| n° 23292 | Fiche technique | 41617 caractères | 41617 7533 Temps de lecture estimé : 31 mn |
18/09/25 |
Résumé: Réveil difficile... où quand les choses ne tournent pas tout à fait comme elles le devraient... | ||||
Critères: #bisexuel ff | ||||
| Auteur : Jane Does Envoi mini-message | ||||
Tous les symptômes d’une vraie gueule de bois ! Oui, tous ! Sauf que voilà, je ne bois jamais d’alcool. Et mon réveil est plutôt douloureux. Je referme les yeux, pensant que ça va passer. Derrière mes paupières, une sorte de houle qui ballotte mes pensées. Je tente donc un étirement pour dénouer ces muscles froissés sans doute par une mauvaise position prise inconsciemment dans mon sommeil. Et là… mon avant-bras gauche vient heurter quelque chose qui ne devrait pas se trouver là.
Et quand je dis « quelque chose », le mot est mal approprié. C’est plutôt quelqu’un ! Mon cœur s’affole. Qu’est-ce que ce corps fait là ? Sous le frôlement involontaire de mon bras, la personne qui dort là a un sursaut. Instinctivement, le corps se rapproche du mien. Je ne bronche plus, de peur de comprendre, de peur de savoir. Pourtant, la soirée de la veille s’est bien déroulée. Je ne pige pas ce que cet autre fait là. Un énorme doute me surprend, que mon esprit se refuse à analyser.
Mince alors ! Je n’ai tout de même pas… on s’en souvient de ce genre de truc d’habitude. Mais là, rien, pas la moindre trace d’une bribe de souvenir. C’est grave ça… ma vieille ! Vieille ? Le mot me ferait plutôt sourire puisque je n’ai que trente et un ans. Mais si les souvenirs d’une coucherie ne restent plus imprimés dans ma mémoire, c’est bien qu’il y a un problème. Et puis… il y a cette sensation étrange d’avoir la tête en vrac.
Dans le lit, à mes côtés, l’autre bouge. C’est une manie de venir se coller contre moi ? Je n’ose plus faire un seul mouvement. Je sens dans mon cou un souffle chaud, régulier. C’est donc juste un réflexe qui vient d’amener l’intrus à se rapprocher de moi ? Je tente une timide réouverture de mes stores de peau. La pénombre de ma chambre ne me permet qu’une vision très limitée de ce qui m’entoure. Ma chambre ? Je ne suis plus aussi sûre qu’il s’agisse bien de chez moi ! Dans ma poitrine, c’est la panique.
Mon palpitant s’affole et fait des bonds de cabri dans sa cage. Un rassemblement de mes pensées, une remise en place de mes idées me paraissent urgents et obligatoires. Je me remets illico dans la posture de la dormeuse en fermant les quinquets de nouveau. Je me sens… nauséeuse. Il me faut à tout prix comprendre. Mais mon cerveau s’obstine à rester aux abonnés absents. C’est pas possible ça ! Le corps étranger remue et je me morfonds dans une solitude effrayante. La patte qui se pose en travers de mon poitrail n’a rien d’une voyageuse.
Non ! Elle est arrivée là sans que son propriétaire le veuille ? Enfin… c’est ce que je veux imaginer là, en cet instant de panique. Je cherche, toujours sans en avoir conscience, à retracer le pourquoi de cette présence dans ma couche. Et lentement, je laisse filtrer à travers mes cils disjoints, une raie de luminosité. Les contours irréguliers de mon dressing se dessinent dans le flou de cette caboche qui s’obstine dans son mutisme dérangeant. Qu’est-ce qui peut bien pendouiller à la porte ouverte de mon armoire ?
Un effort supplémentaire et j’entrevois mieux ce chiffon qui s’affiche là. Un bas ? À moins que ce soit en fait un collant ? De nos jours les bas… c’est rare ! Merde ! Je ne saisis pas plus comment ce machin est arrivé à devenir décoratif dans mon intérieur de femme seule. La masse informe qui me cramponne par une main s’agite de nouveau à mes côtés. Cette fois, la louche vient de glisser sur… un de mes seins. Elle y reste collée sans faire un seul mouvement. Si je bouge, je vais réveiller ce qui est au-delà de ces doigts.
