| n° 23256 | Fiche technique | 14188 caractères | 14188 2576 Temps de lecture estimé : 11 mn |
25/08/25 |
| Présentation: Un récit assez court et plutôt différent, histoire de prouver que je ne raconte pas que des niaiseries ;) | ||||
Résumé: La jeune Anna vient d’être découverte morte dans un terrain vague. Elle a visiblement beaucoup résisté, mais son agresseur s’est largement vengé. | ||||
Critères: #nonérotique #policier | ||||
| Auteur : Patrik (Carpe diem diemque) Envoi mini-message | ||||
Un récit assez court et plutôt différent, histoire de prouver que je ne raconte pas que des niaiseries ;) Comme souvent, ne pas confondre narrateur et auteur. Bonne lecture :)
La jeune Anna vient d’être découverte morte dans un terrain vague. Elle a visiblement beaucoup résisté, mais son agresseur s’est largement vengé. Sans doute un salopard fini, doublé d’un sacré lâche, car la victime est bien jeune et fluette, à peine plus qu’une fillette.
J’espère sincèrement pour elle que la mort est arrivée assez vite afin de la délivrer de son calvaire. Plus émotif, l’homme qui est à côté de moi se laisse aller :
Je ne sais pas encore comment, mais on trouvera…
C’est alors que mon regard est attiré par quelque chose d’insolite. Je mets une paire de gants pour ramasser cet objet sombre. C’est un portefeuille, il est légèrement humide à cause de la rosée du matin, mais il ne semble pas avoir séjourné bien longtemps dans l’herbe, surtout qu’hier, il a bien plu. Donc, cet objet a été déposé ici entre hier soir et ce matin. Sans doute dans la soirée, durant le crime…
Intrigué, mon collègue se tourne vers moi :
Je lui montre ma trouvaille. Ensemble, nous examinons son contenu, il appartient à un petit con assez connu dans le secteur, Christophe qui se fait appeler Christopher, un fils de bourges. Pourquoi aurait-il franchi cette étape sans retour du meurtre ?
Nous continuons notre examen. Se tripatouillant les poils de sa courte barbe, mon collègue demande :
Malheureusement, nous ne pouvons plus rien faire pour cette pauvre Anna, sauf mettre la main sur son tortionnaire, le plus vite possible, autant battre le fer pendant qu’il est encore chaud. Mais avant, nous devons faire un petit arrêt à l’entrepôt.
Après un petit détour, tandis que je roule, Paul me demande :
Quelques minutes plus tard, nous arrivons à destination. Mon passager possède de très bons yeux :
Je m’étonne franchement :
Mon passager devient plus hargneux :
Sur les indications de Paul, je fais le tour du quartier, puis je gare la voiture. Nous sortons puis nous attendons dans une sorte de petite cour, plaqués tous les deux contre le mur où débouche une ruelle en pavés. Peu après, le dénommé Christopher déboule. Aussitôt, nous lui mettons la main dessus. Il est si surpris qu’il ne cherche pas à fuir, du moins, pas pour le moment, mais je constate que ses yeux s’agitent dans tous les sens, cherchant une solution.
Il préfère se la jouer cool :
Il prend un peu plus d’assurance :
Je balance sous son nez un portefeuille déposé dans une pochette plastique. Je soupire :
J’examine mieux le suspect. Rien à signaler. Puis pris d’une intuition subite, lui saisissant une main, je relève prestement une manche de son blouson :
Il s’exclame aussitôt :
Sans ménagement, mon collègue le menotte aussitôt, il s’étonne :
Quelques secondes plus tard, le suspect dûment menotté est installé dans notre voiture, je suis à nouveau au volant et mon co-équipier sur la banquette arrière en compagnie du jeunot. Je regarde furtivement dans le rétroviseur, je constate que Paul est en train de se contenir afin de ne pas lui taper dessus.
