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n° 23317Fiche technique8790 caractères8790
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Temps de lecture estimé : 7 mn
30/09/25
Résumé:  Il lisait pour jouir, il écrivait pour survivre.
Critères:  #réflexion #psychologie #société #érotisme #initiatique #confession #personnages #totalsexe #occasion #gay #masturbation #fellation hsodo
Auteur : majaas      Envoi mini-message

Collection : Trois trous, aucune excuse

Numéro 03
Écrit avec du foutre

Adrien sentit la vibration avant le son, une rumeur sans raison d’être à 23 h 52 dans une médiathèque vidée depuis des heures. Il éteignit l’écran. La pénombre avala le bureau. Au fond du couloir où régnait une odeur de plastique tiède et de poussière, le halo vert de la sortie de secours dessinait une piste. La porte de la « Z », salle des fonds non catalogués, était entrebâillée.


Sur le dôme de la caméra, un ruban rouge : HS. Dans la main courante, plus tôt, il avait noté : C3 défectueuse, intervention Clymène Sécurité demain, serrure débrayée pour l’inventaire. Personne n’avait reverrouillé. Ça l’agaçait le matin. Cette nuit, ça expliquait l’impossible.


Il entra et le vit. Vingt-deux ans, peut-être. Paumes sales, sac de sport, blouson élimé. Entre ses doigts, un relié en cuir, sans titre. Un seul nombre gaufré : 1947. Ils se regardèrent. Le jeune homme ne sursauta pas. Il avait cette fixité de ceux qui n’ont pas de plan B.



L’intrus ouvrit le livre. Le papier était épais, l’encre passée. Une vieille odeur masculine et de tabac froid monta, compacte.


Il entra en lui comme dans un lieu profané, avec la lente volonté d’y inscrire sa marque. La raideur trouva l’anneau, poussa, logea. Le corps sous lui s’offrit, avide, et réclama.


Adrien sentit sa verge se lever net. Le texte et la voix du garçon s’alignaient. Il serra les accoudoirs.



Milo reprit, appuyant où il savait : « bite », « bourses », « anus ». Il mâchait les syllabes comme des noyaux. Adrien bandait dur, figé sur sa chaise. Le souffle lui restait en travers de la gorge.



Adrien acquiesça. Milo tourna une page :


Il éjacula sans théâtre, juste une onde qui l’emporta. Rien à prouver, rien à dire.


Et Adrien jouit. Son sperme chaud imbiba le tissu, coula le long de la cuisse. Milo ferma le livre.







Milo revint le lendemain. Sac à l’épaule, jean râpé, Docs usées, sourire en biais. Adrien avait préparé la salle. Lampe basse. Chauffage discret. Pile de manuscrits non référencés. Tous mis de côté, verrouillés à clé dans une armoire dont le barillet grinçait.



Milo s’assit, feuilleta un premier lot :


J’ai bandé quand il a ôté son t-shirt. Rien d’extra : un torse banal, un ventre souple, mais ce regard qui te délivre de ton rôle et te renvoie un homme en face.


Adrien resta debout, dos au mur, doigts crispés sur une chaise.


Tu veux que je t’encule ? m’a-t-il dit. J’ai répondu : « Prends-moi. »



Milo se leva, s’approcha, planta son regard.



Milo posa la paume sur l’entrejambe d’Adrien.



Il se mit à genoux et déboutonna le pantalon pour sortir la chair froide. Pas d’entrée en matière. Sa bouche prit. Chaude, directe, sûre. Il suça comme quelqu’un qui connaît le goût du sperme et ne négocie pas. Adrien eut un gémissement que l’on n’entend pas chez les mariés : une vraie plainte, sans couverture.


Milo accéléra, gorge ouverte, paumes sur les fesses. Il voulait que ça sorte, que ça dégouline. Adrien se déversa dans sa gorge, longuement, en tremblant. Milo avala. Dégusta.



Ils partagèrent une soupe trop salée, assis face à face, l’air dense, la peau encore vibrante.



Adrien tira d’un tiroir métallique un cahier à spirales. Couverture déchirée, bavures d’encre, pages raidies.



Je suis entré au vestiaire après lui. Serviette au carrelage. Dos large sans héroïsme. Trace de slip. Fesses trop blanches. J’ai bandé comme un clébard. J’ai empoigné ses hanches. « Vite », a-t-il dit. Alors, je l’ai enculé sans douceur ni discours. Je l’ai rempli, puis il s’est rhabillé comme si je n’existais plus.



