| n° 23332 | Fiche technique | 9831 caractères | 9831 1668 Temps de lecture estimé : 7 mn |
07/10/25 |
Résumé: Un bus. Deux inconnus. | ||||
Critères: #érotisme #roadmovie #volupté #rencontre #occasion #voyeur #exhibitionniste #fellation #transport #lieupublic | ||||
| Auteur : majaas Envoi mini-message | ||||
Le bus filait vers Marseille. À l’intérieur, des relents vaguement humains flottaient dans le silence étouffé. Par moments, un virage grinçait dans les parois, un siège gémissait, un corps s’affaissait un peu plus, les jambes en étoile ou repliées.
J’étais montée à Montpellier. Seule. Sans bagage, juste un tote bag léger sur l’épaule. Les cheveux noués à la va-vite, un t-shirt blanc qui ne cachait pas grand-chose – pas même le fait que je ne portais rien dessous. Il faisait lourd. Une chaleur collante, amplifiée par une clim’ capricieuse et des pensées moites.
Je m’étais installée tout au fond, côté vitre, près d’un rideau récalcitrant qui refusait de se fermer complètement. J’aime ces recoins-là : les angles morts, les zones floues. Là où on disparaît un peu, où on peut s’étendre, se perdre, se laisser bercer.
Le bus a redémarré.
C’est là qu’il m’a rejointe.
Pas un mot. Il s’est assis comme si c’était évident. Chemise sombre, manches retroussées, jean noir usé aux genoux. Il avait les mains larges, tranquilles.
J’ai perçu son odeur – musc discret – et ce frôlement de coude contre mon bras nu. Surtout, il y avait ce calme. Ce silence habité, plus éloquent qu’un discours. J’ai dégluti, à peine. Le bus grinçait. Quelqu’un reniflait plus loin. Un écouteur laissait fuiter une musique en sourdine.
J’ai croisé les jambes, au ralenti. Ma hanche a bougé, mon t-shirt est remonté un peu. Il n’a pas réagi. Du moins, pas en surface. Mais je savais qu’il avait tout capté.
Son coude a frôlé le mien, encore. Cette fois, le geste m’a paru trop précis pour être accidentel, et trop furtif pour être frontal.
Un frisson m’a parcourue.
Ce n’était pas le froid, autre chose s’infiltrait déjà en moi. Une idée pas formulée, mais tapie entre mes cuisses.
*
Je ne bougeais plus, calée dans mon siège, jambes croisées, regard perdu dans la nuit. Dehors, c’était noir. Comme si le monde entier s’était effacé, avalé par le silence. Il ne subsistait que ce mince espace entre son bras et le mien, à peine un centimètre d’air vibrant.
Mon ventre battait doucement, un frémissement chaud, animal. Je sentais ma culotte tirer légèrement. Une humidité naissante. Une goutte, peut-être, je n’ai pas vérifié, ce n’était pas le moment. Un virage a fait pencher le bus. Mon épaule a glissé vers lui et je suis restée ainsi, à demi appuyée, le corps tranquille, l’esprit trouble. Un geste anodin, presque involontaire. À chaque cahot, ma peau frôlait la sienne. C’était minuscule, mais redoutable de précision, comme si le tracé lui-même conspirait pour m’effriter de l’intérieur.
Il a enfin bougé. Sa main droite – celle côté couloir – est lentement descendue vers sa cuisse. Il l’a posée là, doigts ouverts. J’ai eu une montée de chaleur. Mes jambes se sont un peu écartées, naturellement. Pour m’étirer. Ou respirer.
Mon genou a touché le sien.
J’ai inspiré.
Geste simple, mais mes tétons pointaient, je les sentais contre le tissu. Lui… il devait les voir. Ou les deviner.
Il n’a rien dit, mais a légèrement incliné la tête.
Le bus a ralenti. Arrêt muet, station vide, lumière blafarde. Personne n’est descendu. Personne n’est monté. J’ai eu envie de poser ma main sur la sienne. Je ne l’ai pas fait, mais ai laissé mon genou contre le sien. Ma respiration s’est accélérée. Une buée s’est formée sur la vitre contre ma tempe.
Le bus roulait depuis un moment maintenant. Le moteur ronronnait. Autour de nous, tout dormait. Des souffles réguliers, des ronflements timides. Certains bavaient sans bruit.
Nous… nous étions éveillés.
J’étais trempée. Sans exagération. Sous ma jupe, je ne portais qu’un string. Fin, noir, à tordre, et je savais que ça allait finir par se voir. J’ai écarté les genoux, juste assez pour glisser une main vers mon entrejambe. Mes doigts ont frôlé la dentelle, j’ai fermé les yeux.
Un contact. Léger. Un seul.
Un soupir m’a échappé. Très bas. Et j’ai senti la brûlure d’une paume sur ma cuisse.
Par-delà la vitre, les phares d’un camion illuminaient fugacement son visage. Un autre véhicule a dépassé le bus, doucement. J’ai cru voir, en contrebas, un regard curieux tourné vers notre fenêtre. Un effet d’optique ? Un frisson de culpabilité mêlé d’excitation ?
Je ne l’ai pas repoussé. Je ne me suis pas éloignée.
Alors, sa main est remontée. Millimètre par millimètre. Ses doigts glissaient là où la peau devient nerveuse, là où se concentre la chaleur. Elle m’a effleurée doucement, puis est arrivée au tissu. À la dentelle mouillée. Et sous l’élastique.
Un frisson a parcouru ma colonne. Je me suis cambrée, à peine. Mon front s’est plaqué contre la vitre. Froid. Chaud. Froid. Et au-dehors, toujours ces voitures. Indifférentes, ou pas. Je fondais.
