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n° 23400Fiche technique62624 caractères62624
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Temps de lecture estimé : 43 mn
06/12/25
Présentation:  Un hommage, respectueux, à Frédéric Dard, ses personnages... replacé dans notre époque.
Résumé:  Un cadavre a été découvert dans une forêt du Tendre-et-Cher. Marion Saint-Antoine est envoyée par son journal pour suivre l’enquête. Grâce à ses talents, elle résoudra l’énigme.
Critères:  #policier fh
Auteur : ChrisM      Envoi mini-message
Le brame du cerf

Dimanche, 10 heures


La voiture fait des embardées sur la route forestière, un coup à gauche, un coup à droite.



Sur la droite, une aire de débardage de bois. Un coup de volant, Benjamin pile. Les portes de la voiture s’ouvrent simultanément, nos deux tourtereaux en jaillissent. Elle s’effondre sur le capot et présente sa croupe pendant qu’il ouvre son jean pour en extraire son mandrin. Benjamin adore la tête des filles quand elles découvrent sa bite XXL, un mélange de stupéfaction, de trouille et d’envie… Il y en a même qui se barrent en courant !



Mais elle ne se sauve pas, elle n’a pas fait tous ces kilomètres pour reculer devant l’obstacle. Benjamin ne se pose pas de questions et son perforateur percute la brèche qui s’ouvre tant bien que mal. Aux rugissements de l’un répondent les vagissements de l’autre, la forêt s’est tue, tout ce qui volait, courait, rampait a filé aux abris !


Il sait qu’elle est venue pour ça, alors il la besogne allègrement. La voiture tremble sur ses roues, les suspensions grincent, heureusement que c’est un 4X4 habitué aux chemins défoncés.


Sur cette route forestière, il doit passer deux voitures dans la journée, pas de pot, y en a une qui déboule. Elle ralentit avant de passer au pas devant eux, laissant apercevoir deux mecs qui profitent du spectacle.



Un grand chêne leur tend les bras, du moins son large tronc. Lucie l’enlace et représente son cul. Cet intermède n’a pas perturbé Benjamin, son barreau n’a pas fléchi d’un millimètre et il reprend son pilonnage.



Ce n’est pas que Benjamin soit grossier ou manque de vocabulaire, mais il a constaté que, souvent, ça les faisait décoller.



Il se retire brusquement, un vide sidéral s’abat sur Lucie.



Ce n’est pas son intention ! Il repart à l’assaut, mais cette fois en changeant de trou… Elle aboie, elle bêle, elle brame, elle mugit, elle grogne, elle blatère, tous les cris d’animaux y passent, c’est pas tous les jours qu’on se fait empaler par un tel engin.



Même s’il le voulait, il ne pourrait pas, en tout cas, pas avant d’avoir semé sa graine. Alors, il poursuit son labourage profond, son soc retourne les entrailles de la fille. Enfin, la vague monte des reins, contracte les couilles avant que des flots de foutre inondent le trou noir.


Lucie tourne son visage vers lui, en pleurs.



Il s’avance, derrière le tronc, dans les fourrés, une forme, immobile. Benjamin appelle, pas de réponse. Il s’approche, découvre deux jambes nues sortant du taillis…



Moins d’une demi-heure plus tard, la gendarmerie est là. Benjamin explique qu’ils cherchaient des champignons quand ils ont aperçu le corps.



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Mercredi 18 heures


La conférence de presse attire du monde, c’est pas tous les jours qu’on découvre un cadavre dans le Tendre-et-Cher. Le procureur et le commandant de gendarmerie font le point de l’enquête, c’est rapide, on ne sait pas grand-chose.


La victime n’a pas encore été identifiée. Hormis des chaussures, elle ne portait aucun vêtement. Son profil ADN n’est pas enregistré dans la base nationale, aucune disparition correspondant à son profil n’a été signalée dans la région.


