| n° 23326 | Fiche technique | 19270 caractères | 19270 3050 Temps de lecture estimé : 13 mn |
04/10/25 |
Résumé: Laurent Derval, ingénieur idéaliste, a mis au point une batterie révolutionnaire à base d’algues marines, convoitée par de puissants intérêts. Séduit par Helge Stromann et surtout par l’énigmatique Eva, il s’abandonne à un piège savamment orchestré. | ||||
Critères: #fdomine #occasion #caresses #tueuse | ||||
| Auteur : Beauté BB Envoi mini-message | ||||
Laurent Derval avait quarante ans, l’âge des certitudes mêlées encore à l’audace. Ingénieur de formation, entrepreneur par vocation, il avait consacré les dix dernières années de sa vie à une idée que tous jugeaient utopique : créer une batterie propre, puissante et accessible à tous. Là où d’autres s’épuisaient dans les laboratoires sur des métaux rares et coûteux, lui avait trouvé son inspiration dans les algues marines. Ces organismes simples, qu’il observait enfant sur les plages de Bretagne, recelaient un secret : leurs parois renfermaient des composés capables de stocker l’énergie avec une densité surprenante.
Après des années de recherches, il avait réussi. Son prototype fonctionnait. Une batterie organique, biodégradable, dix fois plus durable que le lithium, et produite à une fraction du coût. De quoi bouleverser non seulement l’industrie énergétique, mais l’équilibre économique mondial.
Laurent n’aimait pas se voir en révolutionnaire. Il se disait simplement pragmatique, convaincu que la technologie devait servir les hommes, pas les asservir. Son sourire franc et ses yeux clairs inspiraient confiance, et cette confiance, il la donnait sans réserve. Trop facilement parfois.
Car Laurent avait deux faiblesses : il croyait en la parole donnée, et il avait bien du mal à résister au charme des femmes. Ses amis s’en amusaient. Lui haussait les épaules, en prétendant que cela faisait partie des risques de l’existence.
Ce fut lors d’un salon professionnel, à Lyon, qu’il rencontra Helge Stromann. Un homme d’affaires élégant, la cinquantaine, accent étranger à peine marqué, qui se présenta comme un investisseur désireux de soutenir les énergies propres. Son regard avait cette intensité polie qui capte l’attention et qui donne envie de parler. Laurent parla. Peut-être trop.
Les semaines suivantes, Stromann l’appela souvent. Il parlait partenariat, avenir, expansion. Il avait le ton des visionnaires et l’assurance des prédateurs. Laurent, flatté, se laissa convaincre de le rejoindre à Paris pour discuter d’un partenariat.
Quand il monta dans le train un matin de février, avec son ordinateur portable soigneusement rangé dans sa sacoche, il n’imaginait pas encore que ce voyage serait son dernier.
Le rendez-vous eut lieu dans un hôtel discret du VIIIᵉ arrondissement, tout près des Champs-Élysées. Un lieu feutré, où les tapis épais étouffaient les pas et où l’on servait les whiskys les plus rares. Laurent fut accueilli avec chaleur par Helge Stromann, costume sombre impeccable, sourire mesuré, poignée de main ferme.
On parla affaires tout l’après-midi. Stromann questionna beaucoup, trop peut-être, mais Laurent, fier de ses recherches, avait du mal à retenir son enthousiasme. Il décrivait ses batteries, les algues, les rendements inédits. Stromann hochait la tête, notait parfois, comme s’il cherchait à retenir l’essentiel.
Puis, comme si de rien n’était, il proposa un dîner.
Le restaurant choisi par Stromann était à la hauteur de sa réputation : nappes blanches, couverts en argent, serveurs discrets. Laurent, un peu impressionné, se laissa guider. Il n’était pas homme à refuser un bon repas.
Stromann ne vint pas seul. Il était accompagné de deux femmes superbes. La première, une brune élégante à la robe écarlate, se présenta comme sa compagne. La seconde, plus jeune, blonde aux yeux gris acier, se nommait Eva. Elle serra la main de Laurent avec une douceur presque timide, mais son regard l’accrocha aussitôt, comme une étincelle.