Juste un murmure ! Seulement un souffle qui vient troubler un peu plus encore mon cerveau totalement embrumé. L’unique réponse que m’apporte ce chuchotement, c’est l’accent très féminin de la voix qui vient de me poser cette question.
Le ton vient de monter d’un cran. J’en suis toujours à me dire que je m’accroche à un rêve. Ma nuit qui perdure, au-delà de l’éveil ? Une femme dans mon lit ! Je suis tétanisée, sans la moindre capacité à dire quoi que ce soit. Qu’est-ce que cette nana fait chez moi ? Et accessoirement dans ma chambre ? Mes idées, je dois absolument les remettre en ordre de marche. Il doit bien se trouver une explication logique et toute bête à cette présence dans ce lieu si intime. Un mouvement sur mon flanc et une jambe se love sur la mienne.
Chaude, douce, lisse, elle vient de son poids perturber le rythme des battements de mon cœur. Puis un courant d’air court sur la partie de ma nuque accessible à… oui, à la bouche qui ne prononce plus une parole. Mince ! Un long frisson me parcourt le corps. La langue de ma coucheuse s’est simplement aventurée sur un bout de ma peau. La main, elle, a tout bonnement serré un peu plus le sein rond sur lequel, jusque-là, elle est appuyée. Et le frémissement me gagne partout pour la seconde fois.
Aucun souvenir d’hier soir ! Zone blanche depuis… mon déjeuner, depuis donc midi, la veille. Oui ! Le restaurant, mon client, c’est bien là au fond d’un tiroir. Mais ensuite… mon rendez-vous de dix-sept heures, avec l’architecte… Une belle nana ! Chevelure impeccable, légèrement rousse, enfin juste ce qu’il faut pour n’être pas tout à fait fauve. Une tigresse, c’est la dernière image que me restitue ma cervelle. Alors, comment ce bas est-il venu s’inscrire dans mon champ de vision matinal ? Et elle ? Qu’est-ce qu’elle fiche là ?
Je ne réagis que mollement à la caresse des doigts qui se frottent sur mon téton. Mon plus gros souci, c’est de me rappeler ma soirée. Et là… rien ne ressort de la boîte qui garde d’habitude les souvenirs. Puis une tout autre question se met à flotter dans l’air de ma chambre. Est-ce qu’elle et moi… nous avons… C’est un comble de ne pas pouvoir le dire. Aucune image, aucun son, rien ne vient jaillir de mon crâne. J’ai l’esprit en vrac et c’est chiant. Drôle de mot qui ne me ressemble guère.
Je repousse d’une main ferme le début d’un assaut de cette inconnue qui n’insiste pas.
La femme est là, assise sur une chaise paillée de ma cuisine. Sur son dos, une de mes nuisettes que je viens de lui prêter. Séparées par la table, nous avons devant nous, chacune un bol de café odorant et fumant. Quelques tartines sorties tout droit du grille-pain, un peu de beurre et de la gelée de mûre pour elle, du miel pour moi, voilà la scène qui se déroule à cet instant. Mon esprit a beau se remuer les méninges dans tous les sens, rien ne remonte de ce qui s’est passé… hier soir.
Comme elle a la bouche pleine et moi également, je ne pose encore aucune des questions qui me perturbent vraiment. C’est elle qui entame donc la conversation et c’est du genre gratiné.
La petite pilule blanche ressemblant à s’y méprendre à une de celles des plaquettes de contraceptifs est là, au creux de ma main. Elle me fascine et les yeux de mon « invitée-surprise » vont et viennent, guettant peut-être un autre geste de ma part. Mais je ne vais pas reprendre son cachou. Non ! Cette nana a sans doute la trouille que je recommence à avaler sa pilule. Je n’ai du reste rien qui remonte d’un tiroir de mon cerveau.
