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n° 23306Fiche technique22726 caractères22726
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Temps de lecture estimé : 16 mn
24/09/25
Résumé:  Elle cherchait juste un peu de réconfort en achetant sa glace préférée. L’expérience va lui ouvrir d’autres portes que celle de la gourmandise.
Critères:  #fantastique #romantisme #couple fh amour voir caresses pénétratio aliments
Auteur : Aventurine      Envoi mini-message
Un cornet de glace chocolat-coco

L’air est lourd dans les rues de Londres. Flânant sans but précis depuis une heure, je me demande où je pourrais bien trouver un soupçon de fraîcheur. Soudain, je sais dans quelle direction orienter mes pas : une mélodie familière a retenti au loin. À gauche, puis à droite. Plus vite, il risque de repartir s’il ne croise personne. Le camion à glaces ne tarde pas à apparaître au coin de Endwell Road. Amusée, je contemple le véhicule bigarré cheminant vers moi. Comme à chacun des passages du marchand, la musique me rappelle les notes d’une boîte à musique dont on remonte impatiemment le mécanisme pour entendre son air enfantin.


Enfin, le glacier s’arrête à quelques mètres de moi. La mélodie cesse, ne laissant flotter dans l’air lourd que le ronronnement sénile du moteur. Derrière la vitre latérale, un homme trapu renoue son tablier rayé et fait coulisser la fenêtre. Un sourire éclaire son visage hâlé lorsqu’il m’aperçoit. Étonnamment, il semble deviner ce que je vais commander et sa main gigantesque se saisit d’un cornet avant même que j’aie terminé ma phrase :



Nos doigts se frôlent le temps que le cornet généreusement garni passe d’une main à l’autre.

La monnaie tinte gaiement, je sens au creux de ma paume la douceur de la serviette habillant la fine gaufrette et je rends au glacier son sourire chaleureux, un brin énigmatique. Sous mes yeux brillants de gourmandise, la rondeur sensuelle des deux boules bicolores me fait immédiatement saliver. Il a raison, ses glaces sont magiques. La magie, c’est celle de ce moment qui réchauffe le cœur, même si mon corps n’a besoin que de fraîcheur. Il n’y a pas d’autre client alentour, alors le camion repart, ne laissant dans son sillage que ses fumées odorantes.


Je me retrouve à nouveau seule dans la rue que je remonte à pas lents, pour laisser à mes lèvres le loisir de savourer ma glace. Le premier coup de langue sur la boule coco me fait frissonner. Déjà, des sillons crémeux noirs et blancs coulent le long du cône doré. Tout en marchant, je jette un œil distrait aux boutiques que je dépasse : un barbier, une mercerie. À travers la vitrine poussiéreuse du marchand de journaux, temple du snacking autant que de la presse, je distingue des rangées multicolores de sachets de chips et de barres chocolatées. À l’angle de la rue, des effluves d’épices font alors tressaillir mes narines jusqu’alors bercées par des arômes sucrés. Le restaurant indien. Par la porte grande ouverte, j’aperçois un homme à la moustache fournie disposer serviettes et couverts pour le service du soir. C’est à ce moment-là que je pense à lui. À Marc, resté en France. L’image de nous deux dans notre restaurant préféré m’emplit de nostalgie. Face à nous, la table est chargée de riz, d’un plat de curry et de naans au fromage. L’espace d’un instant, la compagnie réconfortante de ma glace semble ne plus être suffisante.

Le cœur lourd, je croque dans la gaufrette du bout des dents. Parvenue au sommet de la côte abrupte, je ne rêve que de m’asseoir à l’ombre.


« Allons, tu ne vas pas céder au blues, il ne reste que deux mois avant de le revoir. »


Je traverse la rue et me dirige vers un petit parc engoncé entre un immeuble et un long mur de briques. Juste quelques arbres plantés autour d’une aire pavée, un parterre aride sans fleurs et un banc de bois enlaidi de tags illisibles. Juste un peu d’ombre, mais juste ce qu’il me faut. Je m’assieds avec le soulagement d’une femme âgée lasse d’avoir trop marché. La brise qui traverse le parc en agitant le feuillage est d’une tiédeur affligeante, mais je me réjouis de pouvoir enfin apprécier pleinement mes boules de glace.