Eva avait cette beauté claire et énigmatique qui désarmait au premier regard. Son visage aux traits fins, presque angéliques, s’illuminait d’un sourire chaleureux qui inspirait confiance. Ses cheveux blonds, coupés mi-longs, encadraient ses pommettes hautes et reflétaient des reflets dorés. Mais c’étaient ses yeux, gris acier, qui fascinaient le plus : un éclat vif, un mystère contenu, la lueur d’une intensité qu’on ne parvenait pas à définir.
Sa silhouette élancée se dessinait dans une robe fluide couleur ivoire, aux lignes sobres, mais parfaitement coupées. Le tissu épousait subtilement ses formes, laissant deviner sa taille fine et la courbe élégante de ses hanches. Sur ses épaules, une veste légère en cuir noir contrastait avec la clarté de la robe, ajoutant une note moderne et affirmée. Aux pieds, des bottines à talons sobres allongeaient ses jambes, tandis qu’un simple pendentif en or fin soulignait la délicatesse de son cou.
Cette tenue dégageait une ambiguïté troublante : on aurait pu croire à une étudiante voyageuse, passionnée d’art ou de littérature, mais chaque détail – la coupe ajustée, l’équilibre entre douceur et fermeté – révélait une femme qui captivait sans artifice, dont la grâce naturelle suffisait à troubler ceux qui la croisaient.
Personne n’aurait deviné que, derrière cette façade lumineuse, se cachait une tueuse professionnelle aguerrie, à qui l’on devait une vingtaine de meurtres. Des hommes d’affaires, des chefs de gangs, des hommes politiques corrompus – tous avaient croisé son chemin et aucun n’avait survécu.
On murmurait qu’à Berlin, un député influent avait été retrouvé noyé dans sa piscine privée, la nuque brisée. À Rome, c’était un magnat du BTP, disparu après un dîner au champagne ; on avait conclu à un infarctus. Seule Eva savait qu’un simple foulard de soie, enserré au bon endroit avec une précision chirurgicale, avait suffi. À Barcelone, un collectionneur d’art, connu pour ses trafics, avait chuté de la terrasse de son penthouse en plein cœur de la nuit. La presse parla d’un accident domestique. À Zurich, un avocat d’affaires compromis dans un scandale financier fut retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel, foudroyé par une crise cardiaque. Le médecin légiste parla d’un stress intense. Eva, elle, savait que quelques gouttes d’un poison incolore glissées dans son whisky avaient scellé son destin…
Durant le repas, les conversations s’entremêlèrent. Helge parlait stratégie, expansion, marchés asiatiques. Laurent suivait, mais ses yeux revenaient sans cesse vers Eva. Elle, silencieuse, souriait parfois, glissait une remarque légère, posait sa main sur son verre avec une grâce étudiée. Elle semblait écouter sans écouter, comme si elle n’était là que pour lui.
Au dessert, ce fut elle qui rompit la distance :
Ses mots étaient simples, mais son regard sonnait comme une promesse déjà scellée. Laurent, troublé, sentit son cœur s’accélérer. L’alcool aidant, il oublia la méfiance qui aurait dû s’imposer.
Helge, de son côté, se contenta d’un sourire satisfait. Le piège s’était refermé, et Laurent, sans le savoir, marchait déjà vers sa dernière nuit.
Ils quittèrent le restaurant dans un taxi silencieux. Paris filait derrière les vitres, ses lumières dorées se reflétant sur le cuir noir de la banquette. Eva s’était assise tout près de Laurent, si près que son parfum discret l’enveloppait déjà. À chaque cahot de la voiture, son épaule frôlait la sienne, effleurant ses sens avec une douceur calculée. Laurent n’osait rompre ce silence, trop occupé à écouter les battements désordonnés de son propre cœur.
À peine eurent-ils franchi le hall de l’hôtel qu’Eva glissa sa main dans la sienne, un geste naturel, comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Sa paume tiède exerçait une pression subtile, confiante, qui abolissait toute hésitation.
