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Temps de lecture estimé : 10 mn
27/09/25
Résumé:  Léa et Marc s’engagent dans un jeu d’échange avec Thomas et Sophie, mais l’expérience réveille jalousie et désir incontrôlé. Tandis que Léa se perd brièvement dans les bras de Thomas, la voix de Sophie avec Marc la transperce.
Critères:  #jeuxérotisés 2couples échange
Auteur : philtou      Envoi mini-message

Série : la main gagnante

Chapitre 02 / 03
La main gagnante, la suite...

Résumé de l’épisode précédent :

Une soirée jeu entre deux couples qui dérapent





LÉA


Le grincement de la porte de la chambre d’amis qui se refermait derrière Thomas et moi résonna comme un coup de gong, marquant la fin d’un monde et le début d’un autre. L’odeur ici était différente : lessive trop parfumée au coton et une pointe de tabac froid, l’odeur de Thomas. Ce n’était pas l’odeur de notre chambre, ce mélange de Marc, de mes crèmes et de notre vie. Le lit était fait, impeccable, stérile. Un lieu de passage. Un terrain neutre pour l’infidélité consentie.


Thomas se tenait face à moi, son excitation visible, offerte. Son regard me parcourait, buvant la vision de mon corps à moitié nu dans la pénombre. La peur m’avait quittée, remplacée par une curiosité électrique, presque clinique. Comment serait-ce ? Sa bouche, ses mains, son corps… seraient-ils différents ? Plus doux ? Plus brutaux ?



Je hochai la tête, incapable de parler. Ma gorge était un désert. Sa main se posa sur ma hanche, à la lisière de la dentelle noire. Son pouce entama un mouvement circulaire, lent, brûlant. Je fermai les yeux, concentrée sur cette sensation. C’était une main plus fine, plus longue que celle de Marc. La pression était différente. L’intention, aussi. Il n’y avait pas la familiarité rassurante de mon mari, mais le frisson de la découverte, du territoire inconnu.


Il se pencha et prit mes lèvres dans un baiser qui n’avait rien de celui, timide, qu’il m’avait offert au salon. C’était une exploration déterminée, experte. Son goût était différent : un reste de vin rouge, bien sûr, mais aussi une menthe plus forte, un parfum d’homme qui n’était pas le mien. Je me laissai faire, mon corps répondant avec une franchise qui surprit mon esprit. Mes mains se posèrent sur son torse, sentirent les muscles tendus sous sa peau, la chaleur qui en émanait. C’était bien. C’était excitant. Mais c’était comme observer une partie de moi-même depuis le plafond. Une partie de moi notait chaque différence, chaque détail, le cataloguait.


Quand ses doigts défirent la fermeture de mon soutien-gorge, le tissu glissa sans un bruit. L’air frais de la pièce sur ma peau me fit frissonner. Son regard se posa sur mes seins, et, dans ses yeux, je vis une admiration brute, presque animale. Il murmura quelque chose, un compliment que je n’entendis pas vraiment. Car à cet instant précis, du salon, me parvint un son étouffé, un gémissement étiré, féminin, suivi d’un rire grave et rauque. Sophie. Marc.


Le monde bascula. La curiosité s’évanouit, remplacée par une pointe acérée, violente, de jalousie. Une image fulgurante traversa mon esprit : la main de Marc enfouie dans la chevelure rousse de Sophie, sa bouche sur sa peau, son corps… sur le sien. La morsure fut si intense, si physique, que j’en eus le souffle coupé.


Soudain, Thomas n’était plus une aventure. Il était l’homme qui me séparait de mon mari. L’homme qui, à cet instant même, possédait Marc.


Je me raidissais imperceptiblement. Thomas sentit le changement. Il s’arrêta, questionnant du regard.



Je fis oui de la tête, un sourire forcé aux lèvres.



Je l’attirai à nouveau vers moi, plus urgent, cherchant dans son baiser, dans son toucher, l’oubli de cette image insupportable. Je voulais me perdre dans la sensation pure, pour ne plus penser. Pour ne plus entendre. Je devins active, presque agressive, dévorant sa bouche, mes mains parcourant son dos, s’accrochant à ses épaules. Je voulais qu’il m’efface. Mais le son, là-bas, était un poison dans mes veines. Chaque gémissement de Sophie était un coup de couteau. Chaque silence était pire, peuplé de toutes les images que mon esprit pouvait créer.


Je sus alors, avec une certitude absolue et dévastatrice, que je n’étais pas prête. Que tout ce que je désirais, à cet instant précis, c’était retrouver l’homme de l’autre côté de la porte.



