| n° 23417 | Fiche technique | 39323 caractères | 39323 6671 Temps de lecture estimé : 27 mn |
18/12/25 |
Résumé: À bord de son avion, le Scarlet Tempest, Stella Red O’Hara poursuit un trésor qui dort dans les brumes du Triangle du Diable. Ce qu’elle va y trouver mettra à l’épreuve son audace, son cœur… et son légendaire bagout. | ||||
Critères: #exercice #humour #érotisme #aventure #fanfiction #fantastique #personnages | ||||
| Auteur : Laetitia Envoi mini-message | ||||
| Collection : Pulp Fiction |
Introduction
Les « Pulp Fiction » !
Ce terme désigne des publications, très prisées aux USA, depuis le début du 20e siècle, jusqu’aux années 60. Le terme « pulp » vient du fait que ces magazines étaient imprimés, par souci de rentabilité, sur du papier de piètre qualité.
Les « Pulps » ont aussi compté dans le développement de certains genres populaires, notamment le polar (avec Thrilling Detective), la SF (avec Amazing Stories ou Astounding Stories), l’horreur et le Fantastique (avec Weird Tales ou Unknown), la Fantasy ou le western.
Les auteurs les plus populaires ont publié dans les pulp magazines : Arthur C Clarke, Ray Bradbury, HP Lovecraft, Isaac Asimov, Robert Howard, Ed McBain, Dashiell Hammett, Mickey Spillane et beaucoup d’autres.
Le terme Pulp Fiction a, bien sûr, été mis en exergue par Quentin Tarantino, qui revendique son goût pour cette littérature, qui a influencé bon nombre de ses films.
Certains personnages sont nés grâce aux Pulps, Mike Hammer, Sam Spade, Conan le Barbare, Zorro ou encore Tarzan. L’impact des Pulps a donc été important sur le monde de la littérature, comme sur celui du cinéma. Le cinéma, justement, nous parlions de Tarantino, mais beaucoup d’autres films s’inspirent de cet univers. Indiana Jones est le plus évident. George Lucas et Steven Spielberg sont allés chercher leur inspiration directement dans ces magazines. On peut aussi citer Green Lantern, Hellboy, Flash Gordon, La Momie, la Ligue des gentlemen extraordinaires et beaucoup d’autres.
On peut chercher, aussi, l’ancêtre des Pulps dans les romans-feuilletons français qui, eux, paraissaient dans les journaux dès le 19e siècle, sous la plume d’Eugène Sue, d’Alexandre Dumas, de Gaston Leroux ou de Maurice Leblanc.
Pour rendre hommage à cette littérature populaire, mais ô combien jubilatoire, j’ai voulu créer une nouvelle collection. La première héroïne à entrer en lice est Stella « Red » O’Hara. D’autres suivront.
Les ingrédients indispensables au genre sont bien là : aventure, action, érotisme. L’intrigue n’est jamais très fouillée, mais ce n’est pas le nerf de la guerre dans cette littérature.
Bonne lecture.
LE TRIANGLE DU DIABLE, une aventure de Stella « Red » O’Hara.
Scène d’ouverture – Kingston, Jamaïque, à l’aube – 1947
La chaleur, déjà lourde, du petit matin écrasait la piste clandestine sur l’île de la Jamaïque.
Stella « Red » O’Hara courait, à perdre haleine, entre les caisses de contrebande et les barils d’huile, son blouson, de cuir rouge-brun, claquant derrière elle comme une traînée de feu. Des hommes armés étaient à ses trousses.
Comment se retrouvat-elle dans cette situation ? La veille, dans un bar enfumé de Kingston, Stella entra en claquant la porte. Le pianiste cessa de jouer, les verres tremblèrent. Stella s’installa au comptoir, la chevelure rouge flamboyante et les yeux pétillants.
Un homme, en costume sombre, lunettes rondes et sourire circonspect, l’observait.
Il lui tendit une enveloppe.
Stella ouvrit l’enveloppe, jeta un œil à un plan de vol approximatif, empocha la liasse de billets verts.
Puis, tout était parti en cacahuète. Et nous la retrouvons à courir, le lendemain, sur cet aérodrome pourri, une bande de mercenaires à ses trousses, des balles sifflant à ses oreilles.
