| n° 23342 | Fiche technique | 39951 caractères | 39951 7131 Temps de lecture estimé : 29 mn |
17/10/25 |
| Présentation: Une histoire historique se déroulant (aussi) sous François Premier. | ||||
Résumé: La paix de Cambrai ayant été signée, les guerres d’Italie semblent enfin terminées, du moins je l’espère, car nous en étions à la septième depuis le roi Charles ! De ce fait, je suis revenu dans notre bon royaume de France. | ||||
Critères: #historique #personnages ffh | ||||
| Auteur : Patrik (Carpe diem diemque) Envoi mini-message | ||||
Une histoire historique se déroulant (aussi) sous François Premier. Bonne lecture :)
La paix de Cambrai ayant été signée, les guerres d’Italie semblent enfin terminées, du moins je l’espère, car nous en étions à la septième depuis le roi Charles ! De ce fait, je suis revenu dans notre bon royaume de France. Malheureusement pour moi, je ramène un souvenir cuisant et fort douloureux : si j’ai encore la hampe, je n’ai plus les boursettes, à la suite d’un coup de hallebarde qui aurait pu m’ôter la vie.
Heureusement pour moi, mes héritiers existent déjà, je les ai conçus, il y a quelques lustres. Ils sont tous déjà mariés. Hélas pour eux comme pour moi, leur mère n’est plus de ce monde, elle a succombé lors d’une contagion alors que j’étais en Italie, vraisemblablement le même funeste mal qui nous a obligés à quitter le royaume de Naples.
Par suite de mes faits d’armes, je voisine notre bon roi François le Premier dans sa cour itinérante, bien que je prévoie de me retirer de temps à autre au calme sur mes terres. Mais ça fait à peine trois mois que je suis revenu.
J’ai déjà bien vécu, ma descendance est assurée, il est temps de songer à moi.
Des femmes, ce n’est pas ça qui manque autour du Roi, mais la plupart savent ce qu’elles valent et j’aspire à une certaine tranquillité d’esprit. On m’a déjà proposé des alliances en m’offrant des jouvencelles en échange de mon nom (peu de gens savent pour mon souci génitoire), mais, pour l’instant, je ne suis pas tenté.
Dernièrement, ma route a croisé celles de Louison et de Muguette. Comme ces deux servantes sont presque toujours ensemble, le croisement fut aisé. Je ne saurais bien exprimer la chose, mais quand je les ai vues pour la première fois, c’était comme si un rayon de soleil était venu percer mon ciel gris. Faisant fi de notre différence de condition, j’ai décidé d’en savoir un peu plus sur elles. Alors j’ai demandé qu’elles soient affectées à mon service.
Et me voilà maintenant bien embarrassé…
Mon problème principal est que ces deux femmes étaient assez différentes, mais aussi intéressantes l’une que l’autre. Pour l’instant, j’en reste à de gentils batifolages avec elles, mais j’ai du mal à choisir, je l’avoue.
Certains diront que je déchoie à frayer avec des servantes. À mon âge, j’ai le droit de m’offrir du bon temps, peu importe le flacon.
Louison est brune et élancée, elle est assez réservée de nature, passive même, avec parfois des fulgurances dans la prise de décision. Elle est plutôt méfiante de nature, et remet souvent sa grande amie turbulente dans le droit chemin.
Muguette est blonde avec plein de courbes intéressantes. Son caractère est fort enjoué, essayant de voir le bon côté des choses, se laissant trop souvent aller dans des sentiers escarpés, mais sa grande amie veille au grain.
Il est difficile de courtiser l’une, car l’autre est souvent dans les parages. Pourtant, j’aimerais en savoir plus sur l’une comme sur l’autre pour savoir si je peux tenter quelque chose. En tout cas, elles font fort bien leur service, je n’ai aucun reproche à faire à ce sujet et sur les autres aussi, comme la cuisine qu’elles font admirablement toutes les deux, mais avec des spécialisations. Ainsi, Louison se débrouille très bien pour tous les plats cuisinés demandant une préparation importante, tandis que Muguette est très forte dans les friandises, les tartes et les gâteaux.
