| n° 23307 | Fiche technique | 31118 caractères | 31118 5364 Temps de lecture estimé : 22 mn |
25/09/25 |
Résumé: Des mains aux culs, que certaines femmes ont connues. Des expériences plutôt désagréables. J’ai une théorie bien à moi sur le sujet. Pour ma part, me prendre une main aux fesses me porte la poisse. | ||||
Critères: #lesbienne #bisexuel #voyeur #masturbation fh cérébral voir noculotte humour | ||||
| Auteur : EdenPlaisirs Envoi mini-message | ||||
Mes petits récits sont là en priorité pour vous divertir un peu. Mais je m’en sers également pour parler de certaines petites choses. N’allez pas croire, non plus, que je joue les « madame je sais tout ». Parler avec vous m’aide beaucoup. C’est un peu comme une thérapie. Même si j’ai un psy sous la main quand je veux, j’aime bien causer avec vous de diverses choses, ou encore vous parler un peu de mes propres expériences. Que ce soit dans le domaine du sexe ou sur d’autres sujets. D’ailleurs, ce texte est un peu un recueil de tout ça. Un peu de moi. Alors oui, j’essaie de faire dans le rigolo. Mais il peut arriver de temps à autre que je parle de trucs plus sérieux.
Et surtout, dans ces petits récits personnels, tout ce que j’écris est rigoureusement véridique1 ! Comme par exemple ma vie de couple avec ma Paulette. La femme de ma vie. Même si parfois j’irais bien faire une balade avec elle du côté de la pointe Saint-Mathieu. Il y a de belles falaises dans le coin. Non, je déconne. Je l’aime, ma Paulette. Mais je vous parlerai d’elle une autre fois.
Vous avez lu le titre de mon bouquin ? Évidemment, ou alors vous êtes vraiment des lecteurs un peu tordus. Alors voilà de quoi je veux vous parler. Des mains aux fesses. Des paluches de types bas de plafond, se baladant sur des fessiers féminins « innocents ». Des mains aux culs, que certaines femmes ont connues sans en avoir la moindre envie. Des expériences plutôt désagréables.
J’ai d’ailleurs une idée bien à moi sur le sujet. Se prendre une main aux fesses c’est déjà pas vraiment marrant, mais en plus, en ce qui me concerne, ça me colle la poisse.
Je m’explique…
Unis comme les cinq doigts de la main. C’est sûr que dit comme ça, ça fait riche. Ouais, mais on n’a pas vraiment le choix en fait. Alors on va laisser tomber les grandes phrases et je vais passer directement aux présentations. Évidemment, vous avez deux mains. Sauf erreur de la nature ou accident, c’est toujours le cas. Mais l’expression susdite ce n’est pas moi qui l’ai inventée. Alors on va causer d’une seule main. Et d’une seule voix, si vous le voulez bien.
Chers lectrices et lecteurs, je suis le pouce. Le chef de ma fratrie. Les cinq doigts de votre main. Enfin, nous autres, on est surtout étroitement liés à une dame. EdenPlaisirs, qu’elle s’appelle. Elle n’est pas toujours facile à vivre, mais il y a certainement bien pire. Alors pour faire dans le comique facile ou le ridicule, je pourrais faire les présentations en vous disant que je me nomme Tom. Ouais, Tom Pouce. Ensuite vient mon pote Alain Dexe, et mes copines Paloma Jeure, Anne Ulère et Laurie Culère. C’est con hein ! Ben, je vous avais prévenu. Mais en vrai, je m’appelle Pollex. Et aux pieds, vous avez Hallux. Il est moins important que moi, mais il a son rôle à jouer lui aussi. Pour votre bien-être, mesdames et messieurs.
En fait, si nous n’étions pas là, vous ne le seriez pas non plus. Nous sommes plus qu’importants, pour vous les humains. Surtout moi, votre serviteur. Parce que même avec votre gros cerveau bien construit, même avec votre intelligence supérieure, si vous n’aviez pas de pouces, vous ne seriez même pas des primates. Peut-être que vous seriez une variété de méduses visqueuses, ultra intelligentes, barbotant aux grès des courants marins. Une créature sans pouces, se faisant grave chier dans l’un de vos océans. Ça vous en bouche un coin, hein. Il y a de quoi être… Je vous la laisse, elle est facile celle-là.
