Tout le récit s’exprime par des dialogues entre quatre copines. Donc, ce sera un texte verbeux. Cette histoire se déroule avant l’arrivée des téléphones portables pour le grand public. Bonne lecture :)
Présentation
Quatre copines en vacances :
- Sophie (Fifi) : la planificatrice, plutôt modérée, à la langue parfois acérée.
- Amandine (Didine) : la vicieuse qui saute sur tout ce qui bouge, ou presque.
- Léna (Nana) : la sage (en apparence), mais qui n’est pas à la traîne.
- Myrtille (Mimi) : la plus jeune, notre héroïne qui ne veut pas mourir idiote et vierge.
Myrtille a bien eu des petits amis, mais elle n’a pas été bien loin avec eux. Elle sentait confusément qu’elle allait simplement servir de kleenex. En clair : on se mouche puis on jette, ce qui n’est pas une perspective très folichonne, même pour une aspirante cochonne. La jeune fille souhaite quand même mieux pour sa réelle première fois, avec un peu de romantisme, car on n’est pas des bêtes !
Avant d’entrer à l’université, Myrtille aimerait bien vivre un amour d’été pour se faire plein de souvenirs et en finir avec son hymen, d’autant que les récits tumultueux de sa copine Amandine lui donnent des envies. Cette dernière n’a pas froid aux yeux (et ailleurs), et consomme les garçons et les hommes à la chaîne, sans état d’âme.
Pour réduire les frais, les quatre copines sont parties ensemble en vacances, louant un bungalow. André, le frère de Léna, est venu dans le même camping, accompagné par deux amis à lui, mais leur bungalow est situé plus loin.
Bien sûr, Amandine a vite repéré les lieux et surtout les mâles intéressants. Comme ses tenues sont aguichantes, ce qui est souvent un euphémisme, l’écrasante majorité des adultes, hommes comme femmes, savent qu’elle existe. Quelques heures après son arrivée, elle se faisait déjà enguirlander comme du poisson pourri par deux femmes jalouses.
Sophie a surtout repéré les bons coins, peu importe leur nature, les bons endroits sur la plage, les restaus et autres. Elle a aussi fait le tour des magasins locaux pour savoir où il serait judicieux d’acheter telle chose et non celle-là. Pas besoin pour elle de prendre des notes, sa mémoire d’éléphant y pourvoit. Elle a déjà été abordée plusieurs fois, mais n’a pas donné suite, du moins pour l’instant.
Léna a passé un deal avec son frère : tu ne dis rien sur moi, je ne dis rien sur toi, OK ? André a dit « oui » tout de suite, d’autant que ses voisines de parcelle, des jeunes Allemandes assez francophones, sont très intéressantes. Quant à la sœur, elle se balade parfois avec Amandine en mode « chasse », ce qui lui permet de commencer à dresser une liste des opportunités. En revanche, personne ne l’a encore insultée, son apparence fort sage aide beaucoup.
Quant à Myrtille, c’est surtout son histoire qui vous sera contée ci-dessous, avec un léger retour en arrière, alors que les quatre copines viennent juste d’arriver au camping…
Accueil
En cette belle fin de matinée (après avoir roulé toute la nuit), tandis qu’elles se dirigent toutes les deux en marchant vers l’accueil pour récupérer diverses informations après avoir pris possession de leur bungalow en compagnie du frère de Léna, Myrtille demande sans détour à cette dernière :
- — Il vaut quoi, Michel, le copain de ton frère ?
- — Michel ? Un brave garçon, parfois un peu étrange.
- — Ah bon, étrange ?
- — Oui, il s’intéresse souvent à des sujets pas très communs. En revanche, il ne te bassinera pas avec le foot ou les voitures, il n’aime pas ça.
Myrtille s’étonne franchement :
- — Un garçon qui n’aime pas le foot, ça existe ?
- — La preuve : Michel.
- — Il est collectionneur de timbres-poste, de papillons ou de crottes de nez ?
Léna se met à rire :
- — Idiote ! C’est un fou furieux de géographie surtout. Demande-lui la capitale d’un pays inconnu, et t’auras en prime son nombre d’habitants, sa surface et son historique depuis le déluge.
- — Ah oui… le type genre « Questions pour un champion » …
- — Un peu… mais tu auras remarqué qu’il n’est pas moche…
Tandis qu’elles sont presque arrivées, Myrtille ajuste son chapeau de paille :
- — À ton avis, pourquoi je te demande des infos ?
- — Il t’intéresse vraiment ? C’est pas un mauvais choix pour toi, je sais qu’il est plutôt du genre cool et patient.
- — Il a une copine ?
À cette question, Léna répond franchement :
- — J’en sais rien, mais tu remarqueras que, s’il en avait une, il n’est pas venu avec. Donc j’aurais tendance à penser qu’il n’en a pas. Tu me suis ?
- — Pigée. Merci, Léna… bon, je vais voir ce que je peux faire.
- — Tu vas t’y prendre comment ?
Faisant une petite moue, Myrtille avoue :
- — Ben, j’improviserai sur place… Je ne suis pas plus conne qu’une autre…
- — Bonne chance, ma Mimi.
- — Merci ! J’espère que ça va matcher !
Elles entrent à présent dans la petite bâtisse qui abrite l’accueil.
Premier rapport
Le soir de leur arrivée, quand elles sont toutes réunies autour d’une table pliante, dehors devant le bungalow, Amandine met directement les pieds dans le plat :
- — Eh bien, Mimi, t’as fait un sacré rentre-dedans à Michel !
- — C’est pas comme ça que tu fais d’habitude ?
- — Je suis plus subtile, ma chère…
- — Toi, subtile ? Dès que tu vois un beau mâle, tu fonces dessus comme un semi-remorque en folie qui n’a plus de frein !