La femme est âgée de 30 à 35 ans, de type caucasien, taille 1,72 m, poids 59 kg, cheveux blonds longs, yeux bleus, implants mammaires, piercings multiples (nez, oreilles, nombril), tatouages (épaule, bas du dos). De nombreuses ecchymoses et griffures superficielles sur l’ensemble du corps. Une activité sexuelle (vaginale et anale) a été détectée dans les heures précédant la mort, une recherche d’ADN étranger est en cours.


Le décès est daté au dimanche matin, entre minuit et deux heures. La cause en est un arrêt cardiaque par infarctus, possiblement lié à une overdose (dosage important de cocaïne dans le sang).


Malgré un appel à témoin, personne ne s’est manifesté.



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Jeudi 8 heures


Il en est pourtant passé du monde dans cette chambre d’hôtel, mais de mémoire de matelas, rien d’aussi épique, violent, tendre, acrobatique ! Ils ont tout enchaîné, le petit Poucet, on a retrouvé une culotte dans l’ascenseur, l’exploration sous narine, le cigare à moustaches, la flûte à deux trous, l’attaque au bélier des portes du château, le piston frénétique, l’amazone en folie, le colmatage des brèches, le ramonage de l’échappement et j’en passe. Le site vantait le calme de l’hôtel, la note va dégringoler rapide : les clameurs, les mugissements, les exclamations et les couinements du sommier en ont empêché plus d’un de dormir. Et plus d’une aussi, rêvant de mecs capables de les faire chanter aussi fort et aussi longtemps !


À présent, tout est calme, Marion et François-Marie dorment. Pas pour longtemps, car un portable balance « Crazy in Love » de Beyoncé. Elle repousse le drap, se désemboîte de son amant et s’assoit sur le bord du lit. La trentaine d’années, de longs cheveux blonds emmêlés qui retombent sur ses seins, un beau visage, mais des yeux furibards. Elle attrape le téléphone,



Pinuccia, personne ne sait pourquoi ses parents normands lui ont collé un prénom sicilien. Elle, elle a cent ans ou du moins, on lui donnerait bien. Petite, ridée, l’air souffreteux, on dirait toujours qu’elle va se casser. Les gens ne se méfient pas d’elle, se confier à elle, c’est parler à une tombe. Aussi, Pinuccia n’a pas son pareil pour attirer les confidences et les ragots, on la laisse sur un marché, en moins d’une heure, elle sait tout des petits secrets de la ville.



Marion le regarde, lui sourit avant de retirer le drap. Un beau mec, François-Marie, il ne laisse pas aller : pas de bide, des cuisses musclées, un torse recouvert d’un léger duvet, une toison noire d’où émerge une bite encore endormie.



Elle se couche sur lui pour un long baiser. François-Marie caresse le dos, les fesses, elle écarte les cuisses.



En trois semaines, il a appris à la connaître. Leur première rencontre avait été décapante, il sirotait une bière dans un bar quand, un verre à la main, elle l’avait abordé, lui proposant de faire connaissance. Une demi-heure plus tard, ils étaient au lit. François-Marie est amateur de belles filles, mais sa véritable passion, c’est les bagnoles. Une belle carrosserie le fait vibrer, un bruit d’échappement rageur lui donne la chair de poule. Mais, à présent, dans son panthéon personnel, Marion trône au-dessus des Ferrari !


Une superbe carrosserie toute en courbes, sans une boursouflure inutile, sans appendices disgracieux, taillée aérodynamique. Et ce moteur ! Dès qu’on a mis le contact, on en découvre la sauvagerie. D’abord, le bruit, grave au début, puis montant dans les tours, une stridulation à faire exploser les vitres. Ensuite, des accélérations d’avion de chasse, une tenue de route à toute épreuve, une capacité à enchaîner les tours de piste à haute vitesse. Bien sûr, c’est à manier avec doigté, on ne pilote pas un tel engin sans précaution sous peine de sortie de route. Mais quel pied quand on sait exploiter un tel bolide !