Stella ne prit même pas le temps de se retourner. Devant elle, son biplan, rouge flamboyant, l’attendait, moteur déjà prêt, silhouette fière et patinée par les aventures : le Scarlet Tempest, celui qu’elle appelait « Mon Chéri ».
Elle frappa trois fois le tableau de bord, comme si elle réveillait une bête endormie. Le moteur toussa, rugit, et l’hélice s’emballa.
Les mercenaires débouchèrent sur la piste.
Le Scarlet Tempest s’ébranla, fut frôlé par une rafale de mitraillette, puis s’arracha du sol dans une gerbe de poussière et d’énergie brute.
À dix mètres d’altitude, Stella jura entre ses dents :
Elle effectua un virage serré, revint à ras de la piste, tira sur un levier pour ouvrir le capot latéral et actionna la mitrailleuse légère montée sous l’aile.
TA-TA-TA-TA-TA-TA !
Les mercenaires se jetèrent à terre tandis, que des caisses explosaient, que du sable volait, et qu’un baril de rhum se transformait en pluie sucrée.
Stella éclata de rire, un rire clair et insolent.
Elle sortit son bras du hublot latéral et fit un doigt d’honneur à l’attention des quelques mercenaires qui se relevaient.
Le Scarlet Tempest plongea, ensuite, vers la mer avant de remonter dans les nuages.
Au loin, une tempête tropicale roulait sur les îles, mais Stella « Red » O’Hara ne s’en inquiétait pas.
Dans le cockpit de son biplan rouge pétant, elle ajusta ses lunettes de pilote et lança un sourire au ciel menaçant.
Son biplan rugit comme un fauve enragé, slalomant entre les cumulus noirs et les éclairs zébrant l’horizon.
Dans la soute, bien cachée dans une cale secrète, une caisse de cargaison… officiellement « provisions », officieusement… quelque chose que le gouverneur de Kingston n’aurait jamais dû savoir exister.
Fin de la scène d’ouverture
CHAPITRE 1 – Portrait d’une femme et de son Oiseau de feu
(le lecteur curieux voulant en savoir plus trouvera en fin de récit des fiches détaillées sur les personnages) 1
Le soleil s’était levé depuis une heure.
Stella fit une bulle avec son chewing-gum, puis elle le jeta par le hublot, attrapa une bouteille de rhum mexicain, porta le goulot à ses lèvres, en but une rasade, tout en vérifiant les jauges du Scarlet Tempest, avec un soin presque tendre.
Stella « Red » O’Hara avait la réputation d’être la meilleure aviatrice contrebandière des Caraïbes, la plus grande bavarde de tout l’Atlantique et, sans doute, la seule à réussir à négocier un contrat, tout en volant sur le dos. Grande, athlétique, la chevelure rouge, comme un incendie au crépuscule, elle avait un sourire malicieux et une voix rauque qui pouvait charmer, ou menacer, selon l’envie. Quant à son avion… Elle posa la main sur le tableau de bord.
Le Scarlet Tempest, avec sa peinture écarlate écaillée et ses réparations bricolées, semblait répondre par un grondement doux. Stella sourit.
Elle ajusta son holster et son Colt brillant à sa cuisse, puis fit le geste, qui était son rituel, avec « son Chéri » : elle caressa le manche du gouvernail, mimant un geste plus qu’ambigu.
Puis elle ajouta :
Elle embrassa le tableau de bord.
CHAPITRE 2 – La piste de la Barbade… et un fantôme du passé
La piste poussiéreuse de la Barbade s’étendait sous un soleil écrasant. Stella posa le Scarlet Tempest en douceur, puis roula jusqu’à un hangar isolé.
Elle enleva ses lunettes de pilote, essuya la sueur sur son visage et s’étira comme un félin.
Elle s’approcha du hangar. Une ombre se glissa derrière elle.
Un homme l’attendait, grand, la silhouette élancée. Il portait un manteau de cuir, malgré la chaleur. Ses cheveux blonds tirés en arrière. Il avait un regard bleu acier, mais ses yeux étaient rieurs. Stella sentit le sol se dérober brièvement sous elle.
Devant elle, se tenait Kjell « Le Renard » Henriksen, un ancien amant norvégien. L’homme esquissa un sourire, mélange de charme, d’arrogance et de menace subtile. Stella sentit son cœur s’emballer malgré elle. Elle avait juré de lui faire la peau, lors de leur dernière rencontre. Mais il avait ce talent inouï pour faire battre son sang plus vite que ses neurones.