Assez surprise par cette comparaison, Amandine ouvre de grands yeux :
- — Tu me compares à un semi-remorque, moi si svelte ?
- — C’était pas une allusion à ton physique, Didine ! Tout le monde sait bien que tu ressembles beaucoup plus à Vénus qu’à Quasimodo !
- — Je préfère Aphrodite, ça commence et ça se termine par la même lettre.
Prenant des chips dans le bol pour les mettre dans sa main, Myrtille soupire :
- — Aphrodite si ça te chante, mais pour moi, ça sonne trop comme « affreux ».
- — Ou aphrodisiaque… Bon, revenons à nos moutons. Ça a donné quoi avec Michel ? On a toutes vu que vous êtes partis faire un petit tour, tous les deux. T’as conclu ?
- — Disons que Michel n’est pas un manchot. De plus, il embrasse bien.
Amandine persifle :
- — Un comparatif ? T’as souvent embrassé des garçons, toi ?
- — Oui, Madame ! Dès la maternelle, figure-toi !
- — Ça devait être bien baveux !
- — De quoi j’me mêle !?
De sa voix douce, mais autoritaire, Léna intervient :
- — Arrêtez les filles ! Moi, je veux savoir pour Mimi et Michel. Tiens, ça donne deux Mimi, quand on y réfléchit.
- — OK, je reconnais lui être rentrée dedans, mais au moins, il a compris le message. Par la suite, il m’a avoué qu’il avait demandé des infos sur mon compte à ton frère.
Se souvenant de l’épisode de la fin de matinée, Léna sourit :
- — Comme toi avec moi, Mimi… Bon, en clair, tu l’avais dans le collimateur et lui aussi. C’est un très bon signe, tout ça !
- — Plutôt… Ça s’est déroulé comme sur des roulettes bien huilées. Je ne pensais pas que ça serait si évident. Remarque, j’me plains pas.
Reposant son verre, Amandine revient à la charge :
- — Et on peut avoir des détails ?
- — Ben… il a tilté sur moi, il a réellement envie de moi ! Ou alors c’est un très bon comédien, mais je préfère la première solution.
- — Ça me semble évident qu’il a envie de toi ! J’ai bien vu comment il te regardait quand vous êtes partis faire vos cochonneries !
Ayant fini la moitié de ses chips, Myrtille s’agace :
- — On n’a pas fait de cochonneries, espèce de perverse ! Juste se parler, puis s’embrasser et… euh… un peu plus…
- — C’est quoi le « un peu plus » ?
- — Il a glissé ses mains sous mon T-shirt.
- — Que sous ton T-shirt ?
- — OK, OK ! Sous mon maillot de bain aussi, mais que en haut, pas en bas. Michel sait se tenir. Pour info, il ne m’a pas pris les fesses non plus. Mais bon, j’ai bien senti qu’il était vraiment dur dans son short !
Jouant avec son verre, Sophie ouvre la bouche :
- — Ça va, il a été à moitié sage.
- — En tout cas, il avait les mains bien baladeuses, mais Monsieur connaissait déjà assez bien l’anatomie féminine. Il a su les mettre à chaque fois au bon endroit. Ce petit cochon a même joué avec mes tétons, et pas en faisant n’importe quoi ! J’ai beaucoup aimé…
- — Ah oui, en effet, une certaine expérience…
Myrtille grimace :
- — Ben justement, c’est ça qui m’embête un peu… Si je ne suis qu’un simple numéro parmi plein d’autres, ça ne me branche pas des masses !
- — Eh bien, pose-lui la question.
Manquant de renverser le reste de chips qu’elle a en main, Mimi s’exclame :
- — Eh t’es folle ! Ça s’demande pas !
- — Glisse-le comme un compliment… du genre : tu sais bien t’y prendre, comment tu as fait ? C’est neutre. Ensuite tu aviseras quand il t’aura fourni une réponse.
Cacahuètes et noix de cajou en main, Amandine enchaîne :
- — Il peut très bien avoir acquis son expérience avec cent filles, comme avec une seule, si celle-ci l’a bien initié. La vérité doit être entre les deux. Peut-être une dizaine.
- — Une dizaine ? Déjà cinq, c’est de trop !
Amandine s’étonne :
- — Pourquoi cinq ?
- — C’est déjà pas mal ! Bon, je sais que cinq, tu les as vite dépassés, Didine. Je pense même qu’il faut ajouter un zéro.
Enlevant la peau autour d’une rondelle de saucisson, Sophie s’amuse :
- — Avec deux zéros, tu serais plus proche de la vérité !
- — Halala, t’es méchante ! (Amandine)
- — Oui, t’abuses ! (Léna)
Myrtille recentre la conversation sur elle et son nouveau petit ami :
- — Bon, avec Michel, c’est bien parti. On verra demain comment ça se goupille.
- — T’as raison : un jour à la fois.
Les quatre copines se resservent un verre bien mérité.
Expérience
Le jour suivant, comme précédemment, Myrtille fait son rapport à ses trois copines :
- — Ah, j’ai réussi à en savoir un peu plus sur Michel… sur ses ex…
- — Ah oui ? Raconte !
- — Il n’en a pas eu beaucoup, mais il a été initié par une femme mariée, et pas qu’une seule fois.
- — Une femme mariée ? Elle avait quel âge ?
- — Je ne sais pas trop. C’était une voisine, plus précisément la voisine des voisins. D’après ce qu’il m’a dit, elle lui a enseigné ce qu’elle aurait aimé trouver chez son mari.
- — D’accord… donc s’il a été pris en main par une femme déjà bien experte, ça explique bien des choses…
La bouche à moitié pleine de pistaches, Amandine demande :
- — ‘Cha’ y est, vous avez ‘conchommé’ ?
