| n° 23408 | Fiche technique | 30984 caractères | 30984 5557 Temps de lecture estimé : 23 mn |
13/12/25 |
| Présentation: Ce texte est une sorte de synthèse, de tutti frutti de certaines de mes histoires plutôt rose bonbon. | ||||
Résumé: Pas loin de notre entreprise, il y a un petit jardin botanique qui vient d’être rénové. Comme les beaux jours sont revenus, je propose à mes collègues d’aller manger là-bas, au milieu de la végétation, loin du bruit de la ville. | ||||
Critères: #romantisme #rencontre #rupture fh | ||||
| Auteur : Patrik (Carpe diem diemque) Envoi mini-message | ||||
Ce texte est une sorte de synthèse, de tutti frutti de certaines de mes histoires plutôt rose bonbon. Bonne lecture :)
Pas loin de notre entreprise, il y a un petit jardin botanique qui vient d’être rénové. Comme les beaux jours sont revenus, je propose à mes collègues d’aller manger là-bas, au milieu de la végétation, loin du bruit de la ville, grâce à la barrière de la végétation assez fournie.
Presque horrifiée, Marine s’exclame :
Quand Marine sort de sa voiture, qu’elle gare dans le parking souterrain (situé sous notre immeuble), pour aller à son bureau (situé plus haut), elle pense avoir fait l’équivalent d’un jogging d’une heure. Donc, je ne suis pas étonné par sa réaction négative. Aussitôt, Jean intervient :
Les autres personnes présentes acquiescent. Sans me décourager, j’explique :
Seule Alida (dite Lili), accepte de m’accompagner ce midi. Pour info, bien que ce prénom soit d’origine germanique, la Sainte est une Italienne, qui vécut entre le XIIIe et le XIVe siècle, à Sienne. Ne m’en demandez pas plus.
Les parents, de ma collègue, sont justement italiens (du côté de Rimini, sur la côte Adriatique, pas loin de Saint-Marin), leur fille possède un look assez méditerranéen, mais sans plus. Les crétins, à la langue de vipère, diront que c’est une petite grosse, ce qui est allé trop vite en besogne. Oui, elle n’est pas grande, mais ce n’est pas une naine (personne à la verticalité contrariée), elle est dans une honnête moyenne. Oui, elle a des courbes, c’est évident, mais ça reste harmonieux, pour toutes les personnes qui ne s’entichent pas d’un manche à balai ambulant !
La demoiselle est en ménage avec un quidam qu’elle ferait mieux de quitter. Remarquez, c’est aussi mon cas, Blandine (mon actuelle compagne) n’étant pas précisément une oie blanche ni une femme modérée. Mais au lit, j’oublie pas mal de choses…
Dans mon sac isotherme, j’ai placé le repas d’Alida et le mien. Je me dirige vers la rue en impasse. Ma voisine de promenade s’inquiète :
Mon vrai prénom est Benjamin, mais quasiment tout le monde utilise le diminutif. Je réponds :
Quand nous arrivons dans le cul-de-sac, je me dirige, sans hésiter, vers une porte en fer, que je pousse. Voyant cela, Alida s’exclame :
Une cinquantaine de mètres plus tard, nous mettons le pied dans le jardin botanique. Lili s’exclame :
Tout en devisant, nous déjeunons sur un banc, Alida est visiblement contente de découvrir les lieux et, moi, je n’aime pas trop manger seul dans mon coin. L’expérience étant concluante, nous la renouvelons très souvent.
Alida est une ancienne aide-soignante, reconvertie comme fonctionnaire au département. Son orthographe est souvent phonétique et, donc, assez déplorable, sa syntaxe fait parfois dresser les cheveux des académiciens (du moins, ceux qui ne sont pas chauves), mais elle est gentille et spontanée, ce qui me change de la plupart des femmes que j’ai pu croiser dans ma vie, y compris Blandine.
Blandine est assurément une femme qu’on exhibe, Alida est une femme avec qui on discute de tout et de rien, sans se prendre la tête. Le nec plus ultra, pour la majorité des hommes, serait un mix de ces deux femmes : une compagne qui fait saliver les autres, sans qu’elle soit prise de tête. Je n’ai jamais prétendu que mes confrères, et moi-même, étions devenus des purs esprits éthérés, à jamais extirpés de leur enveloppe de Néanderthalien…
Je ne me plains pas trop de ma compagne même si, parfois, j’ai une furieuse envie d’aller voir ailleurs, si je n’y suis pas. De son côté, d’après ce que j’ai pu savoir, Alida n’a pas eu beaucoup de chance dans la vie, elle est souvent tombée sur des sacrés zigues, en témoigne le dernier avec qui elle cohabite.