« Je suis sûre que Marc aurait choisi du citron, ou un parfum improbable au goût de bonbon. »


J’aimerais tellement qu’il soit là. Sourire avec lui en écoutant parler les Indiens de Londres avec leur accent si particulier. Aller marcher tous les deux le long de la Tamise. Lui tenir la main sur le Tower Bridge ou en admirant les reliefs majestueux de Westminster. Nous arrêter parfois, juste pour le plaisir de nous embrasser. J’aimerais tellement, à cet instant précis, le retrouver. Nous blottir l’un contre l’autre avant de nous endormir, après l’amour. Me téléporter et le serrer contre moi. Tu me manques, je veux être avec toi. Je veux être avec lui. Je plisse les paupières pour réfréner les larmes qui se forment au coin de mes yeux, puis pose mes lèvres sur la crème glacée chocolat. Je veux être avec lui. La phrase résonne alors étrangement dans ma tête à la manière d’un écho. Je goûte le chocolat, puis la noix de coco, pour tenter d’oublier ou de dissiper la mélopée.


D’un coup, l’écho se tait. J’ouvre les yeux et sursaute. Il fait sombre. Il fait frais. Subitement, je ne suis plus assise mais plantée dans la semi-obscurité d’une pièce inconnue. Je déglutis et mon regard tente de s’accoutumer à la pénombre. Mais où suis-je ? La main qui tient toujours le cornet de glace se met à trembler et mon pouls accélère follement. Je balaie du regard l’endroit où, semble-t-il, je me suis téléportée. Arrête de délirer, ce n’est pas possible ! Je suis dans un vaste salon qui me paraît familier. Stores baissés, mobilier moderne. Je sursaute à nouveau quand j’aperçois le canapé d’angle gris placé à quelques mètres devant moi. Un homme y est installé. Non, ce n’est pas… Si. C’est Marc. Malgré l’obscurité, cela ne fait aucun doute.

Mon amour est assis, les pieds posés sur un pouf. Il semble dormir profondément. Mon regard tombe ensuite sur la grande pendule de la cuisine, à l’autre bout de la pièce à vivre. 17H30. Mon Dieu. Je suis chez lui. Il vient de rentrer du travail et s’est assoupi à l’ombre, après une journée à étuver dans son bureau non climatisé. Paniquée, je tente de réfléchir et de me calmer, immobile près de l’entrée. Je prends une grande lapée de glace et repense avec effroi aux paroles du glacier. « Elles sont magiques, mes glaces ! ». Vraiment ? Est-ce que mon souhait ardent de retrouver Marc s’est réalisé parce que cet homme vend de la crème glacée enchantée ? Arrête de délirer. Calme-toi. Mais qu’est-ce que je vais faire !?


Face à moi, Marc dort toujours paisiblement. Levant les yeux vers la cage d’escalier face à moi, je tends l’oreille. Tout est silencieux. Je prends une bouchée de gaufrette et frémis, redoutant le bruit du biscuit craquant sous la dent. J’ai compris, je suis en plein rêve. C’est ça, je vais me réveiller dans deux minutes. Autant profiter un peu du moment, dans ce cas, pensé-je. Sans bouger d’un pouce, je regarde le visage serein de Marc, ses lèvres entrouvertes. Et si je l’embrassais tout doucement, sentirait-il la chaleur de ma bouche, ou ne serais-je que courant d’air, comme un esprit sans matière ? Lentement, mes lèvres caressent la surface crémeuse de la glace coco, puis du chocolat. Vaguement émoustillée, je tente d’oublier que je suis coincée ici, ignorant totalement comment revenir à mon point de départ.

Mon esprit semble s’enivrer de chaque bouchée de glace, de chaque éclat de gaufrette, et dope mon imagination de pensées sensuelles et d’une folle assurance. Le cornet à la main, je franchis les quelques pas me séparant du corps immobile de mon amant. Parvenue à sa hauteur, je me penche au-dessus de son visage et pose mes lèvres sur les siennes, délicatement. Je retiens mon souffle. Le contact est doux et chaud. Marc ne remue pas. Contre toute attente il ne sursaute pas ni ne me repousse brutalement, terrorisé par ma présence soudaine.