- — Pas encore, mais presque !
- — Raconte !
- — Bah, je ne vais rien t’apprendre de nouveau, Didine… t’en sais et t’en fais nettement plus que moi.
- — Peu importe ! Accouche !
Posant son verre sur la table pliante, Myrtille explique :
- — On était tous les deux en maillots de bain, ça a facilité les choses. On s’est d’abord bien embrassé comme des sangsues, puis j’ai vite perdu le haut. Il s’est bien occupé de mes seins, très bien. Ça sert à quelque chose d’avoir été initié par une vraie femme.
Sophie prend la mouche :
- — Une vraie femme ? Pourquoi ? Il y en a des fausses ?
- — Halala, je veux dire une femme dans la splendeur de son âge, ça te va ? Bon bref, il m’a bien peloté les lolos, sans les pétrir comme un malade, juste comme il faut, ni trop, ni pas assez. Il s’est aussi bien occupé de mes tétons en les croquant, en les suçant, en les aspirant. C’était franchement trop bon !
Sa bouche à présent vide, Amandine s’amuse :
- — Arrête ! Tu vas me donner envie de te le piquer !
- — T’as pas intérêt ! Sinon ta face d’Aphrodite va devenir affreuse !
- — C’est facile, ça !
- — Je fais ce que je peux avec les moyens du bord, Didine ! J’suis pas Einstein !
Découpant quelques tranches de saucisson, Léna intervient :
- — La suite, s’il te plaît.
- — La suite ? Michel est descendu vers mon ventre qu’il a largement bisouté, et puis il est descendu encore plus bas, en repoussant d’abord un peu le tissu… et après, ben, y avait plus de tissu.
- — Toute nue, c’est ça ? Au fait, t’étais bien épilée ?
- — Ben avec les maillots qu’ils vendent maintenant, t’as intérêt !
- — C’est vrai que ça devient de plus en plus riquiqui !
Amandine sourit béatement :
- — Les hommes ne s’en plaignent pas, et certaines femmes aussi !
Myrtille essaye de reprendre sa narration :
- — Si ça ne vous dérange pas, je continue. Bon, ensuite, j’ai eu une très bonne surprise : il s’est vraiment bien occupé de ma fente avec sa langue ! Lui au moins, il sait où se situe le clito ! J’ai vu des étoiles partout, c’était dingue de chez dingue ! Il m’a fait jouir comme ça plusieurs fois !
- — Eh bé !
- — Et tu sais quoi ? Après chaque jouissance, il venait me faire un french kiss avec ma cyprine ! J’aurais jamais cru que c’était si bon !
S’emparant d’une rondelle de saucisson, Sophie s’amuse :
- — Qu’est-ce qui était si bon ? Le baiser ou ta cyprine ?
- — Les deux, ma Fifi ! Oui, j’ai bien fait de flasher sur Michel, et je ne regrette pas de lui avoir fait un rentre-dedans pas très subtil.
- — Et après ?
- — Ben, moi, j’avais ma dose, j’en pouvais plus, j’étais aussi raplapla qu’une feuille de papier passée sous un rouleau compresseur ! Mais je ne pouvais pas le laisser comme ça. Alors, j’ai soulagé sa tension…
Pragmatique, Léna résume :
- — En clair, tu lui as fait une fellation.
- — Non Madame, trois en tout et pour tout, mais pas à la queue leu leu…
- — Trois ?
- — Ben oui, il avait des réserves à évacuer. Bon, il était tellement excité qu’il est venu rapidement dans ma bouche. Il a été tout heureux que j’avale, je sais que les garçons aiment ça. Et puis, son sperme n’avait pas mauvais goût, contrairement à certains.
- — T’as visiblement tiré le bon numéro !
Jouant avec sa rondelle de saucisson, Myrtille s’amuse :
- — Oui, dans les deux sens du terme, ma cocotte ! Je sens que je vais continuer avec Michel, sans lui chercher un remplaçant. Du moins, pas tout de suite.
Sophie admoneste :
- — Tss, tss, Mimi : un bon tien vaut mieux que cent tu l’auras.
- — C’est pas « deux » qu’on emploie dans cette maxime ?
- — Peu importe, tu as très bien compris ce que je voulais dire.
Les jours suivants, Myrtille et Michel approfondissent joyeusement leur relation sans toutefois franchir un certain pas assez décisif.
Bungalow
Deux jours plus tard, lors du repas du midi en commun avec les autres filles, tandis que les garçons en font de même devant chez eux, Myrtille demande à sa voisine, Léna :
- — Au fait, Nana, tu sais que ton frère est souvent en visite dans le bungalow de ses voisines allemandes ? Son copain aussi.
- — C’est ce que j’avais compris. André et moi avons passé un pacte : je ne m’occupe pas de ses oignons et ni lui des miens.
- — Sage décision !
Se resservant en salade de tomates, Amandine questionne la nouvelle copine de Michel :
- — Rien de nouveau pour vous deux ? Toujours bisous et léchouilles ?
- — On discute aussi de temps en temps ! Michel a été étonné quand je lui ai annoncé que j’étais toujours vierge.
- — Tu m’étonnes !
- — Il l’a été encore plus quand je lui ai annoncé que c’était avec lui que je voulais perdre ma virginité. Il m’a demandé si j’étais vraiment sûre de moi, car ce n’était pas une mince affaire.
- — Ah, un garçon sérieux ! Ça devient rare !
Sophie empêche Mimi de répondre, en lançant une plaisanterie de son cru :
- — Oh si, c’est mince, l’hymen est très fin !
- — C’est une plaisanterie très fine ! Au fait, Fifi : ça fait vraiment mal ? On saigne vraiment beaucoup ?
