteries.

Chapitre 01 / 04
Grosses confidences entre hommes.



C’est ainsi que Frédéric me repère, en train de déposer à la caisse, sur le tapis roulant, les courses que Céline, ma femme depuis 38 ans, m’a demandé de faire. La plupart du temps, nous faisons nos courses ensemble, dans l’autre grande surface de la ville mais, cette fois, elle avait un rendez-vous chez son dentiste impossible à déplacer et je fais les courses dans ce grand magasin, proche de mon lieu de travail.


Il vient de finir ses courses et présente son chariot derrière moi. Je m’approche de lui pour lui faire la bise.



Voilà sept ans que je connais Frédéric et, rapidement, une sincère amitié s’est forgée entre nous. Nous avions des occupations communes au sein d’une association, puis des conceptions analogues sur la vie, le travail, la famille, l’engagement. Et nos épouses, Sylvie et Céline, sont devenues de très bonnes amies : le courant est passé dès la première rencontre, malgré une petite différence d’âge.


Des réveillons passés ensemble, et l’arrivée de petits enfants, ont renforçés davantage nos liens. Nous sommes partis, plusieurs fois et ensemble, faire de petits séjours de 2 ou 3 jours. En montagne, aux bords du Léman, en sortie cabaret, puis en boite de nuit. Nous nous sentons bien avec eux.



Trop concentré sur ma tâche, consistant à déposer les affaires sur le tapis puis à les ranger dans les sacs, au fur et à mesure que la caissière passe les articles au scanner, nous cessons la conversation. Je paye et je décide de l’attendre. Les produits frais sont dans la glacière et je n’ai que quelques minutes de trajet.



La galerie marchande possède un petit café-restauration rapide et, avec nos caddies chargés, nous nous dirigeons vers une table et nous commandons chacun un café.



Son dernier mot me touche, car ravive des souvenirs que j’ai voulu enfouir. Je sais que ce dernier qualificatif a beaucoup de sens pour lui. Car je sais qu’il en a pincé pour ma femme, il y a quelques années ou, du moins, qu’il apprécie, au minimum, son style et son look !


Je ne vais pas lui dire, maintenant, qu’il a été très maladroit, voir malotru, avec Céline, par ses nombreux SMS, que Céline m’a finalement montré. Très peu de temps après notre premier séjour commun, lors d’un long week-end, et durant une dizaine de jours, il lui avait envoyé une série de messages… Aux remerciements des bons moments passés, tous les quatre, et pour l’organisation qu’elle avait conçue, avaient succédé de longs messages où il la trouvait remarquable, pleine de vie… puis de charme et, enfin, pour la complimenter sur ses choix vestimentaires, à chacune de ses apparitions… Céline répondait par de simple « merci », ou « tu me flattes, c’est gênant », ou « contente que cela t’ait plu », puis, par « je ne peux pas te répondre je travaille », pour lui faire comprendre qu’il commençait à devenir lourd.


Mais, sans se lasser, il avait poursuivi les jours suivants, par des questions plus indiscrètes : pourquoi elle mettait souvent des jupes, si elle était vraiment à l’aise sur ses hauts talons, pour enfin poser la question si elle portait des bas…


Mais oui, carrément !


Elle lui avait alors, enfin, répondu clairement que cela frisait le harcèlement et qu’elle était très gênée, et surtout comment, lui, réagirait, si, de mon côté, je faisais de même avec Sylvie. Il lui avait répondu, toujours par texto, que cela l’étonnerait beaucoup car Sylvie n’était pas mon style…


Suivait alors tout une liste de détails qui justifiait, à ses yeux, la différence entre ma femme et la sienne. Pour montrer qu’il y avait eu malentendu entre lui et ma femme, et qu’il ne voulait pas la draguer. Il lui avoua qu’il souhaitait que Céline parvienne à faire évoluer Sylvie, en la conseillant, en faisant du shopping ensemble, en essayant de la rendre plus attractive, voire sexy !


Rien que ça !


C’était, peut-être, une pirouette pour rattraper son attitude trop indiscrète, vis-à-vis de ma femme. En tout cas, visiblement, il y avait de la frustration chez lui… Pour Céline, les derniers messages étaient devenus gênants. Et, donc, un soir au bout de ces jours de harcèlement, Céline, excédée, m’avait montré ses messages reçus, puis avait, alors, bloqué son numéro. J’avais d’abord été en colère, puis déçu et même suspicieux, car j’ai supposé que tout ce qui était écrit était incomplet et qu’ils avaient, peut-être, également communiqué par téléphone. Mais la parole de ma femme m’a suffi et, compte tenu de l’emploi du temps de Céline qui travaillait alors encore, j’étais certain que s’en était resté à ce niveau…


Avec ma femme, nous avons décidé que ces messages resteraient un sujet tabou entre nous et ce couple d’amis. Céline appréciait trop Sylvie pour exposer « l’inélégance » de son homme, et, de mon côté, j’ai une réelle affection pour eux… J’ai éprouvé à la fois de la reconnaissance envers ma femme pour son honnêteté, mais, je l’avoue également, de la fierté qu’elle ait été draguée… et ce dernier sentiment m’a permis de classer l’affaire.


Et, lors du premier restaurant fait avec eux, peu de temps après « cet incident », j’ai été intérieurement amusé, car j’avais décelé, chez Frédéric, une grande gêne à la revoir puis du soulagement, puisque ma femme n’avait pas fait la moindre allusion à ses messages. Depuis, trois années ont passé… ma femme est à la retraite depuis un an et notre vie sexuelle, et sentimentale, n’a jamais été aussi épanouie.