Elle me regarde et ses quinquets, je les découvre d’un coup. Jusque-là je ne leur ai prêté aucune attention particulière. Ils sont d’un bleu profond et je m’y noie. Puis il y a sa chevelure… pas tout à fait fauve, juste une pointe de rousseur, de quoi la rendre belle. Oui, belle ! Le qualificatif lui va bien. Et pour que je trouve une nana « belle », c’est que je dois disjoncter salement. La saloperie que j’ai ingurgitée béatement en est-elle responsable ? Cette femme a quoi ? Quelques années de plus que moi ? Et encore n’est-ce pas certain. Ah si ! Elle me l’a dit, trente-six ans, comme Hélène… donc cinq ans nous séparent !
Je suis la silhouette assise face à moi. Les doigts fins qui soulèvent le bol de café sont longs, ornés d’ongles peu habitués aux travaux manuels, j’en suis convaincue. Mais dans un laboratoire, on cultive rarement des légumes et on travaille encore moins la terre. En tous cas, elle a une bouille franche et elle me sourit. Le rictus que font mes lèvres pour répondre à sa risette… je veux croire qu’elle l’interprète bien comme un sourire. Comme se prénomme-t-elle déjà ? Elle me l’a dit, mais je n’ai pas ou mal capté.
Ah ! oui ! Ses mots me reviennent. Une éclaircie dans une nébuleuse d’incertitudes ? « Je m’appelle Astrid Maillard. J’ai trente-six ans comme mon amie Hélène ». Ce sont bien ses paroles ! Elle ouvre la bouche et sa langue, celle qui à son réveil a fait un passage rapide sur ma nuque, pourquoi me trouble-t-elle soudain ? Les lèvres qui s’entrouvrent pour venir se coller au rebord du bol sont bien dessinées, charnues. J’imagine bien que, pour un homme, elles peuvent représenter un attrait affolant. Il y a aussi deux rangées de petites dents d’une blancheur extraordinaire.
Et je détaille plus avant cette nénette en vis-à-vis. Qu’est-ce qui me prend ? C’est une femme ! Une autre moi finalement qui est installée là dans ma propre cuisine, à ma table. Mince alors ! Son cacheton a déréglé mes neurones ? Me voilà en proie à un doute sur mes aspirations profondes ? Sur mes préférences sexuelles aussi ? Comment est-ce possible que j’en arrive là ? J’aime les hommes, bien que je doute qu’eux veuillent bien me rendre la pareille. Jusque-là, je ne me suis jamais posé ce genre de question existentielle.
Pour moi, un couple, c’est un et une. La réunion d’un sexe mâle et de celui d’une femelle. Mais je dois me rendre à l’évidence, cette Astrid « trucmuche » m’attire vraiment. Je ne comprends plus rien. Un autre effet inconnu de sa pilule que j’ai avalée bêtement ? Comment lui poser la question sans éveiller ses soupçons ? Lui demander crûment, c’est lui montrer tout aussi brutalement qu’elle me remue le sang. Alors, boucle-la, Maryse, je t’en supplie, tais-toi. Ne va pas encore te fourvoyer dans une de ces histoires qui te foutent en l’air.
Elle me fixe et se rend bien compte que je ne suis plus tout à fait lucide. Sa voix jaillit dans mes oreilles.
Merde alors ! Elle est en train de me souffler… que c’est en moi que se tient la solution ? Ou du moins, un début de réponse. Mais je suppose qu’elle est plus fine mouche qu’elle ne le laisse paraître. Elle sait que je n’ai pas demandé cela d’une façon anodine. Et ses yeux brillent d’un coup d’un éclat plus net. Cette Astrid doit être une femme à femme. Son désir transparaît et devient contagieux ? Pas besoin de sa cochonnerie pour que je m’en rende compte. C’est là, comme un point qui me chatouille le creux des reins. La pointe rose de sa langue qui revient faire luire ses lèvres…
Une manière de me montrer que je suis à son goût ? Seulement une idée qui traverse ma caboche de brune ? Elle garde les prunelles braquées sur ma petite personne. Elle fouille en moi, dans mon âme, comme s’il s’agissait d’un livre ouvert. Je sens mon cœur qui s’affole de nouveau. La pilule sur la table, ronde, d’une blancheur incongrue qui fait tache sur la nappe rouge et noir, un appel à mes sens en déshérence ? Et je ne sais plus quoi dire ou faire. Mes grands bras sont comme figés en attente de je ne sais quel miracle. Je passe par toutes les couleurs d’un arc-en-ciel imaginaire.