Elle posa la main sur son Colt.
Le Norvégien ouvrit les bras, comme pour présenter son torse.
Il ajouta avec un sourire :
Stella plissa les yeux.
Il désigna la caisse qu’elle venait de sortir de la cache secrète, à l’arrière de son avion.
Il s’approcha, son parfum mêlant cuir et embruns du nord.
Puis, il prit un air sérieux.
Elle fronça les sourcils.
Kjell sourit de toutes ses dents.
CHAPITRE 3 – L’affaire du siècle… ou la pire arnaque de sa vie ?
Kjell s’appuya contre un tonneau et croisa les bras.
Il sortit une carte ancienne, jaunie, coupée en deux.
Stella sourit de travers.
Il pencha la tête vers elle.
Elle le fixa longuement, encore méfiante. Puis un petit sourire lui échappa, malgré elle.
Elle s’approcha, presque nez contre nez.
Kjell murmura :
Stella recula, mains sur les hanches, minaudeuse et dangereuse.
Elle se tourna vers son avion.
Le soleil déclinait sur la piste déserte de la Barbade. Le Scarlet Tempest, rouge comme une braise vivante, reposait dans son hangar ouvert. Stella, d’un geste rapide, sortit son pistolet de l’étui à sa cuisse. Elle le pointa dans le dos du Norvégien et le poussa à l’intérieur du cockpit, d’une main ferme.
Kjell avança lentement, les mains en l’air, un sourire moqueur aux lèvres.
Elle tapota le siège du pilote, son territoire sacré. L’intérieur était spartiate et l’espace restreint, mais fonctionnel. Son arme était toujours braquée sur lui. Stella venait de prendre sa décision, ça allait être la soirée d’une revanche charnelle, sauvage, où chaque geste allait être un rappel de ce qu’il avait perdu. Quand elle l’avait vu, à l’entrée du hangar, elle avait d’abord ressenti une colère brûlante. Mais cette colère s’était vite mêlée à une attirance, qu’elle pensait avoir enterrée.
Elle posa le pistolet sur le tableau de bord. Puis, sans prévenir, se pencha sur lui. Ses lèvres effleurèrent les siennes, un baiser rapide, mais chargé d’électricité. Kjell la regarda surpris, alors qu’elle reculait, un sourire narquois aux lèvres.
Il rit doucement, une chaleur dans le regard. Avant qu’il puisse répondre, elle se pencha à nouveau vers lui, mais cette fois, ses mains allèrent directement à sa ceinture. D’un geste habile, elle déboutonna et ouvrit son pantalon, le baissant jusqu’à ses chevilles. Kjell tenta de protester, pour la forme certainement, vu son sexe en érection.
Elle caressa son sexe dressé, l’embrassa, le prit dans sa bouche. Puis elle se redressa, ses doigts déboutonnant son propre pantalon et le faisant glisser sur ses cuisses, sa culotte suivit.
Elle grimpa sur ses genoux, avec la souplesse d’un félin, ses cheveux rouges tombant, comme une cascade, dans son dos. D’un mouvement fluide, Stella s’empala sur le sexe du Norvégien en poussant un grognement. Ses mains agrippèrent le dossier du fauteuil, alors qu’elle commençait à le chevaucher. Ses hanches se mouvaient avec une grâce sauvage. Ses seins rebondissaient à chaque mouvement. Kjell la regardait, captivé, alors qu’elle se mouvait avec une intensité féroce.
Le cockpit étroit les enfermait dans un parfum de cuir chaud, d’essence et de désir retenu.
Les doigts de Kjell ouvraient, fébrilement, les boutons de la chemise de Stella. Ses seins jaillirent, il embrassa les tétons durcis par l’excitation. Les mains se trouvèrent. Les souffles se mélangèrent. Les gémissements se perdirent dans l’habitacle. Elle accéléra encore le rythme, ses mains serrant les accoudoirs, ses ongles s’enfonçant dans le cuir. Kjell tenta de lui agripper les fesses, mais elle le repoussa, gardant le contrôle.
Elle se releva, tira Kjell pour qu’il se mette debout également. Elle lui tourna le dos, fit pivoter le fauteuil de pilotage et appuya ses coudes sur le dossier et se cabra.