Interloquée, Sophie ouvre de grands yeux :
- — Pourquoi tu me demandes ça à moi ?
- — Parce que t’as prévu de faire des études en Médecine.
- — OK, je comprends. Ma réponse ne va pas te plaire : ça dépend des femmes. En général, ça fait un peu mal et ça saigne un peu. Aux extrêmes, c’est parfois tellement résistant qu’on ne peut pas pénétrer, ou bien ça rentre comme une fleur, parce que c’est élastique ou déjà déchiré ou carrément absent.
Dubitative, Myrtille se gratte la tête :
- — Oui, ça m’aide pas ! Bon, je suppose que Michel mettra les bouchées doubles pour que ce soit une réussite.
- — En parlant de bouchées doubles, on ne sait toujours pas s’il a un gros kiki.
- — Son kiki est bien foutu. En tout cas, il est plus gros que mes ex, mais plus petit que les machins qu’on voit sur les films X.
- — Tu regardes des films X ?
- — Comme tout le monde !
Posant sa fourchette, Sophie demande :
- — T’as vu le kiki de tes ex ? Et t’es toujours vierge ?
- — On peut jouer à touche-pipi, je te signale, mais t’en sauras pas plus, na !
Léna recentre le débat :
- — Alors, ta première fois, c’est prévu pour quand ?
- — Euh… ce soir… Ses copains libèrent le bungalow, ils vont à côté… Donc, on l’aura pour nous deux. Michel veut qu’on passe la soirée ensemble, puis la nuit et qu’on déjeune au petit matin en tête-à-tête.
- — Un romantique, ton Michel.
- — Honnêtement, j’ai un peu peur, mais je me dis qu’avec lui, ça devrait le faire sans souci. Du moins, je l’espère. Pour l’instant, tout s’est toujours bien passé.
La mine gourmande, Amandine demande :
- — Tu nous raconteras ?
- — À ton avis, qu’est-ce que je raconte depuis le début des vacances ? La recette de la tarte aux pommes ?
Les filles rigolent et souhaitent bonne chance à Myrtille.
Comme un jeune couple
Le lendemain en milieu de matinée, Sophie voit venir vers le groupe une Myrtille tout sourire qui semble flotter sur son petit nuage :
- — Bon, faut pas te demander si ça s’est bien passé ! (Sophie)
- — Ah ça, faudrait être aveugle ! (Léna)
- — Belle réussite, à ce que je comprends (Amandine)
Des étoiles plein les yeux, Myrtille s’assied en soupirant :
- — Pour une première fois, ce fut une belle première fois !
- — Ne nous fais pas languir ! Raconte-nous tout !
Après avoir rempli un verre et bu la moitié, Myrtille commence son récit :
- — Commençons par le commencement : pour marquer le coup, il avait proposé d’aller au restau, mais j’ai pas voulu, je préférais qu’on soit seul à deux, dans l’intimité. Alors il m’a dit que ce serait pour une autre fois.
- — Finalement, vous avez mangé quoi ? (Léna)
- — On a fait simple : on a commandé des pizzas. Mais Michel a posé une condition pour qu’on les mange…
- — Ah oui, laquelle ? (toujours Léna)
- — Qu’on soit tout nu tous les deux…
Affichant un large sourire, Amandine dit alors :
- — Il ne perd pas le nord, ton Michel.
- — Bon… je ne vais pas trop faire dans le détail, mais… il a mangé sa part à sa façon… sur moi… voilà, voilà…
- — Ah oui !
- — J’ai même dû prendre une douche, mais je ne l’ai pas prise toute seule.
- — Le contraire aurait été étonnant ! Très frotti-frotti, cette douche, n’est-ce pas ?
- — Ben oui… et très très excitante !
Visiblement, le sourire béat de Mimi démontre que ce souvenir reste encore bien gravé en elle. Voulant en savoir plus, Léna demande :
- — Et après la douche, le lit, je suppose…
- — Tu supposes bien… Là, il m’a carrément fait le récapitulatif de tout ce qu’on avait déjà pu faire. Je ne vous dis pas comment j’ai pu jouir et combien de fois ! Et ensuite… on est vraiment passé au plat de résistance…
Sophie se moque :
- — Je croyais que c’était la pizza !
- — T’as toujours le mot pour rire, Fifi ! Là, il a commencé par une léchouille, sauf que… comme j’étais bien en condition, c’est son machin qui a pris la place de sa langue.
- — Capote or not capote ?
Myrtille dévoile un peu l’historique des préparatifs non hâtifs :
- — On en avait discuté avant. Pour ma première fois, autant avoir une totale… C’est ce que je lui ai dit.
- — Donc zéro latex.
- — Ben oui, autant découvrir ce que ça fait jusqu’au bout, non ?
Amandine affiche un large sourire de connivence :
- — J’aime ta façon de voir les choses ! Et donc, le moment ultime ?
- — Mon chéri avait badigeonné son engin avec un lubrifiant. Mais je mouillais déjà comme une petite folle, je dégoulinais !
- — À ce point ?
- — Une vraie fontaine ! On l’a fait à la missionnaire pour commencer, les yeux dans les yeux. J’ai eu un peu mal, mais pas grand-chose. Faut dire qu’il y a été doucement. Puis quand le plus difficile est passé, quand il a réussi à tout mettre, alors il a accéléré le tempo, et là, j’ai carrément décollé en musique ! C’était dingue de chez dingue !
Trois paires d’yeux braqués sur elle, Myrtille marque une légère pause, avant de remettre le couvert :
- — C’est pas pareil qu’un cunni, c’est plus… je ne trouve pas les mots… comment dire… le cunni, c’est la solution de facilité. Le coït, ça demande un peu plus de… doigté… mais pas avec les doigts…
Didine se plaisante gentiment :
- — Non, non, de queue, comme au billard ! Mais c’est un peu l’effet que ça me fait, à moi aussi, Mimi. Je ne te parlerai même pas de la sodo.