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Les tremblements de mes mains, elle ne peut les ignorer. Alors, en parfaite dame bien éduquée, elle ne tire pas profit de ce que je ne sais cacher. Les regards sont lourds de non-dits. Elle ne baisse pas les quinquets et je me sens prise dans un piège dont je n’arrive pas à me dépatouiller. Qu’est-ce qui me prend ? Que m’arrive-t-il, bon sang ? Pour un peu je me sentirais… comment dire cela ? Totalement dépendante de cette inconnue. Elle ne montre aucun signe particulier de nervosité. J’ai l’impression d’être une souris guettée par une chatte.
Encore un effet rétroactif de la cochonnerie que j’ai absorbée ? Une lave incandescente coule lentement dans mes veines. Je me sens très étrange et j’ai l’impression très nette que mon corps charrie une montée d’un attrait absolument irrépressible. Je sais sans même avoir besoin de faire le moindre geste que ce qui m’arrive s’appelle « désir ». C’est d’autant plus inquiétant que cette incroyable envie n’a pour point de départ que cette femme qui se tient face à moi.
Elle ne me lâche pas du regard. Mon trouble doit être aussi visible qu’un nez au milieu d’un visage. Et laquelle d’elle ou de moi tend la main la première vers la patte de l’autre ? Je n’en garde aucun souvenir, mais ce qui est certain, c’est qu’un long frisson me parcourt l’échine à ce simple contact entre nos doigts. Puis le son de sa voix également me paraît changé. Plus suave, plus langoureux, il me montre l’étendue des dégâts.
Elle me tient toujours la main. Ne pas la lâcher, de peur que cette euphorie matinale ne retombe comme un soufflé trop vite sorti du four. Je la guide dans ma maison. La porte qui donne sur un lit aux draps déjà froissés nous offre le spectacle de cette couche vide. Ma bouche tente une approche timide vers celle de cette rouquine qui me chavire les sens. Je suis en rut ! Une folie faite de chaleur et de sentiments incontrôlables. Ma tête ne participe pas complètement à cet hallali. Une part de réserve qui me tient éloignée de ce qui s’ensuit.
Mes bras se referment sur les épaules d’une Astrid qui se laisse entraîner dans la spirale que sa « merde » provoque sans doute. Et le baiser que je veux très féminin a un goût presque de mâle en goguette. C’est vrai que dans cette histoire, je me comporte comme un mec. C’est moi qui, au sens figuré, porte la culotte. Et la minuscule nana que j’étouffe de mes lèvres répond avec grâce au ballet de ma langue agile. L’air nous fait défaut au bout d’un moment. Il me faut garder le contact avec ce corps étranger dont j’arrache l’unique vêtement.
La rousse se love contre moi alors que c’est bien ma nuisette qui s’envole vers le sol. Elle y rejoint sa sœur, prêtée pour un petit déjeuner qui s’achève en dessert. Poussée sur le lit par mes pattes de plus en plus intrépides, elle ne cherche pas à échapper à cet assaut à la limite du brutal. Et elle aussi entre dans la danse. Ses mains font quelques voyages aux confins de mon épiderme. Nos nudités s’épousent dans de longs gémissements. Elle est là qui joue avec tout ce que sa bouche vorace peut sonder. Un long moment à folâtrer sur mes seins gonflés par un désir artificiel ?
C’est aussi incongru de penser que l’envie qui me noue les tripes n’est pas naturelle. Pourquoi mon cerveau qui me hurle que c’est du fabriqué ne me fait-il pas stopper ce qui visiblement nous plaît ? Un réel besoin de vivre ? Une stupéfiante expérience dont je ne maîtrise aucun des paramètres. J’arrive inévitablement à calquer mes mouvements sur ceux de cette chercheuse qui ne trouve pas de pétrole là où elle creuse. Et c’est bien tête-bêche, trafiquant dans les affaires de l’autre, que nous passons un cap.