Sa bouche descend doucement le long du torse de son amant jusqu’à la toison noire. Il ne reste plus que quelques minutes de tranquillité aux clients de l’hôtel.



Jeudi 11 heures


Le Grand Soir, quotidien du soir comme son nom l’indique, a été fondé dans les années 1970 dans le but, comme son nom l’indique également, de favoriser l’avènement du Grand Soir, la destruction du système capitaliste. Avec les années, pour survivre, la direction a mis de l’eau dans son vin en acceptant l’argent de quelques anciens enragés de la révolution sociale devenus multi-millionnaires, c’est ce qu’on appelle le réalisme économique.


Marion Saint-Antoine travaille au Grand Soir depuis trois ans après y avoir multiplié les stages et les piges. Enquêter, comprendre, témoigner, c’est sa passion, elle est née pour ça. La famille, les amis, tout passe après. Et pourtant, elle adore sortir, faire des bouffes entre copains. Elle peut se ruiner pour un repas dans un resto étoilé, mais elle aime tout autant déguster un kebab à la Goutte d’Or. En amour, elle a le même appétit, la même curiosité, appréciant tout autant une nuit romantique dans un grand hôtel qu’un fast-fuck au troisième sous-sol d’un parking.


C’est pourquoi Marion, malgré son réveil forcé, est d’excellente humeur quand elle débarque dans le bureau de Laurent Parturi, dit Lolo, dit le Vieux, le chef des rubriques Politique et Société. Plus de trente ans de journalisme, toujours sur la brèche, à l’affût du scoop.



Alex Lauran, tout le monde l’appelle le Gros. Au moins 150 kg, il ne doit jamais bouger de son bureau, tout encombré d’écrans et de boîtes de pizza. On le surnomme aussi Super Google, on lui demande une info, il est plus rapide que le moteur de recherche. Et on rigole plus avec lui !




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Jeudi 19 heures


Bourg-le-Fion, c’est à deux heures de route de Paris, une ville moyenne comme on en voit des dizaines en France, avec sa vieille ville, ses rues pittoresques, sa cathédrale… Et son hôtel Pénis. Marion apprécie cette chaîne : pour un tarif attractif, compatible avec le budget du Grand Soir, on a une prestation correcte. Au prix cependant d’une certaine standardisation. Marion a fréquenté tellement de Pénis lors de ses reportages qu’elle en oublie parfois dans quelle ville elle se trouve.


Félix, le correspondant local du Grand Soir, attend Marion dans le resto de l’hôtel. Après les amabilités d’usage, Marion met les choses au point.



Ils lisent ensemble les topos que le Gros vient d’envoyer, Félix complète parfois.




Jeudi 22 heures


Félix parti, Marion s’installe au bar, le temps de vérifier sa messagerie. Un homme s’approche d’elle, la quarantaine conquérante, jean noir et chemise blanche ouverte.



L’homme sursaute, son visage se décompose, un vrai masque de carnaval.




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Vendredi 8 heures


Marion déboule dans la salle du petit-déjeuner. Pinuccia est attablée devant une tasse de camomille et une demi-biscotte.



Pinuccia regarde, le mec est avachi sur sa chaise, le teint brouillé, les yeux chiasseux.




Un message du Gros, Marion le rappelle.




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Vendredi 11 heures


Des Duster, il y en a trois garés sur la place de l’église de Sainte-Madeleine-La-Tronchée. Mais un seul auprès duquel se dresse un géant, Benjamin. En voyant arriver Marion, il s’approche pour l’accueillir. Elle a soigné sa tenue : une jupe courte, un haut plutôt échancré, pas de soutif. En cette fin septembre, la température est encore douce, elle peut présenter la marchandise sans craindre de choper un gros rhume. Benjamin la salue d’une virile poignée de main et l’examine d’un œil approbateur.