Tandis que je viens juste de démarrer, Christopher fait la moue :
Mettant mon clignotant, je réponds :
Méprisant, il lâche :
Mon collègue reste étrangement silencieux, ce qui n’est pas très bon signe. Je demande en soupirant à notre menotté :
Mes deux mains sur le volant, je ricane doucement :
La voiture manque de piler sur place. Le jeunot est projeté en avant, et Paul ne doit son salut qu’à ses bons réflexes. Relançant la voiture, je reprends mes esprits :
Les quelques détails qu’il nous communique ne laissent pas de doute. Il était au moins présent sur place. Peut-être qu’il a été le commanditaire, peut-être que le spectateur. Mais au fond de moi, je pense que ce dégénéré est le seul et unique auteur.
Je lui pose d’autres questions ciblées, Paul aussi. Ça se confirme, nous avons bien mis la main sur l’assassin, non, le tortionnaire. À moins que ce Christopher soit un sacré affabulateur, doublé d’un devin.
J’essaye de rester calme, Paul aussi, mais je vois bien dans le rétroviseur qu’il bout sur place. Je résume d’une voix que je veux neutre, sans émotion :
Paul grogne d’une voix caverneuse :
Il adopte un ton suffisant :
Tel un petit coq, il nous nargue :
Le pire dans ce navrant discours est que ce jeunot risque d’avoir raison sur toute la ligne…
Assez dégoûté, je ne réponds rien, la voiture continue d’avancer. Fier de lui, Christopher continue de nous narguer ouvertement :
CHBAF !
Sous l’effet de la surprise, la voiture vient de faire un écart. Visiblement, mon collègue n’y a pas été de main morte, puisque notre délinquant a cogné violemment sa tête contre la portière. Assez stupéfait, la joue écarlate, l’œil humide, il se redresse tant bien que mal :
Devançant mon co-équipier, je prends la parole :
Je ricane doucement :
CHBAF !
Tandis qu’il gémit, la réponse arrive de la banquette arrière :
Narquois, je lui coupe la parole :
CHBAF ! KLONG !
Vu l’impact (le son, le choc contre la portière et la vibration de la voiture), je suis étonné que ce jeune meurtrier ait encore sa tête sur ses épaules, ce que je constate de visu dans le rétroviseur. Je comprends parfaitement la réaction peu orthodoxe de Paul. S’il tenait le volant à ma place, je crois que, moi aussi, j’aurais balancé au moins une belle torgnole à ce crétin.
Mais je n’aurais pas su taper si fort !
Les lèvres éclatées, le nez en sang, la joue en compote, un œil à moitié fermé, celui-ci pleurniche :
Prudent, il préfère se taire, l’expérience qui commence à entrer dans son cerveau de malade dégénéré, mais je suppose qu’il rumine sa vengeance. Mais ce jeune con a raison, la loi est mal faite : elle protège plus souvent les délinquants que leurs victimes.
Et parfois, ces dernières doivent uniquement se fier au karma…
Karma qui joue souvent les abonnés absents, mais pas toujours…
Quelques minutes de silence bénéfique plus tard, j’immobilise la voiture dans un hangar assez sombre. Intrigué, le mini-caïd regarde par la vitre, puis il s’exclame :
Sans ménagement, mon collègue l’éjecte illico presto de la voiture, pour le positionner ensuite dans la lumière des phares, largement aidé par sa puissante carrure. De mon côté, je referme la grande porte coulissante, plongeant le tout dans la pénombre que brisent les phares restés allumés.
Assez hébété par la tournure des événements (sans parler des torgnoles qu’il a reçues), toujours menotté, un œil presque fermé, l’adolescent reste immobile. Éloignés de quelques pas, nous lui faisons face, formant un triangle équilatéral.
De mon angle, je prends doucereusement la parole :
Tout en le regardant fixement avec un sourire très carnassier, mon pseudo-collègue tapote sa large main avec sa longue matraque :
Les yeux exorbités, le petit caïd tremble de tous ses membres, il ouvre la bouche pour crier, mais aucun son n’en sort, tellement il a peur. Pour preuve, son pantalon à présent mouillé.
Jouant avec nos matraques, mon frère et moi, nous nous avançons lentement vers lui, mon frère sur sa droite et moi sur sa gauche. Toujours tétanisé, il ressemble vraiment à un lapin pris dans les lumières d’une voiture qui fonce vers lui.
La suite ne regarde que nous.