Ou alors, vous pourriez être une espèce de bouse terrestre informe, de couleur indéfinissable, équipée d’un cerveau capable d’enseigner les mathématiques supérieures ou les échecs à vos maîtres. Oui, j’ai osé dire « vos maîtres ». Parce que l’espèce dominante, la bestiole reine, située tout en haut de l’échelle alimentaire, ce ne serait pas vous.
Mais, vous avez eu un sacré bol, bande de petits veinards. Vous avez été dotés par la nature de pouces opposables. Ou alors, c’est l’autre abruti égocentrique devant lequel certains d’entre vous s’agenouillent les dimanches matin, qui pour une fois, aura servi à quelque chose. Des pouces opposables donc… Parce que si je suis le cador de vos petites menottes, je ne suis pas tout seul à bosser. Et pour ça, il faut que je m’oppose aux autres doigts. Alors, soyez un peu plus cool avec eux. Il faut voir la réalité en face et ne pas se contenter des critiques faciles.
L’index. Il ne sert pas uniquement à vous curer le nez. Il a d’autres utilités. Je ne parle pas de vous le coller sur la tempe et de le faire tourner sur lui-même, et ça pour désigner un malade mental. Ça ne sert à rien en plus, un fou ne sait pas qu’il l’est.
L’auriculaire. Alors lui, le pauvre, à part vous l’enfoncer dans l’oreille..
L’annuaire. Lui, c’est le proutprout Marie-Charlotte, de la bande. Le frimeur qui porte LA bague. La bagouse de l’union sacrée du mariage. Heureusement que le port des bijoux s’est démocratisé et que les femmes ont réussi à se faire une meilleure place dans vos sociétés, sinon il frimerait encore ce niais. Aujourd’hui, les filles portent des bagues à tous les doigts et même aux pieds. Bravo les filles !
Le majeur. J’ai gardé ce vicelard pour la fin. Les mecs comme les nanas, vous l’adorez celui-là. Vous aimez bien le brandir tendu et bien raide, dans la direction de celui ou de celle à qui vous voulez adresser certains messages. Aaah ! Vous aimez votre majeur, hein mesdames ! Petites salopes, va ! Tout ça parce qu’il est légèrement plus balèze que les autres ! Tu parles des gourmandes ! Oh, vous vous servez également des autres doigts pour vous tripoter le berlingot, mais votre majeur, il est associé à tous les bons coups. Et pour forcer vos petits trous, pour vous ouvrir la rondelle avec délicatesse, alors là, il est à la fête le coquin. Saviez-vous, mesdames, que ce doigt, votre majeur, est à l’origine d’une légende aussi urbaine que stupide ? Figurez-vous, chères lectrices, que les plus coquines d’entre nous gardaient discrètement l’ongle de leur majeur un peu plus court que les autres. Ah ben oui. Et ces sacrées gouinasses, alors elles, c’était carrément flagrant. Ongle du majeur coupé court et parfaitement poli, et peint d’une autre couleur que ses potes. Un vrai signal de reconnaissance. Quelles salopes ces gouines tout de même !
Bref, nous autres, nous sommes une bande de cinq bons copains réunis pour former une main. Et ce sont de mains que l’Eden va vous parler. Et apparemment, elle va vous causer de fesses également. Moi, j’étais simplement là pour vous présenter les rôles de chacun dans la vie de l’une de vos menottes. Mais pour la fesse, je n’y connais rien. Enfin, si mais… Vaut mieux être certain de causer de cul avec des majeurs…
Ah mais ! C’est pour ça alors…
C’est comme ça que les mecs parlent d’une voiture neuve. Et que les gros cons parlent de certaines femmes.