Même mon estomac n’arrive pas à choisir !
J’aime prendre des bains chauds, voire presque bouillants, sans doute pour compenser toutes mes années à déambuler partout au gré des batailles à mener. J’avais rarement l’occasion de faire des ablutions, sauf en plongeant dans les mares ou des rivières qui étaient la plupart du temps assez glaciales, même en plein été.
Maintenant que j’ai le temps et le loisir de barboter dans un baquet, je ne m’en prive pas. Ça me délasse, ça me met de bonne humeur, et c’est sans doute plus efficace que d’avaler des potions à base de bave de crapaud mélangée avec des yeux de fourmis et de subir en plus des saignées, des purges, des clystères, matin, midi et soir !
Même si Hippocrate et Galien l’ont préconisé en grec et en latin…
Je sais tout ça parce qu’il m’arrive de lire dans mon bain, et aussi ailleurs. Maintenant que je suis à la Cour, j’ai accès à divers ouvrages, et je rattrape le temps perdu. J’aurais préféré que les livres soient rédigés en bon français, mais hélas, le latin domine. Mais bon, comme j’arrive à le lire sans me tromper exagérément, je ne vais pas trop me plaindre.
C’est bien beau, tout ça, mais depuis le temps que je barbote dans l’eau, elle est devenue tiède, et si je ne veux pas que mon corps se dissolve, il serait peut-être judicieux de sortir de mon baquet. Ce que je fais aussitôt.
C’est alors que la porte s’ouvre et que Muguette entre. Elle se fige sur place, mais contrairement à bien des damoiselles, elle reste sur place, et me regarde sous le nombril. Je m’attendais à ce qu’elle fuit illico, mais non. Je suis tellement étonné que je reste debout, un pied dans le baquet et l’autre au-dehors.
Muguette prend alors la parole :
Je me souviens encore parfaitement de la douleur. J’enchaîne :
Je me souviens parfaitement aussi de cette douleur, pire encore ! J’ai bien cru rejoindre sur le champ mon Créateur. J’en profite pour sortir mon autre pied du baquet :
Muguette affiche un petit sourire vicieux :
Soudain elle se fige sans terminer sa phrase, je me demande bien pourquoi. La réponse arrive peu après :
Une lueur assez étrange brille maintenant dans ses yeux :
Je résume court :
Muguette a visiblement trouvé un sujet de conversation qui l’émoustille :
Elle affiche un petit sourire vicieux :
Je réalise que je suis resté debout tout nu devant ma servante :
Elle respire un grand coup, elle rassemble son courage, puis me lance d’une seule traite :
Je lis une réelle curiosité dans son regard, avec une louche de désir. Je ne sais pas où ça nous mènera, mais au point où j’en suis, je peux satisfaire sa curiosité.
L’instant d’après, elle est agenouillée devant, ses yeux à la hauteur de ma colonne de chair qui n’est plus aussi pendouillante que quand je suis sorti du bain. Elle regarde sous toutes les coutures.
Entraînés par la curiosité, ses doigts s’emparent de ma verge et la redressent pour que Muguette puisse mieux observer par-dessous. Je suis assez étonné par cette initiative, mais quelque part, ça m’arrange. Elle s’exclame à mi-voix :
Puis elle lève le bout de son nez pour me dire de façon mutine :
Muguette se met à rire :
Et sans me demander la permission, elle enfourne ma colonne de chair dans sa bouche, et commence aussitôt une sucette particulièrement efficace. Muguette n’est assurément pas une débutante, elle doit avoir des années d’expérience et de pratique. Ce qui est assez logique quand on y réfléchit : il vaut mieux que les hommes se soulagent dans une bouche que dans un vase naturel, c’est beaucoup moins risqué.
Mais l’Église n’apprécie pas, même si cette pratique est fort répandue, y compris parmi les nobles Dames.
