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n° 23233Fiche technique48400 caractères48400
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Temps de lecture estimé : 34 mn
07/08/25
Présentation:  Prise entre deux mondes si différents !
Résumé:  Comment, épouse exemplaire d’un patron, me suis-je retrouvée dans les griffes de son pire ennemi, le délégué syndical ?
Critères:  #psychologie #volupté #coupdefoudre #confession #adultère #bourgeoise #fellation #travail fh extracon fsoumise cérébral exhib noculotte photofilm pénétratio
Auteur : Elodie S      Envoi mini-message
La lutte des classes n'existe plus !

Du coin de l’œil, je regarde les enfants jouer dans la piscine. Ils ont de la chance d’échapper à la morosité ambiante ; moi, je n’ai plus envie de me baigner et d’exposer mon corps aux doux rayons du soleil. Depuis six jours, nous sommes des otages. Comme la dernière commande que j’ai faite au drive n’a pu être livrée, mon frigo et mon congélateur sont presque vides. Situés sur une colline au-dessus de la fonderie, nous ne pouvons plus de la maison accéder à la route qui permet de rejoindre la ville : elle est barrée par un piquet de grévistes. Certes, Grégoire de Saint Florent, le père de mon mari Hector, avait aménagé un chemin qui redescendait sur l’autre versant. Mais mon mari n’a pas voulu l’entretenir ; il prétend que passer systématiquement devant l’usine permet de la surveiller à chaque passage. Maintenant, c’est un sentier envahi par la végétation…


Lorsque j’ai épousé Hector de Saint Florent, mes amies ont dit que j’avais fait « un beau mariage ». Premier employeur de notre ville, la Fonderie Saint Florent est le joyau industriel du coin, et son propriétaire donc un beau parti. Je n’étais pas complètement une oie blanche lorsque je l’ai épousé il y a dix ans. J’avais connu quatre garçons, dont Marc. Ma liaison avec lui était fusionnelle, et nous avons passé ensemble six mois de bonheur total ; il m’a révélé tous les plaisirs charnels de l’amour, et j’ai la chair de poule en y pensant. Mais il est parti étudier un an aux USA, et nos courriers se sont peu à peu espacés, jusqu’à ce qu’il ne me réponde plus. Une belle Américaine a dû l’attraper dans ses filets…


Pendant plus d’un an, j’ai été presque veuve. Puis j’ai connu Hector ; il m’a fait une cour empressée, a demandé à mes parents ma main, au plus grand bonheur de ceux-ci. Je suis devenue Élodie de Saint-Florent. Mariage grandiose, lune de miel à Bali. Un an plus tard, j’accouche de mon fils. Sa sœur naît dix-huit mois plus tard. Depuis, j’ai mis mes envies de femme sous cloche, je suis devenue une épouse presque parfaite, une mère attentionnée, une maîtresse de maison hors pair.


Ma sensualité, pourtant florissante avec Marc, s’est éteinte. Nos rapports intimes avec Hector sont réduits à la portion congrue : environ deux fois par mois, lorsque sa charge de travail le lui permet. Ils suivent un rite très strict. Je sais qu’il va accomplir son devoir conjugal (et le mot devoir décrit parfaitement la situation) lorsque, en me démaquillant, je constate qu’il a laissé son pantalon de pyjama sur le clou. Normalement, il met le haut et le bas pour dormir. Lorsque je me glisse dans le lit conjugal, sa main vient chercher la mienne pour la poser sur son bas-ventre, puis il soulève ma nuisette pour caresser mes lèvres intimes. Moi, je m’applique à faire grossir son membre. Lorsqu’il juge nos états de compatibilité adéquats, il s’installe sur moi et glisse son membre dans ma chatte. Il est lourd et m’étouffe sous lui. Il commence alors ses va-et-vient. Je ressens alors, malgré la difficulté que j’ai à respirer, d’agréables picotements dans mon bas-ventre. Hélas, très vite, il me remplit de ses jets de semence en émettant de sourds grognements, puis se retire. Et je reste songeuse, regardant le plafond avec une sensation de vide dans mon bas-ventre. J’ai ensuite bien du mal à dormir. Notre entente conjugale, par ailleurs correcte, s’arrête à la porte de la chambre.


J’ai pourtant découvert avec mes amies que le rôle d’épouse et de mère ne condamnait pas forcément à fuir les plaisirs de la chair. Nous nous réunissons entre « femmes bien » au moins une fois par mois pour prendre le thé. Et deux d’entre nous, au moins, claironnent sans vergogne leurs aventures sensuelles. L’une, la seule divorcée, multiplie les aventures avec de beaux jeunes hommes vigoureux qui la comblent de leurs coups de reins virils. Son terrain de chasse préféré est les environs de la caserne du régiment d’infanterie, situé à la sortie de la ville. Que ses partenaires aient dix ou quinze ans de moins qu’elle ne la gêne pas, au contraire. L’autre est mariée, avec le premier adjoint au maire. Elle affiche sans gêne une double liaison adultère simultanée, l’une avec un fougueux jardinier de la commune, l’autre avec un officier de la caserne. Dire que les récits de leurs exploits érotiques m’indiffèrent est faux. Je quitte ces réunions mondaines avec mélancolie quand ces sujets sont abordés.



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Depuis que la grève a commencé, Hector est particulièrement énervé. Il peste contre le préfet, incapable selon lui d’imposer l’ordre républicain en envoyant les CRS, injurient les médias, qui soulignent la bonne santé financière de la fonderie en oubliant de parler de l’atelier de bronzage. Or, celui-ci accuse des pertes importantes, ce qui a motivé le licenciement des dix ouvriers y travaillant. L’irritabilité de mon mari s’ajoute au sentiment de confinement que je ressens, je n’en peux plus. Alors je me décide, et rejoins Hector dans son bureau où il jongle avec deux téléphones et son ordinateur.