Benjamin la conduit en voiture jusqu’à l’aire de débardage où il se gare.



Ils arrivent dans une clairière, le chêne trône au milieu. Sa large couronne de feuillage, ses branches robustes, son énorme tronc le rendent impressionnant, indestructible.



Elle défait la ceinture de Benjamin, fait glisser le jean le long des jambes, puis descend le slibard.




Vendredi 11 h 26.


Alerte info : les sismographes ont enregistré un séisme de magnitude 5.1, épicentre dans la forêt de la Tronchée, une équipe est envoyée sur place.



Alerte info : une réplique de magnitude 4.8 a été enregistrée à 11 h 50. Il est demandé d’éviter la zone.



Alerte info : une réplique de magnitude 4.6 a été enregistrée à 12 h 24.



Vendredi 13 h 00


L’Auberge des Chasseurs ne paye pas de mine de l’extérieur, mais, quand on pousse la porte, on change de monde. Plutôt Relais de chasse Solognot que bistrot de campagne, avec sa grande salle lambrissée couverte de bois de cerf et de photos de battues. Ici, le gibier est roi, inutile de demander un menu végétarien.


Attablés devant une assiette de charcutaille, Marion et Benjamin apprécient le Chinon de la patronne.



Un cuissot de chevreuil plus tard, Benjamin doit partir bosser.



Marion s’approche du bar pour payer et appelle le serveur. Lui vient une idée.



Le gars sursaute.



Tu n’es pas fait pour faire de la politique, pense-t-elle, tu ne sais pas mentir.



Disant cela, Marion se redresse, ses seins manquent de percer son dessus. Le visage du gars se transforme en drapeau chinois, rouge écarlate et des étoiles dans les yeux.



Les chambres ne sont pas dans le bâtiment principal, mais dans des cabanes disséminées le long du chemin forestier. C’est bien pratique, on peut aller et venir, inviter qui on veut, discrétion garantie. La 12 est la dernière, presque cachée sous les arbres. Quand on entre, ce qui frappe, c’est la taille du lit, au moins deux mètres sur deux, les miroirs au mur et au plafond.



Marion reste scotchée quelques instants avant de reprendre ses esprits. Ainsi, c’est là que Guillaume Pelletier vient se payer du bon temps. S’il a passé la soirée avec Mira, il est probablement le dernier à l’avoir vue vivante… Le reportage commence à devenir intéressant !



Apparaît un beau cigare, plutôt havane que cigarillo, que Marion se met à téter avec application. Elle sait, d’expérience, que personne ne résiste longtemps à ses talents de fumeuse.



Les gendarmes en savent plus qu’ils ne l’ont dit lors de la conférence de presse. Avec Pelletier comme témoin, voire comme suspect, ils doivent marcher sur des œufs.



Quelques coups de langue plus tard, Marion déclenche l’éruption. La lave, longtemps contenue, explose en de multiples jets brûlants dans sa gorge.



Dehors, elle appelle le Gros.




Vendredi 15 heures



Marion l’avait souvent constaté : Pinuccia est l’ancêtre du réseau social. Ceux et celles qui lui parlent le font sans filtres. Tout ressort, les envies, les frustrations, parfois aussi la vérité…



En quelques mots, Marion fait un résumé de sa matinée.



Un appel du Gros que Marion met sur haut-parleur.



Autour de la table, ça phosphore sec, on entend presque les neurones s’agiter.



Le Gros, qui a suivi la discussion, fait entendre sa grosse voix :




Vendredi 19 heures


Deux voitures à gyrophare stationnent devant l’entrée de l’hôpital, Marion poireaute un peu plus loin. Elle a fait un effort vestimentaire : veste bleu nuit, jupe aux genoux assortie, chemisier blanc, escarpins noirs, très businesswoman. Mais pas de soutien-gorge, faut pas déconner, et elle n’a pu se résoudre à boutonner jusqu’au col le chemisier, le laissant s’entrouvrir sur ses rondeurs naturelles.