Ouverte et enthousiasmée par mon audace, elle se fait aussi tendre que je peux l’être. Encore que mes gestes désordonnés ne lui assurent pas toujours une montée d’un plaisir qu’elle espère. Je navigue à vue, sans trop savoir quoi faire de ce qui me paraît être une image de ce que je suis. Un buisson aussi brûlant que chatoyant, couleur de feu, rappelant sa tignasse voit ma langue en écarter les longs poils. Une idée idiote de nouveau éclate dans ma caboche. Est-il vrai que les roux ou rousse ont une odeur particulière ? Et ce simple questionnement me fait frémir les narines.
Je ne ressens rien de plus que le besoin de plonger la bouche sur une faille longue aux lèvres à peine entrebâillées. C’est moi que je lèche, c’est moi que je câline dans de lents passages sur ce sexe qui m’enivre. Astrid me rend la monnaie de ma pièce et puisque c’est moi qui suis couchée sur elle, dans ce soixante-neuf d’un genre inédit pour moi. Je peux tout à loisir me mouvoir à ma guise. Mes cuisses entourent son visage et je dois lui faire mal en les serrant de temps en temps. Mais l’idée même qu’elle souffre un peu ne tempère pas mes ardeurs.
Je suis en chaleur, en rut, et mon ventre se frotte sur son minois qui ne peut, vu notre posture se dégager facilement. Elle subit donc mes trémoussements irréguliers. Elle n’arrive plus à contenir mes soubresauts et ses caresses cessent alors que je persiste à lui manger la chatte. Je réalise qu’elle crie et la stupeur me gagne. Je me redresse à demi pour poser une question bien conne.
Je reprends donc ma besogne dans un climat contagieux. J’ai envie aussi qu’elle s’active sur ce même lieu que je travaille en cet instant. Que je lui donne ? Oui ? Mais quoi ? Et cette fois, j’allie ma main à ma bouche pour explorer plus en profondeur, ce qui nous rend si semblables. J’aime moi dans le sexe, que des doigts viennent masser l’intérieur de ma chatte. J’imagine donc qu’elle aussi doit apprécier ça. Est-ce dans ma salive ou sa mouille que mon index et mon majeur réunis naviguent de concert ? Le souffle qui m’atteint entre les cuisses ne doit rien au hasard. Elle ne gesticule plus.
Et d’un coup, tout entière, elle s’arc-boute. Son corps se tend alors que seuls sa tête et ses talons restent en appui sur la couche. C’est si soudain et violent que je suis soulevée aussi dans cette réaction qui libère son ventre. Une sorte de jet de liquide m’atteint le visage alors qu’accrochée à elle je persiste à assister mes doigts de ma langue. Deux mains me cramponnent par la nuque, m’obligent de cette manière à rester collée à sa chatte dégoulinante de bave. Un hululement de chouette troue l’espace clos de ma chambre.
Enfin, molle comme un pantin désarticulé, Astrid se laisse retomber sur le lit. Elle tire sur mes cheveux, sans doute pour me faire reculer mon visage de l’endroit où finit son long plaisir. Tous ses muscles tremblotent longtemps encore après que je me suis également rallongée près d’elle. Je peux voir de près l’incroyable spectacle de ce corps qui frémit de partout. La main de la rousse toujours dans la mienne se crispe sous l’effet de son plaisir qui s’estompe lentement.
Je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir fait beaucoup pour elle. Je m’y suis prise comme une novice. Je ne sais pas vraiment en quoi je peux être « géniale » comme elle le prétend ! Et puis, je dois bien me l’avouer, je reste un peu sur ma faim. Si elle vient d’avoir un orgasme magistral, c’est loin d’être le cas pour moi. Sa voix… elle change encore par des intonations plus fluettes. Il est donc possible de savoir lorsque nous venons de prendre notre pied par les inflexions de notre voix ? Une question débile, bien sûr.
