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Temps de lecture estimé : 25 mn
02/10/25
Résumé:  Quand Mangouste arrive à Mumbai, elle ne s’attend pas à sauver une mystérieuse Anglaise poursuivie par des tueurs ni à se retrouver embarquée dans une chasse au trésor au cœur du Rajasthan. Et pourtant, ce n’est que le début de ses aventures en Inde.
Critères:  #humour #pastiche #aventure
Auteur : Laetitia            Envoi mini-message

Collection : Les aventures de Magouste

Numéro 05
Rickshaw pour l'enfer

Déjà la cinquième aventure de Mangouste, la célèbre aventurière. Les précédentes étaient « Mangouste contre l’Organisation », « Rouge, Impair et mort à Hanoï », « Lundi Linceul à Venise » et « Tango avec les vautours à Bogotá », toutes parues ici.


Pour ceux qui découvrent notre héroïne et qui n’auraient pas le temps d’aller lire les précédents récits de la série (ce n’est pas obligatoire de le faire, mais préférable), une très rapide présentation s’impose.


Chloé Maurecourt, alias Mangouste, est une jeune femme blonde à l’âge indéterminé, mais dans la trentaine. C’est une ancienne des forces spéciales, puis une ex-tueuse à gages. Elle a pratiqué une dizaine d’arts martiaux et est redoutable au combat à main nue, ou avec une arme blanche. Son passé de lieutenante des forces spéciales lui a permis aussi de maîtriser la plupart des armes à feu, même si elle a une très nette préférence pour les Sig Sauer.


Ex-tueuse à gage, oui, mais ex-tueuse à gages éthique. Elle n’exécutait les contrats que ses commanditaires lui proposaient que si elle estimait que ses victimes potentielles le méritaient. En clair, elle a des principes très affirmés sur le bien et le mal. Pour elle, les méchants ne sont pas forcément ceux que l’on suppose, et une cible n’est pas une cible. Aujourd’hui, elle a pris sa retraite de son activité de tueuse à gages et tente de passer une vie tranquille en tant qu’artiste-peintre. Ses œuvres rencontrent un certain succès. Mais le goût de l’aventure la rattrape souvent, en fait, tout le temps.


Après l’affaire des Vautours Rouges en Colombie, Mangouste disparaît quelque temps de la circulation… avant d’être repérée à Mumbai, en Inde. Mais place au récit.




Mumbai était un chaos en mouvement. Des milliers de corps se croisaient et se frôlaient dans le marché de Crawford, les odeurs d’épices se mêlant à celles du gasoil et du poisson frais ou moins frais. Mangouste avançait d’un pas mesuré, capuche de son sweat rabattue, lunettes noires.


Autour d’elle, des étals débordaient de poudres rouges, jaunes, multicolores, curry, safran ou curcuma, des montagnes de fruits juteux ou des pyramides de légumes colorés ou de fleurs de jasmin. Les vendeurs criaient leurs prix, les klaxons des rickshaws1 perçaient la cacophonie.

La ville respirait profondément.



Elle contourna le marché pour se diriger vers les quais, puis vers le quartier où se situait son hôtel, quand un cri attira son attention. Elle s’engagea dans une ruelle qui débouchait sur un coin des docks déserté. Trois hommes encerclaient une jeune femme blonde, anglaise d’après son accent, élégante, qui se débattait maladroitement, coincée entre des caisses de poissons et l’eau grise du port.

Mangouste s’avança sans un bruit. L’un des hommes leva la main sur l’Anglaise…



L’homme se retourna, mais trop tard. Cela permit d’ailleurs au pied de Mangouste de rencontrer sa gorge dans un coup sec. Quand elle lui relâcha le bras, il s’effondra en suffoquant. Il resta prostré à quatre pattes en essayant de respirer.


Le deuxième s’élança, Mangouste se retourna et mit son pied en opposition, il trébucha dessus, elle l’attrapa par la chemise et le poussa sans effort dans l’eau boueuse. Il hurla en se débattant.



Le troisième avait pris la fuite, disparaissant entre les caisses, rapidement suivi par le premier assaillant qui se tenait toujours la gorge. Mangouste ne bougea pas.



La jeune femme se redressa, essuyant la poussière sur sa robe légère. Ses cheveux blonds étaient emmêlés, mais ses yeux bleus acier brillaient d’un mélange d’excitation et de malice.



July éclata d’un rire cristallin. Le quai était redevenu calme, mais les bruits de moteurs se rapprochaient. Mangouste jeta un coup d’œil rapide aux rues.