Il se plaça derrière elle et la pénétra. Le plaisir monta rapidement en elle, une vague irrésistible qui la submergeait. Elle se pencha en arrière encore plus, s’appuyant sur le dossier, ses cheveux de feu tombant en cascade sur ses épaules. Les doigts du Norvégien lui serraient les hanches et s’enfonçaient dans sa peau.
Elle eut un rire bref et sensuel.
Il la pénétra plus profondément encore. Le Scarlet Tempest grinça légèrement sous le mouvement, comme jaloux. L’avion tremblait. Stella sentit l’orgasme approcher, puis l’envahir. Une chaleur intense la consumait. L’explosion de plaisir la fit trembler et crier. Kjell la suivit rapidement, son corps se raidissant.
Puis le silence revint, fiévreux et complice. Stella se laissa retomber sur le siège, essoufflée, les doigts glissant sur le tableau de bord.
Kjell, toujours haletant :
Elle le fixa droit dans les yeux, sourire carnassier, joue encore rosie.
Elle l’attrapa par le col, rapprochant leurs visages.
Elle glissa un regard lourd de sens vers le cockpit.
Puis d’un ton abrupt, tranchant comme un coup de couteau :
Et après une pause et un sourire glacé :
Kjell déglutit.
Stella l’embrassa brièvement, presque brutalement, puis bondit hors du cockpit.
Elle lui lança un clin d’œil insolent.
CHAPITRE 4 – Le premier mensonge et le bar de La Havane
La nuit tombait sur La Havane, chaude, bruyante, saturée de musique et de rhum bon marché.
Stella « Red » O’Hara claqua la porte du hangar si fort qu’un couple de chats détala dans les ruelles.
Kjell leva les mains.
Elle le repoussa d’un doigt dans la poitrine.
Il tenta un sourire charmeur.
Elle lui passa devant.
Le bar La Cantina : là où les ennuis prennent l’apéritif :
Le bar était un trou sombre, collant et mal ventilé, rempli de brutes à la mâchoire carrée, d’hommes en sueur jouant aux cartes et de femmes trop fatiguées pour feindre le sourire.
L’informateur, un petit Cubain sec comme une corde de guitare, mais deux fois plus nerveux, leva les yeux quand Red s’approcha.
Elle jeta un regard à Kjell.
Kjell hésita.
Il obéit, à contrecœur. Red posa ses bottes sur la table.
La réponse claqua immédiatement. Elle sortit un billet.
Elle en posa un autre.
Elle soupira, feignant l’exaspération. Puis elle se pencha un peu, juste assez pour que sa chemise s’ouvre davantage. Son sourire devint celui d’une prédatrice.
Elle approcha son visage du sien, sa voix baissant d’un ton.
Les yeux de l’homme s’ouvrirent comme des assiettes.
Elle posa un doigt sur ses lèvres.
Elle lui offrit un clin d’œil et une ouverture très contrôlée de sa chemise, un geste calculé, suggestif, bref, destiné à faire fondre sa volonté plus sûrement que tous les billets de la ville. Elle découvrit sa poitrine.
L’informateur devint rouge comme un homard cuit. Il tendit la main.
Après une trentaine de secondes :
Elle se redressa, remit sa chemise en ordre avec une précision militaire.
Kjell attendait à l’extérieur, nerveux. Red le rejoignit, en sortant les clés du Scarlet Tempest de sa poche.
Kjell pâlit.
Elle fit tourner son chewing-gum entre ses dents.
Elle ajouta, en lui tapotant la joue :
CHAPITRE 5 – Cap vers le Triangle des Bermudes
Le Scarlet Tempest fendait le ciel, rouge vif contre l’azur, rugissant comme une bête impatiente. Red pilotait d’une main, l’autre jouant avec un bouton du tableau de bord, un sourire insolent au coin des lèvres.
Kjell, derrière elle, vérifiait la radio avec le sérieux d’un homme qui s’attend à mourir dans les dix prochaines minutes.
Elle inclina l’avion, juste pour lui faire perdre l’équilibre.
Kjell grogna.
Le vent s’engouffrait par le hublot du cockpit ouvert. Red sortit un paquet de chewing-gum de sa poche.
Kjell soupira.
Elle lui jeta un regard par-dessus son épaule.
Elle éclata de rire.