- — Eh oh, une chose à la fois ! En tout cas, j’ai compris ce que les verbes « tringler » et « pistonner » signifiaient ! Une vraie locomotive ! Ça me faisait un effet fou de me sentir envahie comme ça. Puis d’un seul coup, il s’est mis à hululer, et il a tout lâché en moi !
- — Il était silencieux avant ?
Les yeux pleins d’étoiles à se souvenir de sa soirée, Mimi débite :
- — Non, entre deux « han », il me demandait souvent si ça allait. Moi, je lui répondais « encore, vas-y ». Au début, il me traitait comme si j’étais en cristal, puis il a compris que ce n’était pas le cas. Je crois que j’aime bien quand c’est un peu… euh… animal…
- — Le sexe bestial a son charme, ma petite débutante. En tout cas, bienvenue dans le club des Grandes !
- — Merci, Grand Prêtresse du Sexe ! Me faire laminer le tunnel, c’est quelque chose ! Mais se faire remplir de sperme, c’est… c’est… ben… c’est aussi quelque chose !
Se souvenant sans doute de diverses séances, Léna confirme :
- — Je connais ça. Le problème est que c’est un peu sale ensuite. Non, « sale » n’est pas le bon mot, mais c’est quand même la poisse à nettoyer. Ça ne devrait pas être aussi gluant ! La Nature a mal fait les choses !
- — Ah ça, c’est ben vrai ! (Sophie)
- — Parfaitement d’accord avec toi ! (Amandine)
- — Je suis le mouvement, je suis aussi d’accord ! (Myrtille)
Les yeux brillants, Amandine reprend la main :
- — Bref, t’as aimé.
- — Ça oui. J’avais lu que la première fois était décevante, je suis bien contente d’être l’exception qui confirme la règle ! Quand il s’est retiré, ça m’a fait un sentiment de vide. Encore heureux qu’il avait mis une couverture en dessous, car je ne te dis pas le massacre entre mon sang, son sperme et peut-être ma cyprine…
Sophie soupire :
- — Épargne-nous certains détails, Mimi…
- — Ben quoi, c’est vrai, non ?
- — Oui, c’est vrai, ma Mimi, je confirme. (Léna)
Rassurée, Myrtille continue :
- — On s’est reposé un peu, mais il ne m’a pas abandonné comme une vieille chaussette, il m’a câlinée durant tout ce temps. Je me sentais gravement bien. Et puis… ben… on a recommencé plusieurs fois, en variant les positions.
Sa main contre sa joue, fixant la narratrice, Amandine s’informe :
- — Alors, c’est laquelle ta préférée ?
- — À quatre pattes, c’est pas mal, je me suis sentie encore plus prise, possédée ! Mais allongée de côté et prise par l’arrière pendant qu’il me pelote les nichons, c’est pas mal non plus.
- — Et toi par-dessus ?
- — On l’a fait, ça rentre profond, mais… c’est moins ça, j’étais un peu gênée…
- — C’est marrant, c’est ma préférée, celle-là !
Les yeux constellés d’étoiles, Myrtille continue son rapport :
- — Bref, quand on a été tous les deux bien vidés, on s’est endormis dans les bras l’un de l’autre, j’ai bien aimé, là aussi. Et puis au petit matin, on a recommencé ! Je vous épargne les détails, mais comme petit-déj, c’est très bon !
- — Tu as au moins pris un vrai petit-déj ?
- — Oui, bien sûr. De son côté, ce gros cochon de Michel a mis de la confiture sur mes seins, puis il a tout léché !
- — Pas con !
Affichant un soupir lumineux, Myrtille soupire un grand coup :
- — Bref, ma première fois a été une belle réussite ! Je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde.
Ses trois copines répondent illico en cœur :
Puis tout le monde se met à rire.
Perfectionnement
La première fois de Myrtille ayant été une réussite, elle a récidivé avec joie, pour la plus grande satisfaction de Michel. Bien sûr, il y eut d’autres rapports, mais ça deviendrait répétitif d’expliquer en long, en large et en travers les acrobaties sexuelles des deux jeunes tourtereaux.
Disons pour simplifier qu’ils y vont de bon cœur dans toute l’ardeur de leur jeunesse.
Entretemps, les trois autres filles ne sont pas restées inactives, loin de là. Amandine change de partenaire presque chaque jour, et parfois elle s’en offre deux en même temps. De son côté, Sophie en est à son troisième depuis le début, et elle s’apprête à changer à nouveau. Enfin, Léna en est à son deuxième, le premier n’ayant duré que deux jours. On dira que c’est la moins dissipée, si on excepte Myrtille qui en reste à un seul.
Depuis quelques jours, imitant Didine, Mimi est souvent en mode « topless », afin que son chéri puisse bien la mater et souvent la toucher (et pas que des yeux). Son dévergondage ne se limite pas qu’au haut, puisqu’elle met souvent un string qui ne cache pas grand-chose de ses fesses fort appétissantes.
On peut dire que c’est un bel été pour tout le monde.
La dix-septième lettre
Un peu plus tard, alors que la routine commence à s’installer, lors du traditionnel compte-rendu quotidien, Myrtille balance toute contente :
- — Ça y est, il m’a enculée !
Les trois autres copines sont étonnées qu’elle annonce ce genre de chose, comme si elle avait mis de l’eau à chauffer pour les pâtes ou le café. Plus prompte que ses voisines, Amandine se lance dans la conversation :
- — Eh bé, comme tu y vas, Mimi ! Ça ne t’a pas trop fait mal ?