On va l’appeler Paul. Alors bon, j’avais vingt ans, j’étais vierge, et je n’étais pas folle de lui. Il n’y avait pas eu coup de foudre entre nous. Je lui plaisais beaucoup à ce cher Paul. Et moi, je le trouvais beau comme un gladiateur romain. Parce que c’était cette image de lui que j’avais eu la première fois où je l’avais vu. Le beau Paul remplaçait un ami à lui comme figurant bénévole. Il jouait dans un petit spectacle, du genre de ceux donnés au Puy du fou. Nous avions un peu discuté après sa petite prestation et il était reparti pour une autre interprétation théâtrale. Cette fois, il était apparu sous le déguisement plutôt réussi d’un légionnaire romain. Du coup, je me serais bien vue en chrétienne jetée en pâture aux lions et sauvée in extremis (ça fait latiniste) par ce beau légionnaire. Et comme ma torture se passerait dans une arène, il aurait même pu sentir bon le sable chaud, mon légionnaire. Manque de bol, mon prénom vient du grec antique et aucune Chloé n’est reconnue comme sainte, chez les chrétiens. Et Blandine, ça fait un peu cucul. Mais heureusement, le gladiateur m’avait tout de même payé un café. Et voilà…
Beau, grand, et bâti en Hercule, (restons romains) mon Paul s’était parfaitement occupé de m’ouvrir aux joies du sexe. Et pour être ouverte, je l’avais été chaque jour, et plus si affinités, durant les trois premiers mois de notre vie en couple. Et gast ar c’hast2 j’aimais beaucoup ça !
Il n’empêche que le sexe et l’image physique ne sont pas tout dans une relation. J’étais devenue très proche de me laisser aller à des sentiments plus tendres. Ouais bon, j’étais finalement tombée amoureuse de mon premier mec. Quand on y songe, appeler cette première relation avec un type « Mon premier amour ». Non mais, quelle conne !
Tout le monde a des défauts. Le gros souci avec Paul, c’était d’essayer de faire abstraction de son égocentrisme forcené. Parce que dans ce domaine, on pouvait dire qu’il se posait un peu là, le gars. Pour l’exemple, je pourrais vous narrer quelques petites anecdotes bien représentatives de son égoïsme invétéré. Mais ce serait bien trop long.
Pour faire court et vous donner une petite idée, disons que Paul aimait me prendre comme un soudard. Les p’tits coups vite faits, vous savez bien, non… Debout, dans un couloir, petites copulations sympatoches sous une douche, des galipettes dans une bagnole. Etc. Et moi, ben je ne disais jamais non. Mais voilà, je m’étais vite rendu compte que monsieur pensait bien plus à sa pomme qu’à sa chérie. En l’occurrence, moi. Debout dans un couloir, mais lui bien adossé au mur. Sous la douche, mais bien chaude la flotte, hein. Pas à peine tiède comme je l’aimais, moi, non. Bien brûlante la douche, et la salle de bain se transformant en sauna. Des galipettes en voiture, d’accord, mais lui confortablement installé dans son siège.
Et c’était pour des parties de fesses ! Des occupations très importantes pour monsieur. Mais surtout, des plaisirs, pour lesquels il valait mieux faire des efforts et savoir me motiver. Alors pour les menus de nos repas quotidiens et les petites choses de la vie courante, autant vous dire que mes avis et mes goûts… Vous comprendrez donc que mon amour se lassait doucement, mais sûrement. Ou alors, je n’étais pas réellement amoureuse. Ben oui, une première main n’a pas vraiment d’expérience en la matière.
C’était sur une plage que je me pris ma première main aux fesses. Qu’est-ce qu’il lui avait pris ? Je ne lui ai jamais demandé. Il avait simplement relevé ma jupe, baissé ma culotte, et il m’avait claqué le cul. Tout ça avant de me malaxer une fesse comme de la pâte à pain et de l’écarter de sa frangine. Le tout alors que j’étais penchée sur mon sac de plage. Évidemment, sur le coup, ce geste m’avait agacée et en me retournant, je constatais que mon mec n’avait pas fait dans la dentelle. À une vingtaine de pas de nous, un inconnu nous regardait.
