Paul arpentait d’un pas énergique les trottoirs bondés de la capitale, à la recherche d’une terrasse de café située un peu plus au calme. Comme chaque année à l’époque des fêtes, les familles étaient là en nombre pour assister au spectacle féérique des vitrines des grands magasins. Mais, ça n’était pas ce qui occupait l’esprit de Paul à cet instant précis. L’heure d’appeler Elsa approchait. Vite.
Il tourna à l’angle du boulevard illuminé et s’engouffra dans une ruelle plus étroite et surtout baignée d’une obscurité plus propice à la tranquillité qu’il recherchait. Après quelques pas, il arriva devant la devanture à l’air désuet d’un bar un peu vieillot qui lui sembla idéal. Il s’installa à une table, commanda un café allongé avec un grand verre d’eau, et saisit son téléphone dans la poche de son manteau. Son regard balaya les alentours comme pour s’assurer qu’il n’avait pas été suivi, et il composa le numéro de sa correspondante. La succession des sonneries dans son oreille commença à faire frémir un début d’excitation le long de son échine.
- — Bonjour Paul, dit une voix calme et suave à l’autre bout du fil.
- — Bonjour Elsa.
Le timbre chaud avec un léger accent coulait dans son oreille, comme du miel. Il repensa un instant à l’origine de leur rencontre. Celle-ci avait débuté il y a quelques mois à peine, via un site de rencontre dédié aux rencontres clandestines. Elsa, de son pseudo, grande brune élancée au milieu de sa trentaine, cherchait un homme un peu plus âgé auquel elle voulait s’abandonner dans une forme de jeu de soumission à distance. Elle espérait ainsi mettre un peu de piment dans sa vie sexuelle, lassée des rencontres enchaînées avec des hommes toujours trop soucieux de leurs performances personnelles et surtout d’agrémenter leur tableau de chasse. Elle sentait que quelque chose sommeillait en elle sans pouvoir le définir précisément. Devenir la soumise d’un dominant en chair et en os lui paraissait une marche un peu haute, alors que l’idée d’entretenir cette forme de connivence distante convenait mieux à son tempérament. Laisser les commandes de son cul à un homme, oui, mais pas trop tout de même. Ce format lui permettait de garder une forme de contrôle auquel elle tenait. Ils avaient échangé quelque temps sur leurs attentes respectives, leurs limites ainsi que les codes permettant de mettre fin au jeu si l’un des deux le souhaitait.
Paul, de son côté, était l’archétype du gentil mari fidèle au sein d’un couple que les années de parentalité à s’occuper des quatre enfants, qu’il avait eus avec son épouse, avaient lentement vidé de toute forme de conjugalité charnelle, les écrans ayant pris depuis longtemps le statut de conjoints officiels. Avec l’autojustification qui accompagnait la forme de lâcheté qui l’avait conduit à préférer rester dans le confort matériel de sa situation, il s’était toutefois offert de régulières évasions secrètes sur un petit éventail de ce que le Web offre de moyens de tromper son ennui, aussi bien virtuellement que dans le monde réel. Une des nombreuses soirées passées en solitaire devant son écran d’ordinateur, cloîtré dans le bureau de leur luxueux appartement haussmannien depuis longtemps déserté par les enfants, l’avait conduit sur les traces du profil d’Elsa qui lui tapa dans l’œil immédiatement.
- — Où te trouves-tu ? demanda-t-il en tentant de donner l’illusion d’une maîtrise totale de ses émotions ?
- — Je suis installée dans le Vieux Lyon, à la terrasse d’un ravissant café. Et toi ?
- — J’ai réussi à trouver un endroit préservé de la cohue des familles et touristes qui inondent les rues de Paris en ce moment.
- — Tu en parles de manière tellement blasée.
- — Je crois qu’à force de vivre ici, je suis devenu hermétique à toute la magie des lieux pour n’en voir que leurs travers.
- — Moi, j’adore monter à Paris. Ça me rappelle mon enfance.
- — Il faudra que je te concocte un scénario dans quelques arrondissements sympathiques alors.
- — C’est une idée, en effet.
- — Mais dis-moi un peu, quelle tenue as-tu choisie pour aujourd’hui ?
- — Je ne sais pas si tu vas aimer, mais quelque chose de sobre et d’élégant. Une longue jupe portefeuille plissée aubergine avec un col roulé noir près du corps. Des collants sombres et des bottes en cuir à talon. Presque l’élégance à la Parisienne.
- — Tout cela me paraît bien sage.
- — Je suis comme les volcans, tu sais, une apparence sombre et austère peut dissimuler un magma en fusion prêt à jaillir.