Dans la chambre, sitôt la porte refermée, un silence chargé d’attente s’installa. Laurent, un peu gauche, se tourna vers elle pour chercher ses mots. Mais Eva ne lui laissa pas le temps. Elle se rapprocha lentement, ses doigts effleurant sa nuque, et l’embrassa avec une intensité qui le coupa du monde extérieur. Ses lèvres s’attardaient, exploraient, invitaient. D’un geste fluide, elle fit glisser sa veste de cuir, qui tomba au sol dans un froissement discret, révélant sa robe ivoire.
Le tissu, fin et souple, épousait ses formes avec une précision insolente. Eva se pencha vers lui, son souffle caressant sa joue comme une promesse chuchotée.
Les mains de Laurent retrouvèrent la chaleur de sa taille, puis le galbe de ses hanches. Eva guida ses doigts avec une lenteur calculée, comme si elle l’initiait à un langage secret. Ses lèvres glissèrent des siennes vers son cou, y déposant des baisers qui vibraient d’une tendresse troublante.
Elle s’attarda, jouant de son souffle, de ses lèvres, de ses doigts. Elle effleurait son torse par-dessus la chemise, dessinant des arabesques invisibles qui faisaient naître en lui des frissons insoupçonnés. Laurent, subjugué, la contemplait. Ses mains, d’abord hésitantes, se firent plus assurées : elles glissèrent le long de son dos, s’attardèrent sur la cambrure de ses reins, puis descendirent plus bas, épousant ses courbes avec une lenteur presque révérencieuse.
Leur avancée vers le lit fut une danse maladroite et passionnée, faite de rires étouffés, de baisers interrompus, de gestes impatients. Eva l’y fit tomber en douceur, puis se pencha sur lui, comme une prédatrice caressant sa proie. Elle s’assit à califourchon, ses mouvements lents et ondulants emplis d’une sensualité tranquille qui contrastait avec l’urgence grandissante de leurs souffles. La robe glissa peu à peu, découvrant sa peau satinée par fragments, comme un voile qui se défait pour mieux attiser le désir. Laurent, fasciné, la caressait du bout des doigts, suivant chaque relief, chaque frisson.
Les caresses gagnèrent en intensité. Eva alternait la douceur d’une caresse délicate et la fermeté d’un geste sûr, orchestrant le tempo de leur étreinte. Ses baisers descendaient, puis remontaient, faisant de chaque parcelle de peau une découverte nouvelle. Ses mains glissèrent jusqu’à la ceinture de Laurent ; d’un geste précis, elle la défit, puis libéra son membre avec assurance. Laurent, lui, répondait avec la même fièvre contenue : ses mains fébriles s’aventurèrent sous le tissu léger de sa robe, caressèrent ses cuisses. Il lui ôta sa robe, puis ses doigts glissèrent vers la lingerie qu’il écarta avec délicatesse, avant de lui ôter sa culotte.
Leurs corps n’avaient plus de barrière. Chaque frôlement, chaque contact de peau contre peau décuplait leur ivresse.
Eva se cala alors, au-dessus de sa verge, ses lèvres humides jouant avec son gland. Laurent sentit le sexe de sa partenaire s’enfoncer doucement sur sa queue. Eva descendit à peine, puis remonta délicatement. Elle redescendit plus profondément. La pénétration se fit de plus en plus aisément au fur et à mesure que le sexe de Laurent se lubrifiait au contact de l’intérieur des lèvres d’Eva. Au troisième mouvement, sa queue disparut complètement dans la chatte d’Eva.
Elle commença un va-et-vient régulier. Chaque descente fut un moment horriblement délicieux. Eva appuyait ses deux mains sur le ventre de Laurent pour faire levier et bien le chevaucher. Elle ondulait et vibrait à l’unisson de Laurent.