MARC


Le bruit de la porte qui se refermait sur eux eut l’effet d’un seau d’eau glacée. La réalité me frappa de plein fouet. Ma femme, Léa, était dans cette pièce avec un autre homme. Thomas. Mon ami. Je les imaginais déjà se dévorant, ses mains sur sa peau, sa bouche sur la sienne… Un feu vert et nauséeux embrasa mon estomac.


Puis les doigts de Sophie sur ma joue me ramenèrent à la surface. Elle tourna mon visage vers le sien. Ses yeux verts, dans la pénombre, semblaient presque noirs, d’une intensité troublante.



Son parfum, musqué et sucré, m’enveloppa.



Ses doigts tracèrent le contour de mes lèvres. C’était un geste d’une audace incroyable, possessif. Elle s’assit sur mes genoux, son corps nu épousant le mien à travers le tissu de mon caleçon. La chaleur de sa peau, la douceur ferme de ses cuisses contre les miennes, fut un choc sensoriel. Elle prit ma main et la guida sans hésiter vers sa poitrine. Sa peau était comme du satin chauffé par le soleil. Son sein tenait parfaitement dans ma paume, lourd, vivant. Le téton, durci, se dressa contre mon pouce.



Avant que je puisse répondre, elle captura ma bouche. Son baiser n’avait rien de timide. C’était une affirmation, une conquête. Sa langue chercha la mienne avec une habileté experte, provocante. Je répondis avec une sauvagerie qui me surprit. Toute la jalousie, la frustration et l’excitation accumulée se transformèrent en une urgence brutale. Je l’agrippai, enfouissant mes mains dans l’épaisseur de ses cheveux roux, sentant leur texture soyeuse entre mes doigts. Je la serrai contre moi, comme pour m’ancrer à elle, pour noyer l’image de Léa dans le goût, l’odeur, la sensation de cette autre femme.


Je la soulevai dans mes bras – elle était étonnamment légère – et la portai jusqu’au grand canapé. Nous tombâmes ensemble dans un enchevêtrement de membres et de baisers avides. Ma bouche quitta la sienne pour descendre le long de son cou, goûtant la salinité de sa peau, sentant le pouls affolé qui battait à la base de sa gorge. Elle gémit, un son profond et rauque qui résonna dans la pièce. Un son de plaisir. Un son que j’avais provoqué.


Et c’est à cet instant précis que je l’entendis. De l’autre côté de la porte, un gémissement étouffé, suivi d’un souffle rapide. Léa.


Le son me transperça comme une lame. La jalousie revint, fulgurante, mais elle se mêla à autre chose, de plus sombre, de plus excitant. Une pensée perverse naquit dans mon esprit embrumé de désir : elle aussi. Elle est avec lui. Elle ressent ça.


Mon corps répondit à cette pensée avec une violence déconcertante. Soudain, je ne cherchais plus à oublier Léa. Je cherchais à la venger. À prouver à Sophie, à moi-même, à la pièce voisine peut-être, que j’étais le meilleur. Le plus désirable. Le plus fort.


Je devins plus ardent, plus inventif. Ma bouche se fit plus exigeante sur sa peau, mes mains plus impatientes. Je voulais qu’elle crie. Je voulais que ses gémissements couvrent ceux qui pouvaient venir de l’autre pièce. Je voulais qu’elle perde le contrôle, qu’elle oublie son propre nom, et surtout, qu’elle oublie Thomas.


Je la possédai avec une fureur concentrée, une attention cruelle à chaque frisson, à chaque halètement que je pouvais tirer d’elle. C’était un duel. Un exorcisme. Et quand elle culmina sous mes doigts, puis sous mon corps, son cri étouffé dans l’oreiller fut une victoire amère et exaltante. Un cri que j’avais arraché. Un cri qui, j’en étais sûr, avait traversé la porte.


Puis le silence retomba. Un silence lourd de sueur, de souffles haletants et de non-dits. Allongé à côté d’elle, je fixais le plafond, le corps vibrant, l’esprit vidé. La jalousie était toujours là, mais elle avait changé de forme. Elle n’était plus une angoisse, mais une braise. Une braise qui ne demandait qu’à être attisée.



LÉA


C’était terminé. Cela avait été… bien. Techniquement, plus que bien. Thomas était attentionné, habile, passionné. Mais alors qu’il se relevait, son corps luisant de sueur, un étrange vide m’envahit. Un sentiment de solitude absolue. Le désir était retombé aussi vite qu’il était monté, emporté par le flux et reflux de la jalousie et de la performance.


Je me levai à mon tour, ramassant mes vêtements épars. Je m’habillai rapidement, évitant son regard. La soie de ma robe me parut soudain froide, impersonnelle.