July obtempéra sans discuter. Elles s’engouffrèrent à l’arrière. Le chauffeur, un vieil homme maigre, démarra à toute vitesse.



July haussa les épaules, l’air faussement innocent.



Mangouste la fixa, sans rien dire. Elle savait reconnaître une menteuse, et celle-ci mentait avec grâce.



Derrière elles, un rickshaw noir surgit, chargé de trois hommes armés.



Elle sortit son Sig Sauer et vérifia le chargeur. Les coups de feu fusèrent, les passants hurlèrent et se plaquèrent contre les murs. Le chauffeur de leur rickshaw cria quelque chose en hindi et pila net.



Mangouste grimpa à l’avant.



Elle haussa les épaules.



Le moteur rugit et le rickshaw bondit dans la rue, manquant de peu un troupeau de chèvres. Les autres débouchaient déjà au coin de la rue et fonçaient sur elles.



Lorsqu’elle reporta à nouveau son regard sur l’avant, elle évita de justesse un étal. Le rickshaw noir tenta un dépassement, mais Mangouste fit un écart, le forçant à rater son virage. Vu l’étroitesse de la rue, le véhicule percuta une échoppe dans un fracas de bois et de métal, et alla s’encastrer contre un mur.




Mangouste les amena jusque devant son hôtel dans le quartier de Colaba. Sous les regards effarés du portier, elles descendirent du rickshaw. Mangouste lança les clés au voiturier.



Une fois dans la chambre, July se laissa tomber sur le lit, encore essoufflée.



Mangouste resta debout, les bras croisés.



July s’approcha lentement, se relevant pour réduire la distance entre elles.



July fit un pas de plus, ses yeux brillants d’un mélange de défi et de séduction.



Mangouste croisa les bras.



Elle sortit de son sac un bijou scintillant, un serpent en or serti de rubis.



Mangouste la fixa, silencieuse.



Mangouste la fixa un long moment, puis esquissa un sourire en coin.



July haussa un sourcil, un sourire en coin.



Mangouste soupira, s’assit sur le lit. July proposa son marché. Si Mangouste l’aidait à quitter la ville vivante, elle lui révélerait toute l’histoire derrière le bijou, un artefact ancien lié à un temple naga dans le Rajasthan. Mangouste hésita un instant, puis hocha la tête.



Mangouste soupira.



La tension entre elles monta. July posa sa main sur la cuisse de Chloé, qui ne recula pas.



La chaleur de la ville, la sueur, l’adrénaline de la poursuite… tout se mélangeait. Mangouste céda, l’embrassa avec une violence contenue. Les deux femmes basculèrent sur le lit, entre rires et gémissements, jusqu’à ce que la nuit et la moiteur de Mumbai étouffent le reste du monde.



Le soleil dardait ses rayons sur la baie de Mumbai quand Chloé se réveilla.

La chambre sentait encore la chaleur de la nuit. July dormait en travers du lit, une mèche de cheveux blonds collée à sa joue. Mangouste se leva sans bruit, enfila son jean et s’approcha du sac de July, laissé ouvert sur une chaise. À l’intérieur, le bijou-serpent reposait dans un écrin. Mais à côté, un morceau de parchemin ancien, couvert de symboles, attira son attention. Elle le déplia et comprit tout de suite qu’il s’agissait d’une carte.



Mangouste se retourna, bras croisés.



July se redressa, nue, mais sans aucune gêne.



July se leva lentement, s’approcha.



Mangouste la regarda, incrédule.



July soutint son regard.



Mangouste eut un rire bref.



Elle rangea le parchemin dans le sac et jeta celui-ci sur le lit.



July sourit doucement, presque amusée.



Mangouste soupira.




Quelques heures plus tard, elles étaient dans un café de Colaba, à l’ombre des ventilateurs grinçants. July expliqua tout et cette fois, elle parut sincère à Chloé.


Le bijou est une clé rituelle ouvrant une chambre scellée dans un temple du Rajasthan. À l’intérieur, une relique connue sous le nom énigmatique de « Yeux du Naga », un objet sacré d’une valeur inestimable. Le magnat qui la pourchassait voulait s’en emparer pour asseoir son pouvoir politique et financer son réseau criminel.

Mangouste écouta, silencieuse. Puis elle dit.



July lui adressa un sourire malicieux.



Elle se pencha vers July, son sourire dangereux.