- — Tu m’en diras tant. Comment as-tu noué tes cheveux ?
- — Détachés, et un joli béret sur la tête pour ne pas prendre froid.
- — La séduction incarnée, je crois. Peut-être un brin austère à mon goût.
- — Ne serait-ce pas un jugement de valeur un peu patriarcal ?
- — Peut-être un peu, tu as raison.
- — Tu ne devrais pas te fier à ce point aux dehors d’une femme. Tu ne peux absolument pas avoir idée de quelle amante fougueuse peut se cacher sous des atours austères ou stricts.
- — À ce point ?
- — Tu serais surpris.
- — J’aime être surpris. Tu me dis ce que tu portes en dessous ?
- — Petit curieux.
Paul sourit.
- — Un charmant tanga de soie noir si tu veux tout savoir.
La température monta sous le manteau de Paul qui visualisait mentalement la scène.
- — Un choix de très bon goût. Et tu ne portes pas de soutien-gorge ?
- — Non. Tu sais comme j’aime la liberté. Et mes seins sont comme moi, ils détestent être enfermés. J’aime voir les regards tenter de vérifier discrètement si ce sont bien mes mamelons qui pointent sous le tissu stretch de mon pull.
- — Merveilleux. Puisque tu es prête, je peux te révéler la mission que je vais te confier ce soir.
Elsa tressaillit. Si elle avait la main sur un certain nombre de choses, elle savait que la base de leur jeu était l’obligation de suivre la consigne fixée par Paul, ce dernier ayant puisé dans le registre des envies et souhaits qu’elle avait exprimés avant. Mais elle pouvait à souhait ajouter des éléments et coconstruire avec lui la scène du jour.
- — Détaille-moi un peu les personnes autour de toi, lui demanda-t-il.
- — Eh bien…
Son regard balaya l’espace tout autour d’elle.
- — Il y a un couple d’étudiants qui partage une bière en se dévorant des yeux et accessoirement de tendres baisers. Ils sont mignons.
Elle tourna légèrement la tête.
- — Je vois un homme dans le milieu de la soixantaine, je dirais. Il est très absorbé par la lecture du Figaro en papier qu’il tient entre les mains. Mais qui lit encore des journaux papier en 2025 ? Il y a un petit groupe de mamies. Elles n’arrêtent pas de rire à gorge déployée en sirotant de grands verres de vin chaud. Il y a aussi une femme seule à sa table. Elle doit avoir dans la trentaine. Elle est plantée sur son smartphone depuis tout à l’heure. Elle doit regarder quelque chose de très drôle parce qu’elle n’arrête pas de sourire. Et il y a les serveurs. Tous plutôt jeunes. Pas mal du tout, même.
À mesure qu’elle détaillait les personnes autour d’elle, elle ne pouvait s’empêcher de s’interroger. Allait-elle devoir entreprendre quelque chose avec l’une d’elles ? Laquelle, et surtout pour quoi faire ?
Après quelques instants de silence, Paul dicta ses consignes qu’Elsa écouta religieusement. Là encore, la règle du jeu avait été qu’après avoir longuement échangé sur les attentes, les envies et les limites, les consignes une fois énoncées n’étaient plus discutables ni négociables. Toute l’excitation de la situation venait précisément de cela.
- — Très bien, répondit Elsa. Y a-t-il autre chose que tu voudrais me dire ?
- — Non. C’est tout. Te sens-tu prête ?
- — Quelle question, bien sûr que non. Je suis morte de trouille. Mais terriblement excitée aussi.
- — Parfait. Alors, je te laisse te mettre en action. J’attendrai ton appel pour que tu me racontes chaque détail.
- — Très bien. À tout à l’heure alors.
- — À tout à l’heure. Et bonne chance.
Paul regarda sa montre et sourit. Elsa disposait d’un temps limité pour agir et cette attente serait pour lui aussi excitante qu’insupportable, tant et si bien qu’un début d’érection le gagnait déjà. Après seulement quelques minutes, il était déjà torturé par ses interrogations. Avait-elle commencé ? Où en était-elle ? Avait-elle déjà eu un orgasme ? Comment avait réagi sa « victime » ?
Une heure passa lorsque le téléphone de Paul se mit à vibrer sur la table au moment où il terminait son deuxième whisky. Son pouce balaya la commande pour décrocher et il porta l’appareil à son oreille.
- — C’est fait, lâcha-t-elle avec une fierté notable dans la voix.
Il laissa quelques secondes s’écouler, comme pour savourer les mots qui venaient de se déverser dans son oreille.
- — Était-ce bon ?