Même si je ne possède plus de boursettes, mon engin fonctionne de la même façon qu’avant le coup de hallebarde, avec beaucoup moins de liquide à l’arrivée. Mais je ressens des sensations identiques, une jouissance similaire.
Ce qui est en train de m’arriver, Muguette étant terriblement efficace, d’autant qu’elle s’amuse à caresser mes fesses en même temps. Oui, elle est expérimentée, et elle n’est pas avare en salive !
Elle continue sa fellation baveuse autour de ma colonne qui vibre de plaisir. Même si je n’ai quasiment rien à expulser, j’ai la nette impression de me déverser, de me vider. Je plane au-delà des sphères inférieures, si j’en crois la nature de notre monde.
C’est vraiment trop bon !
Je sens que Muguette va changer de statut…
Toujours agenouillée, elle s’essuie les lèvres :
J’avoue mon ignorance :
Elle se redresse :
Un sourire lumineux s’affiche sur ses lèvres toujours un peu luisantes :
Elle me regarde fixement :
Il est assez rare que ce soit une femme qui fasse cette demande, sauf celles qui exercent le plus vieux métier du monde. Je crois que le fait que je ne puisse plus avoir d’enfant aide beaucoup, car il y a toujours un risque pour une femme quand elle badine avec un homme.
Je pose ma main sur son épaule et j’entraîne ma peut-être future maîtresse attitrée vers ma chambre qui jouxte notre actuelle pièce.
Elle se laisse faire en riant.
On dira ce qu’on voudra, mais une femme qui sait qu’elle peut faire l’amour sans craindre un gros problème ultérieur a une nette tendance à y aller de bon cœur.
Je l’avais déjà constaté auparavant avec deux dames, lors de mon voyage de retour. Elles s’étaient décidées quand elles avaient su mon infortune et sa conséquence pratique. Je serais bien resté un peu plus en leur compagnie, à l’une comme à l’autre, mais dans les deux cas, le mari rôdait.
Après divers assauts, je me repose sur le dos, ma nouvelle compagne de jeu collée contre moi :
Levant les yeux au ciel, elle soupire comiquement :
Soudain la porte s’ouvre sur Louison, dont les bras sont chargés de linge. Nous voyant tous les deux nus et allongés, elle se fige dans un premier temps, elle rougit ensuite. Elle s’apprête à opérer un demi-tour, mais elle se fige dans son mouvement, s’exclamant :
Louison restée figée, les draps toujours dans ses bras. Illico, toujours toute nue, Muguette se lève, saute hors du lit, referme la porte puis attrape son amie par le bras :
Louison rougit à nouveau, puis elle s’exclame à nouveau :
Muguette ne lui répond pas, elle se tourne vers moi :
Comme j’ai beaucoup lu durant les diverses campagnes afin de tuer le temps quand je ne tuais pas des ennemis, j’explique :
Je ne m’attendais pas à ce genre de proposition, mais je ne dirais pas non…
Celle-ci ne répond pas, mais elle ne proteste pas. Elle se laisse entraîner vers le lit où je suis toujours. Muguette en profite pour lui expliquer :
Louison ouvre de grands yeux ronds :
Je constate avec plaisir que la brune me regarde à présent d’un œil intéressé…
Louis de Manstrevent est un casse-pied, il faut toujours qu’il ramène ses grands principes, croyant détenir la Vérité vraie. Comme il commence à me chauffer les oreilles, sans toutefois hausser le ton, je réplique :
J’affiche alors un large sourire :
Mon interlocuteur n’en revient pas de ma répartie, il finit par lâcher :
Poings sur les hanches, provocateur, je demande :
Je m’éloigne en riant, laissant derrière moi mon interlocuteur totalement ébahi.