C’était incompréhensible. Non seulement je n’esquissai aucun mouvement, mais je me sentis brusquement excitée. Être exhibée à un inconnu et être traitée de salope par mon homme me faisait brusquement mouiller. Je découvrais pour la première fois cette impression si troublante qu’aujourd’hui, je… Ouais, bon…
Deux mois plus tard, après avoir dîné pour la troisième fois de la semaine d’un menu MacDonald, simplement parce que mon beau légionnaire romain devenait plus fainéant qu’un roi mérovingien, je le laissai littéralement crucifié, en le plantant devant la porte de son appartement. Ça aurait pu être le clou du spectacle pour le Puy du fou. Après tout, chacun sa croix…
Lui, je vais l’appeler Gildas. Parce que c’est son nom et que, oh comme j’aimerais qu’il lise ces quelques lignes aujourd’hui, et qu’il se reconnaisse. Mais, bon, faut pas rêver. J’étais maintenant ce que les amateurs de bagnoles, ou certains mâles souffrant de misogynie, qualifiaient de deuxième main.
Gildas n’était pas seulement beau. Il était bourré de charme. Et bourré tout court, un peu trop souvent, pour que je prenne les choses au sérieux.
Après deux années d’abstinence, sans le moindre regret, je décidai néanmoins de mettre les points sur les i avec mon nouvel amant. Il me plaisait assez pour que j’accepte qu’il emménage avec moi. À la condition qu’il fasse des efforts et ne prenne pas mon petit chez-moi pour une distillerie. Un charme fou, un sens de l’humour ravageur et… Enfin, disons que le gars avait été doté d’attributs virils, plutôt flatteurs3. Et surtout, il me baisait vraiment très bien. L’autre égocentrique était plutôt doué mais le Gildas, lui, c’était une véritable bête de sexe. Seulement, il devait faire des efforts sur la picole ou il rentrait chez lui.
Après quelques mois, celui que je commençais à appeler « Mon homme » ne buvait plus qu’occasionnellement et jamais seul. Pas plus qu’il ne finissait totalement ivre. Ces progrès accomplis, Gildas se disait fou de moi. Il faut avouer que notre petite vie à deux était aussi agréable que bien remplie. Et pour le côté plaisirs sexuels, c’était proche de l’enfer. Un endroit qui, pour moi, doit être bien plus agréable que le paradis. Je dis ça car vu la clientèle du lieu-dit, ça ne doit pas être très folichon là-haut, question bagatelle. Tant pis pour mon pseudo d’auteure distinguée !
Une année de vie de couple et hormis quelques scènes de ménage sans gravité, nous allions bien ensemble. Un sujet revenait toutefois assez souvent sur le tapis et nous amenait à de petites disputes. Gildas parlait mariage, et justement, moi, je ne voulais pas en entendre parler. Si j’étais amoureuse, je n’étais pas prête aux épousailles avec qui que ce soit. Je trouvais cette habitude à la limite du grotesque et d’une hypocrisie redoutable envers les femmes. Un chemin vers la dépendance. Quelle attrape-nigaude, que cette coutume du mariage4.
Il s’appelait Nestor. Pas mal de monde se moquait de son prénom. Seulement, on se foutait de lui derrière son dos, parce que si Gildas était du type costaud, Nestor lui, c’était un véritable monstre. Il frisait les deux mètres de haut et pesait dans les cent vingt kilos. Un boxeur assez doué et une masse de muscles. Un garçon gentil et qu’il valait mieux ne pas agacer. Il ne fallait pas l’embêter le Nestor. C’était d’ailleurs assez marrant, car s’il avait la peau couleur ébène, il n’avait jamais connu le moindre racisme. Pas ouvertement en tout cas. Moi je le trouvais sympathique, beau gosse et je voyais son prénom comme très original. Nestor était l’un des meilleurs amis de Gildas. Je l’aimais bien mais je ne me sentais pas vraiment sa copine. Je l’attirais beaucoup, Nestor. Je le sentais. Et si je n’avais pas été avec Gildas, je savais que je me laisserais certainement tenter.