- — C’était délicieux. Que dis-je, délicieux ? C’était jouissif.
- — Tant que cela ?
- — Non. Plus encore.
- — Ne me fais pas attendre. Raconte-moi tout.
Un silence figea le temps et l’espace.
- — Eh bien, j’ai commencé par fixer intensément la jeune femme que tu m’avais désignée dans les yeux pour essayer de la distraire de son smartphone.
- — Et ça a marché ?
- — Pas du tout. Ça m’a rendue folle.
- — Qu’as-tu fait alors ?
- — J’ai sorti l’artillerie lourde.
- — C’est-à-dire ?
- — Je me suis levée, j’ai marché droit sur elle, et d’un geste puissant, j’ai « malencontreusement » renversé son verre sur ses genoux. Pour le coup, ça a été très efficace.
- — J’imagine. Ensuite ?
- — Elle était très énervée. Je me suis fait engueuler, tu aurais vu cela.
- — Il faut dire que tu as été vilaine.
- — N’est-ce pas ? J’ai alors joué mon plus beau numéro d’excuse. Je mériterais un César, vraiment. Devant ma détresse feinte, elle s’est un peu calmée, s’est levée et s’est dirigée vers les toilettes pour s’essuyer. Je l’ai suivie immédiatement.
- — Ça commence à devenir intéressant. Continue.
- — Arrivée en bas, elle a été surprise de me découvrir juste derrière elle. Mon cœur battait à tout rompre. Je me suis figée une seconde. C’était maintenant ou jamais. Alors, sans lui laisser le temps de comprendre, je me suis mise à genoux pour commencer à tapoter ses cuisses avec des serviettes, comme pour réparer mon erreur. Au début, elle m’a regardé un peu de travers. Puis au bout d’un moment, j’ai relevé la tête en continuant d’éponger entre ses cuisses, et mon regard a croisé le sien. Et ça m’a paru étrange parce qu’elle ne paraissait plus en colère. C’était un peu comme si elle me faisait comprendre que je pouvais continuer. Alors, j’ai commencé à tapoter plus lentement en remontant entre ses cuisses.
- — Elle t’a laissé faire ?
- — Oui.
- — Pas très farouche.
- — Du tout non. J’ai épongé tout ce que j’ai pu, avec lenteur et application, mais il fallait se rendre à l’évidence, cela ne suffisait pas. J’ai relevé la tête et lui ai proposé de lui ôter son jean pour le faire sécher en lui montrant la cabine de la tête. Elle a eu un moment d’arrêt, comme si elle soupesait les alternatives et a fini par acquiescer.
- — Tu commences à me mettre l’eau à la bouche
- — Tu bandes ?
- — Je crois bien que oui.
- — Ce n’est que le début. Tu es sûr de vouloir connaître la suite ?
- — Ne me fais pas souffrir davantage, poursuis, je t’en prie.
La voix d’Elsa se faisait plus suave et sensuelle pour attiser l’excitation de Paul.
- — Je me suis relevée et nous sommes entrées dans la cabine. Sans trop y réfléchir, j’ai tiré le verrou, me suis tournée et l’ai fixée.
- — Comment a-t-elle réagi ?
- — Elle a soutenu mon regard. Elle me dominait. Il est clair que je n’étais pas la première à passer sous ses Fourches caudines.
- — Elle ne pouvait certainement pas imaginer que c’était une première pour toi.
- — Ça, c’est sûr.
- — Qu’as-tu fait ensuite ?
- — Je me suis remise à genoux et j’ai commencé à défaire le bouton de son pantalon. Il y avait tellement d’intensité. Elle me regardait de haut, ses yeux bleu cristallin plantés en moi derrière ses mèches brunes en bataille. Elle m’a laissé faire sans prononcer un mot. J’étais autant excitée que terrifiée à chaque bouton supplémentaire que je défaisais. En écartant les pans de son pantalon, j’ai vu apparaître un joli petit nœud pourpre accroché à une dentelle fine. J’ai tiré sur chaque côté pour faire glisser son jean à ses pieds. J’ai vu ses jambes nues apparaître.
- — Tu mouillais ?
- — J’étais complètement trempée même.
Paul peinait à se retenir de se caresser à mesure qu’Elsa lui relatait la scène.
- — J’ai approché mon visage de l’intérieur de ses cuisses. L’odeur était tellement étrange, à la fois forte et envoûtante. J’ai senti ses mains se poser de chaque côté de mon visage. Ses doigts ont commencé à caresser doucement mes joues. Elle a repoussé les mèches de mes cheveux derrière mes oreilles pour dégager mon visage. Elle voulait me voir. C’était incroyable. Si fort. Je me suis approchée un peu plus et mes lèvres se sont posées sur l’étoffe de sa culotte. Elle était trempée. J’ai commencé par de petits baisers de plus en plus appuyés, un peu partout. Doucement d’abord, puis avec plus de fougue.