Désormais, c’est moi qui suis couchée sur le dos et elle vient s’allonger langoureusement le visage entre mes cuisses. Elle reprend ses baisers sur la bouche en feu. Et les images dans mon cerveau fusent de partout. J’imagine la langue qui longe ma chatte, écartant au passage les poils bruns poisseux des précédents voyages de la saliveuse dégourdie. Puis, lentement, je me sens pénétrée par les doigts d’une Astrid qui réitère sur moi ces mêmes gestes qui l’ont envoyé au septième ciel. Ma poitrine monte et descend au rythme effréné de ma respiration haletante.
Je bouge beaucoup et mes talons remontent pour prendre appui sur les épaules de la rousse qui insiste sur une pénétration digitale inouïe. Et une légère douleur me cloue le dos sur le plumard. Je me retiens de hurler juste un instant. Et j’ai l’impression soudaine que mon ventre se déchire, que ma chatte s’étire, se désintègre aussi. En moi, il y a cette monstrueuse pine qui ne bouge plus. Elle garde mes chairs distendues, mais c’est tellement étrange. Une sensation totalement inconnue et de plus en plus supportable qui se dissipe en contractions bénéfiques. Doucettement, je comprends.
Astrid vient de loger l’intégralité de sa petite patte dans ma chatte. Elle attend que mes muscles se relâchent pour faire mouvoir à l’intérieur de moi sa main. Quand elle me juge suffisamment détendue, elle écarte les doigts et c’est à mon tour de crier. Un long gémissement qui rattrape nos oreilles, qui lui indique aussi le degré d’attente de mon corps. Puis elle avance et recule, d’abord très délicatement, juste pour assouplir la gaine. Quand je hurle, elle sait qu’elle vient de gagner la partie. Je pars dans un orgasme hors norme.
Jamais aucune queue d’homme ne m’a donné un tel plaisir. Je me tords sur la couche, me tortille sous l’effet de cette monstrueuse bite qui me prend. Elle sait y faire et je suis au bord de l’évanouissement. Combien de temps dure cette intromission délirante ? Je ne peux l’estimer qu’à la hauteur de mon orgasme démentiel. Sans aucune certitude, j’émerge, bien longtemps après celui-ci, dans les bras de celle que je dois bien appeler désormais : mon amante.
Une maîtresse qui me couvre de bisous, du bout des lèvres, comme pour figer dans ceux-ci un merci de convenance. J’analyse avec stupeur que je viens pour la première fois de ma vie, de faire l’amour avec un reflet de moi. Et c’est très spécial comme réaction. Je ne me sens pas plus lesbienne que bisexuelle pour autant. J’ai apprécié, honnêtement, je le reconnais. De là à en faire mon quotidien, il y a tout un monde que je me refuse à envisager. Les doigts, ceux qui ont quitté la tanière rose de mon ventre, ils s’éternisent en petits cercles concentriques allant de mon nombril à ma poitrine.
Et de sa bouche gourmande, Astrid vient téter la pointe de mes seins. C’est bon, je l’avoue, mais pas plus exceptionnel que lorsqu’un homme salive sur eux. L’euphorie éteinte, il ne me reste que l’agréabilité de ce qui vient de se passer. Mais je suis persuadée que des mains mâles m’auraient fait jouir aussi fortement. Surtout si elles avaient exécuté sur moi un identique ballet. Bon ! Ma petite Maryse… tu viens de vivre un bon moment !
Je ne suis pas prête à renouveler à l’infini ce genre de passe-temps et c’est exactement ce que je me dis en voyant, après une bonne douche partir la gaillarde qui l’espace d’une matinée, m’a fait partager une belle expérience… On ne devient pas femme à femme du jour au lendemain.
Toutes les drogues du monde ont aussi une limite… celle de l’acceptation humaine. Si l’intention est louable, l’usage peut s’en avérer très risqué et je ne tiens pas à reprendre ce genre de cochonnerie, même si le but peut sembler enchanteur. Alors, au revoir Astrid et ses pilules de jouissance. Il ne me reste plus qu’à dénicher celui qui saura me redonner confiance en la vie. Et bien entendu qui me fera prendre mon pied, sans accompagnement d’une quelconque substance… licite ou pas !