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n° 23226Fiche technique28047 caractères28047
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Temps de lecture estimé : 21 mn
02/08/25
Résumé:  Je remplis nos verres d’eau, il fait une chaleur dans cette pièce… J’ouvre la fenêtre pour laisser entrer la fraîcheur nocturne. Quatre heures du matin. On va le payer cher demain. Enfin demain…
Critères:  #chronique #érotisme #initiatique #volupté #confession fh
Auteur : AMAL      Envoi mini-message
Une nuit entière

Quand je l’entends toquer à la porte de mon minuscule appart d’étudiante, j’ai déjà le cœur à deux cent. J’ai cours le lendemain, mais l’occasion est trop belle pour ne pas en abuser.


Il passe la porte en souriant, se penche légèrement vers moi pour embrasser ma joue. Son odeur fait déjà son effet – une réaction épidermique. Pavlovienne. Il traîne son nez d’une joue à l’autre, s’attarde. Bien sûr que j’ai déjà envie de l’embrasser. Mais je pose ma main sur sa bouche tout en me mordant la lèvre et en lui faisant non de la tête. Sa bouche, ma bouche… Non. Il sourit encore, part s’asseoir sur mon lit. Les options sont limitées. Un studio, un lit, un bureau, quelques étagères de bouquins, une presque cuisine avec sa classique plaque électrique, la salle de bain… on a fait le tour, en un demi-tour. C’est tout petit, mais c’est le luxe de l’indépendance. La chance d’un petit chez moi, chez rien que moi. Plus de parents. Pas de colocataire. Aucune justification à donner. Je mesure ma chance. Et je la mesure encore plus quand il s’assoit sur mon lit.


Je n’ai pas envie d’échanger des banalités. Si je m’écoutais, je viendrais en face de lui, et sans le quitter des yeux, en silence, je retirerais doucement mes vêtements un à un, jusqu’à n’avoir plus que ma culotte et mon soutien-gorge, avant de venir m’asseoir sur ses cuisses. Mais ça ne se fait pas. Il y a des conventions. Il y en d’autant plus que je ne suis pas supposée laisser quoi que ce soit se passer entre nous. Mais soyons honnête, cette nuit entière sans témoin, c’est la boîte de Pandore. Ironiquement c’est le surnom qu’il s’amuse à me donner, comme si c’était moi la tentation – pour lui qui a pourtant tous les droits d’y céder. Moi en revanche…


Mon petit ordinateur portable au pied de mon lit, pour regarder un film dont la fin (comme le début et le milieu) m’importe (nt) peu, on reste sages. On s’allonge chacun d’un côté de l’écran. Distance raisonnable. Le film a à peine commencé que j’ai déjà envie de fermer l’écran et lui grimper dessus. Les conventions, on a dit. J’ai envie qu’il me touche, qu’il m’approche. J’ai besoin que ce soit lui qui initie. Moi je ne peux pas. Déjà qu’il est sur mon lit…


Il m’invite à venir m’allonger dos à lui. J’adore qu’il place déjà ses pions, il a envie de jouer et moi de le laisser gagner. Je voudrais être sa chose, qu’il joue avec mon corps autant que bon lui semble. Le film débute et je sens déjà son souffle dans ma nuque. Il fait courir ses lèvres sous mon oreille, entrouvre la bouche, joue avec cette petite zone si sensible et si prometteuse. J’essaie de me contrôler, mais cette zone-ci est bien trop efficace. J’expire bruyamment, me cambre pour stimuler son entre-jambe. Il me regarde faire, amusé :



Je souris de tant d’abus. Il sait très bien que je savoure chaque seconde et que ça me demande un effort considérable de ne pas simplement me retourner pour lui grimper dessus et goûter enfin sa bouche.


Il continue ses petits jeux de respiration dans ma nuque, de douces pulsations lentes entre mes cuisses. Il pose sa main sur ma hanche, je fantasme déjà qu’il la descende entre mes cuisses. Je remonte ma main derrière ma tête pour venir la glisser dans ses cheveux. Sa main se glisse sous mon t-shirt, remonte le long de mon ventre jusqu’à venir caresser avec le bout des doigts ce petit creux entre mes seins, son souffle toujours savamment contrôlé. Ses doigts joueurs me donnent bien du mal à contrôler ma respiration. La nuit va être longue.