Mon mec m’avait fait une surprise lors de notre premier été passé ensemble. Cette fois-là, j’avais connu ma première exhibition. Et j’avais adoré être exhibée à mon premier voyeur. En fait, pour être honnête, il ne s’était pas passé grand-chose, mais j’avais été secouée par un orgasme dévastateur. Être offerte aux regards d’un inconnu par mon homme m’avait terriblement excitée.
Ce jour-là, Gildas, Nestor et moi, nous nous étions décidés pour une partie de plage. Celle-là même où Gildas m’avait exhibée.
Comment la vie peut-elle vous jouer de tels tours pendables ? Comment est-il possible de se laisser embobiner par des désirs ou des envies que l’on devine néfastes ? Si je ne voulais pas en arriver là, ce fameux jour, je n’avais pourtant aucune excuse. Pour la première partie de cette petite journée, en tout cas. Ensuite, je ne regrettais absolument rien de ce qui s’était passé.
Nous étions partis vers 17h. Nestor et moi avions fait la route ensemble et il était prévu que Gildas nous rejoigne après son travail. Une petite heure après, je sortais les casse-croûtes de la glacière. Gildas était arrivé et j’avais faim.
Je me souviens parfaitement de ce qui avait tout déclenché. Un geste et des mots de Gildas. Une initiative désastreuse, et une petite phrase bien machiste de celui que j’appelais mon homme. Une attitude qui m’avait totalement surprise avant de me foutre en rogne.
Pour la deuxième fois de ma vie, une main que je n’avais pas invitée baissait ma culotte et me pelotait les fesses.
En même temps que Nestor posait la question, je remarquai l’odeur qui flottait dans l’air. Des effluves de houblon. Gildas avait bu de la bière. Et certainement plus d’une bouteille.
Ensuite, tout s’était passé étrangement. Je n’avais pas protesté quand Gildas m’enleva ma chemise de plage et ma culotte. J’étais restée nue et immobile quand il avait quitté ses vêtements. Et je n’avais eu aucune réaction quand il s’était masturbé, avant de s’approcher et de me coller son sexe dans la bouche.
C’est très flou aujourd’hui. Le plus bizarre étant de ne plus me souvenir avec précision des actes entrepris sur cette étendue de sable, mais d’être bien consciente des paroles prononcées.
J’éprouvais une véritable colère et une envie indéfinissable. L’envie de foutre le camp mêlée à un besoin de me prouver quelque chose. Le soudain besoin de profiter du moment en me vengeant de l’offense subie. Enfin, un truc du genre.
Ce pauvre mec osait m’appeler « chérie ». Et pourquoi devrais-je ne sucer son copain « qu’un peu » ? Nestor, ne s’était pas montré innocent lui non plus. Il n’avait rien fait pour empêcher une salope de sortir son sexe de son short de mer.
Ensuite, je me souviens éprouver de l’excitation. Une excitation intense bien réelle malgré la honte qui pesait sur moi. Oh ! Ce n’était pas de moi dont j’avais honte. Mais du pauvre type que j’appelais mon homme. Et puis, c’était venu d’un coup. Une furieuse envie de me venger de l’affront que ce con m’infligeait.
Un peu plus tard, on ne pouvait plus parler d’exhibition. À demi-allongée à même le sable, entièrement nue, je caressais et suçais les deux hommes. Des petites fellations distribuées à tour de rôle tandis qu’ils jouaient avec mes seins et me doigtaient. Plusieurs fois ils me traitèrent de salope. Moi, je restais vautrée dans mon désir troublant, silencieuse et me contentant de gémir de plaisir. Sucer ces deux queues était devenu comme un acte très important. Une envie presque primordiale. Si, aujourd’hui, je sais enfin ce que je ressentais, et cherchais, en me conduisant comme une véritable libertine, ce n’était pas le cas à ce moment.