C’est là qu’arrive une grande question existentielle : faut-il vivre seul ou mal accompagné ? Ça se discute. Le célibat en solitaire possède ses avantages et ses inconvénients. La vie en couple, plus ou moins bien assorti, aussi.
Nos conversations du midi dérapent, de temps à autre, vers des sujets assez intimes, Lili a visiblement besoin de se confier à quelqu’un qui ne la juge pas, ce qui est mon cas. En retour, je lui confie quelques pensées et réflexions sur ma vie de couple, qui n’est pas plus fameuse que la sienne, si on excepte, quand même, le fait évident que Blandine vaut le coup d’œil, contrairement à son Edmond, nettement plus banal.
Aujourd’hui, la conversation roule sur la lingerie, et plus particulièrement les bustiers. Je ne me rappelle plus comment nous en sommes arrivés là. C’est le principe « marabout, bout de ficelle, selle de cheval, cheval de course » et j’en passe. Il faudra que je rejoue souvent à ça avec Lili, ça peut révéler bien des choses, des désirs cachés…
Après avoir jeté un coup d’œil circulaire, elle me confie :
Je ne cache pas mon étonnement :
Lili est un peu désabusée :
Il existe toujours une solution simple à tous les problèmes, qu’ils soient eux aussi simples ou compliqués. De ce fait, mi-amusé, mi-provocateur, je propose illico :
Elle me regarde avec des grands yeux étonnés. Je me lance dans une explication circonstanciée et diplomatique :
Je m’anime un peu plus :
Elle me regarde avec une certaine lueur dans les yeux. Je me demande si je n’ai pas franchi une certaine limite. Puis elle se détourne, regardant maintenant droit devant elle :
Elle fait un petit geste de dédain :
Lili me demande confirmation :
J’ai peut-être parlé un peu trop vite :
Je poursuis mon idée :
Je vois bien qu’elle hésite, qu’elle aimerait quand même avoir un bustier, mais que tout ceci l’intrigue et la gêne. Un peu prise de court, elle bafouille :
Lili évite de répondre franchement, mais elle n’a pas dit ouvertement non. N’empêche que j’ai fini par connaître sa taille. À moi de prendre l’initiative ou pas.
Quelques jours plus tard, j’ai en main le bustier en question, déballé de son paquet, puis mis dans un sachet anonyme décoré de jolies fleurs. Merci à ma petite sœur d’avoir joué l’adresse de livraison. Alida devient toute rouge quand je lui remets le paquet, en main propre, lors d’un déjeuner, ayant tout de suite deviné son contenu :
Regardant ailleurs, elle ne répond rien, mais elle accepte néanmoins mon cadeau un peu spécial. Quand nous revenons au boulot, elle l’enferme prestement dans le tiroir du bas de son bureau, qu’elle ferme à clé.
Ce midi, tandis que nous nous dirigeons, comme de coutume, vers le jardin botanique, Lili semble nerveuse. Quand je pousse la petite grille en fer, elle me demande :
Je soupire : ces crétins pourraient faire l’effort de les mettre dans une poubelle, ce n’est pourtant pas ça qui manque, dans ce petit parc. Et puis, durant la journée, il y a des enfants qui jouent ! Bref, ce n’est pas sérieux ! J’avance de quelques pas, puis j’avise un banc :
Finalement, ce banc n’était pas si sale que ça, juste la peinture qui s’écaille et qui s’en va quand on frotte. Il faudrait simplement donner deux ou trois couches, pour le remettre à neuf. Nous nous asseyons pour commencer à manger. Curieusement, Alida pose sa box plastique à côté d’elle. Puis, après un rapide coup d’œil circulaire, elle déboutonne son gilet noir, qu’elle enlève ensuite, m’annonçant :
Waw, il n’y a pas à y redire, le bustier, que je lui ai offert, lui va très bien ! Il met, fort bien, ses formes en valeur. De plus, j’ai toujours eu un petit faible pour les épaules découvertes.
À moitié rassurée, elle minaude un peu :
Pour tout avouer, Lili est en train de me donner un sérieux coup de chaud ! J’imagine fort bien plonger mon nez dans son décolleté, pour pouvoir profiter de ses appas, si bien mis en valeur. Mais bon, ça ne se fait pas : elle est casée, je suis casé, mais je m’étonne, moi-même, de mon emballement.
Ma collègue brise le silence qui commençait à s’installer :
Elle rougit et détourne son visage. Moi-même, je suis un peu embêté, je me demande si je n’en ai pas fait de trop. Sans trop oser me regarder, Lili commence à manger. À mi-repas, elle murmure :
Me regardant à la dérobée, elle sourit :
Je me demande franchement si cette histoire de bustier était une bonne idée. Ma voisine est à la fois contente et gênée, ce qui est aussi mon cas. Changeant complètement de sujet, nous finissons nos repas. Néanmoins, je ne me prive pas de jeter un gros coup d’œil, de temps à autre, sur Lili. Souvent, elle intercepte mon regard sur elle, parfois elle rougit un peu, mais elle ne me le reproche pas. Je me souviens, alors, qu’elle avait avoué qu’elle ne détestait pas qu’on la contemple, qu’on l’admire, que ça lui plaisait bien, mais qu’avec Edmond, c’est mal barré (texto).