Thomas acquiesça, silencieux, comprenant sans doute l’immensité du gouffre qui s’était ouvert entre nous. Il n’essaya pas de me retenir.


Lorsque j’ouvris la porte du salon, la scène qui s’offrit à moi me figea sur place. Marc était assis sur le canapé, torse nu, un verre de vin à la main. Sophie, enroulée dans un plaid, était blottie contre lui, sa tête sur son épaule. Ils avaient l’air… paisibles. Complices. Un nouveau coup de poignard, plus vicieux encore.


Marc leva les yeux vers moi. Son regard n’était plus celui de tout à l’heure. Il n’y avait plus de colère, plus de question. Il y avait une intensité sombre, presque sauvage. Un regard de prédateur qui venait de repérer sa proie. Son regard me déshabilla, bien plus efficacement que les mains de Thomas.


Sans un mot, il se leva, posa son verre. Il traversa la pièce, ignorant Sophie, et vint se planter devant moi. Il sentait le sexe, la sueur de Sophie, et en dessous, cette odeur fondamentale qui était la sienne. Une onde de choc me parcourut.


Il passa une main dans mes cheveux, à la racine, et attira ma tête en arrière, sans brutalité, mais avec une autorité qui ne souffrait pas de discussion. Son autre main se posa sur ma hanche, à l’exact endroit où Thomas l’avait touchée. Mais cette fois, ce n’était pas une exploration. C’était une revendication.



Il ne salua pas. Il me prit par la main et me guida vers notre chambre. Sa main était ferme, chaude, inexorable. Je le suivis, docile, le cœur battant à tout rompre. La peur avait disparu. La jalousie aussi. Il ne restait plus qu’une attente vibrante, une soumission anticipée.



MARC


La voir sortir de cette chambre, le visage fermé, les yeux légèrement vitreux, m’avait rempli d’une fureur glacée. Puis j’avais vu la trace à peine visible du bout des doigts de Thomas sur son bras, et la glace avait volé en éclats, laissant place à un feu purificateur. Elle était à moi. Seulement à moi.


Quand je l’ai attirée contre moi, quand j’ai senti son corps se raidir puis se fondre dans mon étreinte, j’ai su. Le jeu était fini. Un nouveau commençait. Notre jeu.


Dans notre chambre, je claquai la porte derrière nous. L’odeur était la nôtre. Notre sanctuaire. Je la poussai contre le bois et plaquai mes mains de chaque côté de sa tête. Je plongeai mon regard dans le sien.



Elle secoua la tête, les yeux écarquillés, un mélange de peur et d’excitation.



Le défi dans sa voix attisa le feu. Un sourire cruel et excité retroussa mes lèvres. Je me penchai et collai ma bouche contre son oreille.



Ma main se referma sur le haut de sa robe, et d’un geste sec, je déchirai la soie fragile. Le tissu céda avec un bruit satisfaisant.



Elle gémit, un son de protestation et d’abandon. Je laissai mes lèvres descendre le long de son cou, goûtant sa peau, la marquant de la possession de mes dents. Je sentais sous ma bouche les battements affolés de son cœur. Je la dépouillai des lambeaux de soie noire, la laissant nue et frémissante contre la porte.



Elle secoua la tête, incapable de parler.



Ma main glissa plus bas, s’enfonçant dans la chaleur humide entre ses jambes. Elle haleta, ses yeux se révulsant.



La jalousie qui m’envahit alors n’avait rien de froid. C’était un carburant, pur et violent.



Je la portai jusqu’au lit et la possédai avec une sauvagerie que nous n’avions jamais connue. Ce n’était pas faire l’amour. C’était une réclamation. Une exorcisation. Chaque baiser était une punition et une bénédiction. Chaque caresse, une revendication. Je lui fis avouer, dans des gémissements entrecoupés, ce qu’elle avait ressenti, ce qu’il avait fait, et j’utilisai chaque détail pour la faire jouir à nouveau, plus fort, plus profondément, jusqu’à ce qu’elle pleure et crie mon nom, jusqu’à ce que l’image de l’autre homme soit brûlée, balayée, remplacée par la mienne, indélébile.


Et quand nous nous effondrâmes, épuisés, couverts de sueur et marqués par la passion, le silence qui régna n’était plus lourd de secrets, mais chargé d’une nouvelle entente, brutale et honnête. Allongés face à face, nos souffles se mêlaient, nos regards ne se quittaient plus.


Un sourire lent, complice, presque sauvage, naquit sur ses lèvres gonflées.



Je ris, un rire grave et libéré. Le nouveau jeu venait de commencer. Et nous en étions les seuls maîtres.