Le ciel devint plus trouble. Des nuages noirs se formaient, comme des ombres vivantes. Red fronça les sourcils.
Une mitrailleuse crépita derrière eux. Kjell pâlit.
Le Scarlet Tempest plongea brusquement. Un avion noir, siglé d’un symbole inconnu, surgit derrière eux, crachant des balles. Red fit une embardée, retourna son appareil et passa sous l’appareil ennemi. Puis, elle remonta brusquement, presque ventre contre ventre avec le fuselage adverse.
Elle ralentit et se retrouva derrière, puis pressa la gâchette. Sa propre mitrailleuse cracha une longue rafale. L’avion ennemi se cabra, fumant.
Une dernière embardée, une boucle parfaite, et l’ennemi s’écrasa dans la mer.
CHAPITRE 6 – L’îlot perdu
Un îlot apparut enfin, minuscule, cerclé de récifs. Une large prairie sauvage, au centre, offrait un terrain d’atterrissage précaire, mais possible.
Elle posa le Scarlet Tempest dans un nuage d’herbes hautes et de poussière. L’avion vibra, sauta, glissa… Puis s’arrêta net.
Red embrassa le tableau de bord.
Elle continua en caressant langoureusement le manche de pilotage.
Kjell descendit en tremblant.
Ils déplièrent une vieille carte marine, tachée et fragile. Red posa une boussole au centre.
Kjell observa la carte.
Red le coupa, les mains sur les hanches.
Elle tapota la boussole du bout de l’ongle.
Kjell grimaça.
Elle sourit, féline.
Elle fit glisser sa main vers son Colt.
Red remit ses lunettes de pilote, déterminée.
CHAPITRE 7 – Le galion sous la mer
Le soleil des Caraïbes frappait l’eau d’un éclat presque surnaturel. La mer brillait comme un miroir trop calme, trop lisse. Red fixa la surface, une paire de lunettes de plongée dans la main.
Elle enfila son équipement rudimentaire : bouteille d’air rafistolée, gilet en mauvais état, un poignard attaché à sa cuisse, et la fameuse boussole autour du cou.
Kjell hésita :
Elle lui donna une tape sur la joue.
Elle sauta à l’eau d’un geste gracieux. La surface se referma sur elle comme une porte vers un autre monde.
La lumière filtrait en rubans vert et or. Red filait vers le fond, dans un calme trompeur, l’eau froide glissant contre sa peau. Puis elle le vit.
Une silhouette massive, une épave énorme couchée sur le flanc, engloutie par les algues et le corail. Le bois sombre semblait presque intact malgré les siècles.
Red lâcha une série de bulles.
Elle s’approcha du pont brisé et vermoulu. Des coffres ouverts jonchaient le fond, d’autres étaient encore fermés. Elle commença à les examiner. Un coffre décoré de symboles étranges, non espagnols, non portugais, attira son regard. Des spirales, des triangles imbriqués… un motif hypnotique. Elle passa les doigts dessus et une onde glacée lui parcourut le bras. La boussole autour de son cou vibra, l’aiguille ne marquait plus le nord, mais tournait tel un ventilateur. Red recula.
CHAPITRE 8 – La présence
Un courant soudain la frappa, faisant tourbillonner le sable autour d’elle. Puis une forme apparut. Un éclat bleu, comme une silhouette lumineuse. Un homme. Ou ce qu’il en restait. Sauf qu’il mesurait presque trois mètres. Son visage était flou, ondoyant, comme une réflexion brisée sur l’eau. On distinguait pourtant une armure ancienne, une armure de Conquistador… et des yeux vides. Red sentit sa respiration s’accélérer.
La figure tendit la main vers elle. L’eau autour se mit à pulser, comme un cœur. La boussole vibra plus fort encore, presque brûlante. La forme la désigna… puis désigna le coffre aux symboles étranges. Red comprit.
La silhouette hocha lentement la tête. Puis elle pointa quelque chose derrière elle. Red se retourna et son sang se glaça. Une ombre immense arrivait, pas humaine, pas un requin. Quelque chose de trop grand, trop silencieux… Une masse sombre glissant dans les profondeurs impossibles du Triangle. Cela ressemblait vaguement à un poulpe, ça avait des tentacules. C’était énorme.