Il est l’heure de repartir au boulot. Elle remet son gilet noir.
Chemin faisant vers l’entreprise, je me demande ce que me réserve l’avenir. En général, celui-ci se manifeste toujours à sa façon, c’est-à-dire de manière imprévue, déjouant tous les pronostics raisonnables. D’ailleurs, est-ce que le futur est cartésien et logique, surtout quand on regarde le passé et toutes ses turpitudes improbables ?
Quelques jours plus tard, à ma grande surprise, je suis en train de redevenir célibataire. Blandine m’annonce qu’elle a accepté un poste à Los Angeles, ce qui n’est pas précisément la ville voisine. Accablé, je soupire :
Je la sens un peu déçue et vexée par ma réaction défaitiste :
Elle ne s’attendait pas à cette double hypothèse, elle blêmit :
Un peu gênée, elle se tait. Je m’approche de ma future ex-compagne :
Le silence s’installe quelques secondes. Elle m’adresse un petit sourire :
C’est ainsi que nous nous séparons à l’amiable, sans heurt, sans vaisselle cassée, sans chantage. Un peu trop facilement, d’ailleurs…
Me laissant quelques jours pour digérer ce gros changement dans ma vie privée, j’en informe Lili, lors d’un lundi midi, tandis que nous déjeunons, comme souvent, dans le jardin botanique. Je relate les grandes lignes. Une fois que j’en ai fini, elle s’étonne :
Curieusement, je justifie mon ex-compagne, qui s’est déjà envolée vers son destin américain :
Délaissant momentanément son sandwich, Lili devient songeuse :
Ayant déjà fini mon déjeuner (un panini froid), je m’amuse :
Elle hausse les sourcils :
Cette réponse est logique. Alors que j’allais enchaîner, Lili ajoute en rosissant un peu :
À son tour, elle se moque :
Elle a la comprenette rapide :
Je me mets à rire :
Tout de suite, je me rends compte que ma réponse est ambiguë. Mais Lili ne relève pas, volontairement ou pas, elle préfère terminer son sandwich.
Deux jours plus tard, le mercredi midi, l’un à côté de l’autre, Lili et moi marchons dans les allées, le gravier crissant sous nos pas. Hier, nous avons évoqué plus sérieusement nos couples, le mien qui est détruit et le sien qui ne va pas fort.
Je sens qu’il y a quelque chose qui flotte dans l’air, une carte à jouer, mais je ne sais pas bien comment. Le battement d’aile d’un papillon, dans le golfe du Mexique, peut déclencher une tempête sur l’Europe. Sauf erreur de ma part, Edward Lorenz avait plutôt parlé d’un « battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il déclencher une tornade au Texas ? ».
Notre repas fini, nous déambulons dans le parc, sans but précis, l’un à côté de l’autre.
En écho à ce qui a déjà été dit, il y a peu de temps, Lili vient de décrire à mots plus ou moins couverts l’homme qui lui conviendrait d’avoir dans sa vie. À moins que je ne fasse une grosse erreur d’interprétation, celui-ci me ressemble pas mal. Je ne sais pas si elle me tend une perche ou si elle parle sincèrement, sans songer à des sous-entendus.
J’aime faire court, donc je fais court, même si ça manque de diplomatie et de romantisme :
Ayant un peu rosi, oubliant de me regarder, Lili répond par une boutade :
Toujours debout à côté d’elle, je glisse mon bras dans son dos, pour venir poser ma main sur sa taille. J’en profite pour venir me coller à elle. Lili ne dit rien, elle se laisse faire. Nous continuons notre cheminement, à demi enlacés, tels deux nouveaux amoureux.
Quelques pas plus loin, Lili prend la parole :
Sans toutefois se dégager de mon étreinte, Lili essaye de se justifier :
Incidemment, elle pose sa tête contre le haut de mon bras :
Elle se fige sur place, j’arrête à mon tour de marcher. Elle murmure :
Laissant toujours ma main sur sa taille, je me déplace légèrement, pour lui faire presque face :
Elle me regarde, essayant de lire mes pensées à travers mes yeux :
Je vois bien qu’elle tergiverse, ça se comprend aisément. Quand on fait un certain pas en avant, il est souvent très difficile de revenir en arrière. L’homme propose, la femme dispose, donc je vais me faire un plaisir de proposer, peut-être un peu plus que nécessaire :
Et, sans lui laisser le temps de réagir, je la capture prestement par la taille, je la plaque sur moi et je l’embrasse. On ne peut pas dire qu’elle résiste beaucoup, d’autant qu’elle vient de mettre ses bras autour de mon cou.