Alors, enhardie, je continue à goûter doucement à sa bouche, posant ma main libre sur sa joue, en me disant qu’à ce stade, il ne peut que feindre le sommeil. Comment pourrait-il en être autrement ? J’interromps ce long baiser lorsque je sens la crème glacée couler sur mes doigts. Je me redresse, lèche mon pouce plus longtemps que nécessaire sans quitter Marc des yeux. Ce dernier inspire profondément et tourne légèrement la tête, nullement dérangé par mon assaut sensuel. Je contemple son torse imberbe qui paraît sous sa chemise ouverte et écoute le léger ronronnement de sa respiration. Amusée, je guette le moindre mouvement de paupières, une ombre de sourire pouvant trahir un sommeil simulé.


J’aimerais me blottir contre mon beau dormeur et l’éveiller doucement, alors je m’assieds tout près de lui. Avidement, je lèche ma glace car elle commence à fondre au fond du cornet. Plus je mange, plus je suis assaillie par l’excitation. Son torse modelé. Ses cuisses musclées sous son pantalon. Sentant ma respiration échapper à mon contrôle, je pose impudemment ma main libre sur les pectoraux de Marc. À nouveau, ce contact ne le perturbe aucunement. Lentement, mes doigts effleurent sa poitrine et descendent sur son ventre. Laissant ma paume reposer à plat sur son nombril, j’apprécie la chaleur de sa peau, le galbe sans défaut de ses muscles. Un tressaillement agite la commissure de ses lèvres, mouvement que je sais volontaire et qui, habituellement, me fait craquer. Il tente de ne pas rire, j’en suis presque certaine. J’enfourne alors un gros morceau de gaufrette puis incline le cornet au-dessus de ses tétons. Une goutte de crème glacée, puis deux, atterrissent sur sa peau. Réprimant un gloussement, je m’amuse à viser précisément chacune des deux pointes brunes pour y verser les gouttes onctueuses, avant d’en semer d’autres sur son buste.


Allez Marc, réveille-toi, je sais que tu ne dors plus. Jetant un coup d’œil à mon imperturbable dormeur, je ne me sens même pas coupable d’abuser ainsi de son sommeil. J’adore le titiller de mes assauts lorsqu’il est endormi. Il aime tout autant s’éveiller sous mes caresses taquines. De plus en plus troublée par le désir, je ne parviens pas à cesser mon petit jeu. Prenant appui d’une main sur le dossier du canapé, je me penche sur le torse de Marc et lèche délicatement la glace coulant sur sa poitrine. Un coup de langue, puis un deuxième. Dans la manœuvre, mes cheveux effleurent sa peau, suivant le mouvement de ma tête tout le long de son ventre. Les yeux de Marc restent clos.

À la fois excitée et déroutée, je plonge ma langue au creux du cornet pour en cueillir les dernières gouttes. Mon regard se pose sur la ceinture de Marc, puis sur l’entrejambe de son jean. Mes doigts serrent plus fort le cône biscuité, qui finit par disparaître dans ma bouche. En léchant à nouveau mes doigts maculés de crème, je fixe longuement les boutons du pantalon et m’imagine les défaire, un à un. Au bout de quelques secondes, je jurerais qu’un renflement s’est formé au creux des cuisses de mon amant, comme sous l’effet de mon regard lubrique.


Je ne peux plus m’arrêter. Je ne veux plus penser à ce qui m’arrive, ni à la réaction de Marc à son réveil, ni à comment je vais m’extraire de cette situation. Je me sens dépassée, submergée par une vague de tendresse mêlée à un désir des plus intenses, comme si j’avais ingéré un élixir bien plus puissant qu’une simple glace. Retirant mes sandales d’un geste, je m’agenouille et chevauche les cuisses de Marc, lui faisant face. Lentement, je pose mes mains sur ses épaules immobiles, par dessous sa chemise. Marc inspire profondément tandis que je le caresse des épaules aux hanches, écartant au passage les pans de sa chemise pour admirer son corps.

Fixant ses paupières closes, je défais lentement sa ceinture, puis le premier bouton de son jean. À nouveau, je l’embrasse, laissant cette fois ma langue s’insinuer entre ses dents pendant que ma main se plaque sur le tissu de l’entrejambe. Je savais qu’il était à l’étroit dans son pantalon et l’image de son érection coincée dans son boxer m’électrise. Tu sens tout ce que je te fais depuis le début, ouvre les yeux, maintenant, mon chéri. Ma main palpe plus vivement la protubérance et je sens mon clitoris palpiter follement contre sa cuisse.