La chaleur du soir tombait sur la gare de Chhatrapati Shivaji Maharaj Terminus, mais le lieu bouillonnait comme une fourmilière. Les haut-parleurs crachaient des annonces incompréhensibles, ponctuées de grésillements. Des familles entières étaient assises à même le sol, entourées de sacs, de valises rafistolées, de cageots de poules et de sacs de riz. Des marchands ambulants vendaient du thé brûlant et des samossas, leurs cris se mêlant au sifflement des locomotives.


Mangouste observait la scène en silence, sac en bandoulière, capuche rabattue. À côté d’elle, July semblait à l’aise, comme si ce chaos était son élément naturel.



Elle alla acheter des samossas.



Un train bleu et blanc entra en gare dans un long crissement de freins. Les passagers se pressèrent dans un mouvement désordonné, les porteurs criaient pour dégager le passage.

Mangouste laissa passer la foule, puis monta à bord derrière July. Elles trouvèrent leur compartiment dans le wagon des premières classes, avec deux couchettes face à face et un ventilateur grinçant au plafond, qui ne brassait pas grand-chose.



Quelques heures plus tard, alors que le train roulait dans la nuit, Mangouste entendit vaguement un cliquetis dans le couloir. Elle ouvrit les yeux et aperçut, en levant légèrement le rideau, une silhouette masculine en train d’essayer d’ouvrir leur porte. Sans bruit, elle dégaina son Sig Sauer, se plaça derrière la porte. Elle vit la lame d’un couteau glisser entre le chambranle et l’ouverture, cherchant à soulever le loquet qui la maintenait fermée.

Quand il parvint à ouvrir la porte et à la tirer discrètement, elle lui plaça le canon de son arme sous le nez.



L’homme tenta un coup de coude, mais Mangouste l’attrapa, le projeta contre la cloison au fond du compartiment. July se dressa au même moment.



Un autre homme arrivait dans le couloir un couteau à la main.



Mangouste lui fit un balayage de jambe et le plaqua au sol.



Mais le vacarme avait attiré d’autres assaillants. Deux hommes surgirent du compartiment voisin, revolver ou machette à la main.



Les balles sifflèrent. Les passagers hurlèrent et se jetèrent sous les couchettes. Mangouste tira deux coups précis, forçant les hommes à reculer. Puis elle ouvrit la porte extérieure du wagon.



Le vent chaud fouettait son visage. Elle se hissa sur le toit du train. Les hommes la suivirent, elle partit en courant, remontant le train sautant de wagon en wagon.

Un des assaillants la rattrapa et bondit vers elle, machette à la main. Elle l’esquiva, d’un mouvement aussi fluide que celui d’un torero qui évite les cornes d’un taureau. Elle lui donna un coup de tête au passage et le fit basculer dans le vide.



Le second, avec un revolver, tira et rata sa cible. Alors qu’il était sur ses talons, Mangouste se retourna et se coucha aussitôt à plat ventre.



Si Mangouste s’était couchée, c’était seulement parce que le train approchait dangereusement d’un tunnel. Le guignol, qui était dans le sens contraire de la marche, ne pouvait pas le voir. Il fut percuté de plein fouet et s’effondra sur le toit avant d’être éjecté.

Une fois le tunnel passé, elle se remit debout, essuya la sueur de son front et sourit.



Elle redescendit dans le compartiment. July était assise sur la couchette, un pistolet récupéré sur l’assaillant à la main.




À l’aube, elles arrivèrent à Jaipur au Rajasthan. De là, elles prirent un autre train vers Jodhpur. Elles s’arrêtèrent dans une petite gare poussiéreuse du nom de Piparcity.


Mangouste et July descendirent, leurs sacs sur l’épaule.

Devant elles, il y avait un paysage de terre rouge et de dunes dorées à perte de vue. Des silhouettes de chameaux se découpaient sur l’horizon. L’air était sec, chargé de poussière et de chaleur. Poussiéreux, le terme était parfaitement adapté au paysage. La terre rouge, parfois jaune, était partout.



Elles louèrent une jeep brinquebalante et prirent la route vers un village reculé, répondant au nom de Netra, qui était selon le plan le but du voyage. La route pourtant goudronnée n’était qu’un ruban de poussière, comme partout dans la région. Poussière, poussière et encore poussière, poussière partout. Dès l’entrée du village, des enfants les suivirent en courant, leurs rires résonnant dans l’air brûlant.



Le village n’était qu’un ensemble de maisons en torchis autour d’un vieux banian. Deux ou trois boutiques qui semblaient vendre… de tout complétaient l’ensemble.



July demanda aux enfants à parler au sage du village. Cela les fit beaucoup rire.