Hector bougonne, comme souvent, puis, de guerre lasse, me souffle :



Le lendemain matin, je choisis avec beaucoup de soin ma tenue, car je veux donner une image de mère de famille sérieuse, mais quand même féminine. J’opte pour un tailleur gris classique gris, jupe s’arrêtant aux genoux, et un corsage blanc pas trop translucide. Je fais le sac des enfants que je cache dans le coffre, et démarre vers l’usine. Lorsque je longe celle-ci, elle me paraît étrangement calme. En revanche, devant les grilles, fermées, il y a une quinzaine de personnes. Que des hommes, à l’exception d’une femme à l’étrange chevelure orange.


Deux ouvriers se détachent du groupe et s’approchent de mon véhicule ; l’un d’eux me dit d’un ton agressif :



Je lui dédicace mon plus beau sourire et lui demande de voir le chef. Un peu surpris, il recule et lance, en se retournant vers le groupe :



Un homme se détache du groupe et s’approche tranquillement. On dirait une caricature de BD ! Pas très grand, il a une silhouette carrée, de petits yeux enfoncés dans leurs orbites, la peau du visage burinée et barrée d’une grosse moustache noire de jais. Ses cheveux, noirs aussi, sont en bataille et un marcel orange avec des tâches met ses larges épaules en exergue. De grosses touffes de poils noirs s’en échappent sur son torse. Autant il paraît large du torse, autant ses hanches et ses jambes paraissent fluettes. Il porte un jean sale et des baskets. Il a une démarche de cow-boy. Il vient de mon côté et me fixe, immobile, un très long moment. Seule sa langue, qui vient caresser sa moustache comme si j’étais une pâtisserie. Je me sens jaugée, pesée, déshabillée aussi, par ce regard perçant. Gênée, je tire ma jupe sur mes genoux.



Je renouvelle mon sourire le plus charmeur, et, en essayant de ne pas bégayer, lui glisse d’une petite voix tremblante :



Il se prend le menton dans la main, comme pour mieux réfléchir. Puis, de sa voix grave et légèrement chantante aux airs d’Italie, il me dit :



Tremblante, je rejoins la route, file chez mes beaux-parents déposer les enfants, puis je fais les courses dans l’hypermarché. Des conserves surtout, j’ignore combien va durer notre garde à vue. Une idée jaillit : j’achète une bouteille de Pommard pour amadouer nos geôliers. J’ai l’impression que le nommé Dino est sensible au charme féminin. Alors, je décide d’ouvrir les deux premiers boutons de mon corsage.



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Je suis crispée en me rapprochant de l’usine. Je m’arrête un court instant pour retrouver mon souffle et en profite pour vérifier mon maquillage. Je décide de forcer un peu plus sur le rouge à lèvres afin d’accentuer et de remonter légèrement ma jupe sur mes cuisses. Je regarde les banderoles posées sur les grilles. « Saint Florent, donnez-nous de l’argent, pas de licenciements », « un atelier fermé, des gens sur les pavés », « Hector, tu as tort, nous sommes les plus forts ». Même si les rimes ne sont pas riches, ils ont un certain sens de la poésie ! En arrivant devant les grilles, j’entends un des gars crier :



Avec son inénarrable démarche, il vient m’ouvrir la grille et m’enjoint de m’arrêter un peu plus loin, à l’écart du groupe. Lorsqu’il se cale contre ma porte, j’ai à nouveau droit à une inspection visuelle poussée. Je réalise que mes cuisses sont plus découvertes que je l’aurais voulu. Je sens un petit pincement dans mon ventre.



Je rougis à son compliment, et, pour me donner une contenance, saisit la bouteille et la lui tend en lui susurrant d’une voix étrange :



Il saisit la bouteille, regarde l’étiquette et, me fixant dans les yeux, me dit :



Un peu sonnée, je reprends la route vers la maison. Je ne sais trop ce qui m’arrive. Quand Dino me regarde, je me sens toute chose, j’ai d’étranges fourmis dans le ventre. Je dois me reprendre ! Je dois tenir mon rang, je suis Élodie de Saint Florent, l’épouse du patron de la fonderie homonyme. Je décharge, seule, les courses. Lorsque je regagne le bureau d’Hector, celui-ci lève les yeux au-dessus de ses lunettes et me dit :



Je me garde bien de lui révéler que c’est probablement plus la femme que la mère qui est à l’origine de ce passage en force.


Tout en vaquant à mes obligations ménagères, je ne peux m’empêcher de penser à Dino. Pourquoi me procure-t-il cette étrange attraction ? Il n’est pas beau, n’a pas de conversation, et il est aux antipodes de mon style de vie… à moins que ce soit justement cela qui l’explique. Au cours du repas, mon mari m’indique qu’une solution pourrait être trouvée pour arrêter la grève. Grâce à une commande importante et surtout providentielle du régiment d’infanterie, l’atelier de bronzage ne serait pas fermé, au moins à court terme. La préfecture s’est enfin penchée sur le dossier. Reste à régler le dossier des hausses de salaire exigées par les grévistes.


La journée s’écoule lentement, Hector tourne comme un lion en cage avec ses deux téléphones, je profite des généreux rayons du soleil au bord de la piscine. Après avoir dîné et rangé la vaisselle, je vais me coucher. Mon mari est toujours dans son bureau. L’étrange rendez-vous fixé par le syndicaliste me revient à l’esprit. Dois-je l’honorer ? L’Élodie bourgeoise s’en offusque, indigne de son rang. Mais une autre Élodie, rebelle et sensuelle, se dit que je ne risque pas grand-chose, et que mieux connaître cet homme velu qui défend avec fougue ses camarades n’est pas un péché. Après une nuit d’insomnie, assise devant ma coiffeuse, la seconde l’emporte. Je vais honorer cette troublante invitation.