Deux jours plus tard, dans l’après-midi, profitant du beau temps, je croise incidemment dans les jardins Madame de Manstrevent, une bien belle femme malgré les années qui passent cruellement. Me voyant, celle-ci s’approche de moi et attaque directement le vif du sujet :
À l’écoute de ma réponse, elle cligne des yeux (qu’elle a fort beaux) :
Je fais un pas vers elle pour mieux me pencher (ce qui me permet de mieux voir son décolleté fort intéressant) et lui confier :
Ses joues rosissent un peu, elle suspend sa phrase, regardant autour d’elle, puis se penchant vers moi (ce qui me permet de mieux contempler son ravissant décolleté), elle murmure :
Je me mets à sourire largement :
Elle hésite un peu, puis elle se décide :
Elle rosit un peu :
Quelques instants plus tard, nous nous séparons, allant chacun de notre côté.
Ayant eu vent de mon entrevue (tout se sait très vite à la Cour), assez inquiète, tandis que je suis en compagnie de mes deux maîtresses, la brune Louison demande :
Je me mets à rire :
Assez anxieuse elle aussi (ce qui ne lui ressemble pas trop), Muguette vient épauler sa consœur :
Bien que de caractère allègre, Muguette a de temps à autre le sens des réalités, mais moins que Louison. Je pose une main sur l’épaule de chacune :
Puis je les attire contre moi. Sans doute rassurées, elles se laissent faire, tandis que je les câline conjointement.
C’est au lit que nous continuons naturellement notre conversation.
Il faut savoir assumer quand on s’offre le luxe d’avoir deux amantes dans son lit, mais je ne crains pas ce genre de défi. De plus, l’une et l’autre sont différentes, une bonne façon de varier les plaisirs, d’autant qu’elles ne sont pas timides, sachant qu’elles peuvent se laisser complètement aller avec moi.
Je me mets à rire :
Comme souvent, mes compagnes ne détestent pas jouer entre elles. Ce spectacle me met toujours en joie et me permet de revenir très rapidement dans l’arène. C’est ainsi que je suis en train d’entreprendre puissamment Louison, dont la bouche experte s’occupe avec ardeur de l’entrejambe fort suave de Muguette qui se pâme.
Sans oublier toutes les autres possibilités que nos corps entremêlés peuvent offrir !
Toutes les faims ont une fin. Épuisés, nous reposons tous les trois sur le lit dévasté, moi au milieu, encadré par mes deux maîtresses rassasiées. Tout en les serrant contre moi pour bien sentir leurs corps et leurs chaleurs, je leur dis :
Louison se redresse :
Ah, j’ai parlé un peu trop vite sous le coup de la félicité, mais je ne risque strictement rien, puisqu’il est interdit d’avoir deux épouses (ou plus) en même temps sous nos contrées. En revanche, sur d’autres contrées très lointaines, c’est possible. Je réponds placidement :
Là, je suis sincère, c’est vraiment ce que je pense. C’est Muguette qui répond :
Me fixant avec des grands yeux ronds, mes deux maîtresses sont ébahies.
Chose aussitôt faite.
Gaétan de Boisdauchy est devenu un bon ami à moi. Au départ, je n’avais pas une haute opinion de cet invétéré coureur de jupons, mais si on outrepasse cette inclination de sa part, l’homme se révèle être de bonne compagnie. Il est en train de me questionner sur Madame de Manstrevent. Je lui réponds sans détour :
Assez étonné, il insiste :
Il affiche un grand sourire lumineux, celui qui fait sans doute chavirer bien des Dames :
Une grosse lueur grivoise dans l’œil, Boisdauchy s’amuse :
Égrillard, il s’esclaffe joyeusement :
Je m’étonne franchement :
Gaétan de Boisdauchy devient plus sérieux :
Caressant sa fine barbe, il sourit :
Enjoué, Boisdauchy s’esclaffe :
Il secoue la tête :
Se grattant la tête, Gaétan revient au sujet de départ :
Il n’a pas tort, le mari de la Dame n’est pas connu pour sa placidité :
Puis nous parlons d’autre chose.