Elle mima ce qui pouvait ressembler à un vieil homme, marchant difficilement et courbé. Elle tenta de faire une barbe et des moustaches avec ses mains. Les enfants, morts de rire, semblèrent comprendre. Elles furent conduites chez le vieil érudit, Baba Suraj, qui habitait dans une cahute un peu en dehors du village. Il les accueillit avec un grand sourire. En effet, il se tenait courbé et avait une longue barbe.



Baba Suraj les fit asseoir sur des nattes. L’air sentait le thé, le sable chaud et la fumée.



L’érudit hocha lentement la tête, ses yeux brillants d’un éclat étrange.



Mangouste haussa un sourcil.



July esquissa un sourire.



L’érudit sortit un vieux rouleau qu’il déroula sur le sol. La carte représentait des dunes et un temple perdu.



Mangouste serra la mâchoire.




À peine eurent-elles quitté la hutte qu’un grondement de moteurs retentit. Trois pick-up armés surgirent à l’entrée du village.



Les balles sifflèrent, les habitants crièrent et se mirent à fuir. Mangouste bondit derrière un muret, dégaina son Sig Sauer.



Elle tira avec précision, trois coups partirent et abattirent deux hommes sur la plateforme d’un pick-up. July, accroupie, récupéra un fusil laissé au sol et couvrit un flanc.


Un des véhicules mitrailla une maison qui prit feu. Des villageois hurlaient, coincés à l’intérieur. Mangouste se jeta en avant, vida son chargeur sur le tireur, puis plongea dans la maison en flammes pour aider deux enfants à sortir. Son visage était couvert de poussière et de suie quand elle ressortit, les gamins dans les bras. Elle posa les enfants, se tourna vers le pick-up restant.



L’explosion illumina le village. Un corps fut projeté dans les airs. Un autre en feu partit en courant. Les survivants du commando battirent en retraite dans le dernier véhicule.

Mangouste resta immobile, le souffle court, le regard dur. July s’approcha, les yeux brillants d’admiration.



Elle regarda le feu qui dévorait encore une maison. Les villageois entourèrent les deux jeunes femmes et les remercièrent. La mère des enfants pleurait.



Elle rechargea calmement son arme, puis se tourna vers July.



July sourit, un sourire à la fois inquiet et séduit.




La nuit était tombée sur le désert. La lune projetait une lumière argentée sur les ruines du sanctuaire naga, à moitié en ruines. Le sable et la poussière avaient envahi en partie l’entrée. Les pierres se couvraient de racines, mais des statues de serpents semblaient veiller pour éloigner les intrus. Mangouste avançait la première, arme au poing, chacun de ses pas était mesuré. July suivait de près, une lampe torche à la main.



Elles se faufilèrent par une ouverture effondrée. L’air était lourd, saturé de poussière. Des chauves-souris s’envolèrent dans un fracas d’ailes. Mangouste repéra un premier piège, un sol légèrement surélevé.



Plus loin, à un angle du couloir, ils entendirent des hommes parler en hindi. Mangouste regarda discrètement et vit deux gardes en faction.



Mangouste ne fit pas de bruit. Elle posa une main sur la bouche du premier, sa lame parcourut sa gorge de gauche à droite. July, quant à elle, porta un coup sec à la nuque du deuxième avec la crosse du fusil récupéré au village.



Elles arrivèrent à la chambre du sanctuaire. Le magnat les attendait, entouré de quatre de ses hommes.



La fusillade éclata. Les murs résonnèrent sous le bruit sec des balles. Mangouste plongea derrière une colonne, élimina deux porte-flingues en deux tirs, lança son couteau sur un troisième qui le prit au milieu du thorax.

Le dernier garde lâcha son arme et partit en courant vers la sortie.

July, profitant du chaos, ouvrit la porte de la chambre sacrée en plaçant le bijou en forme de serpent sur la serrure massive de la porte. July eut juste la force d’entrouvrir la lourde porte de pierre.

Le magnat tenta de fuir par ce passage étroit. Sa corpulence l’en empêcha. Mangouste l’intercepta.



Un corps-à-corps brutal s’engagea, les coups résonnant sur la pierre. Mangouste le projeta contre une statue, qui s’effondra sur lui.



À deux, elles réussirent à pousser la porte qui s’ouvrit dans un grincement long et sinistre, comme un cri métallique. L’air qui s’échappait de derrière était froid et sentait la pierre moisie, le sang ancien. July sentit ses doigts se crisper sur le manche de sa lampe torche.