Le bassin d’Eva s’agita de spasmes désordonnés. Chaque fois que sa verge sursautait dans son ventre, Laurent sentait qu’Eva était traversée d’une contraction délicieuse. Il admirait sa superbe partenaire, ses yeux brillants, ses seins arrondis qui dansaient en toute liberté, sa fente diabolique, ses jolies cuisses musclées.
Eva ondulait avec une maîtrise troublante, mêlant passion et contrôle. Chaque mouvement, chaque souffle partagé semblait suspendre le temps. Laurent se laissait porter, dépassé par la force de ce qu’il vivait.
Son corps vibrait d’un feu qu’il n’avait pas encore connu. Il n’y avait plus ni affaires, ni promesses, ni peurs : seulement elle, cette femme au regard d’acier devenu brasier, et l’intensité de ce moment qui les emportait l’un contre l’autre. Leurs souffles se mêlaient, haletants, jusqu’à ne former qu’une seule respiration.
Quand enfin il s’abandonna, Laurent eut l’étrange certitude qu’il ne connaîtrait plus jamais une telle plénitude. Eva, elle, ferma un instant les yeux. Elle aurait pu agir, saisir le poignard resté dans son sac et accomplir sa mission sans délai. Mais elle hésita. Son corps encore vibrant, son esprit en suspens, elle sentit poindre en elle une faille qu’elle ne se connaissait pas : une lueur d’humanité récalcitrante, presque douloureuse.
Quand ses tremblements se calmèrent enfin, elle resta un instant immobile sur lui, calée contre son torse. Ses cheveux retombaient en cascade sur ses épaules, effleurant la peau moite de Laurent. Il leva les yeux vers elle, avec ce sourire confiant et vulnérable des hommes qui croient avoir triomphé, sans se douter qu’ils viennent de tout perdre.
Eva inspira profondément. Elle savait que le temps lui était compté. Alors, d’un mouvement maîtrisé, elle s’approcha, restant à califourchon sur lui, ses cuisses puissantes encadrant maintenant son visage. Laurent ne put s’empêcher de contempler le sexe d’Eva complètement épilé à quelques centimètres de lui.
Il releva lentement la tête vers elle. Leurs regards se croisèrent, et dans les prunelles de Laurent brilla une reconnaissance touchante, comme s’il voulait la remercier du plaisir qu’elle venait de lui offrir. Ses lèvres esquissèrent un sourire fragile, presque enfantin. Ses mains s’élevèrent avec lenteur, vinrent se poser sur ses seins fermes, qu’il caressa d’abord du bout des doigts avant de les pétrir doucement. Eva se laissa faire, immobile, observant ce geste avec une tendresse silencieuse. Elle lui accorda de longues secondes, le regardant sans détour, laissant ses paumes modeler la rondeur arrogante de sa poitrine. Et tout en cela, Laurent continuait d’admirer, fasciné, l’intimité offerte d’Eva, si proche de lui qu’il en percevait la chaleur et l’odeur délicate, mélange troublant de peau et de désir.
Les mains d’Eva encadrèrent alors son visage, comme pour un dernier geste tendre. Ses doigts glissèrent sur sa peau, effleurant sa gorge avant de se refermer avec une douceur trompeuse.
Au début, Laurent crut à un jeu. Son sourire hésitant chercha ses yeux, mais il s’effaça bientôt devant la pression implacable des pouces d’Eva sur ses carotides. Sa respiration se bloqua, ses mains s’agrippèrent aux bras d’Eva, cherchant à repousser ce qu’il ne comprenait pas encore. Le plaisir qui l’avait envahi quelques secondes plus tôt se dissolvait dans la terreur.
Eva soutint son regard. Elle voulait qu’il voie, jusqu’au bout, qu’elle n’était pas qu’une ombre froide. Dans ses prunelles brillait un mélange d’acier et de douceur, de professionnalisme et d’humanité. Elle lui offrait, en même temps que la mort, un fragment de vérité : elle aurait voulu qu’il vive.
La lutte se fit plus faible. Le corps de Laurent s’arqua, puis s’abandonna. Ses yeux se voilèrent, et Eva, dans un dernier geste, caressa sa joue du bout des doigts, comme pour l’endormir plutôt que l’exécuter.