C’est à ce moment-là qu’il ouvre les yeux. Clignant des paupières, il sursaute légèrement, comme si je l’avais juste effleuré dans son sommeil. Un sourire se dessine sur son visage et il se tortille légèrement sous mes jambes, sans doute gêné par son érection comprimée dans ses vêtements.



Avec un soupir d’aise, il se redresse et m’enlace, passant une main dans les mèches de ma nuque et l’autre entre mes reins. Puis, comme si nos retrouvailles étaient dénuées de toute énigme, de toute invraisemblance, il m’embrasse tendrement, de plus en plus passionnément. Pas une question, pas une remarque ne vient interrompre notre étreinte, juste son regard qui se pose au fond du mien un bref instant, avec le sourire de l’homme que je connais depuis plusieurs mois.

J’interromps nos baisers pour déboutonner entièrement son pantalon et plonger ma main entière dans son boxer. Marc ferme les yeux, basculant la tête en arrière contre le dossier du canapé. J’extrais son sexe fièrement dressé par-dessus la ceinture de son sous-vêtement. Mon antre s’embrase tandis que je regarde mes doigts masser langoureusement la colonne de chair. J’ai soudainement très chaud et retire ma robe. Quand je contemple à nouveau le sexe de Marc, je secoue la tête pour chasser une hallucination grotesque : à la place de son membre, il arbore un énorme cornet biscuité reposant à l’envers sur deux boules de glace à la fraise. Que m’arrive-t-il ? Qu’y avait-il dans la glace de ce marchand, à la fin ?



Effleurant les bretelles ornées de dentelle mauve, il fait glisser mon soutien-gorge d’un geste. J’acquiesce en silence malgré son expression inquiète, le laissant extraire mes seins de leur écrin pour mieux les caresser. Je m’abandonne à la douceur de ses mains brûlantes puis, n’y tenant plus, me redresse pour ôter ma culotte et chevaucher Marc à nouveau. Après s’être débarrassé de sa chemise, il saisit mes hanches et me positionne pour me pénétrer doucement, de son sexe proéminent autant que de son regard ténébreux. Nos doigts s’entrelacent tandis que mon bassin oscille de haut en bas, mon abricot engloutissant sa virilité de plus en plus goulûment.


Bientôt, il se dégage et plonge ses prunelles ardentes dans les miennes. Retirant vivement tous ses vêtements qui l’entravent, il fait voltiger trois coussins, dont l’un du dossier du canapé. En un éclair, ses doigts dégrafent mon soutien-gorge et il m’allonge sur le dos d’un geste ferme mais rassurant. Entraînée par le désir, je lève aussitôt les jambes pour enserrer ses reins, mais il me retient et plonge sa tête au creux de mes seins. L’un après l’autre, ses baisers humectent ma peau frémissante. De mes deux mains, je caresse ses cheveux courts, haletante, et me cambre subitement lorsqu’il insère deux doigts au creux de moi.



Les doigts se font plus audacieux.



Ses lèvres embrassent la base de mon pubis et je peine à rester tranquille lorsque sa langue rencontre avec talent mon point sensible. Jamais un homme ne m’a léchée comme Marc. Il sait entendre mon plaisir pour l’entraîner toujours plus haut. Sensuellement, de la pointe de sa langue il me pousse au bord du précipice, puis divinement, me fait languir. D’un seul regard, sans un mot, il lit en moi comment je le désire à cet instant.

Ainsi, il me retourne doucement sur le ventre, flatte mes fesses et mon dos de somptueuses caresses et s’allonge sur moi. Enivrée, je sens son érection lourde et brûlante palpiter contre mon sillon et son genou se presser au creux du mien pour que j’écarte les jambes encore davantage. Ainsi posé sur moi, il me pénètre à nouveau, au plus profond me fait frémir et m’ôte toute discrétion. J’aime quand il serre ainsi mes mains dans les siennes tandis qu’il oscille au-dessus de mes reins. J’aime sentir dans mon cou son souffle chaud, haletant, et dans mon ventre laisser monter la chaleur attisée par son membre qui totalement, me remplit.

Je m’abandonne à sa main serrant soudain ma cuisse. Mes doigts serrent les siens plus fort quand tout mon sexe autour du sien se contracte. J’oublie alors la moiteur poisseuse de nos sueurs qui se mêlent. La crue de mon ruisseau inonde honteusement l’assise du grand canapé gris, mais étrangement, peu m’importe alors. Mon plaisir égale le sien. Je ne vois ni n’entends plus rien que le langage corporel de l’extase. Marc reste sur moi, immobile, nos mains toujours en fusion, et je voudrais rester là, indéfiniment.