Après de longues minutes, il me fait basculer sur le dos, écarte mes cuisses pour s’y loger et mieux savourer son emprise. Il s’allonge sur moi et – ses lèvres au bord des miennes – me fait confirmer si je suis vraiment certaine que l’embrasser fait toujours partie des choses interdites. Un coup bas : j’en meurs d’envie. Sa bouche est toute proche… Personne ne le saura. Il passe sa langue sur mes lèvres. Mmmmh les hostilités commencent. Terriblement tentée, je reste quand même catégorique : beaucoup trop intime. Alors que je vais clairement lui autoriser des choses beaucoup plus répréhensibles dans les heures qui vont suivre – mais je me berce encore de l’illusion que je peux garder le contrôle.


Après avoir tenu bon pendant des minutes qui me semblent interminables, il se redresse, s’agenouille et se penche vers mon jean pour l’ouvrir et me le retirer. Mes yeux qui roulent en arrière, quand il le fait glisser le long de mes cuisses, laissent peu de place au doute : il a absolument tout mon consentement. En dessous une petite culotte toute simple mais dans une matière si fine qu’au moindre contact il la sentira à peine et moi aussi – c’en est tout l’intérêt. Il descend sa tête entre mes cuisses. Ah oui carrément, on ne commence pas en douceur donc.


Il fait passer ses doigts du creux de mes cuisses à mon ventre, puis revenir, son souffle chaud à quelques centimètres de ma culotte. En théorie, ça devrait être le maximum autorisé. Pourtant on sait très bien tous les deux qu’on n’en est qu’à l’échauffement.


Il vient frotter son nez à la jointure de mes cuisses, une provocation encore très innocente. Je retiens mon souffle chaque fois qu’il suspend ses gestes pour me laisser espérer plus. Mais rien à faire, il reste très chaste. Sentir sa bouche si proche… Je voudrais glisser mes doigts dans ses cheveux, le sentir poser ses lèvres, sa langue, me goûter un peu, son souffle chaud sur mon sexe qui se gonfle. Mes fantasmes s’emballent. Il faut que je me calme !


Les limites n’ont pas bougé. Tout est toujours interdit. Mais mon cerveau part au quart de tour. En expirant péniblement, je resserre les cuisses comme pour décliner. Fair-play, il se redresse en souriant. Il sait pertinemment qu’il a fait son petit effet, et que je l’arrête seulement parce que les fantasmes se bousculent dans ma tête. Je perds pied.



Il hoche la tête en souriant. Pour lui aussi. Il se mord la lèvre en inspirant doucement pendant qu’il essaie de reprendre ses esprits.


Pour calmer le jeu, il me propose un massage et me fait signe de me mettre sur le ventre, je retire mon t-shirt, m’exécute – docile. Les mains sous le front, le dos cambré, les fesses offertes, il s’assoit sur le haut de mes cuisses – soi-disant pour pouvoir masser le bas de mon dos. Soit, faisons comme si c’était une considération purement pratique.


Extrêmement réactive à son toucher, je ne boude pas mon plaisir quand ses mains entament leurs caresses appuyées. La pression de ses pouces qui remontent. Un délice. Mes omoplates, ma nuque, le creux de mes reins. À chaque pression dans le bas de mon dos, j’accentue ma cambrure pour provoquer son entrejambe. Il n’est pas dupe, mais il aurait tort de s’en priver.


Il me demande la permission de dégrafer mon soutien-gorge pour pouvoir me masser sans restriction. Comment refuser… Ses doigts s’égarent de chaque côté de mon dos, juste à la naissance de mes seins – encore !


Prétextant l’inconfort du soutien-gorge qu’il s’est contenté de dégrafer, mais qui est resté sous ma poitrine, je me redresse sur mes avant-bras pour le retirer. La poitrine relevée, à portée de ses doigts. Ses mains glissent à nouveau de chaque côté, comme pour aller les empoigner, mais ses mains s’arrêtent en dessous. Juste assez proches pour me les soulever. Il sait très bien ce qu’il fait, je rêve que ses doigts remontent encore un peu plus, qu’il vienne les prendre à pleines mains, et transgresse cette limite-ci aussi. Mais il est plus malin que ça, il a compris la mécanique de ma volonté : dans une configuration où c’est moi qui fixe les limites, et décide ce qui est ok ou pas, s’il tente et vient prendre trop vite ce qui lui fait envie, je risque de l’arrêter et d’écourter la soirée. Parce que mon attention reste concentrée sur ce que je dois l’empêcher de faire. Tandis que si, chaque fois, il se contente d’approcher, de suggérer des choses délicieuses mais s’arrête juste avant, alors mon corps se retourne contre moi, convulse de fantasmes, se contorsionne de désirs inassouvis… Et mon attention passe sur ce que je voudrais qu’il fasse. Si bien que c’est moi qui vais finir par demander. Et à ce petit jeu, je peux le laisser aller très … très … très loin.



Il se penche pour me murmurer à l’oreille « Non ». Je rêve… Je devais être celle qui reste raisonnable, garde la tête froide. Au lieu de ça il va me provoquer et me priver jusqu’à ce que je le supplie chaque fois d’aller plus loin. Il a redéfini les règles du jeu et il ne peut plus perdre.


Il finit par s’asseoir un peu plus haut, juste sur mes fesses, décidément très agitées. Je savoure toujours ses mains juste sous mes seins, mais je sens surtout la grosseur appuyer contre mes fesses. C’est bien la preuve que son corps est tout aussi en alerte que le mien. Mais son self-control me rend dingue.



Il fait durer le plaisir avant de venir enfin empoigner mes seins. Il les malaxe doucement. À chaque pression, je gémis autant de soulagement que de désir frustré… J’ai envie de sa bouche. Qu’il me retire ma culotte et qu’il me pénètre. On respire, ça va me passer.


Son « non » m’a piquée tellement fort. Je me retourne, j’espère que mon corps presque nu sous ses yeux va me redonner un peu d’ascendant. Je ne gagne que quelques secondes.


Décidé à descendre entre mes cuisses, mais fort de cette nouvelle approche, il décide de s’assurer que je sois mentalement à genou, pour ne rien laisser à la chance. Il s’allonge contre moi, la tête relevée en appui sur son avant-bras, le visage au bord du mien, et pendant que son autre main retourne sur mes seins, dessiner de chastes cercles tout autour pour les garder en alerte, il approche sa bouche de la mienne, me demande de fermer les yeux, pour venir me murmurer à quel point il est dur. Il me raconte comme sa langue a envie de descendre entre mes cuisses, de me lécher lentement de bas en haut, jouer un peu, avant de venir aussi enfoncer ses doigts. Les spasmes entre mes cuisses reprennent, à cette dernière image, un gémissement m’échappe. Je suis officiellement trempée.


La technique se rode. D’abord me mettre des idées en tête. Me les décrire dans la longueur. Jusqu’à ce que je sois très encline. Puis me les refuser, et tenir bon jusqu’à ce que je le supplie. Le léger bémol, c’est que son corps aussi réagit à l’évocation de tous ses fantasmes, sans parler de mon corps presque nu qui se contorsionne de désir contre lui. Moi j’adore ce jeu. Je vais perdre, mais c’est beaucoup trop bon.


Sa main descend sur mon ventre, joue autour de mon nombril. Descends ! Je déteste, mais j’adore qu’il soit aussi lent. Je voudrais prendre sa main, venir la guider entre mes cuisses. Mais c’est lui qui contrôle – pour le moment. Je me vengerai plus tard. Là tout de suite, je veux juste savourer ses doigts qui me soumettent. Il arrive enfin entre mes cuisses, passe sa main dans ma culotte, et fait glisser un doigt sans l’enfoncer pour autant. Un autre gémissement m’échappe. Son doigt me provoque autant qu’il me soulage. J’ai envie de tellement plus.

Il faut résister. Je déglutis péniblement. Les sourcils froncés, la bouche ouverte, je lui murmure « Enfonce ». Il me fait calmement non de la tête. Je vois bien qu’il est à l’étroit dans son jean pourtant. Comment fait-il pour rester aussi calme ?



Il sourit, hoche la tête. Il faut bien avouer. Il se relève pour le retirer sous mes yeux, puis revient à côté de moi en boxer et t-shirt. Je le devine se tendre encore plus quand il vient glisser dans ma bouche le doigt qui était entre mes cuisses, quelques secondes plus tôt.


Je lève les yeux vers lui et suce méticuleusement son doigt, en aspirant pour que mes joues se creusent. Mes lèvres se déforment sur son doigt, qu’il visualise tout autre chose. Il ferme les yeux en inspirant bien fort : il faut contenir les fantasmes que ça lui suscite. Pour garder le contrôle, il doit résister. À contrecœur, il retire son doigt de ma bouche et quand je murmure « Encore », il n’est pas sûr de comprendre si je le réclame à nouveau dans ma bouche ou entre mes cuisses. Peu importe. Ce qui compte pour lui c’est de ne pas me laisser reprendre la main. Il le fait lentement redescendre entre mes cuisses. Mes sourcils se froncent, reconnaissants : aucune chance que je résiste.


Il reprend des mouvements amples avec son doigt. J’écarte davantage, offerte. Il enserre une de mes cuisses d’une de ses jambes, comme pour assurer son emprise. Pas d’inquiétude, je ne vais nulle part.


Je le supplie : « Enfonce » – encore ce non :



Je souris en me mordant la lèvre, je vois bien à quoi il joue. Il m’amène aux pires contorsions morales.



Quelle mauvaise foi, il sait très bien que j’en crève d’envie. Je capitule et hoche la tête, comme une permission que je lui donne, alors que c’est clairement moi qui le supplie.


Une première phalange s’enfonce. Un gémissement m’échappe, suivi de ma respiration qui s’accélère de plus en plus à mesure que son doigt continue. Sa provocation est sans limite. Il va vraiment me faire réclamer chaque étape supplémentaire ?



Le doigt sciemment immobile, il savoure son petit effet.



Il s’exécute doucement :



Je me cambre en gémissant, avant de hocher la tête. À ce stade, honnêtement, il pourrait me faire ce qu’il veut. Il a bien joué son coup.


J’entame des négociations pour le convaincre d’enfoncer plus, mais il me prend à contrepied :



Et alors que je comprends ce qu’il suggère, il enfonce une phalange d’un deuxième doigt. Mes voisins vont finir par m’entendre. Lui s’en fiche, il n’habite pas là. Je hoche péniblement la tête.



Ses mouvements continuent, lents et méticuleux. Je sens des spasmes de plaisir, pendant que ses jambes maintiennent leur emprise autour de ma cuisse.


Je respire difficilement, essaie tant bien que mal de contenir mon plaisir. Mais l’orgasme est en train de monter. Nonchalamment il me relance :



Prise de cours, j’ouvre les yeux, désabusée et à bout de souffle. C’était tellement bon, il ne fallait pas s’arrêter ! Alors que je m’apprête à protester, il m’interrompt en enfonçant doucement ses deux doigts dans ma bouche. Ses yeux qui fixaient les miens viennent vite se perdre dans la contemplation de ses doigts qui entrent et ressortent doucement de ma bouche. Je m’applique, ne peux rien lui refuser. Il se redresse, et se retourne pour s’allonger contre moi tête-bêche. Son bras vient à son tour enserrer ma jambe pour maintenir mes cuisses écartées : « Un bon angle ça aussi » tandis qu’il me caresse du bout des doigts.


Au-delà de l’angle, la différence, c’est surtout que j’ai son boxer tout tendu à seulement quelques centimètres de mon visage. J’ai envie de le prendre dans ma bouche, lui rendre la pareille. Décidée à le frustrer moi aussi, il faudrait avancer méthodiquement, reprendre l’ascendant par étape. Faire réagir son corps. Je viens embrasser doucement son boxer à des endroits judicieux. Ses yeux se ferment quand j’expire chaudement contre le tissu avant de le lécher. Il vient lui aussi de sentir le spasme. Je lèche doucement certaines zones toutes tendues de son boxer. Ses doigts entre mes cuisses se sont arrêtés, il semble avoir perdu le fil de ce qu’il (me) faisait.


Tout en gémissant doucement pour le provoquer, je fais glisser ma bouche plusieurs fois sur le tissu, de haut en bas. Il est de plus en plus gonflé. Je sens son bassin venir à la rencontre de ma bouche. Il relâche l’emprise de ses bras, et je le fais basculer sur le dos pour lui monter dessus. Ma main glisse sous son t-shirt, se plaquer sur son bas-ventre chaud pour le maintenir. Mon autre main vient doucement sortir son sexe et je fais mine d’approcher ma langue. Il relève la tête pour protester, mais le spectacle de mes yeux dans les siens, ma langue proche de l’effleurer, le coupe, net. La bouche entrouverte, il me fixe en silence, grave cette image dans sa mémoire. Pendant quelques secondes, il est à ma merci. Sans le quitter des yeux, j’exerce de légères pressions, humecte mes lèvres à quelques centimètres et fais mine de m’apprêter à le prendre tout entier dans ma bouche – mais n’en fais rien. Le pouvoir de la suggestion a ses mérites aussi.


Ma main entame de lents va-et-vient, tandis que ma bouche reste à distance, je me contente de lécher mes lèvres sous ses yeux, juste pour le provoquer. Je sens ses jambes se raidir, ses pieds se contorsionner. Il proteste. Voudrait plus, mais refuse de se mettre en position de réclamer. Il décide de reprendre le dessus et me fait redescendre contre lui, sa tête au-dessus de ma culotte, son boxer à quelques centimètres de ma bouche.



Ses mains font glisser ma culotte le long de mes cuisses, pendant que je descends son boxer. Game on. C’est au premier qui fera céder l’autre.


Envie de jouer – fort, le soumettre. On se torture délicieusement sans état d’âme, on joue avec des limites qui n’existent plus. Ma langue au service de son plaisir, la sienne au service du mien, on n’a pourtant pas énoncé les règles, mais le premier qui jouit a perdu. Je suis vite décontenancée par les sensations de sa langue et de ses doigts. J’ai envie de le faire capituler, mais j’ai encore plus envie de le laisser continuer – je suis au bord de l’orgasme.


Je sens que je vais devoir bientôt abdiquer. Un orgasme c’est non. Mais notre petite compétition, c’est oui ? Je ne suis clairement plus capable d’articuler une pensée logique. Je maintiens des limites, j’en brise d’autres, comme si cela avait encore un sens. Je suis sur le point de venir quand je retire ma bouche et gémis fort « Pouce !!! »


Ce n’est pas commun pour un safe word… Il s’arrête immédiatement, triomphant – retire sa bouche et ses doigts, me sourit, vainqueur – mais je ne veux pas qu’il arrête, juste faire une pause.


Complètement nue, je vais chercher un verre d’eau et lui en ramène un. Il fait nuit noire, minuit passé. Je sais que j’ai cours demain. Lui aussi. Mais pas l’intention de m’arrêter là. Il est bien trop endurant pour que je n’en profite pas. Je lui suggère d’enlever son t-shirt.



Il me fait rire, il est insupportable.


Je lui tends son boxer en souriant de frustration, avant de remettre moi aussi culotte et soutien-gorge. Je vais pour remettre mon t-shirt, quand il m’arrête gentiment :



Cet abus… L’étape du trop chaud, on l’a passée il y a un moment déjà.


On s’allonge à nouveau, lui derrière moi. Le film reprend, je n’ai pas du tout envie de m’en tenir là. Après quelques minutes, je masse son boxer avec de légers mouvements de mes fesses. Pas de quoi le stimuler trop. Juste le garder en alerte. Il fait mine de glisser sa main sur ma hanche comme pour m’arrêter, mais sa main n’oppose absolument aucune résistance.



Il sourit :



J’attrape sa main sur ma hanche et la fais glisser entre mes cuisses sur le tissu si fin et mouillé, il peut clairement sentir à travers. Et moi aussi. Il glisse sa main dans ma culotte et vient caresser. Ma tête bascule doucement en arrière, il pose sa joue contre la mienne pour maintenir ma tête, pendant que sa cuisse se glisse entre mes jambes pour m’en relever une et me les faire écarter convenablement. Son emprise est totale. Ses doigts reprennent leur danse délicieuse, ma jambe commence à trembler. Je sens les spasmes par vagues. C’est trop bon. Ce ne sont pas seulement ses doigts, c’est cette position, ce contrôle, cette soumission. Je sens mon orgasme monter. Au bord de venir, je le supplie :



Je ferme les yeux et au moment où l’orgasme commence à me faire gémir fort, je sens ses lèvres se plaquer immobiles sur les miennes. Sa bouche est douce. Je glisse mes deux mains dans ses cheveux et appuie ses doigts où il faut entre mes cuisses pour faire durer mon orgasme. Il me sent convulser du bout de ses doigts, jusque dans ses cheveux, il me sent jouir sur le bout de ses lèvres. Je voudrais que les pulsions de mon orgasme le traversent, qu’il en ressente la puissance, comme en circuit fermé.


Je gémis fort plusieurs fois, pendant que mon corps se contorsionne de plaisir pendant encore plusieurs secondes. Le sien s’est un peu calmé, concentré qu’il était à identifier mes zones les plus réceptives. Mais cet orgasme puissant au bord de sa bouche l’a réveillé. Serviable, mais il s’est fait prendre à son propre piège. Quand je retrouve mes esprits, je n’ai pas l’intention d’en finir là.


Je me retourne vers lui, à bout de souffle, reconnaissante. Je le respire, le dévore des yeux, descends ma main le long de son ventre jusqu’à son boxer et le sens dur à nouveau. J’ai tellement envie de m’enfoncer sur lui – mais c’est toujours interdit. Le compte des limites non dépassées commence vraiment à s’amenuiser cela dit. Et les endorphines font taire la culpabilité. Pas de place pour ça cette nuit. Demain oui, demain il sera temps d’assumer. Mais là tout de suite, je veux juste sa bouche encore.


Je lui murmure impuissante :



Je lui fais non dans la tête sans le quitter des yeux. Il murmure mon prénom dans une expiration, comme pour me faire réaliser la gravité de ce que je suggère.



Il hallucine. Il m’a mise dans un tel état que les rôles se sont complètement inversés. C’est moi qui réclame et négocie, lui qui s’inquiète que les conséquences ne soient trop lourdes. Mais il voit bien que je refuse de penser à demain.


À court d’argument, il me fait basculer sur le dos, me retire à nouveau ma culotte et vient frotter son boxer entre mes cuisses, ses yeux dans les miens. Je suis encore tellement sensible que j’ai un mouvement de recul. Mais je ne veux surtout pas qu’il arrête. Une main sur l’élastique de son boxer, l’autre le contourne pour empoigner ses fesses et accompagner les mouvements de son bassin. Sans le lâcher des yeux je lui murmure des obscénités. Il expire doucement, ne veut pas craquer. Il se sent bien trop sensible, sait qu’il risque de venir beaucoup trop vite. En même temps, lui aussi sait qu’on a tous les deux cours demain, qu’il faudrait qu’on dorme. Mais l’occasion est trop belle.



Je m’exécute sans négocier, reconnaissante.


Il sort son membre et vient frotter son érection douloureuse contre mon sexe brulant. Je gémis de plaisir. Il s’enfonce doucement, comme promis, juste un peu de self-control. Je devine combien ça lui coûte de ne pas me pénétrer plus profondément, comme ce doit être dur de résister à la tentation d’un coup de rein puissant. Mais c’est notre langage à nous, aussi loin qu’on aille, il faut toujours s’autoriser un peu moins que ce que nos corps réclament. Je le fantasme s’enfoncer : il a plus de mental que moi.


Il me retourne. Je le sens se masser contre mes fesses, il me chauffe tellement, j’ai envie de lui rendre la pareille. Plus il me fait du bien, plus j’ai envie qu’il se serve. Et depuis plusieurs heures, je soupçonne à peine à quel point cela doit être douloureux. Il faut qu’il se libère et vite.


Il s’allonge à côté de moi, écarte les jambes, et se prend enfin à pleine main.



Je comprends qu’il m’en informe plus qu’il n’en demande la moindre permission. Cela n’appelle pas de négociation, pas de délai. J’acquiesce en mordant ma lèvre inférieure. J’ai tellement envie de m’enfoncer sur lui à cet instant. Docile, je m’allonge entre ses jambes, pose ma tête sur le haut de sa cuisse, le visage à quelques centimètres de sa main qui s’active de plus en plus. Il fixe ma bouche entrouverte, sent la libération venir. Son autre main se glisse dans mes cheveux Je mords ma lèvre, s’il savait les fantasmes dans ma tête…


Les spasmes sur son ventre semblent aussi violents que l’ont été les miens. Je savoure le soulagement progressif sur son visage à mesure que les tensions redescendent, dans son corps comme dans le mien.


Je remplis nos verres d’eau, il fait une chaleur dans cette pièce… J’ouvre la fenêtre pour laisser entrer la fraîcheur nocturne. Quatre heures du matin. On va le payer cher demain. Enfin demain… Je m’allonge contre lui. Je n’ai pas envie de fermer les yeux. Pas envie d’être déjà demain. Pas envie qu’il parte. Épuisés de fatigue, on finit quand même par s’écrouler – ma cheville posée sur la sienne.


Mon réveil sonne deux heures plus tard. Étourdis par une nuit trop courte, on retrouve quand même nos esprits, on réalise qu’on est allés vraiment plus loin que prévu. L’heure n’est toujours pas aux remords : j’ai très envie de remettre ça, profiter de son corps encore un peu, l’odeur de sa peau. Ma main caresse son ventre, descend entre ses jambes. Le réveil est dur, et lui aussi quand sa main redescend entre mes cuisses.


Il finit par voir l’heure tourner, reprend ses esprits, se lève pour se rhabiller. Il faut qu’il repasse chez lui se doucher. Je lui propose ma salle de bain, mais il faut aussi qu’il se change, préfère se doucher chez lui. Mmmmmh cette envie qu’il reste, ça me pique dans le bout des doigts. En deux minutes il a remis tous ses vêtements, jette un dernier regard pour vérifier s’il n’a rien oublié. Moi ? Cette attraction, c’était tellement fort, j’aimerais bien décortiquer un peu, mais visiblement ce n’est plus l’heure.


Il attrape sa veste. Toujours en sous-vêtements, je me colle dos à la porte. Je ne suis pas prête. Cette nuit est passée trop vite. Je n’ai pas compris.



Il soupire en souriant. J’ai plus l’impression de le saouler que de l’attendrir. Mais il y a quelques heures à peine, ça semblait tellement puissant. Le circuit électrique s’est rouvert, la tension est partie.


J’ai l’impression d’avoir trop à perdre pour ne pas essayer. Au risque de me ridiculiser, quand il m’embrasse au coin de la bouche, je tente un :



Je le supplie littéralement de ne pas partir si vite. Mais je n’arrive rien à verbaliser de ce qu’il y a dans ma tête, et je n’ai pas envie que ça sorte en vrac, n’importe comment. J’ai besoin de mettre mes idées en ordre. J’ai besoin de temps. Il décline, il va être en retard, ne sait même pas s’il va avoir le temps de se doucher. Ça a vraiment l’air de le préoccuper beaucoup plus que mon corps quasi nu entre la porte et lui. Je sens que s’il part, on va tirer des conclusions hâtives chacun de son côté. Je mets officiellement ma fierté de côté, tente encore une toute dernière fois. Juste au cas où. S’il décline encore c’est que vraiment c’était dans ma tête.



Il prononce mon nom en expirant. J’ai l’impression d’aggraver mon cas, je voudrais disparaître de malaise. L’ego endolori, je souris très embarrassée d’avoir autant exposé mon envie qu’il reste et lui ouvre la porte pour le laisser sortir. J’ai une boule dans la gorge. Il passe devant moi, s’éloigne sans se retourner. Je ferme la porte.


Je me douche puis m’habille en essayant de faire le tri dans ma tête. Je suis une fille, alors peut-être que j’interprète de l’attirance sexuelle pour de l’alchimie. Je suis une fille, alors peut-être que je suis conditionnée à projeter des sentiments sur des situations qui n’en ont pas. Peut-être que je vise un peu haut aussi. Il pourrait avoir beaucoup mieux, beaucoup plus [complexe 1], beaucoup plus [complexe 2], beaucoup plus [toutes mes insécurités].


Et puis, si finalement il trouve qu’il y a matière à discuter, maintenant il sait où j’habite.