- — Tu as aimé ?
- — Ça m’a rendue folle. C’était tellement nouveau. J’ai senti qu’elle prenait du plaisir et commençait à retenir de petits gémissements à chaque pression de ma bouche sur sa vulve, alors j’ai commencé à faire jouer le tissu entre ses lèvres. Je sentais ses mains m’agripper et m’encourager.
- — Et ?
- — D’un coup, j’ai écarté sa culotte et pressé ma bouche sur son sexe.
- — Comment était son sexe ?
- — Il était beau. Et si doux. Elle avait joliment taillé sa toison, mais qui restait très dense et noire. C’était si excitant. Je sentais toute sa vulve et ses lèvres s’ouvrir pour moi, pour laisser mon nez et mon visage l’explorer.
- — Quel goût avait-elle ?
- — C’était étrange au début. Si différent du mien. Son sexe sentait très fort, un parfum presque épicé et intense. Mais lorsque j’ai commencé à lécher ses lèvres, j’ai trouvé sa mouille beaucoup moins puissante que je ne l’imaginais. Elle mouillait tellement.
- — Il est certain que ton récit met l’eau à la bouche.
- — J’ai beau être une femme et avoir une vulve, moi aussi, je me suis retrouvée comme une poule devant un couteau. Je sais sucer et jouer avec une verge comme personne, mais, face à cette fente ouverte, je me suis sentie totalement novice. Alors j’ai commencé à faire jouer ma langue de haut en bas le long de ses lèvres, mais sans les ouvrir, juste pour l’éveiller.
- — Comment a-t-elle réagi ?
- — Elle a gémi. J’ai senti ses doigts dans mes cheveux guider mon visage. Elle imprimait le rythme auquel elle voulait que je la lèche. Elle pressait plus ou moins fort, me ralentissait parfois lorsqu’elle était au bord de jouir, puis m’attirait à nouveau à elle.
- — Mmmm… Ne t’arrête pas.
- — Puis j’ai senti ses lèvres s’ouvrir. C’était chaud et détrempé. J’y ai glissé ma bouche d’un coup et j’ai pris ses chairs entre mes lèvres et j’ai joué avec ma langue à les sucer et les malaxer. Ça n’a pas traîné, elle s’est mise à crier et un flot de mouille m’a jailli sur le visage.
- — Pas mal pour une novice. Félicitations ! Tu viens d’être diplômée docteur ès cunnilingus.
- — Ne te moque pas. En même temps qu’elle prenait son pied, je sentais l’excitation monter entre mes cuisses. J’avais envie de la dévorer, de la faire jouir encore plus fort pour essayer de calmer le feu qui brûlait dans ma culotte et dans mon ventre. J’alternais entre sucer délicatement son clitoris et presser ses lèvres entre les miennes. Je la buvais à grandes gorgées pendant qu’elle se tordait en tentant de rester debout. À un moment, j’ai senti que ses jambes ne la portaient plus.
- — Qu’as-tu fait après ?
- — J’ai continué de plus belle, ivre du pouvoir que j’avais sur elle. J’étais trempée. Je sentais que ça coulait abondamment entre mes cuisses. D’ailleurs, je ne me rappelle pas d’avoir mouillé comme cela un jour.
- — Elle a joui ?
- — Oui. Elle s’est mordu le bras pour ne pas hurler et trahir nos ébats aux personnes de l’autre côté de la porte, mais j’ai senti tout son corps se tendre et ses cuisses se resserrer puissamment autour de mon visage. Elle m’a plaqué contre son sexe, pour que je savoure l’état dans lequel je l’avais mise.
- — Pas mal pour une première. Bravo !
- — N’est-ce pas ?
- — Et après ?
- — Elle a eu besoin d’un moment pour reprendre ses esprits. Je la regardais. Elle avait les yeux fermés, en appui contre le mur.
Elsa laissa un silence de quelques secondes.
- — Puis elle a ouvert les yeux et a planté son regard dans le mien.
- — Elle a retrouvé du poil de la bête ?
- — Tu ne crois pas si bien dire. Elle m’a relevée et m’a embrassée à pleine bouche. J’avais le visage luisant de sa mouille, mais ça ne la dérangeait pas du tout. Nos langues se sont fouillées, enlacées, dans les effluves de son orgasme.
- — Je n’en peux plus, tout ce que tu me dis me met dans un état…
- — Tu bandes comment ?