J’ai encore l’image de ces gros glands (je ne parle pas de ces deux mecs) serrés entre mes doigts, collés à mes lèvres et caressés par ma langue. Je jouissais à lécher ces masses dures et pourtant si douces. J’ai joui plusieurs fois sur cette plage. Des orgasmes longs et violents me bousculaient. Les lèvres serrées sur l’un ou l’autre des membres tendus pour moi, mes orifices pris par des mains impatientes, je giclais sans discontinuer sur les doigts qui me prenaient. Je mouillais comme une fontaine et trempais mes cuisses et le sable. Quand je compris qu’il allait jouir, je laissai Gildas venir sur mes seins nus. Ensuite, je me concentrai sur la grosse queue sombre. Je me souviens de songer à l’idée incongrue que, finalement, ce n’était peut-être pas une légende. Parce que si celui que je considérais d’ores et déjà comme mon ex amant était bien doté, Nestor était l’enfant chéri de dame Nature. Je pris un soin extrême à tout garder du foutre de ce soi-disant copain, quand il explosa dans ma bouche.
Après un petit moment, je me rhabillai sans un mot et je quittai la plage.
J’étais rentrée directement chez moi. C’était là, que la véritable hargne m’était tombée dessus par surprise. Colère, honte, anxiété et l’envie de tout foutre en l’air autour de moi. Je n’avais jamais connu un tel moment. Une sorte de crise nerveuse associée à de l’angoisse et une certaine panique. Je réussis néanmoins à me calmer. Le mieux était de prendre une douche, de me coucher et de tenter de trouver le sommeil malgré mon état. Il était 21h30.
Je fus réveillée en pleine nuit par un véritable fracas.
À peine levée, je tombai nez à nez avec Gildas.
C’était à se demander comment ce pauvre type pouvait encore parler. Malgré mon habitude des compétitions de boxe française, je ne vis rien venir. Il faut toutefois retenir à ma décharge que ce n’était pas un combat prévu. Le coup de poing me cueillit à froid et avant la souffrance, le choc me propulsa en arrière et ma tête rencontra le mur de mon couloir. J’éprouvai alors une vive douleur, puis je tombai dans une sorte de gouffre noir.
Je m’étais réveillée après un petit moment d’absence. Ma tête bourdonnait sourdement et me faisait mal. Mon visage, lui aussi, me faisait cruellement souffrir. J’éprouvai aussitôt une réelle panique. Il me paraissait en compote. Le miroir sur pied me donna un verdict un peu alarmant. Une joue d’un vilain bleu tirant sur le jaunâtre et l’œil droit totalement fermé. En boxe, c’était à ça que l’on repérait les gauchers quand ils cognaient. Je m’étais pris une sacrée gauche comme on disait dans notre jargon.
J’avais tout d’abord appelé les secours. Ensuite, je meublai l’attente de la demi-heure évaluée par le médecin urgentiste. Je remplis une bassine d’eau froide, que je jetai au visage de mon agresseur, maintenant vautré sur mon canapé. Il s’assit enfin, mais seulement à peine sorti de son petit coma éthylique. Vu son état et son incapacité à se défendre, ma délivrance serait moins complète. Cependant, le temps m’était compté et mon désir de vengeance me poussait si fort, que je passai à l’acte. En fait, je n’avais ni besoin, ni aucune envie, d’explications.
Trois minutes plus tard, ce cher Gildas avait retrouvé sa position allongée. Mais cette fois sur le parquet. Le nez cassé et la mâchoire fracturée, il râlait doucement sur le sol de mon appartement. Alors je vomis tripes et boyaux sur mon joli parquet de chêne, déjà poisseux d’un sang rouge sombre. C’était peut-être le dégoût de moi-même face à mon déchaînement de colère et cette déferlante de violence. Ou une réaction due au choc de l’agression que j’avais subie. Je ne l’ai jamais su.
Les urgences étaient pour lui. Je ne voulais plus de ce type, chez moi. Quant à moi, je pris rendez-vous avec mon médecin traitant et finis aux urgences un peu plus tard, afin de passer des radios et un scanner. Bilan. Un traumatisme crânien qui ne laisserait certainement aucune séquelle. Pas de plainte déposée contre moi. Et moi, j’avais eu ce que je voulais. Porter plainte contre ce guignol ne m’intéressait absolument pas.
Je n’ai revu ce type qu’une fois. À peine étais-je entrée dans ce bar à vin que je ne connaissais pas, qu’il le quittait précipitamment.