Soudain, un brouhaha dans le hall d’entrée, un groupe arrive, on aperçoit la casquette engalonnée du Préfet. Sans attendre, Marion se précipite et, jouant des coudes, alpague Pelletier.



Disant cela, Marion déboutonne négligemment un bouton de son chemisier.



Pelletier loue depuis des années un local dans le centre-ville, lieu de rencontre avec les électeurs et aussi avec les électrices.



Le ministre s’installe à côté de Marion. Il est pourtant de taille et corpulence normales, mais, d’un coup, la voiture paraît plus petite. Désarçonnée par cet homme, Marion redevient la gamine de l’école primaire, incapable de dire un mot devant la maîtresse.



Un peu de lèche ne peut pas faire de mal. Marion s’enhardit…



Pelletier réfléchit un moment. Parler de la chambre 12 n’est pas innocent, elle le drague sans vergogne depuis tout à l’heure, elle est venue pour coucher. Pourquoi pas, se dit-il, elle a de sérieux atouts, son chemisier déboutonné jusqu’au nombril laisse entrevoir une mignonne paire de seins qu’aucun soutien-gorge ne vient brider. Reste une interrogation : c’est une simple collectionneuse qui veut accrocher un ministre à son tableau de chasse ou recherche-t-elle autre chose, veut-elle le piéger ?



Pelletier sourit et passe un coup de fil. La chambre 12 est disponible, la cuisine prépare un en-cas. Puis il appelle son chauffeur.



Après avoir posé son téléphone, le ministre se retourne vers sa conductrice, il est passé en mode séducteur, carnassier. Tous les deux savent qu’on ne parlera plus du portrait ce soir.



Le message est bien compris et une main inquisitrice vient constater l’absence sous la jupe de tout sous-vêtement.



En fait d’en-cas, c’est un véritable festin : une terrine de sanglier, une fricassée de girolles, quelques fromages de chèvre, une farandole de desserts et, pour faire glisser le tout, une bouteille de champagne rafraîchit dans un seau.



Vendredi 23 heures



Ils ne sont pas si nombreux les amants dont Marion garde le téléphone, ceux qu’elle a envie de revoir. De son escapade dans le Tendre-et-Cher, elle retiendra Benjamin, tout en puissance maîtrisée. Elle rajoutera à sa liste Guillaume. Elle sait pourtant qu’à 52 ans, il n’a plus la faculté d’enchaîner les efforts comme un Benjamin ou un François-Marie, mais avec lui, c’est l’amour champagne. De prime abord, c’est léger, frais et délicat, mais cela monte très vite à la tête. Si elle a perdu le compte des coupes vidées, elle garde en mémoire celui de ses jouissances…



Marion réfléchit un moment avant de tout déballer à Guillaume : Mira, sa présence à l’Auberge des Chasseurs, et, pour finir, les deux filles, Adélaïde et Ella.



Puis, après un moment de réflexion,



La réponse de Marion ne tarde pas.



Guillaume se rhabille, reprend sa tenue de ministre.




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Samedi 8 heures




Samedi 10 heures


Marion retrouve Pinuccia au Pénis de Bourg-le-Fion, Félix est en vadrouille dans le département et les rejoindra plus tard.




Samedi 16 heures


Le portable de Marion sonne, c’est Benjamin.



Le Duster est fidèle au rendez-vous sur la place de la mairie, qui est aussi la place de l’église. Benjamin prend le sac de Marion, le dépose dans son coffre à côté d’un grand sac à dos bien rempli.



Le grand chêne n’a pas bougé depuis la veille, toujours aussi impressionnant. Sans dire un mot, Marion s’approche, remonte sa jupe et se remet en position. Pas la peine de poser la culotte, elle ne l’avait pas mise. Benjamin se glisse derrière elle…


Un grand craquement déchire le silence de la forêt.