Le jeune homme baissa son froc. Belle verge, un peu courbée. Une queue qui a vu le monde et qui s’en fout. Adrien s’agenouilla, le cahier contre la cuisse. Milo vint poser le gland contre sa joue.



Adrien reprit, la bouche frôlant la bite tendue, voix basse et râpeuse :


J’ai bandé pour lui. Honteux, j’ai touché quand même. J’ai aimé ça parce qu’il puait l’homme. Ras-le-bol du propre, des caresses qui effacent.


Il ferma le cahier.



Milo l’embrassa – un baiser sans décor, dents, souffle, langue qui cherche la route la plus courte – et le retourna d’un geste.



Un crachat, une paume, la tête calée. Adrien cria. La brûlure nettoya. Il s’ouvrit et prit. Milo le travailla en profondeur avec assurance. Un rythme qui dit « tu existes, là ». Adrien, transpirant, s’agrippait au tapis. Un seul mantra suffit : à chaque poussée, son dos comprenait. Les rôles se décollaient comme des étiquettes.


Milo se tendit, grogna, puis s’affala, front contre nuque, souffle court.



Ils restèrent allongés un moment. Le silence n’était pas vide, il pesait juste ce qu’il fallait.



Adrien rit. Sec, content. Il se redressa, l’air frais glissant sur son gland encore sensible. Il tendit un manuscrit à Milo.



Milo prit un stylo, une page vierge :


Le cul d’Adrien est une cavité où l’on avance avec le désir de s’y perdre. Quand il jouit, son gémissement est un outil qui brise la cloison. Son jet ne blanchit pas les phrases, il les couvre d’une mémoire tiède.


Adrien regonfla sous la main de Milo.



Adrien se cambra. Milo branlait doucement, murmurant entre deux prises :



Adrien se vida à son tour, une vibration tenue qui lui remonta la nuque. Ils restèrent collés, peau contre peau, odeur d’homme et de papier. La pièce avait sa musique.







Milo ne revint pas. Adrien patienta à écouter le bâtiment craquer. Rien. Les caméras restèrent muettes. Il fouilla les registres. Le badge utilisé la veille à 23 h 36 pour entrer dans le bâtiment était un passe technique prêté à l’équipe d’inventaire. Pas d’identité traçable.


La Z était encore entrouverte. Il entra. Au centre de la table, un cahier noir qu’il ne connaissait pas l’attendait.


Titre manuscrit, en capitales : CE QUI RESTE APRÈS LA BITE.


Il l’ouvrit. Écriture nerveuse.


J’archive mal, mais je lègue bien. Ce cahier est pour ce que tu feras maintenant. Tu as été mon corps préféré parce que tu n’as pas enjolivé. Tu m’as léché comme un doigt trop taché pour tourner la page. J’ai mal au cul et ça me remet au monde.


Plus bas :


Complète. Inscris encore ton odeur. Fais de ton corps une série.


Tremblant, Adrien se dénuda, lampe inclinée sur le ventre. Sa bite durcissait sous sa propre phrase :


Je suis Adrien, cinquante et un ans. Je porte la sueur. Mon orifice a la mémoire de lui. Je bande sec, je jouis lent. Parfois j’ai honte. Mais désormais, je laisse des traces. J’écris avec mon foutre.


Il se répandit sur la page en souriant. Pas une figure de style. Une preuve.




Épilogue – Réponse automatique



Trois semaines plus tard, un mail.


Objet : Adrien ? Tu travailles encore à la bibliothèque ?

Expéditrice : Céline. Une ex, hétéro. Celle qui disait : trop cérébral pour jouir.


J’ai vu que tu n’avais pas répondu à mes précédents courriers. Tu me manques. On pourrait dîner ? Tu sais, ton odeur…


Adrien cliqua sur Répondre.


Je ne suis plus un souvenir parfumé.

Je suis une archive classée X.

Accès refusé aux lecteurs non autorisés.


Envoyé.


Il referma l’ordinateur, nu, dans la Z. Le cahier noir, taché, s’épaississait. Sur la dernière page, au feutre rouge :


Index terminé.

Prochain volume : Mémoires d’un trou du cul retrouvé.


Il sourit. Pas pour elle. Pour lui.