- — Je bande… Fort. Très fort.
- — Sur une échelle de 1 à 10 ?
- — 100 !
- — Dommage que je ne sois pas là pour en profiter.
- — Tu aimerais ?
- — Ça n’est pas la règle que nous nous sommes donnée.
- — C’est vrai. Mais une si belle érection de perdue, c’est du gâchis. Mais termine vite.
- — Oui, je finis. Pendant que l’on s’embrassait, elle a glissé sa main sous mes vêtements et s’est glissée dans ma culotte. Elle l’a fait avec une assurance et une douceur incroyable. J’ai failli fondre quand j’ai senti la pulpe de ses doigts se glisser entre mes lèvres et remonter jusqu’à mon clitoris. Mes jambes ne me portaient presque plus.
- — Une experte.
- — À un point que tu n’imagines pas. Elle s’est mise à jouer avec mon clitoris. Elle alternait les petits cercles, faisait jouer la pulpe de ses doigts de haut en bas et de droite à gauche. Et avec une douceur que je n’avais jamais connue. Je n’en pouvais plus. Je me suis accrochée à elle pendant qu’elle me fouillait l’entrecuisse au point que j’en mordais presque son épaule. Elle m’a même murmuré à l’oreille un truc du genre « Je vois que tu aimes ». Puis elle a continué. Sans accélérer. Chaque mouvement de sa main entre mes cuisses faisait grandir une boule de feu dans mon ventre. J’en tremblais de tout mon corps. Elle m’a branlée, comme jamais un homme l’avait fait. Ses doigts dansaient sur mon sexe. Et j’ai joui. Non, j’ai explosé.
- — Rien que cela.
- — Oui. J’étais tellement incandescente lorsqu’elle a plongé sa main dans mes sous-vêtements qu’il ne manquait pas grand-chose. Dès qu’elle a senti que je venais, elle a arrêté immédiatement de bouger et laissé sa main posée sur mon sexe, comme pour le sentir palpiter pendant que les ondes de plaisirs traversaient mon corps par spasmes successifs. Elle a attendu patiemment que mon corps retrouve son calme. Elle me tenait dans ses bras et me caressait les cheveux tout en déposant de tendres baisers sur mes lèvres et ma joue. C’était si doux après tant de plaisir.
- — J’ai bien choisi ta mission du jour alors.
- — Mon Dieu oui. Cette première expérience avec une femme était incroyable.
- — Il faudra que je me montre à la hauteur la prochaine fois alors ? Comment vous êtes-vous quittées ?
- — Je me suis un peu éloignée d’elle et nous nous sommes toutes les deux remises un peu en ordre.
- — Elle t’a dit quelque chose ?
- — Oui. Après que nous soyons sorties de la cabine et retrouvées devant le miroir des toilettes, elle s’est tournée vers moi et m’a lancé : « Pas mal pour une première ».
- — Comment avait-elle deviné ?
- — Je ne sais pas. Je voulais parler, mais je suis restée stupéfaite. Elle s’est dirigée vers la porte et a ajouté : « J’espère te revoir ici une prochaine fois, ou ailleurs ». Elle a déposé un dernier baiser sur mes lèvres et elle est partie. Heureusement parce que ce simple baiser m’a remis en condition plus vite que je ne l’aurais cru.
- — Tu vas devenir accro, fais attention.
- — Serait-ce si grave ?
- — Au contraire, je crois. Et ton sentiment par rapport à un homme ?
- — C’est tellement plus doux, plus fin. Plus désintéressé aussi.
- — Désintéressé ?
- — Oui. Avec vous, quand vous vous occupez de nous, c’est toujours pour finir par nous prendre d’une façon ou d’une autre et plus vous êtes excités, plus vous bâclez le travail sur la fin.
- — Il faudrait que je te démontre comme tu te trompes en en faisant une généralité.
- — Peut-être.
- — Un dernier mot avant que l’on ne raccroche ?
- — Oui. Tu bandes toujours ?
- — Comme un taureau.
- — Que vas-tu faire ?
- — Je ne sais pas trop. Tu as une idée ?
- — Peut-être. Et si tu rentrais faire profiter ta femme de cette érection triomphante et du désir qui doit couler à flots dans tes veines.
- — C’est une idée en effet. Je vais y penser.
- — Alors, pense également un peu à ce que je viens de te raconter quand tu t’occuperas d’elle.
- — Il me sera difficile de l’occulter.
- — J’espère bien.
- — Coquine…
- — Très…
- — Bonne soirée à toi, Paul
- — Merci. Très bonne soirée à toi également Elsa.