Mackenzie Davis. Enfin, le sosie de cette actrice. La jeune femme que je rencontrai ce soir-là était d’ailleurs bien plus qu’une fille ressemblant à la comédienne. Elle était Yorkie ! Yorkie, l’un des deux personnages principaux de l’épisode de la série Black Mirror.
Et moi, pour la première fois de ma vie, je fondais littéralement pour une fille. Je craquais totalement pour une nana. Impossible ! Incroyable ! Impensable !
Tout comme la Yorkie de San Junipero, cette jeune femme paraissait comme un peu perdue. La nana timide, et un peu larguée. La fille un chouia à l’Ouest ! Encore que là, plus à l’ouest que Brest, t’as plutôt intérêt à savoir naviguer. Moi, ben j’étais déjà conquise, sans savoir son nom et sans l’avoir touchée.
Le rigolo de cette histoire, je parle de mon histoire, et non de l’épisode de la série, c’est qu’elle donne un peu dans la science-fiction. Un vrai côté SF. Oh ! Je ne plaisante pas ! Vous allez voir ! Ou le lire plutôt…
Ma chère Paulette étant occupée à un séminaire très important, réunissant le gratin bretonnant des tripoteurs de cervelles un tantinet perturbées, j’étais donc seule pour quelques jours. Montpellier n’était pas la porte à côté et il fallait bien que je prenne mon mal en patience. Ce samedi soir, je découvrais que Netflix diffusait une série que je ne connaissais pas. Pourquoi pas, m’étais-je dit, tout en me munissant d’un plateau repas chargé de sandwichs faits maison.
Ce soir-là, je plongeai littéralement dans le reflet d’un miroir noir. Black Mirror était une série passionnante. Et soudain, l’épisode 4 à peine entamé, un pan de mon passé me tombait sur la tronche.
Elle était là ! Elle était entrée dans cette discothèque, comme Jéromine était entrée dans mon pub préféré. Une Yorkie, l’air aussi timide et un brin paumée que la Jéromine de mon passé. Vêtue pratiquement de la même façon, veste de jeans vieillotte et pantalons sans grâce. La même manière un peu empruntée de se mouvoir. Une façon identique de poser son regard clair sur les gens. De beaux yeux bleus cachés derrière des lunettes aux larges verres ronds. Je tombai des nues ! La comédienne Mackenzie Davis transformait l’essai. Cette Yorkie n’était pas seulement le sosie de ma Jéromine, non, elle avait beaucoup de sa personnalité. Belle sans le savoir, pleine de charme sans se rendre compte de son pouvoir sur les autres, et adorablement timide. Jéromine était une jeune femme un peu perdue dans sa première sortie, à une époque reculée. Tout comme l’était actuellement sous mes yeux, la très émouvante Yorkie.
C’était un peu comme si mon passé décidait de me rattraper. Tout en regardant évoluer le personnage de fiction dans sa quête de découverte, je me souvenais d’un vendredi soir où une souris de bibliothèque timorée avait trouvé le courage de sortir de son trou. Une évasion audacieuse pour s’offrir une aventure d’un soir. Sa première aventure amoureuse ! Et coup de bol, c’était à moi qu’elle proposait timidement une partie de billard. Un peu comme cette Yorkie qui regardait un jeu vidéo dans cette discothèque, la jolie blonde m’avait observé préparer la partie. Profitant de la timidité de cette fille pour laquelle je craquais lamentablement, j’osai me lancer dans ma première tentative de conquête féminine. J’étais plutôt douée au billard anglais. Alors évidemment, je pensais que l’enjeu que je proposais serait facile à gagner.
Plus tard, nous nous étions décidées à quitter le pub et Jéromine avait accepté de m’accompagner pour un verre, dans une boîte sympathique tenue par un ami. Puis, elle me suivait chez moi.
Elle avait ri quand j’avais rougi en avouant que j’avais très envie d’elle. Que c’était la première fois pour moi, avec une fille, et que je ne savais pas vraiment comment gérer la situation. Un charmant fou rire l’avait bousculée quand j’avais continué mes aveux, lui expliquant que je tenterais certainement de la séduire, sans vraiment être sûre de savoir m’y prendre.