Des statues de serpents étaient alignées et formaient une allée jusqu’à une sorte d’autel. À l’intérieur, pas de bijoux, pas d’or, seulement ces rangées de serpents. Aucun piège qui se déclencha, pas de flèches, pas de rugissement de bête. Juste un silence si épais qu’il en devenait assourdissant.


Elles s’engagèrent dans la salle aux murs gravés de motifs serpentiformes, comme si les reptiles sculptés rampaient dans la pénombre. La torche projeta des ombres folles sur les murs. La salle paraissait les engloutir, chaque sculpture de serpent semblait ramper hors de la pierre pour les observer. Un silence épais régnait, si total qu’elles pouvaient entendre les battements de leurs cœurs.



Mangouste esquissa un sourire.



Au centre, juste derrière l’autel, trônait une statue naga plus haute que les autres. Elle représentait aussi un serpent, son corps enroulé sur lui-même, ses yeux de pierre semblant briller d’une lueur trompeuse.

July resta figée sur le seuil, le cœur battant encore du tumulte de leur fuite. Ses yeux balayaient la pièce avec une avidité déçue. Elle fit un pas, puis elle s’arrêta net.



Elle s’approcha de l’endroit où trônait la statue naga, son regard de pierre pointé droit sur elles. Devant lui, une inscription en caractères sanskrits, gravée sur une dalle couverte de fissures.

Mangouste s’avança également, ses pas résonnant sur le sol comme des coups de tambour.

July se pencha sur la dalle, ses doigts effleurant les lettres gravées. Elle lut à voix haute :



Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres de Mangouste.



July eut un rire nerveux, presque un hoquet. Mangouste se releva avec un sourire carnassier.



July la fusilla du regard.



Mangouste éclata de rire, son écho se répercutant contre les murs comme une provocation.



Puis, elle leva les mains comme un gourou.



Entre deux hoquets de rire, elle se reprit et dit devant l’air boudeur de July, les bras croisés devant elle :



July leva les yeux au ciel, mais ses lèvres tremblaient d’un sourire. La tension venait de retomber, remplacée par un rire nerveux. Même la statue, dans l’ombre, semblait se moquer d’elle. Mangouste ajouta :



Mais ses épaules se détendirent malgré elle. La pièce semblait soudain moins menaçante, comme si les yeux de pierre du naga souriaient eux aussi. Mangouste ramassa son sac et se dirigea vers la sortie.



July la fixa, toujours incrédule. Elle insista :



July serra les poings.



Mangouste ricana.



Elle se redressa, fit un grand geste de bras comme une présentatrice de télé.



July la fusilla du regard.



Elle posa une main sur son épaule.



July laissa enfin échapper un rire nerveux.



Mangouste haussa les épaules.



Cette fois, July éclata franchement de rire. La salle parut soudain moins oppressante, presque complice de leur soulagement.

En sortant du temple, Mangouste continua, ravie de son effet :



Mangouste sourit plus doucement, approcha une main et la posa sur l’épaule de son amie, elle approcha sa bouche et lui embrassa la joue d’abord, avant de poser ses lèvres sur les siennes.



July soupira, un rire nerveux échappant enfin à ses lèvres.



Mangouste désigna la sortie.



Cette fois, July éclata de rire pour de bon. La tension se dissipa dans un écho léger, comme si la statue du naga les bénissait d’un sourire invisible.




ÉPILOGUE – COCKTAIL APRÈS LE CHAOS



La nuit était tombée sur Jaipur. Du toit-terrasse du Jai Mahal Palace, les lumières de la ville scintillaient comme un collier de diamants jeté sur le désert. Les klaxons résonnaient au loin, les rickshaws et les motos se faufilaient en bas, dans un ballet frénétique sans fin.

Chloé était affalée dans un fauteuil en rotin, chemise blanche légèrement entrouverte, jambes étendues. Devant elle, un whisky pur malt. July, en robe légère, sirotait un cocktail rose vif, les jambes croisées.



Mangouste sourit, son regard fixé sur le trafic chaotique de Jaipur.



July haussa un sourcil, amusée.



Elles trinquèrent. Un feu d’artifice éclata quelque part dans la ville. July se pencha, posa sa main sur la cuisse de Chloé.



Chloé la regarda longuement, puis leva son verre.



Les deux femmes éclatèrent de rire. La nuit de Jaipur continua de vibrer autour d’elles, promesse de nouveaux ennuis… et de nouvelles aventures.



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1. Les rickshaws sont des véhicules motorisés à trois roues, souvent utilisés comme taxis. Ils peuvent emmener un ou deux passagers. Ce sont l’équivalent des tuk-tuk thaïlandais.


2. Réplique culte du film.