- — Ben non ! Au début, c’est curieux comme sensation, mais après j’ai franchement pris mon pied à donf ! J’aurais pas cru !
Léna hausse un sourcil :
- — À donf ? En étant enc… sodomisée ?
- — Faut dire que mon cochon à moi a fait une tonne de préliminaires avant, et que pendant qu’il me mettait sa bite dans le cul, il a continué !
Outrée, Sophie lâche :
- — Tu deviens vulgaire, Mimi !
- — Eh oh ! J’ai entendu pire dans ta bouche, Sophie !
Prenant la balle au bond, Amandine s’exclame :
- — Ah ça oui ! Nettement pire ! Et pas que « entendu » !
Sophie grimace. Amandine se tourne vers Myrtille :
- — Donc ça t’a plu ! Raconte !
- — Je ne sais pas comment raconter ce genre de chose…
- — Pour commencer, pourquoi tu l’as fait ?
- — Ben… j’ai mes ragnagnas… mais j’avais envie de quelque chose de plus… fort… Alors, Michel a pris les choses en main, si je puis dire. Comme d’hab, il m’a bisoutée partout, embrassée partout, caressée partout, pelotée partout…
Amandine la coupe :
- — On a compris ! La suite !
- — J’étais bien excitée ! Il m’a même léché le clito !
- — Malgré tes ragnagnas !?
- — Ben, ça ne semblait pas trop le gêner ! Pourtant, je ne te dis pas l’odeur quand c’est comme ça !
Sophie intervient à nouveau :
- — On veut la suite sans les détails sordides, Myrtille !
- — Je peux dire qu’il m’a léché la rondelle ? C’est pas trop sordide ?
Amandine et Léna sont mortes de rire, surtout devant l’air un peu pincé de Sophie. Fière de son effet, Myrtille continue :
- — C’était pas la première fois qu’il le faisait, mais cette fois-là, ça a été plus… euh… profond…
- — Normal, il préparait le terrain !
- — Il a quand même utilisé un lubrifiant, le même que pour ma défloration.
- — Ah ça, t’avais oublié de nous le dire !
Léna se tourne vers sa voisine :
- — Mais si, elle en avait parlé ! Mimi avait même dit que le lubrifiant n’avait pas été très utile, tellement elle mouillait.
- — Ah oui, en effet… j’avais oublié…
Semblant revivre le moment, Myrtille s’excite toute seule :
- — Bref, je me suis retrouvée empalée, les jambes bien écartées, assise sur lui, lui tournant le dos ! Dans cette position, j’ai pu doser.
- — En général, c’est plutôt à quatre pattes ou allongée sur le ventre, les fesses à l’air. (Sophie)
Amandine rectifie un peu :
- — Une position pour débuter : allongée sur le dos, un coussin sous les fesses, le bonhomme devant entre les cuisses.
- — Ah oui, c’est pas mal.
Passant outre, Myrtille continue :
- — Il a réussi à tout mettre, et ça ne m’a pas vraiment fait mal. La sensation était plutôt étrange, mais ça me faisait des tas de trucs ! C’était totalement dingue ! Michel était complètement en moi, avec sa belle queue dans mon p’tit cul, il me masturbait, il me pelotait les lolos, il me bisoutait dans le cou, c’était franchement l’apothéose !
- — Eh bé !
- — J’ai joui comme une petite folle, et encore plus quand j’ai compris qu’il était en train éjaculer, qu’il me remplissait ! Rien que d’y penser, j’en mouille !
À moitié amusée, Sophie modère :
- — On se calme, ma petite ! On se calme !
- — Me calmer ? Lui aussi était déchaîné ! L’instant d’après, je me suis retrouvée à quatre pattes pendant qu’il me défonçait à nouveau le cul. Oh bordel de bordel, c’était… c’était bestial, mais qu’est-ce que j’ai pris mon pied !!
Un peu intriguée, Léna dit :
- — Je croyais qu’il avait déjà éjaculé ?
- — Ben oui, mais il a remis le couvert aussitôt !
- — Houlà, il devait être en manque, le Michel !
- — Ben, y avait pas que lui… Oh putain !
Puis Mimi se tourne vers Didine :
- — Toi qui es spécialiste du sexe, t’as une explication au fait que j’ai pu grimper aux rideaux, telle une fusée pour la lune ?
Un peu surprise par la question, Amandine concède le dernier mot :
- — Pour la lune, c’est pas faux…
- — Alors, c’est quoi ton expertise ?
Amandine s’apprête à répondre sérieusement :
- — Oui, j’ai sans doute plus d’heures de vol à moi toute seule que vous trois réunies. Bon, pour répondre à ta question, Mimi, disons que… c’est différent. Par-derrière, ça a un côté plus transgressif, alors que par-devant, c’est plus classique.
- — Ah d’accord.
- — C’est vrai qu’il y a moins de danger à passer par l’entrée des artistes quand t’as pas de préservatif. Mais j’avoue que tu te prives d’une partie de la chose…
- — Ah ? C’est-à-dire ?
Jouant les institutrices (profs des écoles), l’index bien dressé en l’air, Amandine répond faussement savante :
- — Le sperme, la semence, le foutre, chère demoiselle. Il y a une certaine jouissance à se sentir remplie de la sorte.
- — Je comprends ce que tu veux dire… je… j’ai ressenti la même chose quand Michel a tout lâché en moi… et aussi quand…
- — Quand ?
- — Ben, quand c’est ressorti…
Sophie lève les yeux au ciel :
Amandine répond à la place de Myrtille :
- — Quand c’est trop propre, y a pas de plaisir !
- — Mais quand même !
Affichant un beau sourire, Amandine se tourne vers Myrtille :
- — T’inquiète, c’est normal. L’amour, c’est un peu dégueu, mais c’est grave bon !