Notre baiser se prolonge. Pour une femme, qui se dit maquée avec un autre homme, je trouve qu’elle a « légèrement » dépassé les limites accordées par l’effet de surprise, mais je ne vais absolument pas me plaindre, d’autant qu’elle ne reste pas passive.
Quand nos lèvres se décollent, reprenant son souffle, elle prend la parole :
Coquine, elle en profite pour se frotter lascivement sur mon émotion !
Puis, sans transition, restant toujours collée contre moi, elle me gronde :
Je l’embrasse à nouveau, elle répond avidement à mon baiser. Comme le dirait un kangourou, c’est dans la poche, mais si la suite s’annonce simple pour moi, ça risque de ne pas être la même chose pour Lili avec son Edmond de malheur.
Pour l’instant, nous temporisons. Nous nous voyons chaque midi, mais elle rentre chez elle le soir, ou plus précisément, elle rentre chez Edmond, car le logement est à son nom à lui, même si elle paye la moitié du loyer et une bonne partie du reste (courses, eau, électricité…).
Elle apprécie visiblement le fait que j’aime les femmes appétissantes comme elle. Et moi, j’essaye de lui démontrer, au mieux, cette appétence, même si ce n’est pas toujours très évident, puisque nous nous cachons. De ce fait, pour l’instant, personne n’est au courant.
Pour me faire plaisir, elle revêt, de temps à autre, le fameux bustier, comme c’est le cas aujourd’hui. Amusé, tandis que je la serre dans mes bras, je murmure à son oreille :
La conversation s’arrête là, car nous avons mieux à faire : nous embrasser.
Cet état suspendu entre deux eaux a duré environ cinq semaines qui furent à la fois longues et courtes, je sais que c’est paradoxal, mais le temps passé avec Lili était trop rapide, et le temps sans Lili désespérément interminable. Puis un vendredi en fin d’après-midi, au bureau, Alida s’adresse officiellement à moi, l’air plutôt embêtée :
Oui, je m’y connais un peu, mais je ne sais pas si je pourrais faire grand-chose. Néanmoins, je pense que je verrai vite si c’est sérieux ou pas. Arrivés au sous-sol, nous nous approchons de sa petite voiture. Posant ma main sur le capot, je demande :
Bien que ça me semble étrange, je m’exécute. Étonné, je découvre deux valises : une grosse et une petite. Me redressant, j’interroge Lili pour être certain :
L’instant d’après, nos lèvres sont soudées dans un fougueux et vorace baiser. Quand Lili reprend l’usage normal de sa bouche, elle murmure, visiblement satisfaite :
Tout en me regardant droit dans les yeux, elle entrouvre sa robe pour révéler le fameux bustier, puis elle rougit un peu :
Inutilement, elle me répète cette proposition ! Et tant pis si nous avons droit à des visiteurs importuns…
Ça va faire plusieurs semaines que Lili et moi vivons sous le même toit, sans aucun nuage à l’horizon.
Edmond n’a pas trop apprécié la désertion de sa compagne, surtout pour des raisons financières, car c’est moins facile tout seul qu’à deux. Cependant, quand il a compris que Lili ne reviendrait plus, le surlendemain, la place vacante était à nouveau occupée par une donzelle, dont le physique ressemblait fortement au standard gonflable de diverses influenceuses exilées du côté du golfe persique ou arabique.
Apprenant son prompt remplacement, Lili n’en revient pas :
Pour ma part, je pense que son ex devra maintenant assumer tous les frais, ce genre de femme se laisse entretenir, elle participe rarement au budget, elle aurait même tendance à le malmener financièrement, à se transformer en un tonneau des Danaïdes. Cette situation m’amuse intérieurement. Pour la consoler, je la prends dans mes bras :
Puis, je l’embrasse voluptueusement comme j’ai, maintenant, l’habitude de la faire plusieurs fois par jour et aussi par nuit. Comme Lili aime beaucoup mes marques d’affection, elle se laisse faire dans un premier temps, puis elle participe activement dans un second.
Un peu plus tard, alors que nous avons fini de dîner chez nous et que la faible vaisselle vient juste d’être lavée, debout dans la cuisine, sans crier gare, Lili me balance :
Elle me coupe, me grondant faussement :
S’approchant de moi lascivement, elle devient aguichante :
Je la capture illico dans mes bras :
Je l’entraîne aussitôt vers notre chambre, avec la ferme intention de lui expliquer à quel point je peux être vorace !