Une fois de plus, je me demande quel look aborder pour cet apéritif improvisé. Je révise ma garde-robe, et opte finalement pour un kilt assez cours et un cœur croisé jaune pâle qui laisse mon nombril à l’air, sur un ensemble coordonné shorty soutien-gorge de dentelles blanches. J’appuie plus sur mon maquillage que d’habitude. Dans mon miroir, le résultat me satisfait : féminine, sans être vamp. Sans prévenir Hector, je reprends ma voiture et descends vers l’infirmerie à l’heure prescrite. Celle-ci se trouve en limite de terrain, à l’écart de l’usine. Elle abrite d’habitude le médecin du travail, une infirmière et une assistante sociale à mi-temps.



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Dire que je suis tendue en arrivant vers l’infirmerie est un euphémisme. C’est une petite baraque, sans charme, à l’écart, déserte. J’aperçois Dino qui me sourit. Il a improvisé une petite table avec un tonneau vide qu’entourent deux chaises. La fameuse bouteille et deux verres trônent au milieu. Avant même que je sois descendue, l’homme s’approche, avec sa démarche de cow-boy et ses vêtements maculés. Toujours ce regard perçant sur mon corps et ces étranges petits fourmillements dans mon ventre. Son examen visuel achevé, il ouvre galamment ma porte et me complimente après un coup d’œil sur mes cuisses un instant dénudées. Il me complimente :



Me prenant par la main, il m’entraîne vers le buffet improvisé. Son contact est rugueux, il a des mains d’une incroyable largeur avec la peau calleuse. Sans me quitter des yeux, il prend la bouteille et remplit les deux verres. J’ai l’impression d’être une pâtisserie dans une vitrine et qu’il est mort de faim. Nous trinquons :



Je rosis à son complément. Nous trinquons à nouveau à notre rencontre, je lui confie que je ne tiens guère l’alcool, ce vin est capiteux. Il m’explique qu’il est rentré à la fonderie à seize ans, du temps de mon beau-père, un patron proche de ses ouvriers. Lorsque mon mari a repris, l’ambiance a changé, les cadences se sont intensifiées, l’esprit familial de l’entreprise a disparu. Cette grève, finalement, est le fait d’un management déconnecté. Il me ressert un verre, je me sens langoureusement engourdie. Tout un coup, il s’arrête et plonge son regard dans le mien, me faisant frissonner. Il me lance, sur un ton plus ferme que précédemment :



Je sursaute à peine à cette demande incongrue. Je souffle un grand coup, et, machinalement, dénoue mon cœur croisé. Je suis devant lui en soutien-gorge simplement parce qu’il me l’a demandé ! Il émet un petit sifflement et, d’un geste, me fait signe de continuer mon effeuillage. Soumise, je dégrafe mon dessous et me cambre pour faire ressortir ma poitrine. Le fourmillement qui me taraude s’intensifie. Il pose sa main sur un de mes seins. Le contact est électrique, son énorme paume est rugueuse, il m’empaume complètement. Il prend mon téton entre deux doigts et le serre. Je ferme les yeux, je ne veux pas me voir, dans ce lieu sordide, me livrant sans me défendre aux attouchements de cet homme primitif, ennemi intime de mon mari. Sa seconde main se pose sur mon autre sein, le soupèse, le malaxe. Je vacille, je crois que je vais m’évanouir. Il le sent et me fait asseoir sur une chaise. Il se penche vers moi, et attrape un téton dans sa bouche. Il me suce, il me tète, je gémis. Ses doigts se glissent sur l’intérieur de ma cuisse. Ce contact m’électrise. Ils suivent le revers en dentelles de mon shorty. Machinalement, j’entrouvre les cuisses, m’offrant, consentante, à sa caresse osée. De la palme d’un doigt, il suit le contour de mes lèvres intimes. Je bascule en arrière. La sonnerie de son téléphone interrompt brutalement ce délicieux supplice. Il le sort de sa poche, regarde l’écran, et ne répond pas pour venir me lutiner à nouveau. Il a glissé sa main dans mon shorty et ses doigts dans ma fente. Je ne cesse de gémir. Il tire d’un coup sec mes dentelles à mi-cuisse et s’ouvre la voie à mon intimité. Il y enfonce un doigt. Je m’ouvre à cette caresse. À nouveau, la sonnerie de son téléphone retentit. Agacé, sans cesser d’explorer mes muqueuses intimes, il prend son téléphone de l’autre main et décroche :



À mon grand désespoir, il retire la main qui m’affolait les sens, l’essuie sur ma jupe et me dit sèchement, me tutoyant pour la première fois :



Mécaniquement, je le lui donne. Il le note et me dit :



Il me laisse en plan, seins nus, jupe sur les hanches, pleines de frustrations, et s’éloigne d’un pas vif. Je mets cinq bonnes minutes à retrouver mes esprits, me rhabille tant bien que mal, rejoins ma voiture et file vers le domicile conjugal. Je suis à la fois honteuse et frustrée. Honteuse de m’être dévêtue et laissé caresser ainsi. Frustrée parce que j’ai senti monter en moi une onde de plaisir que je n’avais pas connue depuis longtemps et qui s’est achevée en queue de poisson. Mais c’est l’heure de nourrir mon époux…



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J’ai laissé le téléviseur de la cuisine allumé. Je sursaute quand je vois Dino, tout sourire, pour une fois à peu près bien habillé et peigné, répondre aux questions du journaliste des nouvelles régionales. Il mentionne « une grande victoire pour les ouvriers de Saint Florent » et une « grande vigilance pour s’assurer du strict respect des accords signés ». J’entends Hector grogner :



Mon trouble, qui s’était un peu apaisé, revient en force ! Lors de notre dîner, j’interroge Hector. En principe, l’accès sera libéré demain matin, et je pourrais aller récupérer les enfants. Je le relance sur le résultat des négociations, il me grommelle qu’il lui est impossible de lutter contre les volontés préfectorales.