- — Tu me rassures.
Puis, d’un même élan, les quatre copines trinquent conjointement.
Prospectives
Les quatre copines sont à nouveau réunies, la fin des vacances approche à grands pas. Délaissant son verre, Myrtille est songeuse :
- — Je ne sais pas ce qu’il va se passer à la rentrée, mais j’aurai vécu un bel été !
- — Tu ne veux pas continuer avec lui ?
- — Ben, je dirais bien « oui », mais de l’autre côté, je me pose la question… Je t’explique : on est en vacances, c’est différent de la vie de tous les jours. Quand on sera revenus à la grisaille, ça va donner quoi ? C’est comme si tu passais du plein soleil à la lampe de veilleuse !
- — T’exagères en faisant cette comparaison, mais je comprends l’idée.
- — Et puis, les études, ça va devenir sérieux, c’est quand même mes parents qui payent.
Léna propose :
- — Ils peuvent payer moins : il suffit que tu fasses une cohabitation.
- — Ben, c’est ce qui est prévu avec Sophie et sa frangine, non ?
- — Je pensais à une cohabitation avec Michel…
Amandine s’esclaffe :
- — Cohabitation, le mot est bien choisi, hihihi !
- — À condition qu’il veuille, c’est pas dit !
- — Pourquoi il ne voudrait pas ? Il aurait une partenaire de baise sous la main en permanence !
- — T’es pas romantique, Didine !
- — Le romantisme, c’est la cerise sur le gâteau, ma chère ! La base de la base, c’est la baise !
Léna s’amuse :
- — T’as trouvé ce slogan où ?
- — Je l’ai inventé toute seule, mécréante !
Essayant de se projeter dans cet avenir proche, Myrtille devient pensive :
- — C’est vrai que ce serait une solution que de partager un logement avec Michel et faire nos études ensemble, même si on ne sera pas dans la même branche…
- — Demande-lui, qu’est-ce que tu as à perdre ?
- — Ben, ça risque de donner l’impression de je m’accroche, que je m’impose.
- — À toi de voir, Mimi. Tout dépend si tu veux continuer avec lui ou si tu désires passer à autre chose.
- — J’aimerais bien continuer encore un peu. Mais je fais quoi si on se chamaille et que l’un de nous doit quitter l’appart ?
Léna met les choses au point :
- — Si tu commences à ne voir que le côté négatif, tu n’avanceras jamais !
- — Oui, t’as raison, j’ai rien à perdre… En tout cas, grâce à lui, j’ai passé des bonnes vacances et j’ai eu ma dose de sexe !
Amandine intervient :
- — Non, Mimi, on n’en a jamais assez, crois-moi !
- — Mais toi, t’es nympho !
À moitié hilare, Léna ajoute son grain de sel :
- — Didine a raison, elle qui était si sage, il y a quelques années. Moi-même, j’avoue que, parfois, je me laisse aller…
- — Merci de me défendre, Nana !
- — Toi et moi, on est dans le même bateau, mais pas au même endroit…
- — Je vois ce que tu veux dire.
- — Ah ces hommes ! Pourquoi on en a tant besoin ?
Amandine riposte :
- — Tu oublies les femmes… Avec le recul, une femme, c’est bien mieux qu’un homme pour comprendre une autre femme.
- — Tu vas virer gouine ?
- — Pour l’instant, je me contente d’être bi, c’est déjà pas mal !
Les quatre filles se mettent à rire.
Bientôt la rentrée
Une fois n’étant pas coutume, la table pliante est vide. Comme souvent, lors du fameux rendez-vous, c’est Amandine qui veut tout savoir :
- — Alors, ma Mimi, ça a donné quoi, cette histoire de cohabitation ?
- — Ben…
- — Mais encore ?
Faisant une petite grimace, Myrtille répond :
- — Il est OK, mais…
- — Mais quoi ? Il faut vraiment te tirer les vers du nez, toi !
Mimi se cale mieux dans son siège :
- — Il est partant pour qu’on cohabite, je n’aurais même pas de loyer à payer parce que sa famille possède un F2 pas loin de l’université. Bien sûr, je participe aux frais de bouche.
- — Mais c’est tout bon, ça ! C’est quoi le problème ?
- — C’est que… si je cohabite avec lui, c’est pour devenir sa nana rien qu’à lui.
Comme les deux autres copines, Amandine s’étonne :
- — Où est le problème ?
- — J’aurais bien aimé faire comme toi, Didine. Enfin pas autant que toi, mais vagabonder un peu à droite et à gauche.
- — Ah OK ! Je ne sais pas si je suis une bonne référence…
Acerbe, Sophie lâche :
- — Je constate avec plaisir que t’en es consciente.
- — Eh oh, Fifi, c’est ma vie, je fais ce que je veux de mon cul !
- — Tu fais ce que tu veux de ton cul, c’est un fait ! Si ça te chante de le transformer en autoroute, c’est ton problème.
- — T’es jalouse, Fifi, voilà ce que tu es : t’es jalouse !
- — Moi, jalouse ? Tu rigoles ou quoi ?
Myrtille intervient :
- — C’est fini, vous deux ? C’est de moi qu’on cause, et aussi de Michel. Bon, je ne vais pas le cacher, je suis assez flattée que Michel tienne à moi, mais j’ai l’impression que, tout ça, c’est trop tôt et trop rapide.
Rationaliste comme toujours ou presque, Léna objecte :
- — C’est peut-être le bon, ton Michel.
- — Peut-être, mais si je ne vais pas tester ailleurs, je n’en aurai pas la certitude.
- — En allant tester ailleurs, comme tu dis, tu risques de le perdre. Il ne va pas attendre ton bon vouloir éternellement.
- — Et pourquoi il ne m’attendrait pas ?