Quand le silence se fit total, elle resta encore assise sur lui, le souffle court, son propre cœur battant à tout rompre. Elle venait d’accomplir sa mission.
Eva resta un moment immobile, figée sur le corps inerte. Le silence de la chambre n’était troublé que par le martèlement de son propre cœur. Elle ferma les yeux, inspira lentement, cherchant à reprendre le contrôle de ses émotions. L’odeur de la peau de Laurent, la chaleur encore présente de son corps, rendait l’instant insupportablement humain. Elle dut se rappeler qu’elle était venue pour exécuter un contrat.
Avec lenteur, elle se leva. Le drap glissa de ses cuisses et retomba sur le lit froissé. Elle contempla un instant le visage de Laurent : apaisé, comme s’il s’était simplement endormi après une nuit d’amour. C’était mieux ainsi.
Eva se pencha vers la table de chevet, ouvrit le sac de Laurent et en sortit son ordinateur portable. L’objet était léger, presque banal, et pourtant, il contenait le fruit de toute une vie. Eva le serra contre elle un instant, consciente que ce geste-là scellait définitivement le destin de cet homme.
Puis elle se rhabilla avec méthode : sous-vêtements ajustés, robe glissée sur sa peau. Elle remit ses bottines, ajusta la veste de cuir tombée au sol, puis passa ses doigts dans ses cheveux pour les discipliner. Le miroir lui renvoya le reflet d’une femme fatale, impeccable, prête à disparaître sans laisser de trace.
Avant de quitter la chambre, elle jeta un dernier regard vers le lit.
La porte se referma doucement. Dans le couloir de l’hôtel, ses talons résonnèrent avec régularité, comme si rien d’exceptionnel ne s’était produit. Le masque était revenu sur son visage, froid, impassible. Demain, à sept heures, elle serait dans un avion pour Ljubljana, et personne ne se douterait que cette nuit avait abrité un meurtre.
Mais au fond d’elle, Eva savait qu’elle emportait plus qu’un simple ordinateur. Elle portait désormais le poids d’un regard, celui d’un homme qu’elle avait étranglé au moment même où elle lui avait offert du plaisir.
Eva demanda au taxi de la déposer devant la façade d’un immeuble haussmannien du 8ᵉ arrondissement. Helge Stromann l’attendait, assis dans un large fauteuil de cuir, un verre de whisky à la main. À son entrée, il esquissa un sourire satisfait.
Eva déposa le sac sur la table basse. De son geste assuré, elle en sortit l’ordinateur et le fit glisser vers lui.
Helge posa ses doigts dessus comme on caresserait un trésor. Ses yeux brillaient d’un éclat avide.
Eva ne répondit pas. Elle resta debout, distante, les bras croisés. Helge leva enfin les yeux vers elle, amusé par son silence.
Helge éclata d’un rire bref, presque méprisant.
Eva hocha la tête. Elle savait que discuter davantage aurait été dangereux.
À l’aube encore pâle, Eva traversa le hall de Roissy avec son sac à main et sa valise cabine. Elle avait retrouvé son allure impeccable : tailleur sobre, lunettes de soleil dissimulant son regard. Rien ne trahissait la tueuse de la veille.
Elle passa les contrôles avec un calme étudié, ses papiers parfaitement en règle. À 6 h 45, elle attendait déjà dans la salle d’embarquement, une main posée sur son passeport slovène.
À travers la vitre, elle observa les avions qui se succédaient sur le tarmac. Dans moins d’une heure, elle quitterait Paris, emportant avec elle le secret de la mort de Laurent Derval.
Mais alors que l’annonce de l’embarquement retentissait, une étrange crispation lui serra la poitrine. Elle se revit, quelques heures plus tôt, dans cette chambre d’hôtel, le regard de Laurent se voilant sous ses pouces. Un instant fragile, trop humain pour une professionnelle comme elle.
Elle inspira profondément, se leva et marcha vers la passerelle. La mission était accomplie. Le reste n’avait plus d’importance.