La présence du fantôme sembla pousser Red, la presser de partir. Elle attrapa le coffre mystérieux, le sang battant dans ses oreilles. Son regard croisa celui de l’esprit, un dernier instant. Une bulle s’échappa de ses lèvres, presque comme un adieu. Puis elle remonta le plus vite qu’il lui était possible.
Elle émergea en haletant, traînant le coffre contre elle.
Kjell la hissa, tant bien que mal, dans le canot. Red se retourna. La masse sombre approchait de la surface, juste sous leurs pieds. Une ombre ronde, gigantesque, impossible. Kjell pâlit.
Ils démarrèrent le moteur du canot à toute vitesse. L’eau bougea, bouillonna. Une vague monstrueuse les souleva. Puis… le calme.
Red serra le coffre contre elle.
Kjell tenta un sourire faible.
Elle regarda l’eau, frissonnante.
CHAPITRE 9 – Le retour sur l’îlot
Le canot fendit les vagues jusqu’à la petite plage de sable blanc. Derrière, à part quelques remous, les flots étaient calmés. Ils sentirent immédiatement que quelque chose clochait.
Il y avait des empreintes de bottes sur la plage, trop d’empreintes. Elle posa la main sur son Colt, Kjell fit de même.
Ils avancèrent quelques mètres. C’est alors qu’ils les virent. Un groupe d’hommes armés, fusils pointés, alignés devant la prairie où trônait le Scarlet Tempest, entouré comme une bête capturée.
Au centre du groupe se tenait un homme en costume blanc, un chapeau panama et un sourire de serpent : Delgado, le commanditaire. Il applaudit lentement.
Kjell serra les dents.
Delgado sourit encore plus fort.
Puis à ses hommes :
Delgado haussa les épaules.
Les hommes hochèrent la tête.
Kjell fit un pas en arrière.
Les armes se levèrent. Red plissa les yeux, un sourire tranchant se dessinant sur son visage.
Elle posa délicatement le coffre à terre.
Delgado ricana.
Red haussa une épaule.
Elle jeta un regard à Kjell.
Les sbires éclatèrent de rire. Delgado sourit… mais son index se crispa sur le bord de son chapeau.
Les armes se braquèrent. Et la tension monta.
CHAPITRE 10 – L’arnaque improvisée
Devant les fusils pointés sur elle, Red leva les mains, un sourire insolent aux lèvres.
Les hommes échangèrent un regard, hésitant.
Un murmure parcourut le groupe. Delgado gronda :
Elle fit un pas en arrière.
Elle leur envoya un baiser du bout des doigts. Puis elle tourna les talons et fila vers la jungle, rapide comme une flamme rouge.
Les hommes s’engouffrèrent derrière elle. Red courait entre les lianes, bondissant par-dessus les racines, ignorant les branches qui déchiraient sa chemise. Elle se laissa glisser dans un ravin, remonta, se plaqua contre un tronc. Les hommes passèrent en trombe à dix mètres d’elle.
Elle contourna la jungle, silencieuse comme un chat, et revint vers la prairie. Le Scarlet Tempest l’attendait, rouge et précieux. Red posa la main sur son fuselage.
Elle remonta discrètement la piste. Là, elle les vit : Delgado, avec un seul garde, Kjell ligoté au sol, le coffre à leurs pieds. Red sourit.
Elle leva son Colt. Une seule balle. Le garde tomba comme un sac de café. Delgado sursauta.
Delgado obéit, tremblant. Kjell se releva, frottant ses poignets. Red s’approcha de Delgado.
BAM.
Elle lui envoya un coup de poing digne d’un boxeur professionnel. Delgado s’écroula dans la poussière.
Kjell la suivit en boitant.
CHAPITRE 11 – La fuite
Ils arrivèrent à l’avion au moment où les hommes sortaient de la jungle.
Les balles sifflèrent. Red et Kjell se jetèrent dans le cockpit.
Elle fit rugir le Scarlet Tempest, le fit pivoter sur la piste, droit vers les hommes qui arrivaient en hurlant. Elle pressa le bouton de la mitrailleuse.
Les sbires se dispersèrent en criant. Red fit décoller l’avion, l’emmenant au-dessus de l’île, du Triangle, puis des nuages. À l’abri au milieu du ciel, ils ouvrirent le coffre. Dedans, il y avait des idoles précolombiennes, des statuettes d’or, des pièces, des parures. Kjell resta bouche bée.