Ses doigts m’ont d’abord frôlée. Mes lèvres étaient gonflées. À vif. Puis il m’a caressée plus franchement. Tendrement. Longtemps. Là. Ma chatte. Inondée.
J’ai écarté un peu plus.
Je n’en revenais pas. Je ne l’avais pas regardé ni touché. Je ne connaissais même pas son prénom, et pourtant, dans ce bus tiède, avec la route qui défilait sous les roues, le plaisir devenait insoutenable.
Il a appuyé et glissé un doigt en moi. Puis un deuxième. Je me suis agrippée à l’accoudoir. Fort. Très fort, pour ne pas gémir. Ma tête restait posée contre la vitre, et dans le reflet, j’ai perçu l’image d’une femme en train de s’abandonner. Il me pénétrait avec une lenteur magistrale. Cette science tranquille des hommes qui savent comment naît le tremblement.
J’ai posé ma main sur la sienne et j’ai joui. Juste un spasme, une onde dans le bassin, une vibration sous la peau. Un orgasme rampant, silencieux. Mes jambes frémissaient légèrement.
Il a retiré ses doigts et les a glissés hors de ma culotte, qu’il a remis en place.
J’ai inspiré longuement, puis ai rouvert les yeux.
Le bus entrait dans une zone de lumière. Une aire d’autoroute. Et à travers la vitre, les voitures ralentissaient, comme si elles observaient. Mais personne ne savait. Personne ne voyait. Seule moi connaissais l’incendie qui se calmait à peine entre mes jambes.
Je ne l’ai toujours pas regardé, mais ai murmuré, presque sans voix :
*
Je suis restée là, quelques minutes, sans bouger. Le dos transpirant contre le similicuir, le front collé à la vitre, la chair, encore battante. Mon ventre se contractait par vagues lentes. Je flottais dans l’après, celui où la chaleur transpire de réminiscences.
Mais ce n’était pas fini.
J’ai à mon tour, presque anodinement, posé mes doigts sur son entrejambe. J’ai senti son sexe palpiter sous son jean. Il ne faisait rien pour le cacher. Il était là, dur, offert. J’ai alors tourné la tête et ai enfin croisé son regard. Il ne souriait pas, il ne quémandait rien, il attendait.
J’ai déboutonné la braguette pour le libérer.
Il a surgi, droit, dense, veineux. Je l’ai caressé un instant, et me suis penchée. Mes lèvres ont effleuré le gland. Il a tressailli. Puis je l’ai pris en bouche avec soin. Ma langue a tourné autour, puis je l’ai fait glisser plus loin, plus profond.
Il était tiède. Vivant. Pulsant.
Je l’ai sucé avec sérieux, avec appétit. Mes doigts tenaient la base. Je léchais, pressais, attisais chaque nerf. Je descendais, remontais, soupirais contre lui. Il avait la tête renversée. Sa main droite agrippée à mon épaule, tendue.
J’ai accéléré juste ce qu’il fallait pour qu’un gémissement soit émis, discret, contenu. Son gland gonflait. Son bassin bougeait à peine. Il se retenait. Mais moi, je l’attendais. Je voulais connaître son goût. Fermer la boucle que j’avais ouverte.
Je l’ai enfoncé plus profondément.
Il a haleté. Sa main s’est crispée. J’ai senti son sexe battre, puis pulser dans ma gorge. Un jaillissement lourd, chaud, silencieux. Je l’ai accueilli sans broncher. J’ai avalé, nettoyé doucement avec ma langue, puis l’ai relâché, l’ai rangé et ai reboutonné son jean.
Il respirait fort.
Je me suis redressée. Nous sommes restés là quelques secondes. Suspendus.
Il a légèrement tourné la tête vers moi.
Je l’ai fixé. Souriante.
J’ai posé ma main sur ma cuisse et l’ai regardé intensément en me mordillant la lèvre.
*
Une demi-heure était passée. Le bus roulait, bercé par ses vibrations intimes. Tout dormait autour de nous. Tout… sauf nos corps.
J’avais tourné mon bassin vers lui. Son jean était encore déboutonné. Il semblait attendre.
Je me suis simplement glissée à califourchon sur lui, dans l’ombre complice. Le siège nous enveloppait, nous avalait. Il a écarté mon string et je me suis empalée. Je l’ai pris en moi et ai fermé les yeux, ma bouche entrouverte, mes bras autour de son cou.
Mes fesses heurtaient ses cuisses. Chaque soubresaut de la route me traversait. Ma chatte dansait sur son sexe, mon regard planté dans le sien, mes gémissements étouffés, presque muets. Mon ventre battait. Mes seins, sous le t-shirt, montaient et descendaient au rythme de notre étreinte.
Il a mordu mon épaule. Juste assez pour me faire frissonner. J’ai accéléré, puis… je me suis brusquement figée. Les jambes tendues, le souffle coupé. Mon corps secoué de spasmes, le visage niché contre son cou, je suis restée immobile. Repue. Vibrante.
Mon sexe se contractant encore autour du sien, il m’a empoigné le cul. Il n’en pouvait plus. Il m’a soulevée légèrement et a planté son bassin. Trois. Quatre coups. Courts. Secs. Avant de lâcher un souffle rauque.
Je l’ai senti exploser. Une chaleur immense m’a inondée.
Le bus ralentissait.
Une autre aire d’autoroute. Rien ne bougeait. Tout dormait.
Je me suis doucement redressée et me suis rajustée, sans me presser. J’ai un peu tiré sur mon t-shirt. Mes cuisses étaient humides. Son sperme ruisselait. J’adorais ça.
Je me suis rassise. Dos contre la vitre. Le regard perdu dans le vide. Il m’a frôlé la main et j’ai soufflé :
Et j’ai fermé les yeux.
Le bus a repris sa route, avalant la nuit dans son ronron paisible.