En rentrant, je constate qu’il s’est passé quelque chose d’anormal : la pièce est totalement en désordre, des chaises jonchent sur le sol ainsi que divers objets qui n’ont rien à faire par terre. Les sens en alerte, je jette un coup d’œil circulaire, j’avise un morceau de papier planté par un petit couteau sur une table en bois :
Disparaissez de la vie de Madame de Manstrevent et de la Cour, sinon vous ne reverrez plus vos servantes. Seule et unique injonction.
Ce n’est pas signé, mais il est évident que le sieur de Manstrevent est mouillé jusqu’au cou dans cet enlèvement. Il n’est pas bon de se laisser emporter par la colère, il convient que je me calme afin de savoir comment agir. Néanmoins, je ne peux m’empêcher de jurer pour me libérer :
En tout cas, je constate que je tiens encore plus à mes deux compagnes que je ne le pensais. Oui, j’ai de l’attachement pour elles, mais il semble que ça va un peu plus loin, je me sens d’attaque à remuer ciel et terre pour les retrouver. Louison et Muguette sont à moi, et à personne d’autre !
Je ne me savais pas si possessif.
La solution la plus simple serait de mettre la main sur ce triste sire, mais j’ai des doutes que ce soit aisé, il se cache sans doute quelque part. En revanche, je pense pouvoir dénicher son épouse assez facilement. Je présume qu’il a oublié de parler du double enlèvement à sa douce moitié, et elle ne semble pas être du genre à se laisser mener par le bout du nez s’il avait essayé de la séquestrer, elle aussi.
En effet, ma route croise très rapidement celle de Madame de Manstrevent. Elle tombe des nues quand je lui fais lire le mot doux que m’a laissé son époux.
Elle devient songeuse, sans doute flattée de l’attention intense que lui porte en définitive son mari. Mais foin de leur histoire de couple, moi, c’est mon trio qui me préoccupe :
Je m’étonne de ne pas y avoir songé. Pour moi, il était évident que mes deux Damoiselles étaient mon horizon, et que je n’avais pas à chercher ailleurs ce que j’avais en double sous mon toit et dans mon lit !
Je découvre que Mathilde de Manstrevent sait fort bien chevaucher. Peu de temps après notre départ, nous arrivons sur l’arrière d’un petit pavillon de chasse qui semble désert. Elle lève la main pour annoncer :
Sans attendre, la Dame descend agilement de sa monture sans aide. Puis elle se tourne vers moi, tandis que je pose à mon tour le pied sur le sol :
Attachant la bride de mon cheval à une branche, je gronde :
Elle se contente de sourire. Nous nous approchons sans bruit de la porte arrière. Mathilde de Manstrevent plaque son oreille contre le bois, elle attend quelques instants, puis fait « oui » de la tête. Mais elle m’empêche d’entrer en premier, tandis que j’ai déjà dégainé mon épée.
C’est elle qui ouvre violemment la porte, se retrouvant presque face à son époux, ainsi que deux autres hommes. Louis de Manstrevent est totalement ébahi :
Puis il découvre que je suis présent. Il hurle :
À la grande surprise de toutes les personnes présentes, s’approchant prestement de lui, Mathilde gifle son mari. La joue écarlate, celui-ci n’en revient pas. Droite et raide comme une poutre, elle dit calmement :
Sans que les deux autres hommes s’y opposent, je délivre Louison et Muguette qui gisaient, assises dans un coin. Elles fondent en larme dans mes bras. Rassuré qu’elles n’aient rien, je les console au mieux. Nous désignant tous les trois de la main, Madame de Manstrevent s’exclame :
L’index presque sous le nez de son époux, Madame de Manstrevent est carrément en train de gronder son mari, le prenant carrément pour un petit garçon fautif :
Elle se radoucit un peu :
Affichant un petit sourire, madame de Manstrevent marque un léger temps d’arrêt avant d’admettre :
Fébrile, posant un genou au sol, son mari capture ses mains dans les siennes :
Louis se redresse aussitôt, enlaçant sa moitié. Les deux époux s’embrassent fougueusement. Tout est bien qui finit bien.