*****



J’ouvre les yeux et sursaute. Il fait chaud. Subitement, je ne suis plus allongée mais assise dans une pièce familière. Je suis installée dans mon fauteuil. Mon cœur bat très fort. Il y a de ces réveils qui vous donnent l’impression d’avoir vécu mille aventures pendant le temps du sommeil. Je comprends, cette fois, que c’est à cause de ce rêve… Ma vieille horloge marque seize heures. Ai-je déjà pris mon café de l’après-midi ? Je ne sais plus. Le soleil d’été inonde ma petite chambre car personne n’a pensé à baisser le store. Soudain, je sens les larmes monter. Pourquoi ? Je ne sais pas trop. Non, il ne faut pas pleurer.

Soudain, quelqu’un frappe durement à la porte et entre sans attendre de réponse. Des semelles en caoutchouc chuintent sur le lino, puis la dame blonde apparaît dans mon champ de vision. Elle tourne la manivelle grinçante du store pour faire de l’ombre.



Elle regarde mon visage. Je trouve qu’elle porte beaucoup de maquillage.



S’accroupissant au pied de mon fauteuil, elle pose ses doigts sur les miens. Je baisse les yeux vers mes mains toutes fripées, et sur la bague en argent. Je regarde la dame en silence. Je réfléchis. Non, je ne pleurais pas, je vais bien. Puis je me rappelle un peu mes songes.



La dame blonde me regarde encore.



En attendant mon récit, la dame extrait deux comprimés de leur plaquette. Elle les pose délicatement sur ma petite table, près de mon verre d’eau.



Cette pensée me fait rire. La dame aussi.



Les grands yeux verts de la dame blonde, cernés de crayon noir, me dévisagent sans ciller.



Soudain, elle se dirige à nouveau vers la porte ouverte, saisit quelque chose sur le chariot stationné dans le couloir et revient vers moi à grands pas, avec ses semelles qui chuintent. En m’observant du coin de l’œil, elle retire l’opercule d’un petit pot. Elle place le yaourt protéiné devant moi, avec une cuillère.

Je regarde ma collation. Je n’ai pas faim.



Je dois avoir l’air malheureuse. La dame blonde prend une chaise et s’assied face à moi. Pourtant, elle n’a pas le temps. Elles disent toujours ça. Elles courent toujours.



La dame me fixe attentivement, comme si j’allais me lancer dans une très longue histoire. J’ai un peu chaud, je crois que je rougis.



Sans enthousiasme, je me redresse un peu sur le fauteuil puis saisis la cuillère.



La dame blonde est repartie très vite. Elle est encore pressée, c’est l’heure du service des collations. Je crois qu’elle essuie des larmes d’un revers de sa manche. Elle va gâcher son maquillage, c’est dommage. Moi, je vais manger mon dessert, il a l’air bon. Et je vais faire une petite sieste, après., mais il faisait semblant de dormir.


Les grands yeux verts de la dame blonde, cernés de crayon noir, me dévisagent sans ciller.



Soudain, elle se dirige à nouveau vers la porte ouverte, saisit quelque chose sur le chariot stationné dans le couloir et revient vers moi à grands pas, avec ses semelles qui chuintent. En m’observant du coin de l’œil, elle retire l’opercule d’un petit pot. Elle place le yaourt protéiné devant moi, avec une cuillère.

Je regarde ma collation. Je n’ai pas faim.



Je dois avoir l’air malheureuse. La dame blonde prend une chaise et s’assied face à moi. Pourtant, elle n’a pas le temps. Elles disent toujours ça. Elles courent toujours.



La dame me fixe attentivement, comme si j’allais me lancer dans une très longue histoire. J’ai un peu chaud, je crois que je rougis.



Sans enthousiasme, je me redresse un peu sur le fauteuil puis saisis la cuillère.



La dame blonde est repartie très vite. Elle est encore pressée, c’est l’heure du service des collations. Je crois qu’elle essuie des larmes d’un revers de sa manche. Elle va gâcher son maquillage, c’est dommage. Moi, je vais manger mon dessert, il a l’air bon. Et je vais faire une petite sieste, après.