Amusée, Léna argumente :
- — Inverse un peu les rôles, Mimi. Imagine que tu sois éprise d’un garçon et que celui-ci te dise : excuse-moi ma chérie, mais je dois baiser d’autres filles pour savoir si t’es vraiment la bonne. Tu réagirais comment ?
- — Euh… assez mal…
- — Eh bien, lui aussi. Si tu vagabondes ailleurs, ça signifie que lui aussi peut vagabonder. Et que lui aussi risque de trouver mieux.
Myrtille s’étonne :
- — Mieux que moi ?
- — Disons, plus fidèle, plus fiable et capable de s’investir, elle.
- — Je suis trop jeune pour m’investir !
- — Dans ce cas, ne te mets pas avec Michel. Laisse ta place à une autre.
La réponse fuse illico :
- — Ah non, Michel est à moi !
- — Dans la vie, il y a des choix à faire, Mimi. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le crémier en prime !
Le silence s’installe quelques secondes, puis Amandine propose :
- — À moins que vous deveniez tous les deux un couple libre : vous êtes ensemble, mais parfois, vous vous offrez un petit extra, chacun de votre côté, ou parfois ensemble.
- — Du libertinage, c’est ça ?
- — Exactement. Bon, en général, c’est une étape qui arrive plus tard dans la vie de quelques couples, souvent quand les enfants sont grands. Bref, vingt ans plus tard.
Myrtille soupire :
- — Ça fait long à attendre, vingt ans !
- — Je ne te le fais pas dire, c’est pour cette raison que j’y vais joyeusement maintenant. Et si un jour, je rencontre le bon bonhomme, je pense que je pourrais me ranger. Mais il faudra que ce soit vraiment le bon !
Léna s’amuse une fois de plus :
- — T’es romantique à ta façon, Didine.
- — Oui, oui, à ma façon…
Après un gros soupir, Amandine récapitule :
- — Bon, parlons sérieusement, Mimi. Tu as différents choix devant toi. Tu peux mettre momentanément de côté ton Michel, mais ne va pas te plaindre si une autre lui a mis la main dessus quand tu reviendras vers lui. Tu peux aussi jouer la carte de couple plus ou moins libre, à toi de bien borner ce qui est possible ou pas. Ou bien, tu peux laisser tomber Michel, mais cette option ne te plaît pas trop, puisque tu as déclaré que c’était le Mimi à sa Mimi.
- — Parfois, je te déteste, Didine !
Faisant la sourde oreille, Amandine passe outre :
- — Si tu veux faire comme moi, je peux te conseiller, je peux t’aider, mais est-ce vraiment dans ton caractère ? À prime vue, t’as eu du bol en tombant directement sur Michel.
- — Je sais, j’en suis consciente. Parfois, je me dis que j’aurais dû tomber sur un abruti, je me poserais moins de questions !
- — Eh oui, c’est ça grandir, ma Mimi !
- — Eh ben, c’est pas fun !
Amandine lui tapote l’épaule :
- — À ta place, je profiterais de ces deux derniers jours de vacances avec Michel. Peut-être que la solution sera évidente pour toi d’ici là. Tu découvriras peut-être quelque chose en Michel qui te fera dire : non, c’est pas le bon, ou l’inverse.
- — Et quoi donc ?
- — Je ne sais pas. Il a peut-être des petites manies qui peuvent t’ulcérer.
Voulant être certaine, Myrtille demande :
- — Ulcérer, c’est être agacée, c’est ça ?
- — C’est ça. Perso, un type qui prend toute la place dans le lit et qui ronfle comme un porc, c’est niet. Idem pour celui dont l’hygiène est douteuse. Idem pour les pingres et j’en passe…
Myrtille grimace :
- — Oui, mais toi, tu peux te le permettre ! T’es une bombe !
- — Merci du compliment, Mimi.
Dévisageant posément Amandine, Léna enchérit :
- — Oui, j’aimerais bien avoir le même corps que toi, Didine…
- — Eh, pousse pas ! T’es franchement canon, Léna !
- — Mais pas autant que toi.
Myrtille s’invite au bal :
- — Et moi, qu’est-ce que je devrais dire ? Contrairement à vous trois, j’ai pas un physique de mannequin ni d’actrice !
- — Oui, mais toi, t’as Michel.
- — J’sais pas si c’est une consolation !
Fidèle à ses habitudes, Sophie fait la morale :
- — Toi, tu as trouvé quelqu’un qui t’aime pour ce que tu es, et non parce que tu ressembles à une gravure de mode.
- — Eh, j’y pense : je ressemble peut-être à la femme qui l’a initié !
- — Eh bien, pose-lui la question et tu seras fixée.
Myrtille grimace :
- — Je ne sais pas si c’est intelligent de lui demander ce genre de truc. Parce que, s’il me répond « oui », ça va me gâcher la vie.
- — Il peut aussi te répondre « non ». C’est cinquante-cinquante. De plus, il n’est pas rare qu’un homme reste attaché à un type de femme, parce que ce sont ses préférences qui sont ainsi. Prends Cloclo : que des blondinettes aux yeux bleus !
Le silence s’installe à nouveau quelques instants. Croisant les doigts à plat sur la table, Myrtille récapitule et conclut :
- — On va voir comment on finit les vacances et comment on aborde la rentrée. Didine a raison : le nec plus ultra, ça serait que je me garde Michel sous la main, mais que je puisse m’offrir parfois des extras.
Se levant pour aller chercher de quoi prendre l’apéritif, Léna demande :
- — Lui aussi, il pourra s’offrir des extras ?
C’est bien là tout le problème. Mimi grimace :
- — Je préfère pas… Je sais, c’est pas logique…
Puis elle soupire : la vie est décidément mal faite !