Ils se sourirent. Un de ces sourires qui promettait bien plus que de l’argent.
ÉPILOGUE – Miami
Quelques jours plus tard, dans une chambre d’un hôtel cubain de Miami, Red referma la mallette de billets. Kjell fit de même avec la sienne.
Ils avaient vendu les statuettes à un collectionneur privé qui payait rubis sur l’ongle.
Elle l’attrapa par la chemise, l’attira contre elle.
Son sourire se fit lent.
Leurs lèvres se trouvèrent, la chaleur monta, la pièce se fit petite, la nuit très longue.
Elle le tira vers elle avec un rire bas.
______________
HÉROÏNE – Stella « Red » O’Hara
Identité et traits principaux
• Nom complet : Stella O’Hara.
• Surnom : Red (référence à sa chevelure flamboyante et à son tempérament).
• Âge : 28 ans.
• Profession : aviatrice, contrebandière au grand cœur.
• Lieu : divers lieux exotiques des Caraïbes et de l’Amérique centrale.
• Personnalité : intrépide, sarcastique, charismatique, audacieuse, charme irrésistible, capable de manipuler n’importe qui avec son bagout.
• Compétences :
o pilotage expert de biplan customisé pour missions périlleuses ;
o tireuse exceptionnelle ;
o polyglotte (7 langues) ;
o escroqueries, arnaques et mensonges à haut risque ;
o stratège improvisée, capacité à se sortir de situations impossibles.
Équipement et style
• Vêtements : blouson de pilote, en cuir ajusté, bottes hautes, lunettes de vol vintage.
• Armes : revolver Colt 45, couteau de combat, éventuellement une petite arme, dissimulée dans sa botte.
• Véhicule signature : un vieux biplan modifié (capable de vitesses folles, acrobaties, cachettes secrètes pour cargaisons), qu’elle appelle « Mon Chéri ».
• Accessoires : ceinture utilitaire avec outils et gadgets, carnet de vols, sac de faux documents et billets falsifiés.
SCARLET TEMPEST – « Mon Chéri »
Description générale
• Type : Biplan des années 30, modèle civil bricolé et modifié pour missions périlleuses.
• Couleur : rouge avec des lignes d’un rouge agressif, et flamboyant, sur les ailes et le fuselage, évoquant une flamme ou une éclaboussure de sang.
• Surnom affectueux : Stella l’appelle « Mon Chéri », un clin d’œil, à la fois tendre et ironique, à sa machine.
Caractéristiques techniques et modifications
• Moteur renforcé : permet des pointes de vitesse et des loopings impossibles pour un modèle standard.
• Armement discret : mitrailleuse de bord légère, dissimulée sous le fuselage pour les confrontations aériennes.
• Cargaison secrète : compartiments cachés pour cargaisons précieuses, armes, ou objets exotiques.
• Ailes renforcées : pour acrobaties extrêmes et pouvoir résister aux tempêtes tropicales ou aux tirs ennemis.
• Cockpit sur-mesure : instruments réarrangés selon l’ergonomie de Stella, avec poignées et pédales ajustées pour des manœuvres rapides.
• Gadgets :
o filets de capture rétractables ;
o équipements pour largage rapide de conteneurs ;
o petits explosifs pour diversion en cas de poursuite ;
o brouilleur radio portable pour semer les avions et les douaniers ou les forces de police, corrompues ou pas.
Personnalité et aura
• Le Scarlet Tempest n’est pas seulement un avion, c’est un personnage à part entière :
o il rugit comme un fauve en vol, répondant aux commandes avec une précision quasi humaine ;
o il est loyal à Stella, presque possessif : elle le soigne, le bichonne et le nomme « Mon Chéri » ;
o il est capable de surprises audacieuses : manœuvres impossibles, esquives fulgurantes et atterrissages spectaculaires ;
o quand Stella sourit dans son cockpit, le Scarlet Tempest semble partager sa joie. Il attire les regards autant qu’il effraie les poursuivants.
• Ses flammes rouges brillent au soleil ou dans les nuages d’orage, donnant à Stella une aura de légende volante.
• Les légendes des îles et des ports racontent qu’aucun pilote ne peut le rattraper, et que sa propriétaire a toujours un sourire ironique pour les imprudents qui tentent.