Benjamin s’engage dans le taillis, Marion le suit. Il n’y a pas de sentier, le sol est accidenté et Marion manque plusieurs fois de se tordre une cheville. La végétation est très dense et, si on n’y prête pas garde, les branches cinglent le visage et le corps.



Enfin, ils déboulent dans une clairière et s’arrêtent devant un chalet.



Benjamin farfouille sous le toit, récupère une clé.



Benjamin ouvre la porte sur une grande pièce. Un grand poêle à bois trône contre le mur, une table occupe le centre, on aperçoit une literie sommaire dans le fond.



De son sac, Benjamin extrait une bouteille de rouge, une miche de pain, une tranche de pâté large comme la main.



C’est le ventre bien rempli, doublement bien rempli, que Marion s’endort contre Benjamin.



Samedi 23 heures


Un grand cri à l’extérieur, Marion se réveille en sursaut. Un cri énorme, caverneux, semblable à une corne de brume sauf qu’on n’est pas en mer, mais dans les bois. Marion se fige dans l’attente, puis de nouveau, le même cri. C’est quoi, un animal, autre chose ? Une sueur glacée descend dans le dos de Marion, elle secoue Benjamin.



Benjamin passe une main caressante sur la poitrine de Marion. Il est vrai que cela palpite rapide dessous. Tout à coup, il pousse un cri rauque.



La tension retombe d’un coup, Marion pique une crise de fou rire.



Quelques minutes plus tard, un premier crac, le châssis du lit vient d’exploser sous les poussées de Benjamin. Suivi d’un deuxième crac, c’est le cerf qui attaque la porte du chalet !



Le combat est rude. Round après round, il place ses attaques. Au visage, à la poitrine, au ventre et en dessous de la ceinture, devant, derrière, la règle ne l’interdit pas, bien au contraire. Une victoire aux points ne l’intéresse pas, c’est le KO qu’il recherche, la reddition de l’adversaire, le jet de l’éponge. Mais Marion encaisse bien. Parfois, elle reste au sol, il compte, mais à 8, elle se reprend et réclame « Encore ! ». Lorsque le combat se termine, les deux sont épuisés, ruisselants de sueur, enlacés sans pouvoir se défaire l’un de l’autre.




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Dimanche 8 heures


Benjamin s’est levé tôt, il est déjà habillé et une bonne odeur de café flotte dans le chalet. Marion se réveille doucement, encore enroulée dans le duvet.



Benjamin ouvre la porte, deux hommes entrent. La trentaine d’années, veste de chasse, pantalon de treillis et rangers aux pieds. Mais les deux ont le visage fermé.



D’un coup de tête, ils saluent Marion, allongée sur le lit, à peine couverte.



Marion se sent détaillée du haut en bas, mais ce n’est pas libidineux, plutôt un regard curieux, comme s’ils voulaient comprendre qui elle est plutôt que comment elle est foutue.



Avant qu’elle ait le temps d’ouvrir la bouche, Benjamin sort.



Marion mouline sérieux. Si ce ne sont pas des bobards, ça confirme que le ministre n’est pour rien dans cette affaire.



C’est du pipeau ? Une histoire pour innocenter Pelletier ? Il faut qu’ils me donnent plus de détails, si c’est une entourloupe, ils finiront par se piéger.



Marion se redresse, le drap glisse sur elle, elle s’assoit en tailleur sur le matelas défoncé. Ils peuvent constater que Marion voyage léger, qu’elle ne s’embarrasse pas d’un pyjama.




Deux heures plus tard, une Marion rayonnante soutient ses deux cavaliers jusqu’à la voiture de Guillaume quand une camionnette pile devant eux. Deux gendarmes en surgissent et leur crient.




Dimanche 14 heures




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Épilogue


Deux semaines plus tard, jeudi 19 heures