Une fois le repas desservi, lorsque je rejoins ma salle de bain, j’ai un choc : le pyjama de mon mari est resté pendu ; ce soir, j’ai des devoirs conjugaux imposés. Non que cela me déplaise en général, j’ai pris l’habitude de les subir. Mais je crains que l’humidité résiduelle que j’ai dans la chatte trahisse mes égarements. Je fais une toilette intime poussée pour en cacher les séquelles et, tendue, rejoins le lit conjugal. Comme je l’avais anticipé, Hector me prend la main et la pose sur son sexe et vient fouiller mon intimité. Il marque un petit temps d’arrêt, puis me fait comprendre que je dois accélérer mes va-et-vient manuels. Une petite voix en moi résonne :



Il ne se doute de rien, et m’inonde en s’effondrant sur moi alors que je commençais à devenir accueillante… Le lendemain, dans la presse régionale, Dino a sa photo à la une ; il est décrit comme l’homme qui a fait plier Hector de Saint Laurent.


Le train-train de ma vie quotidienne reprend, déplacement au centre aéré pour les enfants, approvisionnement de la maison, contrôle de l’employée de maison et du jardinier qui ont repris leurs activités. Un événement fortuit vient troubler cette monotonie : je tombe sur Dino alors qu’il sort en scooter de l’usine. À ma vue, il se met au milieu de la route et me fait signe de le suivre. À l’entrée d’un chemin forestier, il dépose son scooter et monte sans crier gare à mes côtés. Il bloque mon bras lorsque je tente de remonter ma robe qui découvre trop mes cuisses, m’indique le chemin à suivre. Nous arrivons dans une clairière isolée, il me fait arrêter mon véhicule et se penche vers moi. Sans rien dire, il se penche vers moi, prend mes lèvres et m’embrasse fougueusement. Réticente au début, je me laisse entraîner et ma langue répond aux avances de la sienne. Je retrouve les vertiges que m’avait procurés son premier baiser. Les picotements coupables reprennent dans mon ventre. Il farfouille un peu dans mon soutien-gorge puis, se reculant, il me déclare tout de go :



Je réagis, furieuse :



Il recule son siège, et me fait me pencher vers son ventre tout en ouvrant son pantalon. Son sexe, semi-dressé, émerge à une dizaine de centimètres de mes yeux. Il est à son image, râblé, massif, nerveux. Je n’ai sucé qu’un homme dans ma vie, c’était Marc, il y a presque douze ans. Retrouvant une agaçante docilité, je me penche et ma langue vient effleurer son gros gland presque violet. Il sursaute à ce contact ; j’essuie délicatement la perle de rosée qui suinte au bout de son méat. Son goût est musqué, un peu amer. Son membre a durci et pris du volume. Je me dis que ma bouche est trop étroite pour lui. Mais, comme il me pousse par la nuque vers lui. Un gros buisson de poils noirs, durs et fournis, vient piquer mes joues alors que je parviens avec difficulté à absorber son gland. Il me fait penser à une énorme boule de glace. Mais lui, il ne fond pas !


Évitant soigneusement de heurter sa tige avec mes dents, je parviens à l’enfoncer un peu plus ; mais pas suffisamment pour lui, qui me presse sur la nuque. Je déglutis et manque de m’étouffer, il m’intime d’utiliser ma langue. Alors, celle-ci entreprend un ballet infernal, alors que mes lèvres montent et descendent autant que possible le long de sa tige. Sa main a glissé sous mes fesses et se promène entre mon périnée et mes fesses. Ça me fait un effet délicieux. Peu à peu, ses gémissements se font plus intenses, il se tend, et un tsunami de semence vient frapper mes amygdales. Je veux le recracher, mais il me maintient contre son ventre. J’en avale une partie, le reste coule à la commissure de mes lèvres. Tant pis pour son pantalon.


Lorsqu’il se détend, je le recrache. Un rapide coup d’œil à mon rétroviseur me montre le désastre : décoiffée, j’ai un mélange de sperme et de rouge à lèvres autour de la bouche, le menton luisant, le rimmel coulant. Je suis une hideuse traînée. Il n’en a que faire, et, sans me laisser le temps de m’arranger, me dit de démarrer. Lorsque nous atteignons son scooter, il m’embrasse, me tâte la poitrine et me dit :



Et, il enfourche son scooter et s’en va, presque comme si nous n’avions rien fait ensemble ! Je mets de longues minutes à m’arranger pour retrouver le visage de la femme respectable que je suis censée être. Je suis très remontée contre moi-même. J’ai accepté de sucer un homme sans même me défendre. Qu’est-ce qui me travaille pour me conduire ainsi comme une traînée, une pute, comme aurait dit Hector ? Ai-je une montée anormale d’hormones ? Difficile, dans notre petite ville de province, de consulter un médecin à ce sujet. Je n’ose même pas en parler à mes amies, avec lesquelles nous avons pourtant des conversations assez franches. Elles n’auraient de cesse de savoir qui était l’homme auquel j’avais accordé mes faveurs buccales, tout le monde se connaît plus ou moins ici ! Et, si elles découvraient que c’était le syndicaliste qui avait mis en échec mon mari, quel scandale ! Je prends donc la décision ferme et irrévocable d’éviter coûte que coûte Dino.


Pourtant, je dois reconnaître que le baiser langoureux qu’il m’a prodigué m’a fait fondre. Comme son odeur virile, son incroyable pilosité, la fermeté virile qu’il dégage. Mais je ne veux plus être le jouet d’une libido capricieuse que mon mari s’avère être incapable de combler. Je devrais faire comme certaines, qui vont chercher l’aventure dans des clubs de vacances exotiques et lointains pour redevenir, à leur retour, des épouses attentionnées et fidèles… Mais elles, elles n’ont pas de charges maternelles, ou des parents prêts à recevoir les enfants pendant au moins quinze jours.