Quant à moi, une main sur la taille de chacune de mes Damoiselles de compagnie, je regagne l’air libre, avec l’arrière-pensée salace de profiter illico de mes deux femmes enfin retrouvées, même si leur absence n’a duré que quelques heures !
Bien sûr, je n’ai soufflé mot à personne de cette mésaventure, idem pour Louison et Muguette. Le couple Manstrevent est même parti le lendemain faire un nouveau voyage de noces. Tant mieux pour eux. Juste un petit défaut de paroles entre eux deux. J’ai retenu la leçon.
Puis la vie a repris son cours normal.
Quelques semaines se sont écoulées, durant lesquelles je ne refrène plus aucun élan envers mes deux maîtresses qui sont assez ravies de me voir dans de si bonnes dispositions. Un midi, Muguette me fait remarquer :
La brune sourit, la blonde se met à rire :
Pas besoin de vous faire un dessin sur le fait qu’après le repas, j’ai expliqué à ma façon tout le bien que je pensais de mes deux Damoiselles de compagnie. Alors qu’auparavant, j’étais à nouveau un jeune homme avec elles, maintenant, je suis devenu deux jeunes hommes en même temps ! Voire trois !
Néanmoins, il arrive un moment où il convient de dire « pouce ».
Mais pas pour la bagatelle. Vivre à la Cour est assurément une marque de grand prestige, c’est incontestable, mais quel monde différent et étrange, quand, comme moi, on a passé une grande partie de sa vie dans les batailles, parfois dans la boue, à la rude, à contempler la nuit les étoiles, le nez pointé vers le ciel.
Après cette longue période guerrière, j’ai découvert la douceur d’avoir deux femmes rien que pour moi, et je ne tiens pas à ce que ça ne soit qu’une courte période éphémère dans ma vie, même si c’est incontestablement intense à vivre quotidiennement. Et peu importe si ça raccourcit mon espérance de vie !
Tandis que Muguette se questionne sur la situation étrange de cette fin de matinée, Louison me demande franchement :
Elle s’étonne :
Devançant la brune, Muguette prend la parole :
Elles se jettent toutes les deux dans mes bras.
Les années se sont écoulées un peu trop vite. Diverses personnes n’ont pas apprécié ma façon de vivre, mais je n’en ai cure. « Aimez-vous les uns les autres » a dit le Seigneur. C’est bien ce que j’ai appliqué à ma modeste échelle.
Avec mes compagnes, je suis retourné de temps à autre vivre un peu à la Cour, afin de montrer à tous deux choses : que j’étais toujours de ce monde et que j’étais toujours fidèle à mes deux femmes non officielles. En parlant de ça, le roi François a cédé la place à son fils Henri qui ne se prive pas de s’afficher depuis des années avec sa favorite, Diane de Poitiers, au grand dam de bien des courtisans et de la Reine.
Mais je préfère mon « chez moi », ou plutôt notre « chez nous ». Mes deux femmes veillent sur moi. Hélas, je m’affaiblis au fil du temps, la maladie frappe parfois à ma porte, mais je reste vaillant malgré tout.
Je partirai sans doute avant Muguette et Louison. Il est vrai qu’elles sont plus jeunes que moi et que les femmes vivent souvent plus longtemps que les hommes. Je me suis arrangé pour qu’elles ne manquent de rien quand je ne serai plus là, c’est la moindre des choses. J’espère que, de là-haut, je pourrais veiller sur elles.
Mais en attendant l’heure fatidique, nous sommes à trois dans le même lit, mes deux femmes réchauffant mes vieux os. La vigueur revient en moi : solitaire sans ses deux sœurs, ma hampe reste toujours fière et vaillante. Ce n’est pas encore cette nuit que je ne réussirai pas à honorer comme il se doit mes deux Damoiselles de compagnie !