J’ai en mémoire tout cela, quand je lui réponds, un peu par provocation.



Sa réponse me surprend par sa franchise et sa confiance en moi. J’y perçois aussi de la jalousie mais, surtout, de la tristesse. Diplomate, mais également sincère, je lui réponds :



Sylvie, bien qu’un peu plus forte que ma femme, car plus petite, possède de véritables attraits, avec un joli visage, des mains fines, un joli sourire… Mais il est vrai que son style est très classique et peu travaillé. Lorsqu’ensemble nous avions fait du shopping, lors de notre dernier petit séjour à Strasbourg, nous avions remarqué que Sylvie n’avait pas été attirée par les mêmes enseignes, et les mêmes styles de vêtements, que Céline. Alors que cette dernière craquait pour une belle robe de chez Zxxx, Sylvie s’offrait une jupe, sous le genou, assez classique, trop sombre, d’une marque plus populaire.


Je me rappelle, ensuite, afin de ne pas trop indisposer nos amis, avoir refréner l’envie de ma femme d’acheter une superbe paire de chaussures de marque, alors que la femme de mon ami semblait regarder les modèles dans la vitrine avec, à la fois, un mélange d’envie et de crainte.


Mais il semble s’apercevoir qu’il en a trop dit… ou pas assez, au risque que j’interprète mal ses propos.



Il a dû remarquer la boite de dim-up, que j’ai posé sur le tapis de la caisse. Céline m’avait demandé d’en prendre une paire, de couleur chair. Cela a dû le faire cogiter… et lui donner une réponse à ses questions : ma femme porte effectivement des bas ! De temps en temps… et oui, mon cher ami, même quand nous sortons avec vous ! J’ai envie, alors, de montrer la chance que j’ai, et même de jouer la surenchère, tout en restant de bon conseil.



Nous rions, sans commentaires… S’il savait que, depuis quelques années, nous ne rechignons pas à l’usage de gadgets. Le dernier est une pompe à pénis que ma femme m’a offert pour la saint-Valentin, de retour d’un séjour alsacien très coquin. Pas question d’en évoquer l’usage, nous préservons notre jardin secret et mes faiblesses passagères ne regardent personne.


Je reprends :



Je n’avais pas nécessité de lui dire cela. J’ai une envie vaniteuse de lui donner des exemples. J’ai alors, à l’esprit, son body seins nus, à balconnets et à entrejambe ouvert. Son ensemble soutien-gorge, string et porte-jarretelles assortis. Et sa guêpière noire, qui corsette son ventre. Elle l’enfile souvent, quand le scénario Madame la sexologue est choisi. Mais je garde ces images, et bien d’autres, pour moi. Pour préserver l’intimité de ma femme, et le laisser dans l’incertitude des fantasmes, qu’il se fait, sur ma chérie !


Je poursuis alors :



Nous réglons l’addition. Il n’achève pas sa phrase. Il a dû réfléchir pour ne pas trop dénigrer sa compagne, qui est aussi notre amie. Cela peut devenir gênant, voire malsain, même s’il connaît ma discrétion, qu’il a pu tester lors de nos difficiles négociations menées au sein de l’association qui nous a permis de faire connaissance.


Il reprend :



Houlà ! Il a envie de se confier, l’ami !


Je réponds pour relativiser :



Nous sourions. Mais il reprend.



Effectivement, il n’est pas bien dans son slip, l’ami ! Et c’est la première fois qu’il dévoile, un peu, sa vie intime. Je n’ai jamais servi de confident au cours de ma vie, je n’ai pas le profil du confident. J’ai en tête les SMS qu’il a écrits à ma femme.



Je me suis finalement laissé aller. Il m’interrompt.



Je reprends et je me lâche aussi, pour marquer le point.



Je poursuis :



J’ai fini mon discours. Je n’ai jamais parlé, ainsi, de notre relation de couple avec quiconque avant. Il me regarde.



Puis il se lève et me lance :



Nous rigolons. On s’embrasse. Avant de le quitter, j’insiste :



Nous partons, chacun de notre côté, poussant le caddy vers le coffre de nos véhicules respectifs.


Sur la route du retour, je repense à cet étrange échange. J’ai un sentiment confus de fierté mais aussi de gène. Je suis amoureux de ma femme, mais j’éprouve, aussi, une certaine fierté qu’elle plaise à mon ami. Je retrouve le sentiment que j’ai ressenti, lorsque j’ai lu les SMS, ou quand je remarque le regard de certains hommes qu’ils portent sur ma chérie. Mais je n’en développe aucun fantasme. Je suis également gêné, pour mon ami, par ses révélations et parce que j’ai certainement dévoilé, par orgueil, un peu d’intimité de notre couple, pour lui montrer que nous sommes plus joueurs, ou épanouis, qu’eux. J’avais envie de lui montrer la grande complicité qui règne dans notre couple. Mais, également, en lui confirmant que Céline est bien une femme sensuelle et élégante, qui aime la lingerie… et, d’une certaine façon, en lui donnant des réponses claires aux questions qu’il a posé, à ma femme, par SMS. Je me fais également plaisir. Petite revanche gratuite.


Je me dis que, Frédéric, après notre conversation, va certainement faire « le forcing », ou faire preuve de plus de diplomatie, pour obtenir, de Sylvie, un peu d’audace vestimentaire. Je me demande, surtout, si je dois parler de cette discussion à ma femme. Certes, nous n’avons pas évoqué nos pratiques sexuelles et je n’imagine pas, qu’entre amis, on puisse en parler. Finalement, je décide de ne pas dire à ma femme que j’ai vu Frédéric en course.