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Le mercredi suivant, je reçois un SMS de Dino, comme il me l’avait annoncé.



Je réponds sèchement ;



L’Élodie sage a enfin pris le dessus. Mais, l’autre, la perfide, se demande pourquoi je suis aussi catégorique. Il serait intéressant de voir où cet homme vit, s’il a une épouse, des enfants, des colocataires. Téméraire, elle me fait aller reconnaître discrètement la rue Léon Blum, que je ne connais pas. C’est dans la basse ville, où je ne vais jamais. La rue est étroite, encombrée de Kebabs et de petits marchands de légumes. Les gens sont de toutes les couleurs, alors que les immigrés sont peu nombreux dans la région. Le 27 est un immeuble de quatre étages, sale et sans aucun charme. La porte, dont la peinture est tout écaillée, est ouverte. Sans oser rentrer, je vois un couloir sombre et des escaliers en colimaçon. Bref, le type d’endroit où je ne vais jamais.


L’Élodie friponne en profite : tu es incapable de sortir de ton milieu bourgeois, de rencontrer des gens simples dont les fins de mois sont difficiles, me souffle-t-elle. Tu ne t’ouvres pas sur les gens, tu t’enfermes dans la tristesse d’une vie conventionnelle ! Ne te plains pas après de la trouver monotone. Rappelle-toi quand, avec Marc, vous projetiez des aventures exaltantes. Rappelle-toi vos escapades en Islande, en Argentine ! Tu n’es même pas capable de venir dans un quartier défavorisé de ta propre ville ! Ose, ne sois pas poule mouillée ! Ce débat interne me déchire plusieurs jours. Tant et si bien que, lorsque je reçois exactement le même SMS le mercredi suivant, je réponds :



Pour Hector, il me suffit de lui dire que nous avons notre traditionnelle soirée entre femmes. Il n’est guère regardant. Je lui préparerai le dîner à l’avance. Les enfants ? Ils me tarabustent sans arrêt pour aller dormir une nuit ou deux chez leurs copains. En trois coups de téléphone, j’arrange la chose. Je réponds donc à Dino que c’est OK.


Se pose alors la question de comment m’habiller. J’ai envie d’être très féminine. Je choisis pour les dessous un ensemble coordonné de tulle blanc qui a la particularité de n’absolument rien cacher de ce qu’ils couvrent, et l’incontournable petite robe noire, assez décolletée, retenue aux épaules par de fines bretelles, arrivant à mi-cuisses. Malheureusement, elle est incompatible avec le port d’un soutien-gorge. Je n’en mettrai donc pas. Aux pieds, j’enfile des escarpins aux talons marqués. Il faudra quand même que j’évite de croiser Hector ainsi habillée, il pourrait se poser des questions. En milieu d’après-midi, je dépose les enfants chez leurs hôtes et me prépare longuement. Je suis allé chez le coiffeur le matin même. Je me maquille soigneusement, m’enveloppe d’un nuage de parfum, informe Hector, enfermé dans son bureau, que le dîner n’a qu’à être réchauffé, que je pars chez les copines. Me voilà prête pour l’aventure !


Le quartier de Dino est encore plus animé en fin de journée, ça grouille dans tous les sens ! Je ne trouve une place pour me garer qu’à plus de deux cents mètres de chez lui. Je sens les regards masculins sur moi lorsque je rejoins son immeuble. Je ne risque guère de rencontrer quelqu’un de connu ! Je ne fais pas « couleur locale » ! Le hall de son immeuble est sombre et crasseux, des boîtes aux lettres dépareillées indiquent le nom des locataires. Dino habite au quatrième et dernier étage. Monter ces escaliers aux marches défoncés avec des talons n’est pas simple, et je dois me retenir à plusieurs reprises à la rambarde pour ne pas tomber. J’arrive enfin sur le seuil de sa porte. Je frappe, il m’ouvre. Il est torse nu, en short et tongs ; et dire que j’ai fourni bien des efforts de toilettes !


La première chose qui me frappe, c’est sa toison qui recouvre tout son corps du cou à l’abdomen. On dirait un ours ! Il me sourit, me complimente en me faisant faire un tour sur moi-même et m’étreint. Le profond baiser que nous échangeons, et qui dure une éternité, est beaucoup plus enivrant que les précédents. Nous sommes dans l’intimité. Essoufflée, chancelante, je regarde, quand il prend fin, le cocon où il vit. Il est pour le moins surprenant ! Alors qu’il me glisse, malicieux :



Il n’y a qu’une pièce, assez grande, mis à part un corner avec une douche très étroite et un autre avec une minuscule kitchenette. Le mobilier est pour le moins restreint : un grand lit qui trône au milieu de la pièce, une chaise sur laquelle reposent des habits froissés, et une tablette avec un ordinateur, trois appareils photo, une pile de dossiers mal rangés. Mais ce qui frappe le plus, ce sont les murs, couverts d’affiches, de gravures, de photos, qui assombrissent le local et lui donnent un aspect de caverne que la fenêtre donnant sur une hideuse cour intérieure ne parvient pas à égayer. Il se transforme en guide :



Je reconnais Marx, Lénine, Trotski, Léon Blum, Jaurès, etc. Une seule femme. Je l’interroge du regard.



Le second, lui, est couvert d’affiches syndicales, de bandeaux de revendication, d’articles de journaux. En bonne place, je vois celui que j’avais lu relatant sa victoire. Le rouge est dominant, il y a un peu de noir. Le troisième, un peu plus petit à cause de la kitchenette, est couvert de photos de femmes, nues ou peu habillées. Je m’approche. En fait, il y a cinq modèles, prises dans différentes poses. Une petite noire aux seins pointus, une blonde aux traits vulgaires et à l’énorme poitrine, une métisse sculpturale aux yeux verts, une petite rousse qui semble à peine sortie de l’école et une brune assez quelconque. Devant mon air médusé, il me dit :



Je n’ose lui poser la question qui me brûle les lèvres : ont-elles été toutes ses maîtresses ?



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Je me retourne vers son lit aux draps défaits. Il vient se plaquer dans mon dos et pose ses mains sur mes épaules en se serrant contre moi. Lorsqu’il recule, je sens ma robe glisser et tomber en corolle à mes pieds. Je ne l’ai même pas senti dénouer les nœuds des fines bretelles ! Me voilà presque nue, avec seulement mes escarpins et un shorty qui ne cache rien de mon anatomie, chez le pire ennemi de mon mari ! Il se plaque contre moi, son incroyable fourrure me donne des frissons. Ses mains ont emprisonné ma poitrine, formant un étrange soutien-gorge. Il la soupèse, la pétrit puis glisse vers mon ventre. Il se faufile sous l’élastique de mon shorty, le remplissant comme si c’était un slip d’homme ; j’entrouvre les cuisses pour mieux l’accueillir. Je regarde ses doigts lisser mes lèvres intimes, son majeur peu à peu s’enfoncer. Contre mes fesses, je perçois une attirante aspérité, je les remue pour mieux m’y frotter. Il se recule pour échapper à mon contact. Je sens l’humidité gagner mon sous-vêtement, et lui dis, en espérant qu’il l’ôte :



Qu’ai-je dit ! Il s’écarte de moi complètement, me retourne face à lui, et me regarde longuement, partout. Il m’abandonne un instant, va farfouiller sur son étagère, et revient en tenant un de ses appareils photo et trois petits cercles de papier où il est inscrit en lettres noires sur fond rouge : CGT ! Il me les colle soigneusement sur les aréoles et le devant de mon shorty. Surprise, je cherche une glace pour juger les résultats. Il n’y en a pas ! Juste un petit miroir, plus petit qu’un rétroviseur de voiture, au-dessus du lavabo, contre la douche. Un appartement sans cet accessoire si important pour moi, je n’avais jamais vu ça ! Je le supplie, inquiète :



Je maugrée, déçue. Je n’arrive pas à comprendre comment cet homme qui, il y a à peine quelques jours, m’a contrainte à lui administrer une fellation au bord d’une route, comme si j’étais une vulgaire prostituée, ne me saute pas dessus, maintenant que je m’offre manifestement à lui. À contrecœur, j’adopte les poses qu’il m’indique. Petit à petit, je trouve un certain intérêt à cette séance. Lorsqu’il a fini, je demande à voir le résultat. Il branche son appareil sur son PC, et me fait défiler les clichés. J’ai du mal à réaliser que c’est moi le modèle de ces photos lascives. Bouleversée, je n’arrive pas à l’admettre ; ça ne peut être Élodie de Saint Florent, cette blonde pulpeuse, presque entièrement nue, aux stickers revendicatifs collés à même la peau, au regard lourd de sensualité, au sourire ravageur, aux poses lascives. Dino s’amuse de ma surprise, et me dit :



Il me prend par la taille, et m’approche du lit. Il m’y couche sur le dos, tire à lui mes jambes pour que mes genoux pendent dans le vide, s’agenouille face à moi et s’incline. Il ôte les macarons cégétistes, fait glisser mon shorty sur mes cuisses et pose sa bouche sur ma chatte. Le contact dru de ses abondantes moustaches m’arrache un petit cri. Il promène sa langue sur le bord de mes lèvres, c’est divin. De temps en temps, il se risque à une intrusion plus poussée ; je sens dans mon ventre monter le plaisir. Il remonte son menton, et saisit entre ses lèvres mon petit bouton. Je me cabre. Puis, il le mâchonne, l’aspire et le recrache. Un tsunami monte entre mes cuisses, je crie, je hurle, l’enserre entre mes cuisses et jouis longtemps, profondément, souillant son visage de mon bonheur. Voilà plus de dix ans que je n’avais connu une telle extase… bien vite troublée par une voix agressive venant de la fenêtre laissée ouverte :



Je reste immobile, impudique, les cuisses béantes, savourant ce repos qui suit l’apothéose. L’homme en profite pour aller fermer la fenêtre, puis s’arcboute près de moi. Je sens son membre venir se poser à l’entrée de ma caverne encore ouverte. Avec une infinie douceur, lentement, inexorablement, il s’enfonce en moi. Mes chairs intimes s’ouvrent au contact de l’engin massif qui les explore. Étonnamment, lui, il ne m’écrase pas son poids. Nos seuls contacts corporels sont nos sexes et ma poitrine enfouie dans la jungle de son torse. Je réalise qu’il s’appuie sur ses avant-bras, lui, et évite de m’oppresser, comme le fait Hector. Sa cadence s’amplifie, je lance mon ventre vers le sien quand il fait mine de se retirer. Et, pour la seconde fois, un torrent me dévaste, juste au moment où je sens contre mon utérus jaillir plusieurs flots de semence. Nous crions tous les deux, et le voisin se tait. Nous restons encastrés un long moment l’un dans l’autre, nous reprenons peu à peu notre souffle. Voilà plus de dix ans qu’un homme ne m’avait fait l’amour comme ça !


Puis, il se glisse sur le côté, sa main court de ma poitrine à mon ventre. La mienne joue avec les boucles de sa toison. Au bout d’un moment, avec regret, je le sens s’éloigner. Il revient avec un verre d’eau fraîche. Je me relève et le bois. Je lui dis :



Nous nous recouchons, l’un face à l’autre. Nos mains courent sur le corps de l’autre, comme pour mieux le découvrir. J’ose des caresses intimes qui imitent les siennes. Je prends vraiment du plaisir à palper ses petites fesses très dures, et même, comme il me le fait lui-même, à glisser un doigt fripon, entre elles. Le soupir que ce geste lui arrache me prouve le bien-fondé de cette exploration. Puis mes doigts glissent vers mon principal centre d’intérêt cette nuit. Je saisis son membre à la base ; je n’arrive pas à en faire le tour, même au repos. Mais ma caresse trouble ce dernier, et je le sens peu à peu reprendre de la vigueur. Je le parcours de bas en haut, puis chatouille de la palme d’un doigt son extrémité. Il se raidit, se relève, et me dit d’une voix grave :



Il me retourne comme un fagot de paille, me fait mettre à quatre pattes en s’agenouillant derrière moi. Cette fois, il me pénètre d’un coup, sans fioritures, et s’agite comme un étalon saillant une pouliche. J’adore ! Mes seins ballottent sous ses coups de boutoir, mon visage frotte sur les draps rêches. Je suis femelle, il est mon mâle ! De nouveau, mon ventre se crispe, et, lorsqu’il lâche sa semence en moi, je monte au septième ciel.


J’ai dû m’endormir, harassée de plaisir. Lorsque je me réveille, je suis blottie dans les bras de Dino, en lui tournant le dos. Ses mains m’entourent la poitrine, je sens contre mes fesses ses bijoux de famille. Je n’ose pas aller me laver. Je regarde ma montre : presque deux heures du matin ! Je le réveille aussi tendrement que possible et lui annonce que je dois rentrer. S’il pouvait me raccompagner jusqu’à ma voiture… Il acquiesce. Je ne peux même pas voir dans quel état est mon visage. Je remets ma robe en refaisant les nœuds de mes bretelles. Mon shorty est mouillé, je le glisse dans mon sac. Il s’en amuse et me dit :



Je descends précautionneusement l’escalier et, arrivée sur le trottoir, la main de Dino se pose sur ma fesse… On peut défendre les prolétaires et avoir des gestes de propriétaire ! Je réalise que j’ai les reins endoloris par ses rugueux assauts. À plusieurs reprises, je manque de m’étaler, et mon amant me retient. Un peu avant d’arriver à mon véhicule, je remarque une douzaine d’hommes, des Maghrébins, devant une façade où une enseigne rouge flashy clignote, promettant « Un Instant de Bonheur ». J’interroge Dino du regard, il me dit que c’est « un bar à filles ». Je ne l’avais pas remarqué en arrivant. Je jette un discret coup d’œil. Un lourd rideau masque l’intérieur. Arrivé à ma voiture, Dino me refait le coup du baiser qui tue, tout en glissant sa main sous ma robe, comme pour s’assurer que je suis toujours nue dessous. J’arrive enfin à m’arracher de ses bras, et, comme une automate, rentre au domicile conjugal.


Escarpin à la main, pour éviter tout bruit, je me rends dans ma salle de bain. La pomme de la douche calée près de mon ventre, je fais disparaître les traces de ma débauche. Je rejoins le lit conjugal, mon mari dort. Je suis redevenue Madame de Saint Florent…



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Le lendemain matin, je me suis réveillée à 8 h, alors que je le faisais d’habitude à 6 h 15 pour préparer le petit déjeuner d’Hector et des enfants. Je me sentais merveilleusement bien dans ma peau, malgré des courbatures prononcées dans les reins. Un étrange débat intérieur m’a agitée toute la matinée : étais-je amoureuse de Dino ? Il m’a fallu plusieurs heures avant de voir clair en moi. Non, je n’étais pas amoureuse de lui comme je l’avais été de Marc. Je n’éprouvais pas le besoin d’échanger avec lui, de partager un dîner à la chandelle, des fous rires, des séances de cinéma, des voyages exotiques. Sa conversation ne me passionnait guère, ses hobbies étaient bien loin des miens… J’attendais de lui autre chose : la satisfaction de mes sens, une jouissance purement charnelle que j’avais pendant trop longtemps enterrée, et donc presque oubliée. Avec lui, j’étais autre chose que l’épouse d’un patron, une maîtresse de maison presque parfaite, une mère attentive. J’étais une femme qui avait besoin de vibrer sous ses coups de queue, de calmer sa sensualité à fleur de peau, de contenir les poussées d’une libido exigeante, car trop longtemps contenue. Je souhaitais sa présence charnelle.


Cela dit, ce débat intérieur est probablement suranné : une femme peut-elle avoir, sur une longue période, une double vie ? Peut-on être à la fois maman et putain plusieurs mois de suite ? Élodie la sage le jour, et Élodie la coquine la nuit ? Certes, deux de mes amies vivaient des amours voluptueuses. Mais elles n’avaient pas de charges de représentation et de famille aussi conséquentes que les miennes. Il faut que je m’organise : être comme j’ai été jusque-là, à l’exception d’une ou deux nuits par semaine.


Une idée lumineuse traverse mon esprit. J’ai été sollicitée récemment pour servir dans un orphelinat catholique le dîner du soir de temps en temps. Lorsque j’en ai parlé à Hector, il m’a suggéré de passer carrément la nuit là-bas avec les enfants. En m’organisant bien, notamment grâce à une jeune fille au pair, je pourrais faire la charité et… l’amour après !


Lorsque Dino me propose par SMS de venir chez lui, quelques jours après notre mémorable nuit, je lui demande à quelle heure je peux lui téléphoner. Il me donne ses plages, et je l’appelle. Il entre en matière directement :



Sans rentrer dans les détails, je lui dis que j’ai un plan pour pouvoir le retrouver régulièrement, mais qu’il se montre un peu patient, car j’ai besoin de le mettre au point.

C’est ainsi que, quinze jours après notre première fois, je vais le retrouver. Se pose un problème logistique de taille : je ne peux évidemment pas arriver ou sortir de l’orphelinat, habillée comme je souhaite l’être pour le rejoindre. Passe encore le maquillage, que je peux à peu près réaliser dans ma voiture. Mais les vêtements… Heureusement, l’orphelinat est à l’écart de l’agglomération. Je repère sur la route une espèce de terrain vague où sont stockés des matériels pour la circulation routière. J’en fais trois fois le tour, c’est désert. Il y a peu de chance que quelqu’un vienne à la nuit tombée chercher des panneaux routiers.


Le soir venu, après mon service à l’orphelinat, je regagne mon nouveau vestiaire. J’ai choisi une jolie petite robe blanche à fleurs rouges, décolletée en carré. Tremblante, sur le qui-vive, cachée derrière ma voiture, je me dénude, enfile ma robe et mes talons. J’hésite pour les sous-vêtements, et décide de m’en passer. Il m’a dit adorer que je sois nue dessous ! Cependant, se maquiller de nuit devant un rétroviseur n’est pas une sinécure, et je ne suis pas trop sûre du résultat !


Ma soirée avec mon amant a été à la hauteur de la précédente. J’ai connu le septième ciel à plusieurs reprises et en suis sortie fourbue, mais comblée, d’autant plus que je suis restée avec lui jusqu’au petit matin. Il a encore plus bandé quand il a découvert que j’étais venue sans dessous pour le voir. Il s’est fichu de moi quand, avant de partir, j’ai mis mes vêtements de « dame patronnesse » et j’ai dû lui expliquer tout mon stratagème, ce qui l’a beaucoup amusé. Il m’a prise en photo dans tous les sens, et j’ai constaté en rentrant chez lui que trois de mes photos étaient venues enrichir son tableau mural. Il m’a fait une étrange demande, il veut me retrouver… chez moi, pour « baiser dans ton lit conjugal » (sic). Il a insisté, je ne sais trop comment faire.


Bien que perplexe sur les motivations de Dino pour me retrouver chez moi, je réfléchis pour trouver une solution. Parfois, Hector allait à Paris pour un ou deux jours, mais je l’apprenais presque au dernier moment. Au motif d’un achat chez un grand couturier, je lui demande s’il avait des réunions prévues à Paris. Il me fit part d’une entrevue avec la direction de sa banque près d’un mois plus tard. Je m’empresse de communiquer à Dino la date et fais d’avance le nécessaire pour placer les enfants et donner deux journées à la femme de ménage.


Étonnamment, toutes mes amies, et ma belle-mère me félicitent pour le teint « rayonnant » que j’arbore depuis quelque temps. Je reste vague, ne pouvant leur avouer que les culbutes de mon amant et ses jets de semence me font du bien à la peau. Même Hector m’a complimentée une fois ! Nos rencontres sont soumises à un certain formalisme dans leur organisation, une ou deux fois par semaine. En revanche, leur contenu varie au gré des nombreux caprices érotiques de mon amant, et je découvre des positions que je n’avais jamais imaginées. Une fois, il a insisté pour « essayer par-derrière » (sic). J’étais réticente, car, avec Marc, cet exercice m’avait laissé des séquelles : je n’ai plus pu supporter la position assise pendant plusieurs jours. Il n’a pas hésité à utiliser ma crème de jour, et finalement, j’y ai pris du plaisir sans trop de séquelles.


Il y a un accroc dans l’organisation de nos parties de jambes en l’air. Une fois, j’ai eu très peur : alors que je me changeais sur la base routière, des phares de voiture sont venus m’éclairer au moment où j’étais intégralement nue. Elle s’est arrêtée un peu plus loin ; je suppose que c’était un couple illégitime à la recherche d’un coin tranquille, et qu’ils m’ont prise pour une prostituée.

Le jour de la visite de Dino, je suis stressée. Nous avons convenu de nous rencontrer à l’entrée de la petite route qui monte chez nous, au bord du terre-plein de l’usine, et qu’il cache son scooter un peu plus haut. J’ai mis ma tenue de cocktail la plus flamboyante, une longue robe noire qui m’arrive au mollet, largement fendue sur la hanche et profondément décolletée en V.


Il a une bonne dizaine de minutes de retard, et je redoute d’être surprise. Lorsqu’il arrive, pétaradant avec son engin à l’effigie de Che Guevara, j’ai droit au baiser qui me fait chavirer et à une incursion de sa main pour vérifier l’absence de dessous. Nous cachons son deux-roues et il monte dans ma voiture. La fente de ma robe étant de son côté, j’ai un mal fou à le retenir pour que je puisse conduire. Une fois arrivé, il émet un petit sifflement en voyant notre villa. Je dois lui faire visiter toute la maison, y compris les chambres des enfants. Lorsqu’il arrive dans le bureau d’Hector, il s’assoit dans le profond fauteuil, met ses lunettes, ses pieds sur table et, fouillant dans les tiroirs, prend un gros havane qu’il embouche. Il me demande de le prendre en photo ainsi.


Dédaignant ma proposition d’apéritif, il me demande où est notre chambre. En passant par mon dressing, il fouille tout et découvre les tiroirs où je range mes dessous ; un à un, il leur donne une note. Deux de mes porte-jarretelles ont droit à la meilleure. Arrivé devant le lit conjugal, il se retourne et me dit :



Il m’enjoint de me déshabiller alors qu’il tourne autour de moi en me mitraillant. Il me fait ralentir à l’extrême mon effeuillage. Tous les recoins de notre chambre seront sur les photos ! Une fois nue, il me demande d’ouvrir le lit, me culbute et me fait ouvrir les cuisses. Il me dit :



ICI, C’EST LE LIT CONJUGAL ET LA FEMME

DE MONSIEUR HECTOR DE SAINT FLORENT


Sur ce, il me culbute comme une vulgaire fille et lâche ses chevaux. Nous ne toucherons pas au bon repas que je lui avais mitonné, il me fait merveilleusement l’amour jusqu’au petit matin.

Je me dis qu’il n’y a plus de lutte des classes…