Si Jéromine était vierge, au moins elle me laissait tout espoir de l’avoir toute à moi.
L’enjeu étant un baiser, la gagnante m’embrassait la première. Un baiser timide tout d’abord. Puis, sans que je puisse réagir mais heureuse de sa réaction, ma Yorkie à moi se muait en une véritable tornade de désir passionné.
Debout devant la table basse et occupée à disposer un plateau pour un café croissants matinal, j’avais tressailli sans oser bouger quand les mains de Jéromine avait lentement baissé mon string de coton noir sur mes cuisses. Puis, ses mains curieuses avaient délicatement caressé ma peau. Après un petit moment, des caresses plus fermes écartaient mes fesses et je ne pouvais plus contenir mon souffle devenu oppressé. Penchée en avant, je soupirai longuement, attendant sagement que ma première conquête découvre des plaisirs nouveaux en me dévorant toute crue. Puis, je jouis longuement sous les lèvres douces de la timide Jéromine.
Nous avions passé la journée au lit. Sans que je demande quoi que ce soit, cette fille étonnante m’avait à nouveau déculottée et donné du plaisir. Une nouvelle fois, ses doigts et sa bouche m’avaient bousculée dans une délicieuse jouissance. Pourtant, jamais elle ne cédait à mes demandes. Si elle avait fini par accepter de se montrer nue, ce fut sa seule concession accordée. Je n’obtins que des baisers, alors que je pouvais voir son intimité couler de son envie de moi. Peut-être que j’aurais dû, moi aussi, me refuser à elle ?
Jéromine n’a jamais répondu à mes appels téléphoniques. Je n’ai jamais revu cette jeune femme. Cette rencontre hanta longtemps mon esprit. Je vivais dans une incompréhension obsédante. Et le temps fit son office…
Un jour, San Junipero prendra peut-être vie. Une renaissance et de nouveaux espoirs pour celles et ceux qui le souhaiteront. J’y retrouverai peut-être Jéromine. Je serai ravie de la revoir. Mais il ne se passera plus rien entre nous. Que je sois seule ou dans l’attente, une autre viendra danser avec moi dans les discothèques. C’est une autre femme qui vivra avec moi. Dans une maison en bois, posée sur une plage déserte.
Quand je vous disais que me prendre une main aux fesses me portait la poisse ! Que pensez-vous de ma petite idée après cette lecture ? Évidemment, cette malchance est plus ou moins dramatique et certainement différente pour les uns et les autres. Et fort heureusement !
Je me souviens parfaitement de ma rencontre avec Paulette. Nous étions les invitées d’un couple libertin. Ce que nous fichions là, ben c’est une autre histoire.
C’est moi qui avait demandé à Paulette de me rejoindre dans ma chambre. Je ne l’avais pas touchée de la nuit. Nous avions dormi sagement. Et au petit matin… Cette femme sympathique et charmante (qui pourtant m’impressionnait terriblement) m’avoua qu’elle était morte de trouille quand je posais ma main sur elle.
Alors, je sentis que la poisse m’avait abandonnée.
Hakuna matata et tout, je comprenais que j’étais enfin libérée de cette malédiction.
Nous étions amoureuses avant de nous toucher…
C’est certainement pour ça !
Si je reste convaincue que ma petite théorie était plausible, elle m’a peut-être finalement rendu service. Ma chérie et moi avons la chance de vivre un vrai bonheur de tous les jours.
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1. ↑ Véridique. Sauf des trucs, des fois… 🤔
2. ↑ Gast. Putain, employé comme un « zut amélioré ». Gast ar c’hast signifie putain de bordel. J’m’excuse hein…
3. ↑ Attributs virils flatteurs. Ce dont je me fichais totalement. J’ai simplement mentionné ce détail pour faire enrager les lecteurs 🤪
4. ↑ Mariage. Mais ça c’était avant. Aujourd’hui j’aimerais bien. Mais c’est elle qui ne veut pas 🤫