| n° 23227 | Fiche technique | 16035 caractères | 16035 2700 Temps de lecture estimé : 11 mn |
02/08/25 |
Résumé: Deux vieilles retraitées ont choisi de s’offrir un séjour à Marrakech en "all inclusive". | ||||
Critères: #occasion #différencedâge fh fplusag fagée vacances | ||||
| Auteur : Delectatio Envoi mini-message | ||||
Marie-Thérèse n’avait jamais été très sportive, sauf peut-être dans les couloirs de l’aéroport, où elle déployait une étonnante agilité pour attraper un chariot ou doubler quelqu’un au contrôle. À 69 ans, retraitée de l’Éducation nationale et fière de l’être, elle avait décidé que la vie était trop courte pour rester à tricoter des napperons en regardant Affaire Conclue.
Odette, son amie de toujours, ancienne secrétaire médicale et reine incontestée du Scrabble, partageait son goût pour l’aventure, à condition que celle-ci reste climatisée et arrosée de bons cocktails.
Cette année, cap sur Marrakech, « la perle du sud », comme l’appelait Marie-Thérèse depuis qu’elle avait trouvé le qualificatif dans un vieux guide du Routard du siècle dernier. Elles avaient opté pour le séjour « confort oriental » avec piscine, hammam et buffet à volonté, « all inclusive », comme ils disent. Ce qu’elles ignoraient encore, c’est qu’elles allaient aussi faire le plein d’émotions.
Dès leur arrivée à l’hôtel, elles furent accueillies par Ali, un jeune serveur à l’allure soignée et au sourire plus éclatant que le soleil marocain à midi.
Marie-Thérèse haussa un sourcil.
Les jours suivants, Ali ne les quittait plus d’une semelle. Il leur apportait des boissons, même quand elles n’en demandaient pas, les appelait mes gazelles, et leur racontait comment il rêvait de visiter la France, « le pays de l’amour, des fromages et des femmes libres ».
Un après-midi, alors qu’il leur proposait une « visite privée du souk au coucher du soleil », Marie-Thérèse, légèrement échauffée par la chaleur et trois verres de jus d’orange avec supplément discret, fit une déclaration mémorable :
Le soir venu, elles allèrent au souk. Ali les attendait, vêtu d’un caftan blanc qui lui allait diablement bien, selon Odette. Elle aurait bien changé sa tenue de crocs pour des talons si ses vieilles jambes l’avaient permis.
Ils se perdirent entre les échoppes, les épices, les tissus chamarrés. Ali les orienta vers des babouches authentiques, leur fit goûter des pâtisseries au miel. Il racontait des histoires, des contes, des souvenirs, avec des pointes de vérité, mais très souvent enjolivés.
À un moment, il prit la main de Marie-Thérèse et la regarda droit dans les yeux :
Une façon subtile pour lui de dire qu’elle n’était plus de première jeunesse ! Mais, elle ne lui en tint pas rigueur.
Ils ne s’embrassèrent pas, ne rentrèrent pas bras dessus bras dessous. Il n’y eut aucun geste déplacé, mais quelques allusions à peine voilées.
Ce soir-là, les deux amies rirent comme elles ne l’avaient plus fait depuis des années, allongées sur leur lit d’hôtel, les pieds plein de sable et le cœur empreint de légèreté.
Le lendemain, Odette se réveilla seule dans la chambre. Ce n’était pas inhabituel, car Marie-Thérèse aimait aller faire quelques longueurs dans la piscine avant le petit-déjeuner. Mais elle eut beau faire le tour du club, elle ne la trouva nulle part. Elle trouva refuge à l’accueil du club où elle en profita pour rédiger quelques cartes postales que la bienséance l’obligeait à envoyer.
Midi était largement dépassé, le buffet allait bientôt fermer, et toujours aucune trace de son amie. Soupçonnant une insolation ou un coup de fatigue, Odette retourna à leur chambre pour voir si elle s’y reposait. Elle ouvrit la porte et la referma aussitôt.
Un court silence s’installa dans le couloir, puis un cri étouffé :
Marie-Thérèse, surprise en très charmante compagnie, eut juste le temps de s’exclamer, hilare :
Ali, quant à lui, eut la décence de disparaître derrière un paréo suspendu au balcon, avec la souplesse d’un prestidigitateur.
Odette s’éloigna d’un pas sec, le chignon menaçant de se détacher sous l’effet du choc.
Elle resta le restant de la journée sans adresser la parole à son amie. Ce n’est qu’au dîner, après deux verres de vin rosé local et un tajine très relevé, qu’elle rompit le silence :
Marie-Thérèse, un peu rougissante, un peu fière, répondit :
Odette leva les yeux au ciel, mais ne put s’empêcher de sourire.
Odette pinça les lèvres, puis demanda avec prudence :
Odette soupira. L’image de son amie, à moitié nue devant ce bel éphèbe au sexe dressé, refusait de quitter son esprit. Un mélange de choc et de curiosité… et, elle devait bien l’admettre, d’une pointe de jalousie. Qu’avait-elle de plus qu’elle, Marie-Thérèse ?
La nuit suivante, Odette eut du mal à trouver le sommeil. Quand enfin elle s’assoupit, ses rêves furent peuplés de caftans froissés, de corps hâlés et de regards brûlants. Elle se réveilla en sueur, confuse, la bouche sèche, et le cœur battant un peu trop vite pour une femme de son âge.
Le jour suivant, elles avaient prévu une excursion dans le désert en 4x4, mais au dernier moment, Odette déclina l’offre. Elle prétexta un mal de ventre, un début de tourista, sans doute. Mais la vérité, c’est qu’elle sentait une chaleur étrange au creux de ses reins, un désir embarrassant qui papillonnait dans son ventre.
Marie-Thérèse partit donc seule, enthousiaste, son foulard coloré noué sur la tête.
Odette, elle, descendit au bord de la piscine, l’air de rien. Comme par hasard, Ali était là, torse nu, en train d’ajuster les coussins des fauteuils.
Odette le fixa, mi-offensée, mi-fascinée. Puis elle s’installa confortablement sur son assise.
Ali s’éclipsa, et Odette ferma les yeux. Le cœur battant plus fort qu’à l’habitude.
Quand il revint avec un plateau, il servit le thé doucement, s’accroupissant tout près d’elle, probablement un peu trop près. Odette détourna les yeux, mais son pied effleura le sien sous la table basse. Elle sursauta. Ali sourit avec une gentillesse désarmante.
Odette sirota son thé, essayant de penser à des choses neutres : les mots de sept lettres au Scrabble, les horaires de la navette aéroport, sa déclaration de revenus. Rien n’y faisait. Ali était là, accroupi à côté d’elle, et son parfum, un mélange de musc, de savon, d’ambre et d’inconscience juvénile, lui embrouillait le cerveau.
Elle manqua de s’étouffer avec une feuille de menthe.
Il la regardait avec des yeux pleins de promesses et de sous-entendus. Elle se redressa, un brin fébrile.
Ali rit à son tour, sans gêne.
Elle se leva brusquement, cherchant une sortie stratégique.
Elle se retourna, le toisant avec un mélange d’amusement et de panique.
Elle descendit prudemment l’échelle métallique en tenant son paréo roulé sous le bras, digne comme une reine en maillot une-pièce à volants. Ali la regarda s’éloigner dans l’eau tiède, un sourire en coin.
Odette, quant à elle, nagea deux longueurs comme pour calmer ses pensées. Mais quand elle revint au bord, il l’attendait avec une serviette moelleuse et un petit bol de fruits frais.
Elle la prit en rougissant, sans pouvoir s’empêcher de le trouver charmant, diablement charmant.
Pour la première fois depuis des années, Odette sentit une chaleur inattendue l’envahir, une sensation qu’elle n’avait pas ressentie depuis des lustres. En lissant son peignoir, elle se dit qu’il avait l’âge de son petit-fils, que c’était tout sauf raisonnable. Mais elle ne bougea pas. Elle reprit une tranche de melon. Elle resta là, tout près d’Ali, sous le soleil de midi, les pieds dans l’eau… et les pensées bien ailleurs.
Il lui tendit la main pour l’aider à se redresser et l’entraîna à travers les bungalows. Elle le suivait comme dans un rêve, consciente de faire une grosse bêtise, mais n’ayant aucune envie d’y mettre fin.
Odette reprit conscience lentement quelques heures plus tard, comme si elle émergeait d’un rêve tropical aux effluves sucrés. Elle sentit d’abord le lin doux d’un drap inconnu, puis la chaleur d’un corps à côté du sien. Et enfin… la fraîcheur de l’air contre sa peau nue.
Elle ouvrit un œil. Ali était là, allongé, torse nu. Toujours souriant, évidemment. Elle se redressa d’un bond, ou plutôt tenta, mais sa hanche la rappela à l’ordre.
Elle balaya la pièce du regard. Ce n’était pas sa chambre, c’était la sienne. Elle reconnut la petite babouche qui lui servait de cale-porte, les bracelets accrochés au mur et l’odeur familière du thé à la cannelle.
Ali haussa un sourcil, toujours aussi serein.
Elle lança un regard paniqué vers une petite horloge qui trônait sur le mur d’en face.
Ali se leva, sans aucune gêne, pour aller lui chercher un verre d’eau. Odette tenta de remettre la main sur ses vêtements sans trop de succès : son soutien-gorge était accroché au pied du lit comme un drapeau diplomatique et son short… nulle part.
Elle se laissa retomber mollement sur le matelas.
Ali revint avec le verre, toujours nu comme un ver.
Elle leva les yeux au ciel, partagée entre l’envie de fuir, de rire, ou de recommencer. Le sexe de son amant se dressait, triomphant à quelques centimètres. Était-ce elle qui lui faisait cet effet ? Totalement impossible avec cette poitrine affreusement molle qu’elle maudissait. Mais quand il se pencha en avant, elle ne put résister à l’envie de saisir sa virilité et de la porter à sa bouche pour le remettre en condition. Son entrejambe, encore poisseux des ébats précédents, ne demandait qu’un nouvel assaut… Alors, le diable s’empara de nouveau d’elle. Peu importe qu’il la prenne sans capote, elle d’ordinaire pourtant si prude et respectueuse de ces choses-là. Seul le désir désormais importait. Sans hésiter, elle prit la position, lui offrit sans complexe sa chatte poilue parsemée de poils blancs, et l’attira en elle pour qu’il se déchaine de nouveau contre sa chatte. Il ne se fit pas prier !
Après avoir reçu en elle une nouvelle dose de sperme, Odette enfila sa robe à l’envers et se recoiffa à la va-vite avec les doigts. Elle fila à travers les couloirs de l’hôtel, comme une collégienne qui aurait séché un cours de maths. Elle retrouva enfin leur chambre, essoufflée et hagarde, poussa bruyamment la porte.
Marie-Thérèse était là, assise sur le balcon, en train de feuilleter un magazine people, lunettes en équilibre sur le nez, l’air d’une statue bougonne.
Odette hésita à mentir, à plaisanter, à s’évanouir tout bonnement. Mais Marie-Thérèse ne lui en laissa pas le temps.
Odette préféra éluder ce point, elle sentait encore la jouissance de son amant couler le long de ses cuisses. Elle s’approcha timidement.
Marie-Thérèse referma son magazine d’un coup sec.
Elles se regardèrent, et soudain, éclatèrent de rire, d’un rire franc, un peu honteux, mais sincère.
Et dans l’air chaud de Marrakech, leurs éclats de rire montèrent comme des bulles de savon… avec un petit goût de liberté retrouvée.