| n° 23314 | Fiche technique | 10143 caractères | 10143 1752 Temps de lecture estimé : 8 mn |
29/09/25 |
Résumé: Deux corps, aucun genre, un seul tremblement. | ||||
Critères: #psychologie #société #érotisme #rencontre #transgenre #totalsexe #lieuderencontre #lieupublic | ||||
| Auteur : majaas Envoi mini-message | ||||
| Collection : Trois trous, aucune excuse Numéro 02 |
Vestiaire du centre chorégraphique. Casiers cabossés, néon qui grésille, « Silence plateau » scotché de travers. Alix lève la tête, bandage abdominal desserré, cicatrice courbe sur la hanche. Dans le miroir piqué, ses yeux croisent ceux de Sacha. Odeur de plastique chaud, de stress, et ce métal discret des salles où l’on se change sans public.
La voix est posée, rauque, presque neutre. Sacha se retourne. Torse nu, petits seins percés, tétons dressés, une verge semi-dure dépasse d’un slip noir trempé. Sacha sort un briquet et l’allume.
Ni timide ni provoc, juste la vérité. Sacha s’approche d’un pas, regarde Alix comme on surveille une mue annoncée, sans geste brusque, en sachant que ça arrive maintenant.
Alix hoche la tête. Sacha pose une main sur sa hanche, l’autre sur le bandage. Le tissu glisse. Les cicatrices apparaissent, peau plate et tendre. La bouche embrasse entre les deux, langue douce, baiser humide, puis descend.
Le clito est long, dressé, veiné, presque un gland miniature. Sacha se met à genoux, fait tomber le slip. La chaleur monte et perle à peine.
Sacha engloutit. Deux doigts entrent. Sa main libre glisse à son propre sexe ; sa bite gonfle alors que sa respiration tiède roule sur le pubis rasé.
Sacha se relève. Corps contre corps, bite contre clito, seins contre torse plat.
Alix mordille un téton, descend, découvre la verge. Pas immense, mais belle, présente. Alix prend son temps puis enfourne ; Sacha renverse la tête, les jambes tremblent, et l’air de la pièce recule pour laisser passer ce qui arrive.
Alix branle son propre clito entre deux doigts. Quand ça monte, Sacha gémit, attrape la nuque d’Alix et plante son regard dans le sien.
Ils jouissent presque ensemble. Deux corps, un même tremblement.
Le lit grince déjà. Sacha fouille un tiroir : harnais noir, épais, anneau en acier ; verge de silicone veinée, courbée vers le haut comme une insolence réfléchie.
Sacha s’agenouille, s’attache. Les sangles claquent, le bassin change de géométrie, plus frontal, plus sûr de lui, comme si le harnais passait un contrat avec le monde.
Alix a le clito gonflé et le caresse du bout des doigts.
Sacha approche. La tige se pose à l’entrée, chaude d’attente.
Sacha s’enfonce lentement, profondément. Pas de lubrifiant ajouté : la chaleur suffit. Premier coup de reins, choc de chair ; le lit répond. Alix pousse un cri sourd. Sacha s’arque – ses tétons frôlent la peau à chaque va-et-vient – le harnais bat contre le pubis.
Le rythme se cale, se brise, reprend, comme une vague qui apprend la roche. Alix a les mains posées sur son ventre, les jambes vibrent, le clito tendu guide la mesure.
Sacha ralentit, mord la gorge.
Sacha se branle, la vraie bite durcit. Quand Alix s’arc-boute et cède, la contraction prend les cuisses et remonte. Sacha se redresse, serre le rythme. Un jet clair s’éparpille sur le torse d’Alix, entre les cicatrices.
Tous deux rient, collés, luisants, sans besoin d’en faire un concept.
Vernissage queer, fin de soirée. Néons trop blancs, verres écrasés, parfum sucré au-dessus des vestes. Dehors, la ville déroule ; dedans, une basse molle tape contre les cloisons. Dans le métro, odeur de métal chaud et de freinage, affiches déchirées, sièges lisses où la nuit glisse.
Sacha porte un blazer ample, rien dessous. La bite ballotte sous le tissu, semi-dure, bravache ; les tétons percent la laine comme deux défis. Alix a un t-shirt gris sans manches, un jean moulant ; le clito gonflé se trahit sous la braguette. Bosse confuse, aucun code-barres.
Deux hommes, la quarantaine fatiguée, chemise à carreaux, haleine forte, alliance trop serrée, se plantent devant eux.
Silence. Sacha regarde calmement Alix qui voit rouge, se lève, ferme le poing, un éclair dans les yeux. Alix attrape l’homme par le col, le plaque contre la vitre. Sacha tire Alix en arrière. Le métro s’arrête, personne ne bouge. Les deux s’éloignent en grognant des insultes molles.
Dehors, le froid colle à la peau. Dans le hall, lumière de fin du monde.
Sacha l’embrasse – les vêtements tombent en deux gestes – et sort sa bite. Habillés en haut, nus en bas, clito tendu comme une menace.
Sacha croche deux doigts et entre sec, paume à plat sur le pubis. Le poignet cadence, chaque coup est une réplique, une insulte retournée, une phrase écrite au marteau. Alix halète, bras levés contre le bois, front au chambranle. Sacha tient une hanche d’une main et pénètre à pleines pulsations de l’autre ; la verge, dehors, durcit et frotte contre la cuisse d’Alix.
Quand Alix vient, c’est par ondes profondes. Sacha se branle en gémissant, laisse une traînée brillante sur la peau. Ils glissent au sol, le monde tenu à distance par la sueur.
La ventouse collée à la vitre frissonne encore. Silicone noir. Ombre allongée sous une lumière rasante. Sacha à quatre pattes, cul offert, petits seins percés qui frôlent le drap, la bite assoupie entre les cuisses. Un instant suspendu où les gestes se choisissent.
Alix s’approche et passe une main le long de la raie, du coccyx au cou, puis écarte les fesses, souffle sur l’anneau humide.
Alix crache, insère un doigt, puis un deuxième. Sacha bascule la tête, respiration courte.
Alix s’agenouille, plaque le clito contre l’anus, frotte. Il n’entre pas vraiment : il imprime sa présence. Alix plaque son torse contre le dos de Sacha et parle bas contre son cou. Chaque phrase passe dans la peau comme une main supplémentaire.
Sacha se retourne.
Sacha saisit sa bite, semi-molle, lustrée par la chaleur, et la glisse doucement en Alix qui, jambes écartées, offre le ventre, le clito tremblant, la chatte gourmande. Le gode pend à côté, option devenue souvenir.
Pas de brutalité, une mécanique souple et précise. Les peaux se heurtent, reviennent, s’ajustent. Jouissances silencieuses, spasmes profonds, contractions qui remontent dans la gorge, mains qui tiennent, corps qui s’apaisent en s’avalant.
L’appartement baigne dans une lumière bleue. Rideaux tirés. Musique floue. Quelques convives dans la pièce d’à côté, trop absorbés pour remarquer que Sacha et Alix ont disparu depuis plus d’une heure.
La chambre est tiède. Corps, silicone, peau, rien d’autre. Sacha, allongé sur le ventre, dos perlé, bite au repos sur la cuisse, seins écrasés contre le drap, souffle court.
Alix s’approche. Harnais doux, courbe amovible à la ceinture. Couleur chair. Veines sobres. Base large, faite pour durer.
Une hanche s’écarte, une main ouvre avec lenteur. La tige s’enfonce, Alix pénètre comme on médite : pas de rythme fixe, pas d’objectif, juste une présence. Chaque poussée fait trembler la colonne, chaque retrait laisse un vide brûlant. Sacha se retourne, guide au-dessus, attire, embrasse.
Alix sourit. Ils se touchent partout. Sacha frotte ses mamelons contre la poitrine plate d’Alix. Alix attrape la queue, la branle doucement en possédant. Le clito trépide, érection contrariée qui tient la note.
Sacha s’assoit, s’installe à califourchon, enfourche. La baise devient danse : mouvement circulaire, tige ancrée, gland luisant qui côtoie le ventre. Deux corps, quatre seins, une bite, un vagin, une bouche qui ne veut plus se taire. Sacha crie, Alix mord, les murs vibrent. Les deux se figent, puis s’effondrent, noués.
Une semaine plus tard. Chambre vide, sauf Sacha. Une odeur sur l’oreiller, une trace séchée sur le matelas, un gode oublié sur le rebord de la fenêtre. Le modèle courbe. Chair. Celui de la dernière fois.
Sacha allume une cigarette. Les seins au repos, un pied dans la lumière, l’autre dans l’ombre. Sur la table de chevet, un carnet. Alix a griffonné quelques lignes :
« Tu n’as pas besoin de pronoms pour laisser du sperme sur ma bouche et des tremblements dans mes reins. On n’a pas fait l’amour. On a fait mieux. »
Sacha sourit. Au feutre rouge, ajoute : « Genre : aucun. Nom : indéfini. Statut